TopFormation Voyagez au cŇďur de l'arch√©ologie biblique !

Luc 24

    • 1 R√©surrection et ascension.

      La résurrection constatée

      Chapitre 24.

      1 à 12 La visite des femmes et celle de Pierre au sépulcre.

      2 Voir, sur l'histoire de la résurrection, Matthieu 28.1-10 ; Marc 16.1-8, notes ; comparez Jean 20.1 et suivants

      Le premier verset de Luc 24 est intimement lié avec le dernier du chapitre précédent.

      Le mais oppose au repos des femmes pendant le sabbat l'activité qu'elles déploient le premier jour de la semaine. Elles ne doutaient pas qu'elles n'eussent encore à faire usage de leurs aromates pour embaumer le corps du Sauveur. L'idée de sa résurrection ne les avait pas abordées. Il en sera de même de tous les disciples ; et ce fait n'est pas l'un des moins propres à démontrer la réalité historique de la résurrection de Jésus.

      - Le texte reçu avec A, D et plusieurs majuscules ajoute à notre verset ces mots : et quelques-unes (femmes) avec elles, qui ont été transcrits ici du verset 10. Ces femmes étaient Marie-Madeleine, Marie, mère de Jacques, (Luc 24.10 ; Matthieu 28.1) auxquelles Marc (Marc 16.1) ajoute Salomé ; et Luc (verset 10) nomme encore Jeanne, femme de Chuza, intendant d'Hérode. (Luc 8.3)

      - Quelles que soient les différences de détail que présentent les évangiles dans l'histoire de la résurrection, ils sont tous en pleine harmonie dans le récit de ces trois faits principaux :

      1¬į Les femmes viennent au s√©pulcre et le trouvent ouvert et vide.

      2¬į Elles voient une apparition d'anges qui leur annoncent que J√©sus est ressuscit√©, et que ses disciples le verront en Galil√©e.

      3¬į Les femmes s'empressent d'aller annoncer aux disciples ce qu'elles ont vu et entendu.

      - Quant aux apparitions de Jésus aux disciples, il s'était formé dans la tradition apostolique deux courants, qui se reflètent dans les évangiles : l'un (Matthieu et Marc) se bornant à l'entrevue solennelle en Galilée ; l'autre (Luc) rapportant en détail les apparitions de Jésus à Jérusalem et dans les environs le jour même de sa résurrection. A quoi il faut ajouter que Jean raconte des apparitions en Judée (Jean 20.26 et suivants) et en Galilée (Jean 21) que les synoptiques ne mentionnent pas.

      3 Les quatre évangiles sont d'accord sur ce double fait : la pierre du sépulcre roulée et le tombeau vide.

      Matthieu seul raconte qu'à l'apparition de l'ange il s'était fait un tremblement de terre, et qu'ainsi la pierre avait été roulée.

      4 Grec : resplendissants comme l'éclair. (Comparer Luc 9.29)

      L'expression¬†: deux hommes montre que l'√©clat de leur apparition n'emp√™chait pas de reconna√ģtre la forme humaine dont ces √™tres c√©lestes √©taient rev√™tus. (Comparer Actes 1.10)

      Le verbe que nous traduisons par : se présentèrent indique une apparition subite. Luc et Jean mentionnent deux anges ; Matthieu et Marc un seul, celui qui adressa la parole aux femmes.

      Ces différences que les évangiles présentent se conçoivent très bien : dans l'émotion qu'éprouvèrent ces femmes au sein de cette lumière qui resplendit tout à coup autour d'elles, les unes virent deux anges, les autres un seul. "Froids chercheurs de contradictions, s'écrie Lessing, ne voyezvous pas que les évangélistes ne comptent pas les anges ?"

      Ce qui est digne de remarque, c'est que les anges du ciel furent les premiers hérauts du Prince de la vie brisant les liens de la mort, comme ils avaient été les premiers à annoncer sa naissance. (Luc 2.13)

      5 Grec : Le vivant avec les morts. Il est vivant, vivant à jamais et source de la vie, parce qu'il est ressuscité. (verset 6)

      Toujours et de mille manières, la foi obscurcie cherche le vivant parmi les morts. Luc seul a conservé cette parole saisissante et profonde.

      6 voir Matthieu 28.6 ; Marc 16.6.

      D'après ces deux évangélistes, l'ange invita encore les femmes à voir le tombeau et à s'assurer qu'il était vide.

      7 voir Luc 9.22 ; 18.32 ; Matthieu 17.22,23 ; Marc 9.30 et suivants

      Ces pr√©dictions r√©it√©r√©es de J√©sus, que les disciples eux-m√™mes n'avaient pas voulu comprendre, avaient fait si peu d'impression sur leur esprit, qu'ils ne s'attendaient ni √† la mort ni √† la r√©surrection de leur Ma√ģtre. Les leur rappeler √©tait un moyen efficace de relever leur foi abattue. Aussi les femmes s'empress√®rent-elles de leur porter ce message des anges. (verset 9)

      - Dans la parole citée par l'ange, Jésus est désigné par ce nom de fils de l'homme, qu'il aimait à se donner ; mais après sa résurrection, il ne se nomme plus ainsi. (versets 26,44)

      9 voir Matthieu 28.8 ; Marc 16.8.

      Tous les autres, c'étaient les disciples de Jésus qui s'étaient joints à la société des onze et qui se tenaient auprès d'eux dans ces jours d'affliction et de deuil. (versets 22-24)

      10 Comparer verset 1, note.

      Voir, sur Marie-Madeleine et Marie, mère de Jacques, Matthieu 27.56, note, et sur Jeanne, femme de Chuza, Luc 8.3, note.

      11 Comparer versets 1,7, notes.

      Il faudra à ces hommes des preuves bien évidentes pour les amener à la foi. Jésus condescendit à les leur donner. (verset 38 et suivants)

      12 Bien que les disciples ne crussent point le message des femmes, Pierre, toujours ardent et prompt à agir, se lève et court au sépulcre, afin de voir de ses propres yeux.

      Comparer Jean 20.6-9, qui raconte ce trait d'une manière plus complète.

      Le verset verset 12 manque dans D, dans quelques copies de l'Itala et dans une des versions syriaques. Les critiques modernes l'omettent comme une glose empruntée au récit de Jean. Mais, dans ce cas, on se demande pourquoi il n'est pas fait mention de l'autre disciple. (Jean 20.3)

      La suite du récit de Luc (verset 24) confirme l'authenticité de notre verset. Il a du reste pour lui le témoignage unanime des manuscrits, des versions anciennes et des Pères, sauf les quelques exceptions indiquées. Sin., B omettent : à terre (grec couchés) ; Sin., A omettent : seuls.

      13 Cet admirable récit, à la fois si simple, si vrai et si profond, nous a été conservé par Luc seul.

      Il l'ouvre par ce mot : Et voici, qui fait attendre quelque chose d'extraordinaire.

      Ce jour-là même, jour de la résurrection de Jésus.

      Emma√ľs √©tait suivant notre √©vang√©liste √©loign√© de J√©rusalem de soixante stades, environ onze kilom√®tres. On est r√©duit a des hypoth√®ses sur l'emplacement de ce bourg. Plusieurs localit√©s portaient le nom d'Emma√ľs, qui signifie "bains chauds." La tradition catholique, qui remonte √† Eus√®be et √† J√©r√īme, voit notre Emma√ľs dans la ville de Nicopolis, aujourd'hui Amw√†s dans la plaine de Saron. Mais Nicopolis n'√©tait pas un bourg, et la distance qui le s√©pare de J√©rusalem est de cent soixante-dix stades.

      L'identification ne serait possible que si l'on admet la var. de Sin. qui porte cent soixante stades.

      Mais se figure-t-on les deux disciples franchissant plus de trente kilom√®tres pour rentrer dans la soir√©e √† J√©rusalem et y trouver encore les onze assembl√©s¬†? On a donc cherch√© Emma√ľs plus pr√®s de J√©rusalem.

      Les uns s'arr√™tent √† Kolonieh, sur la route de J√©rusalem √† Jaffa, qui parait √™tre l'endroit o√Ļ, d'apr√®s Jos√®phe (Guerre des Juifs, VII, 6, 6), Titus √©tablit une colonie des v√©t√©rans de son arm√©e. Il faudrait en ce cas admettre une erreur dans l'indication de Luc, car Kolonieh n'est gu√®re qu'√† quarante-cinq stades de J√©rusalem.

      C'est pourquoi d'autres placent Emma√ľs plus loin au nord-ouest a Koubeibeh, ou √† Hamotsa, √† moiti√© chemin entre Koubeibeh et Kolonieh.

      D'autres enfin, consid√©rant que notre r√©cit n'indique pas qu'Emma√ľs f√Ľt √† l'occident de J√©rusalem, ont cru le trouver au sud de Bethl√©hem, dans un lieu appel√© Ourtsa, o√Ļ l'on a retrouv√© des restes d'anciens bains.

      Les deux d'entre eux qui s'y rendaient, et qui peut-√™tre y avaient leur demeure, √©taient des disciples de J√©sus, mais non des ap√ītres. (verset 33)

      L'un s'appelait Cl√©opas. (verset 18) Il ne doit pas √™tre confondu avec Cl√īpas, (Jean 19.25) qui est une transcription du nom h√©breu Alph√©e, tandis que Cl√©opas parait √™tre l'abr√©g√© de Cl√©opatras (Luc 6.15¬†; Actes 1.13)

      Le fait que ces deux disciples s'éloignaient de Jérusalem, dans un tel moment, montre qu'ils n'avaient plus aucune espérance de revoir Jésus ; (verset 21) mais du moins cherchaient-ils quelque consolation dans leurs entretiens et dans l'évocation de leurs souvenirs communs. (verset 14)

      14 Non seulement des bruits qui couraient concernant la r√©surrection de J√©sus, (versets 22-24) mais plus encore des sc√®nes tragiques de la mort de leur Ma√ģtre. (versets 19,20)

      Ces événements, ils s'en entretenaient et les discutaient, cherchant à se rendre compte de leurs causes et de leurs conséquences.

      15 Grec : lui-même, Jésus, celui dont ils s'entretenaient avec tant d'intérêt et de tristesse, celui qu'ils n'espéraient plus revoir ! Il s'approcha sans doute par derrière, et il marchait avec eux.
      16 Quel est le sens des mots : leurs yeux étaient retenus, de sorte qu'ils ne le reconnaissaient pas ?

      On peut expliquer ce phénomène par des causes naturelles, comme le font plusieurs interprètes.

      Les disciples ne croyaient pas √† la r√©surrection de J√©sus. La pens√©e de le reconna√ģtre dans cet √©tranger ne leur venait donc pas. D'autre part, un notable changement avait d√Ľ s'op√©rer dans la personne de J√©sus, soit par ses souffrances et sa mort, soit par sa r√©surrection¬†: m√™me ses disciples les plus intimes h√©sitent √† le reconna√ģtre quand il les aborde. (Luc 24.37¬†; Jean 20.14,15¬†; 21.4)

      Si l'on s'en tient √† cette explication, il faut voir de m√™me dans le terme du verset 31¬†: leurs yeux furent ouverts, la seule mention du fait qu'ils reconnurent J√©sus √† la mani√®re dont, prenant √† table le r√īle de p√®re de famille, il pronon√ßa la b√©n√©diction, rompit le pain et le leur donna, exactement comme il avait coutume de le faire dans les repas qu'il avait pr√©c√©demment partag√©s avec eux.

      Cette interpr√©tation n'est point inadmissible. Mais est-il probable que, si telle √©tait la pens√©e de l'historien, il se f√Ľt servi de ces termes si peu usit√©s¬†: leurs yeux √©taient retenus, leurs yeux furent ouverts¬†?

      On est bien plut√īt conduit √† penser que Luc a eu l'intention d'indiquer par ces mots une action divine. J√©sus avait voulu rester d'abord inconnu aux disciples, afin de les instruire et de les persuader par les Ecritures avant de les convaincre par une manifestation ext√©rieure propre √† frapper leurs sens. Leur impression fut ainsi fort diff√©rente. (verset 32)

      17 L'int√©r√™t sympathique que J√©sus leur t√©moigne gagne bient√īt la confiance des deux voyageurs. Les questions qu'il leur pose les invitent √† lui ouvrir leur cŇďur. (Comparer Luc 18.40¬†; Jean 5.6¬†; 20.15)

      Sin., B et A (dans une de ses leçons) ont : et ils s'arrêtèrent tout tristes.

      18 Voir, sur Cléopas, verset 13, note. Cléopas veut dire : "Es-tu le seul qui, tout en séjournant,...ne sache pas... ?"

      Le mot que nous traduisons par s√©journer renferme aussi l'id√©e d'√™tre l√† comme √©tranger. (H√©breux 11.9) Les disciples supposent que ce voyageur est un des nombreux √©trangers venus √† J√©rusalem pour la f√™te de P√Ęque.

      19 Il n'√©tait pas seulement puissant en parole, mais encore et surtout en Ňďuvre, par les actes d'amour qui remplissaient sa vie.

      Et il l'était non seulement dans l'estimation de tout le peuple, mais devant Dieu qui lui rendait témoignage.

      20 Et comment reprend la phrase interrompue par la question de Jésus au verset 19 "Es-tu le seul qui ne sache pas les choses qui se sont passées...et comment les principaux... ?"

      - Condamn√© √† mort, crucifi√©, quel contraste tragique avec les termes qui d√©signent J√©sus au verset 19¬†! C'est l√† ce qui p√®se sur le cŇďur des disciples et les rend si tristes.

      21 Quant à nous, par opposition aux magistrats, (verset 20) nous espérions...

      Ce verbe à l'imparfait montre que toutes leurs espérances se sont évanouies. On voit par là ce que seraient devenus tous les disciples, si Jésus n'était pas ressuscité ! (1Corinthiens 15.14-19)

      Les mots : mais avec tout cela signifient : malgré tout ce qu'était Jésus, (verset 19) et malgré toutes nos espérances.

      - Le troisième jour : nouveau motif de doute et de tristesse ; serait-ce un vague souvenir de la prédiction de Jésus qu'il ressusciterait le troisième jour ?

      23 Mais √† c√īt√© de toutes ces causes de tristesse, voici encore une circonstance √† mentionner, sur la signification de laquelle ils h√©sitent √† se prononcer et qui contribue plut√īt √† augmenter leur trouble. Ils ne citent pas, en effet, ce t√©moignage des femmes comme un sujet d'esp√©rance, qu'ils opposeraient avec assurance aux faits douloureux qu'ils viennent de citer.

      Ces femmes, disentils, nous ont (grec) mis hors de nous-mêmes car elles disent que des anges disent qu'il est vivant !

      On voit dans ces répétitions l'expression amère du doute : ils ne veulent pas se reprendre à l'espérance. (Voir la note suivante.)

      24 Bien que ces disciples qui ont aussi visité le sépulcre l'aient trouvé comme les femmes l'avaient dit, c'est-à-dire vide, ce témoignage ne vaut pas mieux que le premier, et voici pourquoi : lui, ils ne l'ont point vu !

      Telle est l'action corrosive du doute¬†; il infirme et annule deux t√©moignages qui auraient d√Ľ suffire pour ranimer toutes les esp√©rances des deux disciples. De l√† le reproche s√©v√®re et si bien m√©rit√© qui va suivre.

      - Les mots¬†: quelques-uns des n√ītres prouvent que, dans leur pens√©e, Pierre n'√©tait pas seul, bien que notre √©vang√©liste (verset 12) n'ait pas nomm√© Jean. (Jean 20.3 et suivants)

      25 Et lui, de son c√īt√©, apr√®s les avoir laiss√©s raconter tous leurs sujets de tristesse, les reprend¬†: O insens√©s¬†! C'est d'abord leur intelligence qu'il accuse de manquer de p√©n√©tration pour saisir les promesses que Dieu a faites par les proph√®tes. (Galates 3.1)

      Mais cet obscurcissement de l'intelligence a une cause morale, dans le cŇďur. Le cŇďur, si√®ge des affections et de la volont√©, est tardif √† croire, √† se confier, √† s'abandonner √† la v√©rit√© divine.

      Ailleurs encore, Jésus rapproche ces deux causes du manque de foi. (Marc 6.52,8.17)

      26 Il fallait qu'il pass√Ęt par les souffrances pour arriver √† la gloire.

      Il le fallait, parce que Dieu l'avait ainsi arrêté. (versets 25-27,44,46)

      L'homme ne pouvait être sauvé que par ces souffrances et par cette mort. L'amour éternel de Dieu, qui voulait le salut de l'homme, a voulu aussi l'immense dévouement du Sauveur, indispensable a l'accomplissement de ce salut.

      27 Les mots : commençant par...et par...signifient que Jésus commença par le Pentateuque, et passa successivement aux livres de tous les prophètes, pour y relever et expliquer aux disciples ce qui avait rapport à ses souffrances et à sa mort, à sa résurrection et à sa gloire.

      Luc ne nous dit pas quelles furent les parties des Ecritures que Jésus exposa. Il serait facile de suppléer à son silence, et on l'a souvent essayé.

      Ainsi, il est tr√®s remarquable que telles parties des Ecritures, le Psaume Psaumes 22, Esa√Įe Esa√Įe 53, par exemple, apr√®s avoir commenc√© par un tableau saisissant des souffrances du Messie, se terminent par une description sublime de son triomphe et de sa gloire.

      Mais il est probable qu'au lieu de d√©tacher certains passages particuliers, le Sauveur fit comprendre aux disciples que tout, dans Mo√Įse, dans la loi, dans les institutions du culte, surtout dans les sacrifices, √©tait une pr√©diction symbolique et une pr√©paration √† son Ňďuvre¬†; et que tout, dans les proph√®tes, dans leurs pr√©dications de la volont√© de Dieu, dans les promesses divines dont ils √©taient les organes, avait un rapport direct √† la r√©demption de son peuple par le Lib√©rateur qui lui √©tait promis.

      A mesure que les disciples acqui√®rent l'intelligence des Ecritures, ils sentent les obscurit√©s de leur cŇďur faire place √† la lumi√®re, √† leur doute succ√©der la confiance et, avant m√™me d'avoir reconnu J√©sus, ils lui appartiennent tout entiers. (versets 29,32)

      Voilà l'action que Jésus voulait exercer sur leur esprit, au lieu de s'offrir brusquement à leur vue. (Comparer verset 16, note.)

      28 J√©sus, pour √©prouver les disciples, continuait √† marcher, et il aurait certainement poursuivi sa route, s'ils ne l'avaient pri√© instamment de rester avec eux. Il voulait que cette gr√Ęce nouvelle d√©pendit d'eux.
      29 Grec : ils lui firent violence, moralement, par leurs instances. (Comparer Genèse 19.3 ; Actes 16.15)

      Déjà se lit dans Sin., B, l'Itala. Il est omis dans les autres documents et dans le texte reçu.

      Sans doute, les disciples voulaient exercer l'hospitalité envers cet étranger qui leur avait fait tant de bien.

      Mais le motif qu'ils invoquent est remarquable¬†: le jour qui est sur son d√©clin est une image de la tristesse qui r√®gne dans leur √Ęme¬†; ils sentent, sans s'en rendre compte, qu'ils ont avec eux le Soleil de justice¬†; s'il les abandonne, ils craignent de retomber dans les angoisses d'o√Ļ ils commencent √† sortir.

      31 C'est pendant qu'il leur donnait le pain (remarquez l'imparfait) que leurs yeux s'ouvrirent ou furent ouverts (verset 16, note.)

      Ce terme est souvent employé pour indiquer la guérison d'un aveugle ; (Matthieu 9.30 ; 20.33 ; Jean 9.10) il est pris ici dans un sens moral.

      Les disciples reconnurent le Ma√ģtre au geste qui lui √©tait familier. (verset 35)

      - Les termes par lesquels Luc d√©crit ce repas rappellent ceux de l'institution de la c√®ne. Depuis les P√®res de l'Eglise, on a discut√© la question de savoir s'il faut voir ici une c√©l√©bration de la c√®ne. Formellement, non¬†; mais, comme l'√Ęme des disciples √©tait certainement en communion avec J√©sus, o√Ļ est la diff√©rence¬†?

      Grec : il devint invisible loin d'eux, c'est-à-dire que, par une action surnaturelle, il disparut à leurs yeux.

      Divers autres faits indiquent un grand changement qui s'était opéré dans la personne de Jésus. Il était déjà en voie de glorification et affranchi des lois qui régissent les corps. (Luc 24.36 ; Jean 20.19,26)

      Les disciples purent pressentir par là que désormais ils ne le posséderaient plus avec eux comme auparavant, mais qu'ils devaient s'habituer à une communion invisible et spirituelle avec lui. (Voir Jean 14 et suivants)

      Un cŇďur br√Ľlant, expression √©nergique de l'√©motion que les paroles du Sauveur avaient laiss√©e en eux. Maintenant ils n'ont plus aucun doute sur sa r√©surrection. (verset 35) Une exp√©rience si intime ne peut avoir √©t√© racont√©e que par ceux qui l'avaient faite.

      Quand il nous expliquait (grec nous ouvrait) les Ecritures : ces Ecritures étaient jusqu'alors fermées pour eux, la parole et l'Esprit de Jésus les leur avaient ouvertes.

      33 Ils sont pressés par l'ardent désir de faire part à leurs condisciples de la grande nouvelle qui les remplit de joie.

      "Ils ne craignent plus maintenant ce voyage nocturne dont ils avaient dissuadé leur compagnon inconnu." (verset 29) Bengel.

      Les onze, c'est ainsi qu'on d√©signait les ap√ītres apr√®s la chute de Judas. Luc emploie ce terme bien compris de tous quoique, en r√©alit√©, ils ne fussent alors que dix, Thomas √©tant absent. (Jean 20.24) Mais les ap√ītres n'√©taient pas seuls. D'autres disciples de J√©sus √©taient avec eux.

      34 Avant m√™me que les disciples d'Emma√ľs puissent prendre la parole, on les re√ßoit par ce cri joyeux¬†: Le Seigneur est r√©ellement ressuscit√©¬†!

      Les disciples en donnent pour preuve une apparition de Jésus à Simon (Pierre).

      Ce fait, d'une si grande importance, confirmé par la tradition apostolique, (1Corinthiens 15.5) Luc le connaissait, quoiqu'il ne le consigne pas dans son récit de la résurrection, pas plus qu'il ne rapporte l'apparition de Jésus aux femmes, (Matthieu 28.9) à Marie-Madeleine, (Jean 20.14) aux cinq cents frères en Galilée et à Jacques. (1Corinthiens 15.6,7)

      La manifestation de J√©sus √† Pierre √©tait une preuve de sa tendre mis√©ricorde envers ce pauvre disciple qui, dans ses amers regrets, devait √©prouver un si pressant besoin de revoir son Ma√ģtre et d'entendre de sa bouche une parole de pardon. (Comparer Marc 16.7, notes.)

      35 Grec : comment il avait été reconnu d'eux par ou dans la fraction du pain. (verset 31, note, et verset 16, note.)
      36 Grec : fut debout au milieu d'eux, y apparut tout à coup.

      Le terme de l'original comporte quelque chose d'extraordinaire, de surnaturel. (Comparer verset 31, note ; Jean 20.19,26)

      C'est ce qui explique l'impression produite (verset 37) sur ces mêmes hommes qui venaient d'exprimer (verset 34) leur joyeuse assurance de la résurrection du Seigneur.

      Cette apparition de Jésus-Christ à tous les disciples assemblés est la même que Jean a rapportée Jean 20.19 et suivants

      Les mots : et leur dit : La paix soit avec vous ! manquent dans D seul et dans l'Itala.

      Tischendorf et la plupart des critiques et des exégètes les omettent comme suspects d'avoir été empruntés à Jean 20.19.

      37 C'est-√†-dire un √™tre du monde invisible, n'ayant qu'un corps apparent, ce que Matthieu (Matthieu 14.26) appelle ailleurs un "fant√īme." Or, il y a toujours l√† pour l'imagination un sujet d'effroi.
      40 J√©sus leur donne √† entendre que leurs craintes ne proviennent que des pens√©es ou des imaginations de leur cŇďur¬†; puis leur d√©clare ouvertement¬†: c'est moi-m√™me¬†; et les invite √† le toucher pour les convaincre qu'ils n'ont pas affaire √† un esprit.

      Enfin, (verset 40) il leur montre ses mains et ses pieds, dans lesquels ils pouvaient voir les cicatrices laissées par les clous de la croix.

      Ce verset 40 manque dans D et l'ltala, et la plupart des critiques le regardent comme une interpolation très ancienne, tirée de Jean 20.20.

      Il est vrai que, dans Jean, J√©sus leur montre "ses mains et son c√īt√©," mais, comme le dit M. Godet, "le verset pr√©c√©dent de Luc, o√Ļ il est parl√© des pieds, a pu influer sur la forme de la phrase interpol√©e."

      Cette mention des pieds (verset 39) suppose que non seulement les mains, mais les pieds du Sauveur avaient été cloués à la croix. C'est là un point encore discuté par les savants (voir le Commentaire de M. Godet sur saint Luc 3e édit., p. 523 et suivants, et dans un sens opposé, Meyer, sur Matthieu 27.35), mais sur lequel, indépendamment d'autres preuves historiques, ce passage de Luc ne peut guère laisser de doute.

      43 La joie qu'éprouvent les disciples en constatant la présence de Jésus, (verset 39) succédant à la tristesse et à la crainte, maintient en eux un trouble qui les empêche de croire : phénomène très naturel et confirmé par l'expérience.

      Pour leur donner une nouvelle preuve, Jésus demande des aliments, dont il mange en leur présence.

      - Le texte reçu ajoute : et d'un rayon de miel ; l'authenticité de ces mots qui manquent dans Sin., B, A, D est douteuse.

      44 Les événements dont vous êtes témoins, ma mort et ma résurrection, sont l'accomplissement des paroles que je vous disais.

      Jésus leur rappelle les nombreuses prédictions qu'il leur avait faites de sa mort et de sa résurrection. (Luc 9.22 ; 18.31-33 ; 22.37 ; et ailleurs.)

      Lorsque j'étais encore avec vous : Jésus ne se considère plus maintenant comme étant avec ses disciples ; ses anciennes relations avec eux ne seront pas reprises, elles seront remplacées par une communion spirituelle.

      Voir sur ce mot : il fallait, verset 26, note, et sur l'accomplissement des Ecritures, verset 27, note.

      Les Juifs divisent encore aujourd'hui l'Ancien Testament en trois parties : la loi, les prophètes et les hagiographes. On peut se demander si les Psaumes représentent ici ce dernier recueil ou sont cités pour eux-mêmes.

      Il ressort de ces paroles que c'est sur l'autorit√© de leur Ma√ģtre que les ap√ītres, dans tous leurs √©crits, lui font l'application des proph√©ties de l'Ancien Testament.

      46 Jésus ouvre les Ecritures à ses disciples ; (verset 32) il ouvre aussi leur entendement pour les comprendre ; double action toujours nécessaire.
      47 Jésus en appelle une dernière fois à l'autorité des Ecritures, (versets 27,44) pour faire comprendre aux disciples la nécessité divine de tout ce qui lui était arrivé, (verset 46) et pour leur révéler l'avenir de son règne et la vocation qu'ils auront à y remplir.

      Ils devront prêcher en son nom (sur son autorité) la repentance et la rémission (Sin., B portent : la repentance pour la rémission) des péchés.

      (Voir, sur ce terme de repentance, Matthieu 3.2, note.)

      C'est l√† au fond tout l'Evangile dans son application √† l'homme p√©cheur et perdu¬†; et cet Evangile devra √™tre annonc√© √† toutes les nations, (comparez Matthieu 24.14¬†; 28.19) en commen√ßant par J√©rusalem, la ville coupable, car ce point de d√©part et cette extension du r√®gne de Dieu √©taient annonc√©s aussi dans les Ecritures. (Psaumes 110.2¬†; Esa√Įe 2.3¬†; comparez Actes 1.8)

      48 Ces choses, dont les disciples seront les témoins, ce sont tous les grands faits évangéliques désignés aux verset 46 et 47 ; mais, pour devenir capables de rendre ce témoignage, il faut d'abord que les pauvres disciples aient vu s'accomplir en eux la promesse du Père, ou qu'ils aient été revêtus de la puissance du Saint-Esprit (verset 49)

      De là ce contraste frappant : vous...et moi...

      B, A, C, et la plupart des majuscules portent : et voici moi...Ce mot manque dans Sin., D, l'ltala.

      49 Jésus ordonne expressément à ses disciples (Actes 1.4) d'attendre à Jérusalem ce secours puissant.

      Le texte reçu porte : dans la ville de Jérusalem. Ce nom manque dans Sin., B, C, D, Itala.

      Dès le verset suivant, Luc raconte l'ascension de Jésus. On a prétendu que Luc en écrivant son évangile croyait que cet événement avait eu lieu le jour même de la résurrection mais que plus tard, quand il rédigea le livre des Actes, il avait eu connaissance d'une autre tradition, d'après laquelle Jésus était demeuré avec ses disciples pendant quarante jours après la résurrection (Actes 1.3)

      Est-il probable qu'un historien aussi consciencieux que Luc e√Ľt n√©glig√©, au commencement de son second ouvrage, de rectifier l'erreur qu'il aurait commise √† la fin du premier¬†? Cette correction e√Ľt √©t√© d'autant plus indiqu√©e que l'auteur s'en r√©f√®re √† son premier √©crit (Actes 1.1,2) et reprend sa narration au point o√Ļ il l'avait laiss√©e.

      N'est-il pas plus naturel d'admettre que notre évangéliste, après avoir raconté l'apparition de Jésus à tous les disciples, (verset 36) résume, sans prétendre les rapporter à leur place chronologique, plusieurs de ses dernières instructions, (versets 44-49) se réservant de reprendre plus tard son récit à la résurrection de Jésus, (Actes 1.3) et de marquer alors nettement l'intervalle de quarante jours qui sépara celle-ci de l'ascension ?

      On lit, en effet, dans le livre des Actes, que c'est au terme des quarante jours, quand Jésus assembla ses disciples pour les rendre témoins de son ascension, qu'il leur adressa la plupart des instructions par lesquelles Luc termine le discours ici rapporté ; c'est à ce moment qu'il leur donna l'ordre de ne point quitter Jérusalem, leur fit la promesse du Saint-Esprit, (Actes 1.4,5) leur confia la mission d'être ses témoins, à Jérusalem d'abord et ensuite parmi toutes les nations. (verset 8)

      50 Dehors, c'est-à-dire : hors de la ville.

      Jusque vers Béthanie, suivant la leçon de Sin., B, C.

      Le texte reçu porte : jusqu'à Béthanie.

      Jésus conduisit ses disciples jusque sur le mont des Oliviers, qu'il fallait traverser pour aller à Béthanie, située sur le versant oriental de la montagne. (Comparer Actes 1.12) C'est là qu'il s'arrêta, donna à ses disciples sa dernière bénédiction et se sépara d'eux. (verset 51)

      Voir, sur la sommit√© de la montagne o√Ļ eut lieu probablement l'ascension, le Voyage en Terre-Sainte de M. F. Bovet, p. 202, 7e √©dition.

      51 Luc ne fait qu'indiquer ici en quelques mots l'ascension de Jésus, qu'il se proposait de décrire plus en détail dans son second livre. (Actes 1.1-12 ; voir verset 49, note.)

      Le texte reçu ajoute : et il était élevé en haut vers le ciel.

      Sin., D et quelques exemplaires de l'Itala omettent ces mots, qui sont probablement une interpolation tirée de Marc 16.19 ou de Actes 1.9.

      52 D et quelques copies de l'Itala omettent les mots : l'ayant adoré, que porte le texte reçu ; ceux-ci se lisent, il est vrai, dans tous les autres documents, même Sin.

      Mais, comme le remarque Tischendorf, ils se rattachent étroitement à la phrase inauthentique du verset précédent. Leur adjonction s'explique mieux que leur omission.

      La conviction que leur Ma√ģtre venait de rentrer dans la gloire divine cause cette grande joie des disciples. Celle-ci a succ√©d√© √† la profonde tristesse qu'ils √©prouvaient √† la seule pens√©e d'une s√©paration d'avec leur Ma√ģtre.

      53 Le mot continuellement doit être pris dans un sens relatif : toutes les fois que les actes du culte les appelaient dans le temple.

      - Ici encore, les critiques préfèrent la leçon de D et de l'Itala : louant ; car ce terme, comme le remarque M. Godet, "est un terme favori de Luc."

      Sin. ; B, C lui ont substitué : bénissant. Le texte reçu, avec A, majuscules, combine les deux leçons : louant et bénissant.

      Le texte reçu porte comme dernier mot de l'évangile : Amen.

      Cette adjonction, qui provient de l'usage liturgique, manque dans Sin., C, D, l'Itala.

      - On a pr√©tendu que l'ascension de J√©sus n'est rapport√©e que par Luc, Marc 16.19 √©tant tir√© de Luc. Matthieu et Jean gardent le silence sur ce fait. Ce n'est l√† qu'une apparence¬†: dans saint Jean, J√©sus parle √† diverses reprises de "remonter o√Ļ il √©tait auparavant" (Jean 6.62¬†; comparez Luc 17.5¬†; 20.17¬†; 13.1),et, dans Matthieu, chacune des pr√©dictions du retour de Christ pour le jugement du monde suppose son ascension. (Matthieu 13.30,41¬†; 24.30¬†; 25.31, etc.)

      Les ap√ītres proclament d'une voix unanime la r√©alit√© de ce fait.¬†; (Actes 2.32,33¬†; 7.56¬†; Eph√©siens 4.10¬†; 1Timoth√©e 3.16¬†; H√©breux 9.11,24¬†; 10.12¬†; 1Pierre 3.22, et toute l'Apocalypse) et s'ils annoncent aux fid√®les leur r√©surrection et la glorification de leur corps comme l'accomplissement de leurs esp√©rances, c'est en leur montrant le corps glorifi√© de Christ qui est leur Chef. (1Corinthiens 15.49¬†; Philippiens 3.21)

      L'ascension de Jésus est le couronnement de sa vie sainte et le complément de sa résurrection, dont elle ne doit pas être séparée.

      Par le fait de la résurrection, Jésus est entré en possession d'un corps glorifié, comme le montrent dans notre récit même ses apparitions et ses disparitions soudaines. (versets 15,31,36)

      La suprême entrevue sur le mont des Oliviers se produisit dans les mêmes conditions que celles qui avaient eu lieu pendant les quarante jours.

      "Ce dernier départ, dit M. Godet, ne se distingue des précédents que par un mode d'éloignement un peu moins soudain et par la bénédiction que Jésus laisse à ses disciples."

  • versets s√©lectionn√©s
  • Vid√©os et messages relatifs
  • Commentaires bibliques
  • H√©breu / Grec
  • Dictionnaire
  • Versets relatifs
  • Carte
  • Favoris
  • Partager

Pour ajouter un favori, merci de vous connecter : Se connecter

Générer un verset illustré
Logo TopChrétien carré

Télécharger l'image

Choisissez une image

Personnalisez le verset

Alignement : | | | Haut | Milieu | Bas

Taille :

Couleur :

Police :

Personnalisez la référence

Couleur :

Police :

Taille :

De légères variations de mise en page peuvent apparaitre sur l'image téléchargée.

Vous avez aim√© ? Partagez autour de vous !

Update Required To play the media you will need to either update your browser to a recent version or update your Flash plugin pour Firefox & Safari - Flash plugin pour Opera & Chrome.