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Luc 19

    • 1 Chapitre 19.

      1 à 10 Zachée.

      Grec : Et étant entré, il traversait Jéricho.

      J√©richo, ville c√©l√®bre dans l'Ancien Testament (Josu√© 2 et Josu√© 6), l'est devenue plus encore par la pr√©sence et les bienfaits du Sauveur, qui, √† son passage par cette antique cit√©, rendit la lumi√®re aux yeux ferm√©s de l'aveugle, (Luc 18.35 et suivants) et ouvrit les sources de la gr√Ęce et du salut √† l'√Ęme alt√©r√©e d'un pauvre p√©ager. (versets 9,10)

      Cette ville √©tait situ√©e √† deux lieues du Jourdain, que J√©sus venait de traverser en quittant la P√©r√©e, et √† sept lieues de J√©rusalem, o√Ļ il se rendait pour la derni√®re fois.

      Anciennement elle occupait le centre d'une d√©licieuse oasis couverte d'une for√™t de palmiers (Deut√©ronome 34.3) et de plantes aromatiques. (Le nom m√™me de J√©richo signifie en h√©breu bonne odeur.) Nulle part on ne voit aujourd'hui d'une mani√®re plus √©vidente les bouleversements qui ont d√Ľ se produire dans toute la Palestine.

      "J√©richo, √† laquelle la Bible donne le nom de ville des palmiers, √©tait entour√©e jadis d'une for√™t de ces beaux arbres. On en voyait quelques-uns encore au commencement de ce si√®cle¬†; il n'y en a plus un seul aujourd'hui, il n'y a plus m√™me de sycomore, comme celui sur lequel monta Zach√©e. Une tour carr√©e, de construction franque et aux trois quarts ruin√©e, un pauvre hameau fortifi√© par une cl√īture d'√©pines s√®ches, voil√† tout ce qui reste aujourd'hui de J√©richo." F. Bovet, Voyage en Terre-Sainte, 7e √©dit., p. 255.

      Zach√©e (en h√©breu Zacca√Į, pur, Esdras 2.9) est d√©sign√© comme chef des p√©agers, sans doute parce qu'il y avait √† J√©richo un bureau de douanes romaines dont il √©tait le chef. Cette ville √©tait, en effet, une place de commerce et de transit entre l'Orient et l'Occident.

      (Voir, sur les péagers, Matthieu 5.46, note.)

      Sa vocation était devenue pour Zachée une source de richesses, dont il fera désormais un bon usage (verset 8) Son nom indique qu'il était d'origine juive.

      3 Grec : et il cherchait à voir Jésus, quel il est.

      Cette expression ne signifie point, comme le pensent plusieurs interpr√®tes, que Zach√©e d√©sir√Ęt seulement de d√©m√™ler au milieu de la foule lequel √©tait J√©sus, ce qui ne d√©noterait chez lui qu'une vaine curiosit√©.

      Mais, ayant entendu parler de lui, et sachant combien souvent il s'était montré plein de miséricorde pour les hommes de sa profession méprisée, il souhaitait avec ardeur d'avoir le bonheur de le voir de ses yeux, et de retenir au moins les traits de sa physionomie. (verset 4)

      4 Le sycomore est un arbre dont les feuilles ressemblent √† celles du m√Ľrier, et les fruits √† des figues. Selon l'√©tymologie, ce mot signifie en effet figuier-m√Ľrier.

      Quoique cet arbre devienne assez grand en Orient, ses branches sont basses et s'étendent horizontalement, en sorte qu'il n'est pas difficile d'y monter.

      "La bienséance n'aurait pas permis à un homme considérable par sa position de monter sur un arbre, mais la foi a vaincu." Bengel.

      5 Le texte reçu avec A et des majuscules ajoute : il le vit et...

      - J√©sus appelle Zach√©e par son nom. Le connaissait-il¬†? ou avait-il entendu prononcer ce nom par la foule qui l'entourait¬†? Ce n'est pas impossible¬†; mais ce qui est beaucoup plus important que cette question, c'est le fait que "Celui qui connaissait par lui-m√™me ce qui est dans l'homme" (Jean 2.25) avait lu dans le cŇďur de Zach√©e son ardent d√©sir du salut¬†; il l'appelle par son nom pour r√©pondre √† sa foi naissante. (verset 8, note.)

      Aujourd'hui, tel est le premier mot de cette phrase, comme au verset 9 ; Jésus met l'accent sur cet aujourd'hui, qui est pour Zachée le jour du salut.

      - Il faut que je demeure dans ta maison¬†; sur quoi se fonde cette n√©cessit√©¬†? D'une part, sur la volont√© expresse et mis√©ricordieuse de Dieu que J√©sus veut accomplir avec amour¬†; d'autre part, sur le fait qu'il y a l√† une √Ęme qui soupire apr√®s le salut. C'est ce que nous montre la joie avec laquelle Zach√©e re√ßut le Sauveur. (verset 6)

      7 Tous murmuraient¬†; m√™me les disciples, comme le pense Calvin¬†? Cela n'est pas probable, apr√®s ce qu'ils avaient vu et entendu¬†; (Luc 15.1 et suivants) mais tandis que la foule √† l'esprit pharisa√Įque manifestait son indignation, il pouvait rester chez les disciples m√™mes une sorte d'√©tonnement en voyant leur Ma√ģtre entrer chez un p√©ager.

      - Un homme pécheur ne doit pas s'entendre en un sens général ; dans la pensée de ceux qui murmuraient, ce mot s'appliquait personnellement à Zachée en sa qualité de péager.

      8 Zach√©e prend sans doute cette grande et sainte r√©solution sous l'impression que font sur lui la pr√©sence et les paroles de J√©sus¬†; mais cette r√©solution, signe de son renoncement au monde, avait √©t√© pr√©par√©e dans son cŇďur par la repentance et par l'ardent d√©sir de conna√ģtre le Sauveur.

      Et maintenant la joie qu'il éprouve de la faveur inespérée et imméritée que lui fait Jésus lui inspire un sacrifice libre, spontané.

      En effet, l'expression¬†: si j'ai fait tort, ne renferme pas un doute, mais bien plut√īt une humble et d√©licate confession de tout ce qu'il y avait eu d'injuste dans sa conduite.

      Quelques interprètes pensent que ces verbes au présent : je donne, je rends, expriment non une résolution actuelle mais une ligne de conduite adoptée et observée déjà auparavant. Ils entendent alors par la moitié de mes biens la moitié de mon revenu. Il ne nous parait pas que cette explication soit en harmonie avec l'ensemble du récit.

      9 Jésus lui dit, à Zachée, bien que les paroles suivantes ne s'adressent pas directement à lui, mais qu'elles soient un témoignage que Jésus lui rend en réponse aux murmures blessants qui s'étaient élevés contre lui. (verset 7)

      - Cette scène, dont Luc n'a pas précisé le lieu, se passa-t-elle tout entière devant la maison de Zachée, en présence de la foule qui murmurait contre lui ? Ce serait alors en présence de ce public peu bienveillant qu'il aurait pris son admirable résolution, (verset 8) et que Jésus lui aurait adressé les paroles du verset 9. Enfin, ce serait devant ce même public que Jésus aurait prononcé la parabole des verset 11 et suivants ; puis il aurait poursuivi sa route vers Jérusalem. (verset 28)

      On ne voit pas, dans cette mani√®re de comprendre l'encha√ģnement des faits, quand il serait entr√© dans la maison de Zach√©e et y aurait pass√© la nuit. (verset 5) L'effusion de cŇďur √† laquelle se livre Zach√©e perdrait beaucoup de sa spontan√©it√© et de sa beaut√©, si elle √©tait une sorte de justification en pr√©sence de ses accusateurs. Ce sont de tout autres pens√©es qui le pr√©occupent.

      Une lecture attentive du r√©cit nous en donne une id√©e diff√©rente¬†: descendu en h√Ęte de son sycomore, Zach√©e accompagne J√©sus dans sa maison, et c'est l√† √©videmment qu'il le re√ßut avec joie (verset 6) Le verset verset 7 dit clairement que J√©sus est entr√© dans cette maison. C'est l√† que le p√©ager se pr√©sente devant le Seigneur, fait sa d√©claration et entend de lui la parole de verset 9. Sans aucun doute, il a re√ßu aussi les disciples de J√©sus et plusieurs de ceux qui le suivaient √† J√©rusalem, peut-√™tre quelques personnes de sa connaissance.

      En leur présence, durant les heures paisibles de la soirée, Jésus prononce ces paroles si encourageantes et si propres à exciter l'espérance du salut, (versets 9,10) comme aussi la parabole qui suit et qui est destinée à tempérer cette espérance en montrant les conditions dans lesquelles le salut se réalisera. Enfin, c'est le lendemain, au matin, que Jésus poursuit sa route. (verset 28)

      Le salut, la d√©livrance du p√©ch√© et de la mort, par la gr√Ęce de Dieu que J√©sus annon√ßait et apportait. Ce salut est venu, il se r√©alise par la pr√©sence de J√©sus, non seulement pour Zach√©e, mais pour sa maison, sa famille.

      J√©sus motive cette d√©claration¬†: parce que (grec conform√©ment √† ce que) ce pauvre p√©ager est aux yeux de J√©sus qui lit dans son cŇďur, aussi (aussi bien et mieux que ceux qui le m√©prisent) un fils d'Abraham. Il l'est, non seulement parce qu'il descend de lui, mais parce qu'il a la foi et l'ob√©issance du p√®re des croyants.

      10 Le fils de l'homme (voir, sur ce terme, Matthieu 8.20, note) est venu.

      D'o√Ļ¬†? Le Nouveau Testament tout entier et les synoptiques, non moins que Jean, r√©pondent¬†: Du sein de sa gloire √©ternelle. (Jean 17.5)

      Le but de sa venue nous est révélé dans cette double action, que Jésus a accomplie avec une tendre charité par sa vie et par sa mort : chercher et sauver ce qui est perdu. Les deux actes correspondent aux deux sens du mot perdu. (Luc 15.6,24)

      Cette révélation, consolante pour tout pécheur, dut l'être particulièrement pour Zachée, en ce moment solennel de sa vie, comme elle le devint plus tard pour Saul de Tarse, qui aimait à la rappeler. (1Timothée 1.15)

      St cette d√©claration a √©t√© prononc√©e par le Sauveur dans la circonstance o√Ļ Matthieu la rapporte, (Matthieu 18.11, voir la note) c'√©tait la seconde fois qu'il la faisait entendre.

      11 11 à 28 La parabole de mines.

      Dans ce dernier voyage vers Jérusalem, Jésus fut constamment suivi par de grandes foules, (Luc 19.3 ; 18.36) dont l'attente s'exaltait toujours plus à mesure qu'il approchait de la ville. (versets 36-38)

      C'est que les disciples de J√©sus, avec les id√©es fausses qu'ils se faisaient encore sur la nature de son royaume, pensaient que ce royaume allait para√ģtre, s'√©tablir √† l'instant, d√®s que J√©sus aurait fait son entr√©e √† J√©rusalem. J√©sus prononce la parabole suivante pour combattre cette erreur. Il ne viendra dans son r√®gne et n'√©tablira sa domination sur ses ennemis qu'apr√®s une absence prolong√©e, pendant laquelle ses serviteurs devront faire valoir, par un travail fid√®lement accompli, les biens qu'il leur confie.

      - Cette parabole a divers traits de ressemblance avec celle des talents, prononcée par le Sauveur dans une autre occasion, mais elle en diffère profondément à plusieurs égards. (Voir Matthieu 25.14, note.)

      12 Ce trait principal de la parabole est emprunté aux circonstances politiques du temps.

      La maison des Hérode n'exerçait la royauté que sous la dépendance des Romains. Chaque prince de cette famille devait, avant de prendre le gouvernement de ses Etats, s'en aller à Rome pour y chercher la confirmation impériale. C'est ce que Jésus appelle être investi de la royauté.

      Il arrivait alors que les Juifs, mécontents d'un prince, envoyaient après lui des délégués qui devaient, en l'accusant auprès de l'empereur, empêcher son élévation à la souveraineté. Ils combattirent de la sorte l'avènement d'Archélaus, (Matthieu 2.22) ainsi que nous l'apprend Josèphe. (Antiq. XVII, 11, 1.)

      J√©sus se repr√©sente lui-m√™me dans la position d'un de ces princes¬†; il ne doit point prendre imm√©diatement possession de son royaume, (verset 11) mais s'en aller auparavant aupr√®s de son P√®re, o√Ļ son autorit√© sera confirm√©e. Les Juifs agiront envers lui comme ils agissaient envers un prince qu'ils n'aimaient pas. (verset 14) Mais il a aussi des serviteurs fid√®les, auxquels il confie les moyens de travailler √† l'√©tablissement de son r√®gne. (verset 13)

      13 Grec : ses propres serviteurs, ceux dont il avait le droit d'attendre une entière fidélité.

      Le ma√ģtre donne √† ses dix serviteurs dix mines, c'est-√†-dire √† chacun une. (verset 16)

      Dans la parabole des talents, o√Ļ des valeurs diverses sont confi√©es aux serviteurs, selon leurs capacit√©s, il s'agit des dons naturels, qui sont en effet tr√®s divers, tandis que dans notre parabole la mine repr√©sente pour chacun la t√Ęche qu'il doit remplir, quelle qu'elle soit.

      - La mine grecque valait environ cent francs, somme minime en comparaison du talent.

      L'intention de Jésus est précisément de montrer qu'une grande récompense sera accordée à la fidélité dans un travail de peu de valeur en soi (v 17.)

      Faites-les valoir, ou, proprement : faites des affaires, du négoce, ce qui a pour but d'augmenter la valeur de l'argent confié ; image de la fidélité et du travail par lesquels grandissent nos capacités pour l'avancement du règne de Dieu.

      La leçon la plus autorisée (Sin., A, B, D) peut se traduire : pendant que je vais, ou que je suis en voyage. Mais même en adoptant ce texte, il est préférable de conserver la traduction ordinaire.

      14 Ces concitoyens du prince repr√©sentent les Juifs, qui refusaient obstin√©ment de reconna√ģtre leur Messie. (Jean 19.15)

      Ils le ha√Įssaient √† cause de la v√©rit√© qu'il leur annon√ßait.

      Avec quelle tristesse Jésus dut prononcer cette parole ! Il y a quelque chose de méprisant dans le mot celui-ci, et de très résolu dans le terme : nous ne voulons pas qu'il règne sur nous !

      La vraie cause de la révolte de l'homme pécheur, c'est que le Seigneur veut régner sur lui.

      15 Grec¬†: afin de conna√ģtre qui l'avait fait valoir quoi.

      Cette tournure réunit les deux questions : Lequel a gagné quelque chose ? et : qu'at-il gagné ?

      - Sin., B, D portent : ce qu'ils l'avaient fait valoir, mais Tischendorf lui-même conserve la leçon reçue. C'est le moment du grand compte à rendre.

      - Après avoir reçu la royauté ; ainsi la révolte de ses concitoyens et toutes les résistances du monde ne sauraient empêcher que le Seigneur ne soit et ne reste le roi souverain. (Psaumes 2.1-6)

      16 Grec : ta mine a opéré (ou travaillé) de plus dix mines.

      Ce n'est donc pas à lui-même que ce serviteur attribue un si beau résultat. (1Corinthiens 15.10)

      17 Plus le serviteur se montre humble, (verset 16) plus est belle la louange et grande la r√©compense que le ma√ģtre lui accorde.

      Avec ces dix mines, il aurait √† peine achet√© une maison, et le ma√ģtre lui donne dix villes √† gouverner. Telles sont les richesses de la gr√Ęce.

      Comment faut-il entendre cette récompense quand il s'agit du royaume de Dieu ? Le Seigneur ne le dit pas ; mais il est évident que la position plus élevée et l'activité plus étendue qui est assignée aux serviteurs sont une image de la vie glorieuse et féconde que les enfants de Dieu posséderont dans la maison de leur Père.

      Dans la parabole des talents, la récompense est ainsi énoncée : "Bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle en peu de choses, je t'établirai sur beaucoup ; entre dans la joie de ton Seigneur." (Matthieu 25.21)

      19 Récompense également proportionnée à la fidélité. Elle suppose des degrés divers de félicité et d'activité dans le royaume de Dieu.

      Dans Matthieu, les deux serviteurs reçoivent la même louange et la même récompense, bien que les résultats de leur travail soient différents.

      C'est une autre face de la m√™me v√©rit√©. Le don immense de la vie √©ternelle fait dispara√ģtre les diversit√©s.

      22 Texte reçu avec A, majuscules : Mais il lui dit...Grec : Par ta bouche je te jugerai.
      26 Voir, sur ces excuses du serviteur infid√®le et sur la r√©ponse de son ma√ģtre, Matthieu 25.24-29, notes.

      Il n'y a entre les deux paraboles que quelques légères différences.

      Dans Matthieu, le serviteur infid√®le cache l'argent de son ma√ģtre dans la terre¬†; ici, il l'a gard√© dans un linge.

      L'expression de Luc : tu prends ce que ta n'as point déposé, est plus rude encore que celle de Matthieu.

      La principale divergence r√©sulte du fait que dans la parabole de Luc tous les serviteurs re√ßoivent la m√™me somme √† faire valoir et que d√®s lors il est difficile de comprendre le reproche que le mauvais serviteur fait √† son ma√ģtre¬†: tu prends ce que tu n'as pas d√©pos√©. (verset 21)

      Cette plainte s'explique mieux dans la parabole de Matthieu¬†: l'unique talent qu'il avait re√ßu pouvait lui para√ģtre comme rien en comparaison des multiples talents confi√©s aux autres.

      Aussi a-t-on diversement interpr√©t√© la raison qu'il all√®gue chez Luc. D'apr√®s les uns, il voudrait dire¬†: tu t'appropries le fruit du travail de tes serviteurs, sans les faire participer au b√©n√©fice. D'apr√®s d'autres (Meyer, Weiss)¬†: Si j'avais perdu la mine, tu te serais d√©dommag√© en en reprenant la valeur sur mon avoir. M. Godet pense qu'il faut envisager cette expression comme une formule proverbiale qui serait √† d√©signer un ma√ģtre exigeant √† l'exc√®s.

      - Le Seigneur continue son discours, sans avoir l'air de répondre à l'objection du verset 25, et pourtant il la réfute par un principe plein de profondeur. (Matthieu 25.29, note)

      27 Comparer verset 14. Ce terme rigoureux : Egorgez-les, correspond à l'idée du souverain politique, qui fait périr des gens révoltés contre son autorité ; il s'appliqua littéralement à des milliers et des centaines de milliers de Juifs, quarante ans plus tard. Mais, de plus, c'est une prédiction du redoutable jugement de Dieu qui atteindra les rebelles au dernier jour.

      - Il y a donc, dans cette parabole, deux actions parall√®les¬†: l'une qui se passe entre un souverain et des sujets r√©volt√©s, l'autre qui a lieu entre le ma√ģtre et ses serviteurs dont il √©prouve la fid√©lit√©.

      28 Les mots¬†: apr√®s avoir dit cela, se rapportent sans doute √† la parabole qui pr√©c√®de, mais n'indiquent pas exactement le moment o√Ļ J√©sus quitte J√©richo, afin de poursuivre sa route vers J√©rusalem. (Voir verset 9, note.)

      L'heure était décisive. Jésus se met en marche, à la tête d'un cortège qui grandit à chaque instant ; (verset 37) et par ce mot : il allait devant eux (d'autres traduisent : il allait en avant), Luc marque la courageuse détermination avec laquelle le Sauveur se met en marche, sachant très bien tout ce qui l'attend à Jérusalem, car il l'a annoncé plus d'une fois. (Luc 18.31 et suivants)

      Aussi Marc (Marc 10.32) nous dit-il que les disciples en étaient effrayés, saisis de crainte.

      29 La semaine sainte.

      Les premiers jours de la semaine.

      L'entrée de Jésus à Jérusalem.

      29 à 48 L'entrée à Jérusalem et la purification du temple.

      Voir, sur ce récit, (versets 29-38)

      Et Matthieu 21.1-9 ; Marc 11.1-10, notes.

      30 Marc 11.2,3, note.

      Marc et Luc ne rappellent pas ici la prophétie de Zacharie que Matthieu (Matthieu 21.4,5) cite pour ses lecteurs juifs.

      37 Cette joie √©clate, ces chants de louange montent vers Dieu, au moment o√Ļ J√©sus, √† la t√™te de son cort√®ge, est arriv√© vers la descente de la montagne des Oliviers, c'est-√†-dire sur le col qui relie le mont des Oliviers au mont du Scandale.

      De là, on voit Jérusalem se déployant sur la montagne opposée, au delà de la vallée du Cédron, avec ses tours, ses palais et son temple.

      C'est à cette vue que toute la multitude des disciples, pénétrée d'une joyeuse attente, se met à louer Dieu à haute voix.

      Pour la plupart, la cause de cette joie, c'étaient les miracles qu'ils avaient vus, et tout spécialement le miracle de la résurrection de Lazare, qui avait eu lieu peu de temps auparavant.

      Selon le r√©cit de Jean, (Jean 12.9 et suivants) J√©sus venait de passer √† B√©thanie, o√Ļ la foule avait pu voir Lazare vivant.

      38 Voir, sur ce chant de louange, Matthieu 21.9, note.

      Au lieu de¬†: "Hosanna dans les lieux tr√®s hauts," Luc, √©crivant pour des √©trangers qui ne comprenaient pas l'h√©breu, dit¬†: Paix dans le ciel, o√Ļ l'Ňďuvre du Sauveur allait en effet r√©tablir la paix entre Dieu et les hommes (Eph√©siens 1.10, note¬†; Colossiens 1.20)¬†; et encore¬†: Gloire dans les lieux tr√®s hauts, car, par la r√©demption du monde, Dieu allait √™tre glorifi√©, toutes ses perfections manifest√©es.

      Sans doute, les espérances des disciples devaient s'accomplir tout autrement qu'ils ne s'y attendaient ; les pieux sentiments qu'ils exprimaient dans leur saint enthousiasme étaient plus conformes à la vérité que les idées qu'ils se faisaient de l'avenir n'étaient exactes.

      40 Ce court dialogue est particulier à Luc.

      Mais Matthieu (Matthieu 21.15,16) mentionne, après l'entrée de Jésus à Jérusalem, un semblable mouvement d'indignation parmi les pharisiens.

      Ici, quelques-uns de ces hommes, orgueilleux de leur position et jaloux de leur influence sur le peuple, se montrent irrités des acclamations et des louanges dont Jésus est l'objet, et ils lui demandent de reprendre ses disciples, afin de leur imposer silence.

      Quelle note discordante au sein de ce joyeux concert ! La réponse de Jésus est revêtue d'une image proverbiale qui signifie : Il est désormais impossible de comprimer cet élan de louanges, de reconnaissance et d'amour, qui s'élèvera de la terre au ciel.

      Ce contraste entre la pierre et l'homme se retrouve dans une autre application, Luc 3.8. (Comparer Habakuk 2.11)

      41 La multitude des disciples éclate en joyeuses acclamations, et Jésus pleure !

      Les paroles qu'il prononce nous disent la cause de ses larmes. Mais ces larmes mêmes nous révèlent, mieux encore que ses paroles, à la fois la tendre compassion du Sauveur, son amour pour son peuple dont il prévoit la ruine, et la certitude des jugements de Dieu que ce peuple va attirer sur lui par son endurcissement.

      Plus tard, au sein même de la ville coupable, Jésus éprouva encore cette profonde et douloureuse émotion. (Matthieu 23.37)

      42 Cette exclamation est une phrase inachevée ; l'émotion empêche Jésus de la finir.

      Chacun des mots qu'il y accumule a sa signification profonde : Si tu avais connu ! C'est donc par ignorance que le peuple juif va rejeter son Sauveur et combler par ce crime la mesure de ses péchés ; (comparez Luc 23.34 ; Actes 3.17 ; 1Corinthiens 2.8) mais cette ignorance était volontaire : "Vous ne l'avez pas voulu !" (Matthieu 23.37)

      Toi aussi, comme mes disciples, ces √Ęmes droites et simples qui se sont ouvertes √† la foi.

      Au moins dans ce jour qui est √† toi, ou, comme traduisent litt√©ralement nos vieilles versions, au moins dans cette tienne journ√©e¬†: ce jour supr√™me o√Ļ J√©sus faisait son entr√©e √† J√©rusalem offrait une derni√®re occasion au peuple et √† ses chefs de venir se jeter, repentants, aux pieds de J√©sus¬†!

      Jésus appelle (verset 44) ce jour "le temps de ta visitation."

      Il y a dans le développement des peuples comme des individus des moments qui, mis à profit ou négligés, déterminent leur destinée pour longtemps, peut-être pour toujours ; ce sont des temps de crise, de décision pour le bien ou pour le mal. (Comparer Hébreux 3.7,13,15)

      "La pr√©sence de J√©sus provoqua une lutte entre un petit nombre d'√Ęmes bien dispos√©es et la masse corrompue du peuple. Tandis que celles-l√† s'ouvrirent √† son influence et trouv√®rent en lui la lumi√®re et la vie, celle-ci n'en re√ßut que l'an√©antissement de ses vaines esp√©rances et de ses vis√©es √©go√Įstes." 0lshausen.

      - Les choses qui regardent ta paix. Ces choses d'une si immense importance, c'était la vérité, le pardon, le salut que Jésus offrait à tous. S'ils l'avaient reçu avec foi, tous auraient trouvé en lui la paix et la prospérité. Le mot hébreu qu'employait le Sauveur a les deux significations.

      Le verbe sont cach√©es indique un fait accompli¬†; et cependant J√©sus allait encore pr√™cher √† J√©rusalem durant toute une semaine, et ses ap√ītres apr√®s lui pendant quarante ans¬†; mais, pour le grand nombre, la mesure des iniquit√©s √©tait combl√©e, le temps de la gr√Ęce, de la visitation, (verset 44) √©tait pass√©.

      "En voyant, ils ne verront point ; en entendant, ils n'entendront point." Ces redoutables paroles n'excluaient point du salut les Israélites qui, individuellement, croiraient au Sauveur. (Romains 11.1-5)

      43 Ici encore, la phrase est suspendue par l'émotion : grec des jours viendront sur toi...et tes ennemis t'environneront, etc.

      Puis les divers traits de la prédiction se succèdent, liés les uns aux autres par le mot et, cinq fois répété.

      - Un retranchement, autour d'une ville assiégée, était une sorte de rempart en palissade, élevé par l'ennemi, afin de réduire la ville par la famine.

      L'historien Jos√®phe raconte que les Romains √©lev√®rent un tel retranchement autour de J√©rusalem, d'abord en bois puis en pierre, quand le premier eut √©t√© br√Ľl√© par les Juifs.

      44 Le mot traduit par : ils te détruiront, signifie proprement : ils te raseront au niveau du sol, de sorte qu'il ne restera pierre sur pierre.

      On peut aussi traduire : ils te briseront contre le sol ; les Septante ont employé ce verbe dans Psaumes 137.9, et l'on pourrait voir dans notre prophétie une réminiscence de ce passage.

      - Toi et tes enfants, c'est-à-dire tous les habitants de Jérusalem ; il ne s'agit point des enfants par opposition aux adultes. La cause de ces malheurs est clairement indiquée par le Sauveur à la fin de sa prédiction.

      Le temps de ta visitation est un h√©bra√Įsme bien connu. Dieu visite une ville, un peuple, une √Ęme, quand il s'en approche et leur parle, soit par sa parole et son Esprit, soit par de grandes √©preuves ou de grandes b√©n√©dictions.

      - Toute cette proph√©tie fut accomplie √† la lettre, au milieu de calamit√©s inou√Įes, quarante ans apr√®s, lors de la destruction de J√©rusalem par les Romains.

      Certains critiques ont pr√©tendu que la proph√©tie que Luc attribue √† J√©sus avait √©t√© √©crite apr√®s l'√©v√©nement. Ils se fondent sur la ressemblance qu'elle pr√©sente avec le r√©cit de Jos√®phe. C'est oublier que cette pr√©diction s'en tient √† des traits g√©n√©raux qui se reproduisaient au si√®ge de chaque ville. Un passage d'Esa√Įe, (Esa√Įe 29.3) annon√ßant le si√®ge de J√©rusalem par les Assyriens, renferme, dans la version des Septante, des expressions identiques √† celles de notre texte.

      45 Voir, sur ce trait, Matthieu 21.12-17, notes, et Marc 11.15-17, notes.

      Le texte reçu ajoute : ceux qui vendaient en lui (dans le temple) et ceux qui achetaient. Les mots soulignés paraissent inauthentiques.

      47 Chaque jour de cette dernière semaine ; puis, le soir venu, Jésus se retirait hors de la ville, soit à la montagne des Oliviers, soit à Béthanie. (Marc 11.11,19)

      Grec : les premiers du peuple.

      Luc unit ainsi l'aristocratie juive aux sacrificateurs et aux scribes, qui avaient déjà décrété la mort de Jésus et qui cherchaient les moyens de mettre à exécution leur dessein. (Marc 11.18 ; Matthieu 26.3,4)

      48 Grec : tout le peuple pendait à lui (à ses lèvres) en écoutant.

      Jésus était tellement entouré de la multitude, avide de l'entendre et impressionnée par ses enseignements, que les chefs du peuple, craignant une émeute, n'osaient rien entreprendre contre lui.

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