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Ezéchiel 17

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      Une énigme... une parabole. Le premier de ces termes se rapporte au sens caché que renferme le tableau suivant ; le second à la forme figurée sous laquelle, l'enseignement est donné.

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      Le grand aigle. Par cette image, Ez√©chiel, aussi bien qu'Esa√Įe (Esa√Įe 46.11) et J√©r√©mie (J√©r√©mie 48.40), d√©signe la grande puissance politique contemporaine¬†; c'√©tait l'empire babylonien, gouvern√© par N√©bucadnetsar.

      Les grandes ailes sont le symbole de la rapidit√© des mouvements et des conqu√™tes. La large envergure repr√©sente l'immensit√© de l'empire chald√©en¬†; et l'abondance du plumage aux couleurs vari√©es, la multitude de races diff√©rentes et de peuples aux langues et aux mŇďurs multiples, rang√©s sous le sceptre de ce roi.

      Vint au Liban. Les Juifs aimaient à faire de cette montagne magnifique l'emblème de Sion et de sa grandeur spirituelle. En Sion se trouvaient le temple de l'Eternel et le palais de David, et peut-être cette figure de langage se rapporte-t-elle à l'emploi qui avait été fait du bois des cèdres du Liban dans ces constructions royales ; comparez Jérémie 22.6 ; Zacharie 11.1.

      La cime d'un cèdre. Le cèdre représente la famille royale issue de David ; et la cime du cèdre le roi Jehojachin (ou Jéchonias). Ce fut le dernier souverain de Juda qui jouit encore d'une sorte d'indépendance.

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      Dans un pays de Canaan. Ce terme, par une singuli√®re ironie, d√©signe ici Babylone. Il est expliqu√© par l'expression parall√®le : une ville de marchands. Les Canan√©ens paraissent avoir eu le g√©nie du n√©goce. Les Ph√©niciens, qui appartenaient √† cette race, faisaient le commerce, et le passage Proverbes 31.24, prouve que le terme kenaani d√©signait le petit marchand. La Babylonie o√Ļ N√©bucadnestar avait conduit Jehojachin prisonnier pouvait donc bien (voir plus bas) √™tre appel√©e une terre de Canaan, mais une Canaan de punition, en opposition √† la Canaan b√©nie assur√©e √† David et √† sa race. L'emploi de ces termes de Canaan et de Liban appartient au caract√®re √©nigmatique de ce discours.

      Dans une ville de marchands. Ces mots servent à expliquer le mystère du mot Canaan. Babylone était alors en vertu de sa position géographique (entre l'Arménie au nord et l'Arabie au sud, l'Inde et la Perse à l'est, l'Asie occidentale, l'Afrique et l'Europe à l'ouest), le grand centre de commerce international pour le monde entier.

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      Il prit du plan du pays : un fils de la terre d'Isra√ęl, non un √©tranger. N√©bucadnetsar aurait pu imposer au pays de Juda, apr√®s la destitution de J√©hojachin, un gouverneur babylonien¬†; il pr√©f√©ra lui laisser un roi isra√©lite descendant de David, S√©decias, dont il fit son vassal.

      Près d'une eau abondante. Dans cette situation humble, le royaume pouvait pourtant encore jouir d'un certain bien-être.

      Comme un saule. Cet arbre cro√ģt pr√®s des eaux, mais n'a aucune apparence, et n'atteint jamais qu'√† une hauteur m√©diocre. Du reste, le sens du mot de l'original est incertain.

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      On voit ici que le rejeton planté (verset 5) était celui d'un cep de vigne ; il n'avait été nommé saule que par comparaison. On pouvait donc s'attendre à le voir porter des fruits qui ne seraient point à mépriser.

      Un cep de vigne étendu. : Si le territoire actuel de Juda ne pouvait, pour son étendue, être comparé à l'empire de David et de ses successeurs, il était cependant encore, respectable.

      Ses serments tournés : en ce que Sédécias dépendait de Babylone et tirait de là son pouvoir.

      Ses racines sous lui : en ce qu'il possédait encore en quelque mesure l'usage de sa liberté dans l'administration du pays qui lui était confié.

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      Un autre grand aigle. C'est le roi d'Egypte. Ezéchiel ne lui attribue pas, comme au précédent, un plumage bigarré ni une grande envergure ; car l'Egypte possédait un territoire moins vaste et peuplé de nations moins diverses que l'empire chaldéen.

      Tendit ses racines vers lui : Sédécias fit un mauvais usage de ce qui lui restait de liberté (racines sous lui, verset 6) ; il rechercha l'alliance de Pharaon Hophra, qui régnait alors sur l'Egypte, Jérémie 44.30. Il y a un contraste intentionnel entre ses sarments (verset 6) et ses racines. Ostensiblement il était soumis au roi de Babylone ; mais en cachette il s'adressait à l'Egypte.

      Pour qu'il l'arros√Ęt : pour qu'il lui envoy√Ęt du secours contre Babylone.

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      Et cependant Juda possédait chez lui tout ce qu'il fallait pour prospérer encore sous la domination babylonienne et devenir, sinon un cèdre magnifique, du moins un cep chargé de fruits excellents. Ce verset laisse entrevoir le vrai motif de la rébellion de Sédécias. Il n'avait nullement à se plaindre d'oppression ou de misère ; il se laissa aller a un mouvement d'orgueil, qui était une révolte contre Dieu lui-même ; c'est ce qui ressort également du passage 2Chroniques 36.13.

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      Il √©tait impossible qu'un parjure comme celui de S√©d√©cias reussit. La s√©curit√© et le bien-√™tre dont Juda recommen√ßait √† jouir sous le sceptre de N√©bucadnetsar, aboutiront √† une ruine compl√®te, et cela sans que le roi de Babylone e√Ľt besoin de rassembler de bien grandes forces pour en finir avec ce petit Etat rebelle.

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      Le vent d'orient est l'embl√®me de l'arm√©e babylonienne¬†; le symbole est choisi avec d'autant plus d'√†-propos qu'elle venait d'orient¬†; comparez Job 27.21¬†; Esa√Įe 27.8¬†; Jonas 4.8, o√Ļ l'on voit que le vent d'orient, qui a pass√©, sur les d√©serts d'Arabie, est le plus grand ennemi de la v√©g√©tation en Palestine.

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      1 à 18 Ces versets donnent la solution des énigmes renfermées dans la parabole précédente. Il ne reste plus que quelques détails à éclaircir.

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      Sur le serment prêté par Sédécias à Nébucadnestar voir 2Rois 24.17 et 2Chroniques 36.13.

      Les hommes puissants du pays¬†; comparez 2Rois 24.14-16, o√Ļ il est racont√© que N√©bucadnetsar emmena √† Babylone avec le roi J√©hojachin les vaillants hommes de guerre, les forgerons, les ma√ßons, les charpentiers, etc., en un mot tous ceux qui auraient pu √™tre utiles √† S√©d√©cias en cas de r√©volte.

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      N√©bucadnetsar laissait subsister le royaume afin d'en retirer le plus gros revenu possible, mais il le maintenait dans un √©tat de faiblesse suffisant pour qu'il demeur√Ęt dans la soumission.

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      Voir la note, verset 7.

      Des chevaux. Les chevaux abondaient en Egypte. L'historien Diodore raconte que ce pays pouvait armer vingt mille chariots de guerre¬†; comparez Deut√©ronome 17.16¬†; Esa√Įe 26.9.

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      Dans Babel. Voir à 12.13.

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      Pharaon n'agira pas, du moins pas efficacement, pour la délivrance de Jérusalem ; voir Jérémie 27.5.

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      Le serment, m√™me envers ce monarque pa√Įen, √©tait sacr√©, car il avait √©t√© pr√™t√© par S√©d√©cias au nom de J√©hova.

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      Dieu appelle ce serment son serment, parce qu'il engageait S√©d√©cias envers Lui aussi bien qu'envers le souverain babylonien. On trouve ici le m√™me point de vue g√©n√©ral que dans le passage J√©r√©mie 27.6, o√Ļ Dieu d√©signe N√©bucadnestar, roi de Babylone, comme son serviteur. Le parjure contre celui-ci √©tait ainsi un parjure contre Dieu m√™me.

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      Dans mes rets. Comparez 12.13.

      Dans les versets 22 à 24 s'ouvrent, en opposition à cet abaissement profond, les glorieuses perspectives du royaume messianique.

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      Je prendrai, moi. Dieu oppose ce qu'il fera, lui, √† ce qu'a fait N√©bucadnestar. Celui-ci a transplant√© la cime du c√®dre (le rejeton de la maison royale de Juda) en Babylonie. Dieu prendra de l'extr√©mit√© de l'une de ses branches un faible rameau, qu'il replantera dans le sol d'Isra√ęl et qui, devenant un c√®dre plus grand que tous les autres arbres, abritera la terre enti√®re. Il est √©vident qu'Ez√©chiel ne peut penser ici qu'au Messie et √† son r√®gne universel. D√©j√† Esa√Įe avait repr√©sent√©, Esa√Įe 12.1, le Messie comme un rejeton surgissant des racines du tronc d'Esa√Įe (le p√®re de David), et Esa√Įe 53.2, comme un rejeton s'√©levant d'une terre aride devant l'Eternel. Toutes ces images expriment l'√©tat d'abaissement o√Ļ se trouvera la maison royale au moment o√Ļ en sortira le Messie.

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      Un c√®dre majestueux. Le Messie, n√© pauvre, grandira jusqu'√† √™tre couronn√© d'une gloire divine¬†; c'est ce qu'avait pr√©dit Esa√Įe 9.5-6 et ailleurs.

      Tout passereau, tout oiseau : ces expressions d√©signent les divers peuples de la terre, petits et grands, venant successivement s'abriter sous la puissance du Messie¬†; comparez Esa√Įe 2.2-4¬†; 11.10¬†; 49.6 et ailleurs¬†; Psaumes 2.8¬†; Daniel 2.35¬†; enfin l'application que fait le Seigneur de cette image dans la parabole du grain de s√©nev√©, Matthieu 13.31-32.

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      Tous les arbres des champs : tous les rois de la terre (Juges 9.7 et suivants). Ils reconna√ģtront dans le Messie le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs¬†; comparez Esa√Įe 52.13-15.

      L'arbre √©lev√© n'est pas ici, comme on pourrait se le figurer, le roi de Babylone et la puissance pa√Įenne. D'apr√®s tout ce qui pr√©c√®de, Ez√©chiel d√©signe par cette expression la maison royale de Juda si glorieuse autrefois et qui, en la personne de S√©d√©cias, allait descendre au dernier degr√© de l'abaissement.

      L'arbre bas est cette même maison royale qui, relevée dans la personne du Messie, atteindra en lui un degré de gloire et de puissance, non seulement égal, mais supérieur à son élévation passée.

      L'arbre vert, que Dieu fait s√©cher, est cette m√™me famille royale frapp√©e de st√©rilit√© en la personne de J√©hojachin, rest√© sans fils qui p√Ľt lui succ√©der (J√©r√©mie 22.30, note), et en celle de S√©d√©cias, dont tous les fils furent √©gorg√©s √† Ribla (2Rois 25.7).

      L'arbre sec qui verdit est le Messie qui, comme l'avait d√©j√† pr√©dit Esa√Įe, aura une post√©rit√©, innombrable. Anne, la m√®re de Samuel, avait d√©j√† proclam√©, la loi du gouvernement divin dont Ez√©chiel fait l'application dans ce passage (comparez 1Samuel 2.4-8) et que Marie, la m√®re du Messie, c√©l√©brera de nouveau √† l'occasion de sa naissance (Luc 1.51-53).

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