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Galates 4

    • 1 Chapitre 4.

      1 à 11 Comment d'esclave l'héritier est devenu enfant de Dieu, et ne saurait retourner sous le joug.

      Ce je dis se rapporte √† la fois √† ce qui pr√©c√®de (Galates 3.23-25) et aux d√©veloppements qui vont suivre. C'est, en effet, la pens√©e de la fin du chapitre Galates 3 que l'ap√ītre reprend ici, et qu'il d√©veloppe par une image nouvelle, (versets 1-3) afin d'opposer √† l'√©tat de l'homme sous la loi la pl√©nitude des gr√Ęces de Dieu, qui sont notre partage depuis la venue du Sauveur. (verset 4 et suivants)

      2 Ce second verset explique comment l'héritier, tant qu'il est mineur, ne diffère en rien de l'esclave : il n'a point sa liberté, ni la jouissance et l'administration des biens dont il est pourtant le seigneur par sa naissance.

      Le moment de sa majorité est ici représenté comme dépendant uniquement de la volonté du père, ce qui était alors et est aujourd'hui encore le cas en divers pays. Ce détail anticipe sur la pensée exprimée à verset 4 "l'accomplissement des temps" était marqué et fixé par la souveraine volonté de Dieu.

      3 Application de l'image employée à versets 1,2. Paul considère tout ce qui a précédé l'Evangile et la vie chrétienne comme un état d'enfance.

      On s'attendait √† ce qu'il indiquerait la loi et ses prescriptions sans nombre comme ayant tenu lieu, sous l'ancienne alliance, des "tuteurs et administrateurs¬†;" (verset 2) c'est ce qu'il a fait ci-dessus. (Galates 3.23-25) Au lieu de cela, il nomme les rudiments ou plut√īt les √©l√©ments du monde.

      Ce mot qui ne se retrouve que dans Colossiens 2.8,20, et ci-dessous, verset 9 (avec des épithètes différentes), a été expliqué de diverses manières.

      Le terme d'éléments, en grec comme dans notre langue, a une double signification : appliqué aux objets de la nature, il désigne les parties premières et constitutives d'une chose ; dans un ordre plus élevé, l'art, la science, la religion, il en indique les premiers principes.

      Si l'on prend ici ce mot dans le premier sens, il faudrait entendre les forces de la création, la nature avec ses lois ; dans le second sens, il s'agirait des premiers principes de la connaissance religieuse, de la loi avec toutes les minutieuses prescriptions dont elle était entourée.

      On n'h√©siterait pas √† comprendre ainsi ces paroles, si l'ap√ītre ne d√©signait ces √©l√©ments comme des √©l√©ments du monde, terme qui ne para√ģt gu√®re pouvoir s'appliquer aux prescriptions de la loi mosa√Įque, ni au peuple juif seul, ni √† toute notre humanit√©, ainsi qu'on l'a pr√©tendu.

      D'un autre c√īt√©, si Paul avait en vue seulement des pa√Įens, dont toute la religion n'√©tait qu'un naturalisme divinis√© ou l'adoration de la nature sous mille formes diverses, on pourrait s'arr√™ter au premier sens que nous avons donn√© au mot monde¬†; mais √©videmment il parle surtout ici des Juifs et de leur √©tat de servitude sous la loi¬†; quelle peut donc √™tre sa pens√©e¬†? La voici, et elle r√©unit les deux significations du terme¬†: tous les hommes sont asservis aux forces brutes de la nature aussi longtemps qu'ils ne connaissent pas le Dieu qui est esprit, et qui veut √™tre ador√© en esprit et en v√©rit√©.

      L'homme, originairement destin√© √† dominer la nature, en est devenu l'esclave par le p√©ch√©, et tout culte qu'il rend √† Dieu se ressent de cet esclavage. Dieu, en donnant aux Juifs des prescriptions l√©gales, symboliques, qui √©taient relatives √† la vie naturelle (lois sur le manger, le boire, les temps, les saisons, les jours, (verset 10) les purifications, etc.), leur avait en m√™me temps fourni assez de lumi√®res pour qu'ils comprissent le sens spirituel de ces ordonnances, en les interpr√©tant comme des symboles, en s'√©levant du visible √† l'invisible, du corps √† l'√Ęme.

      Tel √©tait en particulier le but constant de la pr√©dication des proph√®tes. Mais, √† l'exception d'un petit nombre d'hommes vraiment pieux et √©clair√©s, ce peuple, par un effet de son aveuglement charnel, resta constamment attach√© au sens mat√©riel des prescriptions¬†; il prit le moyen pour la fin¬†; son culte d√®s lors retomba dans un naturalisme presque pa√Įen, et ainsi, au lieu de s'√©lever par degr√©s, selon l'intention de Dieu, vers la libert√© et l'adoration spirituelles, il resta dans la servitude des √©l√©ments du monde.

      Voil√† pourquoi l'ap√ītre appelle ces √©l√©ments faibles et pauvres¬†; (verset 9) ils ne sauraient par eux-m√™mes communiquer √† l'√Ęme ni force, ni vie, ni paix. (Comparer Colossiens 2.20) C'est √† ces rudiments que les faux docteurs voulaient ramener les chr√©tiens de Galatie, d√©j√† en possession de cet Evangile spirituel, √©ternel, qui porte tous les caract√®res d'une Ňďuvre du Dieu vivant. (versets 4,5)

      4 Grec : "Mais lorsque vint la plénitude ou l'accomplissement du temps"

      Terme tr√®s important √† remarquer, par lequel l'ap√ītre signale l'√©poque pr√©cise choisie par la sagesse de Dieu pour envoyer son Fils. Il ne pouvait le faire qu'apr√®s une longue pr√©paration du peuple juif et des nations pa√Įennes.

      Cette pr√©paration eut lieu pour le premier par les r√©v√©lations divines, par les promesses, par la loi, par toutes les institutions mosa√Įques¬†; elle eut lieu pour les secondes par le d√©veloppement de la civilisation, par les efforts impuissants de la philosophie, par les dispensations de Dieu et les exp√©riences des peuples, convaincus enfin qu'ils ne pouvaient parvenir par euxm√™mes ni √† conna√ģtre Dieu, ni √† s'affranchir de la servitude du p√©ch√©. A tous √©gards, les temps √©taient accomplis quand Christ parut.

      5 Le Fils de Dieu, n√© de femme, terme qui indique sa parfaite humanit√©, (Job 14.1) a d√Ľ √™tre en toutes choses semblable √† ses fr√®res. Il a d√Ľ m√™me na√ģtre et vivre sous la loi, en porter le joug, l'accomplir parfaitement, par une ob√©issance dont le dernier acte a √©t√© sa mort sur le Calvaire. Et tout cela afin de racheter ceux qui avaient viol√© cette loi, (Galates 3.13) et de les √©lever √† la condition glorieuse d'enfants de Dieu, caract√©ris√©e ici par le terme d'adoption. (Romains 8.15, note.)

      D√®s ce moment, Juifs et pa√Įens jouissent par la foi d'une double libert√©¬†: comme majeurs, ils ne sont plus sous la tutelle des "√©l√©ments du monde," et ils adorent Dieu leur P√®re en esprit et en v√©rit√©¬†; la loi ne se dresse plus devant eux avec ses menaces et ses condamnations¬†; mais rev√™tus de la justice de Christ, rendus agr√©ables √† Dieu en son Fils bien-aim√©, ils re√ßoivent la force d'accomplir la loi avec une filiale ob√©issance, dans laquelle ils trouvent le bonheur au lieu de l'esclavage.

      6 Voir Romains 8.15, note.

      Ces fils de Dieu sont revêtus de tous les privilèges et de l'Esprit même du Fils de Dieu, par lequel ils invoquent Dieu comme leur Père !

      7 Voir Romains 8.17, note.

      Ici diverses variantes.

      Le texte reçu : héritier de Dieu par Christ ; d'autres : héritier par Christ ou encore par JésusChrist ; quelques-uns : héritier de Dieu, cohéritier de Christ (copié de Romains 8.17) ; un seul : héritier tout court.

      La le√ßon de notre texte est la plus autoris√©e. Elle correspond √©videmment aux derniers mots de verset 2, qui attribuent au p√®re la d√©termination du moment o√Ļ il met son fils en possession de ses biens.

      Ces paroles s'adressent aux Galates, n√©s pour la plupart dans le paganisme, comme le prouve verset 8. Il y a d'autant plus de force dans le reproche que leur fait l'ap√ītre, (versets 9-11) de vouloir retourner sous le joug de la servitude. Pour donner encore plus de pr√©cision √† ses paroles, il les adresse √† ses lecteurs individuellement en employant tout √† coup ce pronom au singulier¬†: tu n'es plus esclave...

      8 Point de vrais dieux. "Quand vous les serviez ne connaissant point Dieu, vous étiez en quelque degré excusables, mais maintenant !" (verset 9)
      9 Ici l'ap√ītre se corrige, se reprend, en quelque sorte, pour donner √† sa pens√©e plus de force¬†: Nous ne connaissons Dieu r√©ellement que lorsque nous avons √©t√© connus de lui, ce qui implique de sa part l'amour, l'adoption. (Comparer 1Corinthiens 8.1-3, note¬†; Jean 10.14,15)

      Paul ajoute beaucoup par l√† √† son argument¬†: ce n'est pas l'homme qui pr√©vient Dieu et qui le choisit, mais l'inverse. (Romains 8.28,29¬†; Esa√Įe 65.1¬†; Jean 15.16) Or, la pens√©e de cette libre gr√Ęce de Dieu, par laquelle seule l'homme a connu Dieu, devait humilier plus encore les Galates d'avoir pu se laisser entra√ģner de nouveau sous le joug des faibles et pauvres √©l√©ments du monde.

      10 Voir sur ces √©l√©ments ou rudiments verset 3, note. Ici l'ap√ītre les rabaisse encore par ces √©pith√®tes¬†: faibles et pauvres, qu'il oppose √† la force et √† la richesse de l'Esprit Puis il cite l'observation des diverses f√™tes isra√©lites comme exemple du joug l√©gal que les faux docteurs avaient impos√© aux Galates.

      Vous observez avec anxiété, (grec) avec un esprit servile, contraire à la liberté du chrétien : tel est le sens du verbe original.

      Ces jours sont les sabbats et autres f√™tes fix√©es par la loi, les mois sont les nouvelles lunes qui marquaient certaines solennit√©s¬†; les temps indiquent en g√©n√©ral les √©poques consacr√©es √† de grandes f√™tes, comme la P√Ęque¬†; (L√©vitique 23.4) les ann√©es d√©signent le retour d'autres solennit√©s, comme le grand jubil√©, l'ann√©e sabbatique.

      Imposer ces observances comme une obligation servile, y chercher en tout ou en partie sa justification devant Dieu, voil√† ce qui √©tait d√©roger √† la libre gr√Ęce de Dieu, et ce que l'ap√ītre censure avec tant de force.

      C'√©tait, √† la lettre, retomber sous les √©l√©ments du monde, puisque par l√† on faisait d√©pendre son ob√©issance et sa pi√©t√© du cours des astres et des saisons, objets du culte des pa√Įens eux-m√™mes. (verset 3, note.) Aussi Paul exprime-t-il (verset 11) toute la crainte que lui inspiraient ces aberrations pour le r√©sultat de ses travaux parmi les Galates.

      12 12 √† 20 Vive et douloureuse effusion de cŇďur.

      Plusieurs entendent ces paroles comme 1Corinthiens 11.1 "Imitez-moi dans la libert√© chr√©tienne o√Ļ je suis, o√Ļ j'ai trouv√© l'assurance et la paix¬†!" Mais que signifie alors le second membre de la phrase¬†: car moi aussi je suis comme vous¬†? Paul veut dire, a-t-on r√©pondu, que, quoique n√© juif, il s'est d√©pouill√© de tout pr√©jug√© pour recevoir le salut tel qu'il l'annon√ßait aux pa√Įens. Ce sens est tr√®s admissible, d'autant plus que l'on peut traduire ainsi¬†: Devenez comme moi, car moi aussi je suis devenu comme vous, comme si j'√©tais sans loi. (1Corinthiens 9.21)

      Mais on peut voir aussi dans ces paroles simplement l'expression de l'affectueuse communion d'esprit dans laquelle l'ap√ītre d√©sire rester avec les Galates, malgr√© les reproches qu'il leur adresse¬†: "Mettez-vous √† ma place et comprenez-moi¬†; car moi aussi je me mets √† la votre, vos int√©r√™ts spirituels sont les miens." Tel serait le d√©but de l'appel path√©tique, effusion de sa profonde tendresse, par lequel Paul va tenter de ramener les Galates. (versets 12-20)

      Si les raisons scripturaires qu'il a d√©velopp√©es jusqu'ici n'avaient pas convaincu l'esprit de ses lecteurs, son amour du moins touchera leur cŇďur par le souvenir des rapports intimes que Dieu avait form√©s entre eux et lui lorsqu'il leur pr√™cha l'Evangile, et dans lesquels ils s'√©taient sentis si heureux. Apr√®s avoir ainsi donn√© essor aux sentiments dont son cŇďur est rempli, il reprend la suite de son exposition et couronne sa d√©monstration par une all√©gorie emprunt√©e √† l'histoire des patriarches. (verset 21 et suivants)

      "C'est ainsi qu'il apprend aux pasteurs qu'ils doivent avoir un cŇďur de p√®re et de m√®re, non pour les loups ravissants, mais pour les pauvres brebis s√©duites et √©gar√©es, supportant leur faiblesse et les traitant avec la plus grande douceur." Luther.

      Ce mot si humble, si affectueux, ne doit se joindre ni à la phrase qui précède, ni à celle qui suit, mais former une pensée indépendante : "Je ne veux pas seulement reprendre, enseigner, je n'ordonne point, je vous prie !"

      "Ne croyez donc pas que ce soit par aucun sentiment personnel que je vous parle d'une mani√®re si s√©v√®re. Je me rappelle bien plut√īt avec √©motion les t√©moignages de votre attachement." (verset 14)

      14 On peut traduire aussi¬†: "C'est √† cause d'une infirmit√© de la chair que je vous ai annonc√© l'Evangile," l'ap√ītre aurait √©t√© retenu par une maladie chez les Galates et amen√© ainsi √† leur annoncer l'Evangile.

      Une variante autoris√©e fait dire √† Paul¬†: (verset 14) "l'√©preuve que vous avez eu √† souffrir dans ma chair, vous ne l'avez pas m√©pris√©e ni rejet√©e avec d√©go√Ľt¬†!" On voit par ces paroles, et par d'autres semblables, (1Corinthiens 2.3¬†; 2Corinthiens 12.7) que Paul avait √† souffrir de quelque infirmit√© corporelle qui rendait son ext√©rieur m√©prisable aux yeux du monde.

      Mais telle avait √©t√© parmi les Galates la puissance de sa parole, accompagn√©e de l'Esprit de Dieu, qu'ils n'avaient pas tard√© √† reconna√ģtre dans cet homme infirme l'envoy√© de Dieu (tel est le sens du mot ange), le repr√©sentant de J√©sus-Christ lui-m√™me.

      15 Grec¬†: "L'expression de votre bonheur." Ce bonheur que vous exprimiez vous-m√™mes, d'o√Ļ venait-il¬†? de la servitude de la loi, ou de l'assurance de votre salut par pure gr√Ęce¬†?

      - Selon une variante, il faudrait traduire¬†: "O√Ļ est maintenant votre bonheur¬†?" (Vous l'avez perdu depuis qu'on vous a remis sous le joug de la servitude.) Quoique cette variante ne soit pas suffisamment autoris√©e, ce sens serait bien en harmonie avec les paroles qui suivent et qui motivent (car) l'id√©e du bonheur des Galates, mais comme une chose qui n'est plus. (verset 16)

      Luther traduit : "Que vous étiez heureux alors !"

      Vous m'auriez témoigné votre amour par les plus douloureux sacrifices.

      16 Grec : "En étant vrai envers vous," comme Ephésiens 4.15. La charité en Dieu lui-même est inséparable de la vérité ; (Jean 1.14, note) quiconque hait ceux qui lui disent la vérité, doit songer que cette haine remonte jusqu'à Dieu. Quel contraste avec le verset qui précède ! Et ce contraste ressort plus encore de la traduction littérale.

      Paul dit¬†: Vous m'aimiez ainsi, (verset 15) et il ajoute (grec)¬†: en sorte que je suis devenu votre ennemi¬†; vous me ha√Įssez, et cela parce que je vous ai dit la v√©rit√©¬†! Double contraste exprim√© par une ironie pleine de tristesse.

      17 Paul en disant : "Suis-je devenu votre ennemi ?" reporte naturellement sa pensée sur les faux docteurs qui en sont la cause, et dont il parle sans les nommer.

      L'expression grecque, z√©ler quelqu'un, signifie le poursuivre pour le gagner, √™tre jaloux de lui. Voil√† ce qu'√©taient les faux docteurs pour les Galates¬†; mais ce z√®le n'√©tait pas pur, il avait un motif cach√© que l'ap√ītre d√©voile¬†; tandis qu'il √©tait, lui, jaloux des √Ęmes pour les pr√©senter √† Christ, (2Corinthiens 11.2) ceux-l√† l'√©taient pour les attirer √† eux, √† leur parti, et c'est l√† le vrai signe de l'esprit d'erreur et de secte.

      Pour cela, il fallait d√©tacher les Galates de l'ap√ītre. Grec¬†: "Ils veulent vous exclure," ou, selon une variante, nous exclure¬†; en tous cas, vous s√©parer de moi, et par l√† m√™me de la communion de l'Eglise, "afin que vous soyez z√©l√©s pour eux."

      18 L'ap√ītre jette un regard plein de tristesse sur le temps de leur amour pour lui, et fait ressortir le contraste entre ce faux z√®le dont il vient de parler et le vrai z√®le auquel il exhorte ses lecteurs.

      D'autres traduisent : "Il est bon d'être l'objet du zèle (d'autrui) dans ce qui est bien," mais cela s'accorde moins bien avec les mots suivants.

      19 Ces paroles sont un vrai cri de tendresse et de profonde douleur. Nos versions l'affaiblissent en l'unissant au verset suivant malgr√© le texte original. Une premi√®re fois Paul avait enfant√© ces √Ęmes √† Christ par la puissance de l'Evangile, et maintenant son travail devait recommencer avec douleur, et il n'aurait de repos que lorsque le nouvel homme, Christ en eux, serait form√© de nouveau. Avec un tel amour des √Ęmes, on comprend tous les prodiges de l'Evangile dans le monde aux temps apostoliques.

      On se demande souvent pourquoi la prédication ne produit plus les mêmes effets ; à cela, il n'y a qu'une réponse : nous manquons de cet amour ! Aujourd'hui, comme alors, il triompherait du monde entier.

      20 Encore un vŇďu de son cŇďur, tendrement exprim√©, et qui trahit son vif amour des √Ęmes.

      Il voudrait être présent au milieu d'eux, et cela afin de changer de langage, employer la douceur au lieu de la sévérité, selon les dispositions qu'il observerait en eux.

      D'autres, se fondant sur le terme original qui porte "changer ma voix," pensent que le regret de l'ap√ītre est surtout de ne pouvoir pas parler de vive voix, ce qui lui permettrait de mettre dans son ton tous les sentiments qui remplissent son √Ęme, et cela, afin d'√™tre mieux compris ou d'approprier sa parole plus efficacement aux besoins de chacun.

      Qui ne conna√ģt l'immense diff√©rence qu'il y a entre une parole dite et une parole √©crite¬†? La raison de cet ardent d√©sir de l'ap√ītre, c'est que, gr√Ęce √† ce profond amour dont il donne tant de preuves, il est en perplexit√©, plein d'inqui√©tude √† leur sujet.

      21 21 à 31 Allégorie des deux alliances.

      L'ap√ītre reprend ici son argumentation interrompue √† verset 12. Il emploie le mot loi dans son sens le plus g√©n√©ral, appliqu√© √† tout l'A.T. Il est vrai que le fait de l'histoire sacr√©e qu'il va citer doit lui servir √† caract√©riser la loi proprement dite.

      22 voir Genèse 16.15 ; 21.2.
      23 Ou "par la promesse," (comparez Romains 9.8) c'est-à-dire par un acte de la puissance de Dieu qui accomplit sa promesse alors que, selon le cours de la nature, Abraham et Sara ne pouvaient plus avoir aucune espérance de voir cette promesse se réaliser.
      24 Grec : "Ces choses sont allégorisées," ont un sens profond renfermé sous les faits historiques.

      En effet, si l'on a pu dire de l'histoire profane, avec une entière vérité, que chaque événement porte en lui l'enseignement qui ressort de tout l'ensemble de l'histoire ; à plus forte raison en est-il ainsi dans l'histoire du règne de Dieu.

      Ce r√®gne se d√©veloppe graduellement, d'une mani√®re organique, sous la direction de Dieu, de sorte que les faits les moins importants en apparence refl√®tent les plus grands √©v√©nements ou plut√īt les renferment en germe, comme le ch√™ne majestueux fut pendant un temps cach√© dans le gland qui lui a donn√© naissance. (Comparer Matthieu 13.31,32)

      En un mot, tous les faits du r√®gne de Dieu sont √† la fois histoire et proph√©tie. Il est donc l√©gitime de rechercher dans les √Čcritures de l'A.T. ces grains de semence qui contenaient la riche moisson du N. T.¬†; mais il faut bien prendre garde √† la position qu'occupe dans l'ensemble de l'histoire chaque √©v√©nement particulier et ne jamais le d√©tacher de cette liaison naturelle et organique, qui seule en indique le sens.

      L'erreur de tant d'interpr√©tations all√©goriques vient de ce que, perdant de vue le cours g√©n√©ral de l'histoire, abandonnant le ferme terrain des faits, on a voulu rattacher ces interpr√©tations √† des ressemblances fortuites, √† des analogies arbitraires¬†; de sorte qu'au lieu d'expliquer l'histoire v√©ritable, on se cr√©e √† c√īt√© de celle-ci une histoire fantastique, et alors il n'y a plus de bornes aux aberrations de l'imagination. Telles √©taient les interpr√©tations all√©goriques fort en usage dans la litt√©rature juive au temps de Paul.

      En recourant √† l'all√©gorie, l'ap√ītre √©tait s√Ľr d'√™tre bien compris de ses premiers lecteurs. Mais peut-on dire qu'il ait √©vit√© tous les √©cueils du genre et ne soit pas tomb√© dans l'arbitraire en appliquant aux deux alliances l'exemple d'Agar et de Sara¬†? Ce rapprochement forc√© n'ajoute rien √† sa d√©monstration.

      Luther disait d√©j√†, avec un grand bon sens¬†: "Par le moyen des all√©gories on ne peut rien fonder ni rien prouver d'une mani√®re certaine¬†; mais elles servent √† orner, √† √©clairer, √† rendre plus intelligible une th√®se bien d√©montr√©e d'autre part. Si Paul n'avait pas commenc√© par √©tablir √† force d'arguments solides que nous ne sommes pas justifi√©s devant Dieu par les Ňďuvres de la loi, mais par la foi seule, il n'aurait rien prouv√© par cette all√©gorie. Mais apr√®s avoir fond√© cette v√©rit√© sur l'exp√©rience des croyants, sur l'exemple d'Abraham, sur les t√©moignages et les d√©clarations de la sainte √Čcriture, il ajoute finalement cette all√©gorie pour agr√©menter sa d√©monstration. Comme un tableau orne une maison qui a √©t√© auparavant b√Ętie sur de fermes assises et lui donne bonne apparence, ainsi l'all√©gorie embellit une solide argumentation."

      26 Paul voit dans Agar et Sara une image des deux alliances, ou des deux testaments, d'o√Ļ sont sortis deux peuples diff√©rents.

      D'une part, Agar, esclave, qui enfante, non selon la promesse, mais selon la chair, (versets 22,23) repr√©sente le Testament de Sina√Į qui ne produit en r√©alit√© que l'esclavage. (verset 24) Elle est ainsi semblable (Grec¬†: "du m√™me ordre, sur la m√™me ligne," elle correspond) √† la J√©rusalem d'√† pr√©sent, (verset 25) le centre th√©ocratique de ce peuple juif qui s'obstine √† vouloir rester dans la servitude de Sina√Į, en repoussant la libert√© de la gr√Ęce¬†; √† vouloir obtenir par la chair ce qui ne s'obtient que par la promesse. (Ces pens√©es, pr√©sent√©es sous une autre forme, reviennent √† ce qu'a √©tabli l'ap√ītre ci-dessus, Galates 3.15 et suivants¬†; verset 1 et suivants)

      D'un autre c√īt√©, Sara, la femme libre, de qui descendent les enfants de la promesse, repr√©sente le Testament de la gr√Ęce, la vraie Eglise de Dieu, la J√©rusalem d'en haut, qui est la m√®re des croyants, puisqu'ils sont n√©s de nouveau dans son sein, et par les moyens de gr√Ęce dont elle est d√©positaire. (Comparer¬†: H√©breux 8.5, note, et surtout H√©breux 12.24) Celle-ci est libre, (verset 26) puisqu'elle renferme tous ceux que le Fils a affranchis et rendus fils de Dieu, ses vrais h√©ritiers. (Galates 3.23 et suivants¬†; verset 5)

      Ainsi l'ap√ītre, voulant caract√©riser les diff√©rences des deux Testaments par des types historiques, met en contraste¬†: Agar et Sara, la chair et la promesse, l'esclavage et la libert√©¬†; et, dans le d√©veloppement de cette comparaison, une autre image s'offre √† lui pour rendre la m√™me pens√©e, et il oppose¬†: Sina√Į et la J√©rusalem terrestre √† la J√©rusalem d'en haut, ou √† la vraie Eglise de Dieu.

      Il faut seulement remarquer encore que la construction dans ces versets est rest√©e inachev√©e, comme il arrive souvent √† l'ap√ītre par le fait de la vivacit√© de son style. Il dit, verset 24 "l'une, du mont de Sina¬†;" ce qui faisait attendre, √† verset 26 "l'autre, la femme libre, repr√©sente la J√©rusalem d'en haut...¬†;" au lieu de cela il passe imm√©diatement au second point de comparaison¬†: "mais la J√©rusalem d'en haut est libre."

      - Jusqu'ici, ce passage ne pr√©sente de difficult√© qu'√† ceux qui veulent disputer sur la justesse de cette double all√©gorie, ce qui est toujours possible. Mais, tandis que ces images sont claires, telles qu'elles se trouvent √† versets 24,26, voici √† verset 25 une remarque incidente, qui, d'apr√®s la le√ßon du texte re√ßu, para√ģt √©tablir un rapport typique assez obscur entre le nom d'Agar et le nom de Sina√Į¬†; en effet on lit dans le texte re√ßu litt√©ralement traduit¬†: "l'Agar est le mont Sina en Arabie¬†;" il y a dans le grec, avant le mot Agar, un article neutre to qui semble ne pouvoir indiquer que onoma (le nom), et alors il faudrait traduire¬†: "le mot Agar signifie, en Arabie, Sina√Į."

      De l√†, une s√©rieuse difficult√©, car le nom d'Agar, en h√©breu, ne signifie pas Sina. On a bien trouv√© qu'en arabe Agar signifie un roc¬†; et comme il s'agit ici de l'Arabie, on a cru avoir rencontr√© la pens√©e de l'ap√ītre. Mais que prouverait cette fortuite co√Įncidence de la signification de deux noms¬†? Soit en h√©breu, soit en arabe, insister sur cette insignifiante rencontre serait un pauvre jeu de mots.

      D'autres, y compris Calvin, traduisent : "ce type Agar, représente Sina," mais cela est grammaticalement inadmissible.

      D'autres encore rendent ainsi la parenthèse : "ce qui a été dit d'Agar (to legomenon, au lieu de to onoma) signifie..."

      - Mais tout cela devient inutile par le simple fait que le mot Agar, dans ce verset, est très probablement une inadvertance ou une gauche correction de copiste. Plusieurs manuscrits anciens ne l'ont pas ; Bengel, Lachmann et d'autres critiques modernes le rejettent du texte.

      Voici d√®s lors le texte authentique que nous avons r√©tabli dans notre traduction¬†: "Car le mont Sina est en Arabie." Si l'on demande quel peut √™tre le but de cette observation g√©ographique sur le Sina√Į, la r√©ponse assez vraisemblable est que Paul voulait rappeler par l√† la patrie des descendants d'Isma√ęl, dont plusieurs tribus habitaient l'Arabie, et qui √©taient fr√©quemment nomm√©s "les enfants d'Agar." L'ap√ītre cherche √† compl√©ter ainsi et √† rendre plus frappant le parall√®le √©tabli dans tout ce passage entre Agar et Sina√Į.

      27 Esa√Įe 54.1, cit√© d'apr√®s les Septante, et presque en tout conforme √† l'h√©breu.

      - L'ap√ītre applique ici √† Agar et √† Sara, ainsi qu'√† leur post√©rit√© respective, l'une selon la chair, l'autre selon la promesse, les paroles du proph√®te, qui sont le commencement d'une magnifique description de l'√©tat prosp√®re du peuple de Dieu sous la nouvelle alliance.

      "Dans le passage proph√©tique, il n'est pas directement question de Sara (sinon comme un type historique)¬†; Esa√Įe s'adresse plut√īt √† la communaut√© des croyants, au v√©ritable Isra√ęl, auquel il promet un glorieux avenir. Mais Sara pouvait, √† bon droit, √™tre consid√©r√©e comme la m√®re de ce peuple de Dieu. Sa longue st√©rilit√©, suivie de la naissance d'Isaac, √©tait une juste image de la st√©rilit√© spirituelle du peuple d'Isra√ęl, suivie de la pl√©nitude de b√©n√©dictions qu'il devait recevoir en J√©sus-Christ." Olshausen.

      28 Application de ce qui précède. (Comparer Galates 3.16, note, et Romains 9.7,8)
      29 L'ap√ītre attribue ces deux naissances, l'une √† la chair, (verset 23) l'autre √† l'Esprit (au lieu de la promesse) c'est-√†-dire √† la puissance divine par laquelle Sara re√ßut la facult√© d'√™tre m√®re.

      - Quant √† la pers√©cution dont il est ici question, le terme para√ģt trop fort pour les faits rapport√©s dans la Gen√®se. (Gen√®se 16.4,12¬†; 21.9)

      Il est probable qu'en l'√©crivant l'ap√ītre √©tait sous la vive impression de ce rapprochement¬†: il en est de m√™me maintenant, lui qui avait tant √† souffrir des Isra√©lites selon la chair¬†! Peut-√™tre aussi songeait-il aux rapports hostiles d'Esa√ľ avec Jacob.

      30 Gen√®se 21.9,10. Il est probable qu'Abraham, par une affection naturelle pour son fils Isma√ęl, ne s'attachait plus alors avec une foi assez vive √† la promesse d'un autre h√©ritier. (Gen√®se 17.17-21) Sara exprimait donc r√©ellement, par les paroles cit√©es ici, la volont√© de Dieu, qui les ratifie imm√©diatement. (Gen√®se 21.12)

      L'ap√ītre en citant ce fait, aussi bien que celui de verset 29, se propose pour but non seulement de compl√©ter le grand contraste qu'il vient d'√©tablir, (versets 22-26) mais aussi de provoquer dans l'esprit des Galates un rapprochement bien naturel entre ces √©v√©nements historiques et sa propre situation vis-√†-vis des faux docteurs juda√Įsants qui s'opposaient √† lui en s'appuyant sur les privil√®ges charnels du peuple juif.

      31 On peut consid√©rer ces paroles comme une joyeuse conclusion de tout ce qui pr√©c√®de depuis verset 21, ou comme l'√©nonc√© du grand fait de la gr√Ęce de Dieu, sur lequel l'ap√ītre fonde l'exhortation qui va suivre¬†: (Galates 5.1) "Vous √™tes libres, restez libres¬†!" Rien n'emp√™che d'admettre l'un et l'autre de ces deux rapports.
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