Osée 1

    • 1

      Pour le titre, voir l'introduction.

      2

      Lorsque l'Eternel... l'Eternel dit... Ce nouveau titre se rapporte aux trois premiers chapitres et signale leur contenu comme le début du ministère d'Osée.

      Va, prends une femme... On a beaucoup discut√© sur la question de savoir si ce mariage d'Os√©e doit √™tre envisag√© comme un fait r√©el, ou s'il appartient uniquement au domaine de la vision ou du symbolisme proph√©tique. Nous n'h√©sitons pas √† nous prononcer pour cette derni√®re alternative. Nous ne pouvons sans doute admettre, comme on l'a pr√©tendu souvent, que, pris au sens litt√©ral, cet ordre serait entach√© d'immoralit√©¬†; car cette objection atteindrait aussi l'image dont se sert le proph√®te et par cons√©quent Dieu lui-m√™me qui lui fait jouer ce r√īle en vision ou symboliquement. Les vraies raisons sont les deux suivantes :

      1. En admettant le sens propre, trois ans devraient s'être écoulés avant que les trois enfants issus de ce mariage fussent nés, ce qui affaiblirait singulièrement l'enseignement renfermé dans ce mode d'agir. Se représente-t-on le peuple attendant trois ans jusqu'à ce que la pensée de Dieu lui soit expliquée au complet ?
      2. L'interpr√©tation litt√©rale vient se heurter au chapitre 3, o√Ļ une nouvelle union du m√™me genre avec une autre femme est impos√©e au serviteur de Dieu¬†; ce qui ne serait possible, au sens propre, que si la premi√®re √©tait morte dans l'intervalle. Mais dans ce cas, ce fait ne pourrait √™tre pass√© sous silence.
      Dieu exprime par cette image si extraordinaire et si √©nergique le sentiment de r√©pulsion et m√™me de d√©go√Ľt que lui fait √©prouver la vue de l'√©tat moral du peuple avec lequel il a contract√© alliance. Son p√©ch√© prend le caract√®re de la plus odieuse impuret√©¬†; c'est par cette image que Dieu caract√©rise le crime de l'idol√Ętrie chez ce peuple dont il a daign√© faire son peuple.

      Os√©e repr√©sente donc l'Eternel¬†; la femme prostitu√©e, la nation idol√Ętre, dans son ensemble¬†; le mariage, l'alliance conclue entre Dieu et Isra√ęl¬†; et les enfants, les membres particuliers de ce peuple infid√®le. Ce qui facilite l'emploi de cette figure, c'est le fait qu'en h√©breu le mot Baal, qui signifie : ma√ģtre et seigneur, signifie aussi : mari.

      Osée est le premier qui ait employé cette image de l'adultère, devenue familière dès lors aux écrivains sacrés (Jérémie 3.8-9 ; Ezéchiel 23.1; Apocalypse 17.1-6). Quant à l'acte symbolique qui nous occupe, les livres des prophètes nous en présentent beaucoup d'autres pareils, qui, quoique ordonnés de Dieu, n'étaient nullement destinés à être accomplis littéralement, mais devaient simplement être racontés au peuple comme une sorte de parabole. On sait en effet combien cette forme d'enseignement était familière aux Israélites et usitée en ces temps-là (comparez par exemple : Jérémie 27.2 et suivants et Ezéchiel chapitres 3 et 4, notes, et notre introduction générale aux prophètes,).

      3

      Gomer, fille de Dibla√Įm. Comme les noms employ√©s plus tard ont un sens symbolique, on peut supposer qu'il en est de m√™me de ceux-ci. Gomer signifie consommation, et ce nom peut par cons√©quent signifier soit la consommation du p√©ch√© d'Isra√ęl, soit celle de son ch√Ętiment prochain, soit ces deux faits r√©unis.

      Dibla√Įm signifie selon les uns : g√Ęteaux de figues, et dans ce cas, ce nom serait l'embl√®me d'un bien-√™tre temporel corrupteur, comme dans 3.1, les g√Ęteaux de raisin : le peuple s'est corrompu dans sa prosp√©rit√©. D'autres le font d√©river de la racine daval : zaval, dans le sens de fiente, fumier¬†; il indiquerait ce qu'il y a de plus vil, et qui cause le d√©go√Ľt le plus profond.

      4

      Nomme-le Jizr√©el... Ce nom, choisi de Dieu, est employ√© ici sans qu'il soit fait allusion √† son sens √©tymologique : Dieu s√®me, Dieu disperse, dont le proph√®te se servira plus tard (versets 5 et 11¬†; 2.22). Ce que ce nom doit rappeler, c'est le r√īle historique qu'avait jou√© la localit√© ainsi d√©sign√©e dans les √©v√©nements les plus r√©cents de l'histoire du peuple des dix tribus. On donnait le nom de plaine de Jizr√©el √† la grande et large vall√©e situ√©e dans la tribu d'Issacar, qui de l'ouest √† l'est coupe en deux le plateau occidental de la Palestine. Cette plaine est en quelque sorte la porte de tout le pays¬†; aussi est-elle devenue le th√©√Ętre ordinaire des luttes qui ont ensanglant√© la Terre Sainte. Mais ce m√™me nom de Jizr√©el d√©signait plus sp√©cialement la ville situ√©e dans cette plaine, dont Achab avait fait sa r√©sidence d'√©t√©, et o√Ļ J√©hu avait consomm√© le massacre de sa maison¬†; de l√† ce qui suit : Je punirai le sang de Jizr√©el... Ces paroles se rapportent √©videmment √† l'extermination de J√©zabel et des soixante-dix fils d'Achab, ainsi que de tous les autres membres de sa famille par J√©hu (2Rois 9.1-10.31). Cette mesure avait √©t√© ordonn√©e par l'Eternel, il est vrai (1Rois 19.16-17¬†; 2Rois 9.6,10), comme punition du sang innocent de Naboth vers√© par Achab (2Rois 9.21-26). Mais J√©hu avait √©gorg√© en outre le roi de Juda Achazia et ses fr√®res qui se trouvaient √† Jizr√©el, ce que Dieu ne lui avait point command√©¬†; et surtout, ce jugement sanglant s'√©tait transform√© en un v√©ritable crime, parce que J√©hu ne l'avait fait servir qu'√† l'assouvissement de son ambition et qu'il avait maintenu le culte des veaux d'or, cette plaie du royaume des dix tribus qu'il avait mission d'extirper. Ce crime pesait donc encore sur sa maison et sa dynastie¬†; et le proph√®te annonce ici qu'il sera prochainement expi√© (voir introduction II).

      Encore un peu de temps... Le quatri√®me et dernier rejeton de J√©hu, Zacharie, successeur du roi J√©roboam II sous le r√®gne duquel Os√©e pronon√ßait ces paroles, ne monta sur le tr√īne que pour √™tre assassin√© au bout de six mois.

      5

      Je briserai l'arc d'Isra√ęl. La menace pr√©c√©dente est √©tendue par ces mots de la famille royale au peuple entier. Le proph√®te annonce une grande bataille qui aura lieu dans cette m√™me plaine de Jizr√©el et dans laquelle sera d√©truite la force (l'arc) d'Isra√ęl. L'histoire ne mentionne pas express√©ment ce fait¬†; mais on doit l'envisager comme certain. Car lorsque, 62 ans apr√®s environ, Salmanasar vint mettre le si√®ge devant Samarie (2Rois 17.4-6), il ne put le faire qu'apr√®s avoir vaincu l'arm√©e d'Isra√ęl, et il est naturel de supposer que cette bataille, comme tant d'autres, eut lieu dans la plaine de Jizr√©el¬†; √† moins que l'on ne pr√©f√®re admettre que cette localit√© n'est nomm√©e ici que comme le champ de bataille ordinaire dans ce pays. Toute cette proph√©tie est d'autant plus remarquable qu'elle a √©t√© prononc√©e √† une √©poque o√Ļ rien ne faisait pr√©voir la d√©cadence et la chute d'Isra√ęl. Jamais ce royaume n'avait √©t√© aussi prosp√®re que sous J√©roboam II (voir introduction).

      6

      Par le nom de la fille du proph√®te, Dieu d√©clare au peuple que le temps de sa patience a pris fin. Le sort de Juda est distingu√© de celui d'Isra√ęl : Juda sera graci√©, mais son salut sera l'effet, non de sa propre puissance militaire ou d'un secours √©tranger, mais de la seule volont√© de Dieu. Et, en effet, l'Eternel d√©livra miraculeusement Ez√©chias, roi de Juda, de l'arm√©e de Sanch√©rib (2Rois 19.1-37) tandis que, peu de temps auparavant, Isra√ęl succombait sous les coups de la m√™me puissance assyrienne.

      9

      Quel avertissement et quelle menace pour Isra√ęl que le nom de ce nouvel enfant¬†! Ne plus √™tre le peuple de Dieu, c'est tout perdre¬†; car ce n'est que gr√Ęce √† cette position privil√©gi√©e qu'Isra√ęl subsiste au milieu de ses puissants voisins. Cette d√©claration implique que tous les liens form√©s entre Dieu et Isra√ęl depuis la sortie d'Egypte, vont √™tre bris√©s.

      10

      10 et 11 Ces deux versets commencent dans le texte h√©breu un nouveau chapitre. Nous pensons plut√īt qu'ils forment avec le premier verset du chapitre 2 la conclusion du r√©cit du chapitre 1.

      On est frapp√© de la transition si brusque de la menace √† la promesse¬†; ce trait se retrouvera souvent dans le proph√®te Os√©e¬†; son cŇďur plein d'amour semble press√© de relever ceux qu'il vient de traiter si s√©v√®rement, lors m√™me qu'il n'en a pas encore fini avec les reproches √† leur adresse (comparez 2.14-23).

      Le nombre des fils d'Isra√ęl... Le proph√®te annonce dans l'avenir non seulement un r√©tablissement, mais un accroissement incommensurable du peuple¬†; ce sera l'accomplissement de la promesse Gen√®se 22.17.

      Et l√† o√Ļ on leur disait... Le proph√®te veut parler de toutes, les contr√©es de la terre o√Ļ Isra√ęl aura √©t√© dispers√©. On ne le reconnaissait plus, dans cet √©tat de d√©ch√©ance, pour le peuple de Dieu. Mais le jour viendra o√Ļ on le reconna√ģtra de nouveau pour son peuple et m√™me pour sa famille : fils du.Dieu vivant... Une telle reconnaissance suppose n√©cessairement chez les pa√Įens de la part desquels elle a lieu, la reconnaissance du Dieu vivant. Comme les Juifs √©taient devenus en quelque sorte pa√Įens avec eux, eux sont √† leur tour graci√©s avec les Juifs¬†; et c'est pourquoi dans le Nouveau Testament cette parole leur est express√©ment appliqu√©e (Romains 9.25-26¬†; 1Pierre 2.10).

      11

      Et les fils de Juda... se donneront un m√™me chef... Par le retour des dix tribus √† David et √† sa famille, le schisme prendra fin. Il avait √©t√© voulu de Dieu, il est vrai, mais uniquement comme ch√Ętiment momentan√©, et la dynastie de David n'en restait pas moins la seule qui e√Ľt re√ßu les promesses (2Samuel 7.1-29). L'avenir du peuple √©tait donc li√© √† celui de cette famille. Aussi le retour √† David est-il toujours envisag√© comme l'id√©al. Cet id√©al voulu de Dieu se r√©alisera pleinement, quand le vrai David, le Messie, sera devenu le seul roi et chef de son peuple, et que tout Isra√ęl sera sauv√© (Romains 9.26)¬†; alors seulement s'accomplira cette proph√©tie. Il y a eu sans doute d√©j√†, au temps de Zorobabel, un premier retour du peuple dirig√© par ce chef issu de la famille de David, mais ce ne fut qu'une partie du peuple qui rentra alors en Jud√©e.

      Et monteront hors du pays... Ce pays ne peut √™tre la Palestine, Canaan √©tant toujours dans l'Ancien Testament le symbole du bonheur. C'est ici une allusion √† Exode 1.10¬†; le pays, c'est l'Egypte, comme type de toutes les contr√©es o√Ļ le peuple aura √©t√© exil√© et dispers√©¬†; le terme monter s'explique, parce qu'il faut monter pour aller d'Egypte en Canaan.

      Car grande est la journ√©e de Jizr√©el... Une nouvelle journ√©e de Jizr√©el se l√®vera, et elle sera l'oppos√© de la pr√©c√©dente (verset 5). Celle-ci avait amen√© la ruine d'Isra√ęl, et avait justifi√© le nom de Jizr√©el, dans le sens f√Ęcheux de Dieu disperse¬†; la journ√©e nouvelle justifiera aussi ce nom, mais dans le sens favorable de Dieu s√®me. Tout Isra√ęl r√©uni deviendra une sainte semence, une glorieuse plantation de Dieu (14.5-7¬†; Esa√Įe 61.3). Cette promesse se rapporte sans doute au peuple de Dieu des derniers temps, qui comprendra √† la fois l'Isra√ęl converti et l'Eglise des Gentils formant ensemble le peuple messianique¬†; ainsi seulement s'expliquent les expressions : en aussi grand nombre que le sable de la mer qui ne peut ni se mesurer ni se compter (verset 10).

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