TopCartes x PLM collab

Hébreux 12

    • 1 Chapitre 12.

      1 à 11 La course persévérante du croyant qui, les regards sur Jésus, endure les épreuves.

      Grec : Ayant, placée autour de nous une si grande nuée de témoins.

      Il s'agit ici des témoins de la foi que l'auteur a rappelés dans le chapitre précédent, et de tant d'autres encore qui ont glorifié Dieu par leur constance dans les épreuves. Ils sont une grande nuée, une multitude, quoique, à chaque époque, le peuple de Dieu peu nombreux.

      Cette pensée est fort encourageante, (comparez Apocalypse 7.9) et c'est en effet pour affermir ses frères dans leur foi que l'auteur leur rappelle ce fait. Veut-il dire que ces témoins nous entourent réellement de leur présence invisible et sont les spectateurs de notre course ? La comparaison de la vie chrétienne avec la course dans le stade donne à le penser.

      Grec : Courons avec persévérance la course (la lutte à la course) placée devant nous. (Comparer Hébreux 10.36)

      On retrouve ici l'image favorite de l'ap√ītre Paul, la vie chr√©tienne repr√©sentes comme une de ces courses dans le stade auxquelles les Grecs se livraient avec passion dans leurs jeux publics. (Comparer 1Corinthiens 9.24,25, note¬†; Philippiens 3.14., note, 1Timoth√©e 6.12¬†; 2Timoth√©e 4.7)

      Une "nuée de témoins" entourait alors les concurrents et les encourageait de ses applaudissements. Pour le chrétien, ce sont tous ceux qui ont déjà combattu et vaincu. Ceux qui couraient dans la lice avaient grand soin de se débarrasser de tout fardeau qui aurait pu entraver la vitesse de leur course.

      Que de choses, même permises, que d'attachements, que de soucis, même légitimes, peuvent devenir pour le croyant une entrave ! Mais il est une chose qui arrêterait absolument sa course, et que l'auteur nomme sans figure : c'est le péché.

      L'épithète appliquée au péché et qu'on peut rendre par ces mots : qui enveloppe (ou circonvient) aisément, ne se trouve qu'ici. L'image qu'elle renferme a été entendue soit de gens qui entourent le coureur et l'arrêtent dans sa course, soit d'un vêtement flottant qui gêne sa marche. Cette dernière comparaison est la plus naturelle et la plus généralement admise aujourd'hui. Telle est l'action du péché s'il n'est absolument rejeté ! (Romains 7.21)

      2 En poursuivant notre course, nous devons (grec) détourner nos regards du monde pour les tenir arrêtés sur Jésus, notre Sauveur, vainqueur avant nous dans la même course, dans le bon combat de la foi, et qui nous conduit à la victoire.

      C'est pourquoi il est appel√© ici le chef et le consommateur de la foi. Les anciens interpr√®tes entendaient ce mot de la foi du chr√©tien, dont J√©sus serait "l'auteur" qui la cr√©e dans le cŇďur, et le consommateur qui l'am√®ne √† son plein d√©veloppement.

      Chrysostome disait¬†: "C'est lui qui a d√©pos√© en nous le premier germe de la foi, comme il dit √† ses disciples¬†: "Ce n'est pas vous qui m'avez √©lu, mais c'est moi qui vous ai choisis", (Jean 15.16) ou, comme Paul s'exprime¬†: "Je conna√ģtrai comme j'ai √©t√© connu." (1Corinthiens 13.12) Or, si c'est lui qui a op√©r√© le commencement, il accordera aussi la fin." (Philippiens 1.6)

      On peut objecter à cette explication que le mot grec ne signifie pas auteur, dans le sens de créateur, mais chef, conducteur, et que Jésus n'est pas appelé chef de notre foi, mais de la foi.

      Aussi les interprètes récents entendent-ils par la foi, celle dont Jésus vivait lui-même, et le sens serait alors : "Il est le chef qui nous précède en donnant l'exemple de la foi, de cette foi qu'il a portée jusqu'à la perfection."

      Cependant on peut se demander si c'est l√† tout ce que l'auteur a voulu exprimer. Le titre qu'il donne √† J√©sus, s'il ne signifie pas proprement "auteur," prend le sens de promoteur, instigateur. Quand il caract√©rise le r√īle de J√©sus dans l'Ňďuvre du salut, il ne le pr√©sente pas seulement comme le mod√®le du croyant en donnant l'exemple de la vie divine, J√©sus est devenu "Prince de la vie," il la communique √† ceux qui le suivent. (Comparer H√©breux 2.10¬†; 5.8,9,Actes 3.15,5.31)

      Les mots : en vue (ou, grec au lieu) de la joie qui lui était proposée (grec la joie placée devant lui) ont été expliqués de trois manières différentes :

      1¬į au lieu de la joie qu'il avait de toute √©ternit√©, "dont il jouissait" (Peschito, B√®ze, Schlatter), et qu'il a sacrifi√©e par amour, il est venu ici-bas souffrir la croix¬†;

      2¬įau lieu de la joie qu'il aurait pu avoir m√™me sur la terre, "qui lui √©tait propos√©e, qu'il avait sous la main dont il pouvait jouir s'il avait voulu" (Calvin, von Loden)¬†: il y a renonc√© volontairement¬†;

      3¬į en vue de la joie qu'il aurait dans la gloire du P√®re apr√®s avoir tout souffert et tout surmont√©, et qui devait √™tre le prix de ses humiliations et de ses douleurs.

      Ainsi l'entendent la plupart des interpr√®tes modernes, et c'est le sens qui para√ģt le plus en harmonie avec les termes du texte. J√©sus, homme, notre fr√®re a combattu comme nous tous jusqu'√† la victoire, dont le prix lui √©tait propos√©, et pour l'obtenir, il (grec) a soutenu, (H√©breux 10.32) ou endur√© la croix, m√©prisant la honte qui s'y attachait. Cette honte n'existait qu'aux yeux des hommes¬†; la croix, devant Dieu, √©tait une gloire, suivie de la gloire √©ternelle.

      Pour J√©sus la croix √©tait en effet, le chemin du tr√īne de Dieu, √† la droite duquel il s'est assis. (Comparer H√©breux 1.3)

      Il ne résulte point de cette pensée que Jésus ait ainsi souffert par une recherche de lui-même et de sa propre joie. Car cette joie n'est si grande pour lui, le Sauveur, que parce qu'elle glorifie Dieu (voir la même pensée dans Philippiens 2.5-11), et parce qu'elle devient le partage d'êtres qui étaient voués à une éternelle misère. (Matthieu 25.21 ; Jean 4.36,15.11 ; 17.13)

      - Mais il ne faut pas perdre de vue le but de l'auteur, qui est de montrer aux chr√©tiens la source intarissable de leur courage et de leur force. Ils la trouvent dans l'exemple et la communion de leur Sauveur, en le suivant sur la voie qui l'a conduit o√Ļ il est. (H√©breux 12.3) La m√™me pens√©e est exprim√©e ainsi par Paul¬†: "Si nous souffrons avec lui, nous serons aussi glorifi√©s avec lui." (Romains 8.17)

      3 La contradiction, dont Jésus fut l'objet durant toute sa vie, ne consista pas seulement en paroles : ce fut surtout la révolte et l'inimitié dont le monde le poursuivit jusque sur la croix. Ainsi fut accomplie à la lettre la prophétie de Siméon : "Celui-ci sera...un signe auquel on contredira." (Luc 2.34)

      Si tel fut le Ma√ģtre, √† quoi doivent s'attendre les disciples¬†? Quel motif (en effet) de regarder √† J√©sus¬†!

      - Une var. de Sin. D, versions, Pères, porte : "Une si grande contradiction de la part des pécheurs contre eux-mêmes."

      Cette le√ßon est adopt√©e par Westcott et Hort. Elle donnerait au passage ce sens¬†: "En rejetant J√©sus, les p√©cheurs se contredisent eux-m√™mes, leur conscience comme leur int√©r√™t sup√©rieur." (Matthieu 23.37) Cette pens√©e para√ģt √©trang√®re au contexte et la variante doit √™tre rejet√©e.

      4 Les lecteurs de l'√©p√ģtre n'avaient point encore souffert de pers√©cution jusqu'au sang dans leur combat contre le monde (comparez toutefois H√©breux 10.33 et Introduct.)¬†: pourquoi donc seraient-ils d√©courag√©s, (H√©breux 12.3,5) eux qui peuvent regarder √† la croix sanglante de Christ, ou m√™me aux souffrances des t√©moins de l'ancienne Alliance¬†? (H√©breux 12.1)
      6 Proverbes 3.11, d'après les Septante.

      Il y a dans l'hébreu : "Car celui que l'Eternel aime, il le frappe, et cela comme un père le fils qu'il chérit." Comparer Apocalypse 3.19.

      - Ces paroles présentent les afflictions sous leur jour le plus consolant. (Comparer Romains 5.3 ; 8.28)

      Sans doute, la souffrance est dans notre humanit√© un effet du p√©ch√©, un ch√Ętiment que Dieu inflige dans sa justice¬†; mais pour ceux qui, en Christ, sont devenus des fils de Dieu, elle se transforme en un signe de l'amour du P√®re. (H√©breux 12.7-10)

      Le sentiment de cet amour √īte √† la souffrance son aiguillon, l'amertume et la mal√©diction du p√©ch√©. La croix que nous portons avec Christ, et qui nous rend semblables √† lui, (Philippiens 3.10) est une preuve sp√©ciale de la gr√Ęce. Par elle, Dieu consomme ses enfants de la mani√®re dont J√©sus fut consomm√©. (Comparer H√©breux 2.10¬†; 5.9)

      Tel est le sens de cette image d'un père qui corrige son fils, tout en l'aimant, et parce qu il l'aime.

      Nous traduisons par corriger et correction, les termes que d'autres rendent par ch√Ętier et ch√Ętiment, parce qu'ils impliquent l'id√©e d'une action p√©dagogique exerc√©e par Dieu.

      7 Le grec porte littéralement : En correction vous souffrez.

      D'autres traduisent par l'impératif : "Souffrez la correction." Le texte reçu (minusc.) porte : "Si vous endurez la correction."

      - Les derniers mots du verset sont traduits par plusieurs interprètes : qui est un fils, un vrai fils, que le père ne corrige pas ?

      8 Grec : Dont tous sont devenus participants.

      L'auteur pense-t-il aux croyants √©num√©r√©s √† H√©breux 11¬†? Ou le mot tous reprend-il simplement l'affirmation de H√©breux 12.6 "Il frappe tout fils qu'il reconna√ģt pour sien¬†?"

      9 Ce n'est pas là seulement un argument a fortiori, signifiant : puisque nos pères selon la chair nous ont corrigés et que nous les avons respectés, ne serons nous pas soumis, à bien plus forte raison aux corrections de Dieu, qui est infiniment plus sage et plus saint que nos pères ?

      La comparaison a, dans la pens√©e de l'auteur, une port√©e plus profonde. Les p√®res de notre chair, que nous avions eus pour correcteurs ou √©ducateurs (ainsi porte le grec), ces auteurs de notre vie naturelle, apr√®s nous l'avoir donn√©e ne pouvaient rien faire de plus¬†; avec quelque soin qu'ils s'appliquassent √† notre √©ducation, ils ne pouvaient nous communiquer la vie de l'√Ęme.

      Mais le Père des esprits, (Nombres 16.22) celui de qui procède toute vie spirituelle, atteint un tout autre but par le moyen éducateur de l'épreuve : il fait vivre, vivre de la vie véritable, éternelle, ceux qui se soumettent, comme ses enfants, à la discipline de son amour et de son Saint-Esprit. (Hébreux 12.10 ; comparez Romains 8.13)

      L'auteur considère ce précieux fruit de l'éducation divine par l'épreuve comme un fait incontestable : et nous vivrons ! (Comparer Hébreux 10.38)

      10 L'auteur confirme (car) la certitude de l'espérance qu'il vient d'exprimer, (Hébreux 12.9) en relevant un nouveau contraste entre la correction des pères selon la chair, et celle de notre Père céleste.

      La première, à supposer que ces pères ne suivissent que leurs sentiments naturels, n'avait lieu que selon leurs vues faillibles, souvent erronées (comme ils le trouvaient bon), de plus, leurs corrections s'exerçaient pour peu de jours, pour aussi longtemps que dure l'enfance, la première jeunesse.

      Mais Dieu, dans sa sagesse et son amour, nous corrige durant tout le cours de la vie, et cela pour notre profit pour un profit éternel, puisqu'il ne s'agit de rien moins que de nous rendre participants de sa sainteté. (Lévitique 11.44)

      L'auteur a dit déjà comment ce but est atteint. (Voir Hébreux 12.6, note, Hébreux 12.9, note.)

      On a propos√© de voir dans ce peu de jours la dur√©e de notre existence terrestre, (Gen√®se 47.9) qui est tout le but de l'√©ducation naturelle tandis que l'√©ducation que Dieu fait de nous, nous rend participants de sa saintet√© et par l√† m√™me de la vie √©ternelle. Il n'est pas certain que cette antith√®se f√Ľt dans la pens√©e de l'auteur.

      11 L'auteur ne veut rien exagérer ; il convient que l'épreuve produit au premier moment (grec pour le présent) non de la joie, mais de la tristesse (l'Evangile est si humain !), toutefois, sans s'arrêter trop aux premières impressions douloureuses, il faut regarder au résultat final.

      Et ce résultat, c'est un fruit paisible de justice.

      Le fruit de justice, c'est la saintet√© (H√©breux 12.10) dont Dieu veut nous rendre participants par l'√©preuve¬†; et c'est aussi la seule source de la vraie paix. (Esa√Įe 32.17¬†; voir encore, sur le fruit de l'√©preuve¬†: Romains 8.28¬†; 2Corinthiens 4.17¬†; 1Pierre 4.13¬†; Jacques 1.2 et suivants)

      12 12 à 17 Exhortation à la fermeté et à la vigilance exercée sur les membres faibles de l'Eglise.

      Esa√Įe 35.3. Les commentateurs r√©cents pensent que ces termes sont plut√īt emprunt√©s au livre apocryphe de J√©sus fils de Sirach, (25¬†:23) avec lequel notre texte concorde exactement, tandis qu'il diff√®re de celui des Septante dans Esa√Įe.

      - Redressez, d'autres traduisent : "relevez, fortifiez."

      - Cette parole d'encouragement (Hébreux 12.12-17) est la conséquence naturelle (c'est pourquoi) que l'auteur tire des grandes vérités qu'il vient d'exposer sur le but de l'épreuve.

      Plusieurs interpr√®tes pensent que l'exhortation est adress√©e √† l'Eglise dans son ensemble¬†; l'auteur se la repr√©senterait sous l'image d'un corps¬†; (comparez 1Corinthiens 12.12) les mains languissantes, les genoux fl√©chissants figureraient les membres faibles de l'Elise, qu'il faut affermir par une sage et paternelle discipline. Cette explication nous para√ģt peu naturelle.

      Les paroles de Hébreux 12.12,13, en tout cas, s'appliquent à chaque chrétien pris individuellement. Même le but indiqué : "Afin que ce qui est boiteux ne se dévoie pas..." peut s'entendre de la vie personnelle du croyant (comparez la note suivante) ; mais on peut aussi admettre que l'expression : "ce qui est boiteux," désigne des membres chancelants de l'Eglise ; c'est ce que font la plupart des commentateurs à cause de l'invitation de Hébreux 12.15.

      Cela n'emp√™che nullement d'appliquer aux individus les versets H√©breux 12.12,13, l'auteur invoquerait seulement, √† l'appui de son exhortation, la solidarit√© qui unit les chr√©tiens dans l'Ňďuvre de la sanctification et dans la lutte qu'ils ont √† soutenir¬†: fortifiez vous, afin de fortifier les faibles¬†!

      13 Comparer Proverbes 4.25,26.

      Ce que sont, pour la vie du corps, des mains affaiblies, des genoux fl√©chissants (H√©breux 12.12) qui rendent tout l'homme boiteux, impotent, (H√©breux 12.13) c'est ce qu'est pour la vie de l'√Ęme un rel√Ęchement g√©n√©ral de la pi√©t√©, des doutes, qui obscurcissent et paralysent la foi, des infid√©lit√©s dans la conduite, qui √©loignent de la communion de Dieu¬†; en un mot, un √©tat d'√Ęme qui menace de devenir une rechute totale.

      Pour les hommes sinc√®res chez lesquels la conscience parle encore, il y a un rem√®de √† ce mal redoutable. Mais il doit √™tre appliqu√© sans retard¬†; c'est celui que conseille ici l'auteur¬†: faites √† vos pieds des sentiers droits, c'est-√†-dire, √ītez de votre chemin les pierres et tout ce qui serait pour vous occasion de chute. (Comparer Esa√Įe 40.3)

      Soumettez votre √Ęme √† une discipline vigilante. Sans cela, il y a danger qu'√©tant d√©j√† boiteux, avan√ßant avec difficult√© (selon d'autres, partag√©s entre Dieu et le monde, 1Rois 18.21), vous ne sortiez tout √† fait du droit chemin¬†; alors le mal serait sans rem√®de. (H√©breux 12.17)

      La traduction : "Suivez avec vos pieds des voies droites," est condamnée par les interprètes les plus autorisés.

      14 Les dissensions entre chr√©tiens sont un des plus grands dangers pour la vie spirituelle¬†; la paix, la communion fraternelle, au contraire, est tout ce qu'il y a de plus propre √† raffermir les √Ęmes affaiblies.

      De là, le rapport que l'auteur laisse entrevoir ici entre la paix et la sanctification.

      Il faut (grec) poursuivre l'une et l'autre, l'une par l'autre.

      - Quel motif pour des chrétiens d'avancer dans la sanctification ! Dieu étant la sainteté même, nul ne le verra, (Matthieu 5.8 ; 1Jean 3.2) c'est-à-dire ne pourra s'approcher de lui pour être en communion avec lui, sans la sanctification. (1Pierre 1.15,16 ; comparez Matthieu 5.48)

      Nous ne sommes pas sauv√©s par la sanctification¬†; nous le sommes "par la gr√Ęce, par la foi¬†;" (Eph√©siens 2.8) mais la gr√Ęce et la foi, si elles sont vivantes en nous, ont pour r√©sultat n√©cessaire la sanctification.

      16 Ce s√©rieux avertissement¬†: que nul ne soit d√©pourvu de la gr√Ęce de Dieu (le verbe grec signifie √™tre en arri√®re de, manquer de¬†; comparez H√©breux 4.1¬†; Eccl√©siaste 6.2), l'auteur en fait ressortir l'importance en montrant d'abord le mal que peut faire celui qui abandonne la foi. Il l'√©tablit par une allusion √† Deut√©ronome 29.18,o√Ļ l'infid√©lit√© du cŇďur et l'idol√Ętrie sont compar√©es √† une "racine qui produit du fiel et de l'absinthe."

      Un manuscrit des Septante porte : "une racine d'amertume qui produire du trouble." L'auteur avait probablement cette leçon sous les yeux. Il ajoute qu'il faut veiller à ce que, par cette racine, le grand nombre (grec les plusieurs) ne soient souillés.

      L'exemple d'Esa√ľ (Gen√®se 25.29 et suivants) qui, pour une jouissance charnelle, livra ses droits de premier-n√© par lesquels il √©tait h√©ritier de la b√©n√©diction promise √† Abraham et √† sa post√©rit√©, montre l'effrayante gravit√© de la chute contre laquelle l'auteur met ses lecteurs en garde.

      Quiconque demeure dans une condition morale o√Ļ il est "priv√© de la gr√Ęce de Dieu" (H√©breux 12.15) est, comme Esa√ľ, fornicateur, au sens religieux du mot, et profane, c'est-√†-dire charnel, terrestre, anim√© d'un esprit oppos√© √† la sanctification. (H√©breux 12.14) Le p√©ch√© d'Esa√ľ m√©prisant la promesse et s'excluant ainsi de l'Alliance de Dieu est caract√©ris√© comme une fornication, un adult√®re suivant l'image fr√©quemment employ√©e par les proph√®tes qui assimilent aux relations conjugales les rapports que le peuple √©lu ou l'√Ęme croyante ont avec Dieu. (J√©r√©mie 2.2¬†; 3.6-9,19,20¬†; comparez Apocalypse 2.22¬†; 14.8)

      D'autres prennent fornicateur au sens propre¬†; ce serait un avertissement sp√©cial¬†; (comparez H√©breux 13.4¬†; 1Corinthiens 5.9 et suivants) apr√®s ce pr√©cepte, l'auteur en donnerait un second concernant l'esprit profane dont √Čsa√ľ fit preuve. Cette interpr√©tation m√©conna√ģt l'unit√© de la pens√©e dans ce morceau.

      17 Ce verset soulève diverses questions concernant la construction et le sens.

      1¬į √Čsa√ľ fut rejet√© (grec r√©prouv√©) par qui¬†? par son p√®re¬†? par Dieu¬†? L'un et l'autre. Son p√®re, il est vrai, adoucit autant qu'il √©tait en lui, la douleur d'Esa√ľ en lui donnant une b√©n√©diction temporelle, mais qui n'√©tait point celle qu'il aurait obtenue (grec h√©rit√©e) en vertu de son droit d'a√ģnesse. (Gen√®se 27.30-40)

      2¬į Les mots¬†: il ne trouva point (grec) place ou occasion de repentance ou de changement d'id√©e, signifient-ils qu'Esa√ľ ne parvint pas √† modifier la d√©cision d'Isaac, qui ne voulut ni ne put rien changer au fait accompli¬†? Ou doivent-ils s'entendre des dispositions morales d'Esa√ľ lui-m√™me, qui n'eut plus la possibilit√© de se repentir, de se convertir √† Dieu¬†?

      Les uns entendent ces mots du sentiment d'Isaac, comme Osterwald, qui paraphrase¬†: "Il ne put trouver le moyen de le faire changer de r√©solution." Ceux qui soutiennent cette interpr√©tation se fondent sur le r√©cit de la Gen√®se, qui ne parle que des vains efforts d'Esa√ľ pour fl√©chir son p√®re.

      Les autres prouvent par l'exemple de Melchis√©dek, (H√©breux 7) que notre auteur ne craint pas d'amplifier les simples narrations de l'Ancien Testament, qu'il n'est pas question d'Isaac dans ce qui pr√©c√®de, mais uniquement d'Esa√ľ¬†; que le mot de repentance serait impropre pour exprimer un changement de r√©solution chez Isaac¬†; que le but de l'auteur est de montrer que lorsque le p√©cheur s'est "priv√© de la gr√Ęce de Dieu," (H√©breux 12.15) il vient un moment o√Ļ il ne la d√©sire m√™me plus parce que son cŇďur endurci n'est plus capable de la recevoir¬†; c'est ce qui ressortait de l'exemple effrayant d'Esa√ľ qui ne put trouver lieu de repentance, qui ne parvint plus √† modifier ses dispositions morales. (Comparer H√©breux 6.4 et suivants¬†; H√©breux 10.26 et suivants)

      - Cette interpr√©tation attribue √† √Čsa√ľ un endurcissement dont le r√©cit de la Gen√®se (Gen√®se 27.33-40) ne parle pas et dont l'id√©e n'est pas express√©ment √©nonc√©e dans notre texte. Celui-ci ne caract√©rise pas les sentiments intimes d'Esa√ľ.

      Le mot que l'on traduit par repentance peut indiquer un simple changement d'id√©e. Esa√ľ regrette ce qu'il a fait¬†; il aimerait mieux, apr√®s coup, la b√©n√©diction d'Isaac que le plat de lentilles¬†; mais l'occasion √©tait perdue¬†: il ne trouva plus place pour son changement d'id√©e, c'est-√†-dire pour un choix diff√©rent, quoiqu'il le recherch√Ęt avec larmes. Ce qu'il rechercha avec larmes, ce n'est pas la b√©n√©diction (dans la phrase grecque, ce mot est trop √©loign√© pour que cette relation soit naturelle), mais le changement d'id√©e.

      L'expression est ici l√©g√®rement impropre¬†; Esa√ľ rechercha plut√īt les effets de son changement d'id√©e. Nous disons de m√™me d'un enfant qui revient sur son choix¬†: il voudrait bien changer d'id√©e, mais c'est trop tard. En r√©alit√©, l'enfant a chang√© d'id√©e¬†; il est trop tard seulement pour ex√©cuter son id√©e nouvelle.

      C'est un tel revirement, et non la repentante au sens religieux, que la Gen√®se, et notre auteur apr√®s elle, nous montrent chez Esa√ľ. Il regretta sa d√©cision am√®rement, avec larmes, mais ces larmes, il les versa sur les suites am√®res de ce p√©ch√©, et non sur son p√©ch√© lui-m√™me, comme le prouve clairement sa haine contre son fr√®re. (Gen√®se 27.41)

      C'√©tait l√† une fausse repentance, sans humiliation. sans changement du cŇďur, sans retour √† Dieu¬†: "tristesse du monde¬Ľ et ¬ęnon selon Dieu" (2Corinthiens 7.10)

      Tels furent les sentiments de Ca√Įn, (Gen√®se 4.13) de Judas, (Matthieu 27.3 et suivants) de tous les r√©prouv√©s, dont J√©sus-Christ d√©crit si souvent les st√©riles tourments, caus√©s par la vue des jugements de Dieu, et non par la douleur de l'avoir offens√© (Matthieu 7.22,23¬†; 8.12¬†; Luc 13.24-29¬†; 16.24¬†; 23.29-31)

      Si des exemples pareils sont propres √† effrayer salutairement les cŇďurs profanes, l√©gers ou endurcis, "d√©pourvus de la gr√Ęce de Dieu," (H√©breux 12.15) il n'en reste pas moins vrai que jamais aucune √Ęme √©prouvant une sinc√®re et humble repentante ne recourt en vain √† la mis√©ricorde de Dieu. La parole du Sauveur demeure¬†: "Je ne mettrai dehors aucun de ceux qui viendront √† moi."

      18 18 à 29 Privilèges et responsabilité des croyants de la nouvelle Alliance.
      21 Dans un parall√®le plein de grandeur et d'√©loquence entre la fondation de l'ancienne Alliance sur le Sina√Į, et le but glorieux et bienheureux que la nouvelle Alliance propose aux croyants, (H√©breux 12.22 et suivants) l'auteur fait vivement sentir √† ses lecteurs combien ils seraient insens√©s et coupables d'abandonner ces douces et pr√©cieuses esp√©rances de l'Evangile pour se placer de nouveau sous les terreurs de la loi.

      C'est l√†, au fond, le r√©sum√© de toute son √©p√ģtre, et ces deux tableaux, mis en contraste l'un avec l'autre, sont un puissant argument (car, H√©breux 12.18) en faveur de l'exhortation qui pr√©c√®de.

      La description de l'appareil terrible au milieu duquel fut donn√©e la loi (H√©breux 12.18-21¬†; comparer Exode 19.12-19¬†; 20.18,19), devait rappeler aux lecteurs que ces symboles de la saintet√© et de la justice de Dieu √ītaient au p√©cheur l'espoir d'√™tre sauv√© par les Ňďuvres de cette loi qui le condamne, ailleurs est son recours¬†! (H√©breux 12.22-24)

      En parlant de quelque chose qu'on p√Ľt toucher de la main, (H√©breux 12.18) l'auteur indique d√®s l'abord qu'il s'agissait l√† d'une √©conomie terrestre, visible, et par l√† m√™me symbolique¬†; tel est le caract√®re de tous les signes ext√©rieurs qui suivent. (H√©breux 12.18-20¬†; comparez Deut√©ronome 4.11¬†; Exode 19.16)

      Le texte re√ßu porte¬†: "d'une montagne qu'on p√Ľt toucher¬†;" ce mot manque dans Sin., A, C, versions¬†; il a √©t√© introduit conform√©ment √† H√©breux 12.22.

      - "La voix des paroles" était d'après Deutéronome 4.12, la voix de l'Eternel parlant du milieu du feu et publiant les dix commandements. Quant à la prière de ceux qui l'entendirent, voir Deutéronome 5.22 et suivants

      Le verset Hébreux 12.20 porte une citation très abrégée et libre de Exode 19.12,13.

      Mo√Įse lui-m√™me re√ßut une impression terrible des sc√®nes du Sina√Į, surtout au moment o√Ļ la col√®re de Dieu s'embrasa contre le peuple, qui venait de violer le second commandement en faisant le veau d'or. L'auteur met dans la bouche de Mo√Įse (H√©breux 12.21) des paroles emprunt√©es au r√©cit que ce dernier fit du trouble qu'il ressentit √† la vue du crime d'Isra√ęl. (Deut√©ronome 9.19) Cette expression de sa crainte ne se trouve pas en effet dans le r√©cit de la promulgation de la loi.

      24 La montagne de Sion est oppos√©e au Sina√Į. Sur elle J√©rusalem √©tait b√Ętie¬†; et cette ville elle-m√™me, centre de la vie religieuse du peuple d'Isra√ęl, devient, dans le Nouveau Testament, le symbole de la vraie Eglise universelle¬†; elle est la cit√© du Dieu vivant, le lieu de sa demeure, la th√©ocratie du ciel. Esa√Įe 2.1-5¬†; Psaumes 48.3¬†; 50.2¬†; 110.2¬†; Jo√ęl 3.17¬†; Mich√©e 4.1,2¬†; Galates 4.26¬†; Apocalypse 3.12¬†; 21.2.

      En entrant ici-bas dans l'Eglise visible, les H√©breux sont devenus habitants de cette cit√© c√©leste, la foi leur en garantissant l'acc√®s. Ils sont par elle unis aux myriades d'anges qui forment une assembl√©e solennelle, un chŇďur, et √† l'Eglise des premiers-n√©s.

      Mais qui sont, dans la pensée de l'auteur, ces premiers-nés ?

      Parmi les nombreuses réponses faites à cette question, il n'en est que deux de probables : ce sont ou les premiers chrétiens morts en Christ, et peut-être surtout les premiers martyrs nés, avant tous les autres, à la vie du ciel ; ou ceux qui ont cru en Christ, qui, nés à la vie spirituelle, étaient encore ici bas dans l'Eglise militante lorsque l'auteur écrivait.

      Peut-être applique-t-il ce beau titre aux uns et aux autres, sans distinction de temps car premier-né est le titre réservé par Paul à Christ, (Romains 8.29 ; Colossiens 1.15) et il est probable que notre auteur l'attribue à ceux qui, par la foi, sont unis à Christ, pour indiquer qu'ils sont assurés de l'héritage céleste. (Romains 8 ; 17)

      Dans le droit isra√©lite l'h√©ritage paternel √©tait conf√©r√© au premier-n√© √† l'exclusion des autres enfants. L'expression dont l'auteur se sert lui aura √©t√© sugg√©r√©e par le terme de "droit d'a√ģnesse" (grec primog√©niture) qu'il a employ√© au H√©breux 12.16, en rappelant l'exemple d'Esau.

      L'Eglise des premiers-nés est donc l'assemblée de tous ceux qui croient en Christ, au ciel et sur la terre, de tous ceux qui ont droit de cité (Philippiens 3.20) dans la Jérusalem céleste.

      Cette dernière pensée est exprimée par les mots : qui sont inscrits dans les cieux, dont les noms sont portés sur le livre de vie, ce qui est une garantie de leur salut. Psaumes 69.29 ; Psaumes 139.16 ; Daniel 12.1 ; Luc 10.20 ; Philippiens 4.3 ; Apocalypse 13.8 ; 20.12 ; 21.27.

      Cette assurance leur est d'autant plus précieuse qu'ils se sont approchés d'un juge qui est Dieu de tous, des hommes et des anges.

      Mais pourquoi d√©signer Dieu par ce titre redoutable de juge dans un passage o√Ļ tout doit d√©crire les attraits de l'alliance de gr√Ęce¬†? Peut-√™tre pour rappeler, d'une part, aux croyants que l'Evangile nous place en pr√©sence de celui qui est le juste juge, mais qui, en m√™me temps, est le Dieu de tous, (H√©breux 8.10¬†; 11.16) leur P√®re mis√©ricordieux¬†; et, d'autre part, √† ceux qui √©taient tent√©s d'abandonner cet Evangile pour retourner au juda√Įsme, qu'ils ne trouveraient plus en Dieu que le Juste juge.

      La traduction : de Dieu, le juge de tous, est moins exacte et plus difficile à expliquer.

      - En s'approchant de Dieu, le père de tous les esprits, les croyants de la nouvelle Alliance se sont unis aux esprits des justes qui sont parvenus à la perfection (grec qui sont consommés). Ceuxci ne sont pas seulement les fidèles de l'ancienne Alliance, puisque l'auteur a déclaré (Hébreux 11.40, note) que Dieu n'avait pas voulu "qu'ils parvinssent à la perfection sans nous."

      D'autre part, cette expression¬†: les esprits des justes, montre qu'il s'agit de croyants d√©funts¬†; ce sont donc les justes des deux alliances, qui ont √©t√© amen√©s √† la perfection, consomm√©s par l'Ňďuvre r√©demptrice de J√©sus. (H√©breux 12.24) Ils sont consomm√©s en tant qu'ils ont vaincu par leur foi, qu'ils sont en communion avec leur Sauveur. (Comparer Philippiens 1.23,24, note¬†; 2Corinthiens 5.6-9, note¬†; Luc 23.43, note.)

      - Enfin, l'auteur fait mention du M√©diateur de la nouvelle Alliance¬†; ses lecteurs se sont approch√©s de lui le tout premier, car c'est lui seul qui, par son sacrifice, leur a ouvert l'acc√®s aupr√®s de Dieu et de ceux qui entourent son tr√īne et constituent son peuple. Ils sont venus √† ce J√©sus, dont le nom est si doux √† prononcer et qui, par son sang, inspire √† toute conscience angoiss√©e la confiance et la joie du salut.

      Ce sang, dont il est fait aspersion sur les pécheurs, prononce (selon le texte reçu) de meilleures choses ou (selon la leçon des majuscules) une meilleure chose (d'autres, prenant le comparatif neutre comme un adverbe, traduisent : parle mieux) que le sang d'Abel (grec qu'Abel), qui est censé parler lui-même dans son sang car le sang d'Abel appelle la justice divine le sang de Christ proclame l'éternelle miséricorde de Dieu.

      Mais ce sang doit parler aussi √† nos cŇďurs de reconnaissance et de fid√©lit√©, en retour de tant d'amour.

      25 L'auteur ajoute au parallèle qu'il vient de tracer entre les deux Alliances, (Hébreux 12.18-24) un avertissement pressant, comme il en a déjà fait entendre ailleurs. (Hébreux 2.2 et suivants ; Hébreux 10.27 et suivants)

      Cette exhortation est fondée sur la pensée que la responsabilité des chrétiens est plus redoutable encore que celle des Israélites, ainsi que le montre le contraste de Celui qui se révélait (grec avertissait divinement, Hébreux 8.5) sur la terre et de Celui qui se révèle du haut des cieux.

      La pr√©sence terrible de J√©hova sur le Sina√Į aurait pu, jusqu'√† un certain point, excuser le peuple qui refusa de l'entendre. (H√©breux 12.19)

      Mais quelle excuse auront ceux à qui Dieu se fait entendre de la céleste cité, et cela par Jésus le Médiateur, qui nous en a ouvert l'accès, après avoir tout accompli pour notre salut ?

      Il ne faut pas traduire, comme nos anciennes versions¬†: "Prenez garde de m√©priser Celui qui parle¬†; car si ceux qui m√©pris√®rent..." Ce ne fut pas par m√©pris, en effet, qu'Isra√ęl refusa d'entendre Dieu¬†; (H√©breux 12.19) ce fut au contraire par crainte, mais par une crainte servile, qui provenait de son incr√©dulit√©.

      Or, l'auteur emploie le même verbe qu'à Hébreux 12.19 : prier, supplier, mais supplier dans une intention négative, pour qu'une chose ne soit pas, ce que nous rendons dans le texte par refuser.

      La plupart de ceux qui ferment leur cŇďur √† l'Evangile de J√©sus Christ le font, non parce qu'ils le m√©prisent, mais au contraire parce que l'Evangile leur para√ģt trop √©lev√©, trop saint, et qu'il exige d'eux le sacrifice du cŇďur et de la vie.

      27 L'auteur donne, dans ces Hébreux 12.26,27, le motif principal de son exhortation : la crise finale approche ; la condition de ceux qui repoussent le salut va devenir définitive.

      Celui dont la voix √©branla alors la terre, c'est-√†-dire le mont Sina√Į lors de la promulgation de la loi, (Exode 19.18) a promis de l'√©branler une fois encore, et l'auteur insiste sur ce dernier terme.

      Le passage cité est Aggée 2.6 ; le prophète annonce un ébranlement des cieux et de la terre avant la conversion des peuples à l'Evangile du Messie. Sous cette image, l'écriture annonce fréquemment les bouleversements politiques et religieux qui accompagnent l'établissement du règne de Christ sur la terre.

      Toutefois, l'image elle-même deviendra un jour une réalité, les cieux et la terre actuels, toutes les choses faites, créées passeront pour faire place à la pleine manifestation du règne de la gloire divine (2Pierre 3.7,13, comparez Romains 8.22, note) ; c'est ce que l'auteur déclare positivement en se fondant sur le passage d'Aggée.

      Il le cite d'après la version inexacte des Septante. L'hébreu porte : "Encore un temps, et il sera court, et j'ébranlerai les cieux et la terre." De plus, notre auteur intercale dans le texte des Septante les mots : non seulement, mais encore, et il met la terre avant le ciel.

      Le passage ainsi transformé annonce le bouleversement final de l'univers et le remplacement de toutes les choses ébranlées de ce monde par celles qui ne peuvent être ébranlées et qui subsisteront à toujours.

      28 Conclusion pratique des affirmations qui précèdent : c'est pourquoi, parce que nous avons un royaume inébranlable, comme il ressort, indirectement, de ce qui vient d'être dit ; (Hébreux 12.27) parce que ce royaume existe et que nous pouvons déjà le recevoir, le posséder. Ce royaume n'en était encore qu'à ses commencements sur la terre lorsque l'auteur parlait ainsi mais la foi rend l'avenir présent et voit l'invisible.

      Sin. porte : "nous avons de la reconnaissance," et "nous rendons un culte." Le subjonctif qui se lit dans la plupart des documents est plus conforme à l'exhortation.

      Le mot de reconnaissance est le m√™me, en grec, que l'on traduit habituellement par gr√Ęce.

      Aussi plusieurs anciens interpr√®tes ont-ils admis la version aujourd'hui rejet√©e par tous¬†: "retenons la gr√Ęce." Ce qui condamne cette traduction, c'est que le verbe avoir ne signifie pas retenir et que l'article manque devant le mot gr√Ęce ou reconnaissance.

      29 La reconnaissance qui nous permet de rendre à Dieu un culte (le mot grec désigne le service dans le sanctuaire comparez Hébreux 9.9,14 ; toute la vie du chrétien doit être un culte, Luc 1.74, note) qui lui soit agréable, n'exclut point le respect religieux ni la crainte ; car le Dieu qui est amour n'en est pas moins le Dieu saint.

      L'auteur exprime cette pensée par les termes énergiques de Deutéronome 4.24, qu'il cite librement. Le texte de l'Ancien Testament porte : "L'Eternel ton Dieu est un feu dévorant, un Dieu jaloux," c'est-à-dire un Dieu qui ne souffre en ceux qui veulent lui appartenir ni idole ni souillure, parce qu'il veut les posséder seul et tout entiers.

Seuls les √Čvangiles sont disponibles en vid√©o pour le moment.
  • versets s√©lectionn√©s
  • Vid√©os et messages relatifs
  • Commentaires bibliques
  • H√©breu / Grec
  • Dictionnaire
  • Versets relatifs
  • Carte
  • Favoris
  • Partager

Pour ajouter un favori, merci de vous connecter : Se connecter

Générer un verset illustré
Logo TopChrétien carré

Télécharger l'image

Choisissez une image

Personnalisez le verset

Alignement : | | | Haut | Milieu | Bas

Taille :

Couleur :

Police :

Personnalisez la référence

Couleur :

Police :

Taille :

De légères variations de mise en page peuvent apparaitre sur l'image téléchargée.

Vous avez aim√© ? Partagez autour de vous !

Update Required To play the media you will need to either update your browser to a recent version or update your Flash plugin pour Firefox & Safari - Flash plugin pour Opera & Chrome.