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Daniel 7

    • 1

      1 à 2 Préambule.

      Nous avons d√©j√† fait observer (voir introduction) que ce pr√©ambule para√ģt provenir de la main du r√©dacteur du livre et non du proph√®te lui-m√™me.

      La premi√®re ann√©e de Belsatsar. Ce vice-roi de Babylone, n'ayant r√©gn√© probablement que trois ans (8.1) et ayant p√©ri en 538 (chapitre 6), la date de la vision doit √™tre l'ann√©e 541-540. De m√™me que N√©bucadnetsar au commencement de la monarchie (2.1) avait contempl√© la succession des empires universels, Daniel re√ßoit une r√©v√©lation plus compl√®te du m√™me fait au moment o√Ļ cette premi√®re monarchie va crouler pour faire place √† une autre.

      Des visions en son esprit : littéralement, des visions de sa tête. Comparez 2.28.

      2

      Il écrivit... Ces mots sont destinés à affirmer la conformité essentielle du compte-rendu suivant avec la vision.

      2 à 8 Les quatre bêtes.

      Daniel prit la parole. C'est le prophète lui-même qui introduit ainsi le récit de ce qu'il a vu. Son nom devait garantir la révélation ; comparez Osée 1.2 ; 3.1 ; Apocalypse 1.1,9.

      Pendant la nuit : au moment du plus profond recueillement de l'√Ęme.

      La mer. La mer, par son immensit√© et par sa mobilit√©, est le symbole naturel de la masse de l'humanit√©, sp√©cialement de l'humanit√© pa√Įenne, comparez verset 17 : La terre¬†; Esa√Įe 17.12¬†; 27.1¬†; J√©r√©mie 46.7¬†; comparez Apocalypse 13.1.

      On pourrait envisager les quatre vents comme les symboles de quatre actes de la puissance divine¬†; mais il nous para√ģt pr√©f√©rable d'y voir les embl√®mes des forces et des tendances inh√©rentes √† l'esprit humain et qui, avec la permission divine, font successivement explosion dans son histoire en se concentrant dans une puissance particuli√®re. Comparez l'expression : l'esprit, le souffle de ce monde, 1Corinthiens 2.12. Il est parl√© Apocalypse 7.1 des quatre vents de la terre.

      3

      Différentes l'une de l'autre. La différence ne consiste pas dans le degré de pouvoir qui leur est accordé, car toutes symbolisent des monarchies universelles, mais bien dans le caractère de leur puissance. Comme chaque bête a son organisation et ses allures propres, ainsi chacun de ces empires a un esprit et un mode d'agir particuliers.

      4

      Première monarchie : le lion. (La tête d'or, 2.38.)

      Un lion... des ailes d'aigle. Le lion est le plus noble des animaux sauvages et l'aigle le plus noble des oiseaux ; ces caractères rappellent l'image de la tête d'or, le plus noble des métaux, image appliquée expressément à Nébucadnetsar 2.38. Ils sont attribués au même monarque par les prophètes israélites : Jérémie 49.19,22 ; Ezéchiel 17.3, etc. Layard a découvert un lion ailé dans le temple de Nimroud, à Ninive.

      Les ailes lui furent arrach√©es. Ce symbole peut s'appliquer au moment o√Ļ N√©bucadnetsar cessa de se livrer √† la manie des conqu√™tes et se consacra plut√īt aux arts de la paix (construction de temples, de palais, de canaux, etc.). Cependant l'expression furent arrach√©es semble indiquer un acte violent dont il fut l'objet, et l'on ne peut gu√®re penser dans ce sens qu'au ch√Ętiment dont fut frapp√© son orgueil (chapitre 4), lorsqu'il fut pour un temps priv√© de sa puissance et r√©duit √† l'√©tat de brute.

      Un cŇďur d'homme. Dans le premier sens de l'embl√®me pr√©c√©dent, cette expression rappellerait le caract√®re plus humain que prit le r√®gne de N√©bucadnetsar dans la derni√®re partie de sa vie¬†; dans le second, il d√©signe le changement religieux qui s'op√©ra chez lui par la reconnaissance de la souverainet√© du Dieu d'Isra√ęl¬†; comparez 2.47¬†; 3.28¬†; 4.34 et suivants. Il s'√©l√®ve par l√† en quelque sorte au-dessus du rang des b√™tes repr√©sent√©es dans la vision¬†; comparez 4.16,34.

      Ici, comme au chapitre 2, N√©bucadnetsar repr√©sente toute la monarchie dont il est, pour ainsi dire, l'incarnation. En face des termes si pr√©cis de 2.38 1, il ne peut √™tre question de voir dans le premier empire celui de Ninive (II¬į syst√®me d'explication¬†; voir le tableau). On ne peut pas non plus scinder l'empire de Babylone, pour faire de N√©bucadnetsar personnellement le repr√©sentant du premier grand empire et de Belsatsar le repr√©sentant du second (l'ours), comme le veut le III¬į syst√®me. Les b√™tes ne repr√©sentent. pas des rois, mais des royaumes (verset 23). Il en est de m√™me des parties de la statue¬†; comparez 2.39 : il s'√©l√®vera un autre royaume.

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      Seconde monarchie : l'ours. (La poitrine et les bras d'argent, 2.39.)

      Elle dressait l'un de ses c√īt√©s. Le sens de cette phrase n'est pas certain¬†; on l'a traduite aussi : et elle √©tablit une seule domination. Ce sens s'appliquerait soit √† l'unit√© de la puissance m√©do-perse, soit √† l'absorption de l'empire babylonien par cette puissance. Mais il nous para√ģt bien plus conforme au sens du texte d'admettre que l'ours est repr√©sent√© ici comme √©levant l'une de ses jambes pour l'attaque. Cette image correspond √©videmment √† celle du b√©lier qui avait une corne plus haute que l'autre, 8.3, et d√©signe naturellement la pr√©pond√©rance de la nation perse sur la nation m√®de dans la monarchie m√©do-perse.

      Trois c√ītes. C'est ici l'image des vastes conqu√™tes du second empire. Il ressort de 8.1 que ces conqu√™tes doivent avoir lieu du c√īt√© de l'occident, du c√īt√© du septentrion et du c√īt√© du midi.

      Lève-toi. Il ne faudrait pas conclure de cet ordre que l'animal était couché, car il sortait justement de la mer (verset 3). Cette apostrophe a ici, comme souvent, le sens de : Allons ! en avant ! Comparez Juges 8.20.

      Mange force chair¬†! Embl√®me de l'avidit√© avec laquelle ce second empire s'emparera des richesses des peuples conquis. L'ordre signifie : Accomplis ton r√īle dans l'histoire¬†! Qu'aucun obstacle ne t'arr√™te¬†!

      L'explication en vogue aujourd'hui parmi les commentateurs qui font du livre de Daniel une composition non proph√©tique du temps des Maccab√©es, consiste √† voir dans ce second empire la M√©die seule, par opposition √† la Perse qui serait repr√©sent√©e par la b√™te suivante. Cette explication nous para√ģt inconciliable √† la fois avec l'histoire et avec la mani√®re de s'exprimer de l'auteur du livre. L'histoire ne conna√ģt qu'un empire m√©do-perse unique, au sein duquel l'autorit√© appartint, d'abord √† la dynastie m√®de, puis √† la dynastie perse. M. Masp√©ro (Histoire ancienne des peuples de l'Orient, page 509), d'accord avec M. Rawlinson (The five great monarchies, tome II, pages 422 √† 426), apr√®s avoir racont√© les dissensions √† la suite desquelles Cyrus (perse) l'emporta sur Astyage (m√®de), s'exprime en ces termes : Ce fut un changement de dynastie plut√īt qu'une conqu√™te √©trang√®re. Astyage et ses pr√©d√©cesseurs avaient √©t√© rois des M√®des et des Perses¬†; Cyrus et ses successeurs furent rois des Perses et des M√®des. Le livre de Daniel envisage les choses de la m√™me mani√®re. Il distingue sans doute entre une dynastie m√®de et une dynastie perse, quand il parle des deux rois : Darius (m√®de) et Cyrus (perse)¬†; mais il n'√©tablit nullement pour cela deux monarchies diff√©rentes. Bien au contraire, il dit 5.28 : Le royaume de Babylone est donn√© aux M√®des et aux Perses¬†; 6.8,12,15 : la loi des M√®des et des Perses. 11.1-2, apr√®s avoir parl√© de Darius le M√®de, l'auteur continue en disant : Il y aura encore trois rois en perse, ce qui prouve qu'√† ses yeux Darius le M√®de est en m√™me temps roi persan. Enfin, au chapitre 8, le royaume des M√®des et des Perses est repr√©sent√© par un seul animal¬†; le b√©lier √† deux cornes, comparez particuli√®rement le verset 20 : Le b√©lier √† deux cornes que tu as vu, ce sont les rois des M√®des et des Perses. Dans le tableau du chapitre 2, nous retrouvons, dans l'image de la poitrine avec les deux bras d'argent, la m√™me dualit√© que dans les embl√®mes des chapitres 7 et 8 (les deux c√īt√©s, dont l'un plus √©lev√© que l'autre, et les deux cornes, dont l'une plus haute que l'autre : les Perses qui ont acquis la pr√©pond√©rance sur les M√®des). Nous voyons donc qu'il s'agit ici de la monarchie m√©do-perse et qu'il est tout √† fait arbitraire de statuer, √† l'encontre de preuves si nombreuses, un second empire ne repr√©sentant que la M√©die, √† l'exclusion de la Perse, afin de r√©server √† celle-ci la troisi√®me place. Cela suffit d√©j√† pour faire tomber le III¬į syst√®me d'interpr√©tation aujourd'hui en vogue. D'ailleurs comment appliquer √† la M√©die seule l'expression : Mange force chair¬†!, et les conqu√™tes au septentrion, √† l'occident et au midi¬†? Enfin nous allons voir que les caract√®res de la b√™te suivante s'appliquent aussi peu √† la Perse qu'ils s'appliquent bien √† la puissance grecque. Ce sera la confirmation du r√©sultat auquel nous sommes arriv√©s pour ce verset 5.

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      La troisième monarchie : le léopard. (Le ventre et les hanches d'airain, 2.39)

      Le léopard a pour caractères l'agilité et la soudaineté des bonds (Habakuk 1.8). Cet emblème convient admirablement à la rapidité des conquêtes du Grec Alexandre (8.5).

      Quatre ailes d'oiseau. L'agilité du quadrupède est encore renforcée par celle de l'oiseau. Le conquérant semble voler sans toucher la terre. En quelques années, Alexandre conquit avec l'Asie-Mineure et l'Egypte tout le continent asiatique jusqu'à l'Indus.

      Quatre t√™tes. Cet embl√®me ne fait pas double emploi avec le pr√©c√©dent (les quatre ailes)¬†; il ne peut se rapporter qu'aux quatre monarchies dans lesquelles le troisi√®me empire, l'empire grec, se r√©alisa (11.4). En effet, l'empire d'Alexandre n'a pas exist√© comme empire √† part et distinct des monarchies grecques qui en sortirent. Le fondateur mourut avant de pouvoir organiser son nouvel Etat¬†; vingt ans apr√®s, ses conqu√™tes √©churent √† quatre de ses g√©n√©raux qui se les partag√®rent en prenant le titre de rois. C'est ce qu'indique le texte lui-m√™me, en faisant appara√ģtre la troisi√®me b√™te avec ses quatre t√™tes, avant m√™me de dire que la domination lui fut donn√©e. Elle para√ģt d√®s l'abord dans la vision proph√©tique sous la forme sous laquelle elle s'est r√©alis√©e historiquement. Ce qui confirme ce sens, c'est que, 8.8, les quatre cornes sur la t√™te du bouc correspondent visiblement √† ces quatre t√™tes du l√©opard¬†; or, 8.21, ce bouc est d√©sign√© en tout autant de termes comme le roi (le royaume) de Javan (la Gr√®ce), et les quatre cornes, comme quatre royaumes qui s'√©l√®veront de cette nation. Il para√ģt donc conforme aussi bien √† l'histoire qu'√† la conception de l'auteur du livre, de voir dans la troisi√®me b√™te l'empire grec fond√© par Alexandre et constitu√© des l'abord sous la forme de quatre Etats : la Mac√©doine, la Thrace, la Syrie et l'Egypte.

      Les partisans du IV¬į syst√®me d'interpr√©tation, qui voient dans l'ours la monarchie m√®de et dans le l√©opard la monarchie perse, essaient d'expliquer l'embl√®me des quatre t√™tes en le rapportant aux quatre rois qu'aurait eus la Perse. L'histoire, il est vrai, nous parle de neuf rois de Perse. Mais ces ex√©g√®tes supposent que l'auteur du livre de Daniel n'en connaissait que quatre, bien qu'√©crivant, suivant eux, longtemps apr√®s la chute de l'empire persan. Afin de prouver une aussi √©trange assertion, ils s'appuient sur le passage 11.2. Pour la r√©futation de cette imputation si invraisemblable, nous renvoyons √† ce passage. En tout cas il est manifeste que ces quatre t√™tes, existant simultan√©ment sur le l√©opard ne sauraient repr√©senter quatre rois successifs. Ce verset confirme donc nos conclusions pr√©c√©dentes (verset 5) relatives au IV¬į syst√®me d'interpr√©tation.

      Le V¬į et le VI¬į syst√®me sont exclus √©galement par ce que nous venons de dire. Car une fois que les quatre Etats issus des conqu√™tes d'Alexandre, par cons√©quent la Syrie, aussi bien que l'Egypte, la Mac√©doine et la Thrace, ont paru comme renferm√©s dans la troisi√®me monarchie, ils ne peuvent ni tous quatre ensemble, ni l'un d'eux en particulier, former le quatri√®me grand empire.

      7

      7 et 8 Le quatrième empire : la bête sans nom. (Les jambes et les pieds de la statue, 2.40-43).

      Je contemplais dans les visions de la nuit. C'est comme une reprise de la révélation prophétique, dans l'attente de faits plus graves encore que les précédents.

      Effrayante, terrible, etc. Comparez ce qui est dit du fer de la statue 2.40. Ce rapprochement confirme le parallélisme complet entre les quatre empires représentés par la statue, chapitre 2, et les quatre empires représentés par les bêtes, chapitre 7.

      Diff√©rente de toutes les b√™tes. Les b√™tes diff√©raient toutes les unes des autres (verset 3). Le caract√®re de la premi√®re √©tait la majest√©, celui de la seconde, la voracit√©, celui de la troisi√®me, la rapidit√©¬†; le caract√®re de celle-ci est une brutalit√© et une f√©rocit√© sans √©gales. Mais ce qui faisait que celle-ci formait un genre √† part, c'est qu'elle ne trouvait son semblable dans aucun des animaux existants sur la terre. Aussi n'est-elle pas nomm√©e. C'est presque autant une machine (des dents de fer) qu'une b√™te. Il suffit d√©j√† de ce trait pour emp√™cher de voir dans cette quatri√®me b√™te, avec les partisans des II¬į, III¬į et IV¬į syst√®mes, la monarchie grecque fond√©e par Alexandre-le-Grand¬†; car cet empire ne se distingua nullement d'une mani√®re sp√©cifique des pr√©c√©dents¬†; et au chapitre 8 il appara√ģt sous l'image d'un animal ordinaire, le bouc, √† c√īt√© du b√©lier qui repr√©sente la monarchie m√©do-perse. La force extraordinaire qui lui est attribu√©e ne permet pas non plus de voir (V¬į syst√®me) l'ensemble des monarchies issues d'Alexandre ou (VI¬į syst√®me) l'une d'elles, celle de Syrie. Car il est dit (8.22) qu'elles n'auront pas autant de force que le premier roi (Alexandre)¬†; et s'il en est ainsi des quatre r√©unies, √† plus forte raison de l'une quelconque d'entre elles. D'ailleurs, nous rappelons ici ce qui a √©t√© observ√© verset 6 : c'est que ces quatre Etats ont d√©j√† paru dans les quatre t√™tes du l√©opard comme faisant partie int√©grante du troisi√®me empire.

      Dix cornes. La corne, dans le symbolisme biblique, d√©signe toujours la puissance. D'apr√®s le verset 24, ces dix cornes sont dix rois. Ce mot, lorsqu'une d√©termination particuli√®re n'est pas donn√©e (comparez verset 8 et 8.21-22), d√©signe non des individus, mais des royaumes (2.44). Ces dix royaumes sont repr√©sent√©s ici comme simultan√©s¬†; car la petite corne surgit au milieu d'eux, ce qui suppose qu'ils existent tous au moment o√Ļ para√ģt cette corne. Ce trait ne permet pas de voir dans les dix cornes, avec les partisans du VI¬į syst√®me, dix rois de Syrie qui auraient occup√© ce tr√īne successivement jusqu'√† celui que l'on pr√©tend √™tre repr√©sent√© par la petite corne : Antiochus. Ajoutez que l'histoire ne conna√ģt r√©ellement que sept rois de Syrie avant celui-l√†.

      Quel peut donc être le sens de cet emblème ? Il ne peut représenter, nous semble-t-il, que la division du quatrième empire en une multiplicité d'Etats dont l'ensemble est désigné par le chiffre dix, emblème ordinaire d'une totalité terrestre. Comparez les dix orteils des pieds de la statue, 2.42.

      Mais quel peut √™tre ce quatri√®me empire¬†? Il doit √† la fois succ√©der aux Etats grecs issus des conqu√™tes d'Alexandre et clore la s√©rie des monarchies universelles. L'empire romain r√©pond et r√©pond seul √† cette condition. Il a absorb√© l'Egypte, la Syrie, la Thrace et la Gr√®ce¬†; bien plus, il a surpass√© tous les grands empires pr√©c√©dents. Rien n'a √©chapp√© √† sa puissance (2.40¬†; 7.7,23). Denys d'Halicarnasse, qui √©crivait dans les ann√©es qui ont pr√©c√©d√© imm√©diatement notre √®re, dit : L'empire romain r√®gne sur toutes les contr√©es de la terre qui ne sont pas inabordables, il domine sur toute la mer¬†; il a le premier et le seul fait de l'Orient et de l'Occident ses fronti√®res. Apr√®s l'invasion des barbares dans notre Europe, cet empire s'est partag√© et d√©velopp√© en un certain nombre d'Etats (les dix cornes et les dix orteils) qui ont conserv√© sa politique et ses lois. D'autre part, il ressort de 2.44 et de tout le tableau suivant que c'est sous cet empire que doit appara√ģtre le royaume messianique pr√©par√© par l'ancienne alliance. Et c'est en effet au moment o√Ļ cet empire atteignait l'apog√©e de sa force qu'est apparu le Messie, et le royaume a peu √† peu grandi √† mesure que l'empire romain se divisait en une multiplicit√© d'Etats.

      8

      Une autre corne petite. Ces mots désignent une puissance de peu d'apparence, mais dans laquelle se concentre toute la force de la bête, et en particulier, comme nous le verrons, toute son hostilité contre Dieu.

      Trois des premières cornes furent arrachées. Ce trait mystérieux désigne sans doute l'agrandissement du pouvoir de la petite corne, au moyen de la soumission de plusieurs des Etats issus de la quatrième monarchie.

      Des yeux. Emblème d'habileté et de clairvoyance.

      Comme des yeux d'homme. Ce trait, ainsi que le suivant : une bouche, semble indiquer que cette puissance hostile √† Dieu se personnifiera dans un individu. D'apr√®s les cinq derniers syst√®mes d'interpr√©tation que nous avons mentionn√©s et critiqu√©s, cet individu serait Antiochus Epiphane, roi de Syrie (175-164), le pers√©cuteur de la nation juive. Les trois cornes qu'il a renvers√©es seraient des comp√©titeurs au tr√īne de Syrie, qu'il aurait √©cart√©s, mais dont un seul en tout cas aurait r√©ellement r√©gn√©. On ne s'accorde pas m√™me sur leur nom. Nous ne pouvons entrer dans le d√©tail de ces noms et de cette discussion, dont tout l'int√©r√™t pour plusieurs interpr√®tes est de prouver que l'auteur du chapitre 7 n'est pas un proph√®te, mais un historien qui √©crit apr√®s les √©v√©nements. Comme aucune pr√©occupation de ce genre n'influe sur notre jugement, nous ne saurions, apr√®s tout ce qui a √©t√© dit, voir Antiochus Epiphane dans la petite corne dont il est ici parl√©. Nous rappelons seulement qu'elle surgit du sein du quatri√®me empire, et non, comme Antiochus, du royaume de Syrie qui a √©t√© plac√© dans la troisi√®me monarchie. Et elle s'√©l√®ve du milieu de dix Etats simultan√©s, et non √† la suite de dix rois successifs (que l'histoire r√©duit en r√©alit√© √† sept ou au plus √† huit).

      Quelques exégètes, tout en maintenant le caractère prophétique du chapitre 7, ont été conduits aussi à appliquer l'image de la petite corne à Antiochus Epiphane, et cela par la raison suivante : 8.9-14,23-25, il est de nouveau question d'une petite corne. Or, partant de l'idée que le même symbole ne peut s'appliquer qu'au même personnage, ces exégètes, après avoir constaté à bon droit que la petite corne du chapitre 8 désigne Antiochus Epiphane, ont cru devoir interpréter d'après cela la petite corne du chapitre 7 et l'appliquer, malgré les raisons que nous venons d'indiquer, au même souverain. Mais cet argument n'est nullement concluant. Le symbole d'une petite corne ne renferme que l'idée d'un pouvoir d'abord peu apparent, puis acquérant une force considérable dont il se sert pour faire la guerre à Dieu. Or, ce phénomène peut se reproduire plus d'une fois dans l'histoire du monde ; une première fois, par exemple, au sein du troisième empire (c'est le cas au chapitre 8) et une autre fois au sein du quatrième (c'est le cas au chapitre 7). Et les circonstances particulières de l'apparition de ces deux puissances semblables sont assez différentes pour montrer qu'il s'agit de deux faits distincts. La petite corne du chapitre 8 sort d'une des quatre cornes du bouc ; celle du chapitre 7 surgit au milieu des dix cornes de la bête sans nom. La première n'arrache aucune autre corne, elle se superpose à l'une des précédentes ; la seconde en fait tomber trois. Il y a d'autres différences dans leur manière d'agir à toutes deux ; nous les signalerons lorsqu'il en sera question (versets 20 et 21).

      Nous sommes ainsi conduits à voir dans la petite corne du chapitre 7, qui s'élève au sein de la quatrième et dernière monarchie, le personnage ou le pouvoir désigné par saint Paul comme l'homme du péché, le fils de la perdition, l'impie, dont l'apparition doit précéder l'avènement glorieux du Messie (2Thessaloniciens 2.1-10). Voir au chapitre 8 le sens de la petite corne décrite dans ce chapitre et sortant de la monarchie grecque.

      9

      9 à 12 Le jugement de la bête sans nom.

      Je contemplais. La reprise de ce terme indique qu'il va se passer quelque chose de nouveau.

      Des tr√īnes. Cela suppose que le tribunal se compose d'autres juges que le seul mentionn√© dans ce qui suit : le vieillard. D'apr√®s le verset 22 ces autres juges sont les saints du Tr√©s-Haut. Comparez Matthieu 19.28¬†; Apocalypse 20.4.

      Furent placés ; littéralement : jetés du ciel. Il semble que l'on doive se représenter ce jugement comme se passant sur la terre ou du moins entre ciel et terre.

      Un vieillard, litt√©ralement : un avanc√© en jours, d'o√Ļ la traduction d'Ostervald : l'Ancien des jours. C'est le Dieu d'√©ternit√© (Deut√©ronome 33.27¬†; comparez Deut√©ronome 32.17). Dans beaucoup d'autres passages, c'est le Messie lui-m√™me qui ex√©cute le jugement¬†; ainsi Psaumes 2.9¬†; 110.5-6¬†; Esa√Įe 11.4, etc. Il en est de m√™me au chapitre 2 de Daniel, o√Ļ c'est la petite pierre qui fait crouler le colosse. Si ce trait n'est pas relev√© ici en parlant de ce fils d'homme, c'est que celui-ci, conform√©ment √† la nature dramatique du tableau, n'appara√ģt que plus tard (verset 22).

      De la neige blanche : symbole de la sainteté parfaite (Marc 9.3).

      Ses cheveux comme de la laine pure : emblème de la majesté.

      Le feu est le symbole de la puissance à la fois vivifiante et consumante de Dieu ; cet insigne lui est fréquemment attribué dans l'Ancien Testament. Il est particulièrement relevé ici à cause du jugement qui va suivre (verset 11). Comparez pour toute cette description Apocalypse 1.12-16.

      Son tr√īne... les roues¬†; comparez Ez√©chiel 1.4-21¬†; 10.12-13.

      10

      Un fleuve. Emblème de la vie divine qui se répand dans l'univers.

      Mille milliers ; une myriade de myriades. Cette multitude innombrable est celle des anges ; Deutéronome 33.2 ; 1Rois 22.19 ; Psaumes 103.20.

      Il s'assit pour juger : c'est la reprise de la narration du verset 9, interrompue par la description du tribunal. On pourrait traduire aussi : Et le tribunal s'assit¬†; mais cette traduction nous para√ģt moins exacte.

      Des livres¬†; comparez Apocalypse 20.12. Ces livres sont l'embl√®me de la toute-science de Dieu qui conserve la connaissance distincte de toutes les actions humaines. Le pluriel indique qu'il y a un livre particulier pour chaque homme. On pourrait expliquer ce pluriel en l'appliquant d'un c√īt√© au livre de la toute-science, de l'autre √† celui du plan divin o√Ļ sont inscrits les noms des h√©ritiers du salut : le livre de vie. Mais il n'est pas fait mention ici du second.

      11

      Je contemplais... Ce redoublement d'attention est expliqué par la phrase suivante : à cause du bruit, etc. Il est bien remarquable que, quoique le tribunal soit déjà assis, la bête continue néanmoins à proférer des paroles orgueilleuses.

      La répétition du mot : je contemplais, et l'expression jusqu'à ce que, indiquent que cet état de chose, se prolongea un certain temps. Cette co-existence du tribunal et de la quatrième bête est un trait qu'il ne faut pas négliger. On voit que les faits ici énumérés ne sont pas absolument successifs, mais qu'ils se développent simultanément.

      L'animal fut tu√©, etc. Comparez 2.35, o√Ļ la m√™me destruction est d√©crite sous une autre image.

      12

      Mention rétrospective de la fin des trois premières bêtes.

      Quant au reste des b√™tes. A l'occasion de la destruction de la quatri√®me b√™te, le proph√®te revient sur la disparition des trois pr√©c√©dentes. Il n'avait √©t√© parl√© d'aucun jugement √† l'√©gard de ces derni√®res¬†; il n'avait point √©t√© dit que la suivante e√Ľt d√©vor√© chaque fois la pr√©c√©dente, ni que Dieu f√Ľt intervenu pour les d√©truire¬†; elles avaient simplement √©puis√© le temps qui leur avait √©t√© donn√© √† chacune pour r√©gner : Leur vie avait √©t√© fix√©e jusqu'√† un temps et un moment. Ce terme d√©termin√©. de Dieu une fois atteint, elles avaient disparu. Il en est tout autrement de la quatri√®me qui avait tout envahi. Par la r√©volte ouverte de la petite corne contre l'Eternel, elle attire sur elle un jugement de destruction proprement dit et avec son extermination dispara√ģt toute puissance terrestre en g√©n√©ral, pour faire place au r√®gne divin. Comparez 2.35,45.

      13

      13 et 14 L'empire éternel donné par Dieu à un fils d'homme.

      Je contemplais dans les visions de la nuit. Cette formule repara√ģt ici pour la troisi√®me fois (versets 2 et 7). C'est comme le troisi√®me acte de la vision. Le premier se rapporte √† l'apparition des trois premi√®res b√™tes, le second √† la quatri√®me b√™te et √† son jugement, le troisi√®me √† l'av√®nement du r√®gne messianique. Chacun de ces morceaux commence par la m√™me formule.

      Venant sur les nu√©es. Ce nouveau personnage vient du ciel. Mais la sc√®ne du jugement se passe sur la terre ou au-dessus de la terre. Comparez l'image de la petite pierre qui se d√©tache du haut de la montagne et roule dans la plaine (2.45). Le cort√®ge de nu√©es est dans l'Ancien Testament le privil√®ge exclusif de Dieu¬†; comparez Esa√Įe 14.14¬†; 19.1¬†; Psaumes 18.10-19¬†; 97.2-4¬†; Nahum 1.3.

      Comme un fils d'homme. Le mot fils d'homme est synonyme de membre de la race humaine, ou d'homme simplement. Comparez 8.17 ; 10.16 ; Psaumes 8.5 ; Ezéchiel 2.1. Il est opposé ici à la fois à Dieu, à ange, et à bête. L'expression comme un fils d'homme est donc équivalente à : ayant une forme humaine, sans que ce terme affirme ou nie que celui auquel il s'applique possède l'humanité. Mais ce qui surprend Daniel, c'est qu'un être venant sur les nuées, comme Dieu, ait l'apparence simplement humaine et non pas un aspect divin, comme la figure contemplée par Ezéchiel, chapitre 1.

      Celui qui s'approche n'est pas d√©sign√© plus sp√©cialement, mais il est impossible de voir en lui un autre personnage que le Messie. Seulement ce qui para√ģt √©trange, c'est que dans l'explication de la vision, il ne soit plus fait mention de ce fils d'homme, mais seulement du peuple des saints auquel est donn√©e la royaut√© (verset 27.) C'est l√† la raison pour laquelle plusieurs ont cru devoir identifier le fils d'homme avec le peuple des saints, comme si ce dernier √©tait ici repr√©sent√© collectivement et personnifi√© dans le fils d'homme. C'est la m√™me th√©orie qui consiste √† faire du peuple d'Isra√ęl le serviteur de l'Eternel (Esa√Įe 42.1). Nous avons combattu cette id√©e √† l'√©gard de ce dernier passage (voir la note)¬†; nous devons aussi la repousser ici. En effet, le peuple des saints appara√ģt comme combattant sur la terre (verset 25), avant la venue de ce fils d'homme sur les nu√©es, comme √™tre c√©leste. Ce sont donc deux √™tres distincts. Sans doute le peuple d'Isra√ęl est appel√© aussi Messie ou oint (Psaumes 84.10¬†; 89.39), mais ce ne saurait √™tre √† l'exclusion de son Messie, le chef de l'Isra√ęl spirituel. Aussi J√©sus s'est-il attribu√© sp√©cialement ce titre de fils d'homme (Matthieu 8.20¬†; 24.30¬†; 26.64, etc.).

      Le sens de cet emblème, comparé aux précédents, est manifeste. Par leur brutalité, les quatre bêtes représentaient sous divers aspects la tyrannique dureté des pouvoirs terrestres qui se soumettent les hommes par la force. La figure humaine de celui qui inaugure le règne de Dieu, révèle l'esprit de liberté et d'amour qui caractérisera, sous cette forme dernière, l'existence humaine arrivée à sa parfaite destination.

      On l'amena. Le sujet indéterminé peut être les nuées sur lesquelles il est porté, ou bien aussi les anges qui entourent son entrée sur la scène. L'étiquette orientale ne permet pas que l'on s'approche du souverain sans être introduit (2.25).

      14

      Il lui fut donné... Cet acte eut lieu sans doute par le fait que le Vieillard invita le nouveau venu à s'asseoir à sa droite (Psaumes 110.1 ; Marc 14.62 ; Ephésiens 1.20-21) et l'installa ainsi dans la charge de souverain et de juge du monde.

      Peuples, nations et langues. Comparez 3.4,29, etc.

      Une domination éternelle. Comparez les formules semblables appliquées à Dieu, 3.26 ; 4.34 ; 6.26, et Luc 1.33. C'est Dieu qui règne et juge par lui.

      Le fait contemplé prophétiquement par Daniel dans ces deux versets (13 et 14) est évidemment la venue du Christ dont les prophètes avaient si souvent parlé avant lui. Mais il faut observer qu'ici, comme souvent dans les tableaux prophétiques, la première venue du Sauveur pour l'établissement du règne messianique se confond avec sa seconde venue pour la consommation de ce règne. Il en est ici de l'établissement du règne comme il en est ailleurs de l'accomplissement du jugement. Ce qui est longuement préparé et ne se consomme que graduellement dans l'histoire du monde, est décrit sommairement comme s'accomplissant en une fois. Cependant la prophétie renferme un indice de la présence du royaume divin sur la terre avant le jugement final ici décrit. C'est la guerre que la quatrième bête fait aux saints (verset 21).

      15

      15 à 18 Explication générale de la vision.

      Le tableau des choses futures a disparu, mais l'état de vision continue jusqu'à la fin du chapitre.

      Moi, Daniel : nouvelle signature, au début d'une nouvelle partie du récit, donnée, ainsi que la première du verset 2, à cause de l'importance de la vision.

      Il fut troublé. Le trouble de Daniel ne provient pas du caractère mystérieux de la vision (verset 28), mais des souffrances des saints (verset 21) qu'il a contemplées.

      Au-dedans de moi ; littéralement, dans le fourreau. L'esprit est dans le corps comme un glaive dans son fourreau qu'il use en s'agitant.

      16

      L'un de ceux qui étaient debout ; un des anges (verset 10).

      Quelque chose de certain : l'explication authentique, conforme √† la pens√©e de Dieu¬†; √† l'exclusion des propres suppositions auxquelles il e√Ľt pu se livrer.

      17

      Quatre rois : en style prophétique, non des individus, mais des royaumes ; Comparez verset 23.

      S'√©l√®veront. Sans doute la premi√®re monarchie existe d√©j√† au moment o√Ļ l'ange parle √† Daniel¬†; elle est m√™me pr√®s de son d√©clin¬†; mais ce temps futur du verbe est motiv√© par la r√©union de cette premi√®re puissance avec les trois autres qui sont encore √† venir.

      De la terre ; comparez verset 2, note.

      18

      Les saints du Tr√®s-Haut. Ce terme d√©signe tout le peuple messianique √† ce moment-l√†, tel qu'il est d√©crit dans les proph√®tes ant√©rieurs, comme comprenant l'Isra√ęl fid√®le et ceux des Gentils que l'Eternel aura appel√©s √† se joindre √† lui.

      Il ressort des versets 13 et 14 que leur domination s'exercera sous le sceptre de leur roi, le fils d'homme.

      19

      19 à 27 Explication particulière sur la quatrième bête et le règne du fils d'homme.

      Les versets 19 à 22 ne sont pas une reprise de la vision, comme si elle recommençait sous les yeux du prophète. C'est le prophète lui-même qui expose et répète à l'ange tout ce qu'il vient de voir, en insistant sur certains points non mentionnés encore.

      Des griffes d'airain : détail nouveau.

      20

      Plus grande que ses compagnes : trait nouveau également.

      21

      J'ai contempl√©... Le fait ici mentionn√© avait vivement frapp√© et √©mu le proph√®te, quoiqu'il n'e√Ľt pas √©t√© mentionn√© dans la vision m√™me (versets 7 et 8). Cet antagonisme de la b√™te et des saints est sans doute dans cette vision le trait correspondant √† la semence d'homme, dans le chapitre 2. Le caract√®re inassimilable de l'argile avec le fer dans les jambes et les pieds de la statue, est appliqu√© l√† √† la pr√©sence d'une race d'hommes qui ne peut se confondre avec la masse de la population¬†; c'est ce m√™me caract√®re qui se retrouve ici dans le peuple que combat la b√™te dans son propre sein. Elle a tout englob√©, mais c'est l√† un √©l√©ment obstin√©ment r√©sistant.

      Et l'emportait sur eux. Voilà sans doute ce qui causait l'angoisse de Daniel (verset 15).

      22

      Jusqu'à ce que le vieillard vint :... sur la terre. Comparez verset 9, note.

      Le jugement fut donn√© aux saints. La traduction : justice fut rendue, qui est grammaticalement possible, est moins naturelle. Ce trait fait comprendre pourquoi des tr√īnes avaient √©t√© plac√©s. J√©sus et les ap√ītres enseignent que les saints jugeront le monde (Matthieu 19.28). Ce qui n'emp√™che pas que, comme le jugement s'accomplit au nom et par l'esprit du Christ, celui-ci ne soit d√©sign√© comme le seul juge, Jean 5.27, et cela parce qu'il est fils d'homme¬†; comparez Actes 10.42¬†; 17.31, etc.

      23

      Comparez verset 7.

      24

      Comparez verset 8.

      25

      Contre le Tr√®s-Haut¬†; l'expression sienifie : en se mettant √† c√īt√© du Tr√®s-Haut. C'est apparemment √† ces discours que se rapporte la description de saint Paul : 2Thessaloniciens 2.4. Comparez Apocalypse 13.5.

      C'est √©galement un empi√©tement sur les attributions divines que commet le roi en se proposant de changer les temps et la loi que Dieu a √©tablis. Les temps et la loi d√©signent les ordonnances du peuple messianique √† ce moment. 4.4, o√Ļ il s'agit de l'abolition momentan√©e du sacrifice perp√©tuel et de la profanation du sanctuaire, l'application √† Antiochus, le pers√©cuteur de la nation juive, est √©vidente, mais les termes ne sont pas les m√™mes qu'ici.

      Jusqu'√† un temps, des temps et une moiti√© de temps¬†; comparez 12.7. Le terme de temps d√©signe une p√©riode dont la longueur n'est pas d√©termin√©e (comparez 4.16, note). Ce peut √™tre une semaine, un mois, une ann√©e, ou tout autre espace de temps. Fixer la dur√©e d'un temps √† une ann√©e de 360 ou 365 jours, ou bien √† une ann√©e d'ann√©es, √† un espace de 360 ou 365 ans, ainsi que le font beaucoup d'interpr√®tes, est enti√®rement arbitraire. On a trouv√© dans cette indication une preuve de la composition du livre de Daniel sous les Maccab√©es, en ce sens que la pers√©cution d'Antiochus a dur√© trois ans et demi. Mais, ind√©pendamment des raisons que nous avons expos√©es, cette supposition soul√®ve de tr√®s grandes difficult√©s que nous examinerons dans la conclusion. Les id√©es que nous para√ģt renfermer cette mani√®re de diviser la dur√©e totale de la pers√©cution en un temps, des temps et une moiti√© de temps, sont les suivantes :

      1. Cette durée a été à l'avance mesurée et partagée par Dieu lui-même.
      2. Elle se divisera en trois p√©riodes. Dans la premi√®re, repr√©sent√©e par l'unit√© (un temps), la puissance du pers√©cuteur s'√©tablira. Dans la seconde, d√©sign√©e par la pluralit√© (des temps), elle se maintiendra et se d√©veloppera¬†; enfin, dans la troisi√®me, repr√©sent√©e par la moiti√©, il arrivera qu'au moment m√™me o√Ļ elle s√©vira en son plein et semblera devoir durer √† toujours, elle sera brusquement bris√©e par la main de Dieu.
      3. L'intention symbolique de cette expression ressort encore plus clairement si nous admettons que par le second des termes, des temps, il faut entendre, deux temps. Le chiffre deux représente en effet la plus simple des pluralités, et du livre de Daniel lui-même il ressort que c'est bien là le sens de l'expression : des temps ; comparez les 1290 jours ou 3 trois ans et demi : 12.11. C'est à quoi reviennent aussi les 42 mois : Apocalypse 11.2 ; 13.5. La somme ainsi obtenue par l'addition des trois termes est précisément la moitié du chiffre qui représente une totalité complète : sept (3.19 ; 4.16). Une calamité qui durerait sept ans serait une calamité absolue, dans laquelle le persécuteur triompherait définitivement et dont nul n'échapperait (Matthieu 24.22), tandis qu'une calamité qui dure trois temps et demi, est une calamité dont l'auteur ne réussira qu'à moitié dans ses projets, et à laquelle met subitement fin une intervention divine qui fait que les fidèles peuvent échapper. Telle nous parait être la portée de cette expression symbolique. C'est en raison de ce sens que la sécheresse qui eut lieu du temps d'Elie est estimée, dans le Nouveau Testament, à trois ans et demi (Luc 4.25 et suivants ; Jacques 5.17), quoique, d'après le livre des Rois, la pluie soit déjà revenue la troisième année (1Rois 18.1). C'est là ce qui fait aussi que, dans l'Apocalypse, la durée de toute espèce de temps de deuil et de calamité, est ramenée a ce même total de trois et demi, soit sous la forme de trois et demi jours (Apocalypse 11.11) ; ou bien aussi sous celle de quarante-deux mois, soit 3 fois 12 et 6 mois (Apocalypse 11.2 ; 13.5) ; ou bien enfin sous celle de 1260 jours soit 3 fois 360 jours et 180 jours (Apocalypse 11.3 ; 12.6).

      26

      Comparez versets 9 à 11.

      27

      Comparez versets 13 et 14.

      Son règne est un règne éternel, etc. Cette formule, appliquée successivement à Dieu, puis au fils d'homme (voir verset 14, note), l'est ici au peuple des saints. De même que Dieu règne par le fils d'homme, celui-ci règne par le peuple des saints.

      28

      Conclusion.

      Voilà la fin. Daniel ne veut rien ajouter à la révélation qui lui a été faite ; il se borne à la transmettre fidèlement (comparez verset 2, note), et appose ici son sceau, pour ainsi dire.

      M'effrayaient. Comparez 8.27.

      Resta dans mon cŇďur. Comparez Luc 2.19.

      Remarques sur les chapitres 2 et 7.

      Nous concluons de l'étude des visions contenues dans ces deux chapitres :

      • Qu'entre les quatre Etats sortis des conqu√™tes grecques et la fin de l'√©conomie pr√©sente, le proph√®te a contempl√© une derni√®re monarchie, sup√©rieure en force et en √©tendue √† toutes les pr√©c√©dentes¬†; qu'il a vu cette monarchie se diviser, comme la pr√©c√©dente, en une multiplicit√© d'Etats, mais plus consid√©rable encore (dix au lieu de quatre)
      • qu'il a vu le royaume messianique appara√ģtre au temps de cette monarchie sous la forme la plus modeste (une petite pierre)
      • qu'il a vu le pouvoir dans lequel se concentre toute la puissance de la quatri√®me monarchie (la petite corne), lutter contre une partie de ses membres qui poss√®dent une nature diff√©rente et sup√©rieure (les saints du Tr√®s-Haut, la semence d'homme) et s'efforcer en vain de s'assimiler cette race
      • qu'il a vu cette lutte aboutir √† une r√©volte ouverte contre Dieu m√™me
      • qu'il a contempl√© premi√®rement, la destruction de ce pouvoir hostile √† Dieu, et de la puissance terrestre en g√©n√©ral (la petite pierre frappant les pieds de la statue, le vieillard et les saints jugeant la b√™te), et deuxi√®mement la substitution d√©finitive du r√®gne de Dieu (dans la personne du fils d'homme et des saints) aux empires humains.

      Nous demandons si un autre regard qu'un regard proph√©tique a pu avoir de telles intuitions, non pas seulement √† l'√©poque o√Ļ Daniel a v√©cu, mais m√™me √† celle des Maccab√©es¬†? Admettons, en effet, pour un instant, que celui qui d√©crit ces choses et qui a cru en leur accomplissement, n'est pas le proph√®te Daniel recevant une vision divine la premi√®re ann√©e de Belsatsar¬†; supposons, avec plusieurs repr√©sentants de la critique moderne, un Juif quelconque empruntant le nom de Daniel, au temps d'Antiochus, et √©crivant ces pages dans le but d'affermir son peuple en lutte avec le roi pers√©cuteur. Pour pr√©voir, comme il le fait, l'√©l√©vation extraordinaire de la puissance suivante, cet anonyme a d√Ľ poss√©der un singulier don de pr√©vision politique. Mais ce qu'il faudrait plus admirer encore que la profondeur de ses vues qui lui fait soulever le voile de l'avenir, ce serait l'√©l√©vation extraordinaire de sa pens√©e. Il abandonnerait en effet totalement l'int√©r√™t pressant du temps actuel pour se jeter dans une contemplation humanitaire qui n'aurait plus aucune relation directe avec la situation de son peuple opprim√©. Et quelle contradiction enfin entre le caract√®re de ce faussaire et cet √©tonnant amour de la v√©rit√© qui le pousserait, pour consoler son peuple de la pers√©cution pr√©sente, √† lui en annoncer une dans l'avenir, plus √©pouvantable encore¬†!

      L'hypoth√®se de la composition de ces chapitres sous les Maccab√©es soul√®ve donc des objections insurmontables, et nous nous voyons conduits, par l'√©tude consciencieuse et impartiale du texte, √† reconna√ģtre avec l'Eglise de tous les temps que ces visions des chapitres 2 et 7 ne peuvent √™tre que de vraies r√©v√©lations proph√©tiques destin√©es √† orienter le peuple de Dieu sur son avenir et celui du monde, dans le but d'assurer sa fid√©lit√© √† travers toutes les crises de son histoire.

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