Actes 9

    • 1 Saul de Tarse devient ap√ītre de J√©sus.

      Chapitre 9.

      1 à 19 Conversion de Saul.

      Encore, ce mot nous reporte à Actes 8.1-13.

      La haine de Saul contre les disciples du Seigneur n'avait pas été assouvie par la persécution qui a ravagé l'Eglise de Jérusalem ; il respire la menace et le meurtre, comme on respire l'air ; dans l'original, ces compléments sont au génitif pour indiquer l'élément de son souffle : il respire de menace et de meurtre, c'est-à-dire de désir de tuer ; cette passion était devenue sa vie.

      Paul d√©crira lui-m√™me avec plus d'√©nergie encore cet √©tat d'√Ęme. (Actes 22.4,26.11)

      Les historiens se sont souvent demandé si une certaine préparation morale ne précéda pas pour Saul le miracle de sa conversion.

      Sans diminuer en rien la r√©alit√© de ce miracle, des th√©ologiens √©vang√©liques, dans le d√©sir bien naturel de montrer la possibilit√© psychologique d'une telle transformation, ont suppos√© que Saul avait d√Ľ recevoir de la mort d'Etienne, de sa foi triomphante, de sa pri√®re pour ses bourreaux, une impression profonde¬†; que ses discussions avec les chr√©tiens, (Actes 6.9, note) leurs r√©ponses dans les interrogatoires qu'il leur faisait subir quand il les arr√™tait, (Actes 8.3) l'avaient √©branl√© dans ses id√©es juives, et lui avaient inspir√© des doutes sur la voie qu'il suivait, des scrupules sur la l√©gitimit√© de la pers√©cution.

      Cela est possible¬†; mais il faut tenir compte du caract√®re ardent et absolu de Saul¬†: de telles pens√©es, si r√©ellement elles se sont produites, furent bient√īt √©touff√©es par sa conviction de la saintet√© de la loi mosa√Įque et par son orgueil de pharisien, en sorte que sa haine aveugle contre les chr√©tiens devint du fanatisme.

      Saul pensait servir Dieu en s'efforçant d'anéantir une secte impie à ses yeux. (Jean 16.2)

      Seulement il était sincère dans son erreur ; et cette sincérité, ce ferme dessein d'obéir à Dieu, (Jean 7.17) fut probablement toute sa préparation intérieure.

      On l'a dit avec raison, un Ca√Įphe plus hypocrite que fanatique, guid√© par les int√©r√™ts de son ambition et non par la pr√©occupation de faire la volont√© de Dieu n'aurait pu √™tre converti comme Saul.

      L'ap√ītre lui-m√™me affirmera plus tard que tel √©tait bien son √©tat d'√Ęme imm√©diatement avant sa conversion. (Galates 1.13 et suivants, 1Timoth√©e 1.13-15)

      Celle-ci fut un coup de foudre qui l'atteignit comme il marchait avec assurance dans la voie du pharisa√Įsme pers√©cuteur, (Philippiens 3.4-6) la gr√Ęce divine le "saisit" (Philippiens 3.12) dans son aveuglement et son orgueil¬†; il dut en √©prouver la souveraine puissance, afin de devenir, comme d'autres apr√®s lui, un Augustin, un Luther, un Calvin, l'ap√ītre de la gr√Ęce. (Comparer verset 19, note.)

      2 Damas √©tait l'antique capitale de la Syrie Nous savons, par l'historien Jos√®phe, que la population juive y √©tait extr√™mement nombreuse. Une Eglise chr√©tienne y √©tait n√©e, soit que des Juifs de Damas, s'√©tant rendus √† J√©rusalem √† l'occasion des f√™tes, en eussent rapport√© la semence de l'Evangile, soit que celle-ci e√Ľt √©t√© port√©e jusqu'√† Damas, par la dispersion des chr√©tiens de J√©rusalem, qui venait d'avoir lieu. (Actes 8.1)

      Saul s'était donc muni de lettres du souverain sacrificateur pour les synagogues, auxquelles les chrétiens de Damas se rattachaient encore. Il espérait se saisir d'eux par l'entremise des chefs de ces synagogues. En effet, la juridiction du sanhédrin était reconnue par tous les Juifs, même à l'étranger. L'autorité civile aurait pu s'opposer a cette persécution ; mais les Romains laissaient aux tribunaux juifs l'exercice de la justice ; ils se réservaient seulement d'appliquer la peine de mort.

      - Le mot de synagogues, au pluriel, montre aussi combien les Juifs étaient nombreux à Damas, puisqu'ils y avaient plusieurs maisons de prière.

      Le mot qui désigne l'Eglise, ordinairement traduit par secte, signifie proprement voie, chemin, c'est-à-dire une certaine direction, une conduite que suivent les hommes. Cette désignation ne se trouve que dans le livre des Actes. (Actes 19.9 ; 22.4 ; 24.14,22 ; comparez Actes 18.25,26)

      L'expression¬†: s'il en trouvait quelques uns, ne met pas en doute qu'il y e√Ľt des chr√©tiens √† Damas mais signifie¬†: ceux qu'il trouverait, qu'il pourrait atteindre.

      3 Cette lumière, qui resplendissait (grec comme l'éclair) en plein midi, (Actes 22.6) plus éclatante que la splendeur du soleil, (Actes 26.13) c'était la gloire même du Seigneur, dans laquelle il apparaissait à Saul de Tarse. (Actes 9.17,27 ; 26.16)

      Celui ci le vit¬†; (Actes 22.14) et longtemps apr√®s, le pers√©cuteur, devenu ap√ītre, affirmait express√©ment qu'il avait "vu le Seigneur," et fondait sur ce fait son autorit√© apostolique. (1Corinthiens 9.1)

      Bien plus, il mettait cette apparition du Seigneur sur la m√™me ligne que celles dont furent favoris√©s les autres ap√ītres apr√®s la r√©surrection de J√©sus. (1Corinthiens 15.8)

      5 Saul entendit distinctement une voix et des paroles.

      Quelle impression dut produire sur lui son nom, deux fois prononcé, et ce reproche terrible : pourquoi me persécutes-tu ? Mais il lui fallait plus de clarté encore.

      En r√©ponse √† sa question¬†: Qui es-tu¬†? prononc√©e avec respect, comme le montre le titre de Seigneur, il entend le nom de ce J√©sus qu'il ha√Įssait, qu'il pers√©cutait, mais qu'il voit maintenant dans la gloire¬†!

      La réponse du Seigneur porte littéralement : Moi, je suis Jésus que toi tu persécutes.

      Moi, toi, quel contraste ! Mais comment Saul pouvait-il persécuter Jésus ? En la personne de ses disciples, avec lesquels le Sauveur s'identifie dans son tendre amour pour eux. (Comparer Luc 10.16 ; Matthieu 25.40)

      Le texte reçu porte, à la fin de verset 5 et au commencement de verset 6 : Il t'est dur de regimber contre les aiguillons.

      - Tremblant et √©pouvant√©, il dit¬†: Seigneur, que veux tu que je fasse¬†? Et le Seigneur lui dit¬†: L√®ve-toi...Ces mots qui, √† cette place, ne se trouvent dans aucun majuscules, ont √©t√© emprunt√©s aux deux autres r√©cits de la conversion de Saul, (Actes 22.10¬†; 26.14) o√Ļ ils sont authentiques.

      6 Grec : Il te sera dit ce que tu dois faire.

      Cela lui sera dit par ces chr√©tiens que jusqu'ici il avait ha√Įs et m√©pris√©s. En attendant, il n'a qu'√† croire et √† ob√©ir.

      7 Les hommes qui faisaient route avec lui étaient les gens de la "caravane" (Luc 2.44) avec laquelle Saul voyageait.

      Il ne s'agit pas de serviteurs qu'il aurait eu sous ses ordres, ni de soldats qui lui auraient servi d'escorte.

      Il y a dans ce verset deux faits, sans importance, qui ne concordent pas avec les autres relations de la conversion de Saul :

      1¬į D'apr√®s Actes 26.14, ceux qui l'accompagnaient tomb√®rent avec lui par terre, ici, ils restent debout, muets d'√©pouvante.

      2¬į Dans notre verset, tous entendent la voix, mais ne voient personne, tandis que selon Actes 22.9, ils "virent bien la lumi√®re, mais n'entendirent pas la voix."

      On peut supposer que ces hommes entendirent une voix, un son, mais non des paroles, car celles-ci √©taient destin√©es √† Saul, et prononc√©es d'ailleurs "en langue h√©bra√Įque." (Actes 26.14¬†; comparez Jean 12.29, o√Ļ se reproduit un ph√©nom√®ne semblable.)

      De même, ils ne virent personne, aucune forme distincte, mais seulement une lumière.

      Telle est l'explication de Reuss et de beaucoup d'exégètes.

      8 Il ne voyait rien, parce qu'il était aveugle.

      (Le texte reçu, contre le témoignage de Sin, B, versions, porte : il ne voyait personne, ce qui signifierait, non qu'il ne voyait plus le Seigneur, mais plus aucun de ses compagnons de voyage.)

      La c√©cit√© fut caus√©e par l'√©blouissement de la lumi√®re. (Actes 22.11) Gr√Ęce √† cette dispensation de Dieu, Saul fut, pour un temps, isol√© du monde ext√©rieur et concentr√© en lui-m√™me. Il faut tout d'abord qu'il se laisse humblement conduire par la main et qu'il entre ainsi √† Damas, non plus comme un inquisiteur redout√©, mais comme un pauvre aveugle, bris√©, plein d'angoisse, d√©pendant des hommes.

      Telle fut la première phase de sa conversion.

      9 Ces trois jours furent pour Saul de Tarse le temps de sa naissance à une vie nouvelle. (Galates 2.20 ; 2Corinthiens 5.14-17)

      Il sait maintenant que ce Jésus qu'il persécutait dans ses disciples vit au sein de la gloire ; il l'a vu et entendu.

      Une profonde et douloureuse repentance s'est empar√©e de son √Ęme. S√©par√© du monde par sa c√©cit√©, seul avec sa conscience et son Dieu, il se pr√©pare par le je√Ľne et la pri√®re (verset 11) au message que le Seigneur lui a annonc√©. (verset 6)

      C'est alors que pour la premi√®re fois, il descendit jusqu'au fond de son cŇďur et que tout un monde nouveau s'y r√©v√©la √† lui, c'est l√† sans aucun doute, qu'il fit les exp√©riences qu'il nous a d√©crites lui-m√™me dans la page la plus saisissante de ses lettres, le chapitre 7 de l'√©p√ģtre aux Romains. (Romains 7)

      11 Le Seigneur (J√©sus) ne laisse pas son Ňďuvre inachev√©e. Apr√®s s'√™tre r√©v√©l√© √† Saul, il appela, dans une vision, nocturne, en un songe, (Actes 16.9) ou de jour, en un √©tat d'extase, (comparer¬†: Actes 10.3,10) le disciple qui devait terminer l'Ňďuvre de la conversion de Saul et lui rendre la vue. (verset 17) M√™me appel et m√™me r√©ponse 1Samuel 3.1.

      - Ananias (h√©br. Chanania, l'Eternel m'a fait gr√Ęce, Actes 5.1) √©tait, d'apr√®s son nom, un Juif converti. (Voir sur ce disciple Actes 22.12)

      - La rue Droite √©tait probablement la longue rue qui aujourd'hui encore partage la ville de Damas en deux parties et s'√©tend de la porte orientale √† la porte occidentale. Pr√®s de cette derni√®re, on montre au voyageur une maison qui aurait √©t√© celle o√Ļ Saul logea.

      - Tarse √©tait la capitale de la Cilicie, province de l'Asie Mineure, limit√©e au sud par la mer M√©diterran√©e, au nord par la haute cha√ģne du Taurus.

      Les historiens anciens nous dépeignent Tarse comme une ville distinguée par sa culture scientifique et littéraire. Elle était pour l'Asie, disent-ils, ce qu'était Athènes pour la Grèce et Alexandrie pour l'Egypte.

      On a pu naturellement en conclure que Saul, élevé dans un tel milieu, bien que né au sein d'une famille juive, dut être dès sa jeunesse instruit dans les lettres grecques.

      - Une circonstance doit encourager Ananias √† remplir la mission que le Seigneur lui confie¬†: il trouvera Saul dans la meilleure disposition pour le recevoir et l'√©couter¬†: car voici, il prie. Jamais encore il n'avait pri√© ainsi. Sa pri√®re fut la premi√®re respiration ou le premier cri de l'√Ęme qui na√ģt √† la vie.

      12 Tel √©tait le but de la mission d'Ananias. Le Seigneur, r√©pondant √† la pri√®re de Saul, lui a fait conna√ģtre par une vision qu'il va lui envoyer un fr√®re qui sera pour lui un messager de bonne nouvelle et qui lui rendra la vue.

      Les mots en vision manquent dans Sin., A. Tischendorf, Nestle et d'autres les omettent.

      14 Ces objections d'Ananias √©taient bien naturelles. Il ne faut pas y voir une marque d'incr√©dulit√© ou un refus d'ob√©ir, mais bien plut√īt l'abandon filial avec lequel il expose tous ses doutes, afin que le Seigneur lui-m√™me les dissipe.

      - Ananias avait probablement été informé du but de la venue de Saul à Damas par des lettres de chrétiens de Jérusalem qui avertissaient les chrétiens de Damas de se tenir sur leurs gardes. De là ses objections.

      - Les chrétiens sont appelés ici, pour la première fois dans le Nouveau Testament, des saints, (Actes 9.32,41 ; 26.10) des hommes mis a part du monde, consacres à Dieu et destinés à devenir saints en réalité. (Romains 1.7, note ; comparez Daniel 7.18,22)

      Déjà ils appartiennent au Seigneur : tes saints, dit Ananias.

      Notre passage contient une autre désignation remarquable des disciples de Jésus : ceux qui invoquent ton nom. (Comparer Actes 9.21 ; 7.59 note ; comparez Actes 2.21 et 1Corinthiens 1.2, 3e note.)

      16 Afin de convaincre Ananias, le Seigneur lui d√©voile la grande vocation du future ap√ītre¬†; il lui en pr√©sente le double caract√®re¬†: l'activit√© qu'il d√©ploiera et les souffrances qu'il endurera pour le nom de J√©sus.

      Grec¬†: il m'est un vase d'√©lection, c'est-√†-dire un instrument choisi pour mon service et destin√© √† porter mon nom, en premier lieu devant les nations, c'est-√†-dire les pa√Įens¬†; telle sera la principale vocation de Paul, et ce n'est qu'en seconde ligne qu'il portera le nom de J√©sus devant les rois (H√©rode Agrippa, Actes 26, N√©ron) et devant les fils d'Isra√ęl.

      - Une telle mission entra√ģnera de grandes souffrances.

      Je lui montrerai, dit le Seigneur, soit par des r√©v√©lations (de Wette, Ebrard, Wendt), soit plut√īt dans le cours de sa vie m√™me (Meyer, Holtzmann), tout ce qu'il faut qu'il souffre pour mon nom.

      Cette prophétie, qui s'est abondamment accomplie dans la vie de Paul (2Corinthiens 11 et 2Corinthiens 12), annonçait l'ardent amour que devait avoir pour Jésus celui qui jusqu'ici l'avait persécuté.

      - Il faut remarquer le mot trois fois répété : ton nom, mon nom, (versets 14,15,16) ce nom de Jésus, qui est l'expression de tout son être.

      17 Avec quel amour Ananias aborde cet homme qui était venu à Damas pour persécuter les chrétiens !

      Lui imposer les mains, sans doute en priant, était déjà lui donner un témoignage d'affection propre à lui inspirer confiance.

      Aveugle, Saul ne voyait pas celui qui le touchait et lui parlait ; mais avec quelle émotion il dut entendre cette parole : Saul, frère !

      Ananias expose ensuite simplement le message qu'il a re√ßu du Seigneur et qui devait avoir ce double r√©sultat¬†: que Saul recouvr√Ęt la vue et qu'il f√Ľt rempli d'Esprit saint.

      On peut supposer que l'Esprit descendit sur lui, soit quand Ananias lui imposa les mains, soit au moment du baptême. (verset 18)

      18 Il tomba de ses yeux comme des écailles.

      L'auteur veut-il dire qu'une couche de mati√®res qui couvraient les yeux de l'ap√ītre fut enlev√©e¬†?

      Il se sert plut√īt de cette image pour caract√©riser l'impression qu'√©prouva Saul quand tout √† coup la vue lui fut rendue.

      La soudaineté de sa guérison est marquée dans le texte reçu par ce mot qui manque dans Sin., B, A, C : à l'instant il recouvra la vue.

      On pourrait rendre l'idée en disant : "comme si un voile lui était tombé de devant les yeux." Cette guérison fut un miracle de la puissance de Dieu. Quel souvenir Saul dut garder de cette expérience !

      Le futur ap√ītre fut baptis√© par un simple disciple. L'Ecriture n'enseigne pas le sacerdoce universel en th√©orie seulement, mais par des faits.

      Le Seigneur a institué le ministère de la Parole, afin de pourvoir à l'instruction et au bon ordre dans l'Eglise, mais le droit et le devoir de tous les vrais croyants subsiste.

      Ici, l'exercice de ce droit avait encore une raison importante¬†: si Saul avait √©t√© baptis√© par un ap√ītre, cela l'aurait mis dans une sorte de d√©pendance √† son √©gard. Il aurait pu para√ģtre qu'il tenait sa mission de cet ap√ītre. Or il importait qu'il n'en f√Ľt pas ainsi. (Galates 1.1)

      19 19 à 30 Première activité de Saul converti. Sa visite à Jérusalem.

      Saul ne mit fin √† son long je√Ľne, effet de sa repentance profonde, qu'apr√®s son bapt√™me.

      Alors ses forces, épuisées par les émotions et par la privation de nourriture, lui revinrent (grec il prit des forces).

      - La conversion de Saul a eu pour l'Eglise chrétienne des conséquences incalculables. Elle constitue, à elle seule l'apologie la plus puissante de l'Evangile. Elle prouve de la manière la plus évidente que Jésus est ressuscité, (1Corinthiens 15.3-8,14,15) qu'il est vivant et tout-puissant pour attirer les hommes à lui et établir son règne sur la terre. (Matthieu 28.18-20 ; Jean 12.32)

      Que cette conversion ait √©t√© op√©r√©e par le Sauveur glorifi√©, qu'elle suppose son intervention personnelle, c'est ce qui est attest√© par l'ap√ītre lui m√™me, non seulement dans le double r√©cit qu'il en fit devant le peuple de J√©rusalem et devant Agrippa (Actes 22 et Actes 26), mais par de nombreux t√©moignages de ses √©p√ģtres. (Galates 1.1,13-16¬†; 1Corinthiens 9.1¬†; 15.8¬†; 1Timoth√©e 1.13-15)

      Il distingue nettement l'apparition de J√©sus qu'il vit sur le chemin de Damas des visions qui lui furent accord√©es en d'autres temps¬†; (Actes 18.9,22.17,18) il l'assimile aux apparitions du Seigneur aux premiers disciples dans les jours qui suivirent sa r√©surrection. Il est donc impossible d'admettre que la conversion de Saul fut une crise tout int√©rieure, produite uniquement par des causes psychologiques et morales. Si l'ap√ītre Paul a √©t√© dans sa vie le plus puissant t√©moin de J√©sus ressuscit√©, il l'est d√©j√† par le fait m√™me de sa conversion.

      Saul, avec les disciples, en communion d'esprit et de cŇďur avec eux c'est l√† le sceau de sa conversion. Le pers√©cuteur fanatique est lui-m√™me un disciple de J√©sus et va devenir le plus grand de ses ap√ītres et de ses missionnaires.

      20 Cette indication se heurte à des objections.

      D'apr√®s le r√©cit de Luc, Saul serait rest√© √† Damas assez longtemps (verset 23, note) et aurait commenc√© son apostolat imm√©diatement apr√®s sa conversion. (versets 20-22) La pers√©cution des Juifs l'aurait oblig√© bient√īt √† quitter Damas et il aurait fait alors son premier voyage √† J√©rusalem. (versets 23-26)

      Mais nous avons, sur cette √©poque de sa vie, une relation de l'ap√ītre lui-m√™me, qui pr√©sente avec celle de Luc de notables diff√©rences.

      Paul nous apprend :

      1¬į "que lorsqu'il plut √† Dieu de r√©v√©ler son Fils en lui (c'est ainsi qu'il d√©signe sa conversion), aussit√īt, sans consulter la chair et le sang, il ne monta point √† J√©rusalem vers ceux qui avaient √©t√© ap√ītres avant lui, mais s'en alla en Arabie¬†;" (Galates 1.15-17)

      2¬į qu'apr√®s ce s√©jour en Arabie "il revint de nouveau √† Damas¬†;"

      3¬į que ces deux s√©jours, tant en Arabie qu'√† Damas, dur√®rent trois ans, au terme desquels seulement il "monta √† J√©rusalem pour faire la connaissance de C√©phas, et il demeura quinze Jours chez lui, mais ne vit aucun autre des ap√ītres, sinon Jacques, fr√®re du Seigneur."

      Paul attache une grande importance à ce récit des faits qui suivirent sa conversion, puisqu'il ajoute : "Dans les choses que je vous écris, je proteste devant Dieu que je ne mens point." (Galates 1.18-20)

      - Les ex√©g√®tes ont cherch√© de diverses mani√®res √† concilier ces deux relations, tous admettant d'ailleurs que celle de Paul lui-m√™me doit servir de r√®gle. Les uns, pour faire rentrer le voyage en Arabie dans le r√©cit de Luc, le placent entre verset 22 et Actes 23¬†; d'autres, apr√®s sa fuite de cette ville. (verset 25) Mais il est √©vident que la premi√®re supposition brise le r√©cit de Luc, qui ne comporte point une absence √† ce moment, et quant √† la seconde, est-il probable que l'ap√ītre serait revenu √† Damas apr√®s sa fuite et aurait pu y s√©journer encore, comme le raconte l'√©p√ģtre aux Galates¬†?

      - Il faut donc reconna√ģtre franchement que le aussit√īt de Paul (Galates 1.16) contredit le aussit√īt de Luc. Celui-ci aura √©t√© √©gar√© par des renseignements incomplets. Son r√©cit trahit du reste quelque incertitude¬†: apr√®s avoir dit que Saul, apr√®s sa conversion, fut quelques jours avec les disciples √† Damas, (verset 19) il suppose (verset 23, note) qu'un "assez grand nombre de jours" s'√©taient √©coul√©s, quand la pers√©cution obligea Saul √† fuir Damas. Il a confondu les deux s√©jours que l'ap√ītre fit dans cette ville √† un intervalle de quelques ann√©es.

      Apr√®s sa conversion, Saul ne passa que quelques jours avec ses nouveaux fr√®res. Quel devait √™tre alors le besoin profond de son √Ęme¬†? De pr√™cher dans les synagogues (verset 20) de disputer avec les Juifs¬†? nullement¬†! Lui qui, par de graves raisons, ne voulait pas que l'√©v√™que f√Ľt un nouveau converti, (1Timoth√©e 3.6) se sentait encore trop faible dans la connaissance et l'exp√©rience chr√©tienne il √©prouvait le besoin du recueillement, de la pri√®re, d'une silencieuse communion avec Dieu, qui lui permit de recevoir de nouvelles lumi√®res, de nouvelles forces, m√™me des r√©v√©lations nouvelles. (Galates 1.12¬†; Eph√©siens 3.3)

      Voilà ce qu'il alla chercher dans une retraite prolongée en quelque contrée de l'Arabie. Puis il revint à Damas, et c'est à cette seconde visite que s'adapte fort bien le récit de Luc. (versets 20-30)

      Le texte reçu porte : il prêchait Christ. Mais c'était bien Jésus (Sin., B, A, C) que Paul, dès ce premier commencement de son apostolat, prêcha comme étant le Fils de Dieu. La nature divine du Sauveur s'était révélée à lui dans l'apparition de Jésus sur le chemin de Damas.

      Il est dit ensuite à verset 22 qu'il "démontrait que ce même Jésus est le Christ," le Messie, l'Oint de l'Eternel.

      Le titre de Fils de Dieu r√©v√®le la nature du Sauveur, le titre de Christ son office et sa royaut√© dans l'Ňďuvre de la r√©demption. Ces deux termes ne sont point √©quivalents.

      22 L'étonnement des auditeurs de Paul se comprend encore mieux au point de vue de ceux qui pensent que le nouveau converti prêcha immédiatement dans les synagogues ; (verset 20, note) mais il n'est point inadmissible si cette prédication n'eut lieu qu'après le voyage en Arabie.

      A Damas, on ne pouvait avoir oublié ni les persécutions de Saul, ni le but de sa précédente venue dans cette ville. Et sa prédication puissante de l'Evangile était bien propre à causer cet étonnement. (Comparer verset 26, note.)

      Celui qui persécutait (grec ravageait). Paul emploie, dans Galates 1.13,23, le même verbe pour caractériser sa conduite à l'égard des chrétiens.

      Saul se fortifiait de plus en plus il s'affermissait dans ses convictions chr√©tiennes et dans la possession de la gr√Ęce de Dieu.

      En conséquence de ces progrès sa prédication devenait de plus en plus une "démonstration d'esprit et de puissance"

      Nous pr√©f√©rons entendre ainsi le verbe¬†: il se fortifiait, plut√īt que de le joindre au suivant et de traduire avec Stapfer¬†: "Il mettait chaque jour plus de force √† confondre les Juifs."

      23 Lorsqu'un assez grand nombre de jours furent accomplis, cette expression peut désigner un temps prolongé ; (Actes 18.18) elle ne peut en aucun cas être équivalente aux quelques jours de verset 19.

      Ainsi même le récit de Luc suppose un second séjour de Paul à Damas. (verset 20, note.)

      - Ici d√©j√† l'ap√ītre, d√®s les premiers pas dans sa carri√®re, √©prouve la violente opposition des Juifs, dont il aura tant √† souffrir jusqu'√† la fin.

      25 L'ap√ītre lui-m√™me rappelle ces faits comme faisant partie des humiliations qu'il eut √† souffrir √† Damas. (2Corinthiens 11.32,33)

      Seulement il nous apprend, dans ce passage, que ceux qui gardaient les portes de la ville étaient des soldats du gouverneur qui commandait à Damas au nom du roi Arétas. Le gouverneur agissait sans doute à l'instigation des Juifs.

      - Les disciples qui sauvèrent la vie de Paul furent, selon la leçon de Sin., B, A, C, ses disciples. Ainsi il dut son salut à ceux qu'il avait conquis pour Jésus-Christ, par sa prédication à Damas.

      26 Ce premier voyage de Paul à Jérusalem, qui eut lieu trois ans après sa conversion, (verset 20, note) est celui dont il nous parle luimême, Galates 1.18,19.

      Il nous apprend que son but était de s'entretenir avec Pierre, et qu'il demeura quinze jours chez lui.

      - Il est difficile, au premier abord, de comprendre la défiance des chrétiens de Jérusalem à l'égard de Saul, car ils avaient certainement appris sa conversion qui datait de trois ans.

      Faut-il en conclure, avec Meyer et d'autres, que le récit de Luc n'est pas exact en ce point ?

      Avant de formuler cette conclusion, on doit au moins considérer que Luc ne dit pas que ces chrétiens ignoraient encore le changement opéré en Paul, mais qu'ils ne croyaient pas à sa réalité.

      Et combien cela était naturel ! Paul avait quitté Jérusalem comme un persécuteur fanatique, qui ravageait l'Eglise ; puis il avait longtemps disparu pendant sa retraite en Arabie. Son séjour et sa prédication à Damas étaient trop récents pour que des nouvelles circonstances eussent pu en arriver à Jérusalem.

      Et maintenant il repara√ģt tout √† coup √† J√©rusalem au milieu de ceux qu'il a pers√©cut√©s, et ils n'auraient pas manifest√© quelque d√©fiance¬†? Le cŇďur de l'homme si prompt √† croire le mal, l'est-il autant √† croire le bien¬†? Au reste, nous avons ici le t√©moignage de Paul lui-m√™me, nous disant qu'√† cette √©poque il √©tait inconnu de visage aux Eglises de Jud√©e, et que seulement elles avaient "entendu dire" que l'ancien pers√©cuteur annon√ßait l'Evangile. (Galates 1.22,23)

      27 La première mention de Barnabas se lit à Actes 4.36.

      Nous le retrouverons bient√īt comme le compagnon de Paul dans son premier voyage de mission.

      C'est lui qui l'introduit aupr√®s des ap√ītres et leur raconte l'√©v√©nement qui s'est accompli sur le chemin de Damas et les preuves que Paul a donn√©es d√®s lors de sa conversion par sa fid√®le et courageuse pr√©dication de l'Evangile. Barnabas en avait √©t√© instruit soit par des renseignements particuliers qu'il avait re√ßus de Damas soit par les r√©cits de Paul lui-m√™me.

      - Il est encore un d√©tail du r√©cit de Luc qui para√ģt en contradiction avec l'√©p√ģtre aux Galates¬†; (Galates 1.18,19) Luc dit que Paul fut pr√©sent√© aux ap√ītres, tandis que, d'apr√®s ses propres affirmations, il ne vit que Pierre et Jacques, fr√®re du Seigneur.

      Luc a pu sans doute ignorer cette circonstance, mais il n'est pas inadmissible qu'il ait compris sous ce titre d'ap√ītres un personnage tel que Jacques, qui eut de bonne heure une influence pr√©pond√©rante dans l'Eglise de J√©rusalem. (Comparer Actes 12.17)

      30 Le séjour de Paul à Jérusalem ne dura que quinze jours, mais ce temps suffit pour que les faits racontés par Luc aient pu se passer. (Voir sur les Hellénistes Actes 6.1, 2e note.)

      Dans cette occasion encore, ce sont les fr√®res qui sauv√®rent Paul des emb√Ľches des Juifs.

      D'après Actes 22.17-21, le Seigneur luimême, apparaissant à Paul dans le temple, lui ordonna de quitter Jérusalem.

      Les fr√®res le conduisirent en s√Ľret√© jusqu'√† C√©sar√©e (voir sur cette ville Actes 8.40, note), et de l√† le firent partir (grec l'envoy√®rent) pour Tarse, capitale de la Cilicie, sa patrie. (Voir sur cette ville verset 11, note.)

      Ce r√©cit se trouve confirm√© par l'ap√ītre lui-m√™me. (Galates 1.21-24) Il dit seulement¬†: "J'allai ensuite dans les contr√©es de la Syrie et de la Cilicie." Il parait r√©sulter de ces paroles qu'il traversa la Syrie pour se rendre √† Tarse, en Cilicie.

      Mais il se peut aussi qu'il soit allé par mer à Séleucie et à Antioche, pour se rendre de là en Cilicie, ou qu'il ait navigué de Césarée à Tarse et rayonné de là dans les contrées de la Syrie et de la Cilicie.

      L'expression : ils le firent partir de Césarée pour Tarse semble indiquer un voyage par mer. En tous cas, il ne demeura pas inactif pendant ce séjour dans le pays de sa naissance, il y avait en Cilicie des Eglises (Actes 13.23,41) qui, sans aucun doute, furent fondées par lui en ce temps là.

      31 Minist√®re de Pierre. Entr√©e du premier pa√Įen dans l'Eglise.

      31 √† 43 Deux miracles op√©r√©s par l'ap√ītre.

      Ce temps heureux de repos pour l'Eglise succéda à la persécution qui avait commencé par la mort d'Etienne et dont Saul avait été le principal instigateur.

      Maintenant qu'il est devenu un témoin de la vérité, l'Eglise est en paix.

      Bien plus elle fait de grands progrès au dedans et au dehors ; c'est un fruit de la persécution même.

      Au dedans, elle est édifiée comme un temple dont la construction avance vers son achèvement ; (comparer : Ephésiens 2.21,22 ; 1Pierre 2.4,5) dans la vie pratique elle marche dans la crainte du Seigneur, c'est-à-dire dans une humble obéissance à sa volonté.

      Au dehors, elle est multipliée, augmentée en nombre, et cela dans les trois provinces qui composaient la terre sainte.

      Le livre des Actes n'a point encore parlé de la prédication de l'Evangile en Galilée, mais comme Jésus y avait beaucoup de disciples, qui étaient devenus membres de l'Eglise nouvelle, la mention de cette contrée ne doit pas nous étonner.

      L'agent puissant de ces progrès de l'Eglise était le SaintEsprit, cet Esprit qui l'avait créée et qui seul y augmente la vie. Le mot que nous rendons par assistance du Saint-Esprit signifie aussi exhortation, consolation. (Actes 4.36,13.15,15.31 ; comparez Jean 14.16, note.)

      Il s'agit de l'action puissante de l'Esprit de Dieu qui dispose les √Ęmes √† √©couter et √† croire la parole, mais le r√©sultat de cette Ňďuvre est toujours aussi une consolation intime qui attire les cŇďurs et augmente l'Eglise. (Philippiens 2.1)

      On pourrait traduire aussi : Marchant dans la crainte du Seigneur et dans l'assistance du Saint-Esprit, elle se multipliait.

      Le texte reçu porte : les Eglises au lieu de l'Eglise. (Sin., B, A, C.)

      Luc, en employant le singulier, a voulu faire sentir que les disciples du Sauveur forment une belle et sainte unité même quand ils sont dispersés en différentes contrées. Ils ne constituent qu'une Eglise.

      Ce sont les erreurs et les passions des hommes qui font dispara√ģtre cette unit√© par les divisions qu'elles cr√©ent.

      32 Luc raconte ici une journ√©e dans laquelle Pierre, visitant les Eglises, fut conduit jusqu'√† C√©sar√©e, o√Ļ eut lieu la conversion de Corneille, (Actes 10) qui forme la transition naturelle √† la pr√©dication de l'Evangile parmi les pa√Įens.

      - Grec : Pierre parcourant tous les...lieux, comme sous entendent nos anciennes versions.

      Mais les commentateurs préfèrent sous-entendre le mot saints, qui se lit dans la proposition suivante.

      Il descendit à Lydde, car cette petite ville située assez près de Joppé, non loin de la mer, était à une altitude moindre que Jérusalem et la contrée montagneuse de Juda.

      Dans l'Ancien Testament, elle porte le nom de Lod, (1Chroniques 8.12 ; Esdras 2.33 ; Néhémie 11.35) qu'on retrouve aujourd'hui sous sa désignation arabe Loudd.

      34 Les mots pleins d'assurance¬†: J√©sus Christ (le Sauveur qui est le Messie) te gu√©rit, ne sont pas un vŇďu, mais une d√©claration positive, que Pierre puisait dans sa foi¬†: J√©sus te gu√©rit actuellement.

      Cette parole aussi attribuait toute la guérison au Seigneur Jésus et lui en rapportait la gloire.

      Le malade qui, d'apr√®s son nom grec, √©tait probablement un Juif hell√©niste, put ainsi apprendre √† conna√ģtre ce J√©sus qui le gu√©rissait.

      - Les mots¬†: fais ton lit toi-m√™me (grec √©tends pour toi) annoncent au pauvre paralytique que d√©sormais il pourra prendre lui m√™me les soins que jusqu'ici d'autres avaient d√Ľ prendre pour lui.

      35 Le Saron est une belle plaine, tr√®s fertile, qui s'√©tend de Jopp√© jusqu'au Carmel, le long de la mer. (Esa√Įe 33.9¬†; 35.2.65.10)

      - Le mot tous est sans doute une hyperbole ; beaucoup de ceux qui virent le malade guéri se convertirent.

      36 Grec¬†: une disciple...remplie de bonnes Ňďuvres et d'aum√īnes qu'elle faisait.

      Il était dit d'Etienne que c'était "un homme rempli de foi et d'Esprit saint d'amour et de puissance, ;" (Actes 6.5,8) ici, dans l'éloge de Tabitha, les fruits de ses vertus sont indiqués à la place des vertus mêmes.

      Par ses bonnes Ňďuvres, elle prouvait qu'elle √©tait une disciple.

      Ce mot, au féminin, ne se trouve qu'ici, dans le Nouveau Testament.

      Le nom de Tabitha en hébreu, de Dorcas en grec, signifie gazelle. Le nom de cet animal gracieux, chanté par les poètes orientaux, était fréquemment donné aux femmes.

      - Joppé en hébreu Japho, aujourd'hui Jaffa, était un port de mer assez important. C'est encore, de nos Jours, par ce port qu'on aborde ordinairement en Palestine, lorsqu'on vient de l'Egypte ou de l'Europe. Il y a environ trois heures de marche de Lydde à Joppé.

      37 Voir sur la chambre haute, qui se trouvait sur le toit en terrasse de la plupart des maisons en Orient, Actes 1.13, note.

      L'usage de laver les morts avait, chez les Juifs, un sens symbolique de pureté légale.

      38 Grec : d'après Sin., B, A, C : le priant ne tarde pas à passer jusqu'à nous.

      La grande réputation de Pierre inspira à ces chrétiens la confiance qu'il apporterait du secours, même après la mort de Dorcas.

      39 Les larmes de ces veuves indigentes, (Actes 6.1) objets des bienfaits de Dorcas, √©taient de leur part la plus touchante oraison fun√®bre et la pri√®re la plus persuasive pour l'ap√ītre de leur venir en aide.

      Elles montraient sur elles mêmes (la voie moyenne du verbe l'indique) les tuniques et les manteaux que Dorcas faisait de ses propres mains.

      41 Pierre fait sortir tout le monde probablement pour des motifs analogues √† ceux qui dict√®rent la conduite de J√©sus chez Ja√Įrus¬†; (Marc 5.38-40) puis il se met √† genoux et prie, demandant √† Dieu de r√©pondre aux larmes des pauvres veuves.

      Quand il a par la prière acquis la conviction que Dieu l'exaucera, il se tourne vers le corps inanimé et adresse la parole à la morte, comme si elle pouvait l'entendre.

      Il l'appelle de son nom hébreu Tabitha.

      L'historien peint ensuite tous les degr√©s du retour √† la vie, jusqu'au moment o√Ļ Pierre pr√©sente √† l'assembl√©e, p√©n√©tr√©e d'√©motion et de joie, Tabitha vivante.

      42 "Voyez les fruits divers de ce miracle¬†: Dieu voulait consoler les pauvres, rendre √† l'Eglise une sainte femme dont la mort avait √©t√© une grande perte, et appeler plusieurs √Ęmes √† la foi." Calvin.
      43 Les gens de ce métier étaient considérés comme impurs et avaient, à cause de cela, des habitations isolées. (Actes 10.6)

      Pierre, en demeurant chez Simon, se mettait donc, déjà alors, au dessus des préjugés de sa nation.

      Luc, en nous apprenant que Pierre prolongea un assez grand nombre de jours son séjour à Joppé, prépare le récit du chapitre suivant.

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