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Amos 9

    • 1

      1 à 10 Chute du royaume coupable.

      1 √† 4 Derni√®re vision. Cette vision annonce la chute du temple de B√©thel qui entra√ģnera la ruine du culte du veau d'or et la destruction de ses sectateurs. Comparez 3.14.

      Frappe... Le Seigneur, debout pr√®s de l'autel principal, donne cet ordre soit √† Amos, soit plut√īt √† l'un des anges qui l'accompagnent. Le coup doit porter sur les chapiteaux des colonnes qui s'√©l√®vent sur le seuil ou mieux qui appartiennent au porche du temple, en faisant crouler celui-ci sur la t√™te des adorateurs qui se pressent √† l'entr√©e du sanctuaire.

      Ce qui restera : ceux qui ne seront pas atteints par l'écroulement de l'édifice.

      Il ne s'en sauvera pas un... Les expressions qui s'accumulent ici jusqu'au verset 4 avec une si puissante énergie, donnent l'idée de cette fureur de destruction qui s'allume chez le Dieu jaloux, quand les pécheurs, à force de fouler aux pieds ses ordres, ont fini par épuiser sa patience.

      2

      Les enfers et la mer représentent les lieux les plus profonds et ont pour pendants les cieux et le Carmel, représentant ce qu'il y a de plus élevé soit en général dans l'univers, soit plus spécialement sur la terre ; comparez Psaumes 139.7-10. Même idée, sous d'autres images, versets 18 et 19.

      3

      Le serpent de mer : monstre marin imaginaire, dont la superstition populaire avait fait un objet de terreur.

      S'ils s'en vont en captivit√© : Ayant √©chapp√© √† la destruction et aux massacres ordonn√©s par le vainqueur, ils se croient s√Ľrs de leur vie. Vaine illusion¬†! L'√©p√©e les atteindra¬†; car, si Dieu a eu surtout en vue jusqu'ici leur prosp√©rit√©, il n'a plus d'autre pens√©e maintenant que leur destruction (il n'en √©chappera pas un verset 1).

      5

      La toute-puissance de Dieu garantit la certitude de ce jugement.

      Qui touche... L'Eternel, accomplissant son jugement, est compar√© au feu et la terre √† la cire. Comparez Psaumes 97.5¬†; 68.3¬†; Esa√Įe 64.2. La fin du verset est la reproduction du passage 8.8 (voir l√† la note).

      6

      Ses degr√©s. Comme il est souvent parl√© des cieux (1Rois 8.27¬†; Psaumes 68.34¬†; N√©h√©mie 9.6) et qu'il est dit Psaumes 8.2 que Dieu √©tablit sa majest√© au-dessus des cieux, ces degr√©s sont probablement cette s√©rie de cieux par lesquels on s'√©l√®ve jusqu'au tr√īne de sa puissance¬†; comparez 2Corinthiens 12.2.

      Sa vo√Ľte. Le ciel inf√©rieur que nous voyons ici repr√©sent√© comme une vo√Ľte solide (firmament), appuy√©e sur le disque o√Ļ sont les demeures c√©lestes.

      C'est lui qui appelle les eaux. De même qu'il a établi l'ordre de la création (verset 6), que de la terre, au-dessus de laquelle il peut aussi le bouleverser, en ramenant, comme dans le déluge, les eaux sur la terre, ainsi, après avoir appelé le peuple élu, il peut le détruire.

      L'Eternel est son nom : il demeure toujours immuable dans ses dispensations les plus diverses.

      7

      7 à 10 renouent avec le verset 4. C'est la continuation du même jugement.

      N'√™tes-vous pas.... des Cuschites¬†? La conduite coupable d'Isra√ęl l'a fait d√©choir de sa position privil√©gi√©e¬†; il n'a pas plus de prix aux yeux de Dieu que les fils des Cuschites. Ce peuple descendait de Cham et habitait l'Ethiopie¬†; les Egyptiens avaient la m√™me origine (Gen√®se 10.6). Si les Isra√©lites s'appuient sur le fait que Dieu, en les faisant sortir d'Egypte √† main forte et √† bras √©tendu, leur a prouv√© qu'ils √©taient son peuple de pr√©dilection, ils oublient que Dieu en a agi de m√™me envers les Philistins qu'il a fait venir de Caphtor, et envers les Syriens qu'il a fait, monter de Kir.

      Caphtor, la Crète ; voir Jérémie 47.4, note.

      Kir, voir 1.5, note. La pens√©e fondamentale est celle qui repara√ģt si souvent chez les proph√®tes : d√®s qu'Isra√ęl est infid√®le, il retombe aux yeux de Dieu au niveau des autres peuples.

      8

      Comparez la fin du verset 4.

      Le royaume pécheur : celui des dix tribus.

      Je le détruirai : voir versets 1 à 4. Cette menace est immédiatement atténuée par une promesse, comme si, en la prononçant de nouveau, Dieu se sentait pris de pitié. Le peuple sera détruit comme nation ; mais, par amour pour Jacob, Dieu en laissera subsister un reste. On a supposé que ce reste pouvait être le royaume de Juda ; mais il faut y voir les membres pieux des deux royaumes, au moyen desquels Dieu reconstituera son peuple, après le jugement de la captivité qui les atteindra tous deux.

      9

      Car je vais... Explication de la manière dont Dieu accomplira et la menace et la promesse qu'il vient de faire.

      Donner un ordre... : au roi d'Assyrie, qui dispersera le peuple des dix tribus dans les provinces de son empire, comme on secoue le blé dans un crible.

      Le bon grain : la partie fidèle que Dieu se réserve au milieu de ce jugement.

      10

      Les pécheurs de mon peuple : ceux qui, tout en péchant, ont la prétention de rester impunis, parce qu'ils sont le peuple de Dieu. Les pécheurs, pour être de son peuple, ne sont pas son peuple.

      11

      11 √† 15 Promesse d'un futur et magnifique rel√®vement. L'exil ayant port√© ses fruits, le tr√īne de David sera relev√© (11 et 12), et le pays richement b√©ni (13 √† 15).

      11 et 12 Ces versets se rattachent à la promesse du verset 8, mais il y a progrès de l'un aux autres ; là, Dieu disait : Je ne détruirai pas entièrement ; ici, il dit : Je relèverai.

      En ce jour-là, date indéterminée : quand le jugement de Dieu aura produit tous ses effets.

      La hutte de David. L'image d'une simple hutte contraste avec l'id√©e des palais magnifiques que David et Salomon avaient b√Ętis pour eux et leurs successeurs. Elle d√©peint l'√©tat de faiblesse et de d√©cadence auquel √©tait d√©j√† r√©duite la puissance de Juda. Par les mots suivants : qui est tomb√©e, ses br√®ches, ses ruines, le proph√®te semble m√™me indiquer qu'il la voit en esprit plus compl√®tement abattue encore qu'elle ne l'est maintenant. Les savants juifs l'ont si bien compris dans ce sens qu'ils ont tir√© de ce passage une de leurs d√©nominations du Messie : Bar-Nafeli (fils de la d√©cadence).

      Je rel√®verai... je reb√Ętirai. Le proph√®te ne nomme pas celui par qui ce rel√®vement aura lieu. C'est le fait, non l'agent, qui le pr√©occupe. Dans la complainte d'Isra√ęl (5.2), il disait : Nul ne la rel√®ve¬†; ici, il dit : Je rel√®verai.

      Telle qu'aux jours d'autrefois : comme sous le règne glorieux de David et de Salomon. La promesse est faite à la famille de David seule, parce qu'elle est la seule légitime et que le royaume des dix tribus reviendra sous son sceptre ; les deux frères, longtemps séparés, seront unis pour toujours. Comparez Osée 1.11 ; 3.5 ; Ezéchiel 27.22.

      12

      Le reste d'Edom. Amos ayant annonc√© la ruine d'Edom, 1.12, ce n'est que sur un reste de ce peuple que la famille de David restaur√©e pourra r√©gner, Edom est seul nomm√© d'entre les pa√Įens, parce qu'apr√®s avoir √©t√© soumis √† Juda, il s'√©tait montr√© son ennemi le plus acharn√© (Jo√ęl 3.19¬†; Abdias 1.19,21).

      Toutes les nations sur lesquelles... On a appliqu√© ces mots uniquement aux peuples voisins de Juda qui, √† des √©poques plus anciennes, avaient √©t√© soumis √† Isra√ęl, comme peuple de Dieu. Mais comment cette d√©pendance purement politique suffirait-elle pour motiver cette expression : le nom de Dieu invoqu√© sur elles¬†? Amos a √©videmment en vue le passage de Jo√ęl 2.32, parall√®le qui ne permet point ce sens tout ext√©rieur. Il s'agit des nations pa√Įennes en g√©n√©ral, qui, apr√®s avoir re√ßu l'appel de l'Eternel, invoquent sur elles et sur leurs descendants le nom de J√©hova.¬†; comparez Actes 15.16-17. Incorpor√©es d√©sormais avec les restes d'Edom au royaume de Dieu, elles forment une nouvelle th√©ocratie dont Isra√ęl est le centre. Pour l'expression : le nom invoqu√© sur..., comparez Jacques 2.7.

      Ces versets 11 et 12 sont cit√©s par Jacques, Actes 15.16-17, dans le concile de J√©rusalem, comme parole des proph√®tes. La citation apostolique diff√®re notablement du texte des Septante, qui lui-m√™me s'√©carte d√©j√† sensiblement du texte h√©breu c'est-√†-dire qu'il y a une grande divergence entre le texte d'Amos et la citation de Jacques. La pens√©e fondamentale reste n√©anmoins la m√™me sous cette diff√©rence de formes. Jacques trouve avec raison dans la parole d'Amos (qu'il ne cite que comme un exemple, entre beaucoup d'autres d√©clarations proph√©tiques semblables) l'annonce de l'entr√©e des pa√Įens dans l'Eglise par le seul fait de l'adoration du nom de J√©hova.

      13

      13 √† 15 B√©n√©dictions temporelles. Le proph√®te fait en quelques lignes le tableau d'une prosp√©rit√© qui n'a pas encore √©t√© r√©alis√©e sur la terre et qui suppose le retrait de la mal√©diction qui pesait sur elle depuis la chute. La nature elle-m√™me est transform√©e. Comparez la fin de Jo√ęl et Romains 8.20-21.

      Le laboureur joindra... La semence n'aura pas plus t√īt √©t√© r√©pandue dans le sillon, qu'elle r√©appara√ģtra comme moisson¬†; comparez le m√™me ph√©nom√®ne, signal√© par J√©sus (Jean 4.35) dans l'ordre spirituel.

      Celui qui foule les raisins... La vendange, qui se fait en Palestine d√®s le commencement de septembre, se prolongera, tant l'abondance sera grande, jusqu'au commencement de novembre o√Ļ ont lieu les semailles.

      Se fondront : seront comme chang√©es en ruisseaux de vin et de lait. Voir sur ces images Jo√ęl 3.18, note.

      14

      De la captivit√©. Il avait √©t√© fait mention d√©j√† dans Jo√ęl et dans Amos lui-m√™me (1.6,9) des captifs isra√©lites emmen√©s par les peuples voisins et vendus bien loin √† l'√©tranger. Ici, le proph√®te va plus loin encore¬†; il parle, de m√™me qu'au verset 9, du peuple dans son ensemble, comme dispers√© d'abord en captivit√©, puis rentrant en masse dans son pays. Sur ce retour, comparez Jo√ęl 3.7, note, et la conclusion d'Ez√©chiel.

      Conclusion

      L'horizon historique d'Amos est √† peu pr√®s le m√™me que celui de Jo√ęl, qui ne vivait qu'une cinquantaine d'ann√©es environ avant lui. Pas plus chez l'un que chez l'autre, il n'est encore parl√© express√©ment des grands Etats orientaux, ceux des Assyriens et des Babyloniens. Ce sont les petits peuples voisins, surtout les Edomites et avec eux les Philistins, qui occupent le devant de la sc√®ne (Jo√ęl 3.4,19¬†; Amos 9.12¬†; comparez 1.6-8,11-12). Cependant, de m√™me que le terme Ts√©phoni, le septentrional, pourrait renfermer d√©j√† chez Jo√ęl une allusion √† une grande puissance venant du nord-est, nous trouvons dans la menace d'Amos d'une captivit√© du peuple au-del√† de Damas un indice plus distinct, quoique vague encore, de l'ennemi qui d√©j√† surgit de ce m√™me c√īt√©.

      L'horizon moral diff√®re davantage, mais sans doute parce que Jo√ęl s'adresse √† Juda, et Amos au royaume des dix tribus, dont la d√©g√©n√©rescence religieuse et morale √©tait d√©j√† plus avanc√©e. Jo√ęl se borne √† appeler son peuple √† la repentance, en raison du fl√©au qui le frappe et de celui plus redoutable qui menace. Amos va plus loin. Le mal est √† ses yeux d√©j√† incurable, et la sentence de destruction ne peut plus √™tre r√©voqu√©e. Isra√ęl doit passer par la mort de la captivit√©. Et cela ne s'applique pas seulement aux dix tribus, mais aussi √† Juda. Les deux royaumes sont condamn√©s √† p√©rir (2.5¬†; 3.13¬†; 6.1, etc.). Le temple de B√©thel sera renvers√©, et le palais des rois de Juda en Sion, qui n'est d√©j√† plus qu'une chaumi√®re, croulera (3.14¬†; 9.1,11).

      L'avenir messianique, que contemplent ces deux hommes de Dieu, pr√©sente aussi de grandes analogies, mais non sans quelques diff√©rences. Chez tous deux, le salut du peuple est rattach√© √† un groupe de r√©chapp√©s isra√©lites demeur√©s en Sion et autour desquels se rassembleront ceux des pa√Įens qui, √† la suite des jugements de Dieu, invoqueront le nom de J√©hova (Jo√ęl 2.32¬†; Amos 9.11-12). Mais chez Jo√ęl, ce salut sera amen√© par un peuple de proph√®tes que cr√©era l'effusion du Saint-Esprit¬†; chez Amos, par le rel√®vement du palais royal et de la famille de David. Il est bien √©vident qu'un rejeton de David pr√©sidera √† cette glorieuse restauration¬†; mais ce personnage n'est pas sp√©cialement d√©sign√©. La promesse messianique conserve encore chez les deux proph√®tes quelque chose d'impersonnel. Enfin, cette attente se rev√™t chez tous deux de couleurs en rapport avec celles sous lesquelles √©tait pr√©sent√© le ch√Ętiment. Chez Jo√ęl, l'image d'une pluie spirituelle (Jo√ęl 2.28) correspond au fl√©au de la s√©cheresse. Chez Amos, celle de la restauration d'un √©difice (9.11) correspond de m√™me au fl√©au du tremblement de terre, dont l'image repara√ģt √† chaque instant dans cet √©crit, √† tel point qu'on est conduit √† supposer que d√©j√† quelque catastrophe de ce genre, ant√©rieure √† la principale dont parle le titre (1.1), avait frapp√© les esprits et fournissait au proph√®te les couleurs de ses tableaux.

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