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Ezéchiel 29

    • 1

      1 à 7 L'allégorie.

      Jérusalem fut prise le quatrième mois de la onzième année après la déportation de Jéhojachin, qui avait eu lieu en 599 avant J-C. Il faut donc placer cette prophétie de 589 à 588.

      2

      Contre Pharaon, roi d'Egypte. Nous devons répéter ici ce que nous avons dit au sujet du roi de Tyr (chapitre 28). Il ne s'agit pas de l'individu actuellement régnant, mais du roi d'Egypte en général, comme personnage abstrait.

      3

      Le grand crocodile. Cet animal monstrueux, qui habitait le Nil, est le symbole ordinaire de la puissance √©gyptienne¬†; comparez Esa√Įe 27.1¬†; 51.9 (le Monstre) et Job 41.25.

      Ses fleuves : la multitude de canaux qui, partant du Nil, traversent et arrosent l'Egypte.

      Mon fleuve est √† moi. L'Egypte vit du Nil, et le Nil semble √™tre l√† pour l'Egypte qui sans lui serait un d√©sert. Le roi d'Egypte l'appelle pour cette raison son fleuve. Il ajoute : c'est moi qui me le suis fait, c'est-√†-dire qui l'a fait ce qu'il est, le bienfaiteur du peuple √©gyptien. C'√©tait aux travaux ordonn√©s et entretenus par les rois qu'√©tait d√Ľ le syst√®me d'irrigation admirable auquel l'Egypte devait sa prosp√©rit√©.

      4

      Des crocs. Hérodote et les voyageurs modernes racontent que l'on prend le crocodile au moyen de puissants crochets d'une forme particulière. 32.3, il sera fait allusion à un autre moyen de capture.

      Les poissons des fleuves : image, soit du peuple égyptien qui s'attache à son roi, soit plus spécialement de l'armée commandée par le souverain.

      5

      Le crocodile tir√© de l'eau est jet√©, avec tous les poissons suspendus √† ses √©cailles, sur la face des champs o√Ļ il pourrit.

      Le sens de cette image, tirée des circonstances de l'Egypte, est le même que celui de l'image toute différente par laquelle Ezéchiel a représenté, avec non moins d'à propos, Tyr comme un navire englouti par l'océan. L'idée est : la destruction non du peuple, mais de la puissance de l'Egypte.

      6

      Il faut ponctuer au milieu de ce verset et recommencer une phrase nouvelle avec la seconde partie.

      Ezéchiel motive dans les derniers mots la sentence de destruction formulée au verset 8.

      Un appui de roseau : un appui qui n'est pas plus solide que celui que pr√™te un roseau. Cette image est emprunt√©e aussi aux circonstances physiques de l'Egypte : les bords du Nil sont tout couverts de roseaux. Pour le sens, voir l'introdruction de ce chapitre et Esa√Įe 36.6.

      7

      C'est ici une parenth√®se d√©crivant par deux images l'infirmit√© de l'appui que l'Egypte offrait √† Isra√ęl.

      Par tes feuilles. Le mot h√©breu ne vient pas de caph : la main, comme le pensent ceux qui traduisent : Quand ils te prennent par la main, mais de kippa : le feuillage (Job 15.32¬†; Esa√Įe 9.13¬†; 19.15, etc.). Les roseaux du Nil ont au bas de la tige une collerette de feuilles, semblables √† des rameaux creux, qui n'offrent, qu'un appui fragile √† celui qui veut s'y tenir. Tombant alors sur la tige bris√©e, il est bless√© par elle.

      Se tenir sur leurs reins. Manquant d'appui, il ne leur reste plus que leur propre force, pour demeurer debout. C'est bien l'image d'Isra√ęl lorsque, destitu√© de l'appui de l'Egypte, il n'avait plus √† chercher son salut que dans sa propre force. Ce sens, conforme √† la lettre du texte, nous para√ģt convenir parfaitement, et nous ne voyons pas la n√©cessit√© de substituer au mot h√©√©mid : faire tenir debout, le mot hime√Įd : faire chanceler, comme le font un grand nombre de traductions.

      8

      8 à 12. Application de l'allégorie.

      9

      Le Pharaon qui parle ici représente évidemment tous les rois d'Egypte.

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      Image de la dévastation du pays par un ennemi extérieur.

      Migdol : ville située à l'extrémité septentrionale de l'Egypte.

      Sy√®ne, la derni√®re ville de l'Egypte du c√īt√© du sud¬†; en √©gyptien Sun¬†; en arabe Assouan¬†; situ√©e sur le bord occidental du fleuve, √† l'issue de la cataracte par laquelle le Nil entre de Nubie en Egypte.

      L'Ethiopie : comprenant la Nubie et l'Abyssinie.

      11

      Pendant quarante ans. Nous ne pouvons constater par les r√©cits des historiens une d√©vastation du pays d'Egypte pareille √† celle qui est ici annonc√©e par le proph√®te. Mais deux historiens, M√©gasth√®nes et Abyd√©nus rapportent que N√©bucadnetsar fit des incursions en Lybie, au nord de l'Afrique, et parvint jusqu'aux colonnes d'Hercule (le d√©troit de Gibraltar) et m√™me en Ib√©rie (l'Espagne). Il y a peut-√™tre exag√©ration dans ces rapports¬†; ils impliquent n√©anmoins la conqu√™te de l'Egypte. B√©rose dit que N√©bucadnetsar r√©gnait sur l'Egypte, la Syrie, la Ph√©nicie et l'Arabie. Jos√®phe place la conqu√™te de l'Egypte cinq ans apr√®s la prise de J√©rusalem. Il ajoute que les juifs qui s'√©taient r√©fugi√©s en Egypte apr√®s le meurtre de Gu√©dalia (J√©r√©mie chapitres 41 √† 44), furent alors en partie massacr√©s, en partie transport√©s en Babylonie. Enfin deux inscriptions r√©cemment d√©couvertes constatent sans r√©plique le fait de la conqu√™te de l'Egypte par N√©bucadnetsar¬†; voir J√©r√©mie 42.9, notes. Que s'est-il pass√© alors dans cette contr√©e¬†? Nous connaissons les traitements que les souverains assyriens et chald√©ens faisaient subir aux peuples vaincus (villes d√©truites, contr√©es ravag√©es, populations massacr√©es ou d√©port√©es). Sans doute, les pr√™tres √©gyptiens, qui instruisirent les historiens grecs, se gard√®rent de leur raconter les humiliations de leur patrie, ce qui explique le silence d'H√©rodote sur le d√©sastre de l'Egypte √† ce moment-l√†. Mais ils ne lui dirent rien non plus de la d√©faite de N√©co √† Cark√©mis, fait que cet historien passe sous silence et dont pourtant personne ne doute. L'une des deux inscriptions dont nous venons de parler, qui provient d'un gouverneur de la Th√©ba√Įde, r√©sidant pr√®s de Sy√®ne, dans l'√ģle d'El√©phantine, parle de la d√©vastation de la Haute-Egypte, jusqu'√† la premi√®re cataracte, par l'arm√©e asiatique. Nous connaissons la d√©portation en Chald√©e de tous les habitants de Juda par N√©bucadnetsar¬†; les deux premiers historiens cit√©s racontent qu'il fit transporter dans le Pont, en Asie-Mineure, des populations libyennes et ib√©riennes¬†; une exp√©dition faite par lui en Arabie, √† cette m√™me √©poque, ne fut qu'une grande razzia (Masp√©ro). Il emmena avec lui une foule de captifs et m√™me deux tribus enti√®res (celles d'Hadhoura et d'Ouabar), pour les √©tablir en Chald√©e. On comprend suffisamment par ces exemples et ces indices quel dut √™tre le sort de l'Egypte, une fois tomb√©e entre les mains de N√©bucadnetsar.

      12

      Le point de d√©part des quarante ans, indiqu√©es par le proph√®te, ne peut √™tre que la fin du si√©ge de Tyr. Avant cet √©v√©nement, le conqu√©rant ne pouvait songer √† envahir l'Egypte. Or, ce si√©ge eut lieu, selon les uns, de 588 √† 576, selon les autres (ce qui est plus vraisemblable), de 586 √† 574. Ce serait donc vers 575 ou plut√īt 573, sous Hophra, que l'Egypte aurait subi la conqu√™te chald√©enne¬†; elle aurait m√™me, d'apr√®s les inscriptions susmentionn√©es, √©t√© envahie de nouveau vers 568, sous Amasis, le meurtrier et le successeur d'Hophra.

      Quant au terme des quarante ans, on pourrait ne voir dans cette date qu'un chiffre symbolique, destin√© √† d√©signer en g√©n√©ral un temps d'√©preuve et de souffrance¬†; comparez 4.4, note. Mais un rapprochement nous para√ģt expliquer cette date fix√©e par Ez√©chiel. Ce chiffre repr√©sente pr√©cis√©ment ce qui restait encore √† ce moment des soixante-et-dix ann√©es fix√©es par J√©r√©mie pour la captivit√© de Juda en Babylonie. En effet, cette captivit√© avait commenc√© vers 605 (par la premi√®re d√©portation sous J√©hojakim), et elle devait durer d'apr√®s l'oracle de J√©r√©mie (jusqu'√† la chute de l'empire chald√©en) soixante-et-dix ans, ainsi jusques vers 535. Depuis la fin du si√®ge de Tyr et l'invasion de l'Egypte (575 √† 573), il restait donc encore environ quarante ans d'existence √† l'empire chald√©en. Ez√©chiel comprend que l'Egypte ressentira, aussi bien que Juda, le contre-coup de la chute de ce colosse, et il pr√©dit √† l'Egypte qu'une phase nouvelle de son existence commencera √† ce moment-l√†. Cette crise ne sera pas une restauration semblable au r√©tablissement de Juda, mais le commencement de sa condition future (verset 13), de cette position modeste (verset 15) qui a r√©ellement √©t√© celle de l'Egypte depuis l'√©poque de la domination persane jusqu'√† nos jours. Le proph√®te indique donc deux traits de l'histoire subs√©quente de l'Egypte : la conqu√™te et la d√©vastation de ce pays par N√©bucadnetsar (573 et 568) et son √©tat permanent de d√©pendance jusque dans le plus lointain avenir. Il est un troisi√®me trait qu'il ignore : son rel√®vement momentan√© sous Amasis, entre la conqu√™te chald√©enne et la conqu√™te persane (Cambyse, en 525).

      13

      13 à 16 L'état futur de l'Egypte.

      Je recueillerai les Egyptiens. Si Nébucadnetsar avait réellement fait transporter en Chaldée une partie de la population égyptienne, il est vraisemblable qu'après la chute de l'empire chaldéen, les rois de Perse permirent à ces captifs égyptiens, comme ils le firent à l'égard des Juifs exilés, de rentrer dans leur patrie. Les découvertes modernes prouvent que les premiers rois de Perse (Cyrus, Darius) cherchaient à obtenir la faveur des divinités adorées par les peuples conquis et se montraient généreux envers ceux-ci. Ainsi s'explique l'édit de Cyrus en faveur des Juifs. Darius suivit la même politique durant son séjour en Egypte. Il se montra administrateur plein de sagesse et surtout fervent adorateur des divinités du pays, tellement que les prêtres le rangèrent parmi les six grands législateurs de leur patrie et que la dynastie persane fut comptée par eux comme dynastie nationale.

      14

      Pathros, en √©gyptien : Patores, nom qui signifie : la contr√©e du midi et d√©signe la Th√©ba√Įde (Esa√Įe 11.11), d'o√Ļ les Egyptiens se disaient originaires. C'√©tait la que l'arm√©e ennemie avait le plus cruellement s√©vi (inscription cit√©e).

      15

      Le plus humble des royaumes. L'Egypte, le plus antique, le plus civilis√© et durant des si√®cles le plus puissant de tous les Etats, perdit pour toujours, depuis sa conqu√™te par N√©bucadnetsar (sauf quelques rares intervalles), son ind√©pendance politique. Elle passa des mains des Perses √† celles des Grecs, puis des Grecs aux Romains, des Romains aux Arabes mahom√©tans, enfin de ceux-ci aux Turcs, qui y dominent aujourd'hui. Elle a continu√© √† jouer un r√īle dans l'histoire, sans doute¬†; mais ce r√īle a √©t√© modeste et de second ordre. C'est bien l'√©tat des choses caract√©ris√© dans notre verset.

      16

      Dans cette condition nouvelle, l'Egypte ne pourra plus, comme autrefois, s√©duire Isra√ęl.

      Ceux qui rappelleront le crime, c'est-√†-dire les Egyptiens, dont le seul nom rappellera le continuel p√©ch√© que commettait Isra√ęl en se confiant en eux plus qu'aux avertissements de l'Eternel.

      17

      17 à 21 Ce nouveau discours sur l'Egypte a été prononcé presque dix-sept années après le précédent ; en effet, les cinq qui suivent lui sont antérieurs. Cet arrangement prouve que l'auteur du recueil a tenu à rapprocher le plus possible ce discours-ci des précédents, relatifs à Tyr. Il ne pouvait naturellement commencer les discours sur l'Egypte par celui-ci, le dernier en date ; mais du moins il l'a placé comme appendice à la suite du premier. Cet oracle parait être aussi le dernier de ceux qui nous ont été conservés de ce prophète ; en effet, la date de la grande révélation finale, chapitres 40 à 48, est de deux ans antérieure à celle de ce discours.

      La vingt-septi√®me ann√©e apr√®s l'exil de J√©hojachin (599) correspond √† l'ann√©e 573¬†; cette date s'accorde parfaitement avec l'√©poque probable de la fin du si√®ge de Tyr (574) que notre proph√©tie a d√Ľ suivre de tr√®s pr√®s, et avec celle de la conqu√™te de l'Egypte par N√©bucadnetsar (573 ) qu'elle a sans doute pr√©c√©d√©e de quelques mois seulement (voir la note versets 41 et 12).

      18

      Le siège de Tyr est envisagé ici comme une dure corvée à laquelle Nébucadnetsar a été assujetti pour le service de l'Eternel. N'était-ce pas Dieu qui en voulait à l'orgueil de cette ville ?

      Toute √©paule √©corch√©e. Ces mots ne peuvent se rapporter qu'au travail de manŇďuvres par lequel l'arm√©e de N√©bucadnetsar avait d√Ľ combler le d√©troit entre le continent et l'√ģle de Tyr¬†; ils confirment donc pleinement la supposition que nous avons faite, d'une digue construite par les Chald√©ens et qu'Alexandre ne fit que r√©tablir, ce qui explique la bri√®vet√© de ce second si√®ge.

      Aucun salaire. Comme, par le moyen de leurs vaisseaux, les Tyriens s'√©taient constamment ravitaill√©s pendant treize ans, ils n'avaient pas manqu√© de mettre en s√Ľret√©, par le m√™me moyen, leurs richesses les plus pr√©cieuses. C'est ainsi que la prise de Tyr n'avait pas procur√© aux Chald√©ens la r√©mun√©ration qui leur √©tait due.

      19

      En échange, Dieu accorde à l'armée de Nébucadnetsar le butin de l'Egypte.

      21

      Tandis que l'Egypte restera un peuple affaibli, la force d'Isra√ęl, maintenant bris√©e, sera relev√©e.

      En ce jour-là : c'est-à-dire après que la puissance de l'Egypte aura été brisée. Le terme de jour désigne ici, comme souvent, toute une période.

      La corne (symbole de la force) ne désigne pas personnellement Zorobabel, le chef des Juifs au retour de l'exil, ou le Messie, point culminant de la restauration, mais le peuple rétabli. C'est donc le retour de l'exil, avec toutes ses conséquences les plus éloignées et les plus glorieuses, qui est renfermé dans cette expression figurée.

      Je te donnerai de parler. Quand¬†? Au moment o√Ļ arrivera la nouvelle du d√©sastre de l'Egypte, sujet principal de ce discours¬†? Il est plus naturel d'appliquer ces mots √† l'√©poque du retour de la captivit√©. Ez√©chiel a-t-il pu voir encore ce moment¬†? S'il avait 20 ans au moment o√Ļ il fut emmen√© en exil (599 ou 598), il en avait 83 en 536, date du retour. Seulement, vu cet √Ęge avanc√©, il ne sera pas rentr√© lui-m√™me en Palestine. Comme il avait une premi√®re fois recouvr√© la parole apr√®s trois ann√©es de silence, √† la nouvelle de la ruine de J√©rusalem (33.21), il la recouvra une seconde fois apr√®s trente-sept ans d'un nouveau silence (car c'est ici le dernier discours du recueil), en contemplant le jour glorieux du r√©tablissement. Mais ce chant du cygne du proph√®te de Tel-Abib ne nous est pas parvenu.

      La puissance de Tyr an√©antie, celle de l'Egypte diminu√©e, celle d'Isra√ęl restaur√©e, voil√† la proph√©tie dans ses grands traits : l'histoire dit-elle autre chose¬†?

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