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Matthieu 11

    • 1 Chapitre 11. Effets produits par le minist√®re du Messie

      Il partit de l√†, o√Ļ il avait donn√© ses ordres aux disciples, (Matthieu 10.1) et, tandis que ceux-ci remplissaient leur mission, lui poursuivait¬†: la sienne (Matthieu 9.35) dans ces m√™mes villes et villages de la Galil√©e o√Ļ il l'avait commenc√©e.

      Le pronom leurs villes ne d√©signe donc pas les villes des disciples, celles d'o√Ļ ils √©taient originaires, mais celles des Galil√©ens.

      2 Attitude de Jean-Baptiste et de la foule

      2 à 19 Message de Jean

      Grec : ayant envoyé par ses disciples, lui dit.

      Le texte reçu porte : envoyé deux de ses disciples, variante empruntée à Luc 7.19.

      - Jean-Baptiste était alors détenu par Hérode (Matthieu 4.12,14.2,3) dans un cachot de la forteresse de Machaerus, située sur la rive orientale de la mer Morte, au sommet de rochers d'une grande hauteur. Josèphe, Antiq., XVIII, 5,2. (Voir E. Stapfer, La Palestine, seconde édition, p. 48.)

      L√†, il apprit, sans doute par ses disciples qui pouvaient le visiter, quelque chose des Ňďuvres de J√©sus. Ce mot peut d√©signer ses miracles, mais aussi son activit√© en g√©n√©ral. Telle fut l'occasion de cet important message. Luc lui assigne une date¬†: ant√©rieure. (Voir Luc 7.18-35, notes.)

      3 Grec : Toi, es-tu celui qui vient ? C'est-à-dire le Messie, le Libérateur.

      Depuis longtemps le Messie était désigné comme celui qui vient. Cette expression indique la certitude et la proximité de sa venue. (Malachie 3.1 ; Psaumes 40.8 ; comparez Hébreux 10.37).

      Ce mot si direct¬†: toi, est oppos√© √† celui-ci¬†: un autre. Il faudrait en attendre un autre si tu ne l'√©tais pas, parce qu'il est impossible que les promesses de Dieu pour le salut du monde ne s'accomplissent pas. Mais d'o√Ļ pouvait na√ģtre cette question¬†? Elle √©tonne au premier abord, apr√®s les t√©moignages si nombreux et si pr√©cis que Jean-Baptiste avait rendus √† la messianit√© de J√©sus. (Matthieu 3.11,12¬†; Jean 1.23-37¬†; Jean 3.25-36)

      Aussi, craignant de voir une contradiction entre ces t√©moignages et cette question, un grand nombre d'interpr√®tes ont cherch√© de diverses mani√®res √† diminuer la port√©e de la d√©marche de Jean. Elle devait, a-t-on pens√©, pousser J√©sus √† une action plus d√©cisive pour l'√©tablissement de son r√®gne, dans le sens o√Ļ Jean l'avait annonc√©. (Jean 3.12)

      Mais une telle intention serait-elle conciliable avec la profonde vénération de Jean pour Jésus ? Jean avait pour but, selon d'autres, d'offrir à ses disciples une occasion de voir le Sauveur, d'entendre son témoignage, de s'attacher à lui. Cette interprétation est devenue traditionnelle depuis les Pères et les réformateurs. Mais c'est réduire à une fiction, non seulement la grave question du prophète, mais encore la solennelle réponse de Jésus, qu'il adresse expressément à Jean. (verset 4)

      Aussi les ex√©g√®tes les plus autoris√©s de nos jours prennent ils la question comme la r√©ponse au sens propre. Jean √©tait depuis pr√®s d'un an dans sa prison¬†; il ne voyait point s'√©tablir avec puissance le r√®gne qu'il avait annonc√©¬†; J√©sus ne faisait rien pour le d√©livrer. Il y eut alors pour lui un moment o√Ļ, peut-√™tre dans le pressentiment de sa fin tragique, il sentit sa foi s'obscurcir¬†; son √Ęme fut assaillie par l'impatience o√Ļ le d√©couragement. De l√† la question qu'il adresse √† J√©sus dans un moment d'angoisse. (Comparer Luc 7.18, note.) Il se demandait si J√©sus √©tait bien le Messie¬†; s'il ne fallait pas en attendre un autre. Les Juifs croyaient que divers envoy√©s de Dieu devaient pr√©parer l'Ňďuvre messianique. (Matthieu 16.14¬†; Luc 9.19¬†; Jean 1.19-21)

      Jean ne conteste pas la mission divine de J√©sus¬†; il reconna√ģt que J√©sus lui est sup√©rieur, et c'est pour cela qu'il s'adresse √† lui pour √™tre √©clair√©¬†; mais il se dit que peut-√™tre, malgr√© tout, il n'√©tait encore qu'un proph√®te, un pr√©curseur comme lui, et que, par sa pr√©dication et ses Ňďuvres d'amour, il adressait un supr√™me appel √† son peuple et pr√©parait la venue du Roi divin, qui "baptiserait de Saint Esprit et de feu et nettoierait son aire." (Matthieu 3.11,12)

      On a objecté qu'un tel doute ne pouvait se produire chez Jean après la scène du baptême, dont il avait été témoin. (Matthieu 3.13-17 ; Jean 1.32-34) Mais n'est-ce pas le propre du doute d'ébranler la certitude que nous puisons dans ces révélations célestes ? Rien de plus naturel psychologiquement, rien de plus conforme à l'expérience des hommes de Dieu, surtout sous l'ancienne alliance. (Moise, Elie, etc.)

      5 A la question des disciples de Jean, J√©sus r√©pond par des faits. Il renvoie le pr√©curseur au t√©moignage de ses Ňďuvres, de sa vie. Il lui montre celles-ci en pleine harmonie avec la proph√©tie. (Esa√Įe 35.5 et suivants¬†; Esa√Įe 61.1)

      Jean devait en conclure qu'il était bien certainement celui qui vient.

      J√©sus veut dire qu'il accomplit la proph√©tie √† la lettre. Il n'emprunte pas √† Esa√Įe ces images pour d√©peindre les effets spirituels de son activit√©. Apr√®s l'√©num√©ration de ces miracles mat√©riels, il mentionne enfin ce qui est le but supr√™me de ses bienfaits, le plus grand miracle¬†: la pr√©dication de l'Evangile qui est annonc√© aux pauvres. Luc 4.18¬†; (voir sur ce dernier mot Matthieu 5.3, note.).

      6 Grec¬†: qui ne se sera pas scandalis√© en moi, (Matthieu 5.29, note) qui ne trouvera point en moi ou en mon Ňďuvre une occasion de chute, par le doute, le d√©couragement, ou de quelque autre mani√®re. (Matthieu 13.57¬†; 26.31,33)

      Sérieux avertissement adressé à Jean, et qui n'aurait pas de raison, si l'on prenait sa question dans l'un des deux sens que nous avons rejetés. (verset 3, note.)

      7 Dans ce discours au peuple, Jésus parait avoir eu une double intention : d'abord de justifier et de relever le précurseur, dont la délégation et la question avaient pu faire une impression défavorable sur la foule ; ensuite et surtout de tirer de ce même incident un sérieux avertissement pour le peuple qui avait si peu profité du ministère de ce grand prophète.

      Mais pour cela Jésus attend que les disciples de Jean s'en soient allés, et il les laisse, avec une grande sagesse, sous l'impression de sa réponse. (versets 4-6)

      9 Des trois questions que Jésus adresse coup sur coup au peuple, les deux premières expriment des suppositions directement opposées à ce qu'était le caractère notoire de Jean. Un roseau agité du vent ? c'est-à-dire un homme faible, vacillant, pliant sous toutes les influences ? La question qu'il venait de faire adresser à Jésus aurait pu donner de lui cette idée. Mais tout le peuple savait parfaitement le contraire ; il ne l'avait trouvé que trop ferme, trop rigoureux. N'était-il pas en prison pour avoir été dire la vérité à Hérode jusque dans son palais ?

      - Mais (puisque ce n √©tait pas cela) quoi donc¬†? Un homme du monde vivant dans la mollesse portant des v√™tements mŇďlleux, eff√©min√©s¬†? Il aurait fallu le chercher dans un palais royal¬†; mais Jean¬†! (Voir Matthieu 3.4)

      Le Sin. a : "Pourquoi êtes-vous allés ? voir un homme ?"

      - Mais enfin, quoi donc ? Un prophète ? (Sin., B portent ici : "Pourquoi êtes-vous allés ? voir un prophète ?" Le sens est le même.)

      Et Jésus confirme solennellement cette attente du peuple. Jean était même plus qu'un des prophètes de l'ancienne alliance, parce que, sur le seuil du royaume de Christ il l'avait annoncé et montré immédiatement comme l'Agneau de Dieu, (Jean 1.29) après avoir prêché la repentante (Comparer verset 10)

      - Chacune de ces questions renfermait un reproche pour les auditeurs de Jésus. Ce que Jean n'était pas, un roseau vacillant, un homme du monde eux l'étaient, et ils le prouvaient par la légèreté avec laquelle ils avaient oublié le témoignage de ce grand prophète. (versets 16-19 ; comparez Luc 7.29,30)

      10 Preuve que Jean est plus qu'un prophète. Celui qui est annoncé par une prophétie est plus grand que celui qui l'annonce.

      - Ce passage, emprunté à Malachie 3.1, est cité d'une manière très remarquable.

      Dans le proph√®te, c'est J√©hovah qui parle et il dit¬†: "J'envoie mon messager, et il pr√©parera le chemin devant ma face Et aussit√īt le Seigneur que vous cherchez entrera dans son temple, etc." Tandis que, dans notre citation, J√©hovah parle √† son Oint, J√©sus-Christ, et dit¬†: "J'envoie mon messager devant ta face il pr√©parera ton chemin devant toi."

      Cette appropriation évidemment voulue de la prophétie au Sauveur, se retrouve également dans Luc Luc 7.27 et dans Marc Marc 1.2 on doit en conclure qu'elle procède de Jésus lui-même, et qu'à ses yeux la venue de Jéhovah, annoncée par le prophète, avait eu lieu en sa personne.

      11 Ceux qui sont n√©s de femme, ce sont tous les hommes, mais cet h√©bra√Įsme exprime l'id√©e de l'homme faible, mortel, p√©cheur. Job 14.1,15.14¬†; 25.4 comparez, dans un autre sens, Galates 4.4.

      Nul donc, parmi les hommes de l'ancienne alliance, n'a été plus grand que Jean-Baptiste. (verset 9) Mais telle est la supériorité absolue de ce royaume des cieux établi sur la terre par le Fils de Dieu, que là celui-là même qui est en soi plus petit que le précurseur, est plus grand que lui.

      La raison en est que le rapport tout nouveau dans lequel L'homme pécheur entre avec Dieu par sa communion avec Jésus Christ, par sa réconciliation au moyen du sacrifice de la croix par la régénération qu'opère en lui l'Esprit-Saint, est spécifiquement différent du rapport que les justes ou même les prophètes de l'Ancien Testament soutenaient avec Dieu. Cela ne signifie point que Jean-Baptiste ne dut pas avoir part à la plénitude de ce royaume de Dieu, mais Jésus marque ici d'une manière absolue le caractère divers des deux alliances sur la terre, or Jean appartenait encore à l'ancienne.

      - Il est parfaitement arbitraire, et c'est exagérer la pensée du Sauveur, de prendre, comme le font la plupart de nos versions et beaucoup de commentateurs, ce comparatif : "celui qui est plus petit." pour un superlatif : le plus petit, ou le moindre. La grammaire et une saine exégèse s'y opposent également.

      12 Ces paroles, jusqu'au verset 15, appartiennent encore au discours que J√©sus prononce √† la louange de Jean. C'est √† lui, en effet, a sa puissante pr√©dication de la repentance (depuis les jours de Jean) qu'il attribue ces besoins religieux si profonds, qui attiraient √† lui les √Ęmes et qui en amenaient un grand nombre √† saisir le royaume des cieux avec une sorte de violence morale. (Grec¬†: le royaume des cieux est violent√©.)

      Qu'on se souvienne de ces foules qui se pressaient autour de Jésus, qui lui laissaient à peine le temps de prendre un repas, qui le forçaient souvent à se retirer au désert, pour y trouver quelque repos, qu'on se rappelle aussi la soif de pardon qui tourmentait les péagers et les pécheurs qui venaient à lui malgré tous les obstacles ; (Luc 7.36 et suivants) que l'on considère les dures conditions que Jésus mettait à l'entrée dans le royaume et les saintes violences qu'il exigeait de ses disciples. (Matthieu 5.29,30 ; 6.24 ; 8.18-22 ; 10.37-39)

      - C'est avec une joie intime que J√©sus dut prononcer ces paroles. Ils ne l'ont donc pas compris, ceux qui entendent sa pens√©e comme une plainte ou un bl√Ęme contre de pr√©tendus ennemis qui violentaient son royaume par la pers√©cution ou contre d'autres violents qui en emp√™chaient les progr√®s par un faux z√®le.

      Beaucoup plut√īt pourrait-on se ranger √† l'avis de ceux qui, donnant au verbe violenter un sens neutre au lieu du passif, pensent que J√©sus veut dire que le royaume s'√©tend avec puissance, fait par sa force divine de grandes conqu√™tes, r√©veille les consciences et excite ainsi le z√®le de ces violents qui le ravissent, le d√©robent par leur ardeur.

      Le premier sens indiqué reste pourtant plus conforme aux termes et à l'ensemble du discours. (Comparer Luc 16.16, note)

      14 Ces paroles expliquent historiquement (car) celles qui précèdent : Jusqu'à Jean, tous les prophètes, et même la loi, qui, dans un sens, était une prophétie, (Jean 5.46) ont prophétisé, annoncé l'avenir du règne de Dieu, et n'ont pu faire davantage.

      Mais lui, Jean, est cet Elie qui, selon le prophète Malachie 4.5. devait venir, (Matthieu 17.11-13,Luc 1.17) et voilà pourquoi son ministère a eu de si grands résultats (verset 12)

      - et pourquoi il est le plus grand des prophètes. (verset 11) Mais les auditeurs de Jésus n'avaient pas tous été atteints par la prédication de Jean ; de là cet avertissement en forme de parenthèse, destiné à leur faire sentir leur responsabilité : grec si vous voulez recevoir ma déclaration qu'il est l'Elie annoncé par Malachie ; de votre volonté dépend qu'il soit pour vous personnellement ce qu'il est en réalité dans le plan de Dieu : "celui qui prépare le chemin du Seigneur." (Comparer Matthieu 17.12)

      15 Appel à donner une sérieuse attention à cette importante instruction au sujet de Jean-Baptiste. (Comparer Matthieu 13.9 ; Marc 4.9 ; Luc 8.8)

      - Le texte reçu porte : "des oreilles pour entendre," mot inauthentique ici.

      17 Le discours sur Jean-Baptiste est fini, (versets 7-15) mais Jésus ne laissera pas échapper cette occasion de faire entendre un sérieux reproche à sa génération, qui ne savait mettre à profit, pour sa vie religieuse et morale, ni le témoignage de Jean, ni celui du Sauveur. Après avoir cherché l'image (à qui comparerai-je...) qui pourra figurer une telle conduite., il la trouve dans un jeu que pratiquaient sur la place publique les petits enfants (grec) de son temps.

      Ce jeu ressemblait √† celui que nous appelons du nom de "charade." L'un des deux groupes de joueurs commen√ßait la repr√©sentation d'une sc√®ne de la vie ordinaire, les autres pour montrer qu'ils avaient devin√© le motif choisi, entraient aussit√īt dans leur jeu et achevaient la sc√®ne commenc√©e.

      Ainsi les premiers jouaient de la fl√Ľte¬†; les autres (leurs compagnons d'apr√®s le texte re√ßu) devaient repr√©senter une noce qui s'avance au milieu des danses gracieuses. Les premiers chantaient des complaintes¬†; les autres devaient se former en un cort√®ge fun√®bre et faire retentir de lugubres lamentations. Mais voici que le second groupe d'enfants d'humeur maussade et boudeuse refus√© de r√©pondre aux invites de leurs camarades et de prendre part au jeu. De l√† les reproches qu'ils s'attirent.

      - Les enfants du premier groupe repr√©sentent J√©sus et Jean¬†; ceux du second groupe la g√©n√©ration contemporaine qui demeure sourde aux appels de l'un et de l'autre. Telle est l'explication la plus naturelle de cette parabole. Elle nous para√ģt indiqu√©e par les versets 18 et 19¬†: car Jean...

      - Cependant la plupart des interprètes modernes s'appuyant sur les premiers mots : Je la comparerai (cette génération) à des enfants...qui disent, et prenant ces mots à la lettre appliquent l'image des enfants qui se plaignent de n'être pas suivis aux contemporains du Sauveur qui auraient voulu imposer leur volonté à Jean et à Jésus, et sont mécontents de n'y avoir pas réussi.

      Mais cette expression : je comparerai à,...est comparé à, s'applique très souvent à l'image prise d'une manière générale : (Matthieu 13.24,45 ; 25.1) et le sens auquel on arrive ainsi s'accorde moins bien avec les versets 18, 19. D'après B. Weisse, Jésus aurait voulu simplement caractériser l'esprit de cette génération, en la comparant à des enfants capricieux, qui voudraient faire rire et pleurer leurs camarades au gré de leurs désirs changeants. Le seconde groupe des enfants n'est qu'un trait de détail du tableau. Il ne faut pas lui chercher d'application. C'est à cette humeur volontaire et indocile que Jésus attribuerait (car, verset 18,19) le double insuccès du ministère de Jean et du sien propre.

      19 Jean est venu (est entré dans son ministère, a vécu), dans l'abstinence, avec le rigoureux ascétisme d'un prophète de l'Ancien Testament, et ils le calomnient, le disant possédé, attribuant au démon de l'orgueil les exagérations de ses austérités.

      Au contraire, le fils de l'homme (Matthieu 8.20, note) vit avec la sainte libert√© de la nouvelle alliance, accepte les invitations des p√©agers et p√©cheurs¬†; et ils le calomnient en l'accusant de violer les prescriptions de la loi et de vivre dans la dissolution. Ainsi, ni les complaintes s√©v√®res de la loi, ni les doux sons de I'Evangile de la gr√Ęce, n'ont pu faire impression sur eux.

      Ce mais doit être admis ici, quoiqu'il y ait la particule et en grec, car elle est évidemment prise dans un sens adversatif, qu'elle a souvent en hébreu : et pourtant.

      Malgré toute cette aveugle opposition à Jean et à Jésus, la sagesse divine, qui se manifeste d'une manière éclatante dans l'emploi de ces diverses méthodes (la loi, l'Evangile), cette sagesse a été justifiée, comment ? de la part de ses enfants, qui non seulement l'ont reconnue, admise, mais ont prouvé, par la transformation de leur vie, combien les moyens employés par cette sagesse étaient divins et seuls adaptés aux besoins de la nature humaine.

      C'est dans ce sens, et dans la même occasion, qu'il est dit que le peuple qui croyait et les péagers qui se repentaient justifiaient Dieu. (Luc 7.35, note.)

      Seulement il ne faut pas traduire¬†: "a √©t√© justifi√©e par ses enfants¬†;" le grec ne le permet pas, et ces enfants de la sagesse (h√©bra√Įsme, comme "enfants de la lumi√®re," Luc 16.8) ne sont que la cause indirecte, l'occasion de cette justification¬†; la vraie cause est en Dieu m√™me et dans l'action de sa gr√Ęce.

      Nous ne discuterons pas quelques autres explications proposées de ces paroles, les tenant pour inadmissibles.

      - Une variante de Sin., B, adopt√©e par Tischendorf, porte¬†: "la sagesse a √©t√© justifi√©e de la part de ses Ňďuvres" c'est-√†-dire par ses effets, ses fruits, ses actes, tant dans la vie de Jean que dans celle de J√©sus. Le sens resterait donc √† peu pr√®s le m√™me.

      J√©r√īme dit que de son temps on lisait cette variante "dans quelques √©vangiles," mais malgr√© ce t√©moignage, la le√ßon du texte re√ßu, qui se lit dans presque tous les majusc., parait plus probable.

      20 20 √† 30 Reproches, Actions de gr√Ęce, Invitation.

      Il y a dans ce mot il commença quelque chose de solennel.

      - Si l'adverbe de temps alors doit se prendre à la lettre, ces sévères reproches adressés aux villes qui n'avaient pas cru à la parole du Seigneur, auraient été prononcés à la suite des verset 16-19, dont ils complètent très bien la pensée.

      Mais Luc 10.13 et suivants les place dans le discours relatif à l'envoi des soixante-dix disciples. Les interprètes se divisent sur la préférence à donner à l'une ou à l'autre de ces dates.

      Meyer n'aurait-il pas raison en supposant que Jésus peut fort bien avoir fait entendre, dans les deux occasions, ces expressions de la douleur que lui causait l'endurcissement des hommes de sa génération ?

      21 Corazin n'est mentionn√© ni dans I'Ancien Testament, ni dans Jos√®phe, et le Nouveau Testament ne nomme cette ville qu'ici et dans le passage parall√®le de Luc. J√©r√īme la d√©signe comme une ruine √† deux lieues de Caperna√ľm sur les bords du lac de G√©n√©zareth. Des voyageurs modernes ont cru retrouver son emplacement dans des ruines portant le nom de Kerazeh et qui sont situ√©es √† une heure au nord-est de Caperna√ľm dans l'int√©rieur des terres. (Voir aussi F. Bovet, Voyage en Terre Sainte, p. 372, 7e √©dit.)

      Bethsa√Įda patrie de Pierre, d'Andr√© et de Philippe, (Jean 1.45) √©tait √©galement situ√©e √† quelque distance de Caperna√ľm, sur le bord occidental du m√™me lac. (Marc 6.45, note.)

      - Les miracles (grec puissances, actes de la puissance divine de Jésus) qui furent accomplis dans ces villes ne sont pas rapportés dans l'évangile. Cette omission confirme une déclaration de Jean. (Jean 20.30)

      A ces villes ainsi privil√©gi√©es, le Seigneur oppose, afin de leur faire sentir leur ingratitude et leur responsabilit√©, les grandes cit√©s pa√Įennes et corrompues de Tyr et de Sidon qui, √† cause du voisinage de la Syrie, s'offraient naturellement comme points de comparaison. Avec les m√™mes moyens de gr√Ęce, elles se seraient repenties (ou converties, auraient chang√© de dispositions) dans le sac et la cendre. Allusion √† l'usage pratiqu√© chez les Juifs de se rev√™tir d'une tunique d'√©toffe sombre et grossi√®re et de se r√©pandre de la cendre sur la t√™te (2Samuel 13.19) ou de s'asseoir sur la cendre. (Job 2.8)

      Il faut prendre au propre la d√©claration de J√©sus sur ces villes pa√Įennes, et alors, quel myst√®re elle renferme¬†! Si Tyr et Sidon avaient vu les Ňďuvres du Sauveur, avaient entendu sa parole, elles se seraient repenties¬†: et elles ne l'ont pas connu¬†!

      22 Comparer Matthieu 10.15, note.
      23 Caperna√ľm (voir sur cette ville Matthieu 4.13, note) avait r√©ellement √©t√© √©lev√©e jusqu'au ciel par la pr√©sence, les Ňďuvres, la pr√©dication du Fils de Dieu au milieu d'elle.

      Son incr√©dulit√© la fera descendre au jour du jugement jusqu'au s√©jours des morts, en grec had√®s ("lieu invisible") en h√©breu scheol. (Esa√Įe 5.14,14.9 et suivants) Ce s√©jour des morts est un lieu d'attente¬†: ceux qui l'habitent ne sont encore ni heureux ni malheureux¬†; mais apr√®s le jugement il devient pour les condamn√©s le lieu des tourments. (Luc 16.23)

      - Une variante de Sin., B, C, D, admise par la plupart des critiques, porte¬†: "Et toi, Capernaum, seras-tu √©lev√©e jusqu'au ciel¬†?" et la d√©claration qui suit serait la r√©ponse √† cette question. Mais une telle question ne serait pas motiv√©e, car rien ne montre que Caperna√ľm eut la pr√©tention d'√™tre √©lev√©e jusqu'au ciel, aussi la plupart des ex√©g√®tes ne voient-ils dans cette le√ßon, malgr√© le poids des t√©moignages, qu'une faute de copiste facile √† expliquer. (Comparer le Commentaire de M. Godet sur Luc 10.15)

      Cette comparaison avec Sodome est encore plus humiliante que celle qui précède avec Tyr et Sidon. Sodome subsisterait, n'aurait pas été détruite par un terrible jugement de Dieu. On voit quelle réalité le Seigneur attribue aux faits de l'histoire biblique.

      24 Ce vous ne s'adresse pas aux auditeurs de Jésus, mais aux habitants de Capernaum, (verset 23) tandis que le toi s'adresse à la ville elle-même.

      Les variantes qui tendent à égaliser ces pronoms, en mettant les deux fois vous (D et l'Itala) ou deux fois toi, (vers. syriaques) ne sont que des corrections sans valeur.

      - Le ton de ces verset 21-24 est extrêmement solennel, soit par la progression de la pensée, soit par la similarité des apostrophes, (versets 21,23) soit par la répétition de la même annonce du jugement. (verset 22)

      - "Quand Christ fait entendre ce malheur qui est un jugement, c'est qu'il le ressent dans son cŇďur par sa tendre compassion, et sa parole est I'annonce du jugement ext√©rieur pour ceux qui sont d√©j√†, au dedans, sous le jugement de I'endurcissement." Lange.

      25 En ce temps-l√†, dans le style du premier √©vangile, est une expression vague. Elle ne signifie pas que les grandes paroles qui suivent aient √©t√© prononc√©es imm√©diatement apr√®s celles qui pr√©c√®dent. Luc 10.21 les place au moment du retour des soixante-dix disciples, et cette action de gr√Ęce, que J√©sus prononce en tressaillant de joie, a pour cause les succ√®s qu'avaient eus parmi le peuple ces premiers messagers de l'Evangile.

      Quelques interpr√®tes leur assignent le moment du retour des douze apr√®s leur premi√®re mission. (Marc 6.12,30¬†; Luc 9.6,10) Cela para√ģt moins probable.

      - Le mot que nous traduisons par prenant la parole signifie proprement r√©pondant. C'est un h√©bra√Įsme qui veut bien dire¬†: prendre la parole, commencer √† parler, mais toujours pour r√©pondre √† une id√©e ou √† un sentiment de ceux qui sont pr√©sents. (Comparer Matthieu 22.1¬†; 28.5¬†; Luc 13.14,Jean 2.18,5.17)

      Il n'y a pas un mot ici qui ne porte en soi le plus profond enseignement. Les titres que Jésus donne à Dieu expriment l'amour éternel (Père !) et la souveraine puissance (Seigneur du ciel et de la terre), se manifestant dans les dispensations mêmes qui font l'objet de cette louange : cacher aux uns, révéler aux autres.

      Ces choses ainsi cach√©es ou r√©v√©l√©es (non √† l'ext√©rieur, mais dans leur sens intime et vivant), ce sont les v√©rit√©s du royaume de Dieu que J√©sus apportait au monde, l'Evangile de la gr√Ęce. (Matthieu 13.11)

      Les sages et intelligents √©taient, au temps de J√©sus, les scribes, les pharisiens. Ce sont, dans tous les temps, ceux qui sont tels √† leurs propres yeux, et √† qui, par cela m√™me, la v√©rit√© divine para√ģt m√©prisable. (1Corinthiens 1.19-21)

      Il faut remarquer qu'il y a dans l'original à des sages, à des intelligents de sorte que l'exclusion des hommes de cette catégorie n'est pas absolue.

      Les enfants, ce sont les petits et les simples, tels que les premiers disciples de Jésus en Galilée, qui, étrangers à la sagesse et à la science des écoles, sentant leur ignorance et leurs besoins, recevaient avidement la lumière d'en haut. Tels doivent redevenir devant Dieu les savants eux-mêmes pour entrer à l'école de Jésus Christ (1Corinthiens 3.18,19)

      - Jésus loue Dieu pour l'une et l'autre des actions indiquées et qui sont inséparables, aussi bien de ce qu'il cache que de ce qu'il révèle

      A l'orgueil de l'intelligence, il est r√©pondu par l'aveuglement, √† la simplicit√© du cŇďur qui veut la v√©rit√©, par la r√©v√©lation. Gess.

      (Comparer Jean 9.39)

      26 J√©sus confirme solennellement son action de gr√Ęce et en indique la raison supr√™me.

      Le bon plaisir de Dieu, (grec) bienveillance, bonne volonté, (Matthieu 3.17 ; Luc 2.14 ; Ephésiens 1.5) est fondé dans sa justice et son amour.

      Devant toi, h√©bra√Įsme qui signifie √† tes yeux, √† ton jugement. (Exode 28.38)

      Quant à la construction au lieu de parce que, on peut traduire : de ce que, en sous-entendant encore je te loue, (verset 25) mais la traduction ordinaire est préférable, parce qu'ainsi Jésus nous montre, dans la volonté souveraine de Dieu, la raison de la déclaration paradoxale qui précède.

      27 Encore tout rempli du sentiment de reconnaissance qui vient d'√©lever son √Ęme √† Dieu, J√©sus se tourne vers ses disciples (Luc 10.22) et leur communique les v√©rit√©s les plus profondes sur sa personne. Il vient de dire que le P√®re se r√©v√®le aux enfants¬†; (verset 25) mais il ne se r√©v√®le qu'en son Fils, √† qui il a livr√©, remis toutes choses. On a voulu restreindre ce dernier mot √† la sph√®re spirituelle √† la possession du royaume de Dieu que J√©sus enseignait, ou √† sa connaissance de Dieu dont parle ce verset m√™me. (Comparer Matthieu 28.18¬†; Jean 3.35¬†; 13.3,16.15)

      Cette relation avec les paroles qui suivent montre en effet que cette expression a un sens spirituel, mais la relation avec ce qui précède (miracles accomplis, verset 20, jugement à exercer, verset 22) conduit à la prendre dans un sens plus étendu et à ne poser aucune limite quelconque à cette déclaration.

      En remettant toutes choses au Fils pour la r√©demption du monde, Dieu ne cesse pas de r√©gner¬†; mais comme il gouverne le monde en vue de cette r√©demption, il reste vrai que tout est remis au Fils, tout, jusqu'au jugement √©ternel, qui sera le couronnement de Son Ňďuvre. (Jean 5.22,23) Cette d√©claration est la raison de celle qui suit, √† laquelle J√©sus passe par un simple et, qui logiquement signifie¬†: voil√† pourquoi.

      Conna√ģtre, dans le langage des Ecritures, ne signifie jamais une simple action de l'intelligence, parfaitement insuffisante quand il s agit de choses divines. Ce mot suppose toujours une connaissance exp√©rimentale rendue compl√®te par l'amour et la vie.

      Aussi le mot original est-il compos√© du verbe et d'une particule qui lui donne le sens de conna√ģtre enti√®rement. Or, dans ce sens, la d√©claration de J√©sus est d'une v√©rit√© absolue. Mais quel rapport myst√©rieux, ineffable, unique, entre le Fils et le P√®re nous est ici r√©v√©l√©¬†! Qui est-il, l'Etre que Dieu seul conna√ģt et qui seul conna√ģt Dieu¬†? II faut pour cela qu'il soit avec Dieu dans cette unit√© d'esprit, d'amour, de volont√©, d'essence, qui l 'autorisait √† dire¬†: "Moi et le P√®re sommes un" Et comme le P√®re a le pouvoir de r√©v√®ler et de cacher, (verset 25) le Fils aussi r√©v√®le le P√®re √† qui il veut. Il s'agit de cette r√©v√©lation int√©rieure qui n'a lieu que par une communion vivante avec le Fils, et par laquelle il nous fait part de la connaissance unique qu'il a du P√®re. De l√† le rapport profond de ces paroles avec celles qui suivent.

      - Qui, en écoutant cette grande déclaration du Sauveur sur sa personne, ne la croirait tirée de l'évangile de Jean ? Sous la plume de Matthieu et de Luc, elle confirme le quatrième évangile, et identifie le témoignage de ce dernier avec celui des synoptiques.

      28 Douce et pr√©cieuse invitation. Tous¬†: gr√Ęce universelle, offerte sans autre condition, que de se sentir fatigu√©s et charg√©s¬†!

      - Ces deux participes expriment deux id√©es distinctes. Le premier suppose le travail auquel un homme se livre en vain pour satisfaire aux exigences de sa conscience souffrante et de la loi qui l'accuse, le second, ce lourd fardeau de mis√®re morale et de peines am√®res que porte celui qui m√®ne une vie sans Dieu. Ce fardeau √©tait rendu plus accablant encore par les prescriptions l√©gales et pharisa√Įques de la propre justice. (Matthieu 23.4¬†; Actes 15.10)

      Ce que Jésus offre (et moi, par opposition à tout autre), c'est le soulagement ou le repos (grec "je vous reposerai," et au verset 29 : "vous trouverez le repos"), en d'autres termes, la paix, (Jean 14.27) doux et précieux fruit du pardon et de l'affranchissement.

      30 Un joug est l'image de la soumission, de l'obéissance. Jésus vient de promettre le soulagement, le repos. (verset 28) Il rappelle maintenant la condition de cette délivrance.

      "Après avoir promis un repos heureux aux pauvres consciences misérablement travaillées, il admoneste qu'il est leur libérateur à cette condition qu'elles se rangent sous son joug." Calvin.

      Qu'est-ce que se charger de ce joug¬†? les mots qui suivent l'indiquent¬†: c'est apprendre de lui, non seulement √™tre instruit par sa parole, mais imiter son exemple, vivre de sa vie. Il faut entrer dans cette voie sans h√©siter, dit le Sauveur, parce que je suis doux, et humble de cŇďur.

      Ce motif peut être entendu de deux manières, soit comme un encouragement : ne craignez pas de vous mettre à mon école, je suis plein de support, de patience, mon joug n'est pas difficile à porter ; soit comme indication du seul moyen de se charger de son joug, qui est d'apprendre de Jésus la douceur et l'humilité qu'il avait lui-même.

      Pour les orgueilleux qui cherchent leur propre justice, ce joug sera intol√©rable, il ne sera ais√© (grec bon, bienfaisant) que pour ceux qui seront doux et humbles de cŇďur.

      "Comment se fera-t-il qu'un chacun y ploye et baisse le col volontiers et paisiblement, sinon qu'étant revêtu de douceur, il soit conformé à Christ ?" Calvin.

      Celui-l√† trouvera du repos pour son √Ęme, parce que seul aussi, il est fatigu√© et charg√©, dans le sens du verset 28.

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