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Luc 14

    • 1 Chapitre 14.

      1 à 24 Repas chez un pharisien. Parabole du souper.

      Grec¬†: manger du pain, h√©bra√Įsme qui signifie prendre un repas.

      Le pharisien qui l'avait invit√© avec beaucoup d'autres convives (verset 7) est d√©sign√© comme l'un des chefs de ce parti, √† la fois politique et religieux, (Matthieu 3.7, note) d'o√Ļ l'on a conclu qu'il devait √™tre membre du sanh√©drin.

      Cela ne ressort pas nécessairement du terme de l'original ; il pouvait être simplement l'un des plus influents du parti.

      - Jésus, selon sa coutume, (Luc 7.36 ; 11.37 et ailleurs) accepte cette invitation, même en un jour de sabbat.

      L'hostilité décidée que manifestaient alors les pharisiens contre Jésus donne à cette acceptation un caractère tout particulier de support et de charité.

      Ils √©taient l√†, l'observant¬†; c'est-√†-dire que d'autres pharisiens, √©galement invit√©s, (verset 7) √©piaient le Sauveur, de m√™me que le faisait le ma√ģtre de la maison, pour le surprendre en quelque faute contre la loi du sabbat. Peut-√™tre m√™me avaient-ils d√©j√† aper√ßu le malade qui se trouvait l√† et pensaient-ils que J√©sus le gu√©rirait.

      2 Le mot voici indique le moment o√Ļ J√©sus d√©couvre ce fait inattendu. Comment ce malheureux se trouve-t-il l√† devant lui¬†?

      On a supposé que les pharisiens l'avaient fait venir à dessein, afin de tendre un piège au Sauveur. Ce n'est pas impossible, mais il n'y a rien de pareil dans le texte, et il ne faut pas rendre même des pharisiens plus mauvais qu'ils ne sont.

      Comme cette sc√®ne se passe avant qu'on se f√Ľt mis √† table, (verset 7) on peut la placer dans quelqu'une de ces cours int√©rieures qui, en Orient, pr√©c√®dent les appartements¬†; et l'on con√ßoit que le malade se f√Ľt timidement approch√© jusque-l√†, esp√©rant √™tre gu√©ri, mais n'osant rien demander, parce que c'√©tait le sabbat et √† cause des pharisiens.

      3 Grec : Et Jésus, répondant, dit.

      Il r√©pond r√©ellement aux pens√©es non exprim√©es qu'il lit dans les regards (ils l'observaient, verset 1) et dans les cŇďurs de ceux qui l'entourent.

      Ce ou non (est-il permis ou non ?), omis par le texte reçu, exige une réponse catégorique. La question s'adresse non seulement aux pharisiens, mais avant tout aux légistes, ou docteurs de la loi, dont la compétence était reconnue pour interpréter les dispositions de la loi.

      Ils se taisent, soit parce qu'ils ont honte de trancher la question négativement, soit parce que, dans leur hostilité à l'égard de Jésus, ils ne veulent pas lui donner de réponse.

      4 Grec : L'ayant pris à lui, par la main, ou en posant la main sur lui, afin de lui témoigner sa compassion et d'entrer directement en rapport avec lui, il opéra sa guérison.

      Quelquefois Jésus se contente d'un léger attouchement, (Matthieu 8.3) quand il ne guérit pas par sa seule parole, ce qu'il fait le plus fréquemment.

      5 Comparer Matthieu 12.11 ; Luc 13.15, note.

      - Répondant, il leur dit...

      Comme au verset 3, J√©sus r√©pond au bl√Ęme que trahit leur attitude.

      Le mot répondant est omis par B, D, version syr.

      Le texte re√ßu, avec Sin. et quelques majuscules porte¬†: "celui d'entre vous dont l'√Ęne ou le bŇďuf¬†;" correction, faite dans le but de conformer cet exemple √† celui qui est cit√© Luc 13.15.

      Selon le vrai texte : le fils, la question posée par Jésus est beaucoup plus incisive.

      Aussi ne purent-ils rien répondre à cela. (verset 6 ; comparez verset 4, note.)

      11 Pour comprendre cette instruction dans sa profondeur, il faut remarquer qu'elle revêt la forme d'une parabole. (verset 7)

      En effet, Jésus n'a point l'intention de donner à ses convives une leçon de politesse ou de modestie. Tous les hommes recherchent la première place, parce qu'ils sont orgueilleux devant Dieu ; et jamais ils ne deviennent humbles les uns à l'égard des autres, au point que "l'un estime l'autre plus excellent que soi-même," (Philippiens 2.3) avant de s'être humiliés devant Dieu dans le sentiment d'une profonde repentance.

      C'est là le commentaire que Jésus nous donne de sa parabole dans les paroles qui la terminent : s'élever devant les hommes a pour conséquence certaine d'être abaissé devant Dieu, et l'inverse. (Comparer Matthieu 23.12 ; Luc 18.14 ; 1Pierre 5.5)

      12 Il disait aussi. Comme au verset 7, et souvent dans Marc et dans Luc, cette locution introduit une pensée nouvelle et importante, que Jésus ajoute à ses discours.

      - L'instruction qui va suivre, de m√™me que celle qui pr√©c√®de, est emprunt√©e aux circonstances du repas auquel il assistait. Il n'y avait l√† que des invit√©s appartenant au rang et √† la position sociale de l'h√īte qui les recevait dans sa maison. Et, comme il arrive presque toujours dans les festins, les pauvres, les malheureux √©taient oubli√©s.

      14 Nous ne r√©p√©terons pas, apr√®s tant d'autres, qu'il ne faut pas prendre ces paroles √† la lettre¬†; le cŇďur √©go√Įste de l'homme le dira lui-m√™me √† chaque lecteur. Mais pourquoi les spiritualiser jusqu'au point qu'elles ne signifient plus rien¬†?

      Certainement J√©sus ne nous d√©fend pas d'inviter nos proches nos amis, puisque lui-m√™me assistait √† des repas de cette nature. Mais l'ordre positif qu'il donne, pratiqu√© avec simplicit√© et avec une sympathie chr√©tienne pour les malheureux qu'il d√©signe, serait un exercice de la charit√© tout autre que les plus riches aum√īnes qui ne nous mettent point dans un rapport cordial avec ceux qui souffrent. Et, en outre, le Sauveur fait intervenir un motif moral de la plus haute importance¬†: le d√©sint√©ressement, qui n'attend pas qu'on lui rende la pareille.

      Tout est fait pour Dieu, par amour pour ses enfants malheureux et en vue de la rétribution éternelle à la résurrection des justes.

      - De ce dernier terme on a voulu conclure que Jésus enseigne deux résurrections, celle des justes, d'abord, puis celle des injustes. Il n'y a rien de pareil dans le texte ; mais le Sauveur, comme Paul dans une multitude de passages, (1Corinthiens 15.42-44,53-57 ; Philippiens 3.21 ; 1Thessaloniciens 4.13-18, etc.) voulant mettre sous les yeux des fidèles leurs espérances éternelles, ne parle que de la résurrection bienheureuse.

      15 Grec¬†: mangera du pain, h√©bra√Įsme qui signifie participer √† un repas. (verset 1) La r√©surrection des justes, dont J√©sus avait parl√©, (verset 14) √©veille chez l'un des convives l'esp√©rance du bonheur c√©leste, de ce banquet dans le royaume de Dieu qui en √©tait le symbole. (Matthieu 8.11¬†; Luc 13.29)

      Jésus répond à cette exclamation, inspirée peut-être par une assurance présomptueuse, en donnant à ses auditeurs un sérieux avertissement. La parabole qu'il prononce leur dépeint comment plusieurs des invités au banquet céleste n'y auront aucune part, et cela par leur faute.

      16 Voir, sur une parabole très semblable, mais non identique à celleci, Matthieu 22.1-14, notes.

      Il est probable que Jésus décrivit plus d'une fois l'ingratitude et la révolte de son peuple par cette similitude, en en modifiant certains traits.

      - L'homme qui faisait un grand souper, c'est Dieu, dont la mis√©ricorde infinie offre √† l'homme, perdu dans sa mis√®re, l'immense privil√®ge de rentrer en communion avec lui, et de trouver aupr√®s de lui tous les biens qui peuvent rassasier sa faim et remplir son cŇďur de la joie d'un banquet c√©leste. L'invitation √† ce grand souper avait retenti fr√©quemment et longtemps en Isra√ęl par le minist√®re des proph√®tes.

      17 Son serviteur, c'est le Sauveur lui-même, envoyé dans l'accomplissement des temps pour réitérer d'une manière plus pressante et plus solennelle l'invitation.

      Seul il pouvait dire : C'est déjà prêt, car lui-même avait tout préparé, tout accompli pour le salut de l'humanité perdue.

      Les termes dont il se sert expriment la parfaite gratuité de ce salut. Le texte reçu porte "tout est déjà prêt." Ce mot omis par Sin., B, est probablement emprunté à Matthieu.

      18 Grec : Et ils commencèrent tous d'une seule voix ou d'une seule opinion.

      Ces termes font ressortir ce qu'il y avait dans une telle conduite de surprenant, d'ingrat, d'injurieux pour celui qui invitait. C'est l'inimiti√© du cŇďur de l'homme contre Dieu prise sur le fait.

      20 Les excuses diffèrent, mais l'esprit est le même. (verset 18, note.)

      Il y a cependant une gradation¬†: le premier se croit sous la n√©cessit√© absolue de refuser¬†; le second dit simplement qu'il part pour √©prouver ses bŇďufs¬†; le troisi√®me ne cherche pas m√™me une excuse, il se sent dispens√© par l'importance de ce qui le retient (son mariage), et il se contente de r√©pondre¬†: Je ne puis.

      Tous les motifs all√©gu√©s sont honn√™tes, l√©gitimes, plausibles aux yeux des hommes¬†: ce sont les possessions, les affaires, les affections de famille. Mais comme il n'y a aucune incompatibilit√© entre ces choses-l√† et la communion avec Dieu, elles ne sont, au fond, que de vains pr√©textes. Le vrai obstacle est ailleurs, dans le cŇďur de l'homme.

      21 Le serviteur, de retour de sa mission, rend compte au ma√ģtre des refus qu'il a essuy√©s.

      Stier voit dans ce trait un écho des douloureuses plaintes que l'ingratitude et l'endurcissement de son peuple arrachaient au Sauveur et qu'il exhalait dans ses prières à son Père.

      La col√®re du ma√ģtre de la maison n'est que trop justifi√©e par la secr√®te inimiti√© de ceux qui ont m√©pris√© son invitation. Plus l'amour de Dieu est grand, plus sa col√®re sera terrible.

      - La seconde invitation s'adresse a tous les malheureux ici désignés, qui n'ont d'autre retraite que les places et les rues de la ville.

      On peut entendre ces mots à la lettre, car "l'Evangile est annoncé aux pauvres ;" (Luc 7.22) mais en supposant que leur misère extérieure les a amenés à sentir leur pauvreté morale. Ce sentiment seul les rend capables de répondre à l'invitation et d'entrer dans la salle du festin. A ce point de vue, on peut admettre que, sous les traits de ces malheureux, Jésus a voulu représenter aussi les péagers et les pécheurs qui venaient à lui pressés par le repentir. (Luc 15.1)

      22 "On se repr√©sente ordinairement que le serviteur, ayant re√ßu l'ordre de son ma√ģtre, (verset 21) √©tait reparti pour faire la seconde invitation, et que c'est apr√®s son retour qu'il prononce ces paroles. Mais de quel droit suppose-t-on ce fait non exprim√© dans un r√©cit aussi circonstanci√©¬†? Non, le serviteur, repouss√© par les premiers invit√©s, a fait de lui-m√™me ce que le ma√ģtre lui commande ici, en sorte qu'il peut r√©pondre aussit√īt (grec, vrai texte)¬†: c'est fait, ce que tu as ordonn√©. Ce sens s'applique admirablement √† J√©sus¬†; il a pleinement accompli ce conseil de Dieu qui lui √©tait connu, d'annoncer l'Evangile aux pauvres." Meyer.

      - Mais quelle révélation de la miséricorde infinie de Dieu, dans ces dernières paroles ajoutées par le serviteur : et il y a encore de la place ! S'il en est un plus pauvre, plus misérable encore que ces derniers invités, il peut reprendre courage et se dire : Il y a aussi de la place pour moi.

      23 Le ma√ģtre entre avec joie dans la pens√©e que le serviteur lui sugg√®re par sa remarque¬†: "Il y a encore de la place."

      Aussi le charge-t-il d'une troisième invitation ; ce n'est plus dans les places et les rues de la ville (Jérusalem et le peuple juif) qu'il doit la porter, mais au dehors, dans les chemins et le long des haies, à tous ces êtres errants et sans refuge qui vivent sans Dieu et sans espérance au monde.

      Ici est clairement pr√©dite et ordonn√©e la grande vocation des pa√Įens, qui sera commenc√©e par les ap√ītres et ne cessera plus jusqu'au dernier jour, o√Ļ la maison du Ma√ģtre sera remplie¬†!

      - Quel ardent amour de Dieu, pour les pécheurs qu'il veut sauver, s'exprime dans ce mot : et presse d'entrer (grec contrains, fais-en une nécessité absolue).

      Il s'agit d'une contrainte toute morale, qui ne diminue en rien la libert√©, puisque rien n'est plus libre que la foi, l'ob√©issance, l'amour. Cette contrainte s'exerce sur les consciences par la saintet√© de la loi, sur les cŇďurs par la puissance de l'amour divin, sur la volont√© par l'action de l'Esprit de Dieu.

      "Dieu ne force personne, mais il fait qu'on veut" Gaussen.

      - Qui aurait pu croire que jamais on chercherait dans ces paroles une légitimation de l'horrible contrainte par le fer et le feu !

      24 Ces derni√®res paroles, conclusion de la parabole (car), font encore partie de celle-ci, et sont mises dans la bouche du ma√ģtre de la maison¬†; elles ne sont pas une d√©claration de J√©sus aux convives, comme on l'a pr√©tendu, puisque lui-m√™me appara√ģt dans cette histoire comme serviteur.

      Elles expriment toute la sévérité de Dieu, à la fin de cette parabole destinée à révéler tout son amour.

      25 25 à 35 Conditions nécessaires pour suivre Jésus.

      Jésus, après avoir quitté la maison du pharisien, (verset 1) avait repris la route de Jérusalem.

      Parmi ces grandes foules qui faisaient route avec lui se trouvaient sans doute des p√®lerins qui allaient aussi √† J√©rusalem pour la f√™te de P√Ęques. Il y avait encore chez la plupart un entra√ģnement enthousiaste et charnel¬†; J√©sus, pour dissiper tout malentendu, et pour les mettre en garde contre une profession pr√©cipit√©e, leur adresse un avertissement s√©rieux, s√©v√®re m√™me.

      26 Comparer Matthieu 10.37, note ; Matthieu 19.29.

      Ces paroles, au premier abord, paraissent être en contradiction avec les préceptes et l'esprit de l'Evangile.

      Celui-ci nous enseigne l'amour de tous les hommes, de nos ennemis mêmes, à plus forte raison de nos proches.

      Comment faut-il donc les comprendre¬†? On a cherch√© √† donner √† ce mot ha√Įr le sens de¬†: aimer moins, (comparez Gen√®se 29.30,31) ce qui reviendrait √† la signification des paroles de J√©sus rapport√©es par Matthieu¬†: (Matthieu 10.37) "Celui qui aime p√®re ou m√®re plus que moi n'est pas digne de moi¬†;" et l'on peut admettre que telle est dans notre passage aussi la pens√©e du Sauveur.

      Cependant, il ne faut pas affaiblir l'expression plus énergique, et évidemment choisie à dessein, qu'il emploie ici. Elle exprime aussi une vérité. (Comparer Matthieu 6.24) Jésus suppose que ces affections de la famille, entrant en conflit avec l'amour que nous lui devons, sont devenues un obstacle à notre communion avec lui et nous empêchent de devenir ses disciples.

      Nous devons ha√Įr ce mal, cet √©loignement de Dieu sous peine de renoncer √† l'amour du Sauveur. (Comparer Luc 12.53)

      C'est exactement par le m√™me principe que le disciple de J√©sus doit ha√Įr sa propre vie (grec sa propre √Ęme), sa personnalit√©, son moi, d√®s que l'amour de lui-m√™me s'oppose √† l'amour de Dieu.

      Enfin, il est √©vident, d'apr√®s ces paroles, que le chr√©tien doit √™tre pr√™t √† sacrifier sa vie terrestre tout enti√®re pour la cause de son Ma√ģtre. Mais qui est-il donc, ce Ma√ģtre, qui se pose ainsi comme l'objet de l'amour supr√™me de ses disciples¬†?

      27 Matthieu 10.38, note ; Matthieu 16.24 ; Marc 8.34 ; Luc 9.23.

      Ainsi le renoncement absolu que Jésus vient de prescrire ne suffit pas pour faire d'un homme son disciple ; il n'y a pas seulement des affections et des biens à sacrifier, il y a des souffrances à endurer dans cet esprit d'obéissance et d'amour dont Jésus lui-même était animé, et dont il devait donner l'exemple jusqu'à son dernier soupir.

      Ces souffrances ont pour embl√®me l'instrument qui servira au supplice du Ma√ģtre. Comme le Ma√ģtre, chaque disciple a sa propre croix, qu'il doit porter en le suivant. Or, la croix est toujours et pour tous un instrument d'ignominie, de souffrance et de mort.

      30 Le but de cette parabole, comme de la suivante, est de motiver (car) l'exhortation, impliquée dans la règle précédente, à s'examiner soi-même pour voir si l'on est capable de remplir ces sévères conditions.

      Etre disciple de J√©sus, (versets 26,27) le suivre, l'imiter en toutes choses, jusqu'√† la croix, jusqu'√† la mort, est une t√Ęche difficile, bien plus au-dessus des forces de l'homme naturel que b√Ętir une tour ou une forteresse n'est au-dessus de la fortune d'un pauvre¬†; ce n'est donc pas avec l'enthousiasme √©ph√©m√®re d'une premi√®re √©motion religieuse qu'on doit s'engager dans cette difficile carri√®re.

      Il faut s'asseoir, se recueillir, calculer la dépense, avant de faire hautement profession d'être disciple de Jésus. Sans cette précaution, on court le risque de provoquer les moqueries du monde et de devenir une cause d'opprobre pour l'Evangile.

      33 La seconde parabole a le même sens que la première, avec cette nuance que la vie chrétienne n'est plus comparée à une tour dont la construction exige une grosse dépense, mais à une guerre périlleuse contre un ennemi dont les forces sont bien supérieures à celles que nous pouvons lui opposer par nous-mêmes. Mieux vaudrait rester en paix avec cet ennemi, que de s'exposer à de honteuses défaites.

      "Plut√īt rester un honn√™te homme religieusement obscur, que de devenir ce qu'il y a de plus triste au monde, un chr√©tien incons√©quent." Godet.

      Grec : ne renonce pas à tous ses biens propres, les objets spéciaux de ce renoncement ont été indiqués au verset 26.

      Telle est la conclusion de tout ce discours. Il y a quelque chose de saisissant dans ce mot répété pour la troisième fois : ne peut être mon disciple.

      35 Comparer, sur cette image, Matthieu 5.13, note, et Marc Marc 9.50, note.

      Jésus fait diverses applications de cette image si vraie du sel, dont l'action pénétrante empêche la corruption et communique aux aliments une vivifiante saveur.

      Ici, le sel indique le r√īle que le disciple joue dans le monde.

      On peut donc, avec Meyer, paraphraser ainsi ce verset : "C'est une belle chose d'être mon disciple et, comme tel, de servir à conserver la vie spirituelle parmi les hommes, de même que le sel conserve la pureté et la saveur dans les choses matérielles. Mais si même mon disciple, sous l'influence d'intérêts terrestres, perd cette puissance vivifiante, avec quoi lui sera-t-elle rendue ? Il n'est plus bon à rien, et il sera jeté dehors, hors du royaume de Dieu."

      Il y a un profond mépris dans ces termes : ni pour la terre, ni pour le fumier ! On peut traduire aussi : ni comme sol ni comme fumier. Le sel ne peut devenir un terrain que l'on ensemence, (Psaumes 107.34) et il ne peut servir d'engrais.

      Cette parole, qui revient si souvent dans les discours de Jésus, doit attirer l'attention sur la dernière comparaison, aussi bien que sur les enseignements qui précèdent.

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