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Actes 4

    • 1 Chapitre 4.

      1 à 22 Emprisonnement de Pierre et de Jean.

      Le grand succès des deux discours de Pierre et le nombre croissant des chrétiens (verset 4) devaient nécessairement attirer l'attention et provoquer l'opposition des adversaires. A leur tête étaient les sacrificateurs.

      Tischendorf, Nestle, Wendt conservent le texte reçu : les sacrificateurs, leçon fortement documentée.

      Westcott et Hort ont admis la variante : les principaux sacrificateurs, qui se lit dans B, C.

      Ce terme très usité dans les évangiles a probablement été substitué à l'autre par un correcteur.

      Avec eux se trouvaient les sadducéens qui avaient entendu le discours de Pierre. (verset 2, note. Voir, sur ce parti politicoreligieux, Matthieu 3.7, 1re note.)

      Déjà ils avaient fait avertir le commandant du temple, chef de la garde du temple, qui était luimême sacrificateur, qu'un grand rassemblement de peuple se trouvait sous un des portiques (Actes 3.11) la fonction de ce chef était de maintenir l'ordre dans le temple et aux abords.

      Tous survinrent pendant que les disciples parlaient au peuple.

      2 Deux choses leur causaient cette peine, ce profond dépit, cette vexation d'esprit : c'est d'abord que les disciples enseignaient le peuple et obtenaient sur lui une influence qui menaçait celle de ses chefs ; ensuite qu'ils annonçaient la résurrection.

      Ceci contrariait surtout les sadducéens, qui niaient la vie à venir (Matthieu 22.23) et qui avaient entendu Pierre parler de la résurrection de Jésus. (Actes 3.15) Ils estimaient avec raison que c'était là prêcher la doctrine de la résurrection en général. (1Corinthiens 15.12, suivants)

      C'est ce que signifient les termes : En Jésus la résurrection d'entre les morts : elle n'est qu'en lui et par lui.

      3 Pierre et Jean étaient montés au temple a trois heures de l'aprèsmidi et avaient assisté à la prière. (Actes 3.1)

      Apr√®s la gu√©rison de l'impotent (Actes 3.2 et suivants) et le discours prolong√© de Pierre, la nuit devait approcher¬†; on ne pouvait donc plus assembler le sanh√©drin et faire compara√ģtre les ap√ītres devant lui. C'est pourquoi ils furent mis en prison jusqu'au lendemain.

      4 Mais, malgré la persécution qui commençait, un grand nombre crurent, par la parole qu'ils venaient d'entendre.

      Le nombre des croyants s'éleva à environ cinq mille. Il faut comprendre probablement dans ce nombre les trois mille qui furent convertis par le premier discours de Pierre (Actes 2.41) et ceux que le Seigneur ajoutait chaque jour à L'Eglise. (Actes 2.47)

      L'article manque, il est vrai, devant nombre : plusieurs en concluent que les cinq mille furent amenés à la conversion par le second discours seul.

      - Cinq mille hommes, dit le texte, ce qui prouve que les femmes converties n'y √©taient pas comprises. Quelques interpr√®tes (de Wette Ebrard, Wendt) pensent qu'on peut entendre par hommes des personnes des deux sexes (Matthieu 14.35¬†; Luc 11.31¬†; comparez Actes 2.41)¬†; mais le mot grec ne d√©signe que des personnes de sexe masculin, et en outre, comme l'observe Meyer, ce sens est confirm√© par Actes 5.14 o√Ļ les hommes sont distingu√©s des femmes.

      5 Grec : Leurs chefs, c'est-à-dire les chefs des Juifs, c'était le titre général de tous les membres du sanhédrin (voir sur ce corps Matthieu 5.22 note), tandis que les anciens et les scribes en étaient des classes spéciales.

      - Les mots à Jérusalem, avec la préposition qui implique le mouvement vers la ville, d'après la leçon du texte reçu et du Sin. adoptée par Tischendorf, supposent que les membres du conseil, en villégiature, n'habitaient pas alors la ville, et qu'ils durent s'y rendre à cette occasion.

      La leçon de B, A, D, dans Jérusalem (sans mouvement), admise par la plupart des critiques, semble une adjonction assez inutile, puisqu'il va sans dire que le siège du sanhédrin est à Jérusalem.

      On a proposé de rattacher ce complément au mot scribes exclusivement. L'auteur voudrait distinguer les scribes de Jérusalem de ceux de la Galilée.

      6 Luc ne pouvait pas ignorer qu'Anne n'avait plus que le titre honorifique de souverain sacrificateur, tandis que Ca√Įphe, son gendre, en avait la charge. (Comparer Luc 3.2¬†; Jean 11.49¬†; 18.13, notes.)

      Jean (D porte : Jonathas) et Alexandre sont des noms sans doute alors marquants dans la race des souverains sacrificateurs, mais aujourd'hui inconnus, et sur lesquels on n'a que des conjectures.

      7 Par quel pouvoir ou en quelle autorité ? Et ils ajoutent en quel nom (invoqué par vous) ? Ils savaient bien que ce nom était celui de Jésus ; (Actes 3.6,16) mais ils voulaient précisément leur arracher cet aveu, (verset 10) afin de les accuser comme des blasphémateurs qui substituaient le nom de Jésus au nom de Jéhovah, ou comme des rebelles, agissant au nom d'un homme qui avait été crucifié pour avoir aspiré à la royauté.

      - N'osant pas et ne voulant pas articuler comme grief une guérison miraculeuse, ils se contentent de désigner le fait par ce mot : cela. C'était bien là le seul chef d'accusation auquel ils pussent s'arrêter, mais, sans aucun doute, ce qui les irritait le plus, c'était l'influence acquise sur le peuple par la prédication des disciples. (verset 2)

      8 Rempli d'Esprit saint. (Comparer Actes 13.9)

      "Cette expression ne signifie pas seulement que les ap√ītres ne parlaient pas par leurs propres forces, mais par celles du Saint-Esprit¬†; elle indique plut√īt que cet Esprit, toujours agissant en eux, leur accordait un secours sp√©cial dans ces moments solennels." Olshausen.

      C'était là, au reste, l'accomplissement littéral de la promesse de Jésus-Christ. (Matthieu 10.19,20)

      Que l'on compare Pierre, devant cette imposante assembl√©e des personnages les plus savants et les plus puissants, avec le disciple reniant son Ma√ģtre, (Matthieu 26.70) et l'on comprendra ce que furent les langues de feu de la Pentec√īte.

      9 L'ap√ītre s'adresse d'abord aux chefs de son peuple et aux anciens (le texte re√ßu ajoute¬†: d'Isra√ęl, mots qui manquent dans Sin., B, A) en termes respectueux qui montrent qu'il les reconnaissait comme tels.

      Mais, qu'il l'ait voulu ou non, quelle fine et mordante ironie dans ce contraste ! Etre recherchés (être l'objet d'une enquête) pour (grec) un acte de bienfaisance à un homme malade !

      Pierre rappelle en cela son Ma√ģtre. (Jean 10.32) Ce qu'il y a d'extraordinaire dans cette situation est relev√©, en grec, par l'emploi de la conjonction si au lieu de puisque¬†: si vraiment nous sommes recherch√©s, si une telle contradiction est possible¬†!

      - Par quel moyen il a √©t√©, non pas gu√©ri, selon nos versions, mais sauv√©¬†; ici, comme toujours, la gu√©rison n'avait pas seulement en vue le corps, mais l'√Ęme et son salut. (Matthieu 9.22, note.)

      10 Quelle sainte hardiesse dans ces paroles ! Non seulement il attribue le miracle à ce nom, odieux à ses juges, Jésus Christ le Nazaréen, mais l'accusé se faisant accusateur ajoute : que vous avez crucifié, que Dieu a ressuscité (grec réveillé) des morts.

      Il faut remarquer le vif contraste que forment ces deux que, qui ne sont liés par aucune particule.

      Puis le courageux confesseur r√©p√®te avec solennit√©¬†: C'est par lui que (gr) celui-ci para√ģt en votre pr√©sence plein de sant√©¬†!

      Par lui, ce pronom peut être au neutre, se rapportant au nom de Jésus (Wendt) ou au masculin désignant Jésus-Christ lui-même (Meyer, Holtzmann).

      - On s'est demand√© comment il se fait que le malade gu√©ri p√Ľt assister √† cette audience. Il n'y a pas de doute que les juges ne l'aient assign√© comme t√©moin, esp√©rant tirer de lui quelque sujet d'accusation, sans r√©fl√©chir que sa pr√©sence devait leur fermer la bouche. (verset 14)

      11 Psaumes 118.22. Admirable et hardie application de cette parole célèbre !

      Lui est cette pierre rejetée par vous, mais devenue la principale de l'angle ! (Comparer 1Pierre 2.4-7)

      Ce n'était pas la première fois que cette prophétie était appliquée à ces mémés architectes de la théocratie, (Matthieu 21.42 ; Luc 20.17) ils pouvaient s'en souvenir.

      12 Par la belle image de verset 11, l'ap√ītre avait d√©j√† dit que l'unique fondement du salut √©tait cette pierre rejet√© par les hommes et devenue la principale de l'angle.

      Mais il tient à le déclarer encore sans figure, et il le fait sous deux formes différentes, afin d'accentuer aussi fortement que possible cette vérité absolue.

      Plusieurs l'ont trouvée trop absolue, trop exclusive ; mais ceux qui, par leur expérience, ont acquis une notion exacte du péché et de la justice divine, savent que nul ne peut être sauvé sans un Sauveur.

      Seulement on se représente difficilement la hardiesse dont Pierre fit preuve en présentant au sanhédrin ce nom de Jésus de Nazareth (v 10) comme le seul que Dieu ait donné parmi les hommes, c'est-à-dire au sein de notre humanité déchue, par lequel il nous (B : vous) faut être sauvé.

      Il le faut : cette nécessité est fondé dans la nature des choses et dans la volonté souveraine de Dieu.

      13 Le sujet de l'√©tonnement des membres du sanh√©drin, c'est que des hommes sans instruction, (grec) non lettr√©s, qui n'avaient pas pass√© par les √©tudes rabbiniques, et, en outre, de simples la√Įques, du commun peuple, pussent parler devant le conseil supr√™me de la nation avec cette assurance, ou plut√īt cette libert√© cette hardiesse.

      Tel est le sens du terme original. La simple éloquence des disciples, inspirée par l'Esprit de Dieu, était d'autant plus étonnante, en effet, que leur liberté et leur vie dépendaient de leurs auditeurs.

      - Que signifie la derni√®re remarque de ce verset.¬†? Est-ce simplement une confirmation de l'id√©e que les disciples √©taient des hommes sans culture, de simples Galil√©ens, puisqu'ils avaient √©t√© vus dans l'entourage de J√©sus¬†? Ces paroles ne veulent-elles pas dire que les adversaires reconnaissaient dans la sainte assurance de ces hommes sans lettres quelque chose de l'autorit√© et de la puissance de leur Ma√ģtre¬†?

      14 Grec : rien à contredire.

      En présence de ce témoin vivant du miracle, ils ne pouvaient pas songer à le nier ; (verset 16) et comme tout le peuple en était dans l'admiration, (verset 2) cette considération leur imposait une certaine prudence.

      18 Ce que le sanhédrin veut empêcher de se répandre, c'est à la fois le bruit du miracle, (verset 16) et 1'enseignement apostolique, auquel ce miracle accompli au nom de Jésus donnait une autorité particulière.

      C'est pourquoi il d√©fend avec menaces aux ap√ītres de parler ou d'enseigner en ce nom-l√†.

      Leur silence, dans ces circonstances, importait aux chefs de la théocratie, menacés dans leur influence sur le peuple.

      19 Le grand principe ici pos√© par l'ap√ītre, et qui se fondait sur une parole du Ma√ģtre, (Matthieu 22.21) suppose deux choses sans lesquelles il pourrait devenir dangereux¬†:

      1¬į Que celui qui s'en pr√©vaut pour refuser ob√©issance √† l'autorit√© ait un commandement clair et positif de Dieu sur lequel il se fonde. Tel √©tait √©videmment le cas des disciples de J√©sus. (Actes 1.8¬†; Matthieu 28.19,20¬†; Marc 16.15¬†; Jean 20.21) Christ avait ordonn√©, nulle autorit√© humaine n'avait le droit de d√©fendre.

      2¬į Que ceux qui opposent √† un gouvernement cette r√©sistance passive soient r√©sign√©s d'avance √† en subir patiemment toutes les cons√©quences.

      C'est ce que firent toujours les ap√ītres. Leur principe n'a donc rien de r√©volutionnaire.

      Aussi peuvent-ils en appeler directement au jugement de Dieu et m√™me au jugement du tribunal o√Ļ ils comparaissent¬†: Jugez devant Dieu.

      Bien plus, ils répéteront ce principe, sous la forme d'une affirmation catégorique, après avoir fait l'expérience des dures conséquences qui devaient en découler pour eux. (Actes 5.29)

      20 Pourquoi ne peuvent-ils pas ?

      Parce que les choses qu'ils ont vues et entendues sont la vérité divine qui leur a été confiée pour le salut du monde ; or cette vérité ne leur appartient pas ils seraient des prévaricateurs s'ils la taisaient ; cela leur est moralement impossible.

      - C'est là l'origine de ce mot fameux dont une hiérarchie mondaine a tant abusé : Non possumus.

      22 Les ap√ītres s'en vont absous pour le moment¬†; mais ce n'est ni la v√©rit√© qu'ils ont entendue ni un sentiment de justice qui impose √† leurs juges cette mod√©ration¬†; c'est la crainte du peuple, c'est-√†dire leur politique √©go√Įste.

      Car quant à eux, ils prononcent de nouvelles menaces, ignorant le pouvoir de la conscience en ces hommes qui ne pourront leur obéir.

      - La derni√®re remarque de Luc, sur l'√Ęge de l'impotent gu√©ri, est destin√©e √† faire ressortir la grandeur du miracle dont tout le peuple glorifiait Dieu.

      23 23 √† 31 Les ap√ītres rendus √† l'Eglise. Pri√®re de l'Eglise.

      Vers les leurs ; qui est-ce que Luc entend par là ?

      Selon quelques ex√©g√®tes (de Wette, Meyer), ce seraient les autres ap√ītres qui, probablement, demeuraient ensemble et qui (verset 31) annon√ßaient la parole de Dieu.

      Il est beaucoup plus naturel de penser, avec Ebrard, Lechler et Wendt, qu'il s'agit d'une manière plus générale de ceux qui partageaient leur foi.

      Une assembl√©e de disciples √©tait en pri√®res, tandis que Pierre et Jean comparaissaient devant le sanh√©drin, et ceux ci, d√©livr√©s, se rendirent au lieu o√Ļ les fr√®res avaient coutume de se r√©unir. (Comparer Actes 12.5,12)

      24 Faut-il avec quelques interpr√®tes, entendre ces mots dans ce sens que tous ensemble se mirent √† prier √† haute voix¬†? ou bien que l'un d'entre eux priait et que le commun accord √©tait dans les cŇďurs qui s'√©levaient √† Dieu d'un m√™me √©lan¬†? Nous pensons que ce dernier sens est le vrai.

      Mais ce qui est beaucoup plus important, c'est de se pénétrer de la beauté et de la force de cette prière.

      Ces mots : Le ciel et la terre et la mer désignent tout l'univers.

      Or, dire à Dieu qu'il a fait toutes choses c'est croire en lui, se confier en lui de la manière la plus absolue. Jamais en effet le Dieu vivant et vrai n'a manifesté sa puissance infinie d'une manière aussi éclatante que par la création du monde. Et ce monde qu'il a tiré du néant, il le conserve, il le gouverne.

      De l√† vient que cette affirmation se retrouve sans cesse dans l'Ecriture surtout dans les pri√®res des serviteurs de Dieu, car elle est le fondement de leur confiance en lui. (Psaumes 124.8¬†; Esa√Įe 37.15 et souvent ailleurs.) L'Eglise chr√©tienne a trop oubli√© que le Dieu de la cr√©ation qui se montre √† nous dans ses Ňďuvres, (Romains 1.20) est le m√™me Dieu que le Dieu de la R√©demption et de la gr√Ęce.

      Le mot que nos versions ordinaires rendent par Seigneur n'est pas le m√™me qui repara√ģt sans cesse dans le Nouveau Testament et qui, dans la version grecque des Septante, est la traduction constante du nom de J√©hovah¬†; nous avons ici un autre titre qui signifie ma√ģtre, celui qui commande¬†: il est attribu√© √† Dieu (Luc 2.29) et √† Christ (2Pierre 2.1)

      - Le texte reçu, avec D, version syr., etc., porte : "Toi le Dieu qui..." Ce mot Dieu manque dans Sin. B, A, la vulgate ; les critiques l'omettent.

      25 Nous conservons le texte reçu qui avec la plupart des minusc. et d'autres témoins, omet les mots : notre père et par l'Esprit saint.

      Ces mots se lisent dans la plupart des majuscules, des versions (D versions syr. et copte omettent : notre père) et des Pères ; mais ils ont tout l'air d'avoir été ajoutés par des copistes désireux de compléter la pensée.

      Dans les meilleurs manuscrits (Sin., B, A, E) on lit : par l'Esprit saint de la bouche de David (le second par manque), ce qui est évidemment une faute de copie. Et d'ailleurs, l'expression : Dieu a parlé par l'Esprit saint, est étrangère au Nouveau Testament et constitue un pléonasme.

      - Le passage cité est le commencement du Psaumes 2 emprunté à la version des Septante, et conforme à l'hébreu. Ce Psaume, n'ayant point de titre, est attribué à David, selon l'usage des Juifs qui faisaient remonter à ce roi tous les Psaumes dont l'origine n'était pas connue. Ce Psaume a été considéré comme messianique, soit par les docteurs juifs, soit par les écrivains du Nouveau Testament. (Voir Actes 13.33 ; Hébreux 1.5 ; 5.5 ; Apocalypse 2.26,27 ; 12.5 ; 19.15)

      26 Christ est la traduction grecque de Messie, Oint, oint de l'Esprit de Dieu. (Actes 4.27 ; 10.38)

      Il est probable que dans la signification historique du Psaume cet oint de l'Eternel, contre lequel se r√©voltaient des ennemis, √©tait le roi d'Isra√ęl lui-m√™me. Mais en m√™me temps, le psalmiste consid√®re ce roi comme type du Messie. En effet, ce chant renferme des expressions qui ne sont applicables √† aucun monarque terrestre, mais uniquement au vrai Roi d'Isra√ęl.

      28 Les paroles du Psaume sont appliquées directement aux diverses classes d'hommes qui, dans leur aveuglement, avaient pris une part quelconque au crucifiement du Sauveur et qui maintenant le persécutent dans ses disciples.

      Les disciples ne pensent point à eux-mêmes, mais uniquement au saint serviteur de Dieu (voir sur ce mot, qui revient à verset 30 et qui signifie proprement enfant, Actes 3.13, note), que ses ennemis ont mis à mort. Mais en le faisant, ces rebelles n'ont pu que "projeter des choses vaines," (verset 25) car sans le savoir et sans le vouloir. ils ont accompli ce que la main (la puissance) et le conseil (la sagesse) de Dieu avaient d'avance déterminé. (Actes 2.23 note, Actes 3.18)

      - Il faut remarquer, verset 27, le mot : dans cette ville (Sin, B, A, D, versions.), omis à tort par le texte reçu.

      30 Maintenant regarde, Seigneur, leurs menaces !

      Leurs se rapporte grammaticalement aux personnages √©num√©r√©s √† verset 27, logiquement aux chefs actuels d'Isra√ęl, anim√©s du m√™me esprit, et qui venaient de prof√©rer de nouvelles menaces. (verset 21)

      Quelle confiance exprime la requête des disciples !

      Ils demandent à leur Seigneur deux choses : une pleine assurance, une sainte hardiesse pour annoncer sa Parole, précisément ce que les chefs du peuple leur ont défendu ; (verset 17) puis le pouvoir de faire des guérisons et d'autres miracles, qui réveilleront l'attention du peuple pour la prédication de l'Evangile ; (grec) que tu étendes la main pour guérison et pour qu'il se fasse signes et prodiges... (Comparer 1Rois 8.42 ; Ezéchiel 20.33)

      31 Dieu donne immédiatement aux disciples le signe certain que leur prière est exaucée.

      Il les remplit de son Saint-Esprit¬†; (comparez verset 8, note) et les ap√ītres (tel est probablement le sujet sousentendu) annon√ßaient la parole de Dieu avec une pleine assurance, malgr√© la d√©fense du sanh√©drin. (verset 29)

      Cette effusion nouvelle de l'Esprit fut accompagn√©e d'un tremblement de la maison o√Ļ ils √©taient, comme au jour de la Pentec√īte. (Actes 2.2) Par ce ph√©nom√®ne, qu'il ne faut pas confondre avec un tremblement de terre ordinaire, puisqu'il fut limit√© √† cette maison, Dieu leur donna un signe ext√©rieur de sa pr√©sence et de sa puissance.

      32 4 :32 à 5 :11 Vie intérieure de l'Eglise. Lumière et ombres.

      Grec¬†: Un seul cŇďur et √Ęme, c'est-√†-dire que la plus intime union de pens√©e, de volont√© et de sentiment existait entre ces croyants¬†; la m√™me foi et le m√™me amour pour le m√™me Sauveur, tel √©tait le lien qui les unissait.

      C'est l√† essentiellement ce qui constitue l'Eglise. (Philippiens 1.27¬†; 2.2¬†; comparez 1Chroniques 12.38) Or l'Esprit seul cr√©e cette pr√©cieuse unit√© des √Ęmes, naturellement s√©par√©es par l'√©go√Įsme.

      - Pour la seconde fois, (Actes 2.42-47) Luc trace ici un tableau de la vie intérieure de l'Eglise, après avoir raconté ses succès au dehors.

      Pr√©cis√©ment cette ardente charit√© que Luc vient de d√©crire avait pour ainsi dire effac√© entre les fid√®les la distinction du tien et du mien, que l'√©go√Įsme des hommes rend d'ordinaire si acerbe. Et ce n'√©tait pas l√† seulement une belle th√©orie¬†; c'√©tait la pratique de la primitive Eglise √† J√©rusalem.

      Il ne faut pas cependant trop presser les termes du texte, qui ne sont pas exempts d'une certaine emphase.

      Les biens n'étaient pas tous mis en commun, comme le montre le fait rapporté aux versets 36,37, et la parole de Pierre à Ananias, Actes 5.4. Les propriétés particulières étaient virtuellement à la disposition de tous, en raison de la charité qui animait les membres de l'Eglise.

      Certains critiques, méconnaissant cette nuance, ont statué une contradiction entre l'affirmation de verset 32 et les données de Actes 4.36,37,5.4, et en ont conclu que ces passages provenaient de sources diverses et avaient été amalgamés maladroitement par l'auteur des Actes.

      Voir d'ailleurs sur la communauté des biens Actes 2.45 note.

      33 Au premier abord ce verset para√ģt √™tre √©tranger au contexte car il interrompt la description du communisme qui r√©gnait dans l'Eglise.

      Aussi maint critique estime-t-il que l'auteur introduit ici dans le document qu'il transcrit un renseignement puisé à une autre source.

      Mais c'est m√©conna√ģtre la relation √©troite qu'il y avait entre les manifestations de la charit√© √©num√©r√©es aux versets 32,34 et la puissance avec laquelle les ap√ītres rendaient t√©moignage de la r√©surrection de J√©sus-Christ, le Seigneur.

      Cette grande puissance r√©sultait, sans doute, de la v√©rit√© qu'ils proclamaient, elle √©tait due aussi √† l'action du Saint-Esprit en eux et par eux, comme le montrent les mots¬†: Il y avait une grande gr√Ęce sur eux tous.

      Mais cette action n'aurait pu s'exercer aussi efficacement et la pr√©dication des ap√ītres n'aurait pas trouv√© autant de cr√©dit, si la vie nouvelle et en particulier la charit√©, dont l'Eglise se montrait anim√©e, n'avait parl√© en faveur de leur doctrine.

      J√©sus d√©j√† avait annonc√© que sa mission divine serait reconnue du monde dans la mesure o√Ļ ses disciples seraient unis dans l'amour. (Jean 17) Cette relation est indiqu√©e dans notre passage par le car qui introduit verset 34.

      - S'il nous est dit ici et ailleurs, (Actes 4.2¬†; Actes 1.22¬†; 3.15,17.18, etc.) que la r√©surrection du Christ √©tait le sujet principal du t√©moignage rendu par les ap√ītres, c'est que cette r√©surrection d√©montrait la divinit√© de J√©sus de Nazareth, annon√ßait le triomphe de sa cause et ouvrait aux √Ęmes croyantes la source de toute vie.

      - La grande gr√Ęce qui reposait sur tous ne doit pas s'entendre ici de la faveur dont ils jouissaient aupr√®s du peuple, (comparez Actes 2.47) mais de la gr√Ęce divine, qui produisait ces beaux fruits en eux tous.

      - B porte¬†: Et les ap√ītres du Seigneur J√©sus rendaient t√©moignage, avec une grande puissance, de la r√©surrection. Westcott et Hort, Nestle, Wendt, Weiss adoptent cette le√ßon.

      35 Comparer Actes 4.32 ; 2.45, note. Cette remarque qu'il n'y avait parmi eux aucun indigent montre que le motif de cette mise en commun des biens était le désir de subvenir abondamment aux nécessités de tous les pauvres. Tel est le vrai communisme, celui d'une charité spontanée.

      - Un trait nouveau est ajout√© ici¬†: c'est que le produit de ces ventes de biens √©tait d√©pos√© aux pieds des ap√ītres, c'est-√†-dire mis √† leur disposition pour qu'ils le distribuassent selon les besoins de chacun.

      Ils ne purent suffire √† cette t√Ęche¬†; aussi fallut-il bient√īt leur donner des aides. (Actes 6.1-6)

      37 Ce fait est cit√© par Luc comme un exemple individuel de ce qui se passait alors, et parce que Barnabas devint bient√īt c√©l√®bre dans l'Eglise par ses dons et son activit√© missionnaire, comme compagnon d'Ňďuvre de l'ap√ītre Paul.

      Il était Lévite, ce qui constituait chez les Juifs une distinction.

      Comme Lévite, il n'était point inapte à posséder un champ, ainsi qu'on l'a conclu à tort des passages Nombres 18.20-24,Deutéronome 18.1. Il ressort de Nombres 35.2, (comparez Jérémie 32.6-16 ; Josué 21.18) que, dans la banlieue des villes qui leur étaient assignées, les Lévites Pouvaient posséder des propriétés individuelles.

      L'interdiction Lévitique 25.34. doit probablement s'entendre en ce sens que ces propriétés ne pouvaient être cédées définitivement à d'autres qu'à des Lévites. (Lévitique 25.32,33)

      La patrie de Barnabas √©tait l'√ģle de Chypre, et il fut le premier qui, avec Paul, y annon√ßa l'Evangile. (Actes 13.4)

      Ce furent les ap√ītres qui, plus tard, et afin de l'honorer, chang√®rent son nom de Joseph, selon Sin, B, A, D, versions. (les autres manuscrits portent Joses ou Jos√©), en celui de Barnabas que Luc traduit par fils d'exhortation ou de consolation (le mot grec a les deux sens).

      Ce nom hébreu de Barnabas (Bar Nebouah) signifie proprement fils de prophétie. En effet, ce disciple était prophète ; (Actes 13.1) et ce fut, sans doute, parce qu'il déployait ce don avec puissance, que son nouveau nom lui fut donné. (Comparer Actes 11.22-26)

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