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Hébreux 5

    • 1 Chapitre 5.

      1 à 10 Christ, souverain sacrificateur, institué se lon les règles et rendu accompli par la mort qu'il a soufferte.

      C'est-à-dire en vue des choses qui concernent les rapports de l'homme avec Dieu : le pardon des péchés, la réconciliation avec Dieu, le culte que l'homme doit rendre à Dieu. (Hébreux 2.17) L'auteur poursuit le grand sujet qu'il a commencé dans Hébreux 4.14-16, et qu'il développera jusqu'à la fin du chapitre Hébreux 10, interrompant une seule fois son exposé par une exhortation, Hébreux 5.11 à Hébreux 6.20.

      Traitant de la souveraine sacrificature de J√©sus-Christ, l'auteur la compare √† celle de l'ancienne Alliance, et il en fait ressortir par degr√©s la sup√©riorit√© infinie et la perfection¬†; car elle est la r√©alit√© de la r√©demption, dont l'autre n'√©tait que l'image. L'auteur donne comme motif (car) de nous confier dans le souverain sacrificateur que nous avons (H√©breux 4.15) et, par cons√©quent, de nous approcher avec assurance du tr√īne de gr√Ęce, (H√©breux 4.16) le fait que ce sacrificateur a bien les deux caract√®res que doit pr√©senter tout souverain sacrificateur¬†:

      1¬į il est pris d'entre les hommes, n'est √©tranger √† aucune de leurs mis√®res (pens√©e d√©velopp√©e √† H√©breux 5.2,3)¬†;

      2¬į il est √©tabli de Dieu, solennellement mis √† part pour son office, qui est d'offrir des sacrifices pour le p√©ch√© (H√©breux 5.4 et suivants) Et c'est ainsi que l'auteur est amen√©, ici d√©j√†, (H√©breux 5.7-9) √† nous montrer J√©sus- Christ s'immolant soi m√™me, tout ensemble sacrificateur et victime.

      Les mots dons ou "offrandes," et sacrifices désignent les sacrifices non sanglants et les sacrifices sanglants. (Comparez Romains 12.1, 3e note, et ci-dessous Hébreux 9 et Hébreux 10)

      2 Le premier caract√®re du sacrificateur est "d'√™tre pris d'entre les hommes" (H√©breux 5.1, note) afin qu'il offre des sacrifices et accomplisse son office de m√©diateur, en tant qu'il est capable de compatir aux infirmit√©s de ses semblables, infirmit√©s qu'il conna√ģt par sa propre exp√©rience.

      C'est là aussi le caractère que l'auteur a déjà relevé dans notre grand Sacrificateur. (Hébreux 2.17,18 ; 4.15)

      Seulement le mot par lequel il exprime ici la compassion des sacrificateurs de l'ancienne Alliance est différent de celui qu'il emploie (Hébreux 4.15) en parlant du Sauveur. On pourrait le rendre par user d'indulgence, littéralement souffrir avec mesure, c'est-à-dire, faire intervenir la modération et la douceur dans l'impression qu'ils ressentent du mal chez les autres.

      - Ceux envers qui ils doivent agir ainsi sont (grec) les ignorants et les errants. On admet généralement que ces mots font allusion à la distinction établie dans la loi entre les péchés accomplis "à main levée," dont l'auteur devait être retranché du milieu du peuple, et les fautes commises involontairement, pour lesquelles le sacrificateur pouvait intervenir. (Lévitique 4.13 ; 5.15,17 ; Nombres 15.27-31)

      Si cette disposition de la loi a inspir√© la parole de notre verset, celle-ci doit √™tre prise cependant dans un sens plus g√©n√©ral¬†: ceux dont il est question sont les hommes p√©cheurs de toute nation et de toute condition, que leurs p√©ch√©s, quelle qu'en f√Ľt la nature, ont plong√© dans l'ignorance (Actes 17.23) et l'√©garement. (1Pierre 2.25)

      Le souverain sacrificateur est envelopp√© de faiblesse, la faiblesse l'entoure comme un v√™tement, elle le paralyse¬†; dans Actes 28.20, le m√™me verbe est employ√© de la cha√ģne dont Paul est li√©.

      3 Ce n'était qu'après s'être purifié lui même par des sacrifices que le sacrificateur pouvait remplir ses saintes fonctions ; (Lévitique 9.7 ; 16.3,6,11,17,24 ; 4.3 et suivants) alors seulement il les remplissait à la fois avec le sentiment de son infirmité et avec la conscience d'être purifié de ses souillures et apte à se présenter devant Dieu dans le sanctuaire.

      - L'auteur n'applique point ce premier caract√®re √† Christ. Il se contente de ce qu'il vient de dire, (H√©breux 4.15) et plus tard il affirmera positivement qu'il nous fallait un Sacrificateur parfaitement saint, qui n'e√Ľt pas besoin de tels sacrifices pour ses propres p√©ch√©s. (H√©breux 7.26,27) Cela montre d'une mani√®re plus √©clatante encore combien la r√©alit√© est sup√©rieure au symbole.

      - Quant au second caractère de tout sacrificateur, indiqué à Hébreux 5.1, qu'il doit être directement "établi de Dieu," l'auteur nous

      le montre existant en Jésus-Christ. (Hébreux 5.4 et suivants)

      4 Comparer Exode 28.1 et suivants ; Lévitique 8.1 et suivants et 2Chroniques 26.18.

      Si Dieu n'avait pas lui-même établi la souveraine sacrificature et donné cette dignité à la famille d'Aaron qui l'exerçait par son autorité, nul parmi le peuple n'aurait pu savoir si Dieu acceptait les sacrifices qui étaient offerts pour les péchés.

      5 Psaumes 2.7, comparez Hébreux 1.5. note.

      Dans ce dernier passage, l'auteur citait la parole de Psaumes 2 comme preuve que Jésus est le Fils de Dieu.

      Or la sacrificature royale de Jésus-Christ est impliquée dans cette déclaration faite par Dieu au Messie, puisque dans Hébreux 1.5 l'auteur admet que la parole du Psaumes 2 fut adressée à Christ lors de sa résurrection et de sa glorification, par lesquelles il est entré pour nous dans les lieux très saints comme sacrificateur, pensée à laquelle il revient fréquemment. (Hébreux 4.14, note ; comparez Hébreux 7.16)

      Il faut, pour traduire littéralement, rendre de cette manière les premiers mots de notre verset : De même aussi le Christ ne s'est point glorifié lui-même pour devenir souverain Sacrificateur, mais celui qui lui a dit : Tu es mon Fils...l'a glorifié..

      6 Psaumes 110.4. Voir pour le sens de cette citation H√©breux 7.1 et suivants, o√Ļ l'auteur d√©veloppe sa pens√©e.
      7 De sa vie humaine (Hébreux 2.14, 2me note) et tout particulièrement de ses dernières souffrances en la chair. (1Pierre 3.18)

      - Les faits rappelés dans la suite du verset sont encore la preuve que Jésus ne s'est point lui-même glorifié en s'attribuant la sacrificature, (Hébreux 5.5) car tout en lui fut, au contraire, souffrance, obéissance (Hébreux 5.7,8) et compassion. (Hébreux 5.2)

      L'auteur rappelle dans ces émouvantes paroles la scène de Gethsémané qu'il suppose connue de tous les lecteurs (comparez Luc 22.41 et suivants ; Matthieu 26.36 et suivants), et il nous en donne une précieuse explication.

      C'est comme Sacrificateur, et Sacrificateur établi de Dieu, (Hébreux 5.4-10) que Jésus a souffert. Quiconque ne voit pas cela dans l'histoire de la passion ne saurait la comprendre.

      Ce que Jésus-Christ a offert, avec de grands cris et avec larmes, ce furent d'ardentes prières et des supplications prononcées dans son angoisse.

      Le mot rendu par supplications désigne la démarche de ceux qui viennent implorer le secours. Il ne se trouve qu'ici dans le Nouveau Testament.

      - Par ces grands cris (au singulier dans l'original) on ne saurait entendre le dernier cri de Jésus sur la croix, (Matthieu 27.50 ; Marc 15.37 ; Luc 23.46) car dans ce cri Jésus ne demandait pas à être sauvé de la mort. Les récits évangéliques de la scène de Gethsémané ne mentionnent pas les larmes et les cris de Jésus. Ce trait est parvenu à la connaissance de l'auteur par la tradition orale, à moins qu'il ne l'ait ajouté de sa propre autorité pour peindre la tristesse et les angoisses du Sauveur.

      - Les mots : à celui qui pouvait le sauver de la mort, rappellent ceux des évangiles : "Père, toutes choses te sont possibles ; détourne cette coupe loin de moi !" (Marc 14.36)

      Le Sauveur en appelait, dans ses supplications, à la toutepuissance de Dieu, et en même temps il ajoutait : "Que ta volonté soit faite et non la mienne." Et après avoir fait le sacrifice complet de sa volonté à la volonté de Dieu, il put, avec un sentiment de profonde compassion (Hébreux 4.15) et en même temps avec la conscience d'être élevé au-dessus de la possibilité de faillir, s'offrir à Dieu comme le Médiateur parfait des hommes pécheurs.

      Grec¬†: Et ayant √©t√© exauc√© et d√©livr√© de la crainte. Encore un pr√©cieux commentaire de la sc√®ne de Geths√©man√©. Qu'√©tait-ce que la "coupe" que le Sauveur suppliait Dieu d'√©loigner de lui¬†? La mort physique et les souffrances qui l'accompagnent¬†? en ce cas, J√©sus se serait montr√© le moins courageux des martyrs, et de plus, il ne serait pas vrai qu'il e√Ľt √©t√© exauc√©, puisqu'il mourut sur la croix.

      Mais l'auteur entend par la mort, comme le fait toujours l'Ecriture, (Jacques 5.20) la mort de l'√Ęme aussi bien que du corps, la s√©paration d'avec Dieu, les indicibles angoisses de la mort seconde. Voil√† ce qui causait la crainte de J√©sus, "mis au rang des transgresseurs,¬†;" (Marc 14.33¬†; Luc 22.44) il supplia Dieu de le sauver, de le d√©livrer de cette crainte¬†; et il fut exauc√©.

      Les faits rapport√©s par les √©vang√©listes sont en parfaite harmonie avec cette parole¬†: le courage que d√©ploya le Sauveur lorsqu'il s'avan√ßa au-devant de ses ennemis en prot√©geant ses disciples, imm√©diatement apr√®s la terrible lutte o√Ļ il fut pr√®s de succomber, montre qu'une force nouvelle venait de lui √™tre accord√©e d'en haut. (Comparer Luc 22.43)

      Plusieurs exégètes pensent que Jésus fut exaucé, non par cette délivrance morale, spirituelle, mais par sa résurrection. Nous ne voudrions pas exclure ce sens, mais il n'est assurément pas le premier dans la pensée de l'auteur, puisqu'en Gethsémané ce n'était pas la résurrection que Jésus implorait de son Père.

      - La plupart de nos versions modernes, à la suite des Pères grecs, de la Vulgate, de Luther, ont rendu ainsi les paroles qui nous occupent : "Il fut exaucé à cause de sa crainte de Dieu," ou "à cause de sa piété." Mais relever la piété du Sauveur, en un tel moment, et attribuer à cette piété l'exaucement de sa prière, a quelque chose d'étrange.

      Le mot employ√© par l'auteur signifie, il est vrai, plut√īt circonspection, quand on le prend dans son sens g√©n√©ral de crainte. Mais le verbe d'o√Ļ il est form√© se trouve avec le sens de fuir, redouter. Et ce sens pr√©vaut dans notre passage, comme divers passages de la version des Septante, dans Sap. 17¬†:8, et peut √™tre dans H√©breux 12.28. Il est admis par l'Itala, la Peschito, Calvin, Bengel, Weiss, K√ľbel, Weizs√§cker, von Soden.

      Il nous para√ģt que l'id√©e principale de la phrase, exprim√©e (H√©breux 5.8) par ces mots¬†: "Il apprit l'ob√©issance par les choses qu'il a souffertes," recommande cette interpr√©tation. La souffrance morale est indiqu√©e comme la cause de la lutte soutenue par J√©sus, et c'est d'elle qu'il fut d√©livr√© en r√©ponse √† ses pri√®res.

      8 L'esclave, le serviteur est né pour obéir ; le fils est destiné au commandement, (Matthieu 4.3,6) or, quoique Fils Jésus a obéi. (C'est le même contraste que l'on retrouve dans Philippiens 2.5-8)

      Et c'est ainsi qu'il est à la fois notre Sauveur et notre modèle, type de l'humanité régénérée.

      Mais ici il y a une autre pensée non moins frappante : il a appris l'obéissance, et cela par les choses qu'il a souffertes, non qu'il n'eut pas toujours connu et pratiqué l'obéissance, mais, dans la carrière de douleur qu'il parcourut jusqu'à son dernier soupir, il passa d'un sacrifice à l'autre de sa volonté, et acquit à chaque pas la conscience toujours plus claire d'une obéissance portée jusqu'à la plus haute perfection. (Hébreux 5.9)

      9 Le mot que nous rendons par √©lev√© √† la perfection, que d'autres traduisent par √©tant accompli, consomm√©, et nos anciennes versions, d'apr√®s Calvin, par consacr√©, revient souvent dans notre √©p√ģtre, appliqu√© tant√īt aux chr√©tiens, (H√©breux 10.10-14¬†; 11.40¬†; 12.23) tant√īt au Sauveur lui-m√™me. (Voir, outre notre verset, H√©breux 2.10¬†; 7.28)

      Ce mot signifie, d'après son étymologie, être parvenu au but, être achevé, rendu parfait, et doit s'entendre au sens religieux et moral.

      Lorsqu'il s'agit des enfants de Dieu, ce terme indique le moment o√Ļ, affranchis de tout p√©ch√©, et de toutes les suites morales du p√©ch√©, il n'y a plus pour eux de combat, mais le repos apr√®s la victoire, l'union compl√®te avec Dieu dans la saintet√©, l'amour, la joie.

      Appliqué au Sauveur, ce verbe exprime :

      1¬į son affranchissement de toutes les infirmit√©s de la chair, de notre nature qu'il avait rev√™tue¬†;

      2¬į dans un sens plus intime encore, l'harmonie parfaite de sa volont√© avec la volont√© de Dieu, surtout dans les souffrances, l'ob√©issance, le renoncement, le sacrifice de lui-m√™me, comme souverain Sacrificateur¬†; (H√©breux 5.8¬†; 2.10)

      3¬į sa glorification, la possession pleine et enti√®re de la gloire et de la f√©licit√© du ciel qu'il s'est acquises, en tant qu'homme, par ses combats et sa victoire.

      Tel est le sens du mot dans notre passage et dans Hébreux 7.28.

      - Mais Christ n'est jamais considéré comme isolé de ses rachetés : tout ce qu'il a fait, tout ce qu'il a, tout ce qu'il est, ses rachetés y ont part et le possèdent en lui. C'est pourquoi l'auteur peut tirer de l'élévation de Jésus à la perfection cette conclusion : il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l'auteur d'un salut éternel.

      Il n'y a pas ici, comme partout ailleurs¬†: "pour ceux qui croient¬†;" car l'auteur, venant de parler de l'ob√©issance du Christ, qui √† √©t√© pour lui le chemin de la gloire, tient √† indiquer que ceux qui croient en lui doivent le suivre dans cette m√™me voie, la seule qui conduise l√† o√Ļ il est. Il est √©vident qu'on ne peut le suivre que par une foi vivante, mais cette foi, c'est l'ob√©issance m√™me, comme l'incr√©dulit√©, c'est la r√©volte. (H√©breux 3.12, 2e note.)

      10 Dieu l'a proclamé tel en le glorifiant et en l'élevant à la perfection, (comparez Hébreux 1.5. 2e note) et dès lors Christ accomplit perpétuellement son office de Sacrificateur dans les lieux très saints, en faveur de ceux qui s'approchent de lui. (Hébreux 4.14. note.)

      - Quant au parallèle entre Christ et Melchisédek, voir Hébreux 7.1 et suivants, note.

      11 11 à 14 Répréhension aux lecteurs sur leur lenteur à comprendre.

      Grec : Au sujet duquel.

      On peut voir dans ce pronom relatif un neutre et traduire : à ce sujet. Mais il est plus naturel de le prendre au masculin et de le rapporter non à Melchisédek, mais au souverain sacrificateur l'ordre de Melchisédek.

      C'est au sujet de J√©sus, et de la sacrificature dont il est rev√™tu, que l'auteur a (grec) un discours consid√©rable et difficile √† interpr√©ter en l'exposant, √† cause de l'inintelligence de ses lecteurs. Avant d'entreprendre cette t√Ęche ardue, il √©prouve le besoin de r√©veiller leur attention par une r√©pr√©hension s√©v√®re et une pressante exhortation dans laquelle il leur reproche leurs dispositions (H√©breux 5.11 √† H√©breux 6.3), montre le danger que celles-ci leur font courir, (H√©breux 6.4-8) puis adresse des paroles d'encouragement et d'esp√©rance. (H√©breux 6.9-20)

      Grec¬†: Paresseux d'ou√Įes, ce qui doit s'entendre, au sens figur√©, de la lenteur √† recevoir les v√©rit√©s du salut. Les temps de paresse spirituelle suivent d'ordinaire les r√©veils. Les H√©breux n'avaient pas toujours √©t√© tels, ils l'√©taient devenus. Au z√®le des premiers jours, cr√©√© et entretenu par l'esprit de la Pentec√īte, avaient succ√©d√© la ti√©deur et la mollesse. (Comparer H√©breux 10.32)

      12 Grec¬†: Car vous devriez √™tre ma√ģtres (propres √† enseigner les autres) √† cause du temps, du long temps √©coul√© d√©j√† depuis votre conversion. L'avancement des chr√©tiens dans la connaissance et dans la vie int√©rieure ne se mesure pas toujours par les ann√©es¬†!

      Les oracles de Dieu sont ses déclarations, ses révélations en général. D'après Hébreux 6.1, la plupart des interprètes entendent par les rudiments de ces oracles les "éléments de la doctrine de Christ," et non les révélations de l'Ancien Testament. On a proposé de traduire : "qu'on vous enseigne quels sont les rudiments." Mais cette traduction est moins justifiable. Il y a proprement, dans l'original, les rudiments du commencement des oracles de Dieu.

      Dans H√©breux 6.1, il y a de m√™me¬†: "la parole du commencement du Christ." On a rapproch√© cette expression de celle employ√©e H√©breux 3.14. Le commencement de la foi correspond au commencement de la r√©v√©lation. Ce commencement n'est pas, dans la pens√©e de l'auteur, l'enseignement qu'il vient de donner sur le R√©v√©lateur et M√©diateur de la nouvelle Alliance (H√©breux 1 √† H√©breux 5.10)¬†; il a en vue certaines instructions √©l√©mentaires par lesquelles d√©butait la pr√©dication chr√©tienne chez les Juifs comme chez les pa√Įens. (H√©breux 6.2, note.)

      Comparer 1Corinthiens 3.1,2, et dans un sens différent, 1Pierre 2.2.

      13 L'auteur passe dans la même phrase du style figuré au langage propre. (Comparer Luc 9.62)

      Grec : Celui qui participe au lait est inexpérimenté (ou ignorant) d'une parole de justice ; car il est un petit enfant.

      Par une parole de justice, on a entendu la doctrine de la réconciliation avec Dieu par Christ. Mais l'absence des articles porte la plupart des interprètes modernes à admettre que l'auteur pense à un discours, un enseignement qui expose avec justesse, d'une manière exacte et complète, la vérité chrétienne.

      14 Encore ici l'auteur emploie des figures empruntées à la condition de l'homme physique, pour représenter les qualités morales qu'il exige de ses lecteurs.

      Pour comprendre ses enseignements, ils devront avoir exercé leur sens moral, par l'habitude, par l'usage, à discerner ce qui est bien et ce qui est mal.

      Il faut vivre la vérité pour la comprendre. La connaissance de la vérité qui sauve ne dépend pas du développement de l'intelligence elle n'est pas le privilège des mieux doués ni des plus instruits. (Matthieu 11.25 ; 1Corinthiens 1.19-25)

      La seule condition que tout homme doit remplir, c'est d'avoir le sens exercé à discerner le bien et le mal, c'est-à-dire une conscience qui ne soit ni émoussée ni endormie par le péché, mais qui, toujours en éveil, juge sévèrement le mal dans toutes ses manifestations, fasse sentir au pécheur le besoin qu'il a du pardon de Dieu, entretienne en lui une ardente aspiration à la sainteté et le dispose de la sorte à recevoir le salut qui est en Christ.

      - Le mot rendu ici par hommes faits, parce qu'il est mis en opposition avec "enfant," (Hébreux 5.13) signifie proprement les parfaits, ceux qui sont parvenus au but. (1Corinthiens 2.6 ; Ephésiens 4.13 ; Philippiens 3.15 ; Colossiens 1.28 ; Jacques 1.4)

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