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Daniel 11

    • 1

      Ce verset se rattache √©troitement au pr√©c√©dent dont il est la contrepartie et dont il a √©t√© maladroitement s√©par√© par la division des chapitres. Le sens en est : De m√™me que Mica√ęl me soutient dans le combat avec les chefs de Javan et de Perse (10.1), ainsi moi je l'ai soutenu dans la premi√®re ann√©e de Darius-le-M√®de. Les mots aupr√®s de lui se rapportent donc √† Mica√ęl et non √† Darius-le-M√®de, qui n'est mentionn√© ici que d'une mani√®re incidente et pour pr√©ciser le temps. Pourquoi Mica√ęl, le chef d'Isra√ęl, devait-il √† ce moment lutter pour les int√©r√™ts de son peuple, et pourquoi avait-il besoin de l'assistance de l'Ange de l'Eternel¬†? Il suffit, pour r√©pondre √† cette question, de rappeler les faits du chapitre 6 et du chapitre 9. Il s'agissait alors de la position que la nouvelle dynastie m√©do-perse prendrait vis-√†-vis du peuple d'Isra√ęl. La conduite bienveillante de Darius, racont√©e au chapitre 6, ainsi que les √©v√©nements qui pr√©par√®rent la fin de la captivit√© d'Isra√ęl, furent le r√©sultat obtenu par les deux invisibles champions qui avaient pris en mains la d√©fense du peuple de Dieu. Celui-ci peut donc regarder l'avenir avec confiance, malgr√© les ennemis qui l'entourent. Ceux qui sont avec lui sont plus forts que ceux qui sont contre lui, parce que la cause qu'il repr√©sente est celle du salut du monde.

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      11.2 à 12.3 La révélation proprement dite.

      Cette prédiction reprend, pour la développer, la vision du bélier et du bouc et l'explication qui en avait été donnée à Daniel (8.19-25). Elle esquisse d'abord en quelques traits l'histoire de la monarchie perse et de la monarchie grecque jusqu'au morcellement de l'empire d'Alexandre, puis elle décrit longuement les luttes entre deux des dynasties issues de cet empire, celles des Ptolémées et des Séleucides, qui se disputaient la possession de la Palestine. Elle raconte ensuite les entreprises d'Antiochus contre la religion et le culte des Juifs et annonce enfin, après ce temps de calamité, la délivrance finale du peuple de Dieu. L'ange, sans mentionner aucun nom propre, caractérise avec tant de précision et de si minutieux détails une série de rois, leurs relations et leurs guerres, que nous pouvons, l'histoire en mains, indiquer traits pour traits le sens de ce tableau.

      2 à 4. Esquisse de l'histoire des monarchies perse et grecque.

      L'auteur ne parle que de quatre rois de Perse : Cyrus (10.1), Cambyse, Darius et Xerxès. On ne peut néanmoins en conclure qu'il ne connaissait pas les successeurs de Xerxès jusqu'à Darius III Codoman, que vainquit Alexandre. Seulement l'expédition de Xerxès est pour lui le fait capital dans l'histoire, parce qu'elle a eu pour contre-partie l'expédition d'Alexandre, qui a renversé le royaume de Perse et fondé la monarchie grecque. Le règne de Xerxès marque donc en même temps l'apogée de la puissance perse, commencement de son déclin. Après le choc de ce royaume avec la Grèce, à Salamine, le centre de l'histoire se déplace et se transporte dans la troisième monarchie.

      Il soul√®vera tout. Ce mot tout se rapporte √† la mention pr√©c√©dente des richesses de ce roi et de la force acquise par leur moyen¬†; il mettra tout cela en Ňďuvre contre le royaume de Gr√®ce.

      Le royaume de Javan est appelé un royaume par anticipation ; car ce n'est que plus tard que les divers Etats dont il se composait à ce moment furent réunis pour former un seul royaume sous le gouvernement du roi de Macédoine.

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      Un roi, vaillant guerrier : Alexandre-le-Grand. Comparez pour la valeur guerrière de ce conquérant le passage parallèle 8.5,21.

      Qui aura une grande puissance. Comparez 2.39 ; 8.5-8.

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      Dès qu'il sera élevé. Le démembrement de ce royaume suivra de près le triomphe de son fondateur.

      Se brisera. Ce d√©membrement ne sera pas l'Ňďuvre d'un autre conqu√©rant, mais l'effet de la mort subite d'Alexandre, qui entra√ģnera le partage de la monarchie mac√©donienne.

      Aux quatre vents des cieux, comme 8.8.

      A ses descendants... Deux traits nouveaux dans la prophétie de ce chapitre : aucune des parties de ce royaume n'appartiendra aux descendants d'Alexandre ; et aucun de ses successeurs n'aura une puissance égale à la sienne. Comparez 8.22 : Mais ils n'auront pas sa force.

      Sera déraciné : du sol de sa famille.

      Et reviendra à d'autres qu'à eux : qu'à ses héritiers légitimes, qui moururent de mort violente peu après Alexandre lui-même.

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      5 à 20 Les principales guerres des Ptolémées et des Séleucides.

      L'auteur ne s'occupe que de deux des quatre royaumes qui form√®rent la succession d'Alexandre, √† savoir l'Egypte et la Syrie. La raison en est que le peuple d'Isra√ęl, qui jusqu'alors a joui d'un repos relatif, se trouve maintenant entra√ģn√© dans les vicissitudes du conflit qui s'√©l√®ve entre ces deux royaumes.

      5 à 9 Les entreprises des rois d'Egypte contre les rois de Syrie.

      Le roi du Midi... : de l'Egypte, située au midi du pays de Canaan ; les rois de Syrie sont désignés par l'expression de : rois du Septentrion. Ce roi du Midi est Ptolémée I, fils de Lagus, le fondateur du royaume des Ptolémées.

      Ainsi que 1'un de ses g√©n√©raux : c'est S√©leucus, surnomm√© Nicator, qui, d'abord l'un des g√©n√©raux de Ptol√©m√©e, se rendit ensuite ind√©pendant et fonda l'empire gr√©co-syrien, d√©sign√© sous le nom d'empire des S√©leucides¬†; il s'√©tendait de la Phrygie jusqu'√† l'Indus. Depuis ce moment, la Syrie et l'Egypte furent toujours en guerre, et, comme la Palestine est situ√©e entre ces deux pays, les Juifs tombaient tant√īt sous la domination de l'Egypte, tant√īt sous celle de la Syrie, selon que l'une ou l'autre de ces puissances √©tait la plus forte.

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      Ils s'allieront. En l'an 218 avant J-C, une alliance suspendit momentanément les hostilités entre le roi du Midi et le roi du Septentrion. Le roi d'Egypte, Ptolémée II Philadelphe, donna en mariage sa fille Bérénice au roi de Syrie Antiochus II Théos, en l'obligeant à répudier sa femme Laodicée et à déshériter les enfants de celle-ci. Une portion de la Palestine fut accordée comme dot au roi de Syrie.

      Elle ne conservera pas l'appui d'un bras. Elle ne conservera ni l'appui d'un bras, c'est-à-dire de son père, ni son propre bras, c'est-à-dire son époux.

      Ceux qui l'avaient amen√©e : les personnes nomm√©es imm√©diatement apr√®s, son p√®re et son √©poux. Voici le commentaire historique de cette pr√©diction : D√®s que Ptol√©m√©e Philadelphe fut mort, Antiochus r√©pudia sa fille B√©r√©nice et reprit Laodic√©e. Celle-ci, r√©tablie sur le tr√īne, se vengea de l'affront qu'elle avait subi en empoisonnant son mari et en faisant mourir la princesse √©gyptienne avec son fils. Ainsi l'accord que Ptol√©m√©e s'√©tait propos√© d'√©tablir par ce mariage fut bris√© et la guerre √©clata de nouveau.

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      Et un rejeton de ses racines : un rejeton sortant de la m√™me racine qu'elle, Ptol√©m√©e III Everg√®te, fr√®re de B√©r√©nice et successeur de Ptol√©m√©e Philadelphe¬†; il se leva, √† la place de son p√®re, pour venger la mort de sa sŇďur. Il marcha contre S√©leucus Callinicus, fils d'Antiochus Th√©os, fit mourir Laodic√©e et s'empara d'une grande partie de la Syrie et de la Cilicie.

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      L'enl√®vement des images des dieux est le signe d'une victoire compl√®te (Esa√Įe 46.1-2¬†; J√©r√©mie 48.7). Ptol√©m√©e, apprenant qu'une s√©dition s'√©tait √©lev√©e en Egypte pendant son absence, y revint charg√© d'un riche butin consistant en 40 000 talents d'argent, des vases pr√©cieux, et 2500 images de fonte. Parmi ces derni√®res se trouvaient les idoles √©gyptiennes que Cambyse avait autrefois emport√©es d'Egypte en Perse¬†; le peuple, tr√®s attach√© √† ses idoles, fut si heureux de leur retour qu'il donna √† Ptol√©m√©e le surnom d'Everg√®te ou bienfaiteur. Justin affirme qu'il se serait empar√© de tout le royaume de S√©leucus si les circonstances ne l'avaient pas rappel√© en Egypte. Ce roi se montra bienveillant pour les Juifs.

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      Celui-ci : le roi du Septentrion, Séleucus Callinicus, qui, voulant prendre sa revanche, envahit à son tour l'Egypte mais dut rentrer dans son pays, après avoir essuyé une grande défaite.

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      10 à 20 Les guerres d'Antiochus-le-Grand contre l'Egypte.

      Ses fils. Les fils de Séleucus Callinicus : Séleucus III Céraunus et Antiochus III le Grand. Le premier étant mort pendant les préparatifs de l'expédition, son frère poursuivit seul la guerre contre Ptolémée Philopator, fils d'Evergète.

      L'un d'eux arrivera et d√©bordera, comme un torrent¬†; m√™me expression que Esa√Įe 8.8.

      Il envahira et poussera... Antiochus p√©n√©tra jusqu'√† la ville de Dura, pr√®s de C√©sar√©e, o√Ļ il accorda √† Ptol√©m√©e une tr√™ve de quatre mois¬†; √† l'expiration de cette tr√™ve, il recommen√ßa la guerre, s'empara de la Ph√©nicie et de la Palestine et s'avan√ßa jusqu'√† la forteresse de Raphia, √©tablie non loin de Gaza, sur la fronti√®re d'Egypte.

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      Irrité par les succès de son adversaire, Ptolémée Philopator secoua son apathie, entra en campagne et défit complètement Antiochus à la bataille de Raphia (217 avant J-C).

      Et cette troupe lui sera livrée. Dix mille hommes de l'armée du roi de Syrie furent tués et quatre mille faits prisonniers.

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      Au lieu de poursuivre ses avantages et de se rendre ma√ģtre de la Syrie, Ptol√©m√©e, se livrant √† la d√©bauche, fit la paix avec Antiochus. Gr√Ęce √† son indolence voluptueuse, il perdit le fruit de sa victoire.

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      Quatorze ans apr√®s la bataille de Raphia, Antiochus, fortifi√© et enrichi par d'heureuses campagnes en Perse, en Jud√©e et en Asie-Mineure, renouvela, √† la t√™te d'une arm√©e consid√©rable, la guerre contre Ptol√©m√©e Epiphane, fils de Philopator, √Ęg√© seulement de cinq ans, et il reconquit les provinces qu'il avait perdues.

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      Beaucoup de gens. Antiochus s'√©tait alli√© avec Philippe, roi de Mac√©doine, pour sa nouvelle exp√©dition contre Ptol√©m√©e Epiphane. En outre, des soul√®vements √©clat√®rent √† cette √©poque, dans tous les pays soumis √† l'Egypte, entre autres en Jud√©e. Des Juifs violents se r√©volt√®rent contre le roi du Midi, leur souverain l√©gitime, et se joignirent √† Antiochus. Ainsi commenc√®rent les √©preuves qui attendaient Isra√ęl sous la domination syrienne.

      Et ils tomberont. Leur entreprise n'aura d'autre résultat que d'attirer des malheurs sur leur patrie et sur eux-mêmes.

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      Une ville fortifi√©e. Il s'agit de la ville de Sidon, o√Ļ le g√©n√©ral √©gyptien Scopas s'√©tait r√©fugi√©, et o√Ļ il fut assi√©g√© et forc√© de se rendre.

      Les bras du Midi...., non plus que sa troupe d'√©lite. Trois g√©n√©raux √©gyptiens, envoy√©s au secours de Scopas, furent repouss√©s¬†; cette victoire rendit Antiochus ma√ģtre de toutes les possessions de Ptol√©m√©e en Asie.

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      C'est le moment o√Ļ la puissance d'Antiochus arrive √† son apog√©e.

      Dans le pays, Joyau de la terre ; comparez 8.9. Il s'arrêta dans la Palestine pour en prendre possession.

      Et la destruction sera dans sa main. Ces mots se rapportent à l'expédition d'Antiochus contre l'Egypte, car il traita les Juifs avec bienveillance.

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      Ce verset est difficile et a reçu des sens très différents.

      Dans tout son royaume, c'est-à-dire dans le royaume du Midi.

      Et il y aura des justes avec lui : probablement des Juifs pieux incorpor√©s √† l'arm√©e d'Antiochus. Cependant Antiochus dut renoncer √† son projet d'attaque ouverte contre l'Egypte, parce qu'il craignait l'intervention des Romains, et il eut recours √† la ruse. Il conclut la paix √† la condition que Cl√©op√Ętre, sa fille, √©pouserait le jeune Ptol√©m√©e¬†; elle lui apporterait en dot la Palestine, C'est-√†-dire l'objet de contestation entre les deux rois. Son intention, en traitant cette alliance, √©tait d'avoir un pied en Egypte et de faire na√ģtre une occasion propice pour se rendre ma√ģtre du royaume. C'est ce qu'indiquent ces mots : Il lui donnera une femme pour le ruiner (le royaume).

      Mais cela ne tiendra pas. Le stratag√®me ne r√©ussira pas, et il (le pays) ne sera point √† lui. Cl√©op√Ętre, en prenant le parti de son mari plut√īt que celui de son p√®re, fit √©chouer le plan que ce dernier avait form√©.

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      Il s'empara de plusieurs des √ģles de la mer Eg√©e (Rhodes, Samos, etc.), alli√©es aux Romains, et traversa l'Hellespont, sans se laisser arr√™ter par les repr√©sentations des envoy√©s de Rome, auxquels il adressa une r√©ponse blessante. Le capitaine qui fit cesser l'injure est le g√©n√©ral romain Lucius Scipion l'Asiatique, qui remporta sur Antiochus la brillante victoire de Magn√©sie, le frappant ainsi du coup dont celui-ci avait voulu le frapper.

      19

      Oblig√© de battre en retraite, Antiochus dut mettre un terme √† ses conqu√™tes et ne plus songer qu'√† se fortifier dans les citadelles de son pays. Mais ayant voulu d√©pouiller le temple de B√©lus en Elyma√Įs, afin de se procurer l'argent qui lui manquait pour acquitter le tribut impos√© par les Romains, il fut massacr√©, lui et ses soldats, par une poign√©e d'hommes que son sacril√®ge avait indign√©s. La pr√©diction d√©taill√©e des exploits et des artifices de ce roi pr√©lude √† l'histoire d'Antiochus Epiphane, son fils cadet.

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      Un autre : S√©leucus Philopator, fils a√ģn√© et successeur d'Antiochus-le-Grand. Son r√®gne ne pr√©senta rien de remarquable, et le seul trait qui en soit mentionn√© ici est l'envoi d'un de ses ministres, H√©liodore, comme exacteur dans le lieu qui est la gloire du royaume, c'est-√†-dire √† J√©rusalem, pour piller le tr√©sor du temple et se procurer des ressources. Ce fait est racont√© 2 Maccab√©es 3. Apr√®s douze ans de r√®gne, ce roi p√©rit par les emb√Ľches d'H√©liodore qui l'empoisonna. Sa mort subite (en quelques jours il sera bris√©) n'eut donc lieu ni dans une querelle violente (par col√®re) ni dans une bataillle (en guerre).

      21

      21 à 45 Le règne et les persécutions d'Antiochus Epiphane.

      21 à 27 Les premières guerres de ce roi contre l'Egypte.

      Un homme dédaigné : Antiochus IV, frère de Séleucus. Par opposition au surnom d'Epiphane (illustre) qui lui fut donné par ses flatteurs, l'auteur lui applique l'épithète de dédaigné, peu considéré. On peut rapprocher de cette qualification l'expression : une petite corne (8.9) et le surnom d'Epimane (le fou) que, au témoignage de Polybe, ses sujets substituèrent à celui d'Epiphane. Il ne parvint pas à la majesté royaume par droit de naissance ; mais, ayant appris la mort de son frère Séleucus en revenant de Rome, il sut par des artifices et des flatteries s'emparer de la royauté, en supplantant l'héritier légitime, son neveu Démétrius, retenu à Rome comme otage.

      22

      Et les forces qui d√©bordaient seront d√©bord√©es par lui. Le roi d'Egypte, Ptol√©m√©e Philom√©tor, neveu d'Antiochus, entra en campagne pour r√©clamer la dot de sa m√®re Cl√©op√Ętre qui n'avait pas √©t√© livr√©e¬†; mais il fut battu et fait prisonnier √† P√©luse.

      Le chef de l'alliance : probablement le souverain sacrificateur Onias III, qui était le chef politique et religieux du peuple de l'alliance et qui fut destitué par Antiochus.

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      Cependant Antiochus, feignant d'avoir de l'amiti√© pour le jeune Ptol√©m√©e, son neveu, d√©clara que son dessein √©tait de le remettre sur le tr√īne¬†; sous ce pr√©texte il entra en Egypte avec une arm√©e peu nombreuse et, s'empara du pays jusqu'√† Alexandrie. Ce fut sa premi√®re campagne contre l'Egypte (173 avant J-C).

      24

      Sans bruit, dans la plus riche province. Avant que les Egyptiens, pris à l'improviste, se fussent mis en état de défense, Antiochus occupa la Basse-Egypte, dont l'extraordinaire fertilité est connue, et il fit des largesses à ses partisans et aux Egyptiens, comme n'en avaient jamais fait ses prédécesseurs toujours à court d'argent. Comparez 1 Maccabées 3.20. Il s'empara de plusieurs forteresses ; Alexandrie lui résista avec succès.

      25

      25 et 26Seconde campagne contre l'Egypte, 171 avant J-C.

      Le roi du Midi est Everg√®te II ou Physcon, fr√®re de Philom√©tor, qui avait √©t√© proclam√© roi par les habitants d'Alexandrie, √† la place de son fr√®re tomb√© dans la d√©pendance d'Antiochus. Celui-ci pr√©tendait toujours combattre dans l'int√©r√™t de l'a√ģn√© de ses neveux, mais avec l'intention secr√®te de le frustrer du fruit de sa victoire. Physcon fut vaincu ensuite d'une trahison ourdie par Antiochus.

      27

      Les deux rois ne sont pas les deux fr√®res, mais Philom√©tor et Antiochus, lesquels, alli√©s ostensiblement contre Physcon, chercheront dans leur cŇďur √† se tromper l'un l'autre. Ces mots : Assis √† la m√™me table, ils se diront des mensonges, font allusion √† un fait qui ne nous est pas connu. Les mensonges consistaient sans doute dans des t√©moignages d'affection et de confiance qui n'√©taient sinc√®res ni d'un c√īt√© ni de l'autre.

      Mais cela ne réussira pas. Aucun des deux ne réussira à anéantir l'autre, et la raison de leur insuccès est indiquée dans les mots suivants : Car la fin viendra au temps marqué : la mort d'Antiochus.

      Ce qui ne réussira pas, sera leur entreprise contre Physcon, qui conserva Alexandrie et la couronne d'Egypte.

      28

      28 √† 35 Les pers√©cutions d'Antiochus contre Isra√ęl.

      De grandes richesses : le butin emporté d'Egypte. Mais ce butin ne lui suffisant pas, il prend la résolution de piller le temple de Jérusalem.

      L'alliance sainte : la nation israélite.

      Et il le fait. Le récit du pillage du temple et des cruautés commises par Antiochus dans cette circonstance nous est donné 1 Maccabées 1.20-29 ; 2 Maccabées 5.11-17.

      29

      Troisième campagne contre l'Egypte, 170 avant J-C. Elle était dirigée contre les deux frères, Philométor et Physcon, qui s'étaient réconciliés et régnaient conjointement ; mais cette dernière expédition ne fut pas couronnée de succès comme la première.

      30

      Kittim. Nom de l'√ģle de Chypre qui servit plus tard √† d√©signer en g√©n√©ral les √ģles et les c√ītes de la M√©diterran√©e. Il s'agit ici des navires romains, portant l'ambassadeur Popilius Laenas.

      Et il faiblira. Antiochus dut se soumettre au d√©cret du s√©nat qui lui enjoignait de quitter l'Egypte. Son courroux, qu'il n'avait pu satisfaire contre l'Egypte, se tourna de nouveau contre Isra√ęl.

      Et il s'entendra... avec ceux qui abandonnent l'alliance sainte. Un parti d'apostats juifs, parmi lesquels se trouvait Ménélas, seconda le roi dans ses entreprises contre leur religion et contre leur pays.

      31

      Et des forces levées de sa part. Une troupe de 22 000 hommes, sous la conduite d'Apollonius, un des généraux d'Antiochus, fut détachée de l'armée en retraite et envoyée à Jérusalem.

      Le sanctuaire, la forteresse : le temple, qui était fortifié, ou, au sens spirituel, le temple envisagé comme la forteresse spirituelle du peuple de l'alliance.

      Le sacrifice perpétuel. Comparez 8.11 ; 9.27.

      L'abomination du d√©vastateur : l'idol√Ętrie d'Antiochus. Le temple fut consacr√© √† Jupiter Olympien et l'autel de ce dieu plac√© sur l'autel des holocaustes. 1 Maccab√©es 1.55¬†; 2 Maccab√©es 6.2.

      32

      Il séduira par des flatteries les violateurs de l'alliance : ceux dont il a été question au verset 30.

      Mais le peuple prendra courage et agira ; c'est-à-dire qu'il tiendra ferme et qu'il résistera au tyran. 1 Maccabées 1.65, etc.

      33

      Ceux qui rendent intelligents : ceux qui exercent une autorité parmi le peuple et qui ont la mission d'instruire les prêtres en particulier ; Deutéronome 33.10 ; Malachie 2.7. Ils encourageront le peuple à la fidélité et l'affermiront dans le service de Dieu, comme Matthatias et ses fils.

      Ils seront abattus ; eux et ceux qui les auront suivis. 1 Maccabées 1.57 ; 2.38, etc.

      Un certain temps. La persécution dura trois ans et demi.

      34

      Un peu secourus. Les révoltés remporteront quelques succès, mais pas assez pour mettre un terme à l'oppression.

      Plusieurs... avec de beaux semblants. Plusieurs se joignirent à eux, non par patriotisme, mais par crainte de la sévérité avec laquelle Judas Maccabée traitait ceux qui paraissaient faiblir. 1 Maccabées 2.14 ; 3.5,8.

      35

      Le but que Dieu se proposait par de si sanglantes persécutions était la purification de son peuple. 1Pierre 1.7.

      Il y en a qui seront abattus : est-ce comme victimes de la persécution, dans le même sens que versets 33 et 34, ou comme se livrant à l'apostasie ?

      Une épreuve parmi eux, pour les purifier. Dieu voulait donner au parti fidèle l'éclat de la sainteté, soit par l'exemple de dévouement donné par ces martyrs (1 Maccabées 9.17 et suivants), soit par le triage résultant de la désertion des hypocrites.

      Jusqu'au temps de la fin : jusqu'au terme des persécutions et à la mort d'Antiochus.

      36

      36 à 39. Le mépris d'Antiochus pour Dieu et en général pour tous les dieux.

      Tout ce qui lui plaira. Sa volonté sera la seule règle de ses actions.

      Il se lèvera... au-dessus de tout dieu... : de tous les dieux nationaux des peuples de son empire ; et même de celui des Juifs, le Dieu des dieux.

      Jusqu'√† ce que la col√®re soit consomm√©e. D'apr√®s 8.19, il s'agit de la col√®re de Dieu se servant d'Antiochus comme d'une verge pour ch√Ętier son peuple et, d'apr√®s le verset 35, pour le purifier par ce ch√Ętiment.

      Saint Paul s'est servi d'une partie des traits de ce tableau pour décrire l'homme de péché, 2Thessaloniciens 2.3. Aussi les anciens commentateurs ont-ils cru que toute cette fin de chapitre se rapportait directement et exclusivement à l'Antéchrist. Mais le contexte ne permet pas cette application.

      37

      Il n'aura égard ni aux dieu de ses pères. Le trait de son caractère relevé ici est l'impiété à l'égard même des dieux de Grèce et de Syrie adorés par ses ancêtres.

      La divinit√© favorite des femmes : la d√©esse Ana√Įtis ou Mylitta des Balyloniens, appel√©e Nanda (2 Maccab√©es 1.13) en Syrie, identique avec la Reine du ciel d√©esse de la f√©condit√©, J√©r√©mie 7.18. Antiochus avait essay√© en Elyma√Įs de piller un temple consacr√© √† cette d√©esse. 1 Maccab√©es 6.1.

      A aucun dieu. Il s'élève au-dessus de tous les dieux nationaux adorés jusqu'alors autour de lui, mais, comme le montre le verset 38, pour introduire le culte d'un dieu étranger qui s'identifie pour lui avec la force militaire.

      38

      En son lieu, soit en lui envoyant des offrandes au Capitole, soit en lui construisant un temple à Antioche.

      Le dieu des forteresses : Jupiter Capitolin, qu'Antiochus honora particulièrement et dont il voulut rendre le culte obligatoire en Syrie et en Judée.

      39

      C'est sous les auspices de ce Jupiter Capitolin, le dieu étranger, qu'Antiochus marchera contre les forteresses. Aussi comblera-t-il d'honneurs ceux qui avec lui adoreront ce dieu. Des Juifs mêmes, tels que Ménélas et Jason, bénéficièrent de la prodigalité d'Antiochus.

      40

      40 à 45 Les dernières entreprises et la ruine d'Antiochus.

      Au temps final : à la fin du temps d'épreuve, annoncé au verset 35. Il ne s'agit donc pas dans les versets 40 à 45, comme le prétendent plusieurs commentateurs, d'un résumé historique des événements du règne d'Antiochus, mais d'une nouvelle et dernière guerre.

      Le roi du Midi se heurtera avec lui. Aucun √©crivain ne fait mention de cette quatri√®me exp√©dition d'Antiochus en Egypte, si ce n'est Porphyre. Celui-ci, cit√© par saint J√©r√īme, raconte que dans la onzi√®me ann√©e de son r√®gne (166-165 avant J-C) il entreprit une nouvelle campagne contre son neveu Ptol√©m√©e Philom√©tor, qu'il envahit l'Egypte avec des chariots, des cavaliers et une flotte consid√©rable, en r√©pandant partout sur son passage la d√©vastation, et qu'il vint aussi en Jud√©e, o√Ļ il fortifia la citadelle de Sion avec les d√©combres des murailles de la ville.

      Il entrera dans les terres : les pays qu'il devait traverser pour se rendre en Egypte.

      41

      Le pays du Joyau. Comparez verset 16. Suivant Porphyre, Antiochus, marchant contre Ptolémée, entra en Palestine pour assouvir sa colère contre les Juifs, mais il laissa tranquilles Edom, Moab et Ammon, ces antiques ennemis du peuple de Dieu.

      42

      Sur les pays : alliés avec l'Egypte ou soumis à elle.

      44

      De mauvaises nouvelles venues de l'orient et du nord l'obligèrent à s'en retourner. Il s'agit de la révolte de deux peuples tributaires : les Parthes, à l'orient, et les Arméniens, au nord (Tacite, Histoires V, 8).

      Pour d√©truire. Porphyre rapporte qu'Antiochus, en sortant d'Egypte, prit Arad et ravagea toute la c√īte de Ph√©nicie.

      45

      Il dressera les tentes de son palais. Les princes orientaux, même à la guerre, voyageaient avec un grand apparat.

      Entre les mers, la mer Méditerranée et la mer Morte.

      Vers la montagne du saint ornement : la montagne du temple, située précisément entre les deux mers nommées ci-dessus. C'est donc dans le voisinage de Jérusalem que le monarque syrien fit halte en marchant vers le nord.

      Puis il viendra à sa fin : c'est un an plus tard (164 avant J-C), au retour de cette expédition contre les Parthes et les Arméniens, qu'Antiochus mourut à Tabès, en Perse. 1 Macabées 6 ; 2 Maccabées 9.

      Nous avons poursuivi sans arr√™t jusqu'√† la fin l'explication de ce chapitre, parce qu'il est manifeste que d'un bout √† l'autre les d√©nominations : roi du Septentrion, roi du Midi, doivent avoir le m√™me sens et d√©signer, √† la fin comme au commencement, la dynastie syrienne et la dynastie √©gyptienne. Mais de ce sens, qui para√ģt √©vident, r√©sulte une difficult√©. Le verset suivant, 12.1, commence par les mots : en ce temps-l√†, par cons√©quent : au temps de ces deux dynasties et de leurs luttes¬†; puis suit imm√©diatement, verset 2, le fait de la r√©surrection des morts, justes et injustes, ce qui nous transporte, tout d'un coup, √† la fin de l'√©conomie pr√©sente. On comprend donc que plusieurs commentateurs se soient efforc√©s de trouver dans le cours du chapitre 11 un point o√Ļ l'on p√Ľt passer du personnage d'Antiochus Epiphane √† celui de l'Ant√©christ proprement dit, qui doit para√ģtre √† la fin des temps actuels. De cette mani√®re, le en ce temps-l√† de 12.1 pourrait d√©signer en effet l'√©poque finale qui pr√©c√©dera imm√©diatement la r√©surrection. C'est entre les versets 35 et 36 que l'on a cherch√© le plus souvent √† placer cette transition. A ce moment de la proph√©tie, dit-on, le premier Ant√©christ, Antiochus, se confond tout √† coup avec le dernier, ou, mieux encore, devient insensiblement le type de celui-ci¬†; et c'est ainsi que l'on croit pouvoir dire avec un interpr√®te connu, expliquant 12.4 : En ce tempsl√†, c'est-√†-dire, durant les trois ans et demi du r√®gne de l'Ant√©christ. Un autre interpr√®te, Faber, sentant ce qu'il y aurait de forc√© dans une si brusque transition, a essay√© de l'adoucir, en appliquant les versets 21 √† 30 √† Antiochus, le verset 34 √† Tite, l'empereur romain qui a d√©truit pour la seconde fois J√©rusalem, les versets 32 et 33 aux pers√©cutions de l'empire romain contre l'Eglise chr√©tienne, le verset 31 √† la victoire du christianisme sous Constantin, le verset 35 au pape et au moyen-√Ęge, les versets 36 √† 39 √† l'incr√©dulit√© du XVIII i√®me si√®cle, la R√©volution fran√ßaise et Napol√©on 1ier, enfin les versets 40 √† 45 √† l'Ant√©christ final (qui, selon le calcul de cet auteur, aurait d√Ľ para√ģtre en 1865).

      Mais le contexte ne supporte aucune de ces tentatives d'explication, puisqu'il n'offre pas le moindre vestige de lacune ou d'interruption. Si, en particulier, le verset 35 devait terminer l'histoire d'Antiochus, c'est à ce moment-là que sa fin, clairement décrite au verset 45, devrait être placée. Quant à l'essai de substituer dans le verset 36 un personnage tout nouveau à celui du verset 35, sous prétexte que celui-ci n'est que le type de l'autre, c'est une supposition qui semble détruire les conditions mêmes du langage humain et à laquelle l'interprétation peut difficilement avoir recours.

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