TopFormation Voyagez au cŇďur de l'arch√©ologie biblique !

Actes 10

    • 1 Chapitre 10.

      1 à 33 Pierre appelé auprès de Corneille.

      Luc va raconter la conversion de Corneille avec beaucoup de détails, à cause de sa grande importance, car cet homme, amené à la foi, sera les prémices du paganisme.

      Il nous décrit d'abord sa position extérieure, puis son état religieux et moral. (verset 2)

      Corneille était centenier (officier qui commande à cent hommes) dans une cohorte appelée Italienne en garnison à Césarée. (voir sur cette ville Actes 8.40, note.)

      Césarée étant la capitale politique du pays, la résidence du gouverneur, on tenait sans doute à y avoir une de ces cohortes composées de soldats originaires d'Italie et qui jouissaient du droit de citoyens romains. Elles inspiraient plus de confiance que les troupes auxiliaires formées par des indigènes, qui étaient cantonnées dans le reste du pays et dans la ville de Césarée même, dont la garnison comptait cinq cohortes.

      Ainsi Corneille était Romain, ou du moins Italien.

      2 Corneille, n√© pa√Įen, √©tait parvenu √† la connaissance du vrai Dieu, sans doute par son s√©jour au milieu du peuple juif. Cette connaissance n'√©tait point rest√©e st√©rile¬†; la pi√©t√© et la crainte de Dieu r√©gnaient dans son cŇďur et dans toute sa maison, sur laquelle il avait exerc√© une salutaire influence. (Comparer verset 7, note.)

      Sa vie r√©pondait enti√®rement √† ces sentiments¬†; il manifestait sa charit√© envers le peuple par de nombreuses aum√īnes et sa foi en Dieu par de continuelles pri√®res. Aussi √©tait-il aim√© et estim√© des Juifs. (verset 22)

      - Le terme : craignant Dieu pourrait être simplement synonyme de pieux ; (comparez verset 35) mais il est probable qu'il désigne Corneille comme un de ces demi prosélytes qui adoptaient les idées religieuses des Juifs et pratiquaient en partie le culte israélite, sans se soumettre à la circoncision et à toutes les obligations de la loi Lévitique. (Lévitique 13.16,26)

      Au point de vue juif ils n'en restaient pas moins entach√©s de l'impuret√© des pa√Įens.

      C'est ce qui explique les paroles que Pierre adresse √† Corneille en versets 28,34 Voir encore Actes 11.3¬†; 15.7, o√Ļ Corneille est d√©sign√© comme incirconcis et pa√Įen.

      Le fait que Corneille avait subi en quelque mesure l'influence du juda√Įsme ne diminue pas l'importance historique de sa conversion¬†: il fut bien le premier pa√Įen admis dans l'Eglise chr√©tienne.

      3 La neuvième heure, trois heures de l'après-midi, était, chez les Juifs, l'un des moments de la journée consacrés à la prière. (Actes 3.1)

      Corneille, qui avait appris d'eux √† conna√ģtre Dieu et √† prier, aimait √† se joindre √† eux en pri√®re. Press√© par ses profonds besoins religieux, il priait, (verset 30) et sans doute demandait √† Dieu plus de lumi√®re pour son √Ęme.

      Dieu répondit à sa requête en lui envoyant un ange, qu'il vit clairement dans une vision c'est-àdire que le fait réel de la présence de l'envoyé céleste ne fut perceptible qu'à son esprit en extase.

      A toutes les grandes √©poques de son r√®gne (et l'entr√©e du monde pa√Įen dans ce r√®gne en √©tait une), Dieu daigne se r√©v√©ler aux hommes par ces √™tres c√©lestes qui ex√©cutent avec amour ses ordres. (Psaumes 103.20¬†; H√©breux 1.14)

      Sans parler de l'Ancien Testament, de pareilles révélations furent accordées à Zacharie, à Marie, mère du Sauveur, aux bergers de Bethléhem, à Jésus lui-même.

      4 Dans le culte isra√©lite, le sacrificateur faisait monter vers Dieu, en la br√Ľlant sur l'autel, l'offrande de fleur de farine, arros√©e d'huile et jointe √† l'encens.

      Cette offrande était présentée en mémorial.

      Les Septante traduisent le mot hébreu par le terme qui est ici appliqué aux actes de piété et de charité de Corneille. (Lévitique 2.2 ; 5.12 ; 6.15)

      Dieu n'avait point oubli√© les pri√®res et les aum√īnes de Corneille¬†; il les avait accept√©es, parce qu'elles provenaient d'un cŇďur sinc√®re et pourtant elles ne suffisaient pas pour assurer √† Corneille la paix et la joie du salut, puisque Dieu lui envoie une r√©v√©lation surnaturelle, afin de l'amener √† la connaissance du Sauveur.

      6 Ce n'est pas par l'ange que Dieu fait annoncer l'Evangile à Corneille ; nul ne peut le faire, sinon de pauvres pécheurs qui en ont éprouvé la puissance et qui y ont puisé la paix et la vie.

      Pierre, visitant les Eglises, (Actes 9.32) se trouvait providentiellement à portée de Césarée, et c'est lui que Corneille doit inviter à venir lui annoncer la bonne nouvelle du salut.

      Cette dernière pensée est exprimée par les mots que le texte reçu ajoute à la fin du verset 6 et qui sont empruntés à Actes 9.6 : C'est lui qui te dira ce que tu dois faire.

      8 Corneille, ob√©issant aussit√īt aux directions qu'il vient de recevoir, a le bonheur de trouver pr√®s de lui des domestiques de confiance et un soldat pieux auxquels il peut tout raconter.

      Telle est l'influence bénie qu'il exerçait sur sa maison et même sur ce soldat romain devenu un soldat pieux.

      Il est désigné comme l'un de ceux qui étaient attachés à sa personne.

      On a proposé d'entendre cette expression de gens qui "avaient la même tendance religieuse," (Actes 8.13) que Corneille. Mais il est plus naturel d'y voir l'indication de leur position à son service.

      9 La terrasse de la maison (grec), le toit, (Luc 17.31) qui √©tait en forme de terrasse, comme aujourd'hui encore en Orient, et o√Ļ l'on se retirait pour jouir de la solitude ou de la fra√ģcheur de l'air.

      Pierre s'y était réfugié pour prier. La réponse à sa prière sera l'importante révélation qu'il va recevoir.

      C'est toujours par la pri√®re que la lumi√®re d'en haut resplendit dans les √Ęmes.

      10 Grec : une extase fut sur lui, termes qui expriment ce qu'il y eut d'inopiné dans cette manifestation d'en haut.

      Le mot extase signifie litt√©ralement un √©tat o√Ļ l'√Ęme est hors d'elle-m√™me, √©lev√©e au dessus de la sph√®re ordinaire o√Ļ elle se meut. Ce n'est plus alors par les sens qu'elle per√ßoit les objets, mais par un contact imm√©diat avec une r√©v√©lation qui lui est pr√©sent√©e. (Comparer 2Corinthiens 12.1-4, o√Ļ la m√™me pens√©e est exprim√©e par un autre terme.)

      Cette révélation peut, comme ici, se manifester sous la forme d'une vision qui se passe exclusivement dans l'esprit de celui qui la reçoit, ou de toute autre manière.

      11 Ce que voit Pierre dans sa vision (il faut remarquer ce verbe au présent), c'est d'abord le ciel ouvert, (comparez Actes 7.56 ; Matthieu 3.16,Jean 1.51, 2e note) c'est ensuite un vase, un récipient qui descend, semblable à une grande nappe, ou toile. Elle était tenue par les quatre coins. Le grec porte simplement, dans Sin., B, A : par les quatre coins, il (le vase) s'abaissait sur la terre.

      Dans le texte reçu (C), on lit : par les quatre coins il était lié et s'abaissait sur la terre.

      Qu'on admette ou non cette adjonction, il ne faut pas penser, avec quelques interprètes, que les extrémités de la nappe étaient nouées les unes aux autres, car alors Pierre n'aurait pu voir ce qu'elle contenait.

      L'image d√©crite n'implique pas que ces quatre coins pendaient vers la terre, mais plut√īt qu'ils √©taient tenus par des mains invisibles, par des anges peut-√™tre. (Comparer Actes 11.5-7)

      12 Nous restituons ici le vrai texte (Sin., B, A), en supprimant les mots et de bêtes sauvages que le texte reçu porte après quadrupèdes.

      La distinction entre les animaux de la terre et les oiseaux du ciel (Matthieu 6.26, note) est à la fois naturelle et poétique. (Comparer Romains 1.23)

      14 Pierre aurait pu choisir pour les tuer et les manger des animaux purs.

      Mais il a compris que l'ordre reçu efface la distinction entre animaux purs et impurs. De là son refus décidé, inspiré par son respect de la loi. Nullement, Seigneur ! s'écrie-t-il.

      Il reconna√ģt donc la voix qui lui parle comme celle de Dieu. Il en r√©sultait un conflit de devoirs.

      15 Grec : toi, ne le souille pas.

      En effet Pierre en tenant un objet pour souillé, le rendait tel pour lui. (Romains 14.14)

      - Ces paroles renferment tout le sens de la vision.

      1¬į La d√©claration divine que Dieu a tout purifi√© est vraie dans son sens litt√©ral, les prescriptions l√©vitiques relatives √† des animaux impurs (L√©vitique 11) avaient leur sens symbolique, utile pour les Isra√©lites, mais √©videmment ne devaient exister que pour un temps et pour un peuple, puisqu'elles sont inapplicables √† l'humanit√© enti√®re.

      "Or après que Dieu a accompli la rédemption du monde, que l'Ecriture considère comme la restitution de toute la création", (Olshausen), il n'y a, dans cette création, plus rien d'impur en soi même. (Matthieu 15.11,Romains 14.14 ; 1Timothée 4.4 ; 1.15)

      2¬į A plus forte raison, la d√©claration qui nous occupe concernet-elle l'humanit√© objet sp√©cial de la r√©demption accomplie par J√©sus Christ¬†; dans cette humanit√©, il ne saurait plus y avoir de distinction entre purs et impurs, entre Juifs et pa√Įens. Pierre le comprendra bient√īt et le proclamera hautement. (Actes 10.34,35¬†; 11.1¬†; 7¬†; 15.7 et suivants)

      16 Comme Pierre ne comprenait pas le sens de la vision, (verset 17) afin que l'impression en f√Ľt plus vive, Dieu la lui fit voir trois fois.

      Les faits se chargeront de la lui expliquer, comme le montre la suite de notre récit.

      20 Pendant que Pierre revenu de son extase, r√©fl√©chissait sur le sens de la vision, les messagers de Corneille, apr√®s s'√™tre enquis (le terme grec, qui ne se trouve qu'ici dans le Nouveau Testament, les montre s'informant de rue en rue) de la maison de Simon le corroyeur, appellent et s'informent si l'ap√ītre demeure l√†.

      En même temps, celui-ci, qui ignorait tout encore, est averti par l'Esprit que des hommes (leçon de D, majuscules, Peschito ; Sin., A, C : portent trois hommes ; B : deux hommes) le cherchent, et exhorté à suivre ces hommes sans hésiter.

      L'avertissement n'√©tait pas inutile, car, comme ceux qui le cherchaient √©taient des pa√Įens Pierre aurait fort bien pu refuser d'entrer en relation avec eux. (verset 28)

      Pour le décider, il fallait donc aussi cette déclaration : c'est moi qui les ai envoyés.

      22 Grec : des paroles de ta part, paroles de vérité divine qui seront pour Corneille autant de révélations.

      - Ces envoy√©s s'acquittent de leur message simplement, clairement et avec amour pour leur ma√ģtre.

      Pour désigner la révélation de l'ange à Corneille, ils se servent d'un terme classique que nous rendons par : divinement averti et qui, chez les anciens, signifiait : recevoir réponse d'un oracle.

      Ici, c'était la réponse de Dieu aux prières de Corneille. (Comparer Matthieu 2.12,22 ; Luc 2.26 ; Hébreux 8.5 ; 11.7)

      23 Donc, à la suite de l'avertissement qu'il a reçu (v 20) et des paroles de ces messagers qui lui inspirent de la confiance, Pierre les reçoit sans hésiter et exerce envers eux l'hospitalité dont il jouissait lui même chez un frère ; car ils ne pouvaient plus repartir le même jour. (verset 30, note.)

      Le lendemain, ils se mettent en route, non pas seuls, mais accompagnés de quelques frères de Joppé. Car là aussi, il y avait déjà des chrétiens convertis par le ministère de Pierre. (Actes 9.42)

      Six de ces nouveaux frères allèrent avec lui. (Actes 11.12) Il y avait grand intérêt pour eux à le suivre dans cette mission importante, et plus encore pour Pierre à avoir des témoins de ce qui allait se passer ; car il devra en rendre compte à l'Eglise de Jérusalem, pour sa propre justification. (Actes 11.1 et suivants)

      24 Grec : ses amis nécessaires, excellente définition de l'amitié la plus intime.

      Corneille voulut que parents et amis, tout ce qu'il aimait, e√Ľt avec lui le bonheur d'entendre la bonne nouvelle de l'Evangile.

      L'amour des √Ęmes est ins√©parable de la foi, m√™me l√† o√Ļ elle est encore obscure.

      25 Grec : Et comme il arriva que Pierre entra.

      C'est en se prosternant que les Orientaux rendaient hommage aux grands de la terre ; mais le mot que nous traduisons ainsi implique dans le Nouveau Testament l'idée d'adoration (Actes 8.27 ; Jean 4.21 et suivants ; Actes 12.20, etc.), et la parole de Pierre (verset 26) dit assez clairement qu'une telle intention n'était pas étrangère à Corneille.

      Celui-ci, d'apr√®s la r√©v√©lation qu'il avait re√ßue, et selon ses anciennes id√©es pa√Įennes, pouvait consid√©rer Pierre comme un √™tre au-dessus de l'humanit√©. (Comparer Galates 4.14) Or l'ap√ītre tient √† r√©primer toute apparence d'idol√Ętrie. Corneille montre qu'il √©tait plus avanc√© en pratique qu'en connaissance¬†; cela vaut mieux que l'inverse, qui est l'ordinaire.

      - Le texte occidental (Blass, d'apr√®s D, la Peschito et d'autres documents) pr√©sente une variante, d'une certaine importance, √† verset 25¬†: Or comme Pierre approchait de C√©sar√©e, l'un des serviteurs, ayant couru en avant, annon√ßa qu'il arrivait. Et Corneille √©tant sorti √† la h√Ęte et √©tant all√© √† sa rencontre, s'√©tant jet√© √† ses pieds, l'adora.

      26 Un homme,

      "cela suffit pour bannir toute élévation propre et l'admiration des autres." Bengel. (Comp Actes 14.15 ; Apocalypse 19.10)

      Jésus n'a jamais repoussé de tels hommages. (Luc 8.41,47 ; Marc 3.11 ; Jean 9.38)

      28 La loi n'interdisait pas aux Juifs toute relation avec des √©trangers, c'est-√†-dire avec des pa√Įens¬†; les traditions du pharisa√Įsme et son m√©pris de tout ce qui n'appartenait pas au peuple isra√©lite avaient inspir√© cette r√®gle √©troite. (Jean 18.28)

      Pierre était encore soumis à ces traditions, considérées comme sacrées même par les Juifs qui avaient embrassé la foi chrétienne, (Galates 2.12) il veut que ses auditeurs sachent qu'il est autorisé à agir comme il le fait.

      Dieu lui a montré, par la vision qui précède, cette grande loi de la liberté et de la charité. Et c'est avec bonheur qu'il s'en prévaut pour la première fois.

      30 La neuvième heure, c'est à dire trois heures de l'après-midi. (Actes 10.3 ; 3.1)

      Corneille indique l'heure pr√©cise o√Ļ l'ange lui √©tait apparu, quatre jours auparavant.

      La distance de Césarée à Joppé était de trente milles (environ 45 kilomètres) ; les messagers, partant dans l'après-midi, n'étaient arrivés à Joppé que le lendemain vers midi. (versets 9,17)

      Pierre et ses compagnons de voyage ne se mirent en route que le lendemain, (verset 23) et comme il leur fallut plus d'un jour pour se rendre à Césarée, ils n'y arrivèrent que le quatrième jour après la vision de Corneille.

      Celui-ci rappelle qu'il était en prière, lorsque l'ange lui apparut ; Dieu répondait ainsi à sa requête.

      - Apr√®s priant, le texte re√ßu (Majusc. versions.) ajoute¬†: et je√Ľnant, mots qui probablement ont √©t√© introduits parce que les Juifs et les premiers chr√©tiens joignaient d'ordinaire le je√Ľne √† la pri√®re. Ils ne se trouvent pas dans Sin., B, A, C.

      32 Le texte reçu avec C, D, majuscules, versions. ajoute : lequel étant venu te parlera.
      33 Voir, sur ce récit, versets 3-6.

      Corneille raconte simplement ce qui lui est arrivé puis il conclut en exprimant la pensée que c'est sous le regard de Dieu qu'ils Sont tous assemblés pour entendre la parole du Seigneur.

      Chez de tels auditeurs, la prédication qui va suivre portera infailliblement tous ses fruits.

      Au lieu des mots devant Dieu, D, la vulgate, et une des versions syr. portent : devant toi. (Texte occidental.)

      34 34 à 48 Discours de Pierre et Baptème de Corneille.

      La locution : ouvrant la bouche, a quelque chose de solennel qui fait attendre un discours grave et soutenu. (Comparer Actes 8.35 ; Matthieu 5.2, note.)

      En effet, Pierre annon√ßant pour la premi√®re fois l'Evangile √† des pa√Įens, dut le faire dans une instruction lumineuse et compl√®te dont nous n'avons ici que le r√©sum√©.

      35 En v√©rit√©, je reconnais, ce verbe est au pr√©sent, c'est une lumi√®re, une conviction (sens du mot grec) qui se fait en ce moment m√™me dans l'esprit de l'ap√ītre.

      Qu'est-ce qui a concouru à former en lui cette conviction ?

      D'abord la vision qu'il a eue, puis le récit de Corneille qui la lui rend claire. Une parole de l'Ecriture qu'il connaissait lui devient tout à coup lumineuse : Dieu ne fait point acception de personnes, littéralement : Dieu ne reçoit pas le visage, l'extérieur, l'apparence. (Deutéronome 10.17 ; 1Samuel 16.7 ; comparez Romains 2.11 ; Galates 2.6 ; Ephésiens 6.9 ; 1Pierre 1.17)

      A quoi donc regarde-t-il¬†? Au cŇďur, √† la vie, √† la crainte qu'on a de lui, √† la pratique de la justice.

      Quiconque est dans ces dispositions, √† quelque nation qu'il appartienne, Juif ou pa√Įen, lui est agr√©able (grec recevable, acceptable, agr√©√©.) Il n'est point encore en plein dans le royaume de Dieu, mais tout pr√©par√© pour y entrer.

      - Il est évident que Pierre applique à Corneille cette grande vérité. Mais on ne saurait en conclure que "toutes les religions sont bonnes." L'histoire de Corneille qui doit être amené à la connaissance de Christ pour avoir part au salut contredit précisément une telle opinion.

      "Trouver dans cette parole l'idée que toutes les religions se valent, et s'en servir pour vanter l'indifférentisme, est la plus haute légèreté exégétique" De Wette.

      36 La parole ou en d'autres termes la v√©rit√© que Pierre vient d'√©noncer (versets 34,35) est celle que Dieu a d√©j√† fait conna√ģtre aux fils d'Isra√ęl, en leur annon√ßant la bonne nouvelle de la paix (Esa√Įe 52.7) par J√©sus Christ.

      Puisque cette paix n'est que par Jésus Christ, il est évident qu'on ne l'obtient pas en observant les prescriptions de la loi juive, mais que Dieu la destine à tous.

      L'ap√ītre fonde encore son affirmation de l'universalit√© du salut sur le fait que ce Sauveur qui donne la paix est le Seigneur de tous, de tous les hommes Juifs ou pa√Įens. C'est ainsi que Paul lui m√™me √©tablissait cette grande v√©rit√©. (Romains 3.29)

      - Pierre, parlant avec émotion, jette sa pensée dans une phrase grammaticalement incorrecte.

      Aussi les exégètes construisent-ils de diverses manières versets 36-38.

      Au lieu de considérer les mots de verset 36 (grec) : la parole qu'il a envoyée, comme dépendant du verbe : je reconnais (verset 34) et se rapportant à la vérité énoncée dans versets 34,35 (de Wette, Ebrard, Baumgarten),on a cru qu'ils étaient coordonnés au terme de justice (verset 35) et l'on a traduit : "celui qui pratique la justice...et qui accomplit la parole qu'il a envoyée." (Ewald, Nösgen, Zöckler) ; mais le sens qu'on obtient ainsi est moins satisfaisant.

      - De nombreux interpr√®tes (Meyer, Wendt, Lechler, Barde) rattachent verset 36 √† ce qui suit et traduisent¬†: "Vous savez la parole que Dieu a envoy√©e √† Isra√ęl en annon√ßant la paix par J√©sus-Christ (il est le Seigneur de tous)¬†; vous savez ce qui s'est pass√© dans toute la Jud√©e."

      Nous opposons à cette construction deux objections principales :

      1¬į on ne peut dire que les auditeurs de Pierre eussent d√©j√† connaissance de la destination universelle du salut proclam√©e par l'Evangile¬†;

      2¬į on est oblig√© de faire une phrase incidente ou m√™me une parenth√®se de la grande parole¬†: lui est le Seigneur de tous. Cette pens√©e couronne le raisonnement de Pierre.

      Aussi ne saurions-nous admettre la conjecture de M. Blass qui envisage le mot seigneur comme une interpolation et en le retranchant, traduit¬†: "La parole qu'il a envoy√©e aux fils d'Isra√ęl, en annon√ßant la paix par J√©sus-Christ, elle est de tous," c'est-√†-dire elle est "destin√©e √† tous." Cette conjecture ne se fonde sur aucun document.

      Mais B, A, versions, pr√©sentent une variante, qui a l'air d'√™tre n√©e aussi du d√©sir de simplifier la phrase. Ils suppriment le pronom relatif apr√®s parole. Il faut alors traduire¬†: "Il a envoy√© la parole aux fils d'Isra√ęl, annon√ßant la paix par J√©sus-Christ." (Oltramare, Segond, Stapfer.)

      38 Pierre annonce √† ses auditeurs J√©sus-Christ, qu'il venait de nommer comme auteur de la paix, (verset 36) en ces termes¬†: (grec) vous savez le fait qui s'est produit,...savoir (Luc 2.15) J√©sus qui √©tait de Nazareth, comment Dieu l'a oint d'Esprit saint. (Esa√Įe 61.1¬†; Matthieu 3.16¬†; Jean 1.32-34) Sa sainte vie fut une suite non interrompue de bienfaits¬†: il alla de lieu en lieu (Actes 8.4) faisant du bien, gu√©rissant et d√©livrant m√™me les malheureux qu'opprimait la puissance des t√©n√®bres. Quelles preuves √©clatantes que Dieu √©tait avec lui¬†!

      - Relativement √† ces faits ext√©rieurs de la vie de J√©sus, l'ap√ītre pouvait dire¬†: Vous savez parce que, ses auditeurs habitant la Palestine, il √©tait impossible qu'ils n'en eussent pas quelque connaissance¬†; mais ils n'en avaient pas compris la signification profonde. Pierre la leur r√©v√®le.

      41 Afin de bien persuader ses auditeurs de la réalité des faits qu'il expose, Pierre déclare que lui et ses condisciples en sont les témoins, (Actes 1.8) témoins divinement autorisés, puisqu'ils avaient été (verset 41) auparavant choisis de Dieu.

      Ce choix, fait par Jésus est ici attribué à Dieu lui même. (Jean 15.16)

      Après l'avoir poursuivi de leur haine, les Juifs l'ont même fait mourir (voir sur le terme : le pendant au bois, Actes 5.30, note), mais Dieu l'a ressuscité le troisième jour.

      Et pour √©tablir la certitude de la r√©surrection de J√©sus, Pierre rappelle que les ap√ītres ont mang√© et bu avec lui apr√®s qu'il fut ressuscit√© des morts. (Luc 24.41-43¬†; Jean 21.12)

      - Pourquoi Jésus ressuscité n'a-t-il pas été manifesté à tout le peuple ? Voir la réponse de Jésus à cette question qui lui est posée par l'un de ses disciples. (Jean 14.22-24)

      "Son règne est le règne de la foi ; c'est un règne céleste, il n'est pas de ce monde, il dédaigne un vain éclat ; il reste caché sous l'humble apparence de la croix." Bengel.

      42 L'ordre dont il est ici question n'est pas celui de pr√™cher l'Evangile √† tous les peuples, (Actes 1.8,Matthieu 28.19) car il s'agit d'un message adress√© au peuple d'Isra√ęl et qui pr√©sente J√©sus principalement comme juge.

      Faut-il admettre avec Meyer que Pierre fait allusion à un ordre spécial de Jésus, qui ne serait pas rapporté dans les évangiles ?

      Cela n'est point nécessaire. Jésus s'est souvent déclaré le Juge suprême.

      Il en r√©sultait pour ses ap√ītres l'obligation de le pr√™cher et de l'attester comme tel. (Matthieu 25.31 et suivants¬†; Jean 5.27¬†; comparer¬†: Actes 17.31¬†; 2Timoth√©e 4.1¬†; 1Pierre 4.5)

      - Les vivants et les morts sont ceux qui vivront et ceux qui seront morts à l'avènement du Seigneur.

      43 Le t√©moignage de tous les proph√®tes avait pr√©c√©d√© le t√©moignage des ap√ītres, pour attester que quiconque croit au Sauveur, √† quelque nationalit√© qu'il appartienne, re√ßoit la r√©mission ou le pardon de ses p√©ch√©s par son nom, c'est-√†-dire en lui et par lui.

      Voilà l'universalité du salut proclamée par Pierre, comme elle le sera par Paul. (Romains 3.22)

      Quel sujet de joie pour les pa√Įens qui √©coutaient ces paroles¬†!

      - Quand Pierre dit : tous les prophètes, il ne prétend pas qu'il y ait dans les écrits de tous des passages précis déclarant que le pardon des péchés est accordé à quiconque croit au Sauveur mais tous, en annonçant le libérateur et les temps évangéliques, annonçaient implicitement cette précieuse vérité.

      44 Grec : l'Esprit saint tomba (de même Actes 8.16 ; 11.15) c'est à dire que tous les auditeurs de Pierre furent tout à coup saisis par l'Esprit de Dieu.

      Leur √Ęme √©tait pr√©par√©e √† le recevoir¬†; (verset 33) il n'y eut donc rien de magique dans cette action de l'Esprit.

      Mais à quel signe les assistants reconnurent ils cette effusion du SaintEsprit dont le moment précis est indiqué ?

      Les versets versets 45,46 répondent à cette question.

      46 Grec¬†: Les fid√®les de la circoncision, c'est-√†-dire les Juifs convertis qui avaient accompagn√© Pierre de Jopp√© √† C√©sar√©e, (verset 23) reconnurent l'action de l'Esprit √† ses effets (verset 46) et ils s'en √©tonn√®rent, parce que c'√©tait la premi√®re fois que l'Esprit √©tait donn√© √† des pa√Įens.

      Ces nouveaux croyants Corneille et ses amis remplis de joie et d'un saint enthousiasme, magnifiaient Dieu. Ils donnaient essor à leurs sentiments, non en langage ordinaire, mais ils parlaient en langues.

      Ici se reproduit donc le ph√©nom√®ne de la Pentec√īte. (Voir Actes 2.4, 2e note.)

      48 Grec : Alors Pierre répondit : Quelqu'un peut-il refuser l'eau en sorte que ceux-ci ne soient baptisés ?

      La gr√Ęce signifi√©e par le bapt√™me √©tant donn√©e, pourquoi refuser le signe¬†?

      Pierre, au lieu de les baptiser lui-même, (comparez 1Corinthiens 1.15, note) ordonne de les baptiser au nom de Jésus-Christ.

      Le texte reçu porte : au nom du Seigneur ; la variante ici adoptée se lit dans Sin., B, A.

      - Le Saint Esprit est donné à Corneille et aux gens réunis dans sa maison avant qu'ils reçoivent le baptême, ailleurs ce don de l'Esprit suit le baptême. (Actes 8.16 ; 19.5,6)

      Dieu nous montre ainsi que, dans la dispensation de ses dons il est parfaitement ind√©pendant de l'action humaine¬†; il les accorde quand et comme il le trouve bon. "Le vent souffle o√Ļ il veut."

      Mais il faut bien remarquer que Pierre n'en estime pas moins n√©cessaire d'administrer le bapt√™me d'eau qui reste le sceau visible de la gr√Ęce invisible, c'est-√†-dire de la r√©g√©n√©ration par le Saint-Esprit.

      M√™me les plus vivantes exp√©riences de la gr√Ęce ne feront que rendre plus pressant dans une √Ęme humble le d√©sir de participer aux symboles sacr√©s institu√©s par J√©sus Christ.

      Ces nouveaux convertis, heureux de la présence de Pierre au milieu d'eux, désirent affermir leur foi et recevoir des lumières nouvelles dans des entretiens prolongés avec lui. La foi est toujours "opérante par l'amour."

Seuls les √Čvangiles sont disponibles en vid√©o pour le moment.
  • versets s√©lectionn√©s
  • Vid√©os et messages relatifs
  • Commentaires bibliques
  • H√©breu / Grec
  • Dictionnaire
  • Versets relatifs
  • Carte
  • Favoris
  • Partager

Pour ajouter un favori, merci de vous connecter : Se connecter

Générer un verset illustré
Logo TopChrétien carré

Télécharger l'image

Choisissez une image

Personnalisez le verset

Alignement : | | | Haut | Milieu | Bas

Taille :

Couleur :

Police :

Personnalisez la référence

Couleur :

Police :

Taille :

De légères variations de mise en page peuvent apparaitre sur l'image téléchargée.

Vous avez aim√© ? Partagez autour de vous !

Update Required To play the media you will need to either update your browser to a recent version or update your Flash plugin pour Firefox & Safari - Flash plugin pour Opera & Chrome.