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Marc 3

    • 1 Chapitre 3.

      1 à 6 Second conflit au sujet du sabbat. Guérison dans la synagogue.

      Comparer Matthieu 12.9-14 ; Luc 6.6-11.

      - Ce mot de nouveau se rapporte à Marc 1.21 ; il n'indique pas si le fait qui va suivre eut lieu le même jour de sabbat que celui qui précède. (Marc 2.23-28)

      Mais Luc (Luc 6.6) dit clairement que ce fut en un autre sabbat. Cependant les trois évangélistes placent nos deux récits à la suite l'un de l'autre parce que l'un et l'autre servent à caractériser l'opposition et la haine des adversaires, qui avaient atteint alors déjà un haut degré.

      Matthieu et Luc disent : la main sèche. Le terme de Marc : desséchée, est plus fort et indique que la circulation du sang avait entièrement cessé et que cette main était ainsi paralysée.

      "Le participe grec signifie également que l'homme dont il s'agit n'était pas affligé de ce mal dès sa naissance, mais qu'il provenait d'un accident ou d'une maladie." Bengel.

      2 Ils l'observaient avec des intentions malveillantes, l'épiaient.

      Jésus lit dans leurs regards leur pensée qui était : "Voyons s'il guérira le jour du sabbat !"

      D'après Matthieu, (Matthieu 12.10) ils demandent à Jésus : "Est-il permis de guérir les jours de sabbat ?"

      D'après Marc et Luc, c'est Jésus qui, le premier, leur pose une question analogue. (verset 4)

      3 Tel est le sens de la phrase grecque. Jésus veut, dans l'indignation que lui inspire leur hypocrisie, (verset 5) que cet homme soit sous les yeux de tous, il veut donner le plus grand éclat à ce qui va se passer.
      4 Grec¬†: de sauver une √Ęme ou de tuer¬†?

      Quelques interpr√®tes prennent ces mots √† la lettre et pensent que J√©sus avait en vue non seulement le corps de ce malade, mais son √Ęme, qu'il esp√©rait sauver par cette manifestation de sa puissance et de son amour, et qu'il aurait laiss√©e dans la mort, en n√©gligeant de le secourir.

      Mais il est probable qu'il faut voir ici, comme dans une multitude d'autres passages, un h√©bra√Įsme qui prend l'√Ęme pour la vie.

      D'ailleurs le verbe tuer est pris dans un sens absolu et n'a pas pour r√©gime sous-entendu une √Ęme. Quoi qu'il en soit, la question du Sauveur est d'une grande √©nergie.

      S'il n'est pas permis de faire du bien le jour du sabbat, négliger ce bien, ce serait faire du mal ; (comparez Jacques 4.17) pouvoir sauver une vie et ne pas le faire, serait tuer.

      Telle est la cons√©quence immorale que J√©sus voit dans l'interpr√©tation servile et hypocrite que les pharisiens donnaient √† la sainte institution du jour du repos. La loi elle-m√™me ordonne de le sanctifier¬†; et comment peut-on le faire mieux qu'en r√©pandant sur des √™tres souffrants les secours, les consolations et les gr√Ęces que Dieu leur destine dans son amour¬†?

      - Mais peut-√™tre y a-t-il une intention plus directe et plus s√©v√®re dans les termes √©nergiques qu'emploie le Sauveur. Faire du mal, tuer, le jour du sabbat¬†: qui avait alors dans son cŇďur ces pens√©es criminelles¬†? Les adversaires de J√©sus qui ne songeaient, en ce saint jour, qu'√† l'accuser, (verset 2) qu'√† le faire p√©rir. (verset 6)

      Morne silence indice de la confusion des pharisiens qui n'avaient rien à répondre et qui étaient d'autant plus irrités.

      5 Marc seul d√©crit compl√®tement cette sc√®ne dramatique¬†: l'homme √† la main paralys√©e est debout au milieu de l'assembl√©e, o√Ļ r√®gne un profond silence. J√©sus, sans rien dire encore, prom√®ne tout autour de lui, sur ses adversaires confus, un regard qui les p√©n√®tre jusqu'au fond de l'√Ęme.

      Que se passe-t-il en lui¬†? Nos versions ordinaires n'ont pas os√© traduire ce mot de col√®re qui seul rend l'√©motion profonde, la sainte indignation dont son √Ęme est remplie¬†; mais cette col√®re, qui chez les hommes charnels est si facilement accompagn√©e de haine, n'est en J√©sus que l'effet d'un z√®le br√Ľlant pour la gloire de Dieu¬†; et quant aux hommes m√™mes qui r√©sistent √† la v√©rit√©, il n'√©prouve √† leur √©gard qu'une profonde tristesse.

      Il y a dans l'original un verbe composé qui exprime une douleur concentrée et intense. S'ils avaient manifesté le moindre mouvement de repentance, il les aurait reçus à bras ouverts.

      Grec : rétablie, restituée dans son état primitif. Le texte reçu ajoute saine comme l'autre, mots qui ont été transférés ici de Matthieu 12.13.

      6 Voir sur les pharisiens Matthieu 3.7, note, et sur les hérodiens. Matthieu 22.16, note.

      - Tel fut pour ces hommes le seul r√©sultat de la parole de v√©rit√© qu'ils venaient d'entendre¬†; tel est l'effet de l'endurcissement. (verset 5) Il fallait que l'inimiti√© des pharisiens e√Ľt d√©j√† atteint un haut degr√© pour qu'ils s'alliassent contre J√©sus avec les h√©rodiens, leurs adversaires politiques. Leur dessein de faire p√©rir J√©sus marque le point culminant de l'hostilit√© croissante qui s'√©tait manifest√©e contre lui. (Marc 2.1-3.6)

      7 Première retraite de Jésus.

      7 à 19 Jésus au bord de la mer. Choix des Douze.

      8 J√©sus se retirait volontiers vers la mer, sur le rivage de laquelle il enseignait les multitudes qui le suivaient¬†; il passait fr√©quemment au bord oppos√©, soit pour y trouver quelque repos, (verset 9) soit pour √©chapper aux emb√Ľches de ses adversaires.

      - Marc décrit plus complètement que les autres synoptiques (comparez Matthieu 12.15 et suivants ; Luc 6.17 et suivants) cette affluence des multitudes qui se pressaient sur les pas de Jésus.

      Il √©num√®re les contr√©es et les villes d'o√Ļ elles accouraient¬†: d'abord la Galil√©e, o√Ļ il se trouvait¬†; puis la Jud√©e et sa capitale, J√©rusalem¬†; puis l'Idum√©e, pays d'Edom, habit√©e par les descendants d'Esa√ľ et situ√©e sur les limites sud-est de la Palestine¬†; puis enfin Tyr et Sidon, villes de Syrie, c√©l√®bres par leur commerce.

      Ces foules étaient attirées par tout ce qu'il faisait, c'est-à-dire ses miracles, ses guérisons, son enseignement. (verset 10)

      - Les manuscrits présentent diverses variantes. D'après le texte et la ponctuation adoptés par plusieurs critiques, qui se fondent principalement sur B, il faudrait traduire : "Une grande multitude le suivit de la Galilée. Et de la Judée et de Jérusalem...une grande multitude, entendant parler de tout ce qu'il faisait, vint à lui."

      - Le texte reçu avec A, D, porte : "ceux des environs de Tyr et de Sidon," le mot souligné ne parait pas authentique.

      10 J√©sus demande √† ses disciples de tenir pr√™te une petite barque, afin qu'il p√Ľt y monter si la multitude le pressait trop en se jetant sur lui.

      Cette expression peint l'empressement de ces pauvres malades, avides de secours, et qui voyaient des guérisons s'accomplir sous leurs yeux.

      En effet, il ne faut pas traduire (verset 10) il en avait gu√©ri beaucoup, mais il les gu√©rissait dans le moment m√™me, ce qui mettait le comble √† l'enthousiasme de ces foules qui en √©taient t√©moins. Tel fut l'apog√©e de l'activit√© et de l'influence de J√©sus en Galil√©e. Il co√Įncida avec la r√©solution prise par ses adversaires de le faire p√©rir.

      Ces scènes émouvantes, si bien décrites par Marc, nous montrent aussi quelle était l'inépuisable richesse de la charité du Sauveur. (Comparer Marc 1.34, note.)

      11 Les esprits impurs sont identifiés avec les malades en qui ils résidaient ; car ce sont ces derniers qui se prosternaient et s'écriaient. Mais ce sont bien les démons qui connaissaient Jésus comme le Fils de Dieu. (Marc 1.24, note.)
      12 Grec : Et il leur ordonnait avec beaucoup de menaces de ne pas le manifester comme le Messie, le Fils de Dieu. (Comparer Marc 1.34, note.)
      13 Comparer Matthieu 10.1-4 ; Luc 6.13-16.

      - La montagne signifie sans doute une des hauteurs sur la rive occidentale du lac.

      On a pensé que l'évangéliste voulait désigner la montagne bien connue des Béatitudes, parce que ce fut immédiatement après la vocation des douze que Jésus prononça son grand discours. (Luc 6.12 et suivants, Matthieu 5.1 et suivants)

      Mais l'article (la) ne rend pas cette interprétation nécessaire, car dans tous les pays on dit : "aller à la montagne" pour désigner l'élévation la plus rapprochée.

      - Au moment de raconter le choix solennel que Jésus fit des douze, Marc parle au présent, il monte, il appelle à lui ceux qu'il voulait.

      Ces derniers mots sont tr√®s remarquables¬†; ils nous disent qu'aucun des nombreux disciples de J√©sus ne fut admis √† l'apostolat, si ce n'est par la volont√© expresse du Ma√ģtre, et le choix de celui-ci fut fond√© sur la connaissance profonde qu'il avait d'eux.

      15 Etre avec lui, devenir ainsi les témoins de tout son ministère, se pénétrer de sa parole et de ses enseignements, telle était la qualité requise de ceux qui devaient être ses envoyés. (Actes 1.8 ; comparez versets 21,22)

      Plus tard seulement, il les enverra pour prêcher et pour exercer la puissance de chasser les démons. (Comparer Marc 6.7,8)

      Ainsi, annoncer l'Evangile et par là détruire le royaume des ténèbres, telle sera la double action de l'apostolat.

      Le texte re√ßu, avec A, D, porte¬†: puissance de gu√©rir les maladies et de chasser les d√©mons. Les mots soulign√©s proviennent de Matthieu 10.1. Sin., B, C, et des versions ont, apr√®s le mot douze, cette phrase¬†: qu'il nomma ap√ītres, laquelle est emprunt√©e √† Luc 6.13.

      16 Le texte reçu, avec A, D, majuscules. la plupart des versions omet les mots : Et il établit les douze.

      Le vrai texte porte littéralement : Et il établit les douze, et il donna à Simon le nom de Pierre, et Jacques, fils de Zébédée...

      Voir sur cette liste Matthieu 10.2-4, note.

      17 Le nom Boanergès est la prononciation araméenne et provinciale des deux mots hébreux Bené Régesh, fils du tonnerre.

      On ne voit pas, au premier abord, par quelle raison le Seigneur donna un tel nom aux deux fils de Zébédée.

      Quelques interprètes ont voulu y trouver une allusion au fait raconté par Luc, (Luc 9.54) en sorte que ce nom serait un reproche que Jésus aurait adressé aux deux frères.

      Cette id√©e est tout √† fait inadmissible. D'abord il est probable que l'√©v√©nement en question n'avait pas eu lieu encore, ensuite on ne saurait penser que J√©sus e√Ľt voulu bl√Ęmer deux de ses plus chers disciples au moment o√Ļ il les appelait √† l'apostolat, et o√Ļ il donnait √† Pierre un nom qui √©tait une louange. Beaucoup plut√īt peut-on s'arr√™ter au fait connu que ces deux fr√®res √©taient d'un caract√®re vif, ardent, passionn√© (Marc 9.38¬†; 10.35 et suivants¬†; Luc 9.54).

      Ce caract√®re une fois sanctifi√© par la gr√Ęce et par l'amour pour le Sauveur, devait faire de ces deux ap√ītres les plus puissants propagateurs du feu divin que J√©sus √©tait venu allumer sur la terre. "Ce nom, dit Luther, rappelle en particulier que Jean devait √©crire cet √©vangile dont la pr√©dication puissante est comme la voix du tonnerre qui trouble, agite, √©branle et rend la terre f√©conde." Combien plus encore il convient √† l'auteur de l'Apocalypse¬†!

      20 20 à 35 Jésus en butte à l'opposition des siens et des scribes.

      Grec : manger du pain.

      H√©bra√Įsme qui signifie prendre un repas. L'√©vang√©liste marque l'activit√© d√©vorante de J√©sus pour motiver les faits qu'il raconte au verset suivant.

      Mais o√Ļ se passent ces faits¬†? Marc dit simplement¬†: il se rend (le texte re√ßu avec la plupart des majuscules porte ils se rendent), de la montagne, verset 13, dans une maison, ou, comme on peut traduire aussi, √† la maison.

      Dans ce dernier cas, J√©sus serait retourn√© dans sa maison √† Caperna√ľm¬†; dans le premier, le lieu de la sc√®ne qui va suivre nous serait inconnu.

      Ce passage, (versets 20,21) que Marc a seul, a fort occupé les interprètes ; il reste pour nous enveloppé d'une certaine obscurité. (Voir la note suivante.)

      21 Ses proches, grec ceux qui étaient prés de lui.

      On pourrait entendre ses alentours. Mais cette locution signifie le plus souvent les parents, la famille ; on pourrait donc dire : les siens. Tel est le sens que la plupart des interprètes donnent ici à ce mot, et ils mettent notre verset dans un rapport direct avec le récit des verset 31 et suivants, que Marc seul aurait ainsi introduit et motivé, tandis que Matthieu et Luc le rapportent à la suite du discours de Jésus, sans lien avec celui-ci ni indication de la raison de cette intervention.

      Ses parents donc, ayant appris qu'il était constamment accablé d'un travail excessif, sortirent pour se saisir de lui.

      Sortirent d'o√Ļ¬†? Peut-√™tre de Nazareth, car la situation d√©crite (verset 20) durait depuis quelque temps et le bruit en pouvait fort bien √™tre parvenu √† Nazareth¬†; peut-√™tre aussi sortirent-ils de leur demeure √† Caperna√ľm, o√Ļ ils pouvaient s'√™tre √©tablis au d√©but du minist√®re de J√©sus. (Jean 2.12¬†; Matthieu 4.13)

      Mais pourquoi veulent-ils se saisir de lui ? Leurs propres paroles révèlent leur intention ; car ils disaient : Il est hors de sens.

      Telle est la conclusion qu'ils tiraient de l'activité que Jésus déployait et des fatigues qu'il s'imposait ; et ils voulaient l'emmener hors de la foule, lui procurer du repos.

      On comprend cette appr√©ciation et cette conduite de la part des fr√®res de J√©sus, car ils ne croyaient pas en lui. (Jean 7.5) Mais Marie¬†! En serait-elle venue √† porter sur J√©sus un jugement qui ne valait gu√®re mieux que celui des scribes, (verset 22) et que Marc para√ģt en rapprocher √† dessein¬†?

      Plus d'un critique s'est h√Ęt√© de conclure de ce fait que les r√©cits de Matthieu, ch. 1 et 2, et de Luc, ch. 1 et 2 n'√©taient pas dignes de foi. D'autre part, on a fait diverses tentatives pour ne pas imputer √† Marie une telle opinion sur son fils premier-n√©.

      On a dit que ceux qui étaient près de Jésus étaient, non ses parents, mais quelques-uns de ses auditeurs, des hommes de son entourage habituel qui l'avaient suivi dans la maison. Le voyant harcelé par la foule, qui ne cessait de le réclamer aux abords de cette maison, ils sortirent à leur tour pour s'emparer de lui et le faire rentrer.

      La pens√©e qu'ils √©noncent au sujet de J√©sus ne serait pas inadmissible en ce moment d'effervescence religieuse. Mais cette explication suppose qu'il n'y ait aucun rapport entre notre verset et les versets versets 31-35¬†; or il est difficile de m√©conna√ģtre que ce rapport existe, et d√®s lors il s'agit bien ici de la m√®re et des fr√®res de J√©sus.

      Il est arbitraire aussi de dire que les auteurs de ce jugement défavorable sont les frères de Jésus, à l'exclusion de sa mère, car Marie nous est représentée (verset 31) comme associée à la démarche des frères de Jésus.

      Il faut donc admettre le fait ; on peut l'expliquer en supposant que la foi de Marie, encore peu développée, était alors ébranlée par le doute, qu'elle fut momentanément obscurcie, comme celle de Jean-Baptiste. (Matthieu 11.3)

      On peut aussi atténuer ce qu'il y avait d'étrange dans la conduite de Marie en admettant que les mots il est hors de sens ne doivent pas être attribués aux proches de Jésus, mais expriment l'opinion générale. Il faudrait alors traduire : "car on disait : Il est hors de sens."

      Cette interprétation, proposée anciennement déjà, s'appuie sur le fait que Marc emploie souvent la troisième personne du pluriel dans un sens impersonnel (Marc 2.18, note ; verset 32).

      22 Voir, sur cette discussion avec les scribes, Matthieu 12.24-37, notes, et comparez Luc 11.15-26.

      L'accusation des scribes (voir sur ces hommes Matthieu 23.2, note), est introduite par Marc sans que le fait qui en fut l'occasion soit raconté, tandis que Matthieu et Luc nous le montrent dans la guérison d'un démoniaque.

      Marc attribue l'accusation aux scribes, tandis que Matthieu la met dans la bouche des pharisiens. Différence de peu d'importance, car ces deux classes d'hommes qui avaient beaucoup d'affinités (la plupart des scribes étaient des pharisiens) se trouvent toujours associées dans leur opposition contre Jésus.

      Il faut remarquer cette indication, qui appartient en propre à Marc : ils étaient descendus de Jérusalem.

      L'hostilit√© qui se manifeste contre J√©sus n'est donc pas locale et accidentelle¬†: elle a ses inspirateurs √† J√©rusalem, d'o√Ļ des √©missaires ont √©t√© envoy√©s en Galil√©e pour combattre l'influence du proph√®te de Nazareth.

      L'imparfait : ils disaient montre qu'il ne s'agit pas seulement d'une parole qu'ils laissèrent échapper alors, mais d'une opinion qu'ils cherchaient à répandre parmi la foule. C'était le jugement qu'on portait sur Jésus à Jérusalem, siège principal de la sagesse des scribes. (Jean 8.48 ; 10.20)

      23 Marc appelle paraboles les diverses images si frappantes dont le Seigneur se sert dans ce discours pour réfuter l'accusation impie de ses adversaires.

      - Jésus les appelle à lui. Sans attendre une attaque directe de leur part, il provoque lui-même l'occasion de leur montrer l'absurdité de leur accusation.

      27 Les arguments de Jésus sont les mêmes que dans Matthieu, mais l'ordre en est plus clair ; d'abord une question directe : Comment Satan peut-il chasser Satan ? Puis les deux images d'un royaume et d'une maison divisés contre eux-mêmes.

      Ensuite la conclusion inévitable, (verset 26) introduite par cette simple particule et, ce qui donne au discours un caractère oratoire.

      Enfin (verset 27) la comparaison si frappante de Satan avec l'homme fort dont nul ne peut piller le bien (grec les ustensiles, outils, armes), si d'abord il ne l'a lié. (Voir Matthieu 12.29 et Luc 11.22, notes.)

      28 Grec : "En vérité je vous dis, que toutes choses seront pardonnées aux fils des hommes, les péchés et les blasphèmes, tout autant qu'ils auront pu blasphémer."
      30 Par ces derniers mots, qui rappellent encore une fois l'odieux blasphème prononcé contre Jésus, (verset 22) Marc motive la déclaration sévère que Jésus vient de faire entendre contre quiconque aura blasphémé l'Esprit-Saint.

      Il n'y aura point pour lui de pardon, parce qu'il est coupable d'un péché éternel, qui durera toujours, qui ne peut être effacé, ayant sa cause permanente dans l'endurcissement. (Voir Matthieu 12.32, note.)

      Le texte reçu dit : un jugement éternel.

      - On observe que Marc ne fait point mention, comme Matthieu et Luc, du blasphème contre le fils de l'homme ; mais cette idée est évidemment comprise dans les mots du verset 28 tous les blasphèmes. C'est donc bien à tort qu'on a prétendu qu'ici Jésus identifiait le blasphème contre luimême avec le blasphème contre le Saint-Esprit.

      31 Voir sur ce trait, dont le verset 21 indique la vraie signification, Matthieu 12.46-50, notes, et comparez Luc 8.19-21. Dans le texte reçu, les frères sont nommés avant la mère, correction qui avait sans doute pour but de faire surtout peser sur eux la responsabilité de cette démarche.

      En outre, une variante de Sin., D, admise par Tischendorf, porte : Et sa mère vient ainsi que ses frères.

      Enfin le texte ordinaire dit : ils viennent donc, particule destinée à rattacher ce récit au verset 21. Cette relation est bien dans la pensée de l'auteur, mais la particule manque dans Sin., B, C, D, et la plupart des versions.

      Notre évangéliste fait cette remarque pour que l'on comprenne mieux que Jésus, entouré de la foule qu'il enseignait, ne voulait pas être interrompu, surtout connaissant les motifs qui amenaient les siens.

      32 Les mots et tes sŇďurs sont omis dans le texte re√ßu. Ils manquent, il est vrai, dans Sin., B, C, et plusieurs majuscules

      Leur disparition s'explique par quelque négligence de copiste. Tischendorf. luimême les admet d'après A, D, majuscules, Itala.

      34 Regard solennel, plein de tendresse bien différent de celui qui est mentionné au verset 5.

      Matthieu ajoute "qu'il étendit la main" vers ceux qu'il regardait ainsi avec amour.

      35 Texte reçu : "Car, quiconque..."

      La plupart des critiques retranchent ce car, bien qu'il ne soit omis que dans B ; ils le regardent comme emprunté à Matthieu. Jésus en citant ces rapports intimes de la famille, qui se reforment, plus élevés et plus saints, entre ceux qui font la volonté de Dieu, ne parle pas d'un père.

      Dans ce sens spirituel, la place de père n'appartient qu'à Dieu.

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