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2 Pierre 1

    • 1

      Voir sur ces titres 1Pierre 1.1¬†; Romains 1.1¬†; Jacques 1.1 et comparer l'introduction √† notre √©p√ģtre.

      Sym√©on (Sin., A, majuscules), le nom de l'ap√ītre ne se trouve que dans Actes 15.14 sous cette forme qui se rapproche le plus de la consonnance h√©bra√Įque.

      Simon (B) est la forme ordinaire, qui reproduit la prononciation grecque.

      Les noms de Simon Pierre sont associés Luc 5.8 ; Matthieu 16.16, et dans l'évangile de Jean.

      Grec¬†: A ceux √† qui est √©chue (par le sort, Luc 1.9¬†; Jean 19.24) une foi de m√™me prix qu'√† nous. Ce verbe exprime fortement la souverainet√© de la gr√Ęce qui seule produit une foi vivante. Celle-ci est un don de Dieu, d'un prix infini, puisqu'elle a pour fruit la vie √©ternelle. Elle est du m√™me prix, parce qu'elle a les m√™mes effets, pour les lecteurs de l'√©p√ģtre et pour ceux que l'auteur d√©signe par nous.

      On a appliqu√© ce nous aux ap√ītres, qui seraient distingu√©s des simples fid√®les, comme formant une classe √† part¬†; on l'a entendu des chr√©tiens d'origine juive, auxquels appartenait l'auteur, tandis que les destinataires de l'√©p√ģtre seraient des chr√©tiens d'origine pa√Įenne. (Comparer Actes 11.17) Mais il est plus naturel de penser que dans ce nous l'auteur comprend tous ceux qui poss√®dent la foi commune √† tous les chr√©tiens, ou qui partagent d√©j√† ses convictions √† l'√©gard des faits et des v√©rit√©s qu'il va rappeler √† ses lecteurs. (Reuss.)

      Le complément : en la justice de notre Dieu,...est rattaché par quelques-uns au qualificatif du même prix : ce qui donne à leur foi un prix égal, c'est la justice de notre Dieu. Mais les termes qu'on réunit ainsi sont séparés dans la phrase grecque.

      D'autres le relient au verbe¬†: "Ceux qui, en ou par la justice de notre Dieu,...ont re√ßu en partage une foi..." Mais ce n'est pas la justice qui donne la foi, c'est plut√īt la foi qui saisit la justice √† moins qu'on entende par la justice de Dieu l'attribut en vertu duquel il donne √† tous, aux pa√Įens comme aux Juifs, une foi de m√™me prix.

      Il vaut mieux construire¬†: une foi en la justice, ou fond√©e sur la justice de Dieu. Le mot justice peut alors se prendre dans le sens qu'il a dans les √©p√ģtres de Paul¬†; (comparez Romains 1.17¬†; 3.21-31) c'est la justice parfaite, dont le Sauveur rev√™t ses rachet√©s devant Dieu, et qui, d'une part, est imput√©e √† leur foi, les rend justes aux yeux de Dieu et, d'autre part, les renouvelle et les sanctifie int√©rieurement¬†; double effet provenant de la m√™me cause.

      Avec la majorité des interprètes, nous traduisons : de notre Dieu et du Sauveur Jésus-Christ. Il serait plus conforme à la grammaire grecque de traduire : de notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ, car l'article n'est pas répété devant Sauveur.

      Une formule semblable se trouve dans¬†: 1Pierre 1.11¬†; 2.20¬†; 3.18, o√Ļ l'auteur dit¬†: "Notre Seigneur et Sauveur J√©sus Christ."

      D'après l'analogie de ces passages s'est produite, dans notre verset, la variante du Sin. qui remplace Dieu par Seigneur. Mais ce qui semble indiquer que le mot Dieu n'est pas un simple attribut de Jésus-Christ, (comparez 2.13, note) et que l'auteur a bien dans la pensée le Père et le Fils, c'est qu'au verset suivant, il nomme d'abord Dieu, puis Jésus notre Seigneur.

      2 Ce vŇďu est exprim√© ici dans les m√™mes termes que 1Pierre 1.2¬†; comparez Jude 2¬†; seulement l'auteur y ajoute le moyen par lequel la gr√Ęce et la paix peuvent nous √™tre multipli√©es¬†: en ou par la connaissance de Dieu et de J√©sus notre Seigneur. (Quelques documents ont le texte abr√©g√©¬†: connaissance de notre Seigneur.)

      Cette connaissance n'est pas purement intellectuelle, c'est une connaissance du cŇďur qui repose sur une communion intime avec le Sauveur et sur l'exp√©rience de sa gr√Ęce. (Comparer 2Pierre 1.3¬†; Jean 17.3, note¬†; Eph√©siens 1.17¬†; Colossiens 3.10)

      Plusieurs √©diteurs et interpr√®tes (Lachmann, Westcott-Hort, Rilliet, Spitta, von Soden) estiment que le vŇďu de verset 2 se prolonge jusqu'√† verset 4. Il faudrait, en ce cas, s√©parer verset 2 et verset 3 par une simple virgule et mettre un point √† la fin de verset 4.

      3 La vie est la vie int√©rieure de l'√Ęme, qui a sa source en Dieu m√™me (verset 4, 3e note¬†; 1Jean 4.9), qui commence par la r√©g√©n√©ration, et qui doit grandir Jusqu'√† la perfection.

      La pi√©t√© (ce mot ne se trouve, sauf Actes 3.12, que dans les √©p√ģtres pastorales) est la manifestation de cette vie dans ses rapports avec Dieu.

      Tout ce qui est nécessaire pour créer et entretenir la vie et la piété est un don gratuit de Dieu ; mais c'est là pour les chrétiens un motif pressant de mettre eux-mêmes tous leurs soins, tous leurs efforts, à faire de continuels progrès dans cette vie intérieure. (verset 5)

      Les versets versets 3-7 forment une seule phrase, dont les versets versets 3,4 sont le premier membre, indiquant les motifs que le chrétien a d'agir ; puis les versets versets 5-7 l'exhortent à une activité personnelle dont ils tracent le programme.

      Il y a, en effet, dans l'exp√©rience de chaque fid√®le, un temps o√Ļ il est plut√īt passif et ne fait gu√®re que recevoir les riches dons de la gr√Ęce dont l'ap√ītre parle √† verset 3¬†; puis vient un temps o√Ļ Dieu fait appel √† toute l'√©nergie de sa volont√©, et lui demande d'appliquer toutes ses facult√©s √† mettre en Ňďuvre, au sein des difficult√©s et des combats, ce qu'il lui a donn√©.

      Ce temps-l√† √©tait venu pour les premiers lecteurs de cette lettre. L'auteur leur rappelle qu'il serait dangereux de se contenter d'une connaissance st√©rile, aliment de l'orgueil, tandis qu'au dehors s'appr√™taient des tentations et des combats o√Ļ nul ne pourrait vaincre, sinon par la puissance d'une foi pleine de vie et d'√©nergie.

      Toutes les √©p√ģtres √©crites vers la fin de l'√Ęge apostolique, les lettres pastorales de Paul, les √©p√ģtres de Pierre, de Jean, de Jude, sont remplies de cette grave et sainte pens√©e.

      Tout nous est donné objectivement par la divine puissance de Jésus-Christ et subjectivement par la connaissance de Celui qui nous a appelés, savoir Dieu le Père. (1Pierre 1.15)

      Connaissance est pris dans le sens indiqu√© verset 2 note. Notre vocation, qui est une partie de l'Ňďuvre de la gr√Ęce, est attribu√©e √† la gloire de Dieu, c'est-√†-dire √† l'action de ses perfections, et sp√©cialement √† sa vertu, ce qui veut dire √† sa force divine. (Comparer 1Pierre 2.9)

      Quelques interprètes (Spitta, von Soden) entendent par Celui qui nous a appelés, Jésus. (verset 2)

      Sa gloire serait celle que les ap√ītres contempl√®rent sur la montagne, (verset 16 et suivants) sa vertu, celle de sa vie sainte, qui les amena √† la conviction de sa messianit√©. (Matthieu 16.16)

      4 Les précieuses et très grandes promesses que l'auteur attribue à la gloire et à la vertu de Dieu, à toutes ses perfections qui s'y manifestent, ne sont pas seulement les promesses faites par les prophètes, mais leur accomplissement en Jésus-Christ.

      On trouve souvent le mot promesse, pour la chose promise. (Actes 13.32,33 ; 26.6 ; Romains 15.8 ; 2Corinthiens 7.1 ; Galates 3.22 ; Ephésiens 3.6)

      Suivant d'autres il s'agirait des promesses ou prophéties relatives à l'avènement du Seigneur. (versets 11,12 et suivants ; 2Pierre 3.4,9,13)

      Par ces promesses accomplies, qui renferment toute l'Ňďuvre de la gr√Ęce, ou, selon d'autres, par toutes les choses qui contribuent √† la vie et √† la pi√©t√©¬†; (verset 3) l'id√©e resterait la m√™me au fond.

      Telle est la profondeur et la grandeur de l'Ňďuvre de Dieu dans l'homme p√©cheur, que par elle il devient en toute r√©alit√© participant de la nature divine.

      Le Nouveau Testament nous enseigne partout qu'il y a entre Dieu et l'homme le m√™me rapport qu'entre un p√®re et son enfant, et ce rapport est √©tabli par la nouvelle naissance dont Dieu est le principe et la source.¬†; (Galates 3.26¬†; Romains 8.14-16¬†; H√©breux 12.7¬†; Jean 1.12,13¬†; 3.6¬†; 1Jean 3.9) mais notre auteur pr√©sente cette grande pens√©e dans le plus frappant contraste¬†: d'un c√īt√©, la corruption qui est dans le monde, √† laquelle les chr√©tiens ont √©chapp√© en la fuyant¬†; et d'un autre c√īt√©, la nature divine, √† laquelle ils ont part¬†!

      "C'est ici une parole telle qu'il n'y en a pas de pareille ni dans l'Ancien ni dans le Nouveau Testament. Mais qu'est-ce que la nature de Dieu¬†? C'est l'√©ternelle v√©rit√©, l'√©ternelle justice, l'√©ternelle sagesse¬†; c'est la vie, la paix, la joie, la f√©licit√© √©ternelles, c'est tout ce qu'on peut nommer de bon et de beau. Or, devenir participant de la nature divine, c'est partager tout cela c'est vivre √©ternellement, avoir √©ternellement la paix et la joie¬†; c'est √™tre pur, juste, saint, tout puissant contre le diable, le p√©ch√© et la mort. C'est pourquoi la parole de Pierre signifie¬†: aussi peu il est possible d'√īter √† Dieu ce qui fait sa nature, en sorte qu'il ne soit plus l'√©ternelle vie et l'√©ternelle v√©rit√©, aussi peu il est possible de vous l'√īter¬†; si l'on vous fait du mal, c'est en faire √† lui-m√™me, pour opprimer un chr√©tien, il faut opprimer Dieu." Luther.

      5 Et √† cause de cela m√™me (var. de A¬†: et vous aussi), en raison des gr√Ęces que vous avez re√ßues, y apportant, √† l'accomplissement de votre t√Ęche morale, tout empressement, tout le z√®le que vous pourrez. (Comparer verset 3, 1re note.)
      7 Ces divers traits de la vie chr√©tienne, que nous devons ajouter les uns aux autres, ne sont point nomm√©s dans un ordre fortuit, ni simplement juxtapos√©s¬†; ils forment plut√īt un tout organique¬†; chaque trait suppose le pr√©c√©dent et √† son tour le compl√®te, ou, pour parler avec Bengel¬†: "Ces fruits de la vie chr√©tienne sont pr√©sent√©s en une gradation¬†: le pr√©c√©dent produit le suivant et le rend facile, et le subs√©quent temp√®re le pr√©c√©dent et le rend parfait."

      La foi est la racine sur laquelle cro√ģt la vertu. Aussi y a-t-il en grec¬†: "produisez (fournissez comme un paiement) avec votre foi la vertu, et avec la vertu la science," et ainsi de tous les termes de cette √©num√©ration.

      - La foi est le don initial que les destinataires de l'√©p√ģtre ont re√ßu de Dieu, (verset 1) le talent qu'ils ont √† faire valoir pour lui faire porter tous les fruits de la vie chr√©tienne.

      La foi doit produire la vertu¬†: de m√™me que ci-dessus, (2Pierre 1.3,1Pierre 2.9) ce mot appliqu√© √† Dieu signifie la force divine, de m√™me, comme fruit de la foi dans l'homme, il indique la force et l'√©nergie de l'√Ęme, le courage du chr√©tien qui sait en qui il a cru et ce qu'il doit faire. (Comparer Philippiens 4.8, note.)

      - Une foi ainsi mise en pratique dans une conduite ferme et s√Ľre engendre et augmente de jour en jour la science, non seulement au sens intellectuel de ce mot, (verset 2, note) mais surtout cette science pratique de la vie que l'exp√©rience seule peut donner, le discernement de ce qui est notre devoir et de la mani√®re dont nous devons l'accomplir.

      - La foi, la force d'√Ęme, la science pratique inspirent toujours √† celui en qui elles sont r√©unies la temp√©rance, celle-ci ne se borne pas au manger et au boire ou √† telles autres jouissances sensuelles¬†; (1Corinthiens 7.9) elle emporte cette mod√©ration de l'esprit et du cŇďur, cette domination de soi m√™me et de ses passions, par laquelle le chr√©tien, voyant clairement le devoir, se trouve libre pour l'accomplir. (Eccl√©siastique 18¬†:30)

      Viennent les √©preuves, la pers√©cution pour le nom de J√©sus, ce chr√©tien, ma√ģtre de lui, est aussi pr√™t √† tout supporter avec la patience que donnent et entretiennent les dispositions qui pr√©c√®dent.

      Dans une vie compos√©e et r√©gl√©e de la sorte, tout se rapporte √† Dieu, √† sa volont√©, √† sa crainte¬†; l'√Ęme regarde sans cesse √† lui et vit dans sa communion. Telle est la vraie pi√©t√©. (verset 3)

      Enfin, puisque Dieu est amour, nul ne peut ainsi vivre en lui sans aimer (1Jean 4.20) il aime ses frères d'abord d'un amour fraternel, (1Pierre 1.22) et tous les hommes d'une sincère charité. (1Thessaloniciens 3.12 ; Galates 6.10)

      8 Motif à l'appui (car) de l'exhortation précédente : quand ces traits du caractère sont en un homme et abondent en lui, ou s'y multiplient, sa vie est en continuel progrès ; elle ne reste pas oisive ni stérile pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ.

      Ces gr√Ęces de Dieu sont autant de degr√©s qui conduisent √† une connaissance toujours plus compl√®te de J√©sus-Christ, connaissance qui est le fruit de l'exp√©rience, le couronnement aussi bien que le principe de la vie chr√©tienne. (Comparer verset 2, note¬†; 2Pierre 1.3¬†; 2.20¬†; Colossiens 1.10¬†; Eph√©siens 4.13,Philippiens 3.10)

      9 Précisément l'opposé de ce qui précède : la connaissance de JésusChrist, lumière divine, rend la vue pénétrante.

      Le mot grec traduit par : c'est un homme à courte vue, est le participe du verbe être myope.

      Plac√© apr√®s les mots¬†: il est aveugle, ce participe en att√©nue le sens¬†: ou du moins il est myope. Les hommes les plus clairvoyants dans les choses de ce monde ont souvent la vue courte, sont m√™me aveugles, d√®s qu'il s'agit de la vie de leur √Ęme et de leur avenir √©ternel.

      10 Gr Ayant oublié la purification de ses péchés d'autrefois.

      C'est en cela que consiste sa myopie, son aveuglement. Chr√©tien avort√©, dont le d√©veloppement ne s'est pas produit, il a oubli√© la purification de ses p√©ch√©s pass√©s, qu'il avait obtenue au moment de son bapt√™me, quand Dieu lui fit gr√Ęce et l'appela¬†; (versets 3,10) et par une cons√©quence naturelle, il est retomb√© dans le p√©ch√© (H√©breux 6.4-6)

      11 Comment est-il possible pour le chr√©tien d'affermir sa vocation et son √©lection, puisque ce sont l√† deux actes de la gr√Ęce souveraine de Dieu¬†?

      Rien n'est plus compr√©hensible cependant. La vocation n'√©tant autre chose que l'appel de Dieu adress√© √† une √Ęme par sa Parole, et rendu efficace par son Esprit, de mani√®re qu'il y ait, dans cette √Ęme, conviction, repentance, foi, ob√©issance il est bien √©vident que la pr√©sence de ces gr√Ęces constate la r√©alit√© de leur cause.

      Il n'est pas moins conforme à l'expérience chrétienne que l'exercice d'un don de Dieu, consciencieusement mis en pratique, augmente ce don ; ainsi l'homme peut et doit affermir sa vocation. Celle-ci est la manifestation de l'élection, car ceux que Dieu appelle sont autorisés à croire à leur élection ; affermir leur vocation, c'est donc par là même affermir leur élection.

      Pour cette raison l'auteur nomme ces deux actes divins dans un ordre inverse de celui qu'on attendait : la vocation d'abord, l'élection ensuite, quoique celle-ci précède et détermine celle-là : Dieu élit ses enfants pour la sanctification, pour l'obéissance, (1Pierre 1.2) pour qu'ils soient "à la louange de sa gloire ;" (Ephésiens 1.6,12) ils ont donc dans la sainteté de leur vie une démonstration évidente de leur élection qui, ainsi, est affermie pour eux.

      La plupart des interprètes concluent de l'ordre dans lequel l'auteur place les termes vocation et élection, qu'il entend par l'élection, non le choix que Dieu fait dans son conseil éternel, mais la séparation des chrétiens d'avec le monde, qui se produit lorsqu'ils sortent du monde pour suivre l'appel de Dieu. (2Corinthiens 6.14-17 ; 1Pierre 2.9,10 ; Jacques 2.5)

      Quoi qu'il en soit, tout chrétien sait que sa foi se fortifie en proportion de sa fidélité, et s'obscurcit et défaille sous l'influence du péché (Hébreux 3.14)

      L'exhortation de verset 10, début du verset est donc tout à fait fondée. La déclaration de verset 9 en fait ressortir la gravité. Et pour nous encourager à la suivre nous avons cette précieuse promesse : (versets 10,11) en faisant cela, vous ne broncherez jamais, car ainsi vous sera richement (l'opposé de 1Pierre 4.18 ; comparez Luc 6.38) accordée l'entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. (Hébreux 12.28 ; 2Timothée 4.18)

      12 12 √† 21 Sollicitude de l'ap√ītre pour ses fr√®res. Ses instructions relatives √† l'av√®nement du Seigneur sont fond√©es sur la transfiguration de J√©sus, dont il a √©t√© t√©moin, et par laquelle a √©t√© confirm√©e la parole des proph√®tes.

      Je vous ferai ressouvenir, est la leçon de Sin., B. A, C, le texte reçu, avec quelques majuscules, porte : je ne négligerai pas de vous faire ressouvenir.

      La vérité leur a été transmise, par l'Evangile, et leur est ainsi présente, connue. (Colossiens 1.6)

      - L'auteur ne craint pas cette apparente contradiction, car il sait les dangers auxquels sont exposés même les plus affermis et ceux qui connaissent le mieux la vérité. Aussi ne se lasse-t-il pas (comparez Philippiens 3.1) de toujours, toutes les fois qu'il en a l'occasion, présenter à ses frères les fondements de leur foi, (Romains 16.14,15) qui sont le témoignage apostolique concernant Jésus-Christ, (versets 16,17) et la parole prophétique en général inspirée par l'Esprit de Dieu. (versets 19-21)

      13 Cette tente, comparez 2Corinthiens 5.1, 2e note.

      En vous faisant ressouvenir, grec par le ressouvenir, substantif dérivé du verbe employé au verset précédent.

      On efface ce rapport en traduisant : par mes avertissements. (Comparer 2Pierre 3.1 ; 2Timothée 1.5)

      14 Grec¬†: Que prompt est le d√©p√īt de ma tente.

      D'autres traduisent¬†: "Que je devrai bient√īt quitter cette tente."

      Le d√©p√īt est l'acte d'enlever, pour la plier, la couverture qui forme la tente.

      Le Seigneur avait fait conna√ģtre cette dispensation √† Pierre soit par la proph√©tie qu'il lui avait faite d√®s longtemps, (Jean 21.18 et suivants) soit, plut√īt, par quelque autre avertissement ou par une vision.

      "A-t-on besoin d'une r√©v√©lation particuli√®re pour √™tre assur√© qu'il faudra bient√īt partir¬†? Ne savons-nous pas que la vie n'est qu'une vapeur, qu'il n'y a point de moment qui ne puisse √™tre pour nous le dernier¬†? C'est Dieu qui le dit¬†; celui qui en demande davantage cherche √† se tromper, non √† se convertir." Quesnel.

      15 Grec : En chaque temps, en toute occasion, aussi souvent que vous en aurez besoin.

      Ces choses sont toutes celles qui concernent la vie chrétienne, l'affermissement dans la foi et dans l'espérance du ciel. (versets 10,11,12)

      Or, l'auteur, dans son ardent amour des √Ęmes, fera ses efforts (grec s'empressera), soit dans cette lettre, soit dans d'autres √©crits pour que ses fr√®res puissent, m√™me apr√®s son d√©part, rappeler toujours le souvenir de ces choses.

      Des interpr√®tes qui admettent l'authenticit√© de notre √©p√ģtre voient ici une allusion √† l'√©vangile de Marc, que les anciens P√®res assurent avoir √©t√© √©crit sous la direction de Pierre. Cette allusion n'est point inadmissible, car l'auteur a en vue le t√©moignage apostolique sur la vie du Sauveur, dont il va citer un trait saillant. (versets 16,17)

      D'autres, pour qui l'√©p√ģtre est inauthentique, trouvent dans cette parole l'indication des √©crits qui ont circul√© sous le nom de Pierre dans les premiers si√®cles.

      16 Des fables habilement compos√©es, c'est-√†-dire des mythes, comme ceux o√Ļ les pa√Įens racontaient l'origine ou les apparitions de leurs dieux. (1Timoth√©e 1.4¬†; 3.9)

      C'est parce qu'ils ont √©t√© t√©moins oculaires de sa majest√© (verset 17) que les ap√ītres ont fait conna√ģtre la puissance et l'av√®nement de notre Seigneur J√©sus-Christ.

      Sa puissance est celle qu'il a exercée par sa parole et sa vie, et qu'il exerce encore sur le monde pour y fonder son règne par le Saint-Esprit.

      - Mais que faut-il entendre par son avènement ou sa présence ? Les uns rapportent ce mot à sa vie sur la terre, les autres à son avènement futur pour le jugement. Tous les interprètes actuels se prononcent pour ce dernier sens.

      Le retour de Christ est le sujet principal de l'√©p√ģtre. (2Pierre 3.3 et suivants) L'auteur voit dans la transfiguration un pr√©sage et un gage de l'apparition du Seigneur dans la gloire. (versets 17-19)

      18 Honneur et gloire sont deux termes synonymes qui désignent la distinction dont Jésus a été l'objet quand la voix lui fut adressée. Celle-ci est le seul trait de l'histoire de la transfiguration sur lequel l'auteur insiste.

      Plusieurs interprètes, il est vrai, prennent le terme de gloire dans le sens "d'éclat" de "rayonnement," (2Corinthiens 3.7) et pensent qu'il exprime le fait même de la transfiguration de Jésus. (Marc 9.2,3)

      C'est sa signification dans la proposition qui suit : "du sein de la gloire magnifique."

      L'auteur a voulu mentionner ce fait, puisqu'il affirme qu'il a été témoin oculaire de la majesté de Jésus-Christ.

      D'autres encore affirment que le participe aoriste : cette voix ayant été adressée, exprime un fait antérieur à celui qu'énoncent les mots : (grec) ayant reçu gloire.

      D'apr√®s notre auteur la voix c√©leste se fit entendre avant que J√©sus f√Ľt transfigur√©¬†; les r√©cits des synoptiques rapportent les √©v√©nements dans l'ordre inverse. Nous avons donc ici une relation originale, qui remonte sans doute √† l'ap√ītre Pierre. Ces remarques sont ing√©nieuses, mais elles font dire au texte plus qu'il ne renferme.

      - La gloire dont J√©sus avait √©t√© rev√™tu, la voix qui l'avait d√©sign√© comme le Fils bien-aim√© de Dieu avaient affermi la foi des ap√ītres en leur Ma√ģtre, au moment o√Ļ il allait souffrir et mourir. Cette r√©v√©lation √©tait propre aussi √† convaincre les chr√©tiens de l'av√®nement glorieux de leur Seigneur.

      - D'après la leçon de B. admise par Westcott-Hort, Weiss, Nestle (3e édit.), l'ordre des mots, dans la déclaration : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, n'est pas le même que dans les passages parallèles des synoptiques. (Matthieu 17.5, etc.) Notre texte serait donc indépendant du leur.

      19 Grec : Et nous avons plus ferme la parole prophétique.

      La parole des proph√®tes de l'Ancien Testament appara√ģt plus ferme √† ceux qui ont √©t√© les t√©moins de son entier accomplissement dans la vie et dans l'Ňďuvre de J√©sus-Christ, et sp√©cialement √† ceux qui ont vu sa gloire et entendu la voix c√©leste le proclamer le Fils bien-aim√© de Dieu. (versets 16-18)

      Pour eux l'accomplissement, en J√©sus, des proph√©ties relatives au Messie, ne pouvait plus faire l'objet d'un doute. Par l√†, ces proph√©ties avaient √©t√© d√©montr√©es comme une Ňďuvre du SaintEsprit. (verset 21) La r√©v√©lation de Dieu en Christ, certifi√©e par les ap√ītres qui en furent les t√©moins, et compar√©e avec la parole proph√©tique qu'elle a accomplie et sanctionn√©e, reste la lumi√®re divine pour l'Eglise de tous les temps.

      Le lieu obscur (litt√©ralement¬†: dess√©ch√©, sale) o√Ļ luit la lampe de la parole proph√©tique, c'est, d'apr√®s la plupart des interpr√®tes, le monde dans lequel s'√©coule notre vie actuelle, (Philippiens 2.15) ou plus sp√©cialement l'avenir t√©n√©breux des derniers temps, et le moment o√Ļ le jour commencera √† luire et o√Ļ se l√®vera l'√©toile du matin, soit le retour de Christ et la pleine manifestation de la v√©rit√© dans le ciel, soit en pressant davantage la comparaison, le moment o√Ļ appara√ģtront le signe du Fils de l'homme et les pr√©sages de sa venue, (Matthieu 24.30) et o√Ļ les croyants pourront relever la t√™te, parce que leur d√©livrance sera proche. (Luc 21.28)

      Pour d'autres (de Wette), le lieu obscur repr√©sente les temps d'avant la venue du Sauveur. (Matthieu 4.16¬†; Luc 1.79) Lui est l'√©toile du matin (grec le porteur de la lumi√®re). Il a paru dans le monde comme le Soleil de Justice, et il luit dans les cŇďurs qui croient en lui.

      Mais ceux qui n'ont point encore cette lumière font bien de s'attacher à la lampe prophétique, jusqu'à ce que Christ les ait éclairés. (Ephésiens 5.14) Alors la parole des prophètes ne leur sera pas devenue inutile, au contraire, ils la tiendront pour plus ferme, elle leur servira de témoignage, avec la révélation apostolique, pour fortifier leur foi. (Voir la note précédente.)

      On objecte √† cette interpr√©tation que l'√©p√ģtre est adress√©e √† des hommes qui poss√®dent d√©j√† la foi en Christ. (versets 1,12)

      21 Grec : Nulle prophétie de l'Ecriture ne devient d'une interprétation particulière, (verset 20) c'est-à-dire que le prophète lui-même, quand il la recevait, par une vision, un songe, (Genèse 40.8) ou une inspiration de l'Esprit, souvent n'en comprenait pas d'abord le sens et la portée, mais qu'il ne se permettait pas de l'interpréter, employant sa raison, ses réflexions à scruter l'avenir qui lui était indiqué, mêlant des prévisions humaines à la révélation divine. (1Pierre 1.10-12, note ; comparez Genèse 41.15,16 ; Daniel 2.)

      Il lui fallait, avant de parler, un nouveau secours, que l'auteur nomme au verset 21, o√Ļ il expose, pour confirmer (car) son assertion pr√©c√©dente, d'abord n√©gativement puis positivement, le principe de toute proph√©tie¬†: jamais proph√©tie ne fut apport√©e, inspir√©e, produite par la propre volont√© d'un homme, par son esprit ou son g√©nie¬†; mais c'est (grec) port√©s eux m√™mes, pouss√©s par l'Esprit-Saint, que des hommes venant de la part de Dieu ont parl√©.

      La plupart des commentateurs pensent que l'interprétation s'applique à la prophétie déjà formulée ; ils traduisent : "Aucune prophétie n'est un objet d'interprétation individuelle," le Saint-Esprit seul peut amener ceux qui la lisent à en bien saisir le sens.

      On peut objecter à cette explication que :

      1¬į l'auteur aurait sous-entendu la pens√©e principale¬†;

      2¬į l'id√©e qu'il exprimerait cadre mal avec le contexte¬†: l'auteur vient d'exhorter ses lecteurs √† "s'attacher √† la parole proph√©tique, qui est pour eux comme une lampe dans un lieu obscur¬†;" (verset 19) et maintenant, il ferait la r√©serve que cette parole leur demeurera inintelligible sans le secours du Saint-Esprit¬†?

      3¬į En traduisant¬†: "Est un objet d'interpr√©tation individuelle," on rend inexactement le verbe devenir accompagn√© du g√©nitif, qui indique plut√īt la provenance.

      - Le texte reçu (Sin., A) porte : les saints hommes de Dieu ont parlé.

      La leçon que nous avons suivie, et qui est admise par la plupart des éditeurs, est celle de B.

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