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Marc 6

    • 1 Chapitre 6.

      1 à 13 Visite à Nazareth.

      Et il partit de l√†, c'est-√†-dire, selon notre √©vang√©liste, de la maison de Ja√Įrus. (Marc 5.38 et suivants)

      Sa patrie, c'est Nazareth.

      Voir, sur ce récit, Matthieu 13.53-58, notes ;

      Matthieu place cette visite de Jésus à Nazareth immédiatement après le grand discours en paraboles.

      2 Une var. de Sin., B, porte : "de tels miracles qui se font par ses mains."

      - De tels miracles, grec de telles puissances, c'est-à-dire de tels actes de la puissance divine ; c'est le terme le plus usité pour désigner les miracles.

      Les habitants de Nazareth ont en vue les miracles que J√©sus avait faits √† Caperna√ľm et ailleurs et dont ils avaient entendu parler¬†; de l√† la tournure interrogative de la phrase.

      Leur étonnement n'est donc pas causé seulement par la sagesse de ses discours, à lui qui n'a pas reçu l'instruction des rabbins ; il s'y mêle un sentiment d'envie provoqué par le fait que des dons si extraordinaires ont été départis à un homme de si humble condition (verset 3)

      - Le mot par ses mains peut √™tre un h√©bra√Įsme, signifiant par son moyen, (Actes 5.12¬†; 19.11) ou, si on le prend litt√©ralement, ce serait une allusion √† ce que J√©sus gu√©rissait le plus souvent par l'imposition des mains. (Marc 5.23)

      3 Grec¬†: Ils se scandalisaient √† son sujet, trouvaient une occasion de chute et d'incr√©dulit√© dans cette connaissance qu'ils avaient de J√©sus selon la chair, qui les emp√™chait de le conna√ģtre selon l'esprit.

      "Dieu manifesté en chair," n'est-ce pas toujours le "grand mystère ?" (1Timothée 3.16)

      - Selon Matthieu, les habitants de Nazareth nomment Jésus "le fils du charpentier ;" d'après Marc, simplement le charpentier, sans doute parce qu'ils l'avaient vu travailler de ses mains dans l'atelier de son père adoptif.

      Telle est, en effet, la tradition recueillie par quelques Pères de l'Eglise. (Justin, Dial. avec Triph., 88 ; Théodoret, Hist. eccl. III, 23.)

      - Voir, sur les fr√®res et les sŇďurs de J√©sus, Matthieu 12.46, note.

      Dans toutes ces occasions o√Ļ les membres de sa famille sont √©num√©r√©s, il n'est plus question de Joseph. Peut-√™tre √©tait-il d√©j√† mort, comme l'admet la tradition.

      4 Maison est pris dans le sens de famille. (Marc 3.25)

      Si ce proverbe était vrai, appliqué au Prophète saint et sans tache, combien plus le sera-t-il pour ses serviteurs, dont les infirmités et les défauts ne sont nulle part mieux connus que parmi leurs amis et dans l'intérieur de leurs maisons.

      - Nous avons admis (Matthieu 13.54, 1re note) qu'il ne faut pas identifier cette visite de Jésus à Nazareth, racontée par Matthieu et Marc, avec celle que rapporte Luc. (Luc 4.16 et suivants)

      Et, en effet, les deux récits sont tellement différents, qu'on est forcé d'y voir deux faits et non un seul. Mais comme, d'autre part, il est difficile d'admettre que, dans l'un et dans l'autre de ces séjours, les habitants de Nazareth aient fait la même objection et Jésus la même réponse, n'est-il pas probable que ces paroles ont été transférées d'un fait à l'autre par la tradition apostolique, recueillie telle quelle par les évangélistes ?

      5 Il ne put. Voir sur ce mot Matthieu 13.58, note. Ce petit nombre de malades guéris est regardé comme peu de chose, tellement la bienfaisante activité du Sauveur était riche et abondante.
      6 6 à 13 Mission des Douze.

      Jésus s'étonne de l'incrédulité comme il s'étonne de la foi. (Matthieu 8.10)

      Il faut prendre ce mot à la lettre ; Jésus ne s'attendait pas à ce que ses concitoyens de Nazareth seraient à ce point aveuglés par les préjuges.

      Leur incrédulité marque le point culminant des dispositions défavorables que Jésus rencontre chez son peuple ; elle va le déterminer à accentuer sa retraite en s'éloignant de la contrée. Auparavant, toutefois, il adressera aux Galiléens un dernier appel par la mission des douze.

      7 Moment solennel que notre évangéliste marque, selon sa coutume, par le verbe au présent.

      Voir, sur cette mission des disciples, Matthieu 10.1-15 et comparez Luc 9.1-6.

      Dans le premier √©vangile, o√Ļ ce r√©cit est pr√©c√©d√© des noms des douze ap√ītres, la mission que J√©sus leur confie est admirablement pr√©par√©e par une description de la d√©tresse profonde o√Ļ J√©sus trouvait le peuple, semblable √† des brebis sans berger. "La moisson, disait-il, est grande, mais il y a peu d'ouvriers." C'est alors qu'il envoie ses disciples pour soulager toutes ces mis√®res.

      Il commen√ßa √† les envoyer¬†; ce mot n'est pas superflu¬†; Marc indique par l√† le point de d√©part d'une mission qui devait se perp√©tuer et s'√©tendre √† la vie enti√®re des ap√ītres.

      - Deux √† deux, trait particulier de Marc¬†; mesure de sagesse et d'amour de la part du Sauveur. Par l√† il s'accommode √† la faiblesse de ses disciples, il r√©pond √† des besoins profonds de leur √Ęme, il pr√©vient les dangers de l'isolement et ceux d'une domination personnelle et exclusive dans leur Ňďuvre.

      Pouvoir ou autorité. Matthieu et Luc ajoutent à ce pouvoir de guérir les démoniaques celui de guérir les maladies.

      "Il y a quelque chose de plus grand que de prêcher, c'est de faire des prédicateurs ; il y a quelque chose de plus grand que de faire des miracles, c'est de communiquer le pouvoir d'en faire." Godet.

      "Il est clair que, pour communiquer √† ses ap√ītres le pouvoir de gu√©rir, il dut leur communiquer aussi une nouvelle mesure de l'Esprit de Dieu¬†; car, sans une puissance spirituelle, ils n'auraient exerc√© aucune action semblable. Nous avons donc ici une premi√®re indication du don de l'Esprit que J√©sus confirma plus tard, (Jean 20.22) et que le jour de la Pentec√īte rendit complet." Olshausen.

      Il est évident du reste que Jésus ne s'est pas borné à conférer à ses disciples ces pouvoirs miraculeux, mais qu'il les envoyait avant tout pour "prêcher le royaume de Dieu," comme le disent expressément Matthieu et Luc. (Matthieu 10.7,Luc 9.2 ; comparez ci-dessous verset 12, note.)

      9 Grec : Mais étant chaussés de sandales, et ne revêtez pas deux tuniques.

      Suivant le texte de Sin., A, C, D, le discours passe de la forme indirecte à la forme directe dans ce dernier précepte.

      - Voir, sur ce verset, Matthieu 10.10, note. Il faut se garder de presser les termes de ces prescriptions dans un esprit strictement légal.

      "En enjoignant √† ses disciples de ne point faire de provisions pour le chemin, J√©sus √©levait leurs pens√©es vers d'autres richesses¬†: en partant pour leur mission sans secours humains ils devaient vivre du riche tr√©sor de leur P√®re c√©leste. Plus tard, le Ma√ģtre leur prouva qu'il ne les avait pas tromp√©s. (Luc 22.35) Le Sauveur, qui lui-m√™me n'avait pas un lieu o√Ļ reposer sa t√™te, place donc ses disciples au point de vue de la foi pure. Comme ouvriers de Dieu, (Matthieu 10.10) ils doivent attendre de lui leur subsistance. Pour exercer et √©prouver leur foi, J√©sus les envoie sans les pr√©cautions que prend et que doit prendre l'homme du monde. Il serait possible que tel des disciples e√Ľt eu encore avec lui quelque argent¬†; il n'aurait point agi en cela contrairement √† cet ordre de J√©sus, pourvu qu'il ne le fit pas par incr√©dulit√©. Il faut donc entendre ces paroles aussi comme √©tant esprit et vie et comme devant √™tre saisies par la foi. Elles ont ainsi leur v√©rit√© perp√©tuelle pour tous les ouvriers du royaume de Dieu, de tous les temps et de tous les lieux." Olshausen.

      10 C'est-√†-dire, demeurez dans cette maison jusqu'√† ce que vous partiez de ce lieu, de cette ville. Par l√† J√©sus leur d√©conseille sagement de quitter des h√ītes qui les auraient re√ßus, pour aller chez d'autres¬†; et en m√™me temps il leur donne, apr√®s les prescriptions qui pr√©c√®dent, une indication de la mani√®re dont Dieu pourvoira √† leurs besoins, par l'hospitalit√© de ceux √† qui ils annonceront la parole.
      11 Voir Matthieu 10.14, note.

      - Le témoignage qui serait ainsi rendu signifierait que le message du salut était parvenu à ces gens-là et qu'ils l'avaient repoussé par endurcissement.

      - Le texte re√ßu porte au commencement du versets¬†: "Et tous ceux qui ne vous recevront pas¬†;" la vraie le√ßon (Sin., B) est¬†: "Tout lieu qui ne vous recevra pas et o√Ļ ils ne vous √©couteront pas."

      Le texte reçu ajoute à ce verset : En vérité, je vous le dis, Sodome et Gomorrhe seront dans un état plus tolérable au jour du jugement que cette ville-là.

      Ces paroles ont été transcrites de Matthieu 10.15.

      12 Exhorter les hommes √† se repentir (voir sur le sens de ce mot. Matthieu 3.2, note) n'√©tait sans doute pas tout le contenu de la pr√©dication des ap√ītres¬†; mais c'est par l√† que doit commencer toujours et partout le renouvellement de la vie religieuse et morale.
      13 Il faut remarquer tous ces verbes à l'imparfait, indiquant une action continue, souvent répétée.

      - Oindre d'huile (Marc seul a conserv√© ce trait) √©tait un moyen curatif tr√®s fr√©quemment employ√© en Orient¬†; (Luc 10.34) ce qui ne veut point dire que les ap√ītres op√©rassent les gu√©risons uniquement par ce moyen, puisque l'√©vang√©liste raconte √©videmment une action miraculeuse, mais il ne faut pas croire non plus que les ap√ītres employassent cette huile dans le simple but de r√©veiller l'attention des malades, ou comme signe de leur gu√©rison.

      Elle servait plut√īt de moyen de communication aux puissances spirituelles qui op√©raient la gu√©rison. (Comparer Jacques 5.14)

      C'est dans le même but que Jésus lui-même se servait quelquefois de la salive ou d'un attouchement pour opérer une guérison. (Marc 8.23 ; Jean 9.6 ; Matthieu 8.3)

      Cette explication, du reste, n'exclut point l'id√©e des interpr√®tes qui attribuent √† l'emploi de l'huile une signification symbolique¬†; car on sait que, partout dans l'Ecriture, l'huile est l'image du Saint-Esprit, par la puissance duquel les ap√ītres agissaient.

      14 14 à 29 Hérode et Jean-Baptiste.

      Voir sur ces paroles Matthieu 14.1,2, notes, comparez Luc 9.7-9.

      Hérode est nommé roi selon l'usage populaire ; ce n'était pas son titre officiel. Matthieu et Luc le nomment plus exactement le tétrarque.

      - Grec¬†: Et le roi H√©rode ou√Įt dire, car son nom √©tait devenu c√©l√®bre. Il ou√Įt dire ce que faisaient les disciples. (12, 13.)

      Mais comme ceux-ci ne pr√™chaient et n'op√©raient des gu√©risons qu'au nom et en la puissance de leur Ma√ģtre, l'√©vang√©liste, par un tour elliptique, ajoute que son nom, le nom de J√©sus, avait acquis de la renomm√©e par l'activit√© des ap√ītres.

      - Quant à l'opinion d'Hérode, que Jean était ressuscité d'entre les morts (voir verset 16, note), une var. de B, D, adoptée par Lachmann, Westcott et Hort, et d'autres, l'attribue, dans ce verset-ci, non à Hérode, mais au public : ils disaient, on disait.

      15 Comparer Matthieu 16.14, note.

      La seule différence qu'il y ait entre ces diverses opinions, c'est que les uns estimaient que Jésus était Elie, c'est-à-dire un envoyé de Dieu animé de l'Esprit d'Elie, ou peut-être Elie lui-même revenant sur la terre ; (Malachie 4.5) tandis que d'autres pensaient qu'il était un prophète comme l'un des prophètes, c'est-à-dire un prophète semblable à l'un des anciens prophètes.

      - Ceux qui exprimaient ces divers jugements pouvaient se trouver dans l'entourage d'Hérode, mais ne faisaient que répéter des opinions qui avaient cours parmi le peuple, et ce sont à peu prés ces mêmes opinions que les disciples rapportèrent à Jésus dans une autre occasion. (Matthieu 16.14)

      16 Hérode n'admet pas ces opinions, comme le montre déjà la particule adversative mais ; il insiste sur l'idée qu'il a exprimée, (verset 14) et il le fait en termes énergiques que le texte reçu rend ainsi : "Ce Jean que j'ai décapité, c'est lui qui est ressuscité d'entre les morts."

      Les mots soulignés sont supprimés par Tischendorf, d'après Sin., B, et des version.

      Le texte reçu porte en outre : "c'est lui ; lui-même est ressuscité..."

      Les paroles d'H√©rode trahissent le trouble d'une conscience tourment√©e par le souvenir d'un meurtre. On a object√© √† ce r√©cit qu'il est inadmissible qu'H√©rode, prince √©clair√©, rattach√© au parti des sadduc√©ens, cr√Ľt √† la r√©surrection de Jean.

      Les paroles qu'on lui pr√™te signifieraient simplement¬†: "J'ai fait d√©capiter un de ces proph√®tes, et en voici un autre qui repara√ģt."

      Mais il est évident que tous les évangélistes entendent ces paroles d'Hérode dans leur sens littéral. Et pourquoi se seraient-ils trompés ? Chez un homme faible, voluptueux, débauché, troublé dans sa conscience comme l'était Hérode, la superstition s'allie fort bien avec l'incrédulité.

      En outre, la haute estime qu'il avait du caractère de Jean-Baptiste (verset 20) ne pouvait qu'augmenter les remords qui le faisaient parler ainsi.

      17 Voir sur ce récit Matthieu 14., notes.

      Marc raconte avec beaucoup plus de détails, le drame sanglant de la mort de JeanBaptiste. Nous noterons les traits qui lui sont propres.

      18 Il faut remarquer ce verbe à l'imparfait : Jean disait à Hérode.

      Ce courageux témoignage à la vérité morale avait été rendu à plus d'une reprise par le prophète, qui savait cependant qu'il ne le faisait qu'au péril de sa vie. Il avait eu en effet maintes occasions de parler à Hérode. (verset 20)

      - La femme de ton frère ; tout le crime d'Hérode était là !

      19 Remplie de haine contre Jean, parce qu'il contrariait sa passion et son ambition Hérodias aurait voulu le faire mourir (grec, le tuer).

      Pourquoi ne le pouvait-elle pas ?

      Le verset suivant nous le dit clairement, en attribuant √† H√©rode, √† l'√©gard de Jean, des sentiments tout autres que ceux de sa femme. Mais ici se trouve entre Marc et Matthieu une diff√©rence qu'il faut reconna√ģtre.

      Ce dernier dit, en effet, qu'H√©rode e√Ľt voulu faire mourir Jean et qu'il n'en √©tait retenu que par la crainte du peuple. (Matthieu 14.5)

      Marc (verset 20) exprime une appréciation toute différente.

      On remarquera toutefois que, quand il s'agit de juger un homme faible, sans r√©solution, d√©bauch√©, vacillant aux impressions variables, le jugement peut d√©pendre du moment o√Ļ on le prend.

      H√©rode pouvait avoir eu le d√©sir de se d√©faire de ce t√©moin importun, dans le temps o√Ļ il le fit mettre en prison¬†; mais apr√®s avoir eu l'occasion de le voir de pr√®s plusieurs fois, il put tr√®s bien changer de sentiment √† son √©gard. Marc constate ces nouvelles dispositions envers le pr√©curseur.

      Cela n'emp√™che pas que l'autre motif que Matthieu attribue √† H√©rode, la crainte du peuple, p√Ľt exercer aussi sur lui son influence.

      20 La crainte qu'Hérode avait de Jean est très bien motivée par cette remarque qu'il voyait en lui un homme juste et saint ; car il pouvait penser que, s'il mettait à mort un tel homme, cela lui porterait malheur.

      Ainsi il le gardait avec soin dans la prison, o√Ļ il le prot√©geait contre les desseins d'H√©rodias, et, comme il l'√©coutait volontiers, il lui arrivait, apr√®s s'√™tre entretenu avec lui, d'√™tre perplexe, troubl√© sur beaucoup de choses.

      Ce dernier mot peint admirablement la situation et les dispositions d'Hérode ; il explique cette crainte qu'il avait de Jean.

      Cette idée si naturelle n'a pas été comprise des copistes, oui ont corrigé le verbe et font dire à l'évangéliste qu'Hérode "faisait beaucoup de choses après avoir entendu Jean."

      Bien que cette leçon se trouve dans A, C, D, la plupart des majuscules et des versions, il faut, sans hésiter, admettre l'autre variante.

      21 Ce jour était favorable aux desseins d'Hérodias, qui pouvait mettre à profit l'enivrement d'un grand festin pour parvenir à son but.

      H√©rode r√©unit dans cette f√™te les trois classes d'hommes qui avaient acc√®s √† sa cour¬†: les grands dignitaires civils, les chefs militaires (grec les chiliarques, qui avaient le commandement de mille hommes) et les principaux de la province o√Ļ il se trouvait.

      23 Voir, sur la fille d'Hérodias, Matthieu 14.6, note.

      Hérode, ivre de vin, de volupté et de fausse gloire, promet avec serment ce qu'il ne pouvait pas donner. Il parle de son royaume, lui qui n'était que l'administrateur d'une petite tétrarchie ; il parodie le langage du grand Assuérus, ( 5.3) lui qui n'a aucune souveraineté. Et ce langage, il le tient à une jeune fille qui vient de lui plaire par sa danse !

      25 Matthieu se borne à dire que la jeune fille fit sa demande à l'instigation de sa mère.

      Marc d√©crit la sc√®ne d'une mani√®re plus dramatique¬†: Salom√© sort, se rend aupr√®s de sa m√®re, qui ne craint pas de donner √† son enfant un conseil o√Ļ se trahissent toute sa haine et sa cruaut√©¬†; puis cette enfant rentre avec empressement dans la salle du festin et tient √† H√©rode ce langage imp√©rieux qui nous montre en elle la digne fille de sa m√®re¬†: Je veux √† l'instant, sur un plat, la t√™te de Jean-Baptiste¬†!

      26 Cette tristesse d'H√©rode se con√ßoit tr√®s bien d'apr√®s le verset 20¬†; la cause en est dans sa conscience troubl√©e¬†; mais il ob√©it plut√īt √† une mesquine vanit√©, √† laquelle il sacrifie la vie du pr√©curseur.
      27 Marc emploie ici un terme latin : speculator, surveillant.

      C'était un des soldats de la garde du corps, auxquels incombaient aussi les exécutions capitales.

      28 Tous les termes si simples du récit : il apporta la tête sur un plat et la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère, font mieux sentir l'horreur de cette scène que ne le feraient les expressions les plus pathétiques.

      Quant à ce meurtre de JeanBaptiste, résolu et exécuté au même moment, voir Matthieu 14.11, note.

      30 30 à 44 Retraite dans le désert.

      Comparer Matthieu 14.13-21 ; Luc 9.10-17 ; Jean 6.1-15.

      - L'évangéliste, après sa digression sur la mort de Jean-Baptiste, reprend le récit de la mission des douze. (verset 7 et suivants)

      Le verbe au pr√©sent nous reporte √† l'√©poque o√Ļ la renomm√©e de J√©sus parvient aux oreilles d'H√©rode. (verset 14)

      Les ap√ītres viennent rendre compte √† J√©sus des r√©sultats de leur premi√®re mission. A l'exemple de leur Ma√ģtre, ils ont joint √† l'action l'enseignement. (Fait et enseign√©, Actes 1.1)

      Ce passage est le seul de son √©vangile o√Ļ Marc emploie le mot d'ap√ītre. Voir Matthieu 10.2, note.

      31 Vous seuls, grec vous-mêmes, pour votre compte, pour vos personnes.

      Voir, sur les motifs de cette retraite, Matthieu 14.13, note.

      D'après Marc l'intention de Jésus pour lui-même et pour ses disciples est d'échapper pour un temps au bruit et aux fatigues que leur occasionnaient tous ces nombreux allants et venants, afin de se reposer un peu.

      Ce repos dans la solitude et dans la communion de leur Ma√ģtre √©tait surtout n√©cessaire aux ap√ītres, apr√®s leur premier voyage de mission. Il n'est pas moins n√©cessaire √† tous les serviteurs de Dieu, que trop d'activit√© ext√©rieure peut √©puiser de corps et d'√Ęme, de mani√®re √† paralyser cette activit√© m√™me.

      - Marc fait pour la seconde fois cette observation : que Jésus et ses disciples n'avaient pas même le temps de manger. (Marc 3.20)

      32 C'est-à-dire qu'ils se rendirent sur la rive orientale du lac qui, moins peuplée que la contrée de Génézareth, leur offrait mainte retraite solitaire.

      - L'article (la barque), qu'on trouve souvent dans ces récits, parait désigner une barque dont Jésus se servait ordinairement et qui, sans doute, appartenait à l'un de ses disciples.

      33 Ce verset présente, dans les manuscrits, des variantes, qui ne modifient guère le sens. De plus, le texte est susceptible de diverses traductions. On peut prendre le premier verbe dans un sens impersonnel. "On les vit partir et beaucoup connurent..."

      D'après B, D, le verbe connurent n'a pas de régime ; le plus naturel est de sous-entendre : la direction et le but de leur course.

      Le texte reçu porte : "ils le reconnurent," une variante de Sin., A, version adoptée par Tischendorf : "ils les reconnurent."

      Quelque leçon qu'on adopte, notre récit nous dit qu'un grand nombre de ceux qui avaient entoure Jésus et ses disciples, les ayant vus s'embarquer et sachant qu'ils se rendaient sur l'autre rive, y accoururent à pied et les devancèrent.

      Le texte reçu avec A et des majuscules ajoute : et ils s'assemblèrent vers lui.

      Pour atteindre ce but, ils durent contourner l'extrémité septentrionale du lac. La courbe de la rive se rapproche sensiblement de la ligne droite, de sorte qu'ils purent arriver en même temps que la barque et même avant elle.

      De toutes les villes, qui se trouvèrent sur leur chemin, plusieurs les accompagnèrent. Le récit de Matthieu a le même sens. (Matthieu 14.13)

      34 Etant sorti¬†; d'o√Ļ¬†?

      D'apr√®s Matthieu 14.14, (comparez Jean 6.3) J√©sus sortait de la solitude de la montagne, o√Ļ il avait pass√© quelques heures avec ses disciples, selon son intention rapport√©e par Marc lui-m√™me. (verset 31)

      Mais cet √©vang√©liste, nous ayant dit (verset 33) que la foule accourue √† pied avait devanc√© J√©sus sur l'autre rive, parait vouloir indiquer que J√©sus ne put trouver la solitude et le repos qu'il cherchait¬†; son expression¬†: √©tant sorti, a pour compl√©ment sous-entendu la barque (verset 32) et se rapporte au moment o√Ļ J√©sus descend sur le rivage.

      Comparer Matthieu 14.14 et 9 : 36, note.

      36 Voir, sur ce récit de la multiplication des pains, Matthieu 14.15 et suivants, notes, et comparez Luc 9.10-17,Jean 6.5 et suivants

      - Le texte reçu porte : qu'ils s'achètent des pains, car ils n'ont pas de quoi manger.

      37 Cette question des disciples parait trahir un étonnement mêlé d'un peu d'humeur, causé par l'ordre inexécutable que Jésus leur donnait.

      Marc seul rapporte cette évaluation des disciples qui estiment à deux cents deniers la quantité de pain nécessaire pour donner à chacun un peu de nourriture.

      Ce d√©tail est confirm√© par Jean 6.7, o√Ļ nous voyons que c'est Philippe qui fit le calcul et estima que cette somme ne suffirait m√™me pas. Comme, en effet, le denier romain valait un peu moins d'un franc, cette somme, r√©partie sur cinq mille hommes, (verset 44) aurait donn√© pour chacun la valeur de quelques centimes.

      On a suppos√©, bien gratuitement, que les disciples indiquaient ce chiffre parce que c'√©tait l√† tout l'argent qu'ils poss√©daient dans la bourse commune. Leur langage semble bien plut√īt dire que jamais ils n'en ont poss√©d√© autant et qu'ils seraient fort embarrass√©s de se procurer cette richesse.

      38 D'o√Ļ provenaient ces cinq pains et ces deux poissons¬†?

      Jean, (Jean 6.8,9) qui raconte avec l'exactitude du témoin oculaire, a répondu à cette question.

      - Au reste, des pains et des poissons frits, et souvent des Ňďufs durs √©taient la provision ordinaire de ceux qui se mettaient en voyage. (Luc 11.11,12) Voir F. Bovet, Voyage en Terre Sainte, 7e √©dit., p. 361.

      40 Grec¬†: groupes par groupes, rang√©es par rang√©es. (h√©bra√Įsme, Exode 8.10)

      Le premier de ces mots signifie littéralement une société de convives assis pour un repas ; le second un carré semblable à la plate-bande d'un jardin. Ces sociétés étaient assises sur deux lignes, entre lesquelles on pouvait passer pour les servir, chacune étant composée de cinquante ou de cent hommes.

      Cet ordre, prescrit par le Seigneur lui-même, facilitait le service, assurait à chacun sa part et permettait de compter le nombre exact de convives. (verset 44)

      Marc ach√®ve de peindre la sc√®ne qui s'offrait alors aux regards, en nous disant que tous ces groupes √©taient assis sur l'herbe verte. Or on sait par Jean qu'on √©tait alors √† l'√©poque de la f√™te de P√Ęque, en pleine efflorescence du printemps, et qu'ainsi tous avaient sous les yeux les magnificences de ces campagnes qui s'√©tendaient des montagnes jusqu'au lac. C'est l√† que le Seigneur J√©sus, d√©ployant sa puissance et son amour, va rassasier d'aliments miraculeux ces multitudes que sa parole avait nourries du pain de vie.

      41 Voir, sur cette bénédiction prononcée par le Sauveur, Matthieu 14.19, note.

      Marc ajoute : levant les yeux au ciel.

      J√©sus cherchait toujours du regard, en Dieu, les b√©n√©dictions et les gr√Ęces qu'il communiquait aux hommes.

      - Il faut remarquer ce verbe √† l'imparfait¬†: il les donnait, √† mesure qu'il les rompait. Marc indique par l√† que l'action dura aussi longtemps que la distribution, et que c'est dans les mains de J√©sus que les pains se multipliaient. Il parait plut√īt ressortir du r√©cit de Matthieu que la multiplication se fit dans les mains des disciples.

      Il les distribua par les disciples, qui ainsi accomplirent réellement l'ordre que Jésus leur avait donné, (verset 37) et qui leur avait paru inexécutable. (Matthieu 14.19, 2e note.)

      43 Grec : "On ramassa des morceaux de quoi remplir douze paniers, et (des restes) des poissons."

      Marc seul fait observer qu'on recueillit aussi ces restes de poisson. On peut se demander si ces derniers étaient en plus des douze paniers de morceaux de pain.

      44 Voir, sur ce miracle, Matthieu 14.21. note.
      45 45 à 56 Jésus marche sur la mer et opère des guérisons.

      Comparer Matthieu 14.22-36 ; Jean 6.16-21.

      - Jésus obligea ses disciples à se séparer de la foule, car ils y répugnaient par diverses raisons. (Matthieu 14.22, note.)

      - Bethsa√Įda, petite ville situ√©e sur la rive occidentale du lac, en Galil√©e, (Jean 12.21) lieu natal de trois ap√ītres, (Jean 1.44) pr√®s de Caperna√ľm et de Chorazin, (Luc 10.13) ce qui explique comment Jean (Jean 6.17) peut dire, sans contradiction avec le r√©cit de Marc que les disciples naviguaient "vers Caperna√ľm".

      Il y avait aussi une ville du nom de Bethsa√Įda (nom qui signifie maison de p√™che) sur la rive orientale du lac, (Marc 8.22, note) dont Jos√®phe (Guerre des Juifs, III,10, 7) d√©signe la situation.

      C'est à tort que quelques interprètes admettent cette dernière localité comme celle vers laquelle tendaient ici les disciples.

      47 Voir Matthieu 14.23 note.
      48 Matthieu 14.25, note.

      - Les voyant, il vient.

      C'est ainsi que Marc rend présente cette scène ; deux mots lui suffisent pour nous montrer à la fois le regard pénétrant de Jésus qui, de sa retraite sur la montagne, aperçoit ses pauvres disciples en danger, et sa tendre sollicitude qui le porte à leur secours.

      La quatrième veille de la nuit commençait à trois heures du matin. Comme ils s'étaient embarqués la veille au soir, on a trouvé étrange que les disciples eussent lutté toute la nuit contre les flots. Mais Marc, en parfait accord avec Matthieu, a déjà prévenu cette objection par la simple observation que le vent leur était contraire.

      Les devancer ou les dépasser.

      Ce trait qui appartient à Marc seul est assez difficile à expliquer. Quel était le but de Jésus ?

      Un interpr√®te dit qu'il voulait passer inaper√ßu de ses disciples¬†; un autre, qu'il voulait les encourager en marchant devant eux comme le vainqueur des flots d√©cha√ģn√©s. N'est-il pas plus conforme au r√©cit de penser qu'il voulait les rassurer en se montrant √† eux¬†? Ou, puisque ce but ne fut pas atteint et que leur trouble ne fit qu'augmenter, J√©sus voulait-il mettre leur foi √† l'√©preuve et d√©sirait-il que l'initiative de la d√©livrance vint de leur part, et qu'ils implorassent son secours¬†?

      Quoi qu'il en soit, le cri d'angoisse qu'ils firent entendre parvint √† son cŇďur. (verset 50)

      50 voir Matthieu 14.27 note.
      51 Jésus est auprès d'eux, la tempête s'apaise sans qu'il ait à commander aux flots et à la mer, comme dans une autre occasion. (Marc 4.39)

      - Au terme si fort, ils furent stupéfaits, le texte reçu avec A, D, majuscules ajoute : et ils s'étonnaient.

      52 Cette r√©flexion, qui est particuli√®re √† notre √©vang√©liste, jette une sorte de bl√Ęme sur l'extr√™me √©tonnement des disciples et peut√™tre aussi sur la peur dont ils avaient √©t√© saisis en voyant J√©sus marcher sur les eaux.

      Il n'en aurait pas été ainsi s'ils avaient compris au sujet ou à l'occasion du miracle des pains ; (verset 35 et suivants) ils auraient conclu de la puissance de Jésus dans la première occasion, à sa puissance dans la seconde.

      La cause de ce manque d'intelligence se trouvait dans leur cŇďur endurci.

      Ce dernier mot ne doit pas s'appliquer seulement √† un aveuglement, une sensibilit√© de leur cŇďur dans le cas actuel, mais s'√©tendre √† l'√©tat moral dans lequel ils √©taient √† cette √©poque.

      Cette observation intime sur les disciples ne peut provenir que d'un t√©moin oculaire ou m√™me d'un homme qui avait √©prouv√© les impressions dont il s'agit. Or ce t√©moin, c'est l'ap√ītre Pierre, dont Marc a conserv√© les r√©cits. (Voir l'Introduction) Et c'est l√† aussi peut√™tre la cause pour laquelle nous ne trouvons pas dans notre √©vangile le trait relatif √† Pierre marchant sur les eaux. (Matthieu 14.28-31)

      Pierre, en racontant cette grande scène dans ses prédications, passait sous silence ce qui le concernait personnellement.

      53 Grec : Ayant traversé vers la terre, ils arrivèrent en Génézareth.

      Telle est la leçon de Sin., B ; dans le texte reçu, dans A, D et les majuscules, les mots sont dans un autre ordre ; vers le pays est joint à Génézareth : ils vinrent dans le pays de Génézareth.

      Voir, sur cette contrée de Génézareth, Matthieu 14.34, note.

      56 Voir sur ce récit Matthieu 14.36, note.

      Marc nous peint avec plus de détails ces scènes émouvantes, cet extrême empressement des malades et de leurs proches, ces nombreuses guérisons accomplies par le Sauveur, qui marquèrent le point culminant de l'activité de Jésus en Galilée, et provoquèrent un redoublement d'hostilité de la part des adversaires. (Marc 7.1 et suivants)

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