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Marc 5

    • 1 Chapitre 5.

      1 à 20 Le démoniaque de Gadara.

      Ils y arrivèrent, après avoir essuyé la tempête décrite au chapitre précédent. (versets 35-41)

      Voir, sur ce nom propre et sur tout le récit qui va suivre, Matthieu 8.28-34, notes, et comparez Luc 8.26-39.

      Marc, encore ici, raconte avec beaucoup plus de détails que les autres évangélistes. Nous relevons ce qui lui est propre.

      2 Grec : un homme en esprit impur. Voir Marc 1.23, note.
      5 Ces détails terribles, conservés par Marc, montrent jusqu'à quel degré de frénésie était parvenu ce malheureux. La fureur doublait ses forces. C'est ce qui se voit souvent chez les fous furieux ; mais ici l'évangéliste veut évidemment indiquer une influence de la puissance des ténèbres.

      Les sépulcres et les montagnes sont mentionnés ensemble, parce que les tombeaux, en Orient, étaient des grottes naturelles ou creusées dans le flanc d'une colline.

      Le démoniaque séjournait dans ces endroits écartés et lugubres, afin d'y chercher la solitude. Les actes de violence exercés sur lui-même par ce malheureux (se meurtrissant avec des pierres), et dont Marc seul nous parle, ont été considérés par quelques interprètes comme des signes de repentance ou de désespoir et non comme un simple effet de la folie furieuse.

      On peut en conclure que ce malade, en proie à la puissance des ténèbres, endurait aussi une affreuse souffrance morale. A ce point de vue, on comprend mieux la grandeur de la délivrance dont il fut redevable au Sauveur.

      6 Cet empressement du malade à accourir auprès de Jésus dès qu'il le vit de loin, et à se jeter à ses pieds, prouve évidemment, comme le fait observer Olshausen, que le premier aspect du Sauveur exerça sur lui une influence bienfaisante, qu'il se sentit attiré vers lui, et qu'il en attendait du soulagement.

      Mais comment expliquer la contradiction qu'il y a entre ce sentiment et les paroles qu'il prononce aussit√īt¬†? (verset 7)

      C'est que, jusqu'ici, le malade agissait avec la conscience de lui-même et de son malheur, mais Jésus, en ordonnant à l'esprit impur de sortir, (verset 8) excita la résistance de ce dernier, qui produisit dans sa victime un de ces paroxysmes dans lesquels elle n'était plus que l'organe du démon qui parlait par elle.

      En effet, ce verbe √† l'imparfait il lui disait (verset 8) indique que J√©sus avait r√©p√©t√© son ordre sans que le d√©mon f√Ľt encore sorti et explique les paroles violentes du d√©moniaque. Peut-√™tre J√©sus ne voulut-il pas employer d√®s l'abord toute l'√©nergie de sa puissance, par la crainte que la lutte entre son pouvoir et la r√©sistance de l'esprit m√©chant ne bris√Ęt l'organisme du malade dans la crise violente que sa parole avait suscit√©e.

      7 Voir, sur cette connaissance mystérieuse que le démon a de Jésus comme Fils du Dieu très-haut, et sur ces mots : Qu'y a-t-il entre toi et moi, Marc 1.24, note.

      En ajoutant : Je t'adjure par Dieu, l'esprit impur pensait sans doute que Jésus lui accorderait plus facilement sa demande de n'être point tourmenté. Qu'entendait-il par là ? Le verset 10 pourra répondre à cette question. (Voir Matthieu 8.29, note.)

      8 Ce verset motive (car) les paroles du démon oui précèdent. On a déjà fait remarquer (verset 6, note) que cet ordre de Jésus avait été donné dès l'abord.
      9 J√©sus adresse sa question au malade afin de le calmer et de le faire entrer en communication avec lui. Dans le trouble, l'exaltation et la souffrance o√Ļ se trouvait cet homme, rien n'√©tait plus propre √† le ramener √† lui-m√™me et aux r√©alit√©s de sa vie que de prononcer son nom, de dire √† J√©sus avec confiance qui il √©tait.

      Malheureusement, il était encore trop sous l'influence du mauvais esprit pour répondre avec une claire conscience de luimême ; aussi est-ce le démon qui reprend la parole, et, non sans orgueil et méchanceté, il emprunte son nom à ces redoutables légions romaines qui faisaient la terreur et l'aversion du peuple juif.

      Et tandis que dans Luc (Luc 8.30) c'est 1'évangéliste qui fait cette réflexion : "car plusieurs démons étaient entrés en lui," ici, c'est encore l'esprit qui ajoute par la bouche du malade : car nous sommes plusieurs.

      Faut-il entendre par là une multiplicité d'influences que l'esprit exerçait sur toutes les facultés de sa victime ? ou bien doit-on comprendre à la lettre qu'il y avait en elle un grand nombre de démons ? La première de ces opinions n'est point exclue ; mais bien certainement l'évangéliste a l'intention d'exprimer la seconde. En effet, tandis que jusqu'ici il a parlé d'un esprit impur, (verset 2) son récit prend maintenant partout la forme du pluriel. (versets 10,12,13)

      Du reste, l'idée d'une pluralité de démons dans le même possédé n'est point étrangère aux évangélistes. (Voir Marc 16.9 ; Luc 8.2)

      10 Cette contr√©e montagneuse o√Ļ abondaient les grottes et les s√©pulcres leur plaisait particuli√®rement (versets 2,3,5)

      Luc (Luc 8.31) donne √† cette demande un motif plus facile √† comprendre¬†: les d√©mons craignaient d'√™tre envoy√©s dans l'ab√ģme, qu'ils regardaient sans doute comme un lieu de tourment. C'est la m√™me id√©e qui se trouve dans Matthieu, (Matthieu 8.29) o√Ļ les d√©mons prient J√©sus de ne pas les tourmenter avant le temps (du jugement).

      12 Les mots : là, vers la montagne, ne sont point en contradiction avec ceux de Matthieu : loin d'eux ; ces deux termes expriment une certaine distance.

      - Cette partie du récit, conservée par les trois évangélistes, présente des faits qu'il est très difficile de s'expliquer, d'autant plus difficile qu'ils sont sans analogie dans le Nouveau Testament.

      Pourquoi les démons, forcés de quitter leur victime, demandent-ils à entrer dans les pourceaux ? Est-ce parce que ces esprits sans organes, misérables dans leur abandon de Dieu, se plaisent à habiter dans des êtres organisés ? Est-ce dans l'intention méchante de nuire à ces animaux, à leurs possesseurs, peut-être même à Jésus et à son influence ? (verset 17)

      Pourquoi Jésus le leur permet-il ? Est-ce parce que c'était le moyen de délivrer le malheureux, objet de son intérêt et de ses compassions ? Est-ce pour exercer un jugement sur les habitants de la contrée et provoquer en eux des pensées sérieuses ? Comment n'a-t-il aucun égard à la perte qu'ils vont subir ? (verset 13) Veut-il les punir (ceux du moins d'entre eux qui étaient Juifs) de violer la loi en élevant des animaux légalement impurs ?

      On a posé toutes ces questions, on y a fait des réponses diverses, sur lesquelles il serait superflu d'insister, puisque le texte garde le silence à ce sujet.

      13 Marc seul a noté ce nombre d'environ deux mille.

      Encore ici, il serait impossible de dire quelle influence produisit dans ces animaux le mouvement impétueux par lequel ils se précipitèrent dans la mer.

      15 Tableau paisible qui fait contraste avec la description des versets 3-5 !

      Il faut noter ici chaque trait.

      Le démoniaque, jusque-là agité, frénétique, est tranquillement assis ; il est vêtu, tandis qu'auparavant "il ne se revêtait d'aucun habit ;" (Luc 8.27) il est dans son bon sens, lui que l'évangéliste a montré fou furieux ; il le rappelle en ajoutant ces mots : lui, qui avait eu la légion.

      Quel monument de la puissance et de l'amour de Jésus !

      16 Ceux qui l'avaient vu, c'étaient les témoins de cette scène qui la racontent aux habitants de la contrée.
      17 Ces gens sont remplis de crainte, (verset 15) ne voyant que le prodige, et non la compassion divine de Celui qui l'avait accompli ; plusieurs sont sans doute aussi froissés dans leur avarice, et cela suffit pour que, dans leur aveuglement, ils veuillent se priver des bénédictions de la présence de Jésus.
      19 C'√©tait, sans doute, par une vive reconnaissance que le d√©moniaque gu√©ri voulait suivre J√©sus¬†; il pensait qu'aupr√®s de son bienfaiteur il serait plus s√Ľrement √† l'abri des maux terribles qu'il avait soufferts.

      Pourquoi Jésus ne le lui permit-il pas ? Les belles paroles qui suivent (verset 19) répondent abondamment à cette question. Jésus veut laisser cet homme dans sa maison, auprès des siens, pour être, à l'égard de tous, à la fois un monument et un prédicateur de la miséricorde divine.

      Et c'est ce qu'il fut, en effet. Il publia dans la contrée entière (grec quelles choses) quelles grandes choses le Seigneur lui avait faites. (verset 20)

      - S'étonneraiton de l'ordre que Jésus donne à cet homme, tandis qu'ailleurs il interdisait à des malades guéris de proclamer ses bienfaits ? (Matthieu 8.4, note.)

      La raison de cette diff√©rence est bien simple¬†: ici, dans cette contr√©e √©cart√©e, il n'avait point √† craindre que le bruit de ses miracles provoqu√Ęt un faux enthousiasme parmi le peuple ou la haine de ses adversaires, comme c'√©tait le cas en Galil√©e et en Jud√©e.

      20 Voir sur ce nom Matthieu 4.25, note.

      On peut supposer que cette admiration fut suivie de sentiments plus éclairés, plus profonds, plus durables.

      21 21 √† 43 Ja√Įrus et sa fille. Gu√©rison d'une femme malade.

      Voir sur ce récit Matthieu 9.18-26, notes, et comparez Luc 8.40 et suivants

      Marc et Luc racontent ces deux miracles imm√©diatement apr√®s le retour de J√©sus de l'excursion qu'il venait de faire de l'autre c√īt√© du lac, tandis que Matthieu (Matthieu 9.1 et suivants) place entre ces deux faits la gu√©rison du paralytique et la vocation de L√©vi. On voit qu'il s'√©tait form√© dans la tradition divers groupements des faits qui marqu√®rent dans le minist√®re du Sauveur.

      23 Encore ici, tandis que Matthieu se borne à rapporter les faits principaux, Marc et Luc racontent avec beaucoup plus de détails.

      Ainsi c'est par eux que nous connaissons le nom de Ja√Įrus.

      "Au temps o√Ļ Marc √©crivait, Ja√Įrus ou sa fille pouvaient se trouver encore en Palestine. C'est une grande preuve de la v√©rit√© de l'histoire √©vang√©lique, que m√™me les noms propres y sont conserv√©s." (Bengel.)

      Marc peint cette scène et la fait revivre aux yeux de ses lecteurs par tous ces verbes au présent, il vient, se jette à ses pieds, le prie instamment. Nos versions ordinaires effacent toutes ces nuances.

      - Ja√Įrus, en parlant de son enfant, emploie un gracieux diminutif qui exprime toute la tendresse de son cŇďur afflig√©.

      Calvin, dans le langage na√Įf du seizi√®me si√®cle, le traduit tr√®s bien par¬†: ma fillette Ce diminutif, propre √† Marc, se trouve encore en Marc 7.25 et pas ailleurs dans le Nouveau Testament.

      Dans l'original, l'émotion du père se trahit encore par une phrase tout à fait incomplète : "Ma petite fille est à l'extrémité,...afin que, venant, tu lui imposes les mains."

      26 Tous ces détails, omis par Matthieu : douze ans de maladie, souffrance de la part des médecins, tout son bien dépensé, son mal toujours empirant, font ressortir la triste situation de cette pauvre femme.
      28 Elle disait, en elle-même. (Matthieu 9.21, note.)
      29 Grec¬†: Et aussit√īt la source de son sang tarit, se dess√©cha, c'est-√†dire son mal fut gu√©ri dans sa cause, compl√®tement.

      Elles connut en son corps par le soulagement, le bien-être, la force qu'elle éprouva, qu'elle était délivrée de ce mal.

      Ce dernier mot signifie proprement un fouet, une lanière au moyen de laquelle on infligeait une flagellation ; image énergique de l'affliction de cette pauvre femme.

      30 Dans le récit de Matthieu, cette guérison s'opère d'une manière plus simple.

      La femme malade s'approche timidement par derrière pour toucher le bord du vêtement de Jésus, qui, apercevant ce mouvement, se retourne, l'encourage avec compassion et la guérit par sa parole.

      Dans Marc et Luc, la gu√©rison s'effectue par la foi de la malade et par l'attouchement des v√™tements de J√©sus¬†; la femme sent qu'elle est gu√©rie et en m√™me temps J√©sus conna√ģt en lui-m√™me qu'une puissance vient de sortir de lui¬†; il se retourne pour demander qui l'a touch√©, et ce n'est que lorsque la malade se r√©v√®le √† lui qu'il lui adresse la parole comme confirmation de sa gu√©rison. (versets 33,34)

      On ne peut m√©conna√ģtre l'importance de cette diff√©rence que pr√©sente la narration de Marc et de Luc. Une certaine critique s'est h√Ęt√©e d'en conclure que les d√©tails qui leur sont propres proviennent d'une tradition post√©rieure et portent le caract√®re l√©gendaire d'un miracle op√©r√© ind√©pendamment de la volont√© de J√©sus.

      Mais le miracle op√©r√© par la parole de J√©sus et par l'action directe de sa volont√© est-il beaucoup plus ais√© √† comprendre que celui accompli par les puissances divines qui r√©sidaient en lui et dont la foi simple et na√Įve, mais √©nergique de la malade a su s'emparer¬†?

      Ce qu'on a dit de mieux sur ce sujet peut se r√©sumer dans ces paroles de M. Godet¬†: (sur Luc 8.43 et suivants) "Au moment o√Ļ l'appel fut adress√© √† J√©sus par l'attouchement de son v√™tement de la part de la malade, la volont√© g√©n√©rale et constante d'aider et de soulager qui l'animait au milieu de ses fr√®res, re√ßut subitement par un avertissement divin une direction sp√©ciale et particuli√®rement efficace, direction dont il eut la conscience distincte, mais dont l'objet lui resta inconnu jusqu'√† ce que ce secret lui fut d√©voil√©. Remarquons que dans chaque miracle de J√©sus il y a en quelque sorte deux p√īles¬†: la r√©ceptivit√© du malade et l'activit√© du Sauveur. Au maximum d'action de l'un correspond d'ordinaire le minimum d'action de l'autre. A B√©thesda, (Jean 5) o√Ļ J√©sus doit r√©veiller chez l'impotent jusqu'√† la volont√© de la gu√©rison, et dans les r√©surrections de morts, la r√©ceptivit√© humaine est au minimum et l'activit√© de J√©sus s'√©l√®ve au plus haut degr√© d'initiative. Dans le cas pr√©sent, c est l'inverse. J√©sus est comme passif et l'initiative de la femme lui arrache en quelque sorte la gu√©rison. Entre ces deux extr√™mes s'√©chelonne la foule des cas ordinaires."

      31 Cette observation des disciples, juste en elle-même, vient de ce qu'ils ignoraient la vraie cause de la question de Jésus (verset 30) et de l'importance qu'il y attachait.

      Jésus ne demandait : Qui ma touché ? que parce qu'en ce moment il ne le savait pas.

      Mais cette question avait plus d'importance encore pour la femme que pour lui-m√™me. Il voulait, en la tirant de l'obscurit√© o√Ļ elle se cachait, en lui adressant la parole, en l'encourageant avec bont√©, l'amener √† entrer en contact avec lui, et rendre sa foi plus claire, en se r√©v√©lant √† elle comme l'auteur de sa gu√©rison et de son salut. (verset 34)

      33 Effray√©e et tremblante, intimid√©e de se voir d√©couverte, craignant de s'√™tre attir√© quelque bl√Ęme par son action hardie, g√™n√©e aussi √† la pens√©e qu'elle devait confesser devant tous (Luc 8.47) un mal de cette nature, qui √©tait une souillure l√©gale.

      C'est pour cela qu'elle s'était approchée en se cachant dans la foule. (verset 27) Peut-être aussi l'effet du miracle accompli sur elle avait-il augmenté son émotion.

      34 Ce fut cette parole pleine de puissance et de compassion qui, selon le récit de Matthieu, délivra cette femme. D'après Marc, Jésus confirme sa guérison en la rendant permanente ; mais il fait pour elle beaucoup plus encore.

      Sa d√©claration¬†: ta foi t'a sauv√©e, s'√©tend √† son √Ęme aussi bien qu'√† son corps, car il n'y a pas de doute qu'apr√®s une telle exp√©rience cette femme ne se soit attach√©e √† son Sauveur avec toute l'√©nergie de sa foi, de sa reconnaissance, de son amour¬†; et la paix qu'il lui donne devint en elle le fruit pr√©cieux de son salut.

      Toutes ces guérisons opérées par la puissance et l'amour du Sauveur sur tant de malheureux n'étaient que l'image et le moyen de leur délivrance du péché et de la mort. C'est ainsi qu'il se révèle à nous comme LE SAUVEUR.

      On voit par là l'importance qu'il y a à traduire fidèlement ces mots : ta foi t'a sauvée, et non, avec la plupart de nos versions : ta foi t'a guérie.

      35 Le langage de ces gens qui annoncent √† Ja√Įrus la triste nouvelle, montre qu'√† leurs yeux il n'y a plus aucun espoir, que tout est fini. Le retard caus√© par l'intervention de la femme avait accru les angoisses du pauvre p√®re. Cette nouvelle ach√®ve de briser son cŇďur. Ce fut la supr√™me √©preuve de sa foi.

      - Ce message et la parole consolante de J√©sus, √† laquelle il va donner lieu, nous ont √©t√© conserv√©s par Marc et Luc. Matthieu les omet, parce que, dans son r√©cit abr√©g√©, Ja√Įrus annonce imm√©diatement la mort de sa fille et J√©sus part avec lui pour la ressusciter. Le fait essentiel reste le m√™me, mais il faut reconna√ģtre, ici encore, l'ind√©pendance des √©vang√©listes les uns √† l'√©gard des autres.

      36 Le texte re√ßu porte¬†: Mais J√©sus aussit√īt, ayant entendu la parole qu'on disait...

      Si cette le√ßon est authentique, elle nous peint l'empressement (aussit√īt) avec lequel le Sauveur se h√Ęte d'apaiser l'angoisse du p√®re √† l'ou√Įe de cette parole¬†: Ta fille est morte.

      La variante adopt√©e renferme bien la m√™me pens√©e, mais elle nous dit de plus que J√©sus ne voulut pas m√™me s'arr√™ter √† cette nouvelle sinistre de la mort¬†; il savait qu'il allait vaincre la mort, et il veut faire partager √† Ja√Įrus son assurance.

      Par la plus tendre sympathie, J√©sus s'efforce tout d'abord d'adoucir, dans le cŇďur bris√© du p√®re, la crainte. Pour cela, il l'engage simplement √† se confier en lui (vrai sens du mot croire), sans lui dire ce qu'il fera.

      37 D'apr√®s notre √©vang√©liste, J√©sus aurait renvoy√© tout son cort√®ge, √† l'exception des trois disciples ici d√©sign√©s, avant d'arriver √† la maison de Ja√Įrus¬†; selon Luc, il n'aurait agi ainsi que dans la maison. Luc r√©unit en un seul les deux faits que Marc, plus exact, distingue. (versets 37,40)
      40 Voir, sur cette scène et ces paroles, Matthieu 9.23,24, notes.

      Jésus ne veut accomplir cet acte de délivrance que dans le calme, loin de la foule, en présence du père et de la mère, qui devaient en être les premiers témoins, et en présence de ceux qui étaient avec lui, c'est-à-dire des trois disciples qu'il a choisis à dessein. (verset 37)

      Dans les moments les plus solennels de sa vie, Jésus parait avoir éprouvé le besoin de se sentir dans l'intimité avec ceux qui l'entouraient ; aussi voyons-nous que, dans cette occasion, comme lors de sa transfiguration, comme à Gethsémané, il n'admit auprès de lui que ces trois mêmes disciples, les plus capables de le comprendre.

      41 Les deux mots hébreux : Talitha, koumi ! ne signifient que jeune fille, lève-toi.

      Et ce sont les seuls que J√©sus pronon√ßa. Les mots¬†: je te le dis, sont ajout√©s par Marc dans sa traduction, afin de rendre la pens√©e "de Celui qui appelle et qui commande." J√©r√īme.

      Cet ordre solennel, adressé à la jeune fille morte, est conservé par Marc dans la langue originale, parce qu'il s'était vivement gravé dans la mémoire de tous les témoins. Notre évangéliste aime à rapporter ainsi en araméen certaines paroles du Sauveur, dont il donne ensuite la traduction. (Marc 7.11,34 ; 14.36 ; 15.34)

      42 En disant qu'aussit√īt la petite fille se mit √† marcher, l'√©vang√©liste montre la r√©alit√© du miracle¬†; et sa remarque, qu'elle √©tait √Ęg√©e de douze ans, motive (car) la possibilit√© du fait¬†: ce n'√©tait plus un petit enfant.

      De tels détails ne peuvent provenir que d'un témoin oculaire. (Voir l'Introduction.)

      43 Voir, sur le but d'une telle défense de publier ses miracles, Matthieu 8.4, note ; comparez Marc 7.36 ; 8.26.

      Ici, o√Ļ il n'√©tait entour√© que des parents de l'enfant et de ses trois disciples, il pouvait esp√©rer que son ordre serait observ√©, au moins en ce qui concernait les d√©tails du miracle.

      Ce dernier trait montre le complet rétablissement de l'enfant et la tendre sollicitude de Jésus à son égard.

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