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Luc 11

    • 1 Chapitre 4.

      Instruction sur la prière.

      1 à 13 La prière et son efficacité.

      Luc passe, sans d√©termination de temps, √† un nouveau r√©cit. Il ne nous dit pas non plus quel est le lieu o√Ļ J√©sus √©tait en pri√®re¬†; il lui suffit de noter une fois de plus l'un de ces moments, si fr√©quents dans la vie de J√©sus, qu'il consacrait √† l'acte de la pri√®re, aux entretiens intimes avec son P√®re. (Luc 5.16, note.)

      Le disciple qui adresse √† J√©sus cette demande n'√©tait tr√®s probablement pas l'un des ap√ītres. Sa requ√™te est provoqu√©e par l'impression que produit sur lui la pri√®re de J√©sus. Or les ap√ītres √©taient trop habitu√©s √† le voir en pri√®re pour √™tre frapp√©s de ce fait. J√©sus les avait du reste depuis longtemps initi√©s √† l'esprit de la pri√®re¬†; ils n'avaient plus a lui demander une semblable instruction. Ce pouvait √™tre plut√īt l'un des soixante-dix disciples qui depuis peu l'avaient rejoints, ou l'un des disciples de Jean, comme semble l'indiquer l'exemple dont il s'appuie.

      Cet enseignement donné par Jean à ses disciples, concernant la prière, nous est entièrement inconnu.

      2 Luc assigne à la prière du Seigneur une place tout autre que Matthieu (Matthieu 6.9 et suivants) Selon ce dernier, elle fait partie du sermon sur la montagne, tandis que, d'après notre évangéliste, elle fut enseignée plus tard à la demande expresse d'un disciple.

      Un grand nombre d'excellents exégètes (Calvin, Ebrard, de Wette, Olshausen, Neander, Godet) en ont conclu que Matthieu, selon son habitude de grouper certains enseignements homogènes du Sauveur, avait librement introduit cette prière dans le discours sur la montagne, tandis que Luc lui assigne sa vraie place. Cette opinion peut s'appuyer sur plus d'un fait semblable. Mais est-il vrai que cette prière soit déplacée dans le sermon sur la montagne ?

      Dans ces instructions sur les diverses manifestations de la pi√©t√©, l'aum√īne, la pri√®re, le je√Ľne, apr√®s avoir condamn√© les pri√®res hypocrites, faites avec ostentation, et en "usant de vaines redites," n'√©tait-il pas tout naturel que J√©sus ajout√Ęt¬†: "Vous, mes disciples, priez ainsi," et que, au milieu de la foule qui l'entourait, les yeux lev√©s vers le ciel, il pronon√ß√Ęt d'un ton p√©n√©tr√© cette pri√®re si profonde dans sa simplicit√©, si riche dans sa bri√®vet√©¬†? Nul n'en aurait jamais dout√©, sans le r√©cit de Luc qui nous occupe.

      Mais ce récit nous oblige-t-il à rejeter celui de Matthieu ? Nullement, à moins qu'on n'admette que jamais Jésus n'ait pu, en des circonstances différentes, redire quelques-unes de ses paroles les plus importantes. Or, les évangiles nous présentent des exemples nombreux de paroles prononcées à diverses reprises.

      Pourquoi Jésus n'aurait-il pas répondu à ce disciple qui lui demandait de lui enseigner à prier, en répétant cette admirable prière, qu'il présente du reste dans une forme différente et quelque peu abrégée ?

      Ainsi l'ont admis Tholuck, Meyer, Stier, Gess et d'autres, qui voient une confirmation de leur opinion dans le fait que Matthieu seul nous a conservé dans sa plénitude cet inimitable modèle de prière.

      4 Voir, sur la prière du Seigneur, Matthieu 6.9-13, notes.

      C'est sous cette forme abrégée que Luc l'a rapportée. Le texte reçu, qui la renferme tout entière, a été complété d'après Matthieu.

      La formule de Luc présente, en outre, quelques expressions qui diffèrent du texte de Matthieu. Ainsi : "Donne-nous chaque jour, au lieu de aujourd'hui, notre pain quotidien." Le terme de Luc peut s'étendre à l'avenir, tandis que celui de Matthieu limite la demande au jour présent.

      - Luc dit : "Remets-nous nos péchés," au lieu de nos dettes, terme qui, même dans Matthieu, ne peut naturellement s'entendre que des péchés dont nous demandons le pardon ; mais Luc conserve la même image dans ces mots : à quiconque nous doit.

      Matthieu motive cette demande de pardon en disant : comme nous remettons, Luc : car nous remettons. Il ne veut pas dire qu'en pardonnant aux autres nous méritions le pardon de Dieu.

      La tournure employée suppose, suivant M. Godet, un raisonnement semblable à celui que nous trouvons au verset 13 "Si vous qui êtes mauvais,...combien plus le Père céleste..." De même ici : "Pardonne-nous nos péchés, toi la Miséricorde suprême, puisque nous aussi, tout mauvais que nous sommes, nous pardonnons."

      L'expression absolue¬†: √† quiconque nous doit, ne s'accorde pas bien avec cette explication. Elle montre que le motif ajout√© √† la requ√™te est un vŇďu, une r√©solution prise pour l'avenir, et par laquelle celui qui prie manifeste des dispositions qui le rendent propre √† recevoir le pardon de Dieu.

      La formule de Luc a ainsi le même sens que celle de Matthieu. (Matthieu 6.12, note.)

      8 Jésus enseigne l'efficacité de la prière, soit par des analogies, (versets 11-13) soit par des contrastes, comme dans la parabole versets 5-8. (Comparer Luc 18.3 et suivants)

      Cette parabole renferme √† la fois une promesse et une exhortation, selon que nous consid√©rons les deux hommes mis en sc√®ne. La promesse pourrait se traduire ainsi¬†: "Si un homme, par pur √©go√Įsme et pour se d√©livrer d'un solliciteur, lui accorde sa demande, m√™me au temps le plus inopportun (minuit), combien plus Dieu, qui conna√ģt tous vos besoins et qui est amour¬†!"

      Quant à l'exhortation, c'est le solliciteur lui-même qui nous la fait entendre par son exemple : Puisque, dans les circonstances les plus défavorables, mais pressés par vos besoins, vous ne craignez pas d'importuner avec insistance un homme que vous savez si peu généreux, pourquoi ne faites-vous pas de même envers Dieu qui, dans sa miséricorde infinie, est toujours prêt à vous accorder bien au delà de toutes vos prières ? (Comp Matthieu 15.22 et suivants)

      La pleine confiance qu'une telle requête ne sera pas vaine est exprimée par ce verbe au futur : il lui donnera.

      10 Matthieu 7.7,8, note.

      Et moi, je vous dis. C'est par ces mots que Jésus introduit (versets 9-13) une admirable application de sa parabole, à laquelle il emprunte les images et les expressions mêmes dont il se sert.

      Demandez, cherchez, heurtez, c'est l√† ce qu'a fait l'homme de la parabole¬†; il vous sera donn√©, vous trouverez, il vous sera ouvert, telle a √©t√© son exp√©rience¬†; combien plus certainement sera-ce la v√ītre aupr√®s de Dieu¬†!

      13 Voir Matthieu 7.9-11, note.

      Encore une preuve plus intime et plus persuasive que Dieu exauce la prière. Il faut remarquer cette progression : un ami, (verset 5) un père, (verset 11) le Père céleste. (verset 13)

      - Parmi les dons que l'enfant demande √† son p√®re, Matthieu ne d√©signe que du pain et un poisson¬†: c'√©taient les provisions que l'on prenait d'ordinaire pour le voyage¬†; (Marc 6.38) Luc ajoute un Ňďuf, qui faisait souvent aussi partie de ces provisions.

      "Notre h√īte nous remet, au d√©part, de quoi faire notre repas¬†: des pains (je dis des pains, et non du pain, car on les fait ici fort petits, verset 5), des Ňďufs durs, comme toujours, plus quelques poissons frits. On voit que la nourriture est absolument la m√™me que du temps de J√©sus." (F. Bovet, Voyage en Terre-Sainte, 7e √©dit., p. 361.)

      À ces trois aliments sont opposés : une pierre, cruelle ironie ; un serpent, très dangereux ; un scorpion plus nuisible encore.

      Qui est le père qui répondra par de tels dons à la demande de son enfant ? Et cette question devient plus frappante quand, à la place d'un père quelconque, Jésus nomme le Père céleste.

      Vous qui êtes mauvais : "Remarquable témoignage du péché originel." Bengel.

      Quel contraste avec la bonté et l'amour du Père qui est du ciel !

      - D'après Matthieu, Jésus dit : votre Père donnera des biens, ou de bonnes choses, à ceux qui les lui demandent.

      Cette expression est plus simple, et plus en harmonie avec l'image qui précède, que les termes employés par Luc : donnera l'Esprit-Saint. Mais d'autre part, le Saint-Esprit est le plus précieux des dons de Dieu et le gage de tous les autres.

      14 Jésus et les pharisiens.

      14 à 36 Jésus accusé de chasser les démons pas Béelzébul et sollicité de produire un signe du ciel.

      Voir, sur cette guérison et sur le discours qui suit : Matthieu 9.34 ; 12.22-29, notes ; comparez Marc 3.22-30.

      La tournure de l'original : il était chassant un démon, signifie que Jésus était occupé en ce moment à accomplir cette guérison.

      - Matthieu rapporte que, non seulement les foules furent dans l'admiration à la vue de ce miracle, mais qu'elles en prirent occasion de se demander si Jésus n'était point le Messie.

      16 Luc introduit ici cette demande d'un signe, que Matthieu (12 : 38) ne fait intervenir qu'après le discours qui va suivre, ce qui est plus naturel.

      Mais notre évangéliste distingue fort bien ensuite ces deux classes de contradicteurs ; (versets 15,16) Jésus répond aux uns verset 17 et suivants, et aux autres verset 29 et suivants

      En outre, d'après Luc, les adversaires demandent un signe venant du ciel ; ce trait est omis par Matthieu dans le passage parallèle, mais conservé par lui dans une autre occasion, (Matthieu 16.1, note) ce qui prouve que les adversaires dirigèrent plus d'une fois contre Jésus ce genre d'attaques.

      17 Matthieu et Marc appliquent à la maison ce qui vient d'être dit de tout royaume : si elle est divisée contre elle-même, elle tombe en ruine.

      Le mot maison est alors entendu dans le sens de famille.

      Plusieurs versions conservent ici la même idée, en sous-entendant le verbe de la phrase précédente : une maison divisée contre ellemême. Mais telle n'est pas la pensée dans notre texte, littéralement traduit.

      Jésus entend le mot de maison dans son sens matériel, et il veut dire que dans la destruction d'un royaume (ou d une ville, comme dit encore Matthieu), on voit réellement s'écrouler maison sur maison. La pensée du Sauveur a ainsi quelque chose de pittoresque et de saisissant.

      18 Ces derniers mots, directement adressés aux adversaires, motivent (puisque) la question qu'il vient de leur faire ; et, sans doute, Jésus les a prononcés avec un accent d'indignation, car l'accusation qu'il réfute n'était rien moins qu'un blasphème. (Matthieu 12.31,32)
      19 Second argument contre l'accusation des pharisiens : elle est injuste et montre à quel point ils sont prévenus contre Jésus, puisqu'ils n'ont garde d'attribuer à une telle cause les guérisons de leurs disciples. (Matthieu 12.27, notes.)
      20 C'est la conclusion de ce qui précède : Si je chasse les démons et détruis le royaume de Satan, c'est preuve que le moment actuel est grave et que le royaume de Dieu, dont vous attendez l'avènement par quelque manifestation extérieure, est déjà parvenu jusqu'à vous.

      - Au lieu de cette expression caractéristique : par le doigt de Dieu, Matthieu dit : "par l'Esprit de Dieu."

      Ces deux termes expriment la même idée, avec cette seule différence que Matthieu indique proprement quelle est la puissance divine par laquelle Jésus agit, tandis que Luc désigne, dans un langage figuré, la même puissance divine, comme s'exerçant d'une manière apparente et avec une extrême facilité. (Exode 8.15)

      Dieu est représenté sous l'image d'un homme qui n'a qu'à lever le doigt pour accomplir sa volonté. (Comparer Matthieu 12.28, note.)

      22 Cette parabole, que Luc rapporte en des termes plus dramatiques que Matthieu et Marc, confirme la pensée exprimée au verset 20, que Jésus est, non l'instrument de Satan, mais son puissant adversaire.

      C'est en vain que l'homme fort, bien arm√©, fait la garde √† l'entr√©e de sa maison (grec sa cour, entour√©e de murs) et croit tout ce qu'il a en s√Ľret√© (grec en paix)¬†; quand un plus fort que lui est venu le surprendre, il le d√©sarme et lui enl√®ve ses d√©pouilles¬†!

      Satan (dont J√©sus reconna√ģt ici clairement l'existence et la personnalit√©) √©tait cet homme fort, confiant dans ses moyens de s√©duction¬†: il a √©t√© surpris et vaincu par le Sauveur, qui op√®re maintenant le partage de ses d√©pouilles, c'est-√†-dire, selon le contexte, la lib√©ration des victimes qu'il avait en sa possession.

      23 Voir Matthieu 12.30, note.

      Attribuer au d√©mon les Ňďuvres du Sauveur, (verset 15) c'√©tait la pire mani√®re de se d√©clarer contre lui.

      C'√©tait aussi disperser le bien qu'il faisait aux √Ęmes et les √Ęmes elles-m√™mes, en les √©loignant de lui.

      26 Matthieu 12.43-45, notes.

      Dans le premier évangile, cette parabole figure la condition actuelle du peuple juif, qui s'endurcit dans son incrédulité.

      Selon Luc, elle est appliqu√©e plus sp√©cialement aux pharisiens qui viennent d'accuser le Sauveur. J√©sus a d'abord r√©fut√© leur accusation blasph√©matoire¬†; (verset 15 et suivants) puis, d√©clar√© par une image (verset 23) qu'ils sont les ennemis de sa personne et de son Ňďuvre¬†; il montre enfin, par cette parabole, (versets 24-26) que leur √©tat moral est incorrigible et d√©sesp√©r√©.

      La guérison du démoniaque, qu'il vient de délivrer sous leurs yeux, lui fournit l'image sous laquelle il présente sa pensée.

      28 Cette femme, probablement une m√®re, qui proclame ainsi bienheureuse la m√®re du Sauveur, a saisi ce que J√©sus a donn√© √† entendre dans le discours pr√©c√©dent¬†; elle a compris que J√©sus est le Messie¬†; cette v√©rit√© a p√©n√©tr√© dans son esprit comme un trait de lumi√®re. Dans l'√©motion qu'elle en ressent, elle pense aussit√īt √† celle qui a donn√© le jour au Sauveur.

      L'admiration qu'elle exprime trahit son sentiment maternel, plut√īt qu'une foi religieuse bien √©clair√©e et affermie.

      "Son sentiment est bon, mais elle parle comme une femme." Bengel.

      Il est inconcevable que malgr√© la r√©ponse de J√©sus les interpr√®tes catholiques s'appuient des paroles de cette femme pour sanctionner le culte de la Vierge. Cette r√©ponse sans doute n'est point un bl√Ęme absolu.

      J√©sus saisit plut√īt avec bienveillance ce mouvement d'un cŇďur sinc√®re, mais c'est pour l'√©lever jusqu'√† son vrai objet, la parole de Dieu √©cout√©e et gard√©e comme une semence de vie divine. Il fait sentir √† cette femme qu'elle-m√™me peut √™tre heureuse comme celle dont elle vient de c√©l√©brer le bonheur.

      - Luc seul a conservé ce trait remarquable de l'histoire évangélique.

      30 Voir, sur cette seconde partie du discours : (versets 29-32) Matthieu 12.39-42, notes, et Matthieu 16.4, note.

      J√©sus r√©pond √† la requ√™te qui lui a √©t√© faite d'un signe venant du ciel, (verset 16, note) et il la repousse, parce que ceux qui la pr√©sentaient √©taient des hypocrites, qui ne voulaient que lui tendre un pi√®ge. Il a attendu pour cela que la foule se f√Ľt assembl√©e autour de lui, afin de rendre publique la r√©pr√©hension s√©v√®re qu'il adresse √† toute la g√©n√©ration d'alors. Aussi voit-on qu'ici, comme dans Matthieu, les reproches de J√©sus, d'abord adress√©s aux seuls pharisiens, se g√©n√©ralisent et s'√©tendent √† tout le peuple.

      - Il faut remarquer ce mot de signe quatre fois répété, comme un reproche adressé à ceux qui le demandaient.

      Le texte reçu porte : Jonas le prophète ; ce dernier mot manque dans Sin., B, D, etc.

      - Ce que Jésus entend par le signe de Jonas donné à sa génération est expliqué au verset 32.

      31 Matthieu 12.42, note ; comparez 1Rois 10.1 et suivants ; 2Chroniques 9.1 et suivants

      Matthieu cite en premier lieu l'exemple des Ninivites, auquel la mention du signe de Jonas amenait naturellement, et en second lieu, l'exemple de la reine du Midi.

      M. Godet défend l'ordre de Luc par cette considération : "il présente une meilleure gradation morale. Il est plus grave de rester insensible au mal qu'on a commis que de ne pas être avide de nouvelles révélations."

      32 Ainsi le signe de Jonas, que le Seigneur donne à sa génération, c'est, d'une part, sa propre mission, infiniment supérieure à celle du prophète, et, d'autre part, la repentance des habitants de Ninive opposée à l'endurcissement de son peuple. (Matthieu 12.41)

      - Dans Matthieu, (Matthieu 12.40, voir la note) ce que Jésus appelle le signe de Jonas, c'est le séjour du prophète pendant trois jours et trois nuits dans le ventre du poisson. Il sera de même enseveli trois jours et trois nuits dans le sein de la terre. Sa mort et sa résurrection seront le vrai et grand signe donné à sa génération.

      Luc passe enti√®rement sous silence cette pens√©e. On a voulu la retrouver au verset 30, o√Ļ J√©sus dit que le Fils de l'homme sera un signe¬†; le verbe au futur ne peut d√©signer, pense-t-on, que le grand √©v√©nement par lequel se terminera la vie du Sauveur sur la terre. Cette allusion est possible, mais peu √©vidente.

      33 Nous trouvons ici une nouvelle application de cette belle et profonde image que Jésus employait souvent dans ses discours. (Voir Luc 8.16 ; Matthieu 5.15 ; Marc 4.21, notes.)

      La liaison avec ce qui précède est évidente : Il y a ici plus que Salomon, plus que Jonas ; Dieu vous donne en moi la vraie révélation, la vraie lumière et vous ne pouvez donner pour excuse de votre incrédulité que cette lumière ait été mise dans un lieu caché ou sous le boisseau.

      L'apparition du Messie a √©t√© suffisamment pr√©par√©e et publi√©e¬†; si, au lieu de fermer les yeux de votre esprit et de demander d'autres signes, vous aviez une vue saine, (verset 34) votre √Ęme serait toute remplie de la lumi√®re divine qui rayonne de moi.

      La maladie qui affecte votre organe spirituel est la seule cause de votre manque de discernement.

      35 Voir Matthieu 6.22,23, note.

      Ici, Jésus ajoute à cette image si vraie et si profonde une exhortation à veiller sur l'état de cette lumière intérieure par laquelle seule nous pouvons percevoir la lumière qui nous vient du dehors ; puis il termine (verset 36) par une observation sur l'harmonie de ces deux lumières, dont l'action combinée procure la connaissance parfaite.

      36 Pour comprendre ce verset difficile et diversement interprété et pour éviter la tautologie qu'il présente à première vue, il faut remarquer que dans la première phrase l'accent est mis sur tout entier, dans la seconde sur éclairé.

      Le sens est que si l'homme est p√©n√©tr√© enti√®rement de la lumi√®re divine per√ßue par un organe spirituel en parfait √©tat, c'est-√†-dire par un cŇďur droit, (Psaumes 112.4) cette lumi√®re resplendira au dehors, son corps sera tout lumineux (grec) comme quand il refl√®te la lumi√®re d'une lampe qui l'inonde de son √©clat. (Grec¬†: par l'√©clair.)

      "Ce phénomène décrit ici par Jésus, remarque M. Godet, est celui qui s'était accompli en lui-même, au degré le plus éminent, dans le fait de la transfiguration."

      Quelques ex√©g√®tes estiment qu'il n'est possible d'obtenir ce sens que moyennant une correction du texte et ils proposent de lire¬†: "Si ton Ňďil est √©claire, tout ton corps sera √©clair√©..."

      Le verset entier manque dans D et dans deux anciennes versions. (Ephésiens 5.8 ; 2Corinthiens 3.18)

      37 37 à 54 Jésus à table chez un pharisien censure les pharisiens et les scribes.

      Les mots : comme il parlait, se rapportent au discours qui précède. (verset 29 et suivants)

      Comme ce discours était dirigé contre les pharisiens, on peut supposer que celui d'entre eux qui, après l'avoir entendu, invita Jésus à prendre un repas chez lui, le fit dans une intention malveillante afin de l'épier et de pouvoir l'accuser. (Comparer 14 : 1.)

      C'est ce qui explique la sévérité des paroles de Jésus. (Comparer verset 39, note.)

      - Le mot que nous traduisons par d√ģner, et que d'autres rendent par d√©jeuner, d√©signe le repas qu'on prenait vers le milieu du jour, tandis qu'un autre repas principal avait lieu vers le soir. Il en √©tait ainsi chez les Juifs comme chez les Romains.

      On peut traduire ce mot par d√ģner ou d√©jeuner, selon les usages du pays o√Ļ l'on parle.

      38 J√©sus s'√©tant mis √† table d√®s son entr√©e, le pharisien s'√©tonne qu'il n'e√Ľt pas d'abord fait d'ablution. (Comparer Marc 7.4)

      Cet √©tonnement pouvait para√ģtre d'autant plus fond√© que J√©sus revenait du milieu de la foule, o√Ļ il avait pu contracter des souillures l√©gales et o√Ļ m√™me il avait chass√© un d√©mon et gu√©ri un malade.

      Mais peut-être Jésus s'abstint-il de ces cérémonies précisément à cause de l'importance superstitieuse que les pharisiens y attachaient. Qui sait même si ce n'était pas là le point spécial sur lequel ils voulaient l'épier ?

      39 Matthieu 23.25, note.

      Eh bien oui...quelques interprètes prennent la particule grecque que nous traduisons ainsi dans son sens temporel, maintenant : "les choses en sont maintenant venues chez vous à ce point, que vous nettoyez."

      Mais rien ne prouve qu'il y e√Ľt eu r√©cemment dans l'hypocrisie des pharisiens un progr√®s que J√©sus p√Ľt relever. Le sens logique est donc pr√©f√©rable.

      - Dans le premier évangile, Jésus déclare que la coupe et le plat eux-mêmes sont remplis de rapine, c'est-à-dire en contiennent les fruits, (comparez Luc 20.47) tandis que Luc fait de la coupe et du plat l'image de l'état moral de ses auditeurs. La rédaction de Matthieu n'exclut point ce sens, mais, au contraire, le suppose.

      - Ici se pr√©sente une question de critique qui n'est pas sans difficult√©. Luc rapporte un discours dont il indique avec pr√©cision la sc√®ne et les circonstances. (verset 37) De son c√īt√©, Matthieu (Matthieu 23.1 et suivants) nous a conserv√© un discours tr√®s semblable, mais plus √©tendu, qu'il place en un temps et en des circonstances tout autres.

      Si l'on admet l'identité des deux discours, il faut choisir entre les deux récits, et donner raison à l'un ou à l'autre évangéliste, quant à la situation historique.

      Plusieurs interprètes se décident pour Luc contre Matthieu, à cause de la précision avec laquelle le premier décrit l'occasion du discours.

      Mais d'autres donnent la préférence à Matthieu :

      1¬į parce que, d'une part, il leur semble que ces vives censures jet√©es par J√©sus √† la face d'un pharisien qui l'avait invit√© √† sa table eussent √©t√© peu biens√©antes, et que, d'autre part, J√©sus aurait ainsi violemment provoqu√© ses ennemis et pr√©cipit√© la catastrophe, ce qui serait en contradiction avec tout ce que nous savons de sa conduite¬†;

      2¬į parce que Matthieu en rapportant que ces censures furent prononc√©es par J√©sus tout √† la fin de son minist√®re, alors qu'il avait rompu avec les chefs de la th√©ocratie et qu'il n'avait plus √† les m√©nager, qu'elles furent prononc√©es dans le temple de J√©rusalem, en pr√©sence du peuple, leur assigne la seule place qui leur convienne. Ces consid√©rations nous paraissent √©videntes et suffisent √† prouver que Matthieu place le discours de J√©sus dans sa vraie situation historique, alors m√™me que, selon son habitude, il y aurait introduit des paroles prononc√©es dans d'autres occasions.

      Matthieu (Matthieu 23.2, 1re note.) Marc (Marc 12.38-40) et Luc lui6même (Luc 20.45-47) rapportent des paroles qui attestent que Jésus a fait un grand discours contre les pharisiens à Jérusalem.

      Matthieu seul nous l'a conserv√© en entier. Mais s'ensuit-il que le r√©cit de Luc soit sans aucun fondement historique¬†? Nullement. On peut √™tre certain que J√©sus a fait entendre en plus d'une circonstance de vives protestations contre l'esprit du pharisa√Įsme. L'une de ces protestations fut provoqu√©e par le formalisme hypocrite d'un h√īte qui l'avait invit√© √† sa table.

      Luc nous en a conservé le souvenir. Seulement, on peut admettre qu'il prête à Jésus plus d'une parole puisée dans la tradition apostolique, et qui, originairement, appartenait au grand discours de Matthieu.

      Nous dirons avec Stier et d'autres exégètes, que nous avons dans notre chapitre un prélude de ce discours.

      40 Ces paroles font sentir la folie (insens√©s) du proc√©d√© pharisa√Įque, relev√© au verset pr√©c√®dent¬†: vous nettoyez le dehors, tandis que l'int√©rieur est plein de corruption¬†; mais Celui (Dieu) qui a cr√©√© le dehors n'a-t-il pas aussi cr√©√© le dedans (l'√™tre moral), qui a beaucoup plus d'importance √† ses yeux¬†?

      C'est donc là ce qu'il faut purifier avec le plus grand soin ; car Dieu ne vous a prescrit certaines purifications extérieures que pour vous rappeler le devoir de la pureté morale. Or en négligeant celle-ci pour vous en tenir aux premières, vous anéantissez l'intention divine.

      Il est évident que les termes de cette sentence sont encore empruntés à l'image du verset précédent.

      Dans Matthieu (Matthieu 23.26) se trouve une pensée semblable, exprimée en termes différents.

      41 Le contenu (grec ce qui est dedans), c'est-√†-dire, d'apr√®s le contexte, ce qui est dans les coupes et les plats. Ces mets et ces vins, faitesen part aux pauvres, avec une charit√© qui provienne du cŇďur, et vous comprendrez que la loi supr√™me de l'amour est infiniment sup√©rieure √† toutes vos r√®gles formalistes de purification¬†; et voici, par le fait m√™me, tous ces biens vous seront purs, ils le sont d√©j√† par la puissance de l'amour.

      "Cette parole ne renferme aucunement l'id√©e du m√©rite des Ňďuvres. J√©sus serait-il retomb√© dans le pharisa√Įsme au moment m√™me o√Ļ il le pulv√©risait¬†? L'amour, qui fait le prix du don, exclut, par sa nature m√™me, la recherche du m√©rite, qui est l'essence du pharisa√Įsme." Godet.

      42 Voir Matthieu 23.23, 1re note.

      Matthieu dit : Vous négligez le jugement (ou la justice), la miséricorde et la foi (ou fidélité).

      Luc ne parle que du jugement, du discernement de ce qui est juste, équitable dans les rapports avec le prochain, et de l'amour de Dieu, qui est la source de toutes les vertus.

      43 Comparer Luc 20.45-47 et voir Matthieu 23.6.
      44 Après ce : Malheur à vous ! le texte reçu avec A, D, ajoute : scribes et pharisiens hypocrites, mots qui ne sont pas authentiques ; en effet, Jésus ne s'adresse aux scribes qu'à l'occasion du verset 45.

      - Voir Matthieu 23.27,28, note.

      Dans Matthieu, Jésus compare les pharisiens à des "sépulcres blanchis qui paraissent beaux au dehors, mais qui, au dedans, sont pleins d'ossements de morts et d'impureté."

      D'après Luc, il emploie la même comparaison dans un sens tout différent : les pharisiens sont comme des sépulcres qu'on ne voit pas, parce qu'on a négligé de les entretenir et de les blanchir, et qu'ils sont recouverts de terre et de plantes.

      On marche donc dessus sans s'en douter et l'on contracte involontairement la souillure. (Nombres 19.16) Tels sont les pharisiens¬†: on s'approche d'eux, on se livre √† eux sans d√©fiance, et l'on est bient√īt infect√© de leur esprit.

      45 Jusqu'ici, Jésus avait adressé ses reproches aux pharisiens (v 39) ; mais il y avait dans ces paroles des vérités qui atteignaient directement aussi les légistes, ces savants scrutateurs de la loi, que les évangélistes nomment plus souvent scribes ou docteurs de la loi. (Voir Matthieu 23.2, 2me note.)

      Aussi l'un d'eux se sent offensé : Tu nous outrages, nous aussi. Par ce nous aussi, le légiste se distinguait des pharisiens ; mais Jésus, bien loin de nier l'intention qui lui est attribuée, répond (vers 46) : Et à vous aussi, légistes, malheur !

      A partir de cet incident, Jésus adresse aux scribes la suite de son discours, (verset 52) mais sans perdre de vue les pharisiens, qui ont certainement leur part à ses reproches.

      Dans Matthieu, Jésus s'adresse constamment, et en même temps, à l'une et à l'autre de ces classes d'hommes.

      46 Voir Matthieu 23.4 note.
      48 Matthieu 23.29-31, note.

      Le reproche que Jésus adresse ici à ses auditeurs diffère de celui qui se lit dans le premier évangile.

      B√Ętir les tombeaux des proph√®tes √©tait, dans leur intention, une Ňďuvre r√©paratrice de pi√©t√©¬†; mais, par une ironie des faits que J√©sus rel√®ve, ils perp√©tuent le souvenir de la conduite de leurs p√®res en consommant leur Ňďuvre.

      Au lieu de laisser tomber leurs crimes dans l'oubli, ils en √©l√®vent les monuments¬†; ils se constituent les t√©moins du meurtre des hommes de Dieu (Deut√©ronome 17.7¬†; Actes 7.58) et ils l'approuvent¬†; car eux, les ont tu√©s, ajoute J√©sus, et vous, vous b√Ętissez. (Le texte re√ßu ajoute¬†: leurs tombeaux, ce qui s'entend de soi-m√™me et affaiblit l'expression br√®ve et √©nergique de ce contraste.)

      Sans doute, les auditeurs de J√©sus auraient pu r√©pondre qu'en honorant les proph√®tes martyrs, ils protestaient contre leur meurtre¬†; mais comme, en pr√©sence m√™me de J√©sus, le plus grand des proph√®tes, ils se montraient remplis de haine contre la v√©rit√© divine, ils t√©moignaient par l√† que leurs soins pour les tombeaux des proph√®tes n'√©taient qu'un acte d'hypocrisie. J√©sus d√©voile dans leur cŇďur le vrai commentaire de leurs actions.

      49 C'est pourquoi aussi, afin qu'il apparaisse avec évidence que les fils sont semblables aux pères...

      Luc introduit les paroles qui vont suivre par une formule qui fait attendre une citation de l'Ancien Testament¬†; mais ce passage ne s'y trouve pas. On a cru le reconna√ģtre, soit dans 2Chroniques 24.19, soit dans Proverbes 1.20-31, soit dans quelqu'un des livres apocryphes que J√©sus ne cite jamais¬†: rapprochements plus ou moins arbitraires qui, sans √™tre inadmissibles, sont pourtant peu probables.

      D'autres interpr√®tes ont pens√© que J√©sus, s'appelant lui-m√™me la sagesse de Dieu, d√©clare, comme dans Matthieu, que c'est lui qui enverra des proph√®tes et des ap√ītres.

      On pourrait admettre cette explication, vraie au fond, sans ce verbe au passé : la sagesse a dit, qui évidemment suppose une citation. Pour éviter cette objection, d'autres ont pensé que Jésus rappelait une de ses propres déclarations, faite dans une autre occasion, ce qui parait peu probable.

      Enfin, on a supposé que, dans la tradition apostolique, on s'était habitué à citer les paroles de Jésus qui vont suivre, avec cette formule : "la sagesse divine a dit," et que Luc a simplement suivi cet usage. C'est là une hypothèse peu vraisemblable.

      Hofmann, B. Weiss, M. Godet appliquent le terme de sagesse de Dieu, comme Luc 7.35, au plan conçu par Dieu pour le salut : "Dieu dans sa sagesse a dit."

      Si l'on admet cette explication, la relation que Luc nous a conserv√©e de ce discours est conforme √† celle de Matthieu, o√Ļ J√©sus dit sans formule de citation¬†: "C'est pourquoi, voici, je vous envoie des proph√®tes," etc.

      Quelque sens que l'on donne aux mots par lesquels Luc l'introduit, la parole m√™me de J√©sus est simple et lumineuse. Il allait, en effet, envoyer dans son Eglise des proph√®tes et des ap√ītres, (Eph√©siens 4.11) qui devaient √™tre pers√©cut√©s et mis √† mort par leur g√©n√©ration.

      51 Voir Matthieu 23.34-36, notes.

      L'expression répétée : redemandé (versets 50,51) correspond au cri de Zacharie mourant : "Que l'Eternel voie et redemande !" (2Chroniques 24.22)

      52 Matthieu 23.13, note.

      Dans le premier évangile, ces paroles s'adressent à la fois aux scribes et aux pharisiens, comme tout le discours.

      Dans le récit de Luc, elles ne concernent que les légistes auxquels Jésus parle depuis le verset 45.

      Cette application est plus exacte, car, en effet, c'étaient les docteurs de la loi qui avaient enlevé la clef de la connaissance ou de la science, c'est-à-dire, qui s'étaient arrogé le droit d'interpréter les Ecritures, de les enseigner aux jeunes rabbins et de les appliquer au peuple, dans les diverses circonstances de la vie sociale. (Matthieu 23.2, note.)

      La connaissance de Dieu et du salut est comparée par Jésus à une maison ou à un temple que les scribes ont fermé après s'être saisis de la clef.

      Non seulement ces savants théologiens n'y sont point entrés, mais ils ont empêché, par leurs erreurs et leur opposition, ceux qui voulaient entrer. Il y a dans le grec le présent : ceux qui entrent, par ou Jésus désigne ceux qui, alors, voulaient s'attacher à lui et à son enseignement.

      54 Les manuscrits présentent sur ces versets plusieurs variantes. Le texte reçu avec A, D, majuscules, versions, porte : et comme il leur disait ces choses...cette scène violente se serait donc passée encore dans la maison du pharisien ; (verset 37) ce qui est très improbable d'après la suite du récit. (Luc 12.1)

      C'est plut√īt comme il sortait de l√† (Sin., B, C) que ses adversaires, c√©dant √† la violence de leur haine, ont d√Ľ se mettre √† l'obs√©der de questions insidieuses, auxquelles ils demandaient imp√©rieusement des r√©ponses, avides de surprendre quelque parole (grec quelque chose) de sa bouche.

      Le texte reçu avec A, C, D, majuscules, versions, ajoute : afin de l'accuser, paroles qui sont parfaitement dans la situation, et qui expriment très bien l'intention des ennemis du Sauveur, mais dont la suppression, dans Sin., B, donne à la narration un tour plus simple.

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