TopFormation Voyagez au cŇďur de l'arch√©ologie biblique !

Ephésiens 2

    • 1 Chapitre 2.

      1 √† 10 De la mort √† la vie par la gr√Ęce de Dieu.

      Vous, chr√©tiens convertis du paganisme. Ceci se lie intimement √† tout ce qui pr√©c√®de. L'ap√ītre veut montrer toute l'Ňďuvre de la r√©demption et de la gr√Ęce r√©alis√©e dans la vocation et la conversion de ses lecteurs, que Dieu a appel√©s des profondes t√©n√®bres du paganisme √† la lumi√®re et √† la vie de l'Evangile.

      L'exaltation glorieuse du Chef de l'Eglise (Eph√©siens 1.20-23) a pour suite n√©cessaire une √©l√©vation toute semblable de ses membres, quel que soit l'√©tat d√©plorable de p√©ch√© et de mort o√Ļ ils √©taient plong√©s. (Eph√©siens 2.1-7) Et tout cela est un acte de la gr√Ęce libre et gratuite de Dieu¬†; car, avant de pouvoir faire aucune Ňďuvre qui lui soit agr√©able, il faut que nous soyons nous-m√™mes son Ňďuvre, cr√©√©s de nouveau en J√©sus-Christ pour les bonnes Ňďuvres. (Eph√©siens 2.8-10)

      - Tel est le r√©sum√© de cette partie de notre √©p√ģtre. Mais, dans ces premiers versets, la construction est tout √† fait irr√©guli√®re. La phrase qui commence au verset 1 est interrompue, l'ap√ītre √©prouvant le besoin de d√©crire mieux cet √©tat de p√©ch√© et de mort (Eph√©siens 2.2,3) et d'exalter la mis√©ricorde divine qui y a trouv√© un rem√®de¬†; (Eph√©siens 2.4) puis la pens√©e et la phrase reprennent √† Eph√©siens 2.5. Ainsi ce vous du Eph√©siens 2.1 est le r√©gime direct des verbes vivifi√©s, ressuscit√©s. (Eph√©siens 2.5,6)

      Les offenses (Grec¬†: "chutes, transgressions") d√©signent les actions coupables¬†; les p√©ch√©s, c'est tout ce qui, dans l'homme, est oppos√© √† la volont√© de Dieu, soit en actes, ou en pens√©es, ou en sentiments de cŇďur.

      - Le mot morts (moralement, spirituellement) a ici, comme partout sous la plume de Paul, sa signification la plus profonde et la plus √©tendue. (Romains 1.32, note.) Dans tous les sens, le salaire du p√©ch√©, c'est la mort. L'√Ęme, s√©par√©e de son Cr√©ateur, de la source unique de toute vie v√©ritable, tombe toujours plus profond√©ment dans une mis√®re morale qui devient la mort √©ternelle¬†; et la mort physiques elle-m√™me n'a pas eu d'autre cause. (Romains 5.12, note.)

      - Le texte reçu ne dit pas vos offenses, vos péchés, mais les offenses, les péchés. Toutefois, une variante très autorisée porte vos ; c'est plus conforme au sens.

      - Il est inexact de traduire : "morts dans vos offenses, dans vos péchés" Le grec exige par, et, en effet, ces offenses et ces péchés sont la cause de la mort.

      2 Grec : "Selon le siècle de ce monde."

      On trouve dans l'Ecriture s√©par√©ment chacun de ces deux mots, (1Corinthiens 3.18,19) √† peu pr√®s synonymes, pour exprimer cet ensemble de principes, de maximes, de conduite, de p√©ch√©, qui caract√©rise la vie des hommes inconvertis¬†; mais c'est ici le seul passage o√Ļ ils soient r√©unis. Ils le sont sans doute pour donner plus d'√©nergie et d'√©tendue √† la pens√©e.

      Le si√®cle exprime peut-√™tre surtout l'ensemble des id√©es, des tendances qui ont cours √† chaque √©poque¬†; le monde en est la manifestation pratique, ext√©rieure. Les paroles qui suivent (Eph√©siens 2.2,3) d√©veloppent, en traits frappants, ce que l'ap√ītre entend par le si√®cle de ce monde, expression un peu vaguement rendue, dans nos versions, par "le train de ce monde." Luther et la Bible anglaise traduisent¬†: "le cours de ce monde."

      C'est par ces mots que l'ap√ītre d√©signe Satan, celui qui r√®gne sur "le si√®cle de ce monde" Satan exerce une domination sur le royaume des t√©n√®bres, il en est le prince. (Matthieu 12.24¬†; Jean 12.31¬†; 2Corinthiens 4.4¬†; Colossiens 1.13)

      La puissance de l'air est une d√©signation de l'empire du d√©mon, qui ne se trouve qu'ici et qui a beaucoup occup√© les interpr√®tes. Ce qu'il y a de plus probable, c'est que l'ap√ītre veut indiquer par l√† que Satan et les anges d√©chus √©tant, par leur nature, spirituels, ne sont pas, comme les hommes, li√©s √† cette terre, mais exercent leur domination dans des r√©gions sup√©rieures, que l'ap√ītre appelle ailleurs "les lieux c√©lestes." (Eph√©siens 6.12)

      Mais le c√īt√© le plus clairement pratique des enseignements de l'ap√ītre sur ce point difficile, c'est que le d√©mon qui r√©git la puissance de l'air commande aussi √† l'esprit qui agit maintenant (il agissait aussi en vous autrefois) avec efficace dans les fils de la r√©volte, de la d√©sob√©issance √† Dieu. (Colossiens 3.6)

      Le verset suivant dit assez quels sont les moyens dont il se sert. Des passages comme celui-ci (et ils abondent dans l'Ecriture) nous montrent l'importance de la doctrine myst√©rieuse du d√©mon. On ne conna√ģt le mal, dans sa nature profonde et dans toutes ses cons√©quences, que lorsqu'on le consid√®re non comme isol√© dans le monde moral, comme un vide, un manque relativement au bien¬†; non pas m√™me uniquement comme l'effet de la corruption de la nature humaine¬†; mais dans son in√©vitable connexion avec cette puissance des t√©n√®bres, dont la r√©v√©lation nous parle sans cesse, du commencement de la Gen√®se jusqu'√† la fin de l'Apocalypse.

      Chaque p√©ch√©, chaque passion mauvaise de son cŇďur, met l'homme p√©cheur en communion avec ce r√®gne t√©n√©breux d'√™tres qui ha√Įssent Dieu et qui travaillent √† la ruine de son empire dans les √Ęmes et dans le monde¬†; comme aussi chaque acte d'ob√©issance, chaque mouvement de vrai amour met l'homme en communion avec le r√®gne de Dieu, avec tout ce qui l'aime et le glorifie, soit sur la terre, soit dans le ciel. (Comparer Actes 26.18)

      Ce lien fatal qui rend celui qui fait le mal esclave du prince des ténèbres peut devenir pour lui la cause d'une inévitable ruine, comme on le voit clairement, par exemple, dans l'histoire morale d'un Judas. (Voir Jean 13.2,27)

      C'est ce que Paul exprime ici par cette "action efficace" du prince de ce monde dans les rebelles. Mais le m√™me ap√ītre montre aux chr√©tiens leur pleine d√©livrance de cette puissance dans l'Ňďuvre de la r√©demption, dont l'influence victorieuse s'√©tend jusque dans les sombres profondeurs de l'empire du mal. (Colossiens 1.13)

      3 Parmi lesquels se rapporte aux fils de la rébellion, (Ephésiens 2.2) et non aux offenses et aux péchés. (Ephésiens 2.1)

      - Nous tous y avons v√©cu autrefois, dit l'ap√ītre, ne voulant pas plus excepter les Juifs que les pa√Įens de ce jugement qui s'√©tend √† tout enfant d'Adam dans son √©tat naturel. Puis il indique en l'homme la source du p√©ch√©, ou la cause pour laquelle il vit parmi les rebelles, et le moyen par lequel le tentateur agit en lui¬†: sa corruption naturelle. La source du mal est dans les convoitises, c'est-√†-dire les mauvais d√©sirs du cŇďur charnel. (Jacques 1.14)

      Ces d√©sirs, nourris dans le cŇďur, deviennent des volont√©s, √† la fois volont√©s de la chair et des pens√©es¬†; les premi√®res ont leur source dans les sens, les secondes en sont ind√©pendantes¬†; tout l'√™tre est alors corrompu et domin√© par la chair. (Comparer Matthieu 15.19¬†; 1Pierre 4.3)

      Cette expression enfants de col√®re s'explique par une foule d'autres passages o√Ļ se trouve la m√™me fa√ßon de parler. Ainsi, les "enfants (ou fils) de r√©bellion¬†;" (Eph√©siens 2.2) "fils de la mort," que nos versions rendent par "vou√©s √† la mort¬†;" (Psaumes 79.11¬†; Psaumes 102.21¬†; 2Samuel 12.5) "fils de perdition¬†;" (Jean 17.12¬†; 2Thessaloniciens 2.3) "fils de la g√©henne¬†;" (Matthieu 23.15) et dans un sens oppos√©, "fils de paix." (Luc 10.6)

      Il y a toujours dans cette expression une profonde r√©alit√©¬†: elle indique l'origine, la source (la paternit√©) d'o√Ļ d√©rivent les dispositions ou l'√©tat moral dont il s'agit. Aussi trouvons-nous ici le mot enfants de col√®re dans un rapport intime avec celui-ci¬†: par nature, auquel nous allons revenir.

      Un enfant de col√®re est un homme qui, non seulement est digne de la col√®re de Dieu, mais qui de fait est l'objet de cette col√®re, c'est-√†-dire de la sainte indignation que Dieu √©prouve pour le mal, et qui est par l√† m√™me sous le poids de sa justice et de ses ch√Ętiments. (Voir √† ce sujet Jean 3.36, note, et comparez Matthieu 3.7¬†; Romains 1.18¬†; 2.5¬†; Eph√©siens 5.6¬†; Colossiens 3.6)

      L'ap√ītre va plus loin, et jette un regard plus profond dans l'origine du mal¬†; il ajoute¬†: par nature. Tous les efforts tent√©s par certains interpr√®tes pour se d√©barrasser de la doctrine du p√©ch√© originel tombent impuissants devant l'inexorable signification de ce mot. Qu'on relise la description de l'√©tat moral de l'homme naturel que fait ici l'ap√ītre, (Eph√©siens 2.1-5) et qu'on se demande¬†: d'o√Ļ peut provenir cet √©tat¬†? A cette question il n'y a d'autre r√©ponse que le fait de la chute, de la maladie inv√©t√©r√©e du p√©ch√©, h√©rit√©e de g√©n√©ration en g√©n√©ration par nature, c'est-√†-dire par la naissance.

      Nous sommes pécheurs en vertu d'une disposition innée qui porte ses fruits de mort avant même que nous ayons conscience de nos actes.

      "Ce mot par nature qui est toujours employé pour marquer les caractères essentiels et le développement propre d'une chose, par opposition aux qualités accessoires et à l'influence extérieure, (Galates 2.15 ; 4.8) nous avertit que ce qui provoque la colère de Dieu n'est pas seulement dans l'individu, mais dans la race et dans la nature humaine, bien entendu dans la nature déchue et non dans la nature primitive et normale." A. Monod.

      En effet, les autres explications qu'on a voulu donner du fait patent de la corruption humaine se réduisent aux deux suivantes : "Les hommes, nés bons, se corrompent les uns les autres" ce qui est un cercle vicieux, absurde ; ou bien : "Dieu a créé l'homme tel qu'il est," ce qui est un blasphème, faisant Dieu auteur du mal. Les enseignements de l'Ecriture sur la chute et les suites de la chute sont tous fondés sur l'idée profondément vraie que l'humanité forme devant Dieu un tout vivant et agissant selon la loi universelle de la solidarité. (Comparer Romains 5.12 et suivants)

      Cette loi, reconnue et invoqu√©e aujourd'hui par la philosophie elle-m√™me, ne d√©truit point la libert√©, ni la responsabilit√© individuelle¬†; car, si notre nature a √©t√© corrompue par le p√©ch√©, elle porte encore les traces de sa premi√®re origine, qui est de Dieu¬†; l'homme peut reconna√ģtre et d√©plorer cette corruption, et, en pr√©sence de la gr√Ęce qui lui est offerte, s'il reste dans la ruine, cette ruine ne peut √™tre attribu√©e qu'√† lui-m√™me.

      Aussi l'Ecriture ne s√©pare-t-elle jamais ces deux v√©rit√©s¬†: si c'est par un seul homme que le p√©ch√© est entr√© dans le monde, la mort r√®gne sur tous, parce que tous ont p√©ch√©¬†; (Romains 5.12) et si nous sommes d√©clar√©s enfants de col√®re par nature, il n'en reste pas moins vrai que "l'√Ęme qui aura p√©ch√©, mourra." (Ez√©chiel 18.4)

      C'est donc d√©passer la pens√©e de l'ap√ītre que d'admettre avec la doctrine augustinienne de l'imputation du p√©ch√© d'Adam que chacun de nous est responsable de la faute du p√®re de notre race.

      Mais d'autre part, la vérité profonde et d'une grande portée pratique qui est enseignée par cette parole de Paul, c'est que nous sommes les objets de la colère divine, non seulement en raison de telle ou telle faute que nous avons commise, mais en vertu de tout notre état de corruption.

      Combien notre culpabilit√© nous appara√ģt plus grande, quand nous consid√©rons qu'elle ne r√©sulte pas seulement de nos transgressions positives, mais de tout ce fonds de dispositions mauvaises que les meilleurs sentent en eux. Cette pens√©e a inspir√© notre vieille confession des p√©ch√©s¬†: "Nous reconnaissons et nous confessons que nous sommes de pauvres p√©cheurs, n√©s dans la corruption, enclins au mal..."

      7 Ces versets, (Eph√©siens 2.4-7) mis en contraste avec Eph√©siens 2.1-3, peignent en traits vivants, profonds, magnifiques, toute l'Ňďuvre de la restauration de l'homme d√©chu.

      L'ap√ītre en cherche la cause premi√®re uniquement dans la mis√©ricorde √©ternelle de Dieu, dans son amour infini, (Eph√©siens 2.4) et il en montre la puissante r√©alisation pour notre salut dans la personne et dans la vie enti√®re de J√©susChrist. (Eph√©siens 2.5,6) Il identifie les destin√©es glorieuses des rachet√©s de Christ avec celles de leur Chef lui-m√™me, en sorte que tout ce qui a lieu en lui s'accomplit aussi en eux. (Comparer Romains 6.3-11, notes¬†; Colossiens 3.4)

      "Ce qui lui arrive nous arrive, et l'histoire entière du Fils de l'homme se reproduit en l'homme qui croit en lui, non par une simple analogie morale, mais par une communication spirituelle, qui est le vrai secret de notre justification comme de notre sanctification et de notre salut tout entier." A. Monod.

      C'est pourquoi Paul exprime chacun des grands faits de notre salut par un verbe composé qui embrasse à la fois Christ et le racheté de Christ : vivifiés avec Christ, ressuscités avec lui, fait asseoir dans les lieux célestes en Jésus-Christ.

      Les deux premiers de ces verbes expriment la régénération, la création de la vie nouvelle, identifiée avec la résurrection de Jésus-Christ, qui en est la source pour ceux qui sont en communion avec lui (voir Ephésiens 1.20, note ; Colossiens 2.12,13) ; le troisième est une magnifique anticipation, une prise de possession de la gloire du ciel, même par les rachetés de Christ qui vivent et luttent encore sur la terre.

      Le Chef assis dans la gloire (il faut saisir le rapport profond avec Ephésiens 1.20) est le garant que ses membres y seront assis avec lui, et y sont déjà en espérance. Aussi Paul ajoute-t-il, sans craindre le pléonasme : en Jésus-Christ.

      - Emu de l'immense richesse d'une telle gr√Ęce, il la magnifie encore ici (Eph√©siens 2.7¬†; comparez Eph√©siens 1.6,12,14), et il la voit d'avance connue et ador√©e dans les si√®cles √† venir, non seulement sur la terre, mais dans l'√©ternit√©.

      9 L'ap√ītre, press√© par la v√©rit√© et par le besoin de son cŇďur d'attribuer toute cette Ňďuvre divine exclusivement √† la gr√Ęce de Dieu, a d√©j√† jet√© cette pens√©e dans une parenth√®se, (Eph√©siens 2.5) et a glorifi√© l'immense richesse de cette gr√Ęce √† Eph√©siens 2.7¬†; mais il y revient, il insiste. Notre r√©demption a √©t√© accomplie en J√©susChrist¬†; elle nous est donc acquise par pure gr√Ęce.

      Nous nous approprions ce salut par la foi¬†: cesse-t-il pour cela d'√™tre une gr√Ęce¬†? Bien au contraire, puisqu'il faut encore une action de cette m√™me gr√Ęce pour faire na√ģtre en nous une foi vivante.

      "La gr√Ęce est la cause premi√®re du salut¬†; la foi est le moyen par lequel il nous est appropri√©¬†; ou, si l'on veut, la premi√®re est le principe objectif du salut, la seconde en est le principe subjectif...Celle-ci peut √™tre appel√©e la main de l'homme, celle-l√† la main de Dieu." A. Monod.

      Le salut ne vient donc pas de nous, d√©claration que l'ap√ītre explique encore en ajoutant¬†: non par les Ňďuvres¬†; de sorte que le salut reste en tous sens un don de Dieu, et que nos Ňďuvres, soit avant soit apr√®s que nous avons eu part √† la gr√Ęce, ne sauraient jamais entrer pour rien dans la cause de ce salut. Elles en sont, non la cause, mais l'effet¬†: (Eph√©siens 2.10) afin que personne ne se glorifie¬†! (Voir sur ces grandes v√©rit√©s de la gr√Ęce, la foi, les Ňďuvres Romains 3.21 et suivants¬†; et Romains 4)

      10 Voil√†, expos√© avec une admirable clart√©, le rapport des Ňďuvres et de la foi dans le chr√©tien.

      Nous pouvons si peu √™tre sauv√©s par nos Ňďuvres, qu'avant d'en faire qui soient vraiment bonnes (jamais Paul ne d√©signe ainsi les Ňďuvres de la loi, faites par l'homme irr√©g√©n√©r√©), il faut que nous soyons nous-m√™mes l'ouvrage de Dieu, cr√©√©s de nouveau en J√©sus-Christ, (2Corinthiens 5.17¬†; Galates 6.15) c'est-√†-dire par une communion vivante avec lui, au moyen de la foi.

      Mais le but final, indispensable de cette cr√©ation nouvelle et spirituelle, ce sont les bonnes Ňďuvres. Quiconque n'y marche pas, prouve par cela m√™me qu'il n'a pas eu part √† cette nouvelle cr√©ation.

      Les termes dont se sert l'ap√ītre (litt√©r. "les bonnes Ňďuvres auxquelles Dieu a pr√©par√© d'avance que nous marchions en elles") peuvent laisser dans le doute si sa pens√©e est que Dieu nous a pr√©par√©s pour les bonnes Ňďuvres, ou les bonnes Ňďuvres pour nous¬†; aussi les versions et les interpr√®tes varient-ils sur ce point.

      Peut-√™tre l'ap√ītre a-t-il laiss√© ce verbe sans objet bien d√©fini, pour que la pens√©e se porte tout enti√®re sur les desseins de Dieu qu'il indique ici¬†: Dieu a tout pr√©par√© d'avance, tout rendu possible en nous par son Ňďuvre de gr√Ęce, et autour de nous dans le monde, dans son r√®gne o√Ļ il y a tant de bien √† faire, afin que nous marchions dans une vie sainte, d√©vou√©e, seule chose que l'on puisse appeler du nom de bonnes Ňďuvres.

      "Le verbe employé dans un sens indéterminé a ici une grande force," remarque Bengel.

      11 11 à 22 Ce que vous étiez, et ce que vous êtes devenus.

      Cette particule indique une conclusion tir√©e par l'ap√ītre, non seulement de Eph√©siens 2.10, mais de tout ce qui pr√©c√®de. (Eph√©siens 2.1-8)

      L'Ňďuvre de r√©demption et de r√©g√©n√©ration, accomplie par la gr√Ęce de Dieu pour tous les croyants, Juifs ou pa√Įens, a apport√©, surtout dans l'√©tat de ces derniers, un changement qui, s'ils y r√©fl√©chissent, les p√©n√©trera de reconnaissance et d'admiration. Afin de r√©veiller en eux ces sentiments, l'ap√ītre leur rappelle leur √©tat pr√©c√©dent, et le d√©crit en quelques traits √©nergiques, de mani√®re √† leur en faire sentir de nouveau toute la profonde mis√®re. (Eph√©siens 2.11,12)

      Puis il se h√Ęte de les relever par la pens√©e que Dieu les a √©gal√©s et r√©unis √† son peuple, avec lequel d√©sormais ils forment un seul peuple, une seule famille de Dieu, une seule Eglise. (Eph√©siens 2.13-22)

      C'est donc pour la seconde fois dans ce chapitre (comparez Eph√©siens 2.1-8) que l'ap√ītre trace un parall√®le saisissant entre l'√©tat de t√©n√®bres et de mort o√Ļ vit l'homme naturel, et les glorieux privil√®ges dont la gr√Ęce de Dieu est la source. Rien n'est plus propre √† augmenter, dans le cŇďur du chr√©tien, la reconnaissance et l'amour pour son Dieu que la m√©ditation de ce qu'il √©tait et de ce qu'il serait sans les immenses b√©n√©dictions de l'Evangile.

      "Au regard des p√©ch√©s pass√©s, il y a un souvenir de plaisir et d'infid√©lit√©, qui d√©truit la gr√Ęce¬†; un souvenir de d√©fiance et d'inqui√©tude, qui arr√™te les progr√®s de la gr√Ęce¬†: mais il y en a un de douleur et de reconnaissance, qui fait na√ģtre la gr√Ęce." Quesnel.

      Grec¬†: "Appel√©s pr√©puce par ce (les Juifs) qu'on appelle circoncision en la chair faite de la main" (des hommes). L'ap√ītre, voulant rappeler √† ses lecteurs leur √©tat pr√©c√©dent dans le paganisme, le fait en se servant des termes m√©prisants usit√©s parmi les Juifs, mais de mani√®re √† montrer clairement et d√©licatement qu'il les d√©sapprouve, et que ce qu'il trouve de regrettable dans cet √©tat, ce n'est pas l'absence de la circoncision, institution vaine √† ses yeux lorsqu'elle n'est qu'en la chair et faite par la main des hommes, (comparez Romains 2.28,29) mais l'absence des gr√Ęces pr√©cieuses dont les pa√Įens √©taient alors priv√©s, et qui sont d√©crites au verset suivant.

      12 Voil√† les grands privil√®ges spirituels auxquels les pa√Įens √©taient √©trangers, et sur lesquels se fondait le salut de tout Isra√©lite √©clair√© et croyant¬†: Christ, le Messie et Sauveur qu'annon√ßaient toutes les alliances de la promesse, d√©sign√©es ainsi au pluriel parce qu'elles furent souvent r√©it√©r√©es, (comparez Romains 9.4) mais ayant toujours pour objet la m√™me promesse du Sauveur qui devait venir.

      La r√©publique ou l'√©tat d'Isra√ęl √©tait l'institution ext√©rieure qui renfermait tous ces privil√®ges et tous les vrais croyants. Etrangers √† cette communion, les pa√Įens n'avaient point d'esp√©rance, pr√©cis√©ment parce qu'ils n'avaient pas la promesse. Et par toutes ces causes, ils √©taient sans Dieu (Grec¬†: "ath√©es") dans le monde, monde de t√©n√®bres et de mis√®res¬†!

      - "On pourrait penser que l'ap√ītre, par cette derni√®re d√©claration, se met en contradiction avec Romains 1.19, o√Ļ il attribue aux pa√Įens une certaine connaissance de Dieu, et avec le fait historique que quelques-uns d'entre eux s'√©lev√®rent au-dessus des superstitions du peuple et jusqu'√† une connaissance de Dieu plus pure. Il ne faut pas chercher √† r√©soudre cette contradiction apparente en disant que Paul ne parle que des pa√Įens qui vivaient r√©ellement dans l'aveuglement spirituel, et qu'il consid√©rait un Socrate, un Platon comme n'√©tant plus pa√Įens. Il parle de la totalit√© des nations √©trang√®res aux privil√®ges du peuple d'Isra√ęl. Mais ce qu'il y a √† dire, c'est que la connaissance naturelle de Dieu, telle que nous la trouvons en quelques penseurs et quelques sages, ne saurait √™tre compar√©e √† celle qui r√©gnait parmi les Juifs, parce qu'elle n'√©tait point le r√©sultat d'un enseignement divin et d'une communication de Dieu √† l'homme, mais seulement la conclusion d'un raisonnement sur un Dieu inconnu, √©loign√©, conclusion tir√©e de la consid√©ration de la nature et de la conscience. Or Dieu, de l'aveu des anciens eux-m√™mes, ne peut √™tre vraiment connu que s'il se r√©v√®le. (Comparer 1Corinthiens 8.3) La connaissance que les pa√Įens avaient de Dieu, autant du moins qu'elle m√©rite ce nom, est donc plut√īt n√©gative que positive, et l'aveu de Socrate¬†: Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien, en est l'expression exacte." Olshausen.

      L'expression absolue de l'ap√ītre est applicable aussi √† tous ceux qui, m√™me au sein de la chr√©tient√©, ne sont point √©clair√©s dans leur vie int√©rieure par la r√©v√©lation de la gr√Ęce de Dieu en Christ. Ne pas aimer Dieu, ne pas vivre pour lui, c'est n'avoir point de Dieu.

      13 Avec ce verset commence l'autre terme du grand parall√®le que l'ap√ītre trace ici entre l'√©tat pr√©c√©dent de ses lecteurs (Eph√©siens 2.11,12) et ce qu'ils sont devenus par l'Ňďuvre de la r√©demption. (Eph√©siens 2.13-22)

      D√®s l'abord il fait ressortir les contrastes¬†: en Christ, oppos√© √† sans Christ¬†; (Eph√©siens 2.12) vous avez √©t√© rapproch√©s, oppos√© √† √©loign√©s et √† s√©par√©s, √©trangers. (Eph√©siens 2.12) Mais, afin de marquer aussi d√®s l'abord le grand moyen de cette d√©livrance, auquel il reviendra √† chaque pas dans cet admirable d√©veloppement, l'ap√ītre l'attribue ici d√©j√† au sang de Christ, c'est-√†-dire √† la mort du M√©diateur, au sacrifice de la r√©conciliation, accompli dans "sa chair," (Eph√©siens 2.15) par "sa croix." (Eph√©siens 2.16)

      Cette pens√©e fondamentale, qui inspire tout ce morceau, peut servir √† d√©cider la question sur laquelle se divisent les interpr√®tes, les uns soutenant que l'ap√ītre n'y parle que du rapprochement et de la r√©conciliation des Juifs et des pa√Įens parvenus √† la m√™me foi, les autres y voyant avant tout la r√©conciliation avec Dieu et par suite seulement celle des Juifs et des pa√Įens. Une √©tude attentive de ces versets prouve jusqu'√† l'√©vidence que ce dernier sens est bien la pens√©e de l'ap√ītre. (Voy. la note suivants)

      Cette pensée est double, et il faut, par la nature même des choses, qu'elle le soit, puisque ce n'est qu'en se rapprochant de Dieu que les hommes divisés se rapprochent les uns des autres ; c'est leur réconciliations avec Dieu qui les réconcilie entre eux, c'est la paix de Dieu qui devient leur paix mutuelle, c'est l'amour de Dieu qui tue en eux l'inimitié. (Ephésiens 2.14-16 ; comparez Ephésiens 2.17,18)

      16 Il convient d'embrasser ces trois importants versets (Eph√©siens 2.14-16) en une seule note, afin d'en saisir l'ensemble et les d√©tails. C'est lui (Christ) qui est notre paix, d√©clare d'abord l'ap√ītre¬†; non seulement Christ a fait la paix, (Eph√©siens 2.15) il l'a r√©tablie entre nous et Dieu par son sang, (Eph√©siens 2.13) par sa chair, (Eph√©siens 2.15) par sa croix, (Eph√©siens 2.16) et par l√† m√™me, il l'a r√©tablie entre tous ses rachet√©s, √† quelque nation qu'ils appartiennent¬†; mais il est lui, notre paix, c'est-√†-dire qu'il en est le lien vivant dans ce double sens que c'est par lui que nous sommes en communion avec Dieu et en communion les uns avec les autres. (Comparer Esa√Įe 9.5,6¬†; Mich√©e 5.4¬†; Actes 10.36, et ci-dessous Eph√©siens 2.17)

      Qu'a-t-il fait pour √©tablir cette paix¬†? Il a fait des deux (peuples) un seul, en renversant le mur de s√©paration (Grec¬†: "le mur mitoyen de l'enclos" ou "de cl√īture") qui s'√©levait entre les Juifs et les pa√Įens, et par lequel les premiers √©taient comme enferm√©s dans leur particularisme, √† l'exclusion des derniers.

      Maintenant, l'ap√ītre caract√©rise ce mur de s√©paration¬†; (Eph√©siens 2.15) il va dire en quoi il consiste¬†: il se manifestait comme une inimiti√©, les Juifs m√©prisant les pa√Įens avec orgueil, et les pa√Įens se moquant des Juifs √† cause de leur foi, de leur circoncision, de leurs c√©r√©monies. En g√©n√©ral, il n'y a entre les hommes que l'inimiti√© de l'√©go√Įsme, tant qu'ils ignorent l'amour de Dieu. (Comparer ce mot d'inimiti√© au Eph√©siens 2.16)

      Mais ce mur de s√©paration, cette inimiti√© √©tait entretenue par la loi des pr√©ceptes, qui consistait en ordonnances. Par ces mots, Paul d√©signe la l√©gislation mosa√Įque tout enti√®re et non pas seulement la loi c√©r√©monielle, car Christ par son sacrifice a aboli toute l'√©conomie l√©gale, (Romains 7.1-6) dont les ordonnances √©taient non seulement une servitude pour les Juifs, mais leur interdisaient toute communication avec les pa√Įens, les constituaient en un peuple s√©par√© des autres.

      Or, Christ a détruit en sa chair (c'est-à-dire dans sa personne, par son incarnation, par sa mort) toute condamnation de la loi, tout ce qu'il y avait de servile et d'exclusif dans les préceptes et dans les ordonnances, y substituant la liberté de l'Evangile, accessible à tous, unissant tous ceux qui l'embrassent dans la même foi et le même amour.

      Par là, il a créé en lui-même un seul homme nouveau, l'homme régénéré, formant avec Christ un seul corps (Ephésiens 2.16)

      "Paul caractérise Christ lui-même comme l'homme par excellence, le représentant de la race en qui les deux peuples séparés sont ramenés à l'unité parfaite. Comme Adam est le vieil homme par excellence en qui et par qui le vieil homme se transmet à tous les individus de la race humaine, ainsi Christ est l'homme nouveau par excellence en qui et par qui tous reçoivent l'homme nouveau, créé selon Dieu en justice et sainteté." Olshausen.

      Et en recevant de lui l'homme nouveau, ils demeurent unis à lui et unis entre eux, de manière à former un seul corps. Ainsi est accomplie la paix ; ainsi l'un et l'autre, ces deux parties ennemies, nommées pour la troisième fois, sont réconciliées avec Dieu, et toute inimitié, soit de l'homme envers Dieu, soit de l'homme envers l'homme, est tuée. (Ephésiens 2.16)

      - On voit qu'il est impossible de faire droit √† toutes les expressions qu'emploie l'ap√ītre, si l'on n'admet pas qu'il a en vue cette double id√©e¬†: r√©conciliation et paix de l'homme avec Dieu, et par l√†, comme fruit de cette gr√Ęce, r√©conciliation et paix du Juif et du pa√Įen, devenus un homme nouveau, un seul corps en Dieu. (Comparer encore Eph√©siens 2.18)

      - Le mot rendu par ordonnances (Ephésiens 2.15) est proprement notre mot dogmes, emprunte au grec ; de là Bengel et d'autres interprètes ont voulu conclure qu'il s'agit de dogmes évangéliques, et traduire ainsi ce passage : "Ayant détruit en sa chair la loi des préceptes par les dogmes de l'Evangile." Mais ce terme n'a jamais, dans le Nouveau Testament, le sens de vérités ou principes chrétiens, qu'il n'a reçu que beaucoup plus tard dans le langage de l'Eglise, au grand détriment de la vérité elle-même. (Comparer le passage parallèle, Colossiens 2.14) Partout ce mot dogme signifie ordonnance, décret. (Luc 2.1 ; Actes 16.4 ; 17.7 ; Hébreux 11.23)

      18 Christ, le chef de l'Eglise, apr√®s avoir accompli cette grande Ňďuvre, (Eph√©siens 2.14-16) est venu, par ses ap√ītres et par son Esprit, (Jean 14.18¬†; Actes 26.23) annoncer (Grec¬†: "√©vang√©liser") cette paix √† ceux qui √©taient pr√®s (les Juifs) et √† ceux qui √©taient √©loign√©s (les pa√Įens), ne faisant entre eux aucune diff√©rence. Cette venue doit s'entendre ici de la pr√©dication de son Evangile d√®s la Pentec√īte, puisque, personnellement, le Sauveur n'a pas annonc√© cet Evangile aux pa√Įens.

      D'autres voient n√©anmoins ici sa venue sur la terre, l'action qu'il a directement exerc√©e et toute l'Ňďuvre du salut qu'il a accomplie d√®s son incarnation. Ils prennent le mot venir dans le sens qu'il a dans Jean. (Jean 1.9,11¬†; 6.14¬†; 9.39¬†; 11.27¬†; 16.28)

      Les pa√Įens faisaient partie de ce monde dans lequel J√©sus √©tait venu, et il √©tait dans l'intention de Dieu et du Sauveur lui-m√™me que l'Evangile leur f√Ľt annonc√©. On peut h√©siter entre ces deux interpr√©tations¬†; la premi√®re est plus simple, plus conforme √† la marche de la pens√©e dans ce morceau, puisque Paul a d√©j√† mentionn√© l'Ňďuvre accomplie par Christ. (Eph√©siens 2.13)

      - La paix est encore ici, comme dans les versets qui pr√©c√®dent, la paix avec Dieu, et par suite la paix entre tous les hommes ainsi r√©concili√©s. Le verset Eph√©siens 2.18, qui compl√®te la pens√©e de l'ap√ītre, embrasse, en effet, ces deux sens du mot. C'est par lui, comme m√©diateur, et dans le m√™me Esprit de Dieu, qui les sanctifie, que les uns et les autres ont acc√®s aupr√®s de leur P√®re c√©leste, et que, par cela m√™me, ils sont unis entre eux dans la vivante communion de ses enfants.

      - On remarquera combien est expressive, à Ephésiens 2.17, cette répétition : la paix, à vous qui étiez loin, et la paix à ceux qui étaient près. Le texte reçu n'a ce mot qu'une seule fois.

      19 Deux termes qui forment ici un beau contraste avec deux expressions de Ephésiens 2.12 : ces "étrangers" sont devenus concitoyens des saints dans le royaume de Dieu ; et ceux qui étaient "sans Dieu" font maintenant partie de sa maison ou de sa famille. Tel est le vieux sens du mot domestiques. (Comparer Galates 6.10 ; 1Timothée 5.8)
      20 L'id√©e d'une "maison de Dieu" conduit l'ap√ītre √† dire comment les croyants en font partie et quel en est le fondement et la nature. (Eph√©siens 2.20-22)

      Cette image, si fr√©quente dans les saintes Ecritures, est emprunt√©e au temple de J√©rusalem, qui √©tait un type de ce que l'Eglise du Dieu vivant devait √™tre en r√©alit√©. Les croyants y sont √©difi√©s (b√Ętis) comme autant de pierres vives. (1Pierre 2.4,5) Ils reposent sur l'in√©branlable fondement des ap√ītres et proph√®tes, c'est-√†-dire, non sur leur personne, mais sur le fondement qu'ils ont pos√©, la Parole et le t√©moignage de Dieu (comparer¬†: Matthieu 16.18, note¬†; 1Corinthiens 3.10¬†; Romains 15.20), dont la pierre angulaire, celle sur laquelle s'appuie tout l'√©difice, est J√©sus-Christ lui-m√™me. (1Corinthiens 3.10,11¬†; Esa√Įe 28.16¬†; Psaumes 118.22¬†; Matthieu 21.42¬†; 1Pierre 2.4)

      Tel est l'unique fondement de l'Eglise, J√©sus-Christ, J√©sus-Christ mort pour nos offenses, ressuscit√© pour notre justification, vivant pour achever son Ňďuvre jusqu'√† la perfection¬†; en un mot, J√©susChrist tel que l'ont annonc√© les ap√ītres et proph√®tes. Il √©tait l'objet de toute leur pr√©dication, et son esprit est la v√©rit√© et la vie de leur parole.

      Mais qui sont les proph√®tes dont Paul parle ici¬†? A cette question, les interpr√®tes ont donn√© trois r√©ponses diverses¬†: les anciens, y compris Calvin, entendent par l√† les proph√®tes de l'Ancien Testament¬†; la plupart des modernes admettent qu'il s'agit des proph√®tes du Nouveau Testament, de ceux des chr√©tiens qui avaient le don de proph√©tie¬†; enfin plusieurs interpr√®tes rapportent ces noms d'ap√ītres et proph√®tes aux ap√ītres seuls, qui r√©unissaient les deux caract√®res. Cette opinion se fonde d'abord sur ce que l'article manque devant le mot de proph√®tes et qu'ainsi il faut traduire¬†: les ap√ītres et proph√®tes.

      Bien que cette remarque grammaticale ne soit pas une preuve décisive, on est presque irrésistiblement conduit à adopter la dernière interprétation, à cause des graves objections qui s'élèvent contre les deux autres.

      Quant √† la premi√®re, celle qui voit ici les proph√®tes de l'Ancien Testament, elle serait fort plausible, quoi qu'on en ait dit, si l'ap√ītre, reprenant sa pens√©e, (Eph√©siens 3.5) ne l'exprimait de telle mani√®re qu'il est impossible de croire qu'il parle des proph√®tes de l'Ancien Testament. L√†, en effet, non seulement il omet encore l'article au mot proph√®tes, non seulement il place pour la seconde fois les proph√®tes apr√®s les ap√ītres, ce qui d√©j√† renverserait l'ordre des temps s'il avait en vue les anciens proph√®tes¬†; mais surtout il d√©clare positivement que le "myst√®re a √©t√© maintenant r√©v√©l√© par l'Esprit √† ses saints ap√ītres et proph√®tes," ce qui exclut l'id√©e d'un temps ant√©rieur.

      S'agit-il donc enfin des proph√®tes de la primitive Eglise¬†? Bien moins encore¬†; car √† quel titre seraient-ils d√©clar√©s le fondement de l'Eglise¬†? Le don passager, variable, de la proph√©tie n'est jamais √©gal√© √† l'apostolat comme autorit√©¬†; notre ap√ītre lui-m√™me veut que ce don soit subordonn√© √† ses enseignements¬†; (1Corinthiens 14.29) J√©sus-Christ n'a institu√© d√®s l'origine que les ap√ītres pour ses t√©moins authentiques¬†; les proph√®tes du Nouveau Testament avaient eux-m√™mes √©t√© instruits et amen√©s √† Christ par les ap√ītres, et ainsi ils reposaient sur le fondement de ces derniers¬†; enfin, o√Ļ est maintenant pour l'Eglise ce fondement des proph√®tes du Nouveau Testament¬†? Il aurait disparu¬†? Ne pouvant admettre ni la premi√®re ni la seconde de ces opinions, Il ne reste que la troisi√®me.

      Mais quoi qu'il en soit, le point essentiel auquel l'ap√ītre veut tout ramener, sur lequel il veut tout fonder, c'est la PIERRE ANGULAIRE, J√©sus-Christ.

      21 L'ordre, l'accroissement, la sainteté de l'Eglise est en proportion de ce qu'elle s'appuie exclusivement sur Jésus-Christ. (1Pierre 2.4,5)
      22 Poursuivant et d√©veloppant son image, l'ap√ītre aime √† redire √† ses lecteurs qu'eux aussi font partie de ce saint temple, √©tant √©difi√©s sur le Seigneur, (Eph√©siens 2.20,21) et que l√† Dieu daigne faire son habitation.

      Si chaque √Ęme chr√©tienne est son temple, (1Corinthiens 3.16¬†; 6.19) combien plus tout l'ensemble de l'Eglise qu'il remplit de sa pr√©sence. Mais tout cela en Esprit, par opposition au temple mat√©riel, si cher aux souvenirs du peuple juif.

Seuls les √Čvangiles sont disponibles en vid√©o pour le moment.
  • versets s√©lectionn√©s
  • Vid√©os et messages relatifs
  • Commentaires bibliques
  • H√©breu / Grec
  • Dictionnaire
  • Versets relatifs
  • Carte
  • Favoris
  • Partager

Pour ajouter un favori, merci de vous connecter : Se connecter

Générer un verset illustré
Logo TopChrétien carré

Télécharger l'image

Choisissez une image

Personnalisez le verset

Alignement : | | | Haut | Milieu | Bas

Taille :

Couleur :

Police :

Personnalisez la référence

Couleur :

Police :

Taille :

De légères variations de mise en page peuvent apparaitre sur l'image téléchargée.

Vous avez aim√© ? Partagez autour de vous !

Update Required To play the media you will need to either update your browser to a recent version or update your Flash plugin pour Firefox & Safari - Flash plugin pour Opera & Chrome.