Actes 19

    • 1 Chapitre 19.

      1 à 22 Paul à Ephèse.

      Le texte occidental (D, version syr.) introduit notre chapitre par ces mots : "Or Paul voulant selon sa propre volonté aller à Jérusalem, l'Esprit lui dit de retourner en Asie. Et après avoir traversé les contrées supérieures, il vient à Ephèse." Voir sur Apollos Actes 18.24-28.

      - Les contr√©es sup√©rieures sont le plateau √©lev√© et montagneux de l'Asie Mineure, o√Ļ se trouvaient la Galatie la Phrygie, et d'autres provinces, que Paul parcourut au d√©but de son troisi√®me voyage missionnaire. (Actes 18.23)

      Ces provinces sont ainsi désignées à cause de leur situation élevée au-dessus du niveau de la mer, vers laquelle Paul descendit pour venir à Ephèse. Il y venait pour la seconde fois, selon la promesse faite Actes 18.21.

      2 Ces disciples n'avaient reçu que le baptême de Jean, (verset 4) c'està-dire qu'ils étaient disciples, moins de Jésus, que de Jean Baptiste. Leur développement religieux était au même point que celui d'Apollos. (Actes 18.25, note.)

      Paul, les ayant trouv√©s, rencontr√©s, s'aper√ßut bien vite de ce qui manquait √† leur connaissance et √† leur loi. De l√† sa question. Elle suppose que quand on a cru, on a aussi re√ßu le Saint-Esprit¬†; l'ap√ītre s'√©tonne de n'en pas trouver les effets dans leurs entretiens.

      - La réponse de ces disciples ne signifie pas qu'ils ignorassent même l'existence du Saint-Esprit ; ils auraient été dans ce cas, très mal instruits de la prédication de Jean-Baptiste. (Matthieu 3.11 ; Jean 1.32-34)

      Ils veulent dire plut√īt qu'ils ne savent pas si le Saint-Esprit a d√©j√† √©t√© donn√©, s'il est au sein de l'humanit√© dans cette condition nouvelle qui suppose le retour de J√©sus dans la gloire, (comparez Jean 7.39, note) si le croyant peut le recevoir d'une mani√®re permanente, √™tre √©clair√©, vivifi√©, sanctifi√© par lui, et obtenir aussi par son action des dons extraordinaires. ils vont eux-m√™mes en faire l'exp√©rience. (verset 6)

      3 Donc, puisque vous n'avez pas reçu l'Esprit saint, quel a été votre baptême ?

      Grec : en quoi, ou pour quoi ou en vue de quoi avez-vous été baptisés ? La particule grecque que nous essayons de rendre ainsi, faute de mieux indique la direction, le but en vue duquel on fait une chose l'objet que saisit notre pensée.

      Dans le baptême chrétien l'objet de la foi du néophyte est Jésus-Christ, le Sauveur, (Matthieu 28.19, note) pour les disciples de Jean-Baptiste, c'était la repentance que Jean prêchait, tout en désignant Jésus comme le Messie qui devait venir. (verset 4)

      Pour ceux qui confessaient leurs péchés et croyaient à sa parole il scellait cette foi en leur administrant le baptême.

      4 Voir la note qui précède. Paul expose ainsi le caractère préparatoire du baptême de Jean, (Actes 1.5 ; 11.16 ; 13.24) et il insiste sur la nécessité de croire en Jésus, qu'il désigne comme "Celui qui vient après lui," expression souvent employée par Jean : (Matthieu 3.11 ; 11.3)

      Ces v√©rit√©s, d√©velopp√©es par l'ap√ītre, p√©n√©tr√®rent dans le cŇďur des disciples, en sorte que Paul consentit √† ce qu'ils re√ßussent le bapt√™me chr√©tien. (verset 5)

      5 Ici encore : pour le nom du Seigneur Jésus en l'embrassant par la foi. (verset 3 note.) Ils reçoivent, par les mains de Paul ou de quelque autre disciple, le baptême chrétien.

      L'ap√ītre faisait donc une diff√©rence essentielle entre ce bapt√™me et celui de Jean.

      Tous les disciples de Jean ne furent cependant pas rebaptis√©s en devenant disciples de J√©sus¬†; il ne nous est pas dit qu'Apollon fut baptis√© par Aquilas et Priscille¬†; (Actes 18.26) il n'est pas question du bapt√™me des ap√ītres apr√®s la Pentec√īte. On administrait un second bapt√™me suivant les personnes et les circonstances. L'essentiel √©tait que tous re√ßussent le bapt√™me du Saint-Esprit.

      Au seizième siècle, les anabaptistes se prévalaient à tort de ce passage pour prouver leur doctrine, puisque le baptême d'un enfant par des chrétiens n'est pas assimilable au baptême de Jean. Les réformateurs, poussés par les besoins de leur polémique, ont essayé d'interpréter notre récit de manière à en exclure le second baptême administré aux disciples de Jean. Th. de Bèze et d'autres prétendaient que notre verset verset 5 fait encore partie du discours de Paul : et ceux qui l'entendirent (Jean-Baptiste) furent baptisés au nom du Seigneur Jésus. Mais Jean ne baptisait pas au nom de Jésus !

      Calvin, de son c√īt√©, pensait qu'il s'agit √† verset 5, non d'un bapt√™me d'eau, mais du bapt√™me du Saint-Esprit. Cette supposition est contraire au sens √©vident du texte.

      6 En recevant le baptême et l'imposition des mains ces disciples, animés d'une foi nouvelle, reçurent aussi l'effusion de l'Esprit. (Comparer Actes 8.17)

      Les dons de cet Esprit qui avait abondé dans l'Eglise de Jérusalem leur furent conférés : ils parlaient en langues et prophétisaient. (Comparer Actes 2.4 ; 10.46,1Corinthiens 14.2, notes.)

      8 Il parlait avec assurance (grec il s'enhardissait). Le verset suivant montre assez combien il lui fallait de courages.

      Discuter d'apr√®s les Ecritures et persuader les √Ęmes, telle √©tait l'Ňďuvre de Paul au milieu des Juifs, qui toujours lui faisaient force objections. L'objet de sa pr√©dication √©tait tout ce qui regarde le royaume de Dieu. (Comparer Matthieu 3.2, 2e note.)

      - Ces trois mois pendant lesquels l'ap√ītre pr√™cha dans la synagogue d'Eph√®se ne doivent pas √™tre compris dans les deux ans de verset 10.

      9 Ici se reproduit le triste ph√©nom√®ne que Luc a d√Ľ rapporter plusieurs fois d√©j√†¬†: (Actes 13.46¬†; 18.6) un certain nombre de Juifs s'obstinent dans leur opposition et calomnient la voie¬†; ce dernier mot peut d√©signer le parti m√™me des chr√©tiens (Actes 9.2, 2e note) ou leur enseignement (Actes 18.25,26)

      Les mots : du Seigneur ne sont pas dans le texte.

      L'endurcissement et l'inimiti√© des Juifs forc√®rent l'ap√ītre √† se retirer d'eux et √† rassembler √† part les disciples, ce qui √©tait indispensable pour les constituer en une Eglise.

      - Tyrannus, dans l'√©cole duquel Paul se mit alors √† pr√™cher, est enti√®rement inconnu¬†; on ignore s'il √©tait un rh√©teur grec ou un rabbin juif, s'il √©tait ou non gagn√© √† l'Evangile. Tout ce qu'on voit par le texte c'est qu'il tenait √©cole et qu'il loua ou pr√™ta son local √† l'ap√ītre Paul.

      La recension occidentale (D, la Peschito, une ancienne version latine) contient cette curieuse addition : Paul enseignait tous les jours dans l'école d'un certain Tyrannus de la cinquième à la dixième heure.

      10 A ces deux ans pendant lesquels Paul enseigna dans l'école de Tyrannus, il faut ajouter les trois mois de prédication dans la synagogue, (verset 8) puis le temps qui s'écoula encore avant son départ ; (verset 22) on obtient ainsi les trois ans qu'il assigne à son séjour à Ephèse. (Actes 10.31)

      Durant ce long espace de temps, avec tout le mouvement que provoquait la prédication de Paul, non seulement les habitants d'Ephèse, mais tous ceux qui habitaient l'Asie proconsulaire, tant Juifs que Grecs, entendirent la parole du Seigneur. Expression légèrement hyperbolique, qui signifie qu'on parla dans toute la province de la prédication de Paul.

      En effet, les contr√©es voisines de la capitale soutenaient avec elle d'incessantes relations, soit pour le commerce, soit pour le culte de Diane, soit pour le plaisir. Et, en outre, l'ap√ītre et ses compagnons d'Ňďuvre firent, sans doute, durant ces trois ans bien des excursions dans les contr√©es environnantes. Ainsi furent fond√©es, en particulier, les sept Eglises d'Asie auxquelles est adress√©e l'Apocalypse.

      12 Luc parle souvent des miracles extraordinaires (gu√©risons de malades), que Dieu op√©rait par les ap√ītres. (Actes 5.12¬†; 14.3)

      Ces miracles ne convertissaient pas les √Ęmes, mais √©taient un moyen puissant de r√©veiller l'attention des hommes et de leur inspirer respect et confiance pour la pr√©dication de la Parole divine qui, elle, les √©clairait, les convainquait et les amenait au Sauveur. (Actes 8.13 et suivants)

      Quant aux moyens ext√©rieurs auxquels avait recours l'enthousiasme populaire, ce n'√©taient assur√©ment pas les mouchoirs et les ceintures qui gu√©rissaient les malades. Mais Dieu, dans sa mis√©ricorde condescendait √† secourir ces hommes, dont le cŇďur √©tait droit devant lui (Comparer Actes 5.15 et surtout Luc 8.43-46)

      13 Nous savons par les Evangiles (Matthieu 12.27,Luc 9.49) et par Josèphe (Antiq. VIII, 2, 5) que plusieurs de ces exorcistes juifs parcouraient le pays et prétendaient chasser les démons et guérir les malades au moyen de certaines formules magiques qu'ils prononçaient.

      Ceux dont il est ici question, voyant que Paul gu√©rissait les malades au nom de J√©sus, s'imagin√®rent que c'√©tait l√† aussi une formule sacramentelle qu'ils pourraient r√©p√©ter eux m√™mes sur les malades qui avaient des esprits malins et qu'ils seraient d√©livr√©s. Les exorcistes pa√Įens avaient l'habitude de m√™ler √† leurs formules magiques les noms des dieux de toutes les nations.

      On a relevé sur un papyrus grec, cité par M. Blass, la formule suivante : "Je t'adjure par le Dieu des Hébreux, Jésus..."

      14 Sin., A, minusc. portent : certains des sept fils de Scéva.

      Mais la leçon de B : les sept fils d'un certain Scéva, est préférée par la plupart des éditeurs et des Interprètes.

      verset 16 montre que deux d'entre eux seulement prenaient part à cette action.

      Le texte de D et de la Peschito présente verset 14 plus développé : "Parmi eux aussi les fils d'un certain Scéva, sacrificateur, voulurent faire la même chose. Ils avaient l'habitude d'exorciser de tels gens. Et étant entrés vers le démoniaque, ils commencèrent à invoquer le nom, disant : Nous t'ordonnons, par Jésus, que Paul prêche, de sortir."

      Ce Scéva est d'ailleurs complètement inconnu. Le titre de grand sacrificateur montre qu'il appartenait à l'une des familles de l'aristocratie sacerdotale. (Actes 4.6)

      15 L'esprit malin, par la bouche de l'homme, en qui il √©tait. Il reconna√ģt la puissance de J√©sus et de Paul, mais il demande aux exorcistes avec m√©pris¬†: Qui √™tes-vous¬†?

      (Comparer Actes 16.17,Matthieu 8.29 ; Luc 4.41.Voir sur les démoniaques Matthieu 8.28)

      17 Cet essai de guérison réussit fort mal aux exorcistes.

      Le d√©moniaque se jeta sur eux¬†; le texte re√ßu porte¬†: s'√©tant rendu ma√ģtre d'eux, ce qui d√©signerait tous les sept fils de Sc√©va¬†; Sin., B, A, D¬†: se rendit ma√ģtre de tous deux, ou de l'un et de l'autre. (v. 14, note)

      - Il √©tait naturel que cette sc√®ne inspir√Ęt de la crainte aux personnes pr√©sentes. La confusion de ceux qui avaient voulu imiter les miracles de Paul tourna √† la gloire du Seigneur J√©sus¬†: son nom √©tait magnifi√©, c'est-√†-dire que ce nom √©tait reconnu grand et glorifi√© comme tel.

      18 Faut-il admettre que ces mots¬†: plusieurs de ceux qui avaient cru, d√©signent des hommes Jusque-l√† pa√Įens et qui devinrent croyants sous l'impression de la crainte qu'ils √©prouv√®rent alors¬†? (verset 17)

      Le participe parfait d√©signe plut√īt des disciples qui l'√©taient devenus ant√©rieurement d√©j√†. Et l'on con√ßoit tr√®s bien que de tels disciples, rendus s√©rieux par la vue de ces faits, √©prouvassent le vif besoin de venir confesser leurs pratiques √† l'ap√ītre ou √† d'autres chr√©tiens, car il est probable que les actions qu'ils confessaient et d√©claraient √©taient principalement ces pratiques de la magie que nous r√©v√®le le verset suivant.

      De telles pratiques avaient pu subsister quelque temps chez des hommes qui croyaient en Christ, mais dont la conscience était encore insuffisamment éclairée.

      19 L'exercice des arts occultes ou de la magie était très répandu ; on prétendait par ce moyen pénétrer les secrets de la nature, de l'avenir et du monde invisible. (Actes 8.9 ; 13.6)

      Il existait une foule de livres traitant de ces sujets ; ceux en particulier qu'on appelait les "écrits éphésiens," étaient célèbres partout.

      Un grand nombre donc de ceux qui en poss√©daient, devenus chr√©tiens et repris dans leur conscience, les apport√®rent et les br√Ľl√®rent en pr√©sence de tous les fid√®les.

      La valeur de ces livres indiqu√©e ici, cinquante mille pi√®ces d'argent (il s'agit sans doute de drachmes), para√ģt √©norme (approximativement 45 000 fr.).

      Mais si l'on se souvient que ces livres étaient des manuscrits, dont un seul se vendait souvent à un prix élevé, on ne sera pas tenté de voir dans ce chiffre une exagération.

      Ce fut là une magnifique victoire de l'Evangile sur la superstition et le paganisme. Luc lui-même en fait la remarque dans son récit. (verset 20)

      21 Paul se proposa, forma le projet.

      Telle est la signification des mots grecs : il se mit dans l'esprit, et non il se proposa par l'Esprit (de Dieu), comme ont traduit quelques interprètes.

      - Voyant qu'apr√®s trois ans de travail √† Eph√®se son Ňďuvre y √©tait finie, l'ap√ītre r√©solut d'aller √† J√©rusalem, afin d'y porter la collecte qu'il avait provoqu√©e en Gr√®ce, en faveur des fr√®res pauvres de la Jud√©e. (1Corinthiens 16.1-4¬†; Romains 15.25-28)

      Mais auparavant il voulait visiter une derni√®re fois les Eglises de la Mac√©doine et de l'Acha√Įe, sp√©cialement Corinthe. (1Corinthiens 16.5)

      Enfin il envisage dès ce moment le but suprême de son apostolat, Rome. Il est convaincu que c'est son devoir et la volonté de Dieu à son égard : Il me faut voir Rome. (Comparer Actes 23.11 ; Romains 1.10 ; 15.23)

      Mais il parviendra à Rome bien plus tard et d'une tout autre manière qu'il ne le pensait alors. (Actes 27 et Actes 28)

      22 L'envoi de ces deux disciples en Macédoine avait sans doute aussi pour but d'y achever la collecte qu'on vient de rappeler. (1Corinthiens 4.17 ; 16.10)

      Eraste, peu connu d'ailleurs est mentionné encore dans 2Timothée 4.20. On ne pense pas que ce soit le même qui est nommé dans Romains 16.23 et qui était de Corinthe.

      En Asie, et non à Ephèse seulement.

      23 23 à 40 Emeute provoquée par Démétrius.

      La voie (les mots du Seigneur ne se trouvent pas dans le texte grec) d√©signe la doctrine et la vie chr√©tiennes, (Actes 18.25, note) et d'une mani√®re plus g√©n√©rale l'Eglise, o√Ļ celles-ci se manifestent (Actes 9.2, 2e note.)

      C'est l'Eglise qui, par son développement, devient l'occasion d'un trouble (grec) pas petit.

      25 "La scène décrite ici est peut-être la plus pittoresque de tout le livre ; elle porte à un si haut point le cachet de la vérité psychologique qu'elle trahit à chaque ligne le témoin oculaire." Reuss.

      Le temple de Diane à Ephèse, célèbre dans tout l'Orient, construit sur les ruines de celui qu'Erostrate avait incendié en 356 avant J.-C., était considéré comme l'une des sept merveilles du monde.

      On y rendait √† Diane (grec Art√©mis) un culte c√©l√©br√© par de grandes f√™tes populaires qui attiraient de toute l'Asie Mineure des foules immenses. Chez les Grecs, Art√©mis, sŇďur d'Apollon, √©tait la d√©esse de la virginit√©.

      Mais, sous l'influence du culte phénicien d'Astarté, elle en était venue en Asie Mineure à représenter la force productive de la nature ; on la nommait "la mère de tous."

      L'orfèvre Démétrius faisait du temple de Diane de petits modèles d'argent que les adorateurs de cette divinité emportaient avec eux comme amulettes ou qu'ils consacraient à la déesse comme offrandes.

      Cette industrie était la source d'un grand profit pour les artistes et les ouvriers qu'elle occupait. Le texte fait une distinction entre les artisans ou artistes et les ouvriers : les premiers appartenaient sans doute à une catégorie supérieure.

      Démétrius, frappé de la diminution de son gain par l'effet des progrès de l'Evangile, assembla tous les ouvriers du même métier (grec ouvriers touchant de telles choses) et leur adressa le discours que Luc rapporte ici. L'orateur populaire a la bonne foi de leur présenter, comme premier argument, la perte considérable qu'ils subissaient les uns et les autres ; puis, en seconde ligne, il en appelle à ce motif religieux : la déconsidération qui en résultait pour la déesse.

      26 D√©m√©trius avait bien compris √† cet √©gard la pens√©e de celui qu'il appelait avec m√©pris ce Paul¬†; (1Corinthiens 8.4) mais il croyait, lui, avec tous les pa√Įens, que les dieux faits par la main des hommes, c'est-√†-dire leurs images m√™mes, sont des dieux.

      En th√©orie, le paganisme pr√©tendait distinguer entre les divinit√©s et leurs repr√©sentations visibles¬†; mais, en pratique, il les confondait. Et il en est de m√™me, en pleine chr√©tient√©, partout o√Ļ est admis le culte des images.

      27 Après le gain perdu (grec la partie décriée pour nous), le motif religieux.

      On ne saurait déplorer en termes plus énergiques la décadence de la grande déesse, de son temple, de son culte et de sa majesté.

      Plusieurs interprètes (Meyer, Zöckler, Weiss) traduisent : et que quelque chose de sa majesté ne soit anéanti, etc.

      D'autres (Rilliet, Wendt) consid√®rent le temple comme sujet des deux propositions¬†: que le temple ne soit bient√īt d√©pouill√© de la majest√© de celle que...La construction la plus naturelle nous para√ģt √™tre de sous-entendre¬†: elle (la d√©esse) comme sujet des infinitifs¬†: devoir √™tre d√©pouill√©e (grec tir√©e en bas) de sa majest√©, elle que toute l'Asie r√©v√®re.

      28 Ce cri unanime était une protestation véhémente contre les enseignements par lesquels Paul discréditait la grande Diane des Ephésiens.
      29 Le th√©√Ętre, o√Ļ se pr√©cipite la foule, servait aussi aux assembl√©es d√©lib√©rantes du peuple.

      - N'ayant pas trouv√© Paul, la multitude entra√ģne au moins avec elle deux de ses amis qui l'avaient accompagn√© √† Eph√®se¬†: Ga√Įus, probablement pas celui qui est nomm√© Actes 20.4, note, ni celui mentionn√© dans Romains 16.23¬†; 1Corinthiens 1.14, et Aristarque, disciple qu'on retrouve ailleurs dans la soci√©t√© de Paul. (Actes 20.4¬†; 27.2¬†; Colossiens 4.10,Phil√©mon 24)

      31 Paul voulait se présenter devant le peuple pour défendre sa cause et saisir cette occasion d'annoncer l'Evangile. Mais il en fut empêché par les disciples et même par quelques-uns des Asiarques.

      On appelait Asiarque le président de l'assemblée provinciale de l'Asie proconsulaire.

      Il portait ce titre comme celui de la Galatie le titre de "Galatarque," celui de Bithynie "Bithyniarque."

      Chargé de présider au culte et aux jeux publics qu'on célébrait en l'honneur des dieux et des empereurs, il était choisi parmi les citoyens considérés et riches, car il faisait luimême les frais des fêtes auxquelles il présidait. Il n'était nommé que pour un an, mais conservait son titre après l'achèvement de sa magistrature.

      C'est ainsi que notre texte peut parler des Asiarques au pluriel.

      Ceux qui, ici, prennent int√©r√™t √† la s√Ľret√© de Paul, sans √™tre encore devenus chr√©tiens, avaient eu l'occasion de voir et d'entendre l'ap√ītre et √©taient attach√©s √† lui par l'estime et l'affection qu'il leur inspirait¬†; ils √©taient ses amis. Beau t√©moignage rendu √† son caract√®re et √† sa vie¬†!

      33 Nous traduisons d'après le texte de Sin., B, A, admis par la plupart des éditeurs.

      Le verbe qui se lit dans ce texte a probablement, comme dans 1Corinthiens 2.16, et souvent dans les Septante, le sens d'instruire, mettre au courant.

      On instruisit des causes du tumulte un homme qui sortait de la foule et, sans doute, s'informait de ce qui se passait.

      Le texte re√ßu porte¬†: ils firent avancer¬†; D¬†: ils firent descendre. M. Blass pr√©f√®re ce dernier verbe¬†: ils le firent descendre des gradins du th√©√Ętre sur la plate forme pour parler √† la foule.

      - Qui était Alexandre ?

      Plusieurs, depuis Calvin jusqu'à Meyer, ont pensé que c'était un chrétien poussé en avant par les Juifs, afin de l'exposer à la fureur du peuple.

      Dans ce cas, l'apologie qu'il voulait présenter aurait été en faveur des chrétiens et de Paul en particulier.

      Th. de B√®ze d√©j√†, et apr√®s lui beaucoup d'ex√©g√®tes, ont vu plus juste en pensant que cet homme √©tait Juif, (verset 34) et que ses coreligionnaires le poussaient en avant d'abord pour s'informer des causes de l'√©meute, ignor√©es de la plupart des assistants, (verset 32) puis, si le bruit qui courait d'un sacril√®ge imput√© aux disciples de Paul √©tait confirm√©, pour prononcer un discours, dans lequel il chercherait √† d√©gager la cause des Juifs de celle des chr√©tiens avec lesquels on les confondait habituellement en pays pa√Įens.

      S'il en est ainsi, comme tout l'indique, il est possible que cet Alexandre, ennemi de Paul, f√Ľt le m√™me dont l'ap√ītre parle dans 1Timoth√©e 1.20¬†; 2Timoth√©e 4.14.

      34 Deux heures de cris, en l'honneur de la grande Diane !

      Les assemblées populaires, quand la passion les anime, entendent plus volontiers les cris que les raisons.

      35 Le secrétaire de ville, ou chancelier, était chargé de la rédaction de tous les actes émanant du conseil et préposé à la conservation des archives.

      Notre récit même prouve qu'il exerçait une grande influence. Son discours est d'une habileté remarquable. Il entre d'abord en plein dans les sentiments passionnés de la foule ; puis il lui fait comprendre que ceux qu'elle accuse ne sont point des criminels, que d'ailleurs les affaires juridiques se traitent d'une tout autre manière, qu'enfin les Ephésiens couraient risque d'être punis pour sédition par l'autorité romaine décidée à réprimer sévèrement les troubles publics.

      Gardienne de temple (grec n√©ocoros, mot qui d√©signe proprement celui qui balaie le temple) √©tait un titre d'honneur que prenaient les villes d'Asie o√Ļ se trouvaient des sanctuaires v√©n√©r√©s.

      Dans le temple de Diane était conservée la statue de la déesse en bois de cèdre, selon quelques historiens, en ébène, selon d'autres. Et pour l'entourer d'une vénération d'autant plus grande, on faisait croire au peuple qu'elle était tombée du ciel (grec descendue de Jupiter), mensonge souvent répété ailleurs.

      39 L'orateur oppose, avec une grande sagesse, à cette assemblée tumultueuse tous les moyens légaux : les audiences publiques, les proconsuls (pluriel de catégorie, car il n'y en avait qu'un pour l'Asie proconsulaire), l'assemblée légale des citoyens.
      40 L'argument réservé pour la fin était sans réplique : la terreur qu'inspirait l'autorité romaine, inexorable contre les révoltes. Et comme il n'y avait que les intéressés, c'est-à-dire Démétrius et ses ouvriers qui fussent réellement irrités (verset 32) l'assemblée se laissa congédier.

      - Ce r√©cit est le seul passage du Nouveau Testament o√Ļ le mot eccl√©sia, √©glise, ait son sens premier, d√©signant une assembl√©e populaire. (versets 32,39,40)

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