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Actes 16

    • 1 Chapitre 16.

      1 à 12 De Derbes à Philippes.

      Paul avait annoncé l'Evangile et fondé des Eglises à Derbe et à Lystre dans son premier voyage de mission. (Actes 14)

      Venant cette fois de la Cilicie, (Actes 15.41) il arrive d'abord à Derbe. (Actes 14.7, note.)

      Il retrouva √† Lystre Timoth√©e, qu'il avait pr√©c√©demment gagn√© √† la foi, comme on le conclut de 1Corinthiens 4.17, o√Ļ il l'appelle son enfant bien aim√©, et qui allait devenir son fid√®le compagnon d'Ňďuvre. (Actes 14.20, note. voir l'introd. aux √©p√ģtres pastorales.)

      Timothée était bien de Lystre et non de Derbe, comme on a voulu le conclure de Actes 20.4. (Voir la note.)

      Tout jeune qu'il √©tait encore, les chr√©tiens de ces contr√©es lui rendaient un bon t√©moignage. Cette circonstance contribua √† la r√©solution de l'ap√ītre. (verset 3)

      La mère de Timothée, qui s'appelait Eunice, (2Timothée 1.5) était une Juive devenue fidèle croyante, c'est-à-dire chrétienne. Elle avait élevé son fils, dès sa tendre enfance, "dans la connaissance des saintes lettres." (2Timothée 3.15)

      Le p√®re de Timoth√©e √©tait Grec, n√© pa√Įen, peut-√™tre devenu "pros√©lyte de la porte."

      3 Toute la vie de Timoth√©e prouva combien Paul l'avait bien jug√© en d√©sirant de l'emmener avec lui (grec qu'il part√ģt avec lui).

      C'√©tait aussi un acte de sagesse et de charit√© chr√©tienne que de le circoncire, car, sans cette pr√©caution, l'ap√ītre n'aurait pas pu, selon son habitude, annoncer l'Evangile aux Juifs, scandalis√©s de le voir accompagn√© d'un jeune homme n√© d'une femme juive et d'un p√®re pa√Įen et qui n'aurait pas re√ßu la circoncision.

      - On a dit que, si ce fait √©tait vrai, l'ap√ītre se serait mis en contradiction avec ses propres principes, avec sa conduite √† Actes 15, et avec son refus √©nergique de laisser circoncire Tite. (Galates 2.3)

      Mais Paul agit selon sa grande maxime : "Se faire tout à tous, afin d'en sauver quelques-uns." (1Corinthiens 9.19-23)

      Il faut bien remarquer, en effet, que c'est √† cause des Juifs, et afin de ne pas se fermer les portes de leurs synagogues, qu'il circoncit Timoth√©e¬†; il ne l'aurait jamais fait pour c√©der aux exigences de chr√©tiens juda√Įsants qui auraient consid√©r√© la circoncision comme une condition de salut.

      Ainsi sa conduite est en parfaite harmonie avec Actes 15.1,2 et avec Galates 2.3.

      4 Ces ordonnances, ou d√©cisions rendues √† J√©rusalem, √©taient les prescriptions relatives aux choses dont les pa√Įens convertis devaient s'abstenir, par √©gard pour leurs fr√®res d'origine juive. (Actes 15.29)

      Paul les transmettait fidèlement aux Eglises. (Actes 15.23, 2e note.)

      5 Les Eglises grandissaient intérieurement dans la foi et la vie chrétienne, et extérieurement, quant au nombre de leurs membres. Double prospérité bien rare.

      Luc place ici cette remarque, (Actes 9.31) sans doute pour faire sentir que l'accroissement des Eglises avait pour cause la présence et l'activité de Paul au milieu d'elles.

      6 Il faut suivre sur une carte de l'Asie Mineure cet itinéraire de nos évangélistes, (versets 6-8) pour s'en bien rendre compte.

      Ils partent de Lystre en Lycaonie (verset 1) De l√† ils all√®rent s√Ľrement √† Antioche de Pisidie, o√Ļ ils avaient eu un si beau succ√®s dans le premier voyage. (Actes 13)

      Apr√®s cela, ils voulaient diriger leur course √† l'ouest et aller dans l'Asie proconsulaire, situ√©e vers la mer Eg√©e, o√Ļ ils auraient annonc√© l'Evangile √† Eph√®se, ville principale de tout le pays. Mais le moment n'√©tait pas venu¬†; ils en furent emp√™ch√©s par le Saint-Esprit.

      Revenant donc vers le nord-est, ils traversèrent la Phrygie et le pays de Galatie (grec la contrée galatique).

      Luc désigne par cette dernière expression la région qui avait été occupée par des tribus gauloises ou celtes au troisième siècle avant Jésus-Christ et dont les principales villes étaient alors Ancyre, Radium, Pessinonte. Son récit présente ici une lacune.

      Paul ne se contenta pas de traverser la Galatie¬†; il y fut retenu par une maladie, et cet arr√™t forc√© lui donna l'occasion d'√©vang√©liser cette contr√©e, (Galates 4.13) et d'y fonder des Eglises importantes, auxquelles il adressa plus tard, peu apr√®s une seconde visite qu'il leur fit, (Actes 18.23) l'√©p√ģtre aux Galates. (Voir l'Introduction √† cette √©p√ģtre.)

      De nombreux historiens et interpr√®tes (Mynster, Paulus, Thiersch, Weizs√§cker, Renan, Sabatier, Ramsay, Zahn) estiment, il est vrai, que l'√©p√ģtre aux Galates est adress√©e aux Eglises que Paul avait fond√©es, avec Barnabas, dans son premier voyage missionnaire¬†: Antioche de Pisidie, Iconium, Lystre, Derbe. (Actes 13 et Actes 14)

      L'ap√ītre entendrait par la Galatie la province romaine de ce nom, constitu√©e l'an 25 avant J√©sus-Christ, et qui comprenait, outre le pays primitif des Galates, les r√©gions avoisinantes au midi, la Pisidie et la Lycaonie. Nous ne pouvons entrer ici dans cette discussion¬†: les principaux arguments en faveur de la derni√®re opinion sont expos√©s dans le Saint Paul d'E. Renan (p. 48 et suivants) et dans l'article Galates de l'Encyclop√©die de Lichtenberger, par M. Sabatier.

      L'opinion traditionnelle est défendue par des savants tels que Grimm, Holsten, Hilgenfeld, Siefert, Lipsius, Wendt et Godet (Introduction au Nouveau Testament, I, p. 219).

      Elle nous para√ģt la plus probable. Seule elle s'accorde avec les brefs renseignements de Luc dans notre passage¬†; celui-ci entend √©videmment par le pays de Galatie une contr√©e diff√©rente de celle o√Ļ se trouvaient Derbe et Lystre, puisque les √©vang√©listes ne l'abordent qu'apr√®s avoir quitte ces villes (verset 3) et pass√© par d'autres lieux, (verset 4) et notamment travers√© la Phrygie. (verset 6)

      Pour tourner cette difficulté on a présenté les premiers mots de verset 6 comme une récapitulation de versets 1-5 et proposé de les traduire : Après avoir traversé - comme il vient d'être raconté - la Phrygie et le pays de Galatie.

      Mais cette interprétation suppose le texte reçu (majuscules récents), et même avec ce texte, elle est peu naturelle. Or la leçon : ils traversèrent, est attestée par Sin., B, A, C, D, E.

      8 Luc nous montre les missionnaires, qui étaient venus près de la Mysie, à la frontière de cette province, se disposant à aller en Bithynie.

      Ils se seraient avancés ainsi vers le nord-est et auraient été conduits au bord de la mer Noire.

      Mais l'Esprit de J√©sus ne le leur ayant pas non plus permis, ils pass√®rent la Mysie, se dirigeant vers l'ouest, et ils descendirent √† Troas, au bord de la mer Eg√©e, pr√®s des lieux o√Ļ avait √©t√© l'ancienne Troie.

      Là, ils sont en face de la Macédoine et de l'Europe, but vers lequel les conduisait l'Esprit de Dieu. (verset 9)

      C'est bien le Saint-Esprit (verset 6) qui dirigeait les serviteurs de Dieu dans ce voyage, et non leur propre esprit de sagesse et de prudence.

      L'expression : l'Esprit de Jésus (Sin., B, A, D), ne se trouve qu'ici dans le Nouveau Testament, qui dit toujours : l'Esprit de Christ, ou du Seigneur, ou de Dieu.

      9 La vision que Paul eut durant la nuit, probablement pendant qu'il était en prières pour demander à Dieu des directions pour son voyage, ne lui laissa aucun doute à cet égard. (verset 10)

      Cet homme qui se tenait là, il le reconnut pour un Macédonien, à la prière même qu'il lui adressait : Passe en Macédoine et secours-nous.

      Maintenant Paul comprend pourquoi l'Esprit divin l'avait empêché de s'arrêter davantage en Asie : l'Europe s'ouvrait devant lui !

      10 L'Evangile, la bonne nouvelle du salut, tel était le grand secours que demandait le Macédonien. Les missionnaires le conclurent de sa prière.

      Et comme Troas √©tait le port de mer o√Ļ l'on s'embarquait d'ordinaire pour la Mac√©doine et pour l'Europe, ils cherch√®rent aussit√īt √† le faire, c'est-√†-dire qu'ils se mirent en qu√™te d'un navire qui f√ģt le trajet.

      - Ici Luc dit, pour la premi√®re fois, d'apr√®s la recension orientale, nous, indiquant modestement, par ce changement de personne, qu'il venait de rejoindre Paul √† Troas. D√®s ce moment et dans tous les morceaux o√Ļ il trahit ainsi sa pr√©sence, son r√©cit devient beaucoup plus clair plus pr√©cis, plus d√©taill√©.

      11 La Samothrace, grande √ģle de la mer Eg√©e, entre l'Asie Mineure et la Mac√©doine.

      Néapolis, port de mer de Philippes, qui était à quelque distance dans l'intérieur.

      12 Voir, sur cette ville, l'introduction √† l'√©p√ģtre aux Philippiens.

      La premi√®re ville ne signifie pas que ce f√Ľt la capitale du district. (La Mac√©doine avait √©t√© divis√©e par Paul Emile en quatre districts.) La capitale de ce district √©tait Amphipolis. (Actes 17.1)

      On a donc expliqué de diverses manières le qualificatif de première ville.

      Selon les uns ce terme indiquerait simplement que ce fut l√† la premi√®re ville de la Mac√©doine o√Ļ Paul s'arr√™ta et annon√ßa l'Evangile.

      Mais les mots de ce district s'opposent à ce sens. Il faut donc admettre que Philippes portait ce titre en sa qualité de colonie romaine.

      13 13 à 40 Fondation de l'Eglise de Philippes.

      Hors de la porte est la leçon de Sin, B, A, C, D.

      Le texte reçu : hors de la ville, a le même sens.

      Nous pensions que se trouvaient est le texte de Sin., C, admis par la plupart des éditeurs.

      M. Wendt pr√©f√®re le texte re√ßu (majuscules r√©cents, minusc.)¬†: o√Ļ avait coutume de se trouver un lieu de pri√®re.

      M. Blass propose de changer une lettre du texte de B et de lire¬†: o√Ļ ils avaient coutume d'√™tre en pri√®re.

      Les Juifs s'assemblaient volontiers près d'une rivière, dont les eaux servaient à leurs ablutions. C'est là qu'ils établissaient de préférence leurs synagogues.

      Le lieu de pri√®res, mentionn√© dans notre passage, √©tait-il un b√Ętiment ou un simple rendez-vous en plein air¬†?

      Le texte laisse ce point indécis. La rivière, dont il est question, n'était pas le Strymon, trop éloigné, mais probablement un de ses affluents appelé Gangas, Gangites ou Angites.

      - On ignore pourquoi l'assembl√©e n'√©tait compos√©e que de femmes. Peut-√™tre √©taient-elles rest√©es apr√®s le culte pour entendre ces √©trangers. Calvin pense que les hommes √©taient absents par indiff√©rence. Il est probable qu'ils √©taient en petit nombre √† Philippes. La colonie isra√©lite se composait surtout de Juives qui avaient √©pous√© des pa√Įens, et de pros√©lytes, comme Lydie.

      La religion d'Isra√ęl gagnait des adh√©rents parmi les femmes plus que parmi les hommes.

      14 Thyatire (Apocalypse 2.18) était en Lydie, dans l'Asie Mineure.

      Bien que Lydie f√Ľt un nom de femme assez fr√©quent, il est possible que celle-ci fut ainsi appel√©e d'apr√®s son pays natal.

      Cette contrée partageait avec la Phénicie l'industrie des étoffes de pourpre, dont Lydie faisait commerce.

      Ces mots¬†: qui craignait Dieu, montrent qu'elle √©tait n√©e pa√Įenne, mais pros√©lyte Juive.

      Ses besoins religieux n'étaient pourtant pas encore satisfaits, c'est pourquoi elle écoutait.

      Mais pour √™tre attentive √† la parole divine, (Actes 8.6) pour qu'elle la comprit et la re√ß√Ľt, il fallut que le Seigneur lui ouvr√ģt le cŇďur. (Luc 24.45)

      15 Lydie fut baptisée avec sa famille, sans recevoir une instruction prolongée, simplement sur la confession de sa foi en Jésus-Christ son Sauveur. C'est ce que nous voyons partout dans le livre des Actes.

      - Il est inutile de se demander si dans sa famille, et dans celle du ge√īlier, (verset 33) il y avait de petits enfants, et s'ils furent aussi baptis√©s, le texte ne le dit pas.

      Même verbe que Luc 24.29. (Voir la note.)

      Premi√®re marque touchante de cet amour chr√©tien qui na√ģt avec la foi. (Comparer versets 33,34)

      16 Le nom de Python √©tait celui du serpent de Delphes, le c√©l√®bre sanctuaire o√Ļ se rendaient des oracles.

      Au dire de Plutarque, on considérait spécialement les ventriloques comme possédés d'un "esprit de Python."

      Gr√Ęce √† cet esprit, ils avaient la pr√©tendue facult√© de deviner ou de pr√©dire l'avenir.

      La servante (ou esclave), en s'adonnant √† de telles pratiques, gagnait de l'argent, dont ses ma√ģtres faisaient leur profit.

      Luc, et Paul lui-même, (verset 18) attribuent à un esprit dont elle était possédée ses aptitudes de clairvoyante et de devineresse

      On n'a voulu voir dans cette id√©e qu'un pr√©jug√© juif, et attribuer √† des causes toutes naturelles le don qu'exer√ßait l'esclave. Mais alors comment expliquer que l'ap√ītre l'en priva, en ordonnant √† l'esprit de sortir d'elle¬†? La m√™me question se pose au sujet des exorcismes pratiqu√©s par J√©sus. (Matthieu 8.28, 2e note.)

      18 Dans les √©vangiles synoptiques on voit fr√©quemment les d√©mons reconna√ģtre ainsi le Seigneur et lui rendre hommage, sans doute par la crainte qu'ils avaient de lui. (Matthieu 8.29¬†; Marc 3.11¬†; Luc 4.41)

      Mais, pas plus que notre ap√ītre, J√©sus ne souffrait ces manifestations, afin de ne pas para√ģtre avoir la moindre solidarit√© avec ces √™tres-l√†. Paul proc√®de ici de la m√™me mani√®re que le faisait le Sauveur pour chasser les d√©mons. Il est difficile de p√©n√©trer plus avant dans un domaine si obscur.

      21 Ses ma√ģtres voient que (grec) l'esp√©rance de leur gain √©tait sortie avec l'esprit que Paul venait de chasser.

      Alors la cupidit√© d√©√ßue leur col√®re ils se saisissent de Paul et de Silas (peut-√™tre Luc et Timoth√©e √©taient-ils absents ou ne les regardait-on pas comme coupables)¬†; ils les tra√ģnent devant les magistrats et font entendre contre eux l'accusation ordinaire de troubler la ville. (Actes 17.6¬†; 24.5)

      Mais le grief qui leur sert de prétexte, c'est que ces Juifs (terme de mépris), enseignent à nous qui sommes Romains (mot prononcé avec orgueil) des coutumes qu'il ne nous est pas permis de recevoir ni de suivre.

      En effet, une loi romaine interdisait sous peine de déportation ou de mort l'introduction de religions nouvelles.

      La religion juive √©tait autoris√©e dans l'empire¬†; aussi les ap√ītres furent-ils accus√©s probablement d'enseigner des id√©es nouvelles. Peut-√™tre leurs pers√©cuteurs firent-ils appel √† la haine des Juifs seulement pour exciter la populace. Quant aux magistrats, ils punirent les ap√ītres pour avoir troubl√© la paix publique.

      - Dans ce récit, les représentants de l'autorité romaine, nommés d'abord magistrats, archontes, sont ensuite appelés préteurs (grec stratèges) ; mais ce sont les mêmes fonctionnaires, auxquels les Grecs donnaient volontiers des titres militaires.

      23 Les préteurs, dans l'espoir de calmer le soulèvement de la foule, n'y regardent pas de si près avec des juifs méprisés ; sans jugement, ils infligent à Paul et à Silas un supplice cruel, puis les font jeter en prison.

      - Ayant arraché leurs vêtements, car la flagellation était appliquée sur le dos nu, ils ordonnaient de les battre de verges.

      Le mot traduit par coups signifie aussi plaies, car chacun de ces coups faisait couler le sang. (Comparer verset 33) Ce r√©cit est confirm√© par l'ap√ītre Paul lui-m√™me. (1Thessaloniciens 2.2)

      24 Grec : dans le bois.

      C'était un bloc ou une poutre double dans laquelle étaient pratiquées des ouvertures pour y passer chaque jambe. Elle servait aussi à torturer les criminels en leur écartant les pieds avec violence.

      25 Grec : Chantaient des hymnes à Dieu.

      Dans quelle situation et dans quelle attente ! De tels hommes ont le droit de dire à leurs frères : "Soyez toujours joyeux."

      Comme la scène devient plus émouvante encore par ce dernier trait : les prisonniers les écoutaient. Jamais on n'avait rien entendu de pareil dans une prison.

      26 "Dieu r√©compense aussit√īt la foi et la souffrance joyeuse de Paul et de Silas par une intervention miraculeuse. C'est l√† le rapport pragmatique entre verset 25 et verset 26" Meyer.

      M. Ramsay a fait la remarque qu'aujourd'hui encore dans ces contrées les portes en général, et même celles des prisons, sont fermées par une barre, qu'un tremblement de terre peut faire sortir du crampon destiné à la retenir.

      27 Le ge√īlier, probablement un ancien officier de l'arm√©e, r√©veill√© par le tremblement de terre, et voyant toute la prison ouverte, ne doute pas que les prisonniers ne se soient enfuis, et comme il r√©pondait d'eux sur sa vie, il allait se tuer dans son d√©sespoir. (Comparer Actes 12.19)
      28 Paul, dans son ardente charit√©, sauve la vie de celui qui avait √©t√© l'instrument de ses pers√©cuteurs, afin de pouvoir ensuite sauver son √Ęme.

      Si l'on demande comment l'ap√ītre s'√©tait aper√ßu dans les t√©n√®bres (verset 29) que le ge√īlier allait attenter √† ses jours, on peut supposer que celui-ci pronon√ßa des paroles de d√©sespoir qui parvinrent aux oreilles de Paul.

      M. Ramsay admet qu'au moment o√Ļ le ge√īlier s'appr√™tait √† se tuer, il se tenait sur le seuil ext√©rieur de la prison et que sa silhouette se d√©tachait sur le ciel √©clair√© par les √©toiles ou la lune.

      Si l'on demande encore comment les autres prisonniers ne profitèrent pas d'un tel moment pour s'évader, on peut supposer qu'épouvantés par le tremblement de terre et n'ayant pas eu le temps de revenir de leur frayeur, ils imitèrent simplement Paul et Silas, qu'ils avaient entendus chanter les louanges de Dieu.

      30 Le ge√īlier, √©branl√© par tout ce qu'il venait d'√©prouver, convaincu qu'il y avait dans ce miracle une manifestation de la divinit√© en faveur des prisonniers, ne voit plus en ceux-ci des criminels, mais bien ce qu'ils avaient pr√©tendu √™tre, des messagers de Dieu.

      Comment d'ailleurs n'aurait-il pas été frappé de voir que, loin de s'enfuir, ces hommes ne songeaient qu'à lui témoigner la sollicitude de leur charité ?

      De là sa vénération, de là sa question, qui suppose le sentiment du péché s'éveillant en lui : Que faut-il que je fasse pour être sauvé ? C'est le cri d'angoisse d'une conscience qui se sent perdue. (Actes 2.37 ; Luc 3.10)

      - La recension occidentale (D, Peschito) porte au verset 30 : Il les conduisit dehors, après avoir fixé dans les ceps les autres prisonniers. (Comparer verset 24)

      31 R√©ponse qui renferme l'Evangile dans toute sa richesse. Paul, en annon√ßant la parole divine au ge√īlier, (verset 32) ne put rien lui dire qui ne f√Ľt d√©j√† contenu dans sa premi√®re r√©ponse.

      Croire au Seigneur J√©sus-Christ, c'est-√†-dire se confier en lui du fond du cŇďur, c'est d√©j√† √™tre sauv√©. (Actes 15.11¬†; Jean 3.16¬†; 20.31)

      Telle est aussi la doctrine de Paul dans toutes ses √©p√ģtres.

      Le texte reçu porte : "Seigneur Jésus-Christ."

      Ce dernier mot manque dans Sin., B, A, mais il se lit dans tous les autres majuscules et la plupart des versions anciennes.

      33 Il lava leurs plaies : avant même d'être baptisé, dès qu'il a cru, ce nouveau disciple exerce envers ses prisonniers une active charité, fruit de la foi. (verset 15)

      - Ici encore les ap√ītres administrent le bapt√™me sans exiger aucun temps d'instruction ou d'√©preuve, sur la simple d√©claration de la foi (Actes 16.15¬†; 2.41¬†; 8.38¬†; 10.47)

      - Paul avait dit au ge√īlier¬†: Tu seras sauv√©, toi et ta maison (ou ta famille), et sa parole est accomplie¬†: lui et tous les siens. (Comparer v 34.)

      34 Grec : il dressa une table, et c'est à cette table qu'il se réjouit avec toute sa maison. Quel sujet de joie, en effet !

      - En croyant en J√©susChrist, il avait cru en Dieu, c'est l√† une m√™me foi¬†; mais le nom de Dieu est plac√© ici en opposition aux divinit√©s du paganisme que le ge√īlier avait seules connues jusqu'alors.

      36 Les pr√©teurs, soucieux peut-√™tre du jugement sommaire et injuste qu'ils avaient inflig√© la veille au sein d'une √©meute, peut-√™tre aussi, instruits en partie de ce qui s'√©tait pass√© dans la prison, ont chang√© d'avis, et ils ordonnent au ge√īlier de rel√Ęcher les prisonniers.

      Le ge√īlier, tout joyeux, vient l'annoncer √† Paul et l'exhorte √† sortir et √† s'en aller en paix.

      La relation occidentale est plus explicite ; elle indique les motifs qui déterminèrent les préteurs à changer d'attitude : "Les préteurs se réunirent dans l'agora et se souvenant du tremblement de terre qui avait eu lieu, ils eurent peur et envoyèrent..." (D, Peschito.)

      37 Paul leur dit, aux licteurs, venus aupr√®s de lui avec le ge√īlier, pour lui annoncer la lib√©ration. (verset 38)

      Paul ne l'accepte pas purement et simplement. La veille, il n'avait pas voulu se prévaloir de son titre de citoyen romain pour se préserver de la flagellation et de la prison ; maintenant il le fait avec énergie, mais dans un but différent, l'intérêt de son ministère. Il en avait le droit. La loi romaine interdisait d'infliger à un citoyen romain aucune peine infamante, et cette loi était religieusement observée.

      Cicéron disait avec un juste orgueil national : "Ce mot, cet appel : je suis citoyen romain, a souvent été le salut de plusieurs, jusqu'aux extrémités de la terre, même parmi des barbares."

      Or Paul était, de naissance, citoyen romain (Actes 22.28, note) et nous voyons ici (verset 37) que Silas (Silvanus) l'était aussi.

      S'il s'√©tait agi d'une injure personnelle, l'ap√ītre aurait gard√© le silence¬†; combien n'en a-t-il pas support√© d'autres¬†! mais ce qui, pour ces serviteurs de Dieu, √©tait engag√© dans ce proc√®s, c'√©tait l'honneur et l'influence de leur minist√®re, la cause de l'Evangile qu'ils annon√ßaient dans un pays o√Ļ ils √©taient inconnus.

      L'avenir de leur Ňďuvre d√©pendait de la mani√®re dont ils sortiraient de la prison de Philippes¬†; il ne fallait pas qu'on p√Ľt dire que la doctrine nouvelle √©tait pr√™ch√©e par des vagabonds repris de justice, ni m√™me qu'on p√Ľt les soup√ßonner de s'√™tre √©vad√©s de la prison.

      Aussi Paul, qui aurait pu invoquer des peines sévères contre ceux qui l'avaient puni injustement, demande-t-il au moins qu'au lieu de le libérer secrètement, ils viennent eux-mêmes le mettre en liberté, officiellement et publiquement.

      On conçoit donc l'impression de responsabilité et de peur qu'éprouvèrent les préteurs en apprenant ces choses, (verset 38) et leurs procédés pleins de modération nous sont expliqués. (verset 39)

      Ce ne fut pas la seule fois que Paul se servit de son titre de citoyen romain pour éviter des outrages nuisibles à son apostolat. (Actes 22.24,25)

      39 Grec : Et étant venus, ils les prièrent de se déclarer satisfaits de cette démarche, et de ne pas pousser plus loin leurs revendications.

      Soit parce qu'un plus long séjour aurait pu ramener des troubles, soit parce que les préteurs sentaient qu'ils s'étaient gravement compromis.

      40 Ils vont chez Lydie, o√Ļ ils logeaient. (verset 15)

      Là ils trouvent des frères, nés à la vie chrétienne pendant ce séjour des évangélistes à Philippes.

      Ils les consolèrent au sujet des rudes épreuves dont ils venaient d'être témoins ; ou bien il les exhortèrent à rester fermes dans la foi.

      Ensuite ils partirent, au moins Paul et Silas, tandis que probablement Luc et Timoth√©e rest√®rent encore pour √©difier l'Eglise naissante. On le conclut de ce que, dans la suite du r√©cit, Luc raconte de nouveau √† la troisi√®me personne et que Timoth√©e ne repara√ģt qu'√† Actes 17.14.

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