Esa√Įe 22

    • 1

      1 à 14 Prophétie de la prise de Jérusalem.

      Ce morceau concernant le peuple de Dieu, a √©t√© plac√© dans la s√©rie des discours contre les Gentils, parce que Juda est trait√© ici absolument comme l'un des peuples pa√Įens. Esa√Įe ne m√™le aucune consolation √† l'annonce du ch√Ętiment. Le peuple est r√©ellement descendu au niveau des pa√Įens, par la l√©g√®ret√© profane et l'endurcissement dont il vient de donner des preuves au milieu des circonstances les plus graves (voir plus bas).

      Cette proph√©tie pr√©sente des difficult√©s inextricables, si l'on y voit, comme cela se fait g√©n√©ralement l'annonce de l'invasion de Sanch√©rib. Pour n'en relever qu'une, Esa√Įe a toujours pr√©dit, et cela avec une pr√©cision croissante, que J√©rusalem √©chapperait √† cette attaque (voyez par exemple 10.33-34¬†; 29.1-8¬†; 37.6-7,22-35), tandis qu'il annonce ici formellement sa chute (versets 2 √† 5). Nous pensons donc que le morceau 22.1-14 a √©t√© compos√© apr√®s, et non avant l'invasion du conqu√©rant assyrien. Le proph√®te rappelle cette invasion par des allusions pr√©cises, qui ont √©videmment le caract√®re d'une description historique et non celui d'une pr√©diction (versets 6 √† 11)¬†; il censure le peuple, dont un si grand p√©ril et une si merveilleuse d√©livrance n'ont pu corriger la frivolit√© (versets 1, 2, 12 et 13)¬†; il annonce enfin le ch√Ętiment √† venir qui lui est r√©serv√© : la prise de J√©rusalem et l'exil (versets 2 √† 5 et 14). Dans cette situation, tous les traits de l'oracle deviennent clairs et la diff√©rence marqu√©e entre le ton de cette proph√©tie et celui des discours d'Esa√Įe avant et pendant l'invasion de Sanch√©rib, s'explique.

      1 à 5 Pendant que Jérusalem, après la retraite des Assyriens, se livre à une joie bruyante et profane, le prophète pleure sur la ruine future de cette ville.

      Sentence de la vall√©e de vision. Ce titre √©nigmatique est tir√© du verset 5. Comparez les titres analogues 21.1,11,13. Le collecteur des proph√©ties d'Esa√Įe a √©videmment voulu rapprocher ces quatre morceaux pour en faire un petit livre, qui est comme un abr√©g√© du livre entier. Babylone repr√©sente les grandes monarchies pa√Įennes¬†; Edom et l'Arabie, les voisins imm√©diats de Juda¬†; J√©rusalem et Sebna, le peuple d'Isra√ęl.

      La vall√©e de vision est certainement la ville de J√©rusalem. Elle est d√©sign√©e par ce nom comme le lieu des r√©v√©lations de J√©hova et des visions de ses proph√®tes¬†; mais en ce moment, elle ne r√©pond gu√®res √† sa destination¬†; car elle ne comprend pas les pens√©es de Dieu (versets 1 et 2, 11 √† 13¬†; comparez 29.9-12). Comparez le nom embl√©matique d'Ariel, par lequel cette ville est d√©sign√©e 29.1 (comparez peut-√™tre aussi 20.6. Il est difficile de dire pourquoi Esa√Įe l'appelle ici une vall√©e, sa situation bien connue sur une montagne √©tant fort souvent rappel√©e dans l'Ancien Testament. Ce mot d√©signerait-il plus sp√©cialement la partie basse de la ville, le Tyrop√©on, o√Ļ peut-√™tre habitait le proph√®te¬†? ou la vall√©e de Josaphat, au pied du temple¬†? La vall√©e serait-elle le symbole de l'abaissement de J√©rusalem devant les grandes puissances pa√Įennes¬†?

      Mont√©e sur les toits. On suppose ordinairement qu'une arm√©e ennemie approche de J√©rusalem, et que la population monte sur les terrasses pour assister √† son arriv√©e comme √† un spectacle. Rien de cela dans le texte. Les versets 1 et 2 d√©peignent, selon nous, la joie frivole des habitants de J√©rusalem, en apprenant le d√©sastre de Sanch√©rib (37.36-37). L'exp√©rience r√©cente du danger et de la d√©livrance aurait d√Ľ les disposer √† la repentance et √† l'action de gr√Ęces (versets 11 et 12).

      Ville bruyante cité joyeuse. L'épreuve n'a pas porté de fruits. C'est pourquoi le prophète annonce dans l'avenir une catastrophe.

      Tes morts n'ont pas été..., ne sont pas tombés... La description, bien qu'au passé, est prophétique, non historique. C'est de maladie, de famine qu'ils périront dans la ville assiégée. Comparez Lévitique 26.25 ; voir l'accomplissement, lors du siège de Jérusalem par les Chaldéens, 2Rois 25.3 ; Jérémie 52.6 ; Lamentations 1.19-20, etc.

      3

      L'accomplissement : 2Rois 25.4-7 ; Jérémie 39.4-5. Sédécias et ses gens de guerre s'enfuirent de nuit hors de la ville, par le chemin du jardin du roi..., et s'en allèrent par le chemin de la campagne.

      4

      Le prophète ne se fait pas d'illusions sur l'avenir réservé à son peuple ; sa douleur est profonde. Autour de lui on ne la comprend pas. On est au lendemain du départ des Assyriens, dans la joie de la délivrance.

      La fille de mon peuple : le peuple lui-même personnifié. Comparez Jérémie 6.26 ; 7.18-22, et l'expression analogue fille de Sion (1.8, note).

      5

      Jour d'anxiété... Ces mots prophétiques sont inspirés par le souvenir de la détresse par laquelle Jérusalem vient de passer ; comparez les paroles d'Ezéchias 37.3.

      Le jour du Seigneur... : le jour du grand jugement, auquel cette fois Jérusalem n'échappera plus. Comparez 2.12.

      On démolit le mur : l'accomplissement, Jérémie 29.2

      Jusqu'à la montagne : le cri de détresse des habitants de la ville sera entendu jusque sur les montagnes voisines.

      6

      6 √† 11 Il faut mettre une pause entre le verset 5 et le verset 6. De la catastrophe future, le proph√®te se reporte √† l'invasion toute r√©cente des Assyriens : l'angoisse a √©t√© grande, mais le peuple ne s'est pas converti, et c'est l√† ce qui rend n√©cessaire un nouveau ch√Ętiment.

      Elam. Voir 11.11, note.

      Carquois. Comparez Jérémie 49.35

      Kir : contrée de l'Arménie, arrosée par le fleuve Kyros (Kour), affluent de l'Araxe, qui se jette dans la mer Caspienne. Kir était, ainsi qu'Elam, une province assyrienne (2Rois 16.9 ; Amos 1.5). Elam et Kir désignent donc ici deux divisions de l'armée qui, récemment, est montée contre Jérusalem.

      7

      Tes plus belles vall√©es : par exemple celle des R√©pha√Įm (17.5).

      Ont pris position devant tes portes. Allusion à l'arrivée devant Jérusalem du corps d'armée assyrien chargé d'en exiger la reddition (36.2).

      8

      On a √īt√© le voile... : les yeux se sont ouverts, les illusions sont tomb√©es, et on a cess√© de se moquer des menaces du proph√®te (28.14-15,22), lorsqu'on a vu les forteresses de Juda aux mains de l'ennemi et celui-ci s'avancer contre la capitale. On s'est alors occup√© de parer au danger.

      Le palais de la for√™t : √©difice en bois de c√®dre, construit par Salomon √† J√©rusalem, et o√Ļ ce prince avait expos√© ses armes de prix (1Rois 7.2¬†; 10.17).

      9

      La cité de David ne désigne pas toute la ville, mais particulièrement la citadelle, dont le nom ordinaire est Sion (1Samuel 5.7-9). Ezéchias s'était occupé à en réparer les fortifications (2Chroniques 32.5).

      L'étang inférieur : aujourd'hui Birket-es-Sultan, au haut de la vallée de Hinnom ; voir 7.3, note.

      Vous avez recueilli les eaux : vous les avez amenées dans la ville. D'après 2Chroniques 32.3-4, Ezéchias fit boucher les réservoirs, afin de priver d'eau l'armée assyrienne. Les deux notices, loin d'être contradictoires, se complètent mutuellement.

      10

      Vous avez compté. On avait sans doute fait la revue des maisons, pour désigner celles qui pouvaient être abattues avec le moins de dommage. Comparez Jérémie 33.4

      12

      12 à 14 L'épreuve et l'intervention miséricordieuse de Dieu n'ont produit dans le peuple ni humiliation, ni reconnaissance ; il ne songe qu'à s'étourdir ; ce péché ne lui sera point pardonné.

      Ezéchias, presque seul, comprit ce divin appel (37.1 et suivants).

      En ce jour : lorsque les Assyriens menaçaient la ville (comparez le en ce jour, verset 8).

      13

      Au lieu d'√™tre un motif de conversion et un sujet d'actions de gr√Ęces, tout ce qui vient de se passer n'est pour eux qu'une occasion de s'amuser.

      Demain nous mourrons¬†! C'est le mot de l'incr√©dulit√© grossi√®re : la vie est courte, bient√īt nous serons morts¬†; jouissons donc du pr√©sent (1Corinthiens 15.32). Comparez Eccl√©siaste 5.18. Il y a donc toujours eu des esprits forts pour dire : Apr√®s la mort, tout est mort¬†!

      14

      Jusqu'à ce que vous mouriez. Une telle preuve de la bonté divine méprisée, c'est le péché pour lequel il n'y a pas de pardon : vous l'expierez par la mort !

      La destruction annoncée versets 1 à 5 est donc irrévocablement décidée.

      15

      15 √† 25 Esa√Įe re√ßoit la mission d'annoncer au premier ministre, Sebna, sa destitution et son remplacement par un homme qui remplira sa charge dans la crainte de Dieu et pour le bien du peuple.

      Cette prophétie a probablement été placée ici, parce que le jugement de Sebna se rattache assez naturellement à celui de Jérusalem, dont il est question dans le morceau précédent. Mais elle est plus ancienne et date d'avant l'invasion de Sanchérib ; en effet, lorsqu'eut lieu celle-ci, Sebna était déjà déchu de sa haute position ; il n'était plus que simple secrétaire, et Eliakim lui avait succédé comme ministre de la maison du roi (36.3).

      15 √† 19 La chute de Sebna, juste ch√Ętiment de son orgueil.

      Préfet du palais : littéralement : celui qui est sur la maison (du roi) ; en langage moderne, le ministre de la maison royale, ou premier ministre (maire du palais). Voir 1Rois 4.6 ; 18.3. Cette charge était quelquefois occupée par le prince héritier lui-même (2Chroniques 26.21).

      16

      Qu'as-tu ici, et qui t'appartient (qui est ton parent) ici¬†? Ces mots d√©signent √©videmment Sebna comme un √©tranger et un parvenu. Son nom fait supposer qu'il √©tait Syrien¬†; peut-√™tre Achaz l'avait-il ramen√© avec lui de Damas (2Rois 16.10 et suivantst). Esa√Įe d√©nonce souvent l'influence pernicieuse de l'√©tranger (2.6¬†; 17.10). De ce qui est dit versets 20 et 21, on doit conclure que l'administration de Sebna √©tait dure pour le peuple et qu'il appartenait (peut-√™tre en √©tait-il le chef) au parti de l'alliance √©gyptienne, si vivement combattue par Esa√Įe comme une infid√©lit√© envers Dieu (voir chapitres 30 et 31).

      En un lieu √©lev√© : sans doute sur Sion, o√Ļ se trouvaient aussi les tombeaux des rois (1Rois 2.10¬†; 2Chroniques 32.33).

      18

      Les images par lesquelles Esa√Įe d√©peint la chute de Sebna, sont toutes emprunt√©es au jeu de boules. L'Eternel l'√©l√®ve en l'air, puis le fait tourner, enfin l'envoie rouler au loin sur la plaine. Le pays √©loign√© o√Ļ il sera exil√© et ira finir ses jours, est l'Assyrie.

      O toi, la honte... Il a d√©shonor√© la maison royale par sa mauvaise administration, et peut-√™tre aussi en se permettant de se construire un tombeau √† c√īt√© de ceux des rois.

      La prophétie a été partiellement accomplie déjà avant l'arrivée des Assyriens, par la destitution de Sebna. Nous ignorons à quelle époque elle l'a été plus complètement. Mais il n'y a aucune raison sérieuse de douter qu'elle n'ait eu sa pleine réalisation.

      20

      20 à 25 L'élévation d'Eliakim au poste laissé vacant par Sebna.

      Hilkija, personnage inconnu.

      21

      De ton habit, de ton écharpe : c'est-à-dire du costume officiel de ta charge. Comparez Nombres 20.26-28 ; 1Rois 19.19

      Un père. Comparez Genèse 45.8.

      22

      La clef de la maison de David : Signe de la puissance suprême : nul ne pourra, sans sa permission, entrer dans la maison royale, ou en sortir, y remplir quelque fonction, ou avoir une audience du roi. Même figure pour représenter la toute-puissance de Christ Apocalypse 3.7. Comparez la parole de Jésus à Pierre, Matthieu 16.19 : il lui remet les clefs du royaume, c'est-à-dire qu'il fait de lui son premier ministre.

      Sur son épaule. On se sert encore en Orient de grosses clefs de bois que l'on porte sur l'épaule. La charge, symbolisée par la clef, est d'ailleurs envisagée aussi comme un fardeau qui repose sur l'épaule (9.5).

      23

      Le clou en un lieu solide est Eliakim, que Dieu lui-même établira à son poste.

      Un tr√īne de gloire. Il sera l'honneur de sa famille, comme un si√®ge de luxe fait la gloire d'un appartement.

      Sa race et sa descendance. Toute la parenté se suspend à lui pour obtenir des avantages et de l'honneur. Les images : vases, coupes, outres (à garder le vin), par lesquelles la famille est désignée, veulent dire : tous, sans exception, grands et petits, méprisables et honorables.

      25

      En ce jour-l√†. Ces mots nous reportent au jour de l'installation d'Eliakim (verset 20)¬†; il faut donc appliquer ici l'image du clou √† Sebna. Eliakim occupera pr√©cis√©ment le poste d'o√Ļ est chass√© Sebna¬†; un clou remplacera l'autre. La chute de Sebna (verset 19) est solennellement confirm√©e par ces derniers mots.

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