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Galates 5

    • 1 Chapitre 5.

      1 à 12 Tenez-vous fermes dans la liberté en Christ, et gardez-vous des séducteurs.

      La libert√© par Christ et en Christ, (Jean 8.36) la servitude sous la loi et dans toute propre justice de l'homme, voil√† le contraste qui fait le mieux comprendre l'Evangile de la gr√Ęce de Dieu.

      Ces paroles sont à la fois la conclusion de tout ce qui précède, (Galates 4.21-31) et une transition toute naturelle à l'exhortation suivante. (versets 2-6)

      - Il y a pour ce verset diverses variantes dans les manuscrits. Le texte reçu, avec plusieurs anciens manuscrits, lit : "Dans la liberté, dans (ou par) laquelle Christ nous a affranchis, demeurez fermes." Le sens reste au fond le même.

      4 Ces trois versets (versets 2-4) se complètent et s'expliquent mutuellement.

      Pour comprendre comment Christ devenait inutile (Grec : vous avez été rendus vains loin de Christ) à ceux qui se faisaient circoncire, il faut bien remarquer dans quelle vue ils agissaient ainsi ; c'était afin d'être justifiés par la loi, (verset 4) c'est-à-dire, pour chercher un moyen de salut dans la circoncision et les obligations légales qu'elle imposait. En dehors de cette funeste aberration, Paul n'aurait attaché aucune importance à la circoncision. (Comparer Galates 2.3, note ; Actes 16.3, note.)

      Mais cette erreur rend Christ inutile, elle fait d√©choir l'homme de la gr√Ęce, (verset 4) parce qu'il abandonne Christ et sa gr√Ęce pour chercher ailleurs son salut. Et alors, une fois engag√© par la circoncision dans la voie l√©gale, il n'a plus √† choisir, la loi ne fait aucune concession, il doit l'accomplir tout enti√®re, (verset 3) et dans son sens moral et dans toutes les observances qu'elle prescrit. (Galates 3.12, note.)

      5 Voil√† directement l'oppos√© du syst√®me l√©gal combattu dans les versets pr√©c√®dent, et ces paroles en donnent la raison¬†: car nous, nous avons une tout autre esp√©rance¬†; cette raison suppose chez l'ap√ītre et ceux qui partagent sa foi la certitude de poss√©der la v√©rit√©.

      Non seulement nous attendons de la foi, et de la foi seule, sans les Ňďuvres de la loi l'esp√©rance de la justice¬†; mais celle-ci est encore une Ňďuvre de l'Esprit de Dieu dans le fid√®le.

      L'ap√ītre dit ici¬†: "nous attendons l'esp√©rance de la justice," c'est-√†-dire le plein accomplissement de cette esp√©rance. D'ordinaire il repr√©sente cette justice comme une possession actuelle du croyant.

      Ce sont les deux faces de la m√™me v√©rit√©¬†: d'une part, le chr√©tien poss√®de d√®s ici-bas le don de la justice, avec la paix et tous les biens qui en d√©coulent¬†; (Romains 5.1 et suivants) et d'un autre c√īt√©, la pl√©nitude de cette justice et de ses fruits est encore l'objet de son esp√©rance et de son attente. (Comparer Romains 8.23-25, note.)

      - On a proposé des traductions différentes de ce verset. Ainsi : "C'est en esprit (esprit de l'homme, opposé à la chair), par la foi, que nous attendons l'espérance de la justice." Ainsi encore : "Par l'Esprit (de Dieu), c'est par la foi que nous attendons..." Ou bien : "Nous attendons par l'Esprit l'espérance de la justice qui vient de la foi."

      La première de ces versions n'est pas heureuse.

      Les deux autres maintiennent également ces deux vérités évangéliques :

      1¬į l'esp√©rance de la justice devant le tribunal de Dieu, s'obtient par la foi¬†; (Galates 2.16¬†; Romains 1.17¬†; 3.22¬†; 9.30¬†; 10.6, etc.)

      2¬į cette foi qui justifie et qui est la racine de l'esp√©rance est en nous l'Ňďuvre de l'Esprit de Dieu. (Galates 3.2,5¬†; 4.6)

      6 Grec : "Car en Christ Jésus ni la circoncision ne peut rien, ni le prépuce, mais la foi opérante (ou agissante, ou efficace) par l'amour."

      Rien d'ext√©rieur n'assure le salut, ni les privil√®ges des Juifs, ni la moralit√© de quelques pa√Įens, mais uniquement la foi, dont l'√©nergie et la vie se montrent par la charit√©, qui est, √† son tour, l'√Ęme de la vie chr√©tienne.

      Ici la foi est la racine, la charit√© est le fruit, et non l'inverse, comme le pr√©tend l'Eglise romaine en traduisant¬†: "la foi qui est op√©r√©e par la charit√©." Le mot employ√© par l'ap√ītre a toujours un sens actif et non passif. (Comparer Romains 7.5¬†; 2Corinthiens 1.6¬†; 4.12¬†; Eph√©siens 3.20¬†; 1Thessaloniciens 2.13¬†; 2Thessaloniciens 2.7)

      Et d'o√Ļ viendrait la charit√© si elle devait exister avant la foi qui seule peut la produire¬†? N'est-il pas clair d'ailleurs que l'ap√ītre motive (car) par ce verset la v√©rit√© du pr√©c√©dent, la justice par la foi¬†?

      Ce passage, bien compris, indique clairement quel est le vrai rapport de la foi et de l'amour. La foi est le germe de la vie divine dans l'homme¬†; elle s'approprie Christ et son Ňďuvre de r√©demption, et elle ouvre au croyant l'acc√®s √† l'amour de Dieu. (Romains 5.1 suivants) Cet amour pouvant d√®s lors se r√©pandre dans le cŇďur du fid√®le, y devient la source de son amour pour Dieu et pour ses fr√®res¬†: or, cet amour, c'est l'accomplissement de la loi, c'est l'ob√©issance, c'est la sanctification, ce sont, en d'autres termes, les bonnes Ňďuvres.

      Ainsi, tout ce que le pécheur a reçu par la foi se manifeste, agit efficacement par l'amour ; la foi est opérante par l'amour, l'amour est fondé dans la foi. Il est vrai qu'il y a une foi morte qui ne produit rien de pareil ; (Jacques 2.14-17) il est vrai encore que l'amour est plus grand que la foi, parce que celle-ci doit être changée en vue lorsque le chrétien sera parvenu à la perfection, tandis que l'amour est la vie même du ciel. (1Corinthiens 13.13)

      Aussi retrouvons-nous dans ces deux versets les trois grandes vertus chrétiennes : "A verset 5, il unit à la foi l'espérance, et maintenant la charité. C'est là tout le christianisme." Bengel.

      9 L'ap√ītre adresse de nouveau directement la parole √† ses lecteurs pour leur appliquer les doctrines qu'il vient d'exposer, et ramener encore une fois leur attention sur l'origine de leurs erreurs. Ils √©taient dans la bonne voie¬†; qui les en a d√©tourn√©s¬†?

      Ce n'est pas Celui qui les appelle, Dieu, puisque son appel se fonde uniquement sur l'Evangile de sa gr√Ęce. Ce n'est pas de Lui que provient cette influence qui s'exerce sur eux, cette persuasion dont ils sont l'objet.

      Elle a beau être encore à ses débuts et porter sur des points secondaires, elle menace leur foi chrétienne tout entière, comme le prouve le proverbe cité par Paul. (verset 9. Comparer 1Corinthiens 5.6 ; Matthieu 16.11,12)

      Le mot traduit (verset 8) par persuasion a été rendu et expliqué de diverses manières. (Il ne se trouve qu'ici dans le Nouveau Testament) Le sens en est indiqué par ce terme du Galates 5 : précédent : "obéir à la vérité."

      En grec obéir et être persuadé s'expriment par le même mot. Or, vous n'obéissez plus à la vérité, vous n'êtes plus persuadés ; et cette obéissance, ou cette persuasion nouvelle qu'on vous à imposée, ne vient pas de Dieu. De là, la version de M. Rilliet : cette influence.

      10 Plus l'ap√ītre avance dans sa lettre, plus il se livre √† l'espoir que ces Eglises de Galatie, qui lui √©taient si ch√®res, seraient ramen√©es de leurs erreurs (et cela m√™me √©tait un puissant moyen de persuasion)¬†; mais aussi il exprime toujours plus fortement son indignation contre ceux qui √©taient venus troubler ces troupeaux. (verset 12)

      On s'est demand√© si, par ce mot au singulier¬†: celui qui vous trouble, quel qu'il soit, l'ap√ītre avait en vue sp√©cialement un des faux docteurs, et lequel. Il est probable que ces expressions ont plut√īt, dans sa pens√©e, un sens g√©n√©ral. Il dit celui pour les d√©signer tous.

      Par le jugement qui les atteindra et que leur d√©nonce l'ap√ītre, il ne faut pas entendre, comme on l'a fait, quelque peine prononc√©e par l'Eglise, telle que l'excommunication, mais le jugement de Dieu.

      11 C'était précisément ce scandale de la croix qui excitait les faux docteurs contre Paul, et lui attirait la persécution de la part des Juifs.

      A cette √©poque, en effet, les chr√©tiens n'√©taient encore pers√©cut√©s que de la part des Juifs, qui les d√©non√ßaient aux autorit√©s pa√Įennes. Ce qu'ils ne pouvaient souffrir dans l'Evangile, ce qui scandalisait leur orgueil, c'est que Paul pr√™chait le salut de tous, Juifs ou pa√Įens, par la foi seule en un Crucifi√©, dont le sacrifice d'expiation sur la croix avait obtenu aux p√©cheurs la seule justice par laquelle ils pussent subsister devant Dieu.

      Si du moins l'ap√ītre avait en m√™me temps pr√™ch√© la n√©cessit√© de la circoncision et de l'observation de la loi pour √™tre sauv√©, alors le scandale de la croix aurait cess√©, et les Juifs, au lieu de le pers√©cuter, l'eussent approuv√© comme un propagateur de leur religion.

      D'o√Ļ vient ici √† Paul cette pens√©e¬†? Il ne le dit pas, mais ces paroles ont fait supposer avec raison que ses adversaires l'accusaient de pr√™cher encore dans d'autres Eglises la circoncision. Par l√†, ils minaient son influence en le mettant en contradiction avec lui-m√™me. Sa r√©ponse, puis√©e dans les tristes exp√©riences de sa vie, est sans r√©plique.

      - De nos jours encore, aucune doctrine de l'Evangile ne choque autant la propre justice et la sagesse humaine que ce myst√®re de r√©conciliation et de justification devant Dieu par le sacrifice de la croix. Affaiblir, effacer cette doctrine, c'est le plus s√Ľr moyen de rapprocher le christianisme de la philosophie et de l'esprit du monde. Par l√†, le monde recommence √† "aimer ce qui est √† lui."

      12 Grec¬†: "√ätre coup√©s," √©loign√©s du corps de l'Eglise par une op√©ration violente. (Il y a peut-√™tre dans ces mots une allusion √† l'op√©ration de la circoncision qu'ils voulaient imposer aux croyants.) L'ap√ītre parle ailleurs encore de cette exclusion s√©v√®re qu'il d√©sire ici. (1Corinthiens 5.5, note¬†; 1Timoth√©e 1.20)

      D'autres pensent qu'ils doivent être retranchés par Dieu.

      D'autres enfin, insistant sur ce que le verbe n'est pas au passif, mais au moyen, qui a un sens réfléchi, traduisent : "Qu'ils se mutilent !"

      13 13 à 26 Exhortation à ne pas abuser de la liberté chrétienne. Cette liberté consiste à vivre, non selon la chair, mais selon l'Esprit, dans la charité.

      Jusqu'ici, l'ap√ītre a combattu la loi comme moyen de salut, et pr√™ch√© la libert√© par la gr√Ęce¬†; maintenant (jusqu'√† Galates 6.10) il pr√™che la loi et combat la fausse libert√©.

      Mais il s'agit de la loi accomplie par amour, (verset 14) librement, et surtout comme un fruit vivant de l'Esprit de Dieu dans le croyant. (verset 22 et suivants)

      Une telle conclusion : Vous êtes libres, soumettez-vous les uns aux autres (et avant tout à Dieu), une telle conclusion appartient exclusivement à l'esprit de l'Evangile ; le monde ne la soupçonne point et ne la comprend point. Un seul mot l'explique : la charité.

      Le chr√©tien est libre, car il sait que son Sauveur l'a affranchi le la servitude du p√©ch√©, de la loi, de la mort, et lui a rendu tous ses privil√®ges d'enfant de Dieu¬†; mais le chr√©tien est esclave, parce qu'il reconna√ģt qu'il n'y a point pour l'homme de destination plus glorieuse que de servir par amour et son Dieu et ses fr√®res. (Comparer Romains 6.16-23, notes.)

      La liberté chrétienne ne consiste donc pas à faire sa propre volonté (ce qui serait, à des degrés divers, vivre selon la chair), mais à pouvoir y renoncer par amour pour Dieu et pour ses enfants. (Comparer 1Corinthiens 8)

      - L'ap√ītre, en insistant avec tant de s√©rieux sur ces principes, dans la partie de sa lettre qui va suivre, savait bien qu'ils √©taient connus de ses lecteurs, de ceux en particulier qui n'√©taient point tomb√©s dans l'erreur jusqu'ici combattue. Mais il savait aussi que, tant que le vieil homme existe chez le chr√©tien, celui-ci court le danger de se rel√Ęcher dans sa foi, et, par suite, dans sa vie.

      Cette foi, d'abord vivante au sein d'une Eglise, devient avec le temps une froide orthodoxie, trop faible pour opposer une digue à la puissance de la chair, et alors la liberté spirituelle se transforme par degrés en une liberté charnelle et mondaine.

      C'est pourquoi ces parties toutes pratiques et si s√©rieuses des √©p√ģtres et de l'Evangile entier ne sont pas moins indispensables √† l'Eglise de Dieu dans tous les temps que les parties qui nous r√©v√®lent la doctrine. La v√©rit√© est la vie, voil√† ce que la pr√©dication ne doit jamais s√©parer.

      14 Et telle est la seule vraie observation de la loi. (Voir même pensée plus développée dans Romains 13.8-10)

      - Par cette citation de la loi dans ce qui en est l'√Ęme et la vie, aimer, l'ap√ītre atteignait √† la fois ceux qui √©taient dans la libert√© par l'Evangile, et ceux qui s'attachaient aux observances de la loi. Aux uns il disait¬†: cette loi spirituelle, expression de la sainte volont√© de Dieu, n'est pas abolie, elle subsiste √©ternellement¬†; aux autres il rappelait qu'ils ne l'accompliraient jamais par rien d'ext√©rieur, mais par le cŇďur, auquel Dieu regarde.

      - La pens√©e de l'ap√ītre est celle du Seigneur lui-m√™me, (Matthieu 22.39) mais il ne rappelle ici qu'un c√īt√© du grand commandement de l'amour, celui qui concerne le prochain, parce que tel √©tait le sujet de son exhortation.

      15 L'ap√ītre, en empruntant ces images aux mŇďurs des b√™tes f√©roces, veut exprimer, avec la derni√®re √©nergie, l'odieux des mauvaises passions et le danger de voir la foi et la vie p√©rir, lorsqu'il n'y a pas l'amour.
      18 Voir sur cette opposition absolue, ce combat à mort entre la chair et l'esprit, Romains 7.14 et suivants, note ; Romains 8.1 et suivants, note, et sur la notion de la chair et de l'esprit, en particulier, Romains 1.4, note.

      Ces passages et les notes qui les accompagnent d√©cideront la question qu'on s'est souvent pos√©e, savoir si l'ap√ītre entend par esprit, oppos√© √† la chair, l'Esprit de Dieu, ou l'esprit de l'homme, ou l'un et l'autre dans une vivante communion. C'est ce dernier sens qui nous para√ģt le vrai.

      Ceux-là sont sous la loi, dans lesquels la chair convoite contre l'esprit et l'esprit contre la chair (c'est ainsi qu'il faut traduire verset 17), de manière qu'ils ne font pas ce qu'ils veulent.

      Car, sentir cette r√©sistance de la chair n'est point encore condamnable¬†; mais bien √™tre asservi √† la chair. C'est pourquoi l'ap√ītre n'a pas dit auparavant¬†: (verset 16) "Marchez selon l'esprit et vous n'√©prouverez aucun d√©sir de la chair," mais bien¬†: "vous ne les accomplirez pas."

      "Ne pas les √©prouver, ce n'est plus le combat, c'est la r√©compense du combat¬†; et nous y parviendrons quand nous aurons remport√© la victoire, en pers√©v√©rant dans la gr√Ęce jusqu'√† la fin." Augustin.

      Entre la convoitise et le péché actuel il y a des degrés marqués par Jacques 1.14,15 : d'abord, la convoitise elle-même, ensuite l'acte de la volonté qui y cède, puis l'acte extérieur du péché, et enfin son salaire, la mort.

      19 Manifestes, √©videntes pour le chr√©tien, en sorte qu'il ne peut pas s'y tromper. L'ap√ītre d√©signe cependant ici un grand nombre de ces Ňďuvres, afin de les signaler √† la vigilance de ses lecteurs et de les condamner. (verset 21 fin.)

      On retrouve fr√©quemment dans les √Čcritures de semblables catalogues des d√©plorables mis√®res de notre humanit√© d√©chue. (Matthieu 15.19¬†; Romains 1.19 et suivants¬†; 2Corinthiens 12.20 et suivants¬†; Eph√©siens 5.3 et suivants¬†; 2Timoth√©e 3.1 et suivants¬†; 3.3)

      21 Apr√®s les premiers de ces vices qui sont des actes grossiers de la chair, l'ap√ītre en nomme beaucoup d'autres qui, au premier abord, ne paraissent point √©maner de la m√™me source, parce qu'ils proviennent plut√īt des passions de l'√Ęme.

      Il faut conclure de là que le mot chair n'indique pas seulement les penchants et les actions de la sensualité, mais aussi les péchés qui ont leur siège dans les facultés de l'esprit.

      En effet, les vices les plus spirituels sont encore des Ňďuvres de la chair, parce que l'homme, dans son √©tat de chute, s√©par√© de Dieu, est l'esclave des sens, du monde, de la nature qu'il ne peut dominer que par l'Esprit de Dieu. Le mouvement le plus cach√© d'√©go√Įsme ou d'orgueil cherche au dehors son objet et nous force √† reconna√ģtre que l'esprit est asservi √† la chair.

      On peut, si l'on veut, résumer tous ces péchés sous ces quatre chefs :

      1¬į sensualit√© (ici le mot adult√®re du texte re√ßu n'est pas authentique)¬†;

      2¬į superstition¬†;

      3¬į p√©ch√©s inspir√©s par la haine¬†;

      4¬į exc√®s dans le boire et le manger (ivrognerie et orgies ou d√©bauches).

      - Tous ces p√©ch√©s, non pardonn√©s par la gr√Ęce, tous ces vices, non d√©truits par la r√©g√©n√©ration du cŇďur, excluent absolument du royaume de Dieu, qui est la communion avec le Saint et le Juste.

      L'ap√ītre exprime cette v√©rit√© d'une mani√®re solennelle, afin d'√īter tout pr√©texte, d'une part, √† ceux qui professent une fausse libert√©, et de l'autre, √† ceux qui accusent la vraie libert√© chr√©tienne de conduire au rel√Ęchement moral

      22 Par opposition aux "Ňďuvres de la chair" (verset 19) on attendait ici le mot "Ňďuvres de l'Esprit," mais l'ap√ītre dit¬†: le fruit de l'Esprit, pour montrer ce qu'il y a d'int√©rieur et d'organique dans le d√©veloppement de la vie nouvelle, dont la source, la racine est l'Esprit de Dieu en l'homme, et dont ces vertus chr√©tiennes sont les fruits. Ce mot, dans son sens figur√©, est du Seigneur lui-m√™me. (Matthieu 7.17¬†; comparez Matthieu 3.8¬†; Romains 6.22¬†; Eph√©siens 5.9¬†; Philippiens 1.11)

      Ces fruits de l'Esprit sont en tout l'inverse des Ňďuvres de la chair, sans que pourtant l'ap√ītre les oppose √† ces derni√®res dans un ordre parall√®le. La racine de cet arbre magnifique, charg√© de si riches fruits, c'est la charit√©, l'amour, par o√Ļ l'ap√ītre reprend la pens√©e de verset 14. C'est la charit√© qui produit tout le reste.

      23 Elles sont, au contraire, à l'égard du prochain, (verset 14) l'accomplissement de la loi, de cette loi qui jamais ne sera accomplie par les forces naturelles de l'homme, puisqu'elle ne fait qu'ordonner et condamner, sans jamais produire ces beaux fruits.

      D'autres traduisent : "la loi n'est point contre ces choses," ce qui revient à peu près au même. (Comparer 1Timothée 1.9)

      Par cette remarque, l'ap√ītre indique la vraie conciliation de la controverse qui l'occupe. Aux partisans de la loi, il montre qu'elle n'est point viol√©e par l'Evangile¬†; aux hommes de la libert√© par la gr√Ęce, il rappelle vivement ce qu'ils doivent √™tre pour se trouver en harmonie avec la volont√© de Dieu. (Comparer Romains 3.30)

      25 Ces deux versets sont la conclusion de ce qui précède. (verset 10 et suivants)

      Le vieil homme, qui produisait les Ňďuvres de la chair, (versets 19-21) a √©t√© crucifi√© en ceux qui sont √† Christ.

      Bien que ce crucifiement dure pendant toute notre vie terrestre, l'ap√ītre le consid√®re comme un fait accompli, parce que, dans le chr√©tien, cette puissance de la corruption ne r√®gne plus, (Romains 6.11-14) et qu'elle est destin√©e √† p√©rir enti√®rement.

      "S'il en est ainsi, ajoute Paul, si nous vivons par l'Esprit, marchons aussi par l'Esprit."

      Quelle est la diff√©rence de ces deux termes¬†? L'un indique la source, l'autre les eaux qui en d√©coulent¬†: si r√©ellement l'Esprit de Dieu a cr√©√© en nous une vie nouvelle, ce n'est pas pour la renfermer en nous-m√™mes par une jouissance √©go√Įste ou par un qui√©tisme b√©at, mais afin que toute notre conduite manifeste et produise les fruits de cet Esprit¬†; (verset 22) qu'en un mot nous suivions ses directions dans nos pens√©es, nos paroles, nos Ňďuvres. C'est ainsi que toujours l'Ecriture nous repr√©sente la gr√Ęce comme venant de Dieu seul, et l'exercice de cette gr√Ęce comme tenant en √©veil la responsabilit√© de l'homme.

      26 Cette exhortation particuli√®re se rattache √† celles qui ouvrent le chapitre Galates 6¬†; elle n'est pas cependant sans lien avec ce qui pr√©c√®de¬†: l'ap√ītre proscrit la vaine gloire, (Philippiens 2.3) vaine (sans fondement et sans valeur), par cela seul que l'homme veut se glorifier lui-m√™me, au lieu de glorifier Dieu. (1Corinthiens 1.31¬†; 2Corinthiens 10.17)

      La recherche de cette vaine gloire a eu toujours pour résultat que les forts provoquent les faibles au combat, aux mauvaises controverses (verset 20) et que les faibles portent envie aux forts, à ceux qui leur paraissent doués de dons plus grands.

      L'ap√ītre dit (grec) "Ne devenons pas amateurs de vaine gloire," ce qui suppose que le mal n'existe pas encore chez tous.

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