TopCartes x PLM collab

Luc 4

    • 1 Chapitre 4.

      La tentation de Jésus

      1 à 13 Jésus tenté au désert.

      Comparer Matthieu 4.1-11, notes, et Marc 1.12,13, notes. Par ces premiers mots de son récit, Luc rattache la tentation au baptême. (Luc 3.21,22)

      Les trois évangiles synoptiques mettent ces deux faits dans un rapport intime. Luc marque la réalité du don fait à Jésus lors de son baptême en disant qu'il revint du Jourdain, rempli de l'Esprit-Saint. Et c'est alors précisément qu'il dut subir la tentation.

      Le texte reçu dit : "Il fut conduit par l'Esprit dans le désert" (avec la particule du mouvement), ce qui suppose qu'il n'y était pas encore.

      Luc, d'après le texte de Sin., B. D, admet qu'il y était déjà, après être revenu du Jourdain, et nous apprend que là il était conduit (imparfait indiquant l'action continue) par l'Esprit dont il était rempli, et qui était le principe dirigeant sa vie intérieure. (Comparer pour les termes, Romains 8.14)

      La le√ßon du texte re√ßu est une correction faite dans le dessein de mettre Luc en harmonie avec les deux premiers √©vangiles. Il n'y a, du reste, nulle contradiction¬†; car ce fut bien aussi l'Esprit qui amena J√©sus dans le d√©sert, qui l'y jeta, selon l'√©nergique expression de Marc¬†; seulement, le r√©cit de Luc nous renseigne d'une mani√®re plus compl√®te sur cette action de l'Esprit, sur le travail d'√Ęme intense qu'elle occasionnait et qui se trahissait par cette marche sans but dans le d√©sert.

      2 Voir, sur ces mots : tenté par le diable, Matthieu 4.1, 2e note.

      Le texte re√ßu dit¬†: "ensuite il eut faim¬†;" le mot soulign√© est emprunt√© au premier √©vangile. Voir, sur ce je√Ľne du Sauveur, Matthieu 4.2, note.

      Luc semble vouloir dire que J√©sus s'abstint de manger parce qu'il √©tait profond√©ment absorb√©. La tournure employ√©e par Matthieu indique plut√īt un je√Ľne intentionnel.

      3 Matthieu 4.3, note.

      Luc est plus précis que le premier évangéliste : cette pierre (au lieu de ces pierres) ; du pain ; (non des pains). Et en disant cela, Satan montrait une pierre à ses pieds.

      4 Le texte reçu ajoute : mais de toute parole de Dieu.

      Ces mots manquent dans Sin., B. version égypt. Ils ont été probablement introduits dans le texte. La pensée qu'ils expriment est implicitement contenue dans le premier membre de la phrase.

      Matthieu et les Septante portent : "de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ;" le texte hébreu : "ce n'est pas de pain seulement que l'homme vivra, mais c'est de tout ce qui sort de la bouche de l'Eternel que l'homme vivra."

      5 Le texte reçu porte : "Et le diable l'ayant élevé sur une haute montagne."

      Les mots soulignés sont empruntés à Matthieu.

      - Luc seul a cette expression¬†: en un instant, en un clin d'Ňďil, qui suffirait √† prouver qu'il ne se repr√©sentait point cette sc√®ne dans un sens litt√©ral et ext√©rieur. (Voir Matthieu 4.3, note.)

      De son c√īt√©, Matthieu ajoute √† ces mots¬†: tous les royaumes de la terre, ceux-ci¬†: "et leur gloire." Luc place la mention de celle-ci dans la parole du tentateur. (verset 6)

      6 Voir Matthieu 4.9, note.

      Les derniers mots de ce verset sont particuliers √† Luc. Mais quel en est le sens¬†? Si Satan, dans son orgueil, veut insinuer par l√†, comme on l'a pens√©, que c'est Dieu qui lui a livr√© cette puissance sur le monde, c'est un mensonge et un blasph√®me¬†! S'il veut dire que c'est l'homme qui la lui a donn√©e en lui ob√©issant plut√īt qu'√† Dieu, (Gen√®se 3) il n'a que trop raison, et J√©sus lui-m√™me l'a appel√© "le prince de ce monde." (Jean 14.30)

      Mais c'√©tait une illusion grossi√®re de s'imaginer que J√©sus allait reconna√ģtre cette autorit√© en se prosternant devant lui. (verset 7)

      7 Ce verset est encore particulier à Luc.

      La condition pos√©e par Satan peut para√ģtre invraisemblable. Mais il faut se rappeler que l'offre du tentateur supposait une transmission de pouvoir, et que celle-ci impliquait (donc) l'hommage rendu au pr√©c√©dent d√©tenteur du pouvoir. L'oriental se prosterne d'ailleurs devant tout sup√©rieur.

      8 Matthieu 4.10, note.

      Le texte reçu fait commencer la réponse de Jésus par les mots : "Va-t'en arrière de moi, Satan, car," qui sont empruntés à Matthieu.

      Dans Matthieu, ces mots sont parfaitement à leur place ; Jésus met ainsi fin à la tentation en expulsant de sa présence le tentateur. Cette parole suffirait à elle seule pour prouver que l'ordre historique est celui du récit de Matthieu, si même le sens profond et gradué de la tentation ne le démontrait également.

      A peu près tous les interprètes partagent cette opinion. M. Godet, qui défend l'ordre adopté par Luc, pense que cet évangéliste place en premier lieu les deux tentations qui s'adressent au manque de foi, et ne mentionne qu'après cela "l'épreuve qui s'adressait à la foi déjà supposée inébranlable, épreuve qui doit avoir formé le point culminant de toute la tentation."

      12 voir Matthieu 4., notes.
      13 Luc ne rapporte point le fait qu'apr√®s la tentation, des anges de Dieu s'approch√®rent de J√©sus √©puis√© par le je√Ľne et par la lutte morale, et lui offrirent leur assistance¬†; (Matthieu 4.11) mais, d'autre part, il a not√© un trait d'une signification profonde¬†: c'est que le diable se retira de lui jusqu'√† une occasion, (grec) jusqu'√† un moment favorable.

      On a pens√© que cette occasion fut la trahison de Judas, dans laquelle Luc lui-m√™me nous montre une Ňďuvre de Satan (Luc 22.3¬†; comparez Jean 13.2), mais cette trahison ne fut pas pour J√©sus une tentation sp√©ciale.

      L'épreuve annoncée ici ne peut être que l'agonie de Jésus en Gethsémané et sur la croix. (Luc 22.53 ; Jean 14.30) A ce point de vue on pourrait traduire : "jusqu'au temps fixé par Dieu," sens que le terme grec a quelquefois. (Luc 12.42 ; Romains 5.6)

      - Pour le pr√©sent la tentation est achev√©e, J√©sus en sort victorieux, et sa victoire a des cons√©quences pour lui-m√™me, pour son Ňďuvre et pour notre humanit√©, qu'il vient d√©livrer de la puissance des t√©n√®bres.

      14 Le ministère galiléen

      Les commencements du ministère galiléen

      D√©buts √† Nazareth et √† Caperna√ľm.

      14 à 30 Jésus en Galilée et à Nazareth.

      Voir, sur ce retour de Jésus en Galilée, Matthieu 4.12,13, notes ; comparez Marc 1.14. Jésus va commencer son ministère en Galilée. Le récit de ce ministère se prolonge dans Luc jusqu'à Luc 9.50, et constitue une des parties principales de son évangile.

      - J√©sus se rend sur ce th√©√Ętre de sa plus grande activit√©, dans la puissance de l'Esprit, dont il √©tait rempli depuis son bapt√™me. (verset 1) Toutes ses paroles et toutes ses Ňďuvres √©taient autant de manifestations de la lumi√®re et de la puissance de cet Esprit.

      Selon le r√©cit de Luc, on pourrait penser que sa renomm√©e se r√©pandit dans cette Galil√©e o√Ļ il venait d'arriver, √† mesure qu'il se faisait conna√ģtre par l'action puissante de sa parole et de ses gu√©risons. (Matthieu 4.24) Mais peut-√™tre aussi avait-il √©t√© pr√©c√©d√© dans cette contr√©e par le bruit des miracles qu'il avait d√©j√† accomplis en divers lieux¬†; car, selon le r√©cit de Jean, (Jean 1.19-4.42) un intervalle assez long s'√©tait √©coul√© entre la tentation et le commencement de son activit√© en Galil√©e, que Luc va d√©crire. (Comparer Matthieu 4.12)

      15 Partout o√Ļ il y avait un groupe de Juifs un peu nombreux, m√™me en terre pa√Įenne et jusqu'aux extr√©mit√©s de l'empire, on trouvait une synagogue, qui servait de lieu de r√©union et de culte.

      Plac√©e sous la direction g√©n√©rale des anciens, la synagogue √©tait administr√©e par des fonctionnaires sp√©ciaux¬†: un ou plusieurs "chefs de la synagogue," (Marc 5.22) un serviteur ou huissier (verset 20) qui remplissait aussi les fonctions de ma√ģtre d'√©cole. La synagogue √©tait un b√Ętiment rectangulaire dont l'entr√©e √©tait distingu√©e par un portique grec.

      Quand l'édifice était de grande dimension, l'intérieur était divisé en nefs par des rangées de colonnes. Au fond, sur un parquet surélevé, se trouvait l'armoire sainte qui contenait les manuscrits de l'Ecriture.

      Chaque sabbat, il y avait une réunion de culte. Elle commençait par une prière liturgique, que récitait un membre de l'assemblée désigné par le président, et qui était aussi chargé ensuite de lire la péricope tirée des prophètes. L'assemblée écoutait debout, le visage tourné vers Jérusalem, et répondait par un amen. La lecture de la loi venait ensuite : elle était faite par sept membres et accompagnée d'un commentaire oral. Puis un assistant lisait un fragment des prophètes et y ajoutait quelques paroles : il se tenait debout pour lire mais s'asseyait pour parler. (verset 20) Après la bénédiction finale, l'assemblée se retirait.

      - Voir pour plus de détails et pour le texte des prières liturgiques, Edersheim, La société juive, trad. Roux, ch. XVI et XVII

      16 Voir, sur Nazareth, Matthieu 2.23, note. Par cette remarque¬†: o√Ļ il avait √©t√© √©lev√©, Luc motive cette visite de J√©sus dans sa ville natale et pr√©pare la sc√®ne qui va s'y passer. (verset 22 et suivants)

      - Sur le rapport entre ce séjour de Jésus à Nazareth et celui dont parle Matthieu, (Matthieu 13.53 et suivants) voir la note sur ce dernier passage.

      Ces mots : selon sa coutume ne se rapportent pas seulement au ministère de Jésus en Galilée qui ne faisait que commencer, mais à la pieuse habitude qu'il avait eue durant toute sa jeunesse de fréquenter le service divin dans les synagogues.

      - Il se leva pour lire, c'est-√†-dire qu'il montra, en se levant, son intention de lire et de parler. A l'ordinaire, c'√©tait le pr√©sident de la synagogue qui invitait √† remplir cette fonction quelqu'un des assistants qu'il y croyait propre¬†; (Actes 13.15,16) mais J√©sus, plein du sentiment de sa vocation sainte, s'offre lui-m√™me √† prendre la parole, qui lui est aussit√īt accord√©e.

      17 Le mot : ayant déroulé (tel est le texte de Sin., D, l'Itala, tandis que B. A, la version syr. portent : ayant ouvert) le livre, rappelle que les livres des Hébreux étaient écrits sur de longues bandes de parchemin, roulées autour d'un cylindre.

      Il y avait deux portions des saintes Ecritures fixées pour chaque jour : l'une tirée de la loi (parasche), l'autre des prophètes (haphthare).

      Comme on remit √† J√©sus le livre du proph√®te Esa√Įe, on pourrait penser que le passage qu'il va lire √©tait justement indiqu√© pour ce jour. S'il en est ainsi, cette grande proph√©tie messianique, lue publiquement par Celui en qui elle √©tait accomplie, serait d'autant plus frappante. On a voulu aussi tirer de l√† une conclusion relative √† la date de notre sc√®ne, en se fondant sur le fait qu'aujourd'hui cette p√©ricope est lue dans les synagogues √† la f√™te des expiations (septembre).

      Mais ce mot¬†: il trouva l'endroit, semble indiquer plut√īt que ce passage se pr√©senta providentiellement au Sauveur en d√©roulant le livre.

      19 Esa√Įe 61.1,2, cit√© d'apr√®s la version grecque des Septante, l'avant-derni√®re parole de cette proph√©tie (renvoyer libres les opprim√©s) √©tant tir√©e de Esa√Įe 58.6.

      Voici d'abord la traduction litt√©rale de l'h√©breu, tel que J√©sus le lisait √† Nazareth, et qui doit servir de point de comparaison¬†: "L'Esprit du Seigneur, l'Eternel, est sur moi, parce que l'Eternel m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux mis√©rables¬†; il m'a envoy√© pour bander ceux qui ont le cŇďur bris√©, pour publier aux captifs la libert√© et √† ceux qui sont li√©s l'ouverture de la prison, pour publier l'ann√©e de la bienveillance de l'Eternel."

      C'est le Messie qui parle, c'est son Ňďuvre de r√©demption qui est ici d√©crite. Que la suite du chapitre d'Esa√Įe annonce, comme on l'admet g√©n√©ralement, le retour de la captivit√© et les b√©n√©dictions que l'Eternel r√©pandra sur son peuple, c'est possible. Mais l'esprit du proph√®te voit infiniment plus loin et plus haut¬†; il contemple la pr√©sence et l'Ňďuvre du grand R√©parateur promis √† Isra√ęl. Chaque mot de sa proph√©tie le t√©moigne, et nous en avons pour preuve l'autorit√© m√™me de J√©sus-Christ. (verset 21)

      Le Messie déclare d'abord de la manière la plus solennelle que l'Esprit du Seigneur, l'Eternel, repose sur lui, parce que l'Eternel l'a oint de cet esprit. Il ne faut donc pas traduire : c'est pourquoi il m'a oint, ce qui est un contresens.

      Oint (expression empruntée à l'usage d'oindre d'huile, 1Rois 19.16 ; Exode 28.41 ; 30.30) est la traduction de l'hébreu Messie et du grec Christ. (Comparer Matthieu 1.16, note.)

      - L'Ňďuvre magnifique, pour laquelle le Lib√©rateur a √©t√© oint et envoy√©, est indiqu√©e par six termes d'une signification profonde et touchante¬†:

      1¬į Annoncer une bonne nouvelle aux pauvres. Ce mot pauvres, emprunt√© √† la version des Septante, doit s'entendre √† la fois dans son sens litt√©ral et spirituel. (Matthieu 5.3¬†; 11.5) Mais, en h√©breu le terme ainsi traduit signifie aussi humble, d√©bonnaire, afflig√©, mis√©rable. (Psaumes 86.1 et souvent ailleurs.) La bonne nouvelle qui leur est annonc√©e, c'est le rel√®vement, la consolation, les richesses de la gr√Ęce.

      2¬į Gu√©rir ceux qui ont le cŇďur bris√©. Ici se trouve le terme propre, gu√©rir, au lieu de l'expression h√©bra√Įque¬†: bander, panser des plaies. Le sens spirituel se comprend de lui-m√™me. Chose singuli√®re, cette parole l'une des plus belles de la proph√©tie, manque dans Sin., B. D, l'Itala. Presque tous les critiques modernes l'omettent. Mais comme elle est dans l'h√©breu et dans la version grecque des Septante, elle ne peut avoir √©t√© omise ici que par une inadvertance des copistes.

      3¬į Annoncer ou publier la libert√© aux captifs. Cette promesse s'appliquait en premier lieu aux Isra√©lites captifs √† Babylone, elle avait trait aussi √† la libert√© morale que donne le Sauveur (Jean 8.36) et qui est la source de toutes les libert√©s.

      4¬į Aux aveugles le recouvrement de la vue. Cette parole pr√©sente une promesse tr√®s belle qui se trouve d√©j√† ailleurs dans les proph√®tes, (Esa√Įe 35.5) et que le Seigneur a fr√©quemment accomplie corporellement et spirituellement pour les aveugles de son temps. Mais ici les Septante se sont √©cart√©s de l'h√©breu qui porte litt√©ralement¬†: √† ceux qui sont li√©s, ouverture.

      Le verbe ouvrir est souvent joint au mot les yeux dans le sens de rendre la vue ; c'est pourquoi les traducteurs grecs ont vu dans les liés, des aveugles. Il se peut aussi, qu'ils aient pris ce dernier terme dans un sens figuré pour désigner les prisonniers revoyant la lumière au sortir de leurs cachots.

      La Bible annot√©e traduit¬†: "aux prisonniers le retour √† la lumi√®re." Du reste, une autre parole d'Esa√Įe (Esa√Įe 42.7) rendait cette association d'id√©es tr√®s naturelle.

      5¬į Renvoyer libres les opprim√©s ou mettre en libert√© ceux qui sont froiss√©s, foul√©s, bris√©s. Cette parole d'une si belle signification, ne se trouve ni dans l'h√©breu ni dans les Septante¬†; elle a √©t√© emprunt√©e √† Esa√Įe 58.6, et introduite ici de m√©moire. Peut-√™tre se trouvait-elle d√©j√† dans le document o√Ļ Luc puisait son r√©cit.

      6¬į Enfin publier l'ann√©e favorable (ou agr√©√©e ou agr√©able) du Seigneur. L'h√©breu porte¬†: l'ann√©e de bienveillance (ou de gr√Ęce) de l'Eternel. Il s'agit de l'ann√©e du jubil√©, qui revenait tous les cinquante ans¬†; (L√©vitique 25) ann√©e de gr√Ęce et de joie universelle, o√Ļ les travaux cessaient, les esclaves √©taient rendus √† la libert√©, les dettes acquitt√©es, les prisonniers amnisti√©s, etc. Cette ann√©e √©tait une image du r√®gne bienheureux du Messie. On comprend toute la grandeur et la beaut√© des esp√©rances inspir√©es ainsi au peuple par le proph√®te, et dont la signification symbolique a √©t√© si pleinement r√©alis√©e par le Sauveur.

      20 J√©sus n'avait probablement pas lu seulement le passage de la proph√©tie rapport√© par Luc, mais toute la section o√Ļ il se trouve, ou peut-√™tre tout le chapitre.

      Et il y avait, d√©j√† dans sa mani√®re de lire, quelque chose qui avait fait p√©n√©trer dans les cŇďurs la parole divine. De l√† le vif int√©r√™t avec lequel tous attendaient son explication, de l√† ces regards de tous fix√©s sur lui. Cette sc√®ne est si vivante que Luc doit l'avoir emprunt√©e √† un t√©moin oculaire.

      21 Grec¬†: Aujourd'hui est accomplie cette Ecriture dans vos oreilles¬†; elle est accomplie au moment m√™me o√Ļ vous en entendez la lecture faite par Celui qu'annon√ßait la proph√©tie. C'est, en effet, le m√™me Messie qui parle et dans le livre d'Esa√Įe et dans la synagogue de Nazareth.

      - Il y a quelque chose de solennel dans ces mots : Et il commença à leur dire. Cette parole de Jésus ne fut, en effet, que le commencement de son discours.

      Luc ne fait qu'indiquer le sujet de ce discours¬†; mais il l'indique assez clairement pour que nous sachions que J√©sus s'attacha √† prouver sa mission divine et les caract√®res de cette mission. Par l√†, il renversait toutes les id√©es charnelles que les Juifs se faisaient du Messie, puisqu'il s'annon√ßait comme le Lib√©rateur mis√©ricordieux des pauvres, des prisonniers, des cŇďurs bris√©s.

      22 Il y a, entre la première et la seconde partie de ce verset, une sorte de contradiction qui ne se comprend pas au premier abord.

      D'une part, un t√©moignage favorable rendu par tous au Sauveur, √† la suite de ce qu'ils venaient d'entendre¬†; un √©tonnement ou une admiration (le mot a les deux sens), de cette gr√Ęce divine qu'il leur annon√ßait et qui respirait dans toutes ses paroles¬†; et, d'autre part, une question qui suppose le doute, la d√©fiance, et qui signifiait¬†: Quoi¬†? cette Ňďuvre divine pour la d√©livrance de tout ce qui souffre dans notre humanit√© serait accomplie par ce jeune homme que nous avons vu grandir au milieu de nous, ce fils du charpentier Joseph dont nous connaissons tous la famille¬†!

      Evidemment la réflexion, la critique, succédant à une première impression favorable mais superficielle, ont produit des dispositions différentes qui iront jusqu'à l'incrédulité, jusqu'à la fureur. (verset 28. Comparer Matthieu 13.55-58 ; Jean 5.44)

      Celles-ci expliquent les paroles de Jésus qui vont suivre, et la déplorable issue de sa première prédication dans sa ville natale.

      - Les interprètes, qui n'admettent pas un tel revirement dans les sentiments du peuple, supposent celui-ci divisé en deux partis, dont l'un aurait éprouvé les impressions d'abord décrites, tandis que l'autre aurait d'emblée exprimé ses doutes sur le fils de Joseph.

      Mais cette explication est exclue par le texte qui dit expressément, d'une part : Tous admiraient (verset 22) et, d'autre part : Tous furent remplis de colère. (verset 28)

      23 Grec : cette parabole. (Comparer Matthieu 13.3, note.)

      - Le mot que nous traduisons ici par sans doute est plus √©nergique dans l'original¬†: il peut signifier totalement¬†; comme si J√©sus leur avait dit¬†: "Vous irez jusqu'√† dire." Mais il signifie aussi "de toute mani√®re," s√Ľrement (1Corinthiens 9.22) et ce sens est plus naturel ici.

      Luc, ainsi que les deux premiers √©vang√©listes, √©crit¬†: Capharna√ľm.

      - La seconde partie de ce verset explique la première. Jésus pense que ses concitoyens lui appliqueront le proverbe qu'il leur met dans la bouche, parce que, jusqu'ici, il avait exercé son ministère hors de Nazareth, qui devait y avoir les premiers droits : "Guéris-toi toi-même et les tiens, avant d'exercer au loin ta puissance."

      Ils font allusion aux miracles accomplis √† Caperna√ľm. Il y a peut-√™tre m√™me dans leur pens√©e un doute ironique √† cet √©gard¬†; on pourrait, en effet, traduire ainsi leurs paroles¬†: "Toutes ces grandes choses dont nous avons entendu parler, fais-les ici, dans ta patrie."

      - Les ex√©g√®tes qui estiment que le proverbe¬†: M√©decin, gu√©ris-toi toim√™me, est appliqu√© √† J√©sus lui-m√™me, expliquent ainsi la pens√©e de ses auditeurs¬†: "Si tu veux que nous croyions en toi et en la mission que tu t'attribues, sors d'abord de l'obscurit√© o√Ļ nous t'avons toujours vu, montre-nous l'autorit√© et la puissance √† laquelle tu pr√©tends, en sortant de l'humble condition dans laquelle nous te voyons."

      Et c'√©tait encore une mani√®re de lui demander des miracles. Mais J√©sus, ainsi mis en demeure, n'en fera point¬†; car l√† o√Ļ ses paroles ne rencontrent que l'incr√©dulit√©, ses miracles ne cr√©eraient pas la foi. C'est ce que l'Evangile nous dit express√©ment au sujet d'une autre visite de J√©sus √† Nazareth. (Matthieu 13.58¬†; Marc 6.5)

      24 Comparer Matthieu 13.57 ; Marc 6.4 ; Jean 4.44.

      Personne n'a plus de difficult√© √† reconna√ģtre les dons de Dieu dans un homme que ceux qui vivent famili√®rement avec lui. Ce qui est devant les yeux emp√™che de voir les choses spirituelles. (Jean 6.42)

      Aussi ce Mais il dit fait-il opposition à la demande de miracles qu'on adressait à Jésus.

      25 "Nul proph√®te n'est bien re√ßu dans sa patrie, mais c'est avec v√©rit√©, comme un s√©rieux avertissement, que je vous le dis, si cette patrie aveugl√©e le rejette, d'autres recevront la gu√©rison que vous d√©daignez¬†;" et J√©sus va en fournir des preuves historiques. Pour cela, il g√©n√©ralise sa pens√©e, qu'il reporte de Nazareth sur Isra√ęl tout entier.

      En comparant 1Rois 17.1 ; 18.1, on voit que la pluie fut accordée à la prière du prophète dans la troisième année de la sécheresse.

      En disant¬†: trois ans et six mois, (comparez Jacques 5.17) il parait que J√©sus adoptait la tradition juive qui tenait compte plut√īt de la dur√©e de la famine, que de celle de la s√©cheresse elle-m√™me.

      En effet, la terre ne put produire qu'une demi-année au moins après avoir reçu la pluie du ciel.

      26 1Rois 17.9. Sarepta était une petite ville phénicienne située entre Tyr et Sidon. Le nom s'en est conservé dans celui de Surafend, village qui rappelle encore le souvenir de la ville ancienne (F. Bovet, Voyage en Terre-Sainte, 7e édit., p. 398.)
      27 2Rois 5.14. Naaman et la veuve de Sarepta √©taient pa√Įens l'un et l'autre.

      Par ces deux exemples, si frappants pour des auditeurs juifs, J√©sus veut relever cette v√©rit√©¬†: aucun homme, aucune ville, aucun peuple n'a des droits √† la faveur de Dieu, qui est parfaitement libre dans la dispensation de ses gr√Ęces. Et, c'est pr√©cis√©ment par des pr√©tentions √† un droit, fond√© sur des privil√®ges ext√©rieurs, (verset 23) que l'homme se rend indigne des b√©n√©dictions divines.

      28 Cette col√®re prouve qu'ils ont parfaitement compris le Sauveur. Leur orgueil ne peut supporter l'id√©e que des pa√Įens leur aient jamais √©t√© pr√©f√©r√©s.
      29 Jusqu'au sommet ou bord supérieur, escarpement (littér. : sourcil.)

      Nazareth est situ√© sur le penchant d'une montagne o√Ļ se voit encore, pr√®s de l'√©glise des maronites, une paroi de rochers de 40 √† 50 pieds de hauteur.

      30 Ces mots : Mais lui, forment un contraste remarquable avec l'impuissante colère des adversaires.

      - L'imparfait : il s'en allait, peint la scène. Est-ce par un miracle de sa puissance sur leur volonté que Jésus parvient à passer au milieu d'eux et à s'en aller ?

      Plusieurs interprètes l'admettent. D'autres pensent qu'il lui suffit de la majesté de sa personne pour contenir la colère de ces furieux.

      Quoi qu'il en soit, nous voyons qu'ici, et dans d'autres occasions, (Jean 8.59) J√©sus sut r√©duire √† n√©ant les desseins meurtriers de ses adversaires, aussi longtemps que "son heure n'√©tait pas venue." Si plus tard il se livra √† eux, ce fut volontairement et pour accomplir le grand sacrifice d'o√Ļ d√©pendait la r√©demption du monde. (Jean 10.18)

      31 31 √† 34 S√©jour √† Caperna√ľm.

      Il descendit. Ce terme est choisi parce que, de Nazareth √† Caperna√ľm, on descend de la r√©gion des montagnes vers le lac.

      - Voir, sur Caperna√ľm, Matthieu 4.13, note.

      - Il y a proprement en grec : les sabbats.

      Si l'on traduit par le pluriel, il faut consid√©rer ce verset et le suivant comme une caract√©ristique g√©n√©rale de l'activit√© de J√©sus √† Caperna√ľm. (Comparer verset 15)

      Mais la liaison étroite du verset 33 avec les versets 31,32 montre que dans ceux-ci Luc a voulu décrire les circonstances dans lesquelles se produisit le fait de la guérison du démoniaque. Le pluriel les sabbats peut désigner un sabbat unique. (Comparer Luc 4.16 ; Matthieu 12. 50)

      Josèphe explique l'emploi de ce pluriel, les repos, par le fait que ce jour-là on arrêtait des travaux multiples.

      - Les mots¬†: il enseignait (grec il √©tait enseignant) peignent la situation o√Ļ se produisit l'incident.

      32 D'une autorit√© toute morale, divine, qui se rendait t√©moignage dans les consciences et dans les cŇďurs. (Matthieu 7.28)

      "Le trait suivant n'est pas raconté comme un exemple de cette autorité, mais comme démontrant le droit que Jésus avait de se l'attribuer." Godet.

      33 Cette expression compliquée : esprit de démon impur, signifie que cet homme était possédé d'un démon impur, et que cet esprit exerçait sur lui sa ténébreuse influence.

      (Voir, sur les démoniaques, Matthieu 8.28, 2e note, et sur le récit qui va suivre, Marc 1.21-28, notes.)

      34 voir Marc 1.24, note. (Comparer Jacques 2.19)
      35 Jeté au milieu, c'est-à-dire au milieu de la synagogue, en présence de toute l'assemblée.

      - Ces mots : sans lui avoir fait aucun mal, doivent s'entendre de l'impression des spectateurs, qui, voyant le malade jeté à terre, crurent qu'il était mort.

      Marc rapporte que le démon, "l'ayant agité avec violence et ayant jeté de grands cris, sortit de lui.".

      36 Comme en hébreu et en grec le mot parole signifie souvent une chose, un fait, un événement, plusieurs traduisent ainsi la question par laquelle les témoins de ce miracle expriment leur étonnement : Qu'est-ce que ceci ? (Ostervald.) Mais il est plus naturel de prendre le mot dans son sens ordinaire de parole, et de le rapporter soit en général à l'enseignement plein d'autorité de Jésus, (verset 32) soit à l'ordre qu'il vient de donner au démon. (verset 35)

      Ce dernier sens est indiqué par la seconde partie de notre verset, qui motive (car) la question précédente. Marc (Marc 1.27) exprime la même pensée d'une manière un peu différente. (Voir la note.)

      38 Voir, sur ce récit, Matthieu 8.14,15, note, et Marc 1.29-31.

      L'expression : une forte fièvre (grec une grande fièvre) est propre à Luc. Les deux premiers évangélistes se bornent à indiquer la nature de la maladie.

      - On peut traduire aussi : "Ils le consultèrent à son sujet."

      39 S'étant penché sur elle ; cette observation, que Luc seul a conservée, indique en Jésus la pensée d'éveiller l'attention de la malade, de lui inspirer de la confiance en lui pour sa guérison. (Comparer Actes 3.4)

      - Ces mots : il réprimanda la fièvre, ne supposent pas nécessairement que Jésus personnifie la maladie et se la représente comme un être malfaisant. (Comparer Matthieu 8.26)

      Ce pronom pluriel : les servait montre que Jésus n'était pas entré seul dans la maison, et, en effet, Marc (Marc 1.29) a conservé les noms des disciples qui étaient avec lui.

      40 Voir Matthieu 8.16,17, note ; Marc 1.32-34, notes.

      Ainsi les trois synoptiques ont conserv√© le souvenir de cette m√©morable soir√©e de Caperna√ľm. (Marc 1.34, note.)

      Une puissance divine extraordinaire se déployait en Jésus, et la foule, enthousiasmée par la guérison du démoniaque, (verset 33 et suivants) lui amenait de toutes parts des malades qu'il guérissait.

      Aussi est-ce avec raison que Matthieu, √©mu de ce spectacle, y voit l'accomplissement de cette belle proph√©tie d'Esa√Įe¬†: "Lui-m√™me a pris nos infirmit√©s et s'est charg√© de nos maladies."

      - Les trois premiers évangiles sont d'accord aussi pour marquer le moment précis de cette scène : le soir, au coucher du soleil. C'est que tous ceux qui amenèrent des malades à Jésus attendirent la fin du sabbat.

      - Luc seul rapporte que Jésus guérissait ces malades en imposant les mains à chacun d'eux.

      Matthieu (Matthieu 8.16) dit qu'il les gu√©rissait par une parole. L'imposition des mains pouvait avoir des buts divers¬†: communiquer au malade la force divine qui le gu√©rissait¬†; (Marc 7.33, note) lui t√©moigner aussi une tendre compassion et, en gagnant ainsi sa confiance, agir sur son √Ęme pour la sauver. (Comparer Matthieu 8.3, note.)

      Nous pouvons à peine nous représenter quel déploiement d'énergie il fallait pour rendre la santé à tant de malades, et à quelles fatigues Jésus se soumettait dans sa tendre charité.

      - Le texte reçu, avec Sin. A, C, majuscules, porte : il les guérit. L'imparfait se lit dans B, D, l'Itala, la Syr.

      41 Comparer Marc 1.34, note, et ci-dessus verset 34, note.

      Le texte reçu porte : "Tu es le Christ, le Fils de Dieu ;"

      les mots soulignés manquent dans Sin., B, C, D.

      42 Comparer Marc 1.35, note.

      Comparer Marc 1.36, note.

      D'après cet évangéliste, c'est Pierre qui se rend l'organe de ces foules pour retenir Jésus.

      43 Comparer Marc 1.38, note.

      J√©sus ne voulait pas limiter son activit√© √† une seule ville¬†; il se doit √† tous, il se donne √† tous, aux habitants des campagnes (Marc 1.38) aussi bien qu'√† ceux de Caperna√ľm.

      Telle est la volonté de Dieu : c'est pour cela que j'ai été envoyé. (Texte reçu : je suis envoyé.)

      - J√©sus exprime l'objet de sa pr√©dication en ces termes¬†: annoncer la bonne nouvelle du royaume de Dieu (grec √©vang√©liser le royaume de Dieu), c'est-√†-dire proclamer ce fait tout nouveau que Dieu commen√ßait alors √† √©tablir sur notre pauvre terre, o√Ļ r√®gnent les t√©n√®bres et le p√©ch√©, un royaume de v√©rit√©, de justice et de paix, o√Ļ tous sont invit√©s √† entrer. Comparer Matthieu 3.2, note.

      44 Grec : il était prêchant, terme qui exprime l'activité continue, infatigable qu'il déployait.

      La particule que nous rendons ainsi : dans les synagogues, indique en grec, selon le vrai texte (Sin., B. D), le mouvement ; c'est comme si l'on disait qu'il portait de synagogue en synagogue la bonne nouvelle du royaume.

  • versets s√©lectionn√©s
  • Vid√©os et messages relatifs
  • Commentaires bibliques
  • H√©breu / Grec
  • Dictionnaire
  • Versets relatifs
  • Carte
  • Favoris
  • Partager

Pour ajouter un favori, merci de vous connecter : Se connecter

Générer un verset illustré
Logo TopChrétien carré

Télécharger l'image

Choisissez une image

Personnalisez le verset

Alignement : | | | Haut | Milieu | Bas

Taille :

Couleur :

Police :

Personnalisez la référence

Couleur :

Police :

Taille :

De légères variations de mise en page peuvent apparaitre sur l'image téléchargée.

Vous avez aim√© ? Partagez autour de vous !

Update Required To play the media you will need to either update your browser to a recent version or update your Flash plugin pour Firefox & Safari - Flash plugin pour Opera & Chrome.