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Lévitique 1

    • 1

      1 à 2 Introduction

      Les lois pr√©c√©dentes avaient √©t√© soit prononc√©es aux oreilles du peuple entier (D√©calogue), soit adress√©es √† Mo√Įse seul, les unes comme les autres sur la montagne de Sina√Į. Maintenant que le Tabernacle est dress√©, c'est de l√† que Dieu appelle le l√©gislateur, et l√† qu'il lui parle, du lieu o√Ļ r√©side sa gloire, au-dessus des ch√©rubins.

      Appela Mo√Įse. Cette formule n'a √©t√© employ√©e jusqu'ici que dans trois circonstances particuli√®rement solennelles :

      • au d√©sert quand Dieu lui adressa la mission de d√©livrer le peuple, Exode 3.4
      • √† Sina√Į quand il voulut donner les dix commandements, Exode 19.3,20
      • enfin quand il lui communiqua ses ordres relatifs au Tabernacle, Exode 24.16

      2

      Quand quelqu'un d'entre vous... poussé par un besoin de consécration et d'expiation.

      Les directions donn√©es dans les trois premiers chapitres sont la r√©glementation de sacrifices d√®s longtemps en usage et qu'Isra√ęl offrait spontan√©ment √† son Dieu. Au chapitre 4, Dieu en instituera qui n'existaient pas encore et qui auront un caract√®re absolument obligatoire¬†; dans ces derniers le choix de la victime ne sera pas non plus laiss√© √† la volont√© de l'Isra√©lite.

      Une offrande, en hébreu korban, c'est-à-dire don. Cette expression est la plus générale de toutes celles qui servent à désigner les offrandes avec lesquelles les Israélites se présentaient devant Dieu ; elle comprend tous les sacrifices proprement dits, sanglants et non sanglants, volontaires ou obligatoires, puis aussi les prémices (2.12) et les dons en argent (Nombres 7.13).

      Le verbe h√©breu karav, d'o√Ļ vient le mot korban, signifie s'approcher. Le peuple ne pouvait s'approcher de son Dieu qu'en lui pr√©sentant une offrande, car en Orient on n'aborde jamais un grand sans lui offrir quelque pr√©sent. (Exode 34.20¬†; Deut√©ronome 16.16).

      Du bétail. Le tour de la phrase suppose que, quand on fera une offrande, ce sera avant tout un don d'animal.

      D'apr√®s les prescriptions qui suivent, la victime ne pourra √™tre choisie que parmi les animaux domestiques, et seulement parmi ceux d'entre eux qui peuvent servir de nourriture (bŇďufs, moutons et ch√®vres). Les cerfs, gazelles et daims sont donc exclus, quoi qu'on p√Ľt les manger (Deut√©ronome 14.5), parce qu'ils n'√©taient pas domestiques¬†; les chameaux et les √Ęnes sont √©galement exclus, quoiqu'animaux domestiques, parce qu'on ne pouvait les manger.

      On comprend le motif de cette prescription. Pour qu'il y e√Ľt vraiment sacrifice les victimes devaient premi√®rement √™tre la propri√©t√© famili√®re de l'Isra√©lite, et deuxi√®mement appartenir √† la classe des aliments dont il aurait pu se nourrir lui-m√™me.

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      3 à 9 Holocauste de gros bétail

      Holocauste, en h√©breu √īlah, du verbe alah, monter¬†; peut-√™tre parce que dans l'holocauste la victime √©tait tout enti√®re √©lev√©e sur l'autel, ou plut√īt (Gen√®se 8.20) parce que, consum√©e tout enti√®re, elle montait en fum√©e vers l'Eternel.

      Aucune partie de l'holocauste n'était mangée, ni par les sacrificateurs, ni par l'Israélite qui offrait le sacrifice.

      De gros b√©tail..., un m√Ęle sans d√©faut. C'est ici la victime par excellence. Par sa taille, le taureau a le pas sur les b√©liers et les boucs. Comme m√Ęle il appartient au sexe fort. Il doit en outre tout naturellement √™tre sans d√©faut¬†; autrement il ne serait pas digne de l'Eternel. Chez les Egyptiens, le pr√™tre faisait une inspection minutieuse du taureau qui devait √™tre immol√©, et, lorsqu'il l'avait d√©clar√© parfait, il fixait √† ses cornes, avec de la cire, un certificat qu'il scellait de son sceau afin d'√©viter toute substitution.

      A l'entrée... : dans le parvis, près de l'autel d'airain.

      Agr√©√©. Ce mot se rapporte non √† la victime, mais √† celui qui l'offre. La victime l√©gale, l√©galement offerte et montant tout enti√®re en fum√©e vers l'Eternel, est le symbole du don que l'Isra√©lite, d√©livr√© de ses p√©ch√©s, et d√©sireux d'appartenir √† Dieu, lui fait de sa personne¬†; elle rend celle-ci agr√©able au Seigneur. Cette expression d'√™tre agr√©√© n'est employ√©e qu'en parlant des holocaustes et des sacrifices d'actions de gr√Ęces. Mais elle se rencontre dans Exode 28.38 √† propos de la lame d'or de la tiare du souverain sacrificateur, et dans le m√™me sens : par sa puret√© ext√©rieure parfaite, cet ornement attirait sur le peuple le bon plaisir de l'Eternel.

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      Il appuiera sa main sur la t√™te... C'est ici le premier acte du sacrifice. L'imposition des mains est toujours le symbole d'une transmission, et le sens de ce symbole est de constituer celui qui en est l'objet le repr√©sentant, sous un rapport quelconque, de celui qui l'accomplit √† son √©gard. Ainsi, lorsque Mo√Įse impose les mains √† Josu√© (Nombres 27.23), c'est le symbole de la transmission de sa charge de conducteur du peuple de Dieu¬†; lorsque les p√®res de famille isra√©lites imposent les mains aux L√©vites (8.10), c'est pour repr√©senter la transmission qu'ils font √† ceux-ci du devoir de leurs fils a√ģn√©s de s'employer an service du sanctuaire¬†; lorsqu'Aaron au jour des Expiations pose les mains sur la t√™te du bouc en confessant sur lui toutes les iniquit√©s des enfants d'Isra√ęl, et les met sur la t√™te du bouc (L√©vitique 16.21), l'interpr√©tation du symbole est donn√©e dans ce passage m√™me. Il en est de m√™me dans le Nouveau Testament¬†; ainsi, lorsque les ap√ītres imposent les mains aux sept √©lus de l'Eglise de J√©rusalem (Actes 6.6), c'est pour se d√©charger sur eux d'une fonction qu'ils avaient remplie eux-m√™mes jusque l√†¬†; ou quand Paul et Barnabas imposent les mains aux Anciens √©lus comme pasteurs des √©glises de Lystre et de Derbe, c'est pour leur transmettre la direction de ces √©glises qu'ils avaient fond√©es et dirig√©es dans les premiers temps. Ainsi donc, dans le cas de l'holocauste, l'Isra√©lite par cette c√©r√©monie consacre la victime pour que, par son enti√®re combustion, elle repr√©sente la cons√©cration qu'il va faire de sa personne √† son Dieu.

      Sera acceptée..., littéralement : sera acceptée avec satisfaction. L'expression dit plus que le terme de sacrifice d'agréable odeur.

      Pour faire propitiation. Cette expression montre que dans l'holocauste √† la notion de cons√©cration se joignait encore celle d'expiation. Non que l'holocauste se rapport√Ęt, comme le sacrifice pour le p√©ch√©, √† quelque faute particuli√®re √† expier¬†; mais chaque fois que l'homme s'offre lui-m√™me √† Dieu, il est impossible que la conscience de son √©tat g√©n√©ral de p√©ch√© ne se r√©veille pas chez lui et que, dans un moment si solennel, il ne sente pas le besoin de se d√©charger, sur la victime qu'il pr√©sente √† Dieu √† sa place, de tout le fardeau de p√©ch√© qui l'accompagne jusque dans l'acte saint qu'il accomplit.

      Nous avons traduit exactement par appuiera, an lieu de posera ; les rabbins paraphrasent en disant : de toute sa force.

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      Et il égorgera... C'est le second acte de l'holocauste, l'immolation, suivie de l'offrande du sang. C'est l'Israélite qui doit égorger lui-même la victime ; voir à 4.4 le sens de cet acte. Le sacrificateur, qui avait auparavant constaté l'absence de défauts chez la victime (verset 3), en recueille maintenant le sang et le répand contre l'autel (verset 5) ; puis il arrange les pièces sur le feu de l'autel (verset 8) et veille à ce que tout se consume (verset 9).

      Entre ces deux séries d'actes. dont la première est assignée à l'Israélite, la seconde au sacrificateur, s'en trouvent quelques autres (écorcher la victime, la découper, laver les entrailles et les jambes) dont le sujet est indéterminé (verset 6 et 9). Nous pouvons supposer que c'étaient les sacrificateurs aidés soit des lévites, soit de l'Israélite lui-même, qui s'en acquittaient.

      Devant l'Eternel. L√† m√™me o√Ļ avait eu lieu l'imposition des mains, au c√īt√© nord de l'autel (verset 11). L'immolation devait avoir lieu tout pr√®s de l'Eternel¬†; il fallait que le sang f√Ľt r√©pandu chaud encore, contre le pied de l'autel. Dans ce but il √©tait recueilli dans un vase d'airain (Exode 27.3¬†; 38.3).

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      On écorchera. La peau est pour le sacrificateur (7.8) ; c'est la seule partie de l'holocauste qui n'appartienne pas à l'autel.

      En ses pièces, c'est-à-dire d'après la division naturelle des membres dont se compose le corps de la victime, et non pas à bien plaire. Ceci rappelle la défense de briser les os de l'agneau pascal. Les membres ne devaient pas être offerts mutilés.

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      7 à 9 Le troisième acte de l'holocauste la combustion totale.

      Mettront du feu. Ceci ne s'applique qu'au premier sacrifice. Car une fois le feu allumé et le service du sanctuaire inauguré, le feu devra être constamment entretenu, et il suffira d'alimenter le brasier (verset 12 ; 3.5 ; 6.11).

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      Arrangeront les pièces ; ils ne les poseront pas pêle-mêle, négligemment.

      La fressure : le cŇďur, les poumons et le foie. Le terme h√©breu que nous rendons par fressure ne se trouve qu'ici, au verset 12 et 7.20. On a cru parfois que ce mot d√©signait la graisse qui s'attache aux intestins et qu'il ne fallait pas oublier d'y joindre, apr√®s qu'on avait sorti les intestins pour les laver. Mais pourquoi dans ce cas ce mot ne serait-il pas employ√© 3.3,9,14, etc.¬†?

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      Entrailles. Le cŇďur, le foie, les poumons n'avaient pas besoin d'√™tre lav√©s¬†; mais il fallait nettoyer les organes de la digestion, ainsi que la partie inf√©rieure des jambes, qui pouvait √™tre souill√©e de boue.

      Le tout, voir à verset 3.

      Fera fumer. L'homme ne peut faire parvenir visiblement ses dons à l'Eternel que sous cette forme de la fumée qui monte au ciel.

      Un sacrifice fait par le feu. Cette expression r√©pond √† un seul mot h√©breu : ischsch√©, qui signifie combustions (Exode 29.18,25). Il s'applique aux sacrifices qui sont br√Ľl√©s sur l'autel soit en totalit√©, soit en partie.

      D'agréable odeur (Genèse 8.21) : odeur d'apaisement. Voir note, verset 4. Cette expression revient à propos de tous les sacrifices, sanglants ou non sanglants, qui sont consumés en totalité ou en partie (versets 13, 17 ; 2.2,9 ; 3.5,16 ; 4.31 ; 6.8,14).

      Deux remarques sur la loi de l'holocauste de gros bétail :

      1. C'est bien la réglementation et la fixation d'une cérémonie déjà pratiquée ; voir Genèse 8.20 ; 22.2,3,6,7,13 ; Exode 10.25 ; 18.12 ; 20.24 ; 24.5 ; 29.18,25 ; 30.9 ; 22.6.
        Et en effet cette loi ne contient rien qui ne p√Ľt se faire d√©j√† avant l'√©rection du sanctuaire. Dans la loi du sacrifice pour le p√©ch√©, qui est nouvelle, nous trouverons (4.5,6,7) des traits qui supposent n√©cessairement le sanctuaire. Une seule innovation pour l'holocauste : il doit se faire √† l'entr√©e de ce Tabernacle.
      2. L'holocauste-type, que décrit notre passage (1.3-9), est sous tous les rapports ce qu'il peut y avoir de plus complet en fait d'offrande :
        • sexe : un m√Ęle
        • taille : un taureau
        • emploi : tout √† Dieu, sauf la peau
        • effets : bon plaisir, comme pour le sacrifice d'actions de gr√Ęces, et pourtant aussi propitiation, comme dans les sacrifices pour le p√©ch√© et de r√©paration.

      Les deux genres d'holocauste dont nous allons nous occuper sont moins considérables, mais tout aussi complets et efficaces que l'holocauste principal que nous venons de voir, lors même que le mot de propitiation (verset 4) n'y est pas répété.

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      10 à 13 Holocauste de menu bétail.

      D'apr√®s 5.7¬†; 12.8¬†; 14.21,22 nous pouvons supposer que ce genre d'holocauste √©tait prescrit en faveur des personnes qui ne pouvaient faire la d√©pense d'un taureau. Cependant l'agneau, c'est-√†-dire le b√©lier encore jeune (voir 4.23, note), √©tait la victime ordinaire pour l'holocauste quotidien, pour celui du sabbat et des grands jours de f√™te, ainsi que pour les nazir√©ens et divers sacrifices de purification¬†; et le chevreau, c'est-√†-dire le bouc (a√Įl), ni tout jeune (atthoud), ni vieux (sa√Įr), √©tait prescrit par exemple pour l'holocauste du souverain sacrificateur.

      11

      Nord. A l'est étaient les cendres. le plus près de la sortie (verset 16) ; à l'ouest, la cuve, pour que les sacrificateurs la trouvassent sur le chemin du sanctuaire et s'y lavassent avant d'y entrer (Exode 40.7,32) ; au midi, la rampe (d'après Josèphe). Au nord avait lieu l'immolation de la victime.

      14

      14 à 17 Holocauste d'oiseaux.

      Tourterelles ou pigeonneaux. L'antiquit√© h√©bra√Įque ne conna√ģt pas les gallinac√©es. En fait d'oiseaux les pigeons √©taient les seuls animaux domestiques. Quant aux tourtereaux (ramiers), il y en avait une si grande quantit√© qu'ils formaient la principale nourriture animale des pauvres. Ils se laissent prendre si facilement qu'ils pouvaient √™tre consid√©r√©s comme des animaux domestiques. (Taureaux, b√©liers, boucs, tourterelles et pigeonneaux, ces cinq esp√®ces d'animaux, admises pour l'holocauste, figurent Gen√®se 15.9)

      15

      Lui détachera la tête : avec l'ongle. Cette opération, qui correspondait à l'immolation des autres victimes, était très difficile, au dire du Talmud. Voilà pourquoi elle devait être pratiquée par le sacrificateur lui-même. L'Israélite indigent pouvait voir par là que sa modeste offrande n'était pas moins estimée de Dieu que les victimes plus considérables.

      Quatre détails distinguent cet holocauste des précédents :

      1. Pas d'imposition des mains, cet acte ne convenait pas à une victime de ce genre.
      2. T√™te seule d√©tach√©e et imm√©diatement jet√©e sur l'autel comme ne pouvant fournir du sang, et afin que le sacrificateur e√Ľt les deux mains libres pour exprimer contre l'autel le sang du corps.
      3. Le sang simplement exprim√©¬†; il y en avait trop peu pour qu'il f√Ľt, recueilli dans des vases.
      4. Incisions aux jointures des ailes correspondant au partage des grandes victimes en leurs pièces.

      Nous ignorons ce qu'on faisait des plumes. Comme la peau de l'holocauste n'√©tait pas br√Ľl√©e (7.8), on peut supposer que les plumes ne l'√©taient pas non plus.

      16

      Un l√©ger changement dans un mot du verset 16 (n√ītsa au lieu de notsa) permettrait de traduire : Il √©loignera le g√©sier joint aux plumes de l'oiseau et il le jettera...

      Les cendres. On enlevait chaque jour les cendres de l'autel et on les mettait en tas à l'est de l'autel. Lorsque la quantité en devenait gênante, on les transportait hors du camp (4.12).

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