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Matthieu 5

    • 1 Chapitre 5.

      1 à 16 Préambule du Discours sur la Montagne. Les Béatitudes.

      Comparer Luc 6.20 et suivants Les foules sont celles que Matthieu a d√©crites Matthieu 4.25, et qui, attir√©es par les gu√©risons que J√©sus op√©rait et par la puissance de sa parole, l'avaient suivi de toutes les contr√©es d'alentour, m√™me de J√©rusalem et de la Jud√©e. Les gu√©risons et les actes miraculeux, dont elles avaient √©t√© t√©moins les avaient pr√©par√©es √† recevoir les paroles √©tonnantes qu'elles vont ou√Įr. Comment auraient-elles pu croire heureux ceux que l'exp√©rience et le bon sens proclament malheureux, si elles n'avaient contempl√© les merveilleuses d√©livrances que J√©sus tenait en r√©serve pour eux¬†? (Comparer Luc 4.17 et suivants)

      - La montagne, malgr√© l'article, ne d√©signe aucune sommit√© particuli√®re, mais en g√©n√©ral la hauteur, par opposition √† la plaine. C'est ainsi que les habitants des vall√©es disent¬†: aller √† la montagne, sans indiquer par la un point sp√©cial de la cha√ģne dont il s'agit. La tradition a √©t√© plus pr√©cise que les √©vang√©listes¬†; elle place la montagne des B√©atitudes non loin de la ville de Tib√©riade, situ√©e sur le bord du lac de ce nom. Derri√®re la montagne qui domine Tib√©riade est un large plateau, montant en pente douce du cot√© d'un rocher qui en forme le sommet. C'est sur ce rocher que J√©sus aurait passe la nuit en pri√®res et qu'au point du jour il aurait appel√© ses disciples et choisi ses ap√ītres. (Luc 6.12 et suivants)

      Puis il serait descendu près de la foule qui l'attendait sur le plateau, et c'est de la qu'il aurait enseigné le peuple. L'apparente contradiction qui existe entre le récit de Luc et celui de Matthieu se trouverait ainsi résolue.

      Selon le premier, Jésus descendit, et c'est dans une plaine qu'il aurait prononce son discours. (Luc 6.17 note.)

      Selon Matthieu, il serait mont√© sur une montagne avec le peuple. Ceci s'explique, puisque Matthieu ne dit rien ici de la pri√®re de J√©sus et de l'√©lection des ap√ītres il ne rapporte que le fait g√©n√©ral, la pr√©dication aux troupes assembl√©es sur une montagne.

      Luc, qui rapporte un détail de plus, nous montre le Seigneur montant d'abord au sommet, puis redescendant dans la plaine, c'est-à-dire sur le plateau. (il dit même : dans un lieu en plaine, ce qui semble indiquer par une nuance qu'il ne s'agit pas d'une plaine proprement dite.)

      Au pied du rocher, au haut du plateau, se trouve précisément une petite plate-forme, une sorte de chaire naturelle, d'ou l'on peut aisément être vu et entendu d'une grande multitude. C'est la qu'aurait été assis le Seigneur...Je me demandai s'il était possible qu'il y eut au bord de ce lac, et même dans toute la Palestine, une autre montagne a laquelle s'appliquassent aussi complètement les détails que nous pouvons recueillir a ce sujet dans saint Luc et saint Matthieu. (F. Bovet, voyage en Terre Sainte, 7e ed., p. 380 et suivants)

      Ses disciples, ceux d'entre eux qu'il venait d'appeler √† l'apostolat et ceux qui d√©j√† avaient entendu et go√Ľt√© sa parole, l'entouraient comme toujours¬†; mais cela ne signifie point, comme on l'a pr√©tendu, que son discours ne s'adress√Ęt qu'√† eux, √† l'exclusion de la multitude. (Comparer Matthieu 7.28)

      Sans doute, ce discours, qui expose les principes spirituels et sublimes du royaume que Jésus venait fonder, ne pouvait être compris de tous, comme il ne peut être mis en pratique que par ceux qui sont animés de l'esprit de ce royaume ; mais le Sauveur parlait et enseignait en vue de l'avenir.

      Sa parole est une r√©v√©lation, et quand son Ňďuvre sera achev√©e, cette parole deviendra lumi√®re et vie dans le cŇďur de ses rachet√©s.

      2 Ouvrant sa bouche, h√©bra√Įsme qui indique la solennit√© de l'action, la sainte libert√© de la parole. Comparer Matthieu 13.35¬†; 2Corinthiens 6.11¬†; Eph√©siens 6.19

      Là, l'évangéliste fait avec éclat une préface pour montrer comment Jésus s'apprête à la prédication : il monte sur une montagne il s'assied, il ouvre la bouche ; c'est pour faire sentir le sérieux de son action. Luther.

      On n'est donc pas fondé à voir dans les pages qui suivent non un discours de Jésus, mais une compilation de l'évangéliste, qui en aurait emprunté les éléments à diverses paroles du Seigneur, prononcées en d'autres occasions. Sans doute, la forme assez différente sous laquelle Luc a rapporté ce même discours, soit pour le choix, soit pour l'ordre des matériaux, montre assez que les évangélistes ont usé d'une sainte liberté selon le plan qu'ils s'étaient tracé et sous la direction de l'Esprit de vérité qui les animait.

      Sans doute encore, il est un bon nombre des pens√©es de ce discours qui se retrouvent ailleurs dans les enseignements du Sauveur et avec des applications diff√©rentes. Mais ce sont tant√īt des expressions proverbiales, des images, que J√©sus pouvait certainement employer plus d'une fois (ainsi verset 13¬†; comparez Marc 9.50¬†; 7.13¬†; comparez Luc 13.24¬†; 6.22¬†; comparez Luc 11.34¬†; 6.24, comparez Luc 16.13) tant√īt de courts pr√©ceptes moraux, qui devaient naturellement repara√ģtre aussi dans ses enseignements. Ainsi verset 25¬†; comparez Luc 12.58¬†; 5.32¬†; comparez Luc 16.18¬†;6.19¬†; Luc 12.33 Quant √† l√† belle exhortation touchant les inqui√©tudes, (Matthieu 6.25-34) que Luc a rapport√©e ailleurs, (Luc 12.22-31) il serait difficile de dire dans lequel des deux r√©cits elle se trouve le mieux √† sa place.

      Quoi qu'il en soit, la mani√®re dont l'√©vang√©liste introduit cette pr√©dication et dont il en d√©crit l'effet, (Matthieu 7.28) montre avec √©vidence qu'il rapporte un discours solennel et prolong√© de son Ma√ģtre. Et n'√©tait-il pas dans la nature des choses que le Sauveur, tout en gu√©rissant les malades, en consolant les afflig√©s, saisit l'occasion d'exposer √† ces foules qui le suivaient les grands et √©ternels principes moraux de son r√®gne¬†? Il le fait, non dans les formes logiques de l'√©cole, mais avec la libert√© d'allure qui convient √† une instruction improvis√©e, coulant de source, mais qui, dans son ensemble, ne manque pas d'une grandiose unit√©.

      3 Heureux !

      Ainsi commence le Sauveur. C'est l√† une entr√©e belle, douce, pleine d'amour, dans sa doctrine et sa pr√©dication. Il ne proc√®de pas, comme Mo√Įse ou un docteur de la loi, par des ordres, des menaces, des terreurs, mais de la mani√®re la plus affectueuse, la plus propre √† attirer les cŇďurs, et par de gracieuses promesses. Luther.

      Toutefois, cet amour recouvre un profond sérieux, car ceux que Jésus déclare heureux sont bien misérables aux yeux du monde. Ils ne sont heureux qu'à cause de la promesse qui accompagne chacune de ces déclarations et qui la motive.

      Les pauvres en esprit sont ceux qui se sentent pauvres dans leur vie int√©rieure, moralement et spirituellement pauvres, et qui, par l√† m√™me, soupirent apr√®s les vraies richesses de l'√Ęme. (L'esprit d√©signe, non le Saint-Esprit, mais la facult√© par laquelle nous entrons en relation avec Dieu et r√©alisons la vie morale. Comparer Matthieu 26.41) L'inverse est d√©crit dans Apocalypse 3.17 (Comparer 1Corinthiens 4.8 et suivants)

      Ce sentiment de pauvret√© devant Dieu n'est pas encore la repentance, mais une humilit√© profonde, douloureuse, qui y conduit. (Comparer Esa√Įe 57.15)

      - On peut interpréter aussi cette parole en ce sens qu'elle désignerait, non la pauvreté morale, mais la pauvreté temporelle réalisée en pensée, sinon de fait.

      Les pauvres en esprit sont tous ceux qui ont l'esprit d√©tach√© des biens de la terre, comme dit Bossuet, et il ajoute¬†: O Seigneur¬†! je vous donne tout¬†: j'abandonne tout pour avoir part a ce royaume¬†! Je me d√©pouille de cŇďur et en esprit, et quand il vous plaira de me d√©pouiller en effet, je m'y soumets. (M√©ditations sur l'Evangile.)

      Ainsi comprise la première béatitude de Matthieu répond exactement a la première béatitude de Luc (Luc 6.20, note) et n a pas un sens presque identique a celui de la quatrième béatitude : "Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice."

      - Qu'il s'agisse de pauvret√© spirituelle ou de pauvret√© temporelle, d'humilit√© ou de d√©tachement, ou de tous les deux a la fois, a une telle situation r√©pond la promesse ou plut√īt la d√©claration positive et actuelle¬†: parce qu'√† eux est le royaume des cieux, (Telle est la construction grecque, comme dans tous les versets qui suivent.) Ce royaume (voir sur ce mot Matthieu 3.2, note) ou tout est lumi√®re, justice, paix, amour, leur est assur√© par la "grace divine avec toutes ses richesses." Il ne leur est pas seulement promis pour l'avenir. Il leur appartient d√®s maintenant. Quel contraste avec leur pauvret√©¬†!

      4 Ceux qui pleurent, ou qui sont dans le deuil, la tristesse. L'expression est très générale et ne s'applique pas exclusivement a ceux qui pleurent sur leurs péchés. Mais comme il y a en ces affligés le sentiment humiliant de leur pauvreté morale (vers. 3, comparez Jacques 4.9), leur tristesse est "selon Dieu" et non "du monde" et produit "une repentance à salut." 2Corinthiens 7.10

      Aussi seront-ils consol√©s, parce que cette tristesse les am√®ne a la source du pardon, de la paix, de la vie. Esa√Įe 61.2,3¬†; 66.2

      5 Paroles emprunt√©es au Psaumes 37.1 Cette douceur, cet abandon √† la volont¬ā de Dieu, en pr√©sence des violences, de l'injustice et de la haine, est produit en eux par le sentiment humble et attrist√© de ce qui leur manque. (V 3 et 4.) Elle implique le renoncement aux avantages et aux joies de ce monde¬†; mais, par une magnifique compensation, ceux qui la pratiquent h√©riteront la terre. La terre de la promesse, Canaan, est prise dans son sens spirituel, et signifie la patrie d'en haut, le royaume de Dieu, dont la possession est assur√©e √† ceux qui sont doux. Tel est aussi le sens de cette image au Psaumes 37 et ailleurs. H√©breux 4.1¬†; 11.13-16 Bien que cette promesse ne doive √™tre r√©alis√©e dans sa pl√©nitude qu'au dernier jour, elle s'accomplit d√©s ici-bas en ce sens que "toutes choses travaillent au bien de ceux qui aiment Dieu," (Romains 8.28) et que "toutes choses sont √† eux.." (1Corinthiens 3.21)

      "Le monde emploie la force pour posséder la terre, Jésus nous apprend qu'on la gagne par la douceur" Luther.

      D'excellents critiques du texte (Lachmann, Tischendorf), se fondant sur D., la syr. de Cureton et quelques P√®res, placent le verset 5¬†; avant le verset 4, et obtiennent cet ordre qui leur para√ģt plus naturel¬†: les pauvres, les doux, ceux qui pleurent, ceux qui ont faim et soif de la justice. La progression est plus frappante. Toutefois, les t√©moignages invoqu√©s ne suffisent pas pour justifier cette transposition, ou du moins la laissent douteuse.

      6 Cette faim et cette soif des biens spirituels qui leur manquent, de la vraie justice int√©rieure dont ils se sentent priv√©s, d'une vie conforme a la volont√© de Dieu, naissent en eux des dispositions d√©crites dans les versets pr√©c√©dents. Cette belle et √©nergique image de la faim et de la soif, expression d'un besoin pressant, d'un ardent d√©sir de vie, revient souvent dans l'Ecriture. Psaumes 42.3¬†; Psaumes 63.2¬†; Esa√Įe 41.17,Jean 7.37,Apocalypse 22.17

      Toute √Ęme qui l'√©prouve devant Dieu sera rassasi√©e, rassasi√©e de justice, puisque c'est de justice qu'elle a faim et soif. Les r√©v√©lations subs√©quentes de l'Evangile lui apprendront comment elle y parviendra. Romains 3.21-30¬†; Philippiens 3.9 etc.

      Voir déjà dans le sermon sur la montagne la doctrine de la justification par la foi, serait une anticipation que l'exégèse ne doit pas se permettre. (Comparer Matthieu 6.33) Seulement, il est vrai de dire avec Luther que toutes les promesses que fait ici le Sauveur supposent la foi pour se les approprier.

      7 Les miséricordieux sont ceux qui ne pensent pas seulement a leur propre misère, mais qui compatissent a la misère de leurs frères. Il faut avoir senti sa propre misère, avoir souffert soi-même, pour pouvoir sympathiser avec la souffrance d'autrui. Il faut avoir été soi-même l'objet de l'amour infini de Dieu pour pouvoir aimer les autres et pratiquer à leur égard la charité.

      Telle est la double pensée qui rattache cette béatitude aux précédentes. Elle est liée à elles aussi par cette considération que ceux que Jésus appelle au bonheur de ses disciples auront besoin encore d'obtenir miséricorde au jour du jugement suprême, car bien qu'assurés du royaume des cieux, bien que consolés et rassasiés de justice, il restera dans leur vie beaucoup de manquements et d'imperfections à couvrir. Il leur sera pardonné et fait miséricorde selon qu'ils auront fait miséricorde. Matthieu 6.14,15 ; 18.32-35,25.31 et suiv, Luc 6.35-38,14.12-14 ; Jacques 2.13

      8 Le cŇďur est, selon l'Ecriture, l'organe de la vie morale. Etre pur de cŇďur, c'est, par opposition √† des Ňďuvres ext√©rieures, √™tre affranchi de toute souillure de toute fausset√©, de toute injustice, de toute malice dans ce centre intime des pens√©es et des sentiments. Tel n'est point l'√©tat moral de l'homme naturel. (Matthieu 15.19) Comment il parvient √† cette puret√©, c'est encore ici ce qui sera r√©v√©l√© plus tard, quand le Sauveur aura accompli son Ňďuvre de r√©demption. (Comparer 1Corinthiens 6.11) Chaque promesse r√©pondant parfaitement √† la disposition d√©crite dans chacune de ces b√©atitudes, ceux qui sont purs de cŇďur sont heureux, parce qu'ils verront Dieu. C'est-√†-dire qu'ils vivront d√®s ici-bas dans sa communion, et le contempleront un jour imm√©diatement dans la beaut√© supr√™me de ses perfections, source intarissable de la f√©licit√© du ciel. 1Corinthiens 13.12,1Jean 3.2¬†; Apocalypse 22.4 comparez 2Corinthiens 3.18

      Des passages tels que : Exode 33.20,Jean 1.18,1Timothée 6.16 ne sont point en contradiction avec cette glorieuse promesse, parce que l'impossibilité de voir Dieu qui est esprit, tient à l'économie présente de la chair, et cessera dans la perfection et dans la gloire.

      9 Grec¬†: ceux qui font la paix. Ceux qui non seulement sont paisibles eux m√™mes, mais qui, apr√®s avoir trouv√© la paix, s'efforcent de la procurer √† d'autres et de la r√©tablir parmi les hommes, l√† o√Ļ elle est troubl√©e.

      - Ils sont heureux, parce qu'ils seront appelés de ce doux et glorieux titre : fils de Dieu. Ce titre exprime une réalité profonde ; car en tant que ces fils de Dieu procurent la paix, ils ont un trait de ressemblance avec leur Père qui est "le Dieu de paix" Romains 16.20 ; 2Corinthiens 13.11, ils agissent selon son Esprit.

      Donc ils sont fils de Dieu, mais en outre ils seront appelés tels, leur titre sera reconnu et de Dieu et de tous.

      10 La justice signifie la même chose qu'au verset 6, seulement le mot est pris dans son sens objectif.

      A cause de la justice n'est donc pas différent, au fond, de cet autre terme : à cause de moi. (verset 11) Christ est le représentant, le possesseur, le dispensateur de la justice.

      Ceux qui sont pers√©cut√©s √† cause de lui sont heureux, parce qu'√† eux est le royaume des cieux. (verset 3, note.) Dans la huiti√®me b√©atitude, J√©sus revient donc √† la premi√®re (ce qui fait que plusieurs interpr√®tes n'en comptent que sept, mais √† tort). Il cl√īt ainsi un cycle harmonique d'exp√©riences et de promesses. Les quatre premi√®res concernent ceux qui cherchent dans leurs profonds besoins, les quatre derni√®res, ceux qui ont trouv√© et qui d√©j√† d√©veloppent une certaine activit√© dans le r√®gne de Dieu.

      Chaque promesse, source du bonheur (heureux¬†!) r√©pondant exactement et abondamment √† chaque √©tat d'√Ęme d√©crit, fait resplendir un rayon de la gloire du royaume des cieux¬†: aux afflig√©s¬†; la consolation¬†; (verset 4) aux doux, la possession de la terre¬†; (verset 5) aux affam√©s, le rassasiement (verset 6) aux mis√©ricordieux, la mis√©ricorde¬†; (verset 7) aux purs de cŇďur, la vue de Dieu¬†; (verset 8) √† ceux qui procurent la paix, le beau titre d'enfants de Dieu. (verset 9) Mais dans la premi√®re et la derni√®re b√©atitude, J√©sus, qui est le Ma√ģtre du royaume des cieux, le dispense tout entier aux pauvres et aux pers√©cut√©s (verset 3 et 10)¬†; et l√† seulement il parle, non au futur, mais au pr√©sent¬†: ce royaume est √† eux.

      - Les verset 11 et 12 ne sont que le développement du verset 10.

      11 Une variante supprime le mot faussement (Grec : en mentant.) Elle n'est pas assez documentée pour être admise. Il faut remarquer cette grande parole sur laquelle porte l'accent : à cause de moi. Qui est-il donc Celui pour qui les chrétiens doivent supporter les injures et les persécutions ?
      12 La r√©compense, qui n'affaiblit en rien la v√©rit√© du salut par gr√Ęce, par la foi Romains 4.4,5 est grande en proportion de la fid√©lit√© et de l'amour avec lesquels les disciples de J√©sus auront souffert pour son nom. Toutefois, nul chr√©tien ne cherche cette r√©compense en dehors de Dieu et du bonheur de le servir, sans cela, il perdrait ce qui en fait la grandeur et la douceur. (Matthieu 20.1 et suivants)

      - Le Sauveur montre à ses disciples persécutés un sujet de joie dans la pensée (car) qu'ils ont ce trait de ressemblance avec les prophètes qui les ont précédés. (1Rois 18.22 ; Jérémie 26.11 et suivants ; Jérémie 37.15 et suivants ; Jérémie 38.4 et suivants Hébreux 11.36 et suivants)

      13 Jésus, après avoir, dans les béatitudes, caractérisé ceux qui sont enfants de son royaume et leur avoir prédit d'inévitables persécutions dans un monde ennemi de Dieu, (versets 10-12) veut leur faire sentir maintenant (versets 13-16) tout le sérieux de leur position, la grandeur de leur vocation, afin que, loin de se laisser abattre par l'opposition, ils n'en deviennent que plus courageux et fidèles pour exercer la sainte influence qu'ils sont appelés à avoir. Ils sont parmi les hommes le sel, la lumière.

      Eloigner la corruption Exode 30.35,2Rois 2.19-22, rendre les aliments savoureux et sains Job 6.6 telle est la destination du sel. Comparer Marc 9.49,50 ; Luc 14.34 ; Colossiens 4.6 Le sens spirituel de l'image est évident. Les disciples de Jésus sont eux-mêmes le sel de la terre, destiné à pénétrer toute la masse de l'humanité. (Voir "lumière du monde," verset 14)

      Mais si le sel même venait à perdre sa saveur (gr. devient insipide), rien ne pourrait la lui rendre il devient une matière inutile, et sa destination est perdue. Dans son sens spirituel et moral, la pensée est terrible. Jésus ne dit pas que cela arrivera à ses disciples mais il en suppose la possibilité.

      14 Parole étonnante, car le Sauveur se l'applique à lui-même ! Jean 8.12,9.5,12.35

      Lui seul est dans un sens absolu la lumière du monde qui a resplendi dans nos ténèbres. Ses disciples, illuminés par lui, le deviennent immédiatement. Ephésiens 5.8,Philippiens 2.15

      En Palestine, les villes sont ordinairement b√Ęties sur le sommet ou le penchant d'une montagne¬†; peut-√™tre J√©sus en avait-il une devant les yeux¬†? qu'il montrait de la main. (Voir F. Bovet, Voyage en Terre-Sainte, 7e √©d., p. 382 et suivants) Cette image a le m√™me sens que la suivante. La vie de l'Eglise, la vie de l'√Ęme ne peut et ne doit √™tre cach√©e dans ce monde.

      16 Cette image : mettre la lumière sous le boisseau, n'offre à l'esprit aucune idée conforme à nos usages actuels. Il en est tout autrement dans les campagnes en Orient. Nous voici dans l'unique chambre qui abrite toute une famille :

      "Il n'y a d'autre lumière qu'une petite lampe, formée tout simplement d'une soucoupe pleine d'huile. A défaut de table. elle est posée sur un boisseau retourné...C'est le seul ustensile du ménage des paysans, tel que celui que j'ai sous les yeux. Il sert tour à tour de table et de plat, car c'est dans ce même boisseau pareil à ceux dont on fait usage chez nous, qu'on nous apportera tout à l'heure le lait caillé qui constitue le souper de la famille." (F. Bovet, Voyage en Terre-Sainte, 7e éd., p. 312.)

      De là l'article, le boisseau, car il n'y en a qu'un.

      - Ce verset est l'application des principes qui pr√©c√®dent. Votre lumi√®re¬†: elle n'est √† nous que lorsque nous nous la sommes appropri√©e d'une mani√®re vivante, alors elle luit d'elle-m√™me devant les hommes qui voient, non pas seulement des doctrines ou des opinions religieuses, mais vos bonnes Ňďuvres, tout l'ensemble d'une vie chr√©tienne, la sainte v√©rit√© dont le caract√®re est essentiellement moral et pratique. Les hommes qui verront ces Ňďuvres, glorifieront, non pas vous (si tel √©tait votre but secret, la lumi√®re en serait obscurcie, les bonnes Ňďuvres deviendraient mauvaises), mais votre P√®re qui est dans les cieux, auquel ils seront forc√©s d'attribuer le t√©moignage d'une vie sanctifi√©e. 1Pierre 2.12

      - Trouvera-t-on une contradiction entre ces paroles et celles du Matthieu 6.1-6 ? C'est le discernement spirituel qui doit indiquer la conciliation.

      17 17 à 48 La Loi accomplie par Jésus-Christ. Réforme de la vie morale.

      La liaison de la partie du discours qui remplit les versets 17-48 avec ce qui pr√©c√®de n'est pas √©vidente, plusieurs interpr√®tes pensent m√™me qu'il n'en faut point chercher, mais voir ici le point de d√©part d'une pens√©e nouvelle, qui est la principale du sermon sur la montagne. Cependant, si l'on consid√®re que le Sauveur a caract√©ris√© les vrais membres de son royaume, ceux qui ont faim et soif de la justice (verset 6) et dont les hommes doivent voir les bonnes Ňďuvres (v. 16), et qu'il expose maintenant l'esprit et la pratique de cette justice v√©ritable telle que la formule la loi divine, (verset 21 et suivants) on se convaincra qu'il existe entre ces deux pens√©es fondamentales un lien intime.

      A ce point de vue on comprend d'autant mieux la solennelle d√©claration que lui, le Messie, n'est point venu, point entr√© dans son minist√®re pour abolir la loi ou les proph√®tes, comme le pensaient les Juifs, qui s'attendaient √† ce que leur Messie transformerait toute la loi. La loi et les proph√®tes, c'est toute l'√©conomie mosa√Įque et toutes les r√©v√©lations de l'ancienne alliance, soit comme institutions, soit comme Ecriture sainte. (Matthieu 7.12¬†; 22.40¬†; Luc 16.16) Le Sauveur ne veut rien abolir, abroger (grec d√©lier, dissoudre, d√©truire, verset 19), mais tout accomplir. Et il l'a fait de toutes mani√®res.

      1¬į Il a enseign√©, r√©v√©l√© le sens complet et spirituel de la loi divine, que le pharisa√Įsme avait mat√©rialis√©e par sa doctrine des observances ext√©rieures. (versets 20,21 et suivants)

      2¬į Il a lui-m√™me accompli parfaitement la loi par sa vie sainte.

      3¬į Il a r√©alis√©, par toute son Ňďuvre et surtout par sa mort, l'id√©e compl√®te de l'ancienne alliance, avec ses types, ses figures, ses sacrifices, ses promesses et ses esp√©rances. Romains 10.4¬†; H√©breux 10.1¬†; voir surtout Jean 19.30

      Cet accomplissement, dans un sens plus √©lev√©, plus parfait, l'Evangile de Christ l'op√®re √† son tour dans le cŇďur des croyants. Romains 3.31 Ainsi J√©sus a accompli la loi et les proph√®tes d'une mani√®re organique et vivante, comme la fleur accomplit le bouton, comme le fruit accomplit la fleur. Et en portant nos regards plus loin, nous pouvons attendre encore pour l'avenir l'accomplissement de ce qu'il y a de plus excellent dans l'√©conomie pr√©sente, notre communion avec J√©sus Luc 22.16, la joie de ses rachet√©s. Jean 15.11

      18 Grec¬†: que tout soit arriv√©, soit r√©alis√©, ait √©t√© fait, dans le sens du verset pr√©c√©dent. Ces paroles confirment la v√©rit√© profonde du verset 17 (car), et cela par cette affirmation solennelle¬†: en v√©rit√© (h√©br. amen, v√©rit√©), mot conserv√© tel quel dans la traduction grecque que les √©vangiles nous donnent des discours de J√©sus. C'est ce qui a engag√© les auteurs de la version de Lausanne √† le conserver aussi dans sa forme h√©bra√Įque.

      - Ces mots : jusqu'à ce que le ciel et la terre aient passé, sont pris par les uns comme une expression proverbiale signifiant jamais ; par les autres dans ce sens que, même alors, rien de la loi ne passera, mais que tout sera réalisé dans la perfection. Ce dernier sens est le vrai. (Comparer Matthieu 24.35 ; Luc 16.17)

      - Un iota est le nom grec de la lettre i qui, dans l'alphabet hébreu, est la plus petite de toutes.

      - Un trait de lettre d√©signe certains jambages ou crochets qui distinguent les unes des autres les lettres h√©bra√Įques. Ces images signifient qu'aucune partie de la loi ne passera sans avoir √©t√© accomplie. Mais l'accomplissement m√™me rend inutile la forme pr√©c√©dente, le fruit remplace la fleur, la gr√Ęce et l'amour se substituent √† la loi dans la vie du chr√©tien, la r√©alit√© succ√®de aux ombres et aux figures de la loi c√©r√©monielle, et un jour la perfection suivra tout ce que nous poss√©dons aujourd'hui. 1Corinthiens 13.9-12

      19 Un de ces plus petits commandements, c'est ce que Jésus vient de désigner comme un iota ou un trait de lettre. Le violer ou l'abolir ainsi de fait (même mot qu'au verset17) et enseigner les autres à le faire, c'est s'exposer à n'occuper qu'un degré très inférieur dans le royaume des cieux.

      - L'expression dont J√©sus se sert¬†: il sera appel√© le plus petit dans le royaume des cieux ne signifie pas qu'il sera exclu de la f√©licit√© √©ternelle (Augustin, Luther, Calvin), ce sens est contraire aux termes¬†; elle ne signifie pas qu'il n'aura qu'une petite part du bonheur √† venir (Meyer), car l'Evangile n'enseigne pas qu'il y aura des degr√©s divers dans ce bonheur. Elle signifie qu'il n'aura qu'une part moindre et un r√īle inf√©rieur dans l'√©tablissement du r√®gne de Dieu sur la terre. (B. Weiss.)

      Celui qui croit pouvoir travailler √† l'Ňďuvre de ce r√®gne plus efficacement en s'affranchissant de l'ob√©issance aux commandements qui lui paraissent secondaires, en les abolissant dans sa conduite et ses pr√©ceptes, se trompe. C'est la fid√©lit√© dans les petites choses, l'accomplissement scrupuleux de l'humble devoir, qui rendent apte au royaume de Dieu. Il faut d'ailleurs envisager ces commandements dans leur esprit et dans leur ensemble, qui forme un tout inviolable, la volont√© de Dieu. Comparer Jacques 2.10

      20 Grec : si votre justice ne surabonde de beaucoup ...(voir sur les scribes, Matthieu 2.4, note ; Matthieu 23.2, note, et sur les pharisiens. Matthieu 3.7, note.)

      Ces paroles montrent ce que Jésus entend, dans les versets précédents, par l'accomplissement de la loi, et introduisent le discours qui va suivre, sur la manière d'interpréter la loi. Ses disciples doivent réaliser une justice bien supérieure à la justice extérieure, superficielle et formaliste des pharisiens dont il va faire ressortir toute l'insuffisance. Il ne dit pas, dans le sermon sur la montagne, par quel moyen ses disciples pourront obtenir cette justice supérieure. Il ne faudrait pas conclure de cette parole isolée que l'homme puisse jamais, par sa propre justice, entrer dans le royaume des cieux.

      21 Tel est le premier exemple par lequel Jésus va faire comprendre à ses disciples quelle est dans son étendue et sa profondeur la vraie justice, telle que l'établit la loi saisie non dans sa lettre mais dans son esprit. (verset 20) Les Juifs entendaient la lecture de la loi à chaque sabbat.

      - Les anciens sont toutes les g√©n√©rations pr√©c√©dentes auxquelles Mo√Įse et les docteurs qui lui succ√©d√®rent (Matthieu 23.2) enseign√®rent la loi. Le commandement cit√© est de Mo√Įse Exode 20.13, et les paroles qui y sont ajout√©es¬†: celui qui tuera... est une d√©termination des interpr√®tes, fond√©e d'ailleurs sur la l√©gislation mosa√Įque. Le jugement devant lequel le meurtrier √©tait punissable ou justiciable (grec li√©, coupable), √©tait une cour de justice secondaire, √©tablie dans chaque district. Deut√©ronome 16.18¬†; 2Chroniques 19.5 A cela se bornait, dans l'interpr√©tation pharisa√Įque, toute la signification de ce commandement, quiconque ne l'avait pas viol√© √† la lettre, pouvait se croire innocent¬†; mais...(verset 22)

      Quelques interprètes traduisent : "Il a été dit par les anciens," au lieu de "aux anciens." Sens grammaticalement possible, mais contraire à l'usage de cette expression dans le Nouveau Testament. De même dans la suite de ce discours.

      22 Quelle autorité dans ce contraste : Mais moi je vous dis !

      Ce commandement, ainsi que tous les autres, peut √™tre viol√© dans le cŇďur par les passions¬†: la col√®re, la haine, le m√©pris¬†; et cette violation m√©rite, devant la justice divine, le m√™me ch√Ętiment que le meurtre proprement dit.

      Le Sauveur établit une gradation dans la transgression, et aussi dans la peine qu'elle fait encourir. D'abord la colère contre un frère qu'il faudrait aimer (il faut retrancher ce mot sans cause qu'ajoute le texte reçu avec D, plusieurs majuscules, les vers syriaques et des Pères) ; puis l'expression de cette colère par des paroles de haine ou de mépris. Raca terme injurieux qui signifie en hébreu araméen tête vide, homme de rien, canaille. Fou, dans un sens moral, signifie impie, athée. Psaumes 14.1 C'est une sorte de malédiction inspirée par la haine. Comparer 1Jean 3.15

      - Quant √† la peine √©galement gradu√©e qui correspond √† ces violations de la loi, J√©sus l'indique par des images tir√©es de la justice p√©nale de son temps et de son peuple. En effet, il ne veut pas dire que celui qui manifeste ces mauvais sentiments du cŇďur doive √™tre puni par les divers tribunaux qu'il va nommer, mais qu'il est aussi coupable que ceux qu'on y am√®ne.

      Le jugement désigne le tribunal inférieur mentionné au verset 21.

      Le sanhédrin, autorité suprême de la nation, était composé de 71 membres, anciens, scribes et sacrificateurs, sous la présidence du souverain sacrificateur. Matthieu 21.23 ; Luc 22.66 ; Actes 5.21 Il connaissait de toutes causes religieuses, civiles ou criminelles ; en ces dernières, dont il est ici question, il servait de cour d'appel.

      Le nom de g√©henne du feu provenait de la vall√©e de Hinnom (h√©br. Gu√©-Hinnom), qui entourait J√©rusalem du c√īt√© du sud et dans laquelle s'√©tait c√©l√©br√© autrefois le culte de Moloch. Depuis le temps de Josias 2Rois 23.10 on y jetait, afin de la profaner, les corps des animaux morts et des supplici√©s, et l'on y entretenait un feu pour les consumer. Ce lieu √©tait ainsi devenu une image de l'enfer, et c'est dans ce sens que le Nouveau Testament emploie ce terme. Comparer J√©r√©mie 7.31,32¬†; 19.2¬†; Marc 9.43-48

      24 La particule donc montre que ces paroles sont une conclusion de ce qui précède et que l'ordre ici donné appartient à l'observation du commandement. (vers. 21.) Jésus suppose le cas d'un homme qui, déjà occupé dans le temple à préparer une offrande, un sacrifice (grec un don), là, sous l'impression de la sainteté de son acte, se souvient que son frère, un homme quelconque, a quelque chose, quelque ressentiment contre lui.

      Est-ce parce qu'il a offens√© ce fr√®re¬†? On peut le supposer, on l'admet g√©n√©ralement, mais J√©sus ne le dit pas, on peut donc supposer aussi qu'il lui impose le devoir de la r√©conciliation, m√™me dans le cas o√Ļ il n'aurait en rien contribu√© √† la rupture avec son fr√®re.

      Quoi qu'il en soit, le Sauveur n'admet pas que cet homme puisse entrer en communion avec Dieu par son offrande, par la prière, tant qu'il n'est pas réconcilié avec son frère, et toute conscience chrétienne confirme ce jugement.

      25 Ce verset 25 est la suite immédiate du verset 24. Jésus recommande encore le devoir de la réconciliation, mais sous une autre forme. Il suppose deux adversaires un créancier et un débiteur, (verset 26) dont le premier emmène l'autre chez le juge pour se faire payer, comme cela se pratiquait chez les anciens.

      Le conseil que donne le Seigneur à celui qui va être accusé est de se mettre promptement d'accord avec son adversaire tandis qu'il est en chemin, c'est-à-dire qu'il en a le temps encore. S'il ne le fait pas, il court le risque d'être livré au juge, puis à l'huissier (exécuteur du jugement), et d'être jeté en prison.

      Est-ce là tout le sens de cette exhortation ? Dans ce cas, elle ne renfermerait qu'un bon conseil de prudence, de sagesse dans les affaires de cette vie, et c'est ainsi que l'entendent quelques interprètes. Mais comme ici Jésus exhorte ses disciples à la réconciliation avec leurs frères et cela à cause de leur responsabilité envers Dieu, (versets 23,24) il est évident que notre verset 25 devient une image, une parabole, présentant un sens religieux plus élevé.

      Tous les hommes sont en chemin vers le juge, qui est Dieu¬†; tous ont envers leurs fr√®res des torts dont il leur sera demand√© compte, qui suffiraient pour les faire condamner¬†; et s'il est impossible m√™me d'apporter √† Dieu une offrande sans √™tre r√©concili√© avec un fr√®re offens√©, comment esp√©rer √™tre absous devant le tribunal c√©leste¬†? Il ne resterait en perspective que la prison, c'est-√†-dire, non le purgatoire, selon les interpr√®tes catholiques, non le had√®s ou lieu invisible d'attente, selon d'autres, mais le ch√Ętiment, comme cela ressort clairement de l'image.

      - On voit combien cette s√©rieuse parabole rentre harmoniquement et profond√©ment dans le discours de J√©sus, et que c'est √† tort que quelques interpr√®tes pensent que Matthieu l'a arbitrairement intercal√©e ici, parce que Luc lui assigne une autre place dans son √©vangile. Luc 12.58,59 Pourquoi ne pas admettre plut√īt que ce court enseignement parabolique peut avoir √©t√© pr√©sent√© plus d'une fois¬†?

      26 Quadrant, mot latin qui signifie le quart d'un as ou sou romain c'est-à-dire un peu plus d'un centime.

      - Dans le sens litt√©ral de la parabole, il e√Ľt peut √™tre √©t√© possible au d√©biteur de payer toute sa dette. Dans le sens spirituel, apr√®s le jugement de Dieu, il ne le pourra jamais. (Comparer Matthieu 18.34)

      27 Exode 20.14 Second exemple de la vraie interprétation de la loi. (verset 21)

      Les paroles qui suivent montrent qu'ici encore la morale pharisa√Įque ne voyait la violation du commandement que dans l'acte mat√©riel de l'adult√®re. On sait aussi que les docteurs juifs jugeaient tr√®s diversement des mauvaises pens√©es et des mauvais sentiments du cŇďur qui ne se traduisent pas en actions.

      28 En quoi consiste l'adult√®re commis dans le cŇďur¬†? Non dans le regard seul, mais dans l'acquiescement de la volont√© √† la convoitise. C'est ce qui est marqu√© par ces mots¬†: pour la convoiter.

      Tout homme qui regarde une femme dans de telles dispositions p√®che d√©j√†. Tout p√©ch√© d'intention, dont les circonstances emp√™chent la consommation, est commis aux yeux de Dieu, qui "regarde au cŇďur."

      29 Grec : te scandalise, c'est-à-dire est pour toi une occasion de chute.

      Le mot grec, scandale, dans son sens litt√©ral, signifie un obstacle mat√©riel mis devant les pas de quelqu'un pour le faire tomber. Le sens spirituel ou moral est d√®s lors √©vident. (Voir Matthieu 16.23,18.8, etc.) Le pr√©cepte que J√©sus ajoute (versets 29,30) au sixi√®me commandement est semblable, comme le remarque Weiss, √† celui dont il fait suivre le cinqui√®me commandement. (versets 24-26) L√† il s'agissait de sentiments d'amertume et des dispositions d'un cŇďur non r√©concili√© qui reviennent spontan√©ment √† la m√©moire, ici il s'agit de la convoitise impure, qui, √† l'√©tat latent dans le cŇďur, est excit√©e sans qu'il y ait concours de la volont√©. J√©sus indique quelles mesures radicales il faut prendre dans ce cas.

      30 Bien que cette énergique image soit susceptible d'applications très diverses et que Jésus l'ait employée plus d'une fois Matthieu 18.8,Marc 9.47 on voit dès l'abord quel en est le rapport avec la pensée du verset 28.

      On consent dans certaines maladies dangereuses √† subir l'amputation d'un Ňďil, d'une main, d'un membre, si n√©cessaire soit-il, pour sauver la vie de tout le corps. Ainsi le renoncement le plus absolu, le sacrifice le plus douloureux vaut mieux (grec t'est avantageux) que si tout ton √™tre √©tait jet√© dans la g√©henne. (Voir sur ce dernier mot verset 22, note, et sur toute sa pens√©e Matthieu 16.24-26,19.29)

      32 Troisième exemple.

      Cet enseignement du Sauveur sur la sainteté du mariage se retrouve aussi ailleurs, provoqué par une question qui lui fut adressée ; (Matthieu 19.3 et suivants) mais il peut fort bien avoir été donné déjà ici, à l'occasion de l'instruction qui précède sur l'adultère.

      La prescription mosa√Įque que cite J√©sus (verset 31) se trouve dans Deut√©ronome 24.1. Elle permettait le divorce¬†; la lettre ou (grec) l'acte de r√©pudiation que donnait, dans ce cas le mari √† sa femme, constatait officiellement la s√©paration. Les Juifs, au temps de J√©sus, abusaient de cette autorisation, dont les termes √©taient un peu vagues.

      L'√©cole plus stricte de Schamma√Į n'admettait que l'adult√®re comme cause de divorce¬†; mais d'autres¬†: rabbins interpr√©taient le texte mosa√Įque¬†: "Si elle n'a pas trouv√© gr√Ęce √† tes yeux," en disant¬†: "Si quelqu'un voit une femme plus belle que la sienne, qu'il r√©pudie la sienne." (E. Stapfer, La Palestine,...p. 150 et suivants)

      J√©sus, qui juge le commandement de Mo√Įse lui-m√™me, (Matthieu 19.8) r√©agit fortement contre la pratique religieuse de ses contemporains. (Matthieu 19.9) Il n'admet qu'un cas qui l√©gitime le divorce¬†: la fornication, c'est-√†-dire, pour la femme mari√©e, l'adult√®re, qui brise et d√©truit de fait le lien conjugal.

      Et encore d'excellents interprètes (B. Weiss) estiment que Jésus ne donne pas ici l'adultère comme motif de divorce, mais qu'il veut seulement dire : celui qui répudie sa femme l'expose à devenir adultère, à moins que par la fornication, elle ne se soit déjà rendue telle.

      - Si nous admettons la premi√®re explication, qui para√ģt plus naturelle, J√©sus pose ces deux principes¬†: celui qui r√©pudie sa femme pour les motifs futiles alors consid√®res comme suffisants, la fait devenir adult√®re, par la libert√© qu'il lui donne de se remarier, tandis qu'en droit elle est la femme d'un autre¬†; et celui qui √©pouse une femme ainsi s√©par√©e commet le m√™me p√©ch√©, par la m√™me raison. Mais une question se pose¬†: si la s√©paration a eu lieu pour cause d'adult√®re, et qu'ainsi le divorce soit l√©gal, un second mariage le sera-t-il aussi¬†?

      Les uns, d'apr√®s ce texte, r√©pondent oui¬†: et telle est l'opinion qui a pr√©valu dans l'Eglise et dans les l√©gislations des pays protestants, qui ont m√™me statu√© d'autres causes l√©gitimes de divorce, les autres, se fondant sur les passages parall√®les Luc 16.18¬†; Marc 10.11 o√Ļ ne se trouve pas la cause exceptionnelle admise ici (si ce n'est pour cause de fornication), r√©pondent non, et consid√®rent le mariage apr√®s divorce comme interdit d'une mani√®re absolue.

      Telle est l'opinion et la pratique de l'Eglise et des l√©gislations catholiques, qui n'autorisent en aucun cas le divorce, mais seulement la s√©paration. La question est complexe¬†; J√©sus n'a point entendu l'√©puiser ici, puisqu'il ne parle que de la femme, qui pourtant a les m√™mes droits, et nullement du mari, qui peut avoir les m√™mes torts. (Voir toutefois Marc 10.12, note.) L'ap√ītre Paul pr√©sente de la m√™me mani√®re les deux faces de ce sujet¬†: la pratique la plus s√©v√®re 1Corinthiens 7.10,11 et le point de vue plus adouci. (verset 15) Mais l√† il ne parle que de la s√©paration, et non d'un second mariage. (Voir Matthieu 19.9, note.)

      33 Quatrième exemple.

      Cette citation ne se trouve nulle part litt√©ralement dans l'Ancien Testament, mais la pens√©e revient dans plus d'un passage. Ainsi la d√©fense du parjure ou faux serment est contenue dans L√©vitique 19.12, et le devoir de tenir au Seigneur ses serments, ou ses vŇďux, ou ses promesses, se trouve prescrit dans Deut√©ronome 23.21. Sur ce point r√©gnaient aussi parmi les Juifs de pernicieux abus, qui ne se sont que trop perp√©tu√©s chez les chr√©tiens.

      37 Qu'est-ce que le Sauveur enseigne à ses disciples au sujet du serment ? Ses paroles sont si claires et si précises, que l'exégèse ne saurait hésiter un instant.

      Aux prescriptions et aux usages de la loi ancienne, il oppose avec une autorité souveraine (mais moi je vous dis) le commandement de ne jurer point du tout (grec totalement, entièrement, ce qui rend la négation absolue). Et comme, par un certain respect pour le saint nom de Dieu, l'usage s'était introduit chez les Juifs de jurer par d'autres objets vénérables, par le ciel, par la terre, par Jérusalem, etc., avec la pensée que ces sortes de serments liaient moins la conscience, Jésus poursuit ce préjugé en montrant que ces formules remontent pourtant jusqu'à Dieu, qui remplit de sa sainte présence les cieux et la terre, tout l'univers. (Comparer Matthieu 23.16 et suivants)

      Ainsi, le ciel, c'est le tr√īne de Dieu qui y r√®gne Esa√Įe 66.1 la terre c'est le marchepied de ses pieds¬†; voir encore Esa√Įe 66.2, o√Ļ Dieu dit par la bouche du proph√®te¬†: "Ma main a fait toutes ces choses," comparez Matthieu 23.22¬†;

      Jérusalem, c'est la ville du grand Roi, la sainte cité de Jéhovah Matthieu 4.8,Psaumes 48.2,3 ta tête, bien loin de pouvoir en disposer, tu ne peux en rendre un seul cheveu blanc ou noir ; ton impuissance rend ton serment téméraire !

      Conclusion : Ne jurez par aucun de ces objets, votre serment n en serait pas moins grave : en jurant par la créature vous jurez par le Créateur. Que faire donc ? Affirmer la vérité par un oui ou un non, prononcé sous le regard de Dieu, en présence duquel vous agissez et parlez toujours. Tout ce que vous ajouteriez vient du malin, du père du mensonge, qui règne dans le monde, ce qui fait que le monde se défie de la parole des hommes. D'autres traduisent vient du mal, (comparez Matthieu 6.13) du péché qui règne dans le monde et fait prédominer la fausseté dans les relations humaines.

      - Telle est la pens√©e du Sauveur, pens√©e seule digne de son r√®gne et de ceux qui y appartiennent, pens√©e aussi clairement r√©p√©t√©e plus tard par un de ses ap√ītres Jacques 5.12 et pleinement admise par les P√®res de l'Eglise, Justin, Ir√©nee, Cl√©ment, Orig√®ne, Chrysostome, J√©r√īme et d'autres.

      - Toutes les tentatives qu'on a faites pour tirer de notre passage un sens diff√®rent, sont des tours de force ex√©g√©tiques¬†; tous les meilleurs interpr√®tes, m√™me ceux qui admettent la l√©gitimit√© du serment, en conviennent. Aussi cherchent-ils ailleurs des arguments. On dit que le serment √©tait prescrit dans l'Ancien Testament Exode 22.11¬†; Deut√©ronome 6.13 qu'il est un honneur rendu √† Dieu J√©r√©mie 4.2¬†; H√©breux 6.16, que l'ap√ītre Paul emploie des affirmations qui √©quivalent au serment¬†: Romains 1.9¬†; 2Corinthiens 1.23¬†; Galates 1.20,Philippiens 1.8 que J√©sus a fait un serment Matthieu 26.63, enfin que Dieu lui-m√™me jure. Gen√®se 22.16¬†; 26.3¬†; Esa√Įe 45.23 et ailleurs.

      Si ces arguments sont fond√©s, il faut reconna√ģtre qu'ils sont en contradiction directe avec le pr√©cepte de J√©sus-Christ qui nous occupe, √† moins qu'on n'admette, avec beaucoup d'interpr√®tes modernes, que ce pr√©cepte, de m√™me que d'autres du sermon sur la montagne, (versets 32,39,40,41) n'est pas applicable aux relations sociales, ni destin√© √† r√©gler l'organisation de la soci√©t√©, mais seulement les rapports des chr√©tiens entre eux dans cette communaut√© id√©ale, o√Ļ r√®gne la perfection, et qui s'appelle le royaume des cieux. Mais l'intention de J√©sus √©tait-elle bien de proclamer une loi toute spirituelle et abstraite¬†? Ses auditeurs galil√©ens pouvaient-ils comprendre ainsi ses pr√©ceptes¬†? Et aujourd'hui encore, en pr√©sence des mensonges, des parjures, des violences faites aux consciences, de l'abus criant des serments politiques, le tout sous l'invocation du saint nom de Dieu, n'y a-t-il pas plus de s√Ľret√© pour la conscience dans l'ob√©issance √† la parole si claire et si nette du Sauveur

      38 Cinquième exemple.

      Dans la l√©gislation mosa√Įque, ces paroles prescrivaient au juge d'infliger au coupable une peine correspondant exactement et mat√©riellement au d√©lit commis. Exode 21.24 et suivants, L√©vitique 24.20¬†; Deut√©ronome 19.21

      C'est la loi du talion, admise aussi dans les XII tables du droit romain, c'est la rigoureuse justice. Mais moi je vous dis...

      39 Le mot grec peut être pris ici pour un adjectif neutre, alors il signifie au mal qu'on veut vous faire ; ou bien pour un substantif masculin et alors il faut traduire au méchant, à l'homme mauvais qui veut entamer un procès injuste contre vous. C'est ce dernier sens qui est le plus probable.

      R√©sister aux m√©chant, c'est rendre le mal pour le mal¬†: la loi du talion et celle du cŇďur de l'homme est, en recevant un soufflet ou une injure quelconque, de le rendre √† l'instant. J√©sus veut, et ses ap√ītres apr√®s lui, Romains 12.17,19¬†; 1Pierre 3.9, qu'au lieu d'exercer ainsi la vengeance, le chr√©tien souffre plut√īt une nouvelle injure, et c'est l√† ce qu'il faut entendre par pr√©senter l'autre joue. (Comparer Jean 18.22) Faire de ce pr√©cepte un principe de morale sociale, ce serait encourager le m√©chant, en lui donnant occasion de faire plus de mal.

      40 Plaider contre toi (gr. √™tre jug√© aller en justice), entamer un proc√®s dont l'objet serait de t'enlever ta tunique (v√™tement de dessous chez les Orientaux)¬†; au lieu de soutenir ce proc√®s qui provoquerait la haine et d'autres querelles, souffre plut√īt une seconde perte plus grande, celle du manteau. Telle est aussi la morale de saint Paul. 1Corinthiens 6.1-7
      41 L'expression est empruntée à un usage oriental introduit par les Perses, d'après lequel les employés de l'état et en particulier les courriers postaux, étaient autorisés à requérir des hommes pour porter un message, un fardeau, etc.
      42 Donner, prêter, exigent le discernement de la vérité, non moins que le désintéressement de la charité. Mais les disciples de Jésus pèchent plus souvent à cet égard par trop de retenue que par trop d'abandon.
      43 Sixième exemple.

      La premi√®re partie de ce pr√©cepte √©tait seule dans la loi L√©vitique 19.18 la seconde √©tait une glose du pharisa√Įsme, qui entendait par le prochain les Juifs, √† l'exclusion des hommes de nationalit√©s diff√©rentes. Ceux-ci √©taient des ennemis qu'on pouvait ha√Įr, et l'on n'h√©sitait pas √† appliquer ce principe √† des ennemis personnels. La loi prescrivait tout le contraire Exode 23.4-6 et la conduite des Isra√©lites pieux donnait un exemple tout oppos√©. Psaumes 7.5¬†; 35.13,14¬†; Job 31.29¬†; Proverbes 24.17,18¬†; 25.21

      Toutefois il faut bien reconna√ģtre que l'amour du prochain, dans sa pl√©nitude, n'a √©t√© enseign√© que par le Sauveur, et qu'il est une cr√©ation de l'Evangile dans le cŇďur du chr√©tien.

      44 Le texte re√ßu, avec D., la plupart des majuscules ajoute¬†: b√©nissez ceux qui vous maudissent, faites du bien √† ceux qui vous ha√Įssent et priez pour ceux qui vous outragent et vous pers√©cutent. La presque unanimit√© des critiques, des ex√©g√®tes et des traducteurs retranchent ces mots sur l'autorit√© de Sin., B., de versions et de P√®res, les regardant comme emprunt√©s √† Luc 6.27.

      Quoi qu'il en soit, J√©sus a prononc√© ces paroles, qui pr√©sentent une progression remarquable, √† la fois dans le mal √† souffrir et dans le bien √† faire. D'une part des ennemis qui maudissent, ha√Įssent, pers√©cutent, d'autre part des chr√©tiens qui aiment, b√©nissent, font du bien, prient. De part et d'autre on passe des sentiments aux actes.

      "Voici donc trois degr√©s de charit√© envers des ennemis¬†: les aimer, leur faire du bien, prier pour eux. Le dernier est celui qu'on croit pouvoir faire le plus ais√©ment, mais c'est pourtant le plus difficile, parce que c'est celui qu'on fait par rapport √† Dieu. Rien ne doit √™tre plus sinc√®re, ni plus cordial, ni plus v√©ritable, que ce qu'on pr√©sente √† Celui qui voit tout jusqu'au fond du cŇďur." Bossuet.

      45 Motif suprême de la morale chrétienne, être en réalité fils de Dieu, (verset 9) animés de son Esprit, lui ressembler comme un fils ressemble à son père, l'imiter dans nos sentiments et notre vie. Ephésiens 5.1

      - Votre Père ; jamais Jésus ne dit notre Père, en se comprenant dans ce mot avec ses disciples ; mais toujours mon Père ou votre Père. Distinction très significative. Comp, Jean 20.17 Qui est dans les cieux. (Matthieu 6.9, note.)

      Son soleil : "Magnifique appellation ! lui-même a fait le soleil et le gouverne, et le possède en sa seule puissance." Bengel.

      Les bienfaits de Dieu dans la cr√©ation, m√™me envers ses ennemis, sont offerts √† notre imitation. Ces arguments tir√©s de la nature, qui d√©vaste aussi et d√©truit parfois ne suffiraient pas pour nous faire conna√ģtre et aimer Dieu comme notre P√®re, mais ils parlent au sentiment religieux, et J√©sus leur pr√™te ici son autorit√©. Comparer Actes 14.17

      46 Apr√®s¬†: avoir motiv√© l'amour des ennemis (verset 44) par l'obligation d'√™tre fils du P√®re, (verset 45) J√©sus pr√©sente un second motif (car) en faveur du m√™me pr√©cepte¬†: Aimer ceux qui nous aiment est naturel au cŇďur de l'homme et ne saurait pr√©tendre √† une r√©compense. (Matthieu 5.12¬†; Matthieu 6.1, notes.)

      Les p√©agers m√™mes le font. Les Juifs ha√Įssaient et m√©prisaient ces hommes qui s'√©taient mis au service de la domination romaine pour pr√©lever des imp√īts d√©test√©s, et qui le faisaient souvent avec duret√© et injustice. Aussi dans l'Evangile sont-ils nomm√©s avec les p√©cheurs les plus d√©cri√©s. Matthieu 21.31,32¬†; Luc 15.1

      47 Faire accueil (grec saluer) signifie témoigner de la bienveillance, de l'affection. Le faire en faveur de frères ou d'amis (ainsi porte une variante), il n'y a rien là d'extraordinaire (grec d'excellent, de distingué), rien qui dépasse la mesure de la nature humaine.

      Les pa√Įens (le texte re√ßu r√©p√®te ici le mot p√©agers) le font aussi.

      48 Gr. Vous serez parfaits. Futur mis pour l'imp√©ratif¬†; ou bien¬†: Vous le serez, Je l'attends de vous et, par la voie que je vous ouvre, vous y parviendrez. Parfaits pourrait se rapporter √† tout ce qui pr√©c√®de dans ce chapitre, et indiquerait une perfection morale ressemblant √† tous √©gards √† celle de Dieu, autant que la cr√©ature peut √©galer Celui qui est infini. Mais il est plus probable que J√©sus applique cette grande parole √† ce qu'il vient de dire de l'amour depuis le verset44. (Voir verset 45) C'est ce que confirme le passage parall√®le dans Luc 6.36, qui porte¬†: "soyez mis√©ricordieux comme votre P√®re est mis√©ricordieux." Ce sens se comprend mieux aussi¬†; car il est certain que l'amour, surtout l'amour divin r√©pandu dans le cŇďur, ne conna√ģt et ne veut pas de bornes, il tend √† une perfection toujours plus id√©ale et toujours plus compl√®te. Le but ainsi plac√© par le Sauveur devant les yeux de ses disciples est encore assez sublime pour effrayer leur faiblesse.

      Il leur est bon de se rappeler la prière d'Augustin : "Donne ce que tu ordonnes, Seigneur, et ordonne ce que tu veux !"

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