Ezéchiel 16

    • 1

      1 √† 14 Ce passage d√©crit l'√©tat mis√©rable d'Isra√ęl au commencement de son existence nationale (versets 1 √† 5), puis ce que Dieu dans sa mis√©ricorde daigna faire de ce peuple (versets 6 √† 14).

      2

      A J√©rusalem. Le proph√®te s'adresse √† cette ville comme repr√©sentant le peuple entier. Elle a √©t√© en effet le cŇďur d'Isra√ęl, le centre de sa vie nationale. Dans son sort particulier se reproduisent toutes les fortunes diverses du peuple lui-m√™me.

      3

      Ce verset et les suivants ne concernent pas sp√©cialement la population de J√©rusalem et ne lui attribuent point une origine j√©busienne, c'est-√†-dire amorrh√©enne ou h√©thienne, comme on l'a cru. Il s'agit d'Isra√ęl lui-m√™me d√®s l'√©poque de ses origines les plus recul√©es, lorsque de Canaan il vint habiter en Egypte et y tomba dans la plus douloureuse servitude.

      De la terre du canan√©en. C'√©tait de l√† que venait Isra√ęl¬†; Ez√©chiel profite de cette circonstance pour reprocher au peuple d'avoir toujours eu, en quelque sorte, du sang canan√©en dans les veines et de trahir, moralement parlant, une extraction pa√Įenne. Ce reproche n'a de valeur qu'autant que le proph√®te sait parfaitement que l'origine du peuple, mat√©riellement parlant, est toute diff√©rente.

      Les Amorhéens et les Héthiens étaient les peuples du pays de Canaan du milieu desquels sortaient les Israélites au moment de leur émigration en Egypte.

      4

      Durant le dur temps de la servitude d'Egypte, le peuple, qui naissait alors à la vie nationale (puisqu'à son arrivée il n'était qu'une famille), fut privé de toute protection, semblable à un nouveau-né à qui les premiers soins font défaut.

      Ton cordon... Serait-ce une allusion aux dispositions idol√Ętres et vicieuses qu'Isra√ęl avait apport√©es de Canaan et auxquelles il ne renon√ßa point¬†?

      Frott√©e de sel. C'√©tait l'usage, dit J√©r√īme, de frotter de sel le corps des enfants nouveau-n√©s pour les endurcir au froid.

      5

      Allusion à L'usage si fréquent dans l'antiquité d'exposer les enfants.

      6

      6 à 14 Les tendres soins que l'Eternel prit de ce peuple misérable.

      Dans ton sang : qui coulait parce que le cordon n'avait point été attaché.

      Vis dans ton sang. Tout moribond que soit cet enfant, Dieu lui ordonne de vivre et de vivre dans ce sang même dont il est tout souillé (voir verset 9). L'ordre est répété pour faire ressortir la solennité du miracle sur lequel repose une telle existence. Ce miracle est, en effet, la base de tous ceux qui suivront.

      7

      Allusion √† la prodigieuse multiplication du peuple en Egypte, en m√™me temps qu'√† son d√©veloppement intellectuel et moral et √† la haute culture dont son histoire subs√©quente fait preuve. On peut dire de tout le peuple √† certains √©gards ce qui est dit de Mo√Įse : Qu'il fut instruit dans toute la sagesse des Egyptiens et devint puissant en Ňďuvres et en paroles.

      8

      Allusion au moment o√Ļ l'Eternel visita son peuple en lui suscitant Mo√Įse pour lib√©rateur.

      J'étendis sur toi. Comparez Ruth 3.9. Par cet acte symbolique, un homme déclarait prendre une femme pour épouse. C'était l'emblème de la protection dont il s'engageait à la couvrir désormais.

      Je te fis serment. Ces paroles et les suivantes se rapportent √† l'alliance qui fut conclue durant le s√©jour au Sina√Į entre Dieu et le peuple, par le don de la loi. Ce fut comme l'√©poque du mariage de l'Eternel avec son peuple. Comparez Esa√Įe 54.5¬†; J√©r√©mie 31.32 avec Exode 19.5¬†; 24.8.

      9

      Je te baignai. C'est ici l'embl√®me de la purification du peuple par le moyen de la loi, par son action morale sanctifiante ainsi que par les institutions cr√©√©es par elle. Ez√©chiel a surtout en vue les sacrifices et les ablutions ordonn√©es par la loi pour la purification des Isra√©lites p√©cheurs. Jusqu'alors, Isra√ęl √©tait rest√© couvert de son sang (verset 6), c'est-√†-dire de sa souillure originaire.

      Je t'oignis d'huile : allusion au sacerdoce d'Aaron.

      10

      De broderie. Est-ce une allusion aux tentures brodées du tabernacle ?

      De peau de blaireau, ou de veau marin. Le sens du mot hébreu (thachasch) est incertain. La couverture supérieure du tabernacle était faite de la peau de cet animal (Exode 26.14 ; Nombres 4.25) ; c'est probablement à ce fait que le prophète fait allusion.

      De lin. Le verbe employé ici pour dire ceindre, s'applique ordinairement à la ceinture de tête, au turban : Exode 24.17 ; Exode 29.9 ; Lévitique 8.13. C'est sans doute une allusion à la mitre des sacrificateurs.

      Des tissus les plus fins. Le mot hébreu (méschi) ne se retrouve nulle part ailleurs. A l'exemple des rabbins on le traduit ordinairement par soie. Mais ce sens n'étant qu'une supposition, nous avons rendu ce mot par une expression moins précise.

      11

      Bracelets : Genèse 24.22,24.

      12

      Un anneau à ton nez. Cet ornement, en usage aujourd'hui encore en Orient, faisait aussi partie dès le temps patriarcal des présents de fiançailles.

      Diadème magnifique : ici comme simple ornement. La royauté ne viendra que plus tard (verset 13).

      13

      Après que le contenu des versets 9 à 12 a été résumé dans les premiers mots de ce verset, l'Eternel rappelle en outre le soin qu'il a pris de la nourriture à offrir à sa fiancée. Le froment, le miel, l'huile, étaient les produits exquis de la terre de Canaan.

      Extraordinairement belle : par les institutions dont Dieu l'avait dotée.

      Tu arrivas jusqu'√† r√©gner. Cette expression ne peut s'appliquer qu'√† l'institution de la royaut√© qui √©tait comme l'apanage du peuple entier¬†; tout Isra√ęl r√©gnait en la personne de son roi¬†; comparez Exode 19.5-6 : Un royaume de sacrificateurs¬†!

      14

      Tu fus renommée. Comparez ce qui est dit de la réputation de l'empire israélite à l'époque de David et Salomon, 1Rois 4.34 ; 10.1 et suivants. C'est ici le point culminant de la première partie du chapitre.

      15

      Ce verset commence la seconde partie du tableau : la description de l'ingratitude d'Isra√ęl combl√© de pareils bienfaits (versets 15 √† 52). Ez√©chiel indique d'abord la cause de cette infid√©lit√© odieuse.

      Tu te confias en ta beaut√©. Isra√ęl s'attribua √† lui-m√™me sa sup√©riorit√© morale sur les autres peuples : il oublia de rendre gr√Ęces √† celui de qui il tenait les biens temporels et spirituels dont il jouissait¬†; ce fut le p√©ch√© qui le conduisit ensuite √† l'idol√Ętrie. Comparez ce qui est dit des pa√Įens Romains 1.21-23 : oublier de rendre gr√Ęces au Cr√©ateur, c'est le s√Ľr moyen d'exag√©rer le prix qu'on attache √† la cr√©ature, et d'en venir √† l'adorer ext√©rieurement ou moralement.

      Tu te prostituas. Le culte des idoles est déjà comparé à une prostitution Exode 34.16.

      A tout passant : Ez√©chiel appelle ainsi chaque faux dieu ador√©, chez les nations avec lesquelles Isra√ęl se trouvait en relation¬†; comparez chapitre 8.

      A qui voulait. Littéralement : Que cela soit à lui ! ou : A qui en voudra ! comme si la prostituée parlait ainsi d'elle-même.

      16

      On a entendu ce passage diversement. Il nous para√ģt qu'Ez√©chiel veut parler d'un lit dress√©, au moyen de ce qui composait la garde-robe de la fianc√©e, lit auquel il donne le nom d'autel (litt√©ralement hauts lieux) parce qu'il passe de l'image √† la r√©alit√©. Il s'agit en effet des autels des faux dieux dress√©s sous les rois idol√Ętres sur toutes les √©minences de la Terre Sainte¬†; comparez Esa√Įe 58.7-9.

      Ce qui ne s'était pas fait : le texte est très obscur. Nous donnons le sens probable.

      17

      Des images d'homme : pour pr√©senter l'idol√Ętrie sous le jour le plus repoussant, Ez√©chiel la compare √† la forme de prostitution, la plus monstrueuse qui se puisse imaginer.

      18

      Tu pris... Le service, des faux dieux co√Ľtait cher. Les encensements de Bel √† Babylone se montaient annuellement, selon H√©rodote, √† une somme de mille talents. En Inde aujourd'hui encore, les adorateurs des faux dieux se privent du n√©cessaire pour subvenir aux √©normes d√©penses de leur culte. Comparez Exode 32.1-4,25. Et tout cet or et cet argent ainsi employ√©s √©taient les pr√©sents que J√©hova avait faits √† son √©pouse (mon or, mon argent).

      20

      20 et 21 Ces versets se rapportent aux sacrifices sanglants offerts au dieu Moloch¬†; comparez L√©vitique 18.21¬†; 2Rois 3.27¬†; 23.10¬†; J√©r√©mie 32.35. Dans les cultes pa√Įens, la cruaut√© marchait de pair avec la sensualit√©.

      21

      Mes fils : les enfants d'Isra√ęl appartenaient √† Dieu¬†; car ce peuple provenait de lui par la vocation d'Abraham et par la naissance miraculeuse d'Isaac, et tous les enfants isra√©lites poss√©daient dans la circoncision le sceau de l'adoption.

      22

      Le souvenir constant de ce que l'on était avant l'appel divin est le moyen de réveiller sans cesse le sentiment de la reconnaissance ; comparez Ephésiens 2.11 et suivants.

      Toute nue... : Image de l'√©tat d'Isra√ęl dans la servitude d'Egypte.

      23

      Malheur..., malheur...! Le prophète, arrivé à la peinture des temps les plus récents et des derniers forfaits, s'interrompt par une exclamation d'indignation mêlée de pitié.

      24

      Une vo√Ľte : un √©difice vo√Ľt√©¬†; probablement un lieu de prostitution qui, conform√©ment √† l'image employ√©e dans tout ce passage, est peut-√™tre l'embl√®me de ces retraites souterraines o√Ļ se pratiquaient en Egypte et en Assyrie certaines c√©r√©monies myst√©rieuses en l'honneur des fausses divinit√©s.

      26

      Voir Jérémie, chapitre 44, qui montre avec quelle ardeur dans les derniers temps le peuple et surtout les femmes se livraient aux cultes égyptiens qui appartenaient au matérialisme le plus grossier.

      27

      Ta portion assign√©e : le bel et grand h√©ritage que Dieu avait promis √† Isra√ęl dans la terre de Canaan. Dieu ne lui en a point laiss√© la compl√®te possession, telle qu'il l'avait eue sous David et Salomon.

      28

      L'introduction des cultes assyriens datait sans doute de l'époque ou Achaz entra en relations politiques avec Tiglath-Piléser, roi de Ninive.

      29

      C'√©tait comme une soif inextinguible, un vertige d'idol√Ętrie qui s'√©tait empar√© de ce peuple.

      30

      Exclamation analogue √† celle du verset 23¬†; au sentiment de la piti√© s'ajoute celui du d√©go√Ľt.

      L√Ęche. Ce terme exprimerait, d'apr√®s les uns, une honteuse impuissance morale¬†; d'apr√®s d'autres, l'√©puisement, r√©sultat du vice¬†; ou bien le trouble d√©lirant de la passion. Peut-√™tre toutes ces nuances sont-elles confondues dans ce terme destin√© √† justifier le sentiment de d√©go√Ľt qui r√®gne dans le tableau suivant.

      31

      Vo√Ľte¬†; tertre¬†; voir versets 24 et 25, note.

      La prostitu√©e fait de son genre de vie un m√©tier, un moyen de lucre¬†; mais tel n'√©tait pas le cas d'Isra√ęl.

      32

      Isra√ęl ressemblait √† une femme infid√®le qui, jouissant du domicile conjugal et d'un entretien assur√©, commet le vice pour le vice, et en ajoutant √† l'impudicit√© l'adult√®re. Et pour comble de honte, cette femme infid√®le paie ses complices¬†! Sens : quoiqu'il poss√©d√Ęt le culte du vrai Dieu, Isra√ęl semblait tourment√© par la manie d'y ajouter sans cesse des cultes nouveaux accompagn√©s des s√©ductions les plus honteuses.

      33

      Et cette conduite co√Ľtait cher √† Isra√ęl au lieu de lui rapporter quelque chose¬†! Quels sacrifices n'avait-il pas √† faire pour obtenir l'alliance des grands peuples pa√Įens, Assyriens ou Egyptiens, au moyen du laquelle leur idol√Ętrie p√©n√©trait chez lui¬†! Comparez 2Rois 16.7,8.

      34

      Tandis qu'Isra√ęl √©tait comme avide de l'assistance des autres peuples et de leurs idoles, les pa√Įens ne recherchaient ni son alliance ni son culte, tant il √©tait devenu m√©prisable √† leurs yeux.

      35

      Les versets suivants d√©crivent le ch√Ętiment de J√©rusalem sous l'image de la punition inflig√©e chez les Juifs √† la femme coupable d'adult√®re.

      36

      Récapitulation des crimes commis, comme considérant de la sentence suivante, verset 37 (voir versets 15 à 24).

      Ton airain : expression obscure peut-√™tre pour dire : ton avoir, ton argent. Isra√ęl n'avait plus √† la fin que de l'airain √† donner.

      37

      D'apr√®s Nombres 5.18 lorsqu'une femme √©tait soup√ßonn√©e d'adult√®re, elle √©tait amen√©e dans le temple (devant l'Eternel) et le sacrificateur commen√ßait par lui d√©couvrir la t√™te. C'est √† ce traitement humiliant que semble faire allusion le verset 37, lors m√™me que dans ce verset il est parl√© de la personne tout enti√®re. Ses repaires d'idol√Ętrie (chapitre 8) seront d√©couverts aux yeux de tous, amis ou ennemis, lorsque les peuples ex√©cuteurs du jugement de Dieu d√©truiront J√©rusalem.

      Avec ceux que tu as ha√Įs : les peuples qui ont pris part √† sa ruine ne furent pas seulement ceux dont elle avait cherch√© √† acheter les bonnes gr√Ęces, mais aussi ceux qu'Isra√ęl avait toujours profond√©ment d√©test√©s, comme les Ammonites, les Moabites et surtout les Edomites¬†; comparez 2Rois 24.1-3 et Psaumes 137.7-8.

      38

      Je verserai ton sang. Cette expression s'applique et à la peine du meutrier (l'épée) et à celle de l'adultère (la lapidation) ; comparez verset 40. Jérusalem était en effet coupable de ce double chef.

      Fureur et jalousie : le premier de ces termes porte sur le crime de meurtre¬†; le second sur l'adult√®re. Le terme de jalousie, revient plusieurs fois dans l'ordonnance Nombres 5.14-31, relative √† la punition de la femme adult√®re (l'esprit de jalousie, versets 14 et 30, le g√Ęteau de jalousie, versets 15,18,25.)

      39

      Description figurée du sac de Jérusalem.

      40

      Te lapideront : on voit par Lévitique 20.2,10 que le supplice de la lapidation était la peine des adultères ; comparez Jean 8.5-7.

      Te perceront de leurs √©p√©es : Gen√®se 9.6 ordonne la peine du glaive pour le crime de meurtre¬†; et Josu√© 6.21, pour les habitants d'une ville mise √† l'interdit. Isra√ęl, meutrier des fils de J√©hova (verset 21, note), a m√©rit√© le supplice des Canan√©ens. Comparez L√©vitique 20.1-5.

      Une assembl√©e : la r√©union des peuples qui assi√©geront et d√©truiront J√ęrusalem est compar√©e √† l'assembl√©e solennelle des Isra√©lites lapidant un coupable.

      41

      Ce jugement s'exécutera avec une complète publicité ; le monde entier en sera témoin. Dieu ne ménagera pas son peuple.

      Aux yeux de beaucoup de femmes, c'est-à-dire de beaucoup d'autres nations. Le comble de l'opprobre pour une femme est d'avoir à le subir en présence de ses rivales.

      Je ferai cesser... La captivit√© d'Isra√ęl a mis fin √† son idol√Ętrie.

      Tu ne feras plus de présents : Comment, dans son exil, achèterait-il encore l'alliance des étrangers ? La promesse et la menace sont réunies dans cette parole.

      42

      Courroux et jalousie : voir verset 38.

      Je m'apaiserai. C'est la cons√©quence du courroux satisfait. Le compte pr√©c√©dent est r√©gl√©. Il y a comme un moment de calme succ√©dant √† l'orage du ch√Ętiment. Encore ici la promesse commence √† se faire jour dans les termes m√™mes de la menace.

      43

      De plus en plus, vers la fin de la menace, se trahit le réveil du sentiment de la miséricorde.

      Parce que tu ne t'es pas souvenue ; voir à verset 22.

      Tu n'ajouteras plus : on pourrait penser que les √©normit√©s sont des crimes contre-nature ajout√©s aux vices ordinaires et sp√©cialement √† l'idol√Ętrie (tes abominations)¬†; comparez L√©vitique 18.17. Cependant il nous para√ģt plus naturel d'appliquer le terme d'abominations aux vices pr√©c√©demment √©num√©r√©s, et celui d'√©normit√© √† la mani√®re audacieuse et impudente en laquelle Isra√ęl s'y √©tait livr√©. D'autres traduisent : afin que je n'ajoute pas l'√©normit√© √† toutes tes abominations... dans le sens de L√©vitique 19.29 o√Ļ un p√®re est accus√© d'√©normit√© s'il tol√®re, sans la ch√Ętier, l'inconduite de sa fille. Mais l'aggravation du crime doit plus naturellement √™tre attribu√©e √† celui qui a commis le crime.

      44

      44 et 45Ta m√®re... Votre p√®re : La population canan√©enne (h√©thienne et amorrh√©enne), du milieu de laquelle Isra√ęl sortait en venant en Egypte et dont il avait pris le caract√®re et les habitudes (verset 3).

      45

      Les sŇďurs sont les autres populations pa√Įennes du voisinage, souvent √©num√©r√©es dans la Gen√®se.

      Ez√©chiel accuse les nations d'avoir aussi bien qu'Isra√ęl, d√©sert√© leur mari et leurs enfants. Il envisage donc que les pa√Įens appartenaient aussi originairement √† l'Eternel, ce qui assimilait leur infid√©lit√© √† celle d'Isra√ęl¬†; comparez Romains 3.2¬†; 1.18-25 o√Ļ l'origine du paganisme est expliqu√©e par une ingratitude et une incr√©dulit√© volontaires.

      De ses enfants..., de leurs enfants. Ce sont les enfants que ces peuples immolaient aux fausses divinités ; comparez 2Rois 3.27 ; 18.8,17.

      46

      Samarie et Sodome sont appel√©es ici sŇďurs de J√©rusalem, parce qu'elles avaient √©t√© les capitales de deux districts appartenant au m√™me pavs que Juda et qu'elles √©taient anim√©es du m√™me esprit d'idol√Ętrie et de corruption. Samarie est appel√©e la grande sŇďur, parce que son territoire √©tait plus consid√©rable que celui de Sodome. Elle est plac√©e √† la gauche et Sodome √† la droite, parce qu'en tournant la face vers l'est, l'habitant de J√©rusalem a la Samarie √† sa gauche (au nord), la mer Morte √† sa droite (au sud).

      Leurs filles : les villes de leur ressort.

      47

      C'√©tait trop peu... Combl√©e de gr√Ęces, comme J√©rusalem l'avait √©t√©, c'√©tait trop peu pour elle, une fois qu'elle se livrait √† l'infid√©lit√©, de p√©cher comme Sodome et Samarie¬†; elle devait p√©cher davantage¬†! Plus il y a eu de gr√Ęces m√©pris√©es, plus la chute est profonde. De mauvais chr√©tiens sont pires que les pa√Įens.

      48

      48-50 Cette appr√©ciation peut √©tonner. Mais le proph√®te remonte √† la cause cach√©e du p√©ch√©. Le p√©ch√© √©tant essentiellement la r√©volte √©go√Įste contre Dieu, sa gravit√© r√©elle se mesure moins aux actes proprement dits qu'aux dispositions int√©rieures qui les produisent et √† l'√©tendue des gr√Ęces re√ßues. Voil√† ce qui explique la s√©v√©rit√© de la sentence prononc√©e ici sur J√©rusalem, quand on compare cette sentence √† l'appr√©ciation du p√©ch√© de Sodome. C'est aussi par cette raison qu'en mentionnant les crimes de Sodome, Ez√©chiel ne s'arr√™te point √† ceux auxquels le nom de cette ville est rest√© attach√©, mais aux dispositions orgueilleuses et sensuelles qui en √©taient la source. Comparez une appr√©ciation analogue dans la bouche du Seigneur Matthieu 11.21-24, parole qui contient sans doute une allusion √† notre passage.

      51

      Tu as justifi√© tes sŇďurs. L'infid√©lit√© de J√©rusalem, en d√©passant celle de ses sŇďurs, la faisait para√ģtre moins criminelle et plus pardonnable.

      52

      Dont tu as charg√© tes sŇďurs. J√©rusalem, malgr√© ses abominations, se croyait plus juste que Sodome et Samarie¬†; elle jetait sur elles le m√™me regard hautain que le pharisien sur le p√©ager, qui √©tait pourtant plus pr√®s de la justification que lui (Luc 18.14).

      53

      53 à 63 Ici commence la troisième partie du discours, la promesse. Pour résoudre les difficultés qu'elle présente, il faut se rendre compte de la nature du style prophétique, qui est tout différent du langage ordinaire. Les faits dont parle le prophète n'ont pas de valeur propre ; leur vraie importance est dans la loi du gouvernement divin qu'ils manifestent. C'est ainsi qu'Ezéchiel peut présenter comme un fait réel le retour matériellement irréalisable des captifs de Sodome. Il veut, en parlant ainsi, illustrer un principe moral en l'énonçant sous une forme aussi concète que possible, étrange même jusqu'au paradoxe. Aucun morceau des prophètes ne donne, comme celui-ci, l'occasion d'étudier ce caractère idéal et profondément spirituel du langage prophétique.

      Des habitants de Sodome et des villes environnantes, pas un n'avait surv√©cu √† la catastrophe. On a donc tent√© de rapporter cette promesse aux deux peuples descendant de Lot (les Moabites et les Ammonites). Ce sens est √©videmment inadmissible. On a pens√©, aussi √† la conversion de ces esprits retenus en prison, dont il est parl√© 1Pierre 3.19 et parmi lesquels se trouveraient les habitants des villes de la plaine. Nous pensons plut√īt que, dans la pens√©e du proph√®te, le retour d'Isra√ęl apr√®s la captivit√© s'identifie avec le salut, au sens absolu du mot. Quand ce salut se r√©alisera sur la terre, les p√©cheurs de la nation la plus favoris√©e spirituellement, comme Juda, ne devanceront en rien ceux qui paraissaient beaucoup plus corrompus, tels que ceux de Samarie, ni m√™me les vicieux les plus d√©grad√©s, tels que les habitants de Sodome. Chaque jour les exp√©riences faites dans l'Eglise, √† l'occasion de la pr√©dication du salut, sont la d√©monstration de la v√©rit√© exprim√©e, sous cette forme frappante par le proph√®te. Comparez Matthieu 21.31,32¬†; Luc 7.29,30¬†; 15.1,2. Ez√©chiel s'√©l√®ve ici au point de vue de la plus pure spiritualit√© √©vang√©lique. Si l'on cherche une explication plus litt√©rale encore des expressions employ√©es, en particulier de celle-ci : parmi les leurs, il faut se transporter en pens√©e au moment de la fondation de l'Eglise, o√Ļ Juifs, Samaritains et pa√Įens entraient tous ensemble et √† la m√™me condition de la foi, dans l'alliance de gr√Ęce¬†; comparez le chapitre 47 o√Ļ Ez√©chiel, dans le tableau du torrent d'eaux vives sortant du nouveau temple, fait de la mer Morte la figure du monde pa√Įen¬†; puis Actes 2.41¬†; 8.5-25¬†; 10.34-38, etc.

      54

      Etant pour elles une consolation : en ce qu'elles verront, d'une part, que tu as été encore plus coupable qu'elles et non moins sévèrement punie, et, d'autre part, que tu es graciée aux mêmes conditions qu'elles, sans qu'il reste rien de ces prérogatives particulières et de cette propre justice dont tu aimais à te glorifier vis-à-vis d'elles.

      55

      Encore ici que signifierait le sens litt√©ral¬†? Que faudrait-il entendre √† ce point de vue par le premier √©tat de Sodome¬†? Comme, dans la promesse pr√©c√©dente, le proph√®te s'√©lan√ßait en avant vers le jour du salut, dans celle-ci il remonte jusqu'√† un √©tat id√©al de pi√©t√©, de moralit√© et de prosp√©rit√© ext√©rieure qui aurait d√Ľ √™tre le point de d√©part de l'histoire des trois nations, mais qui n'a de r√©alit√© que dans l'√©tat primitif de l'humanit√© en g√©n√©ral, ant√©rieurement √† sa chute. Les racines les plus profondes de toute existence humaine, individuelle ou collective, plongent dans cet √©tat primitif o√Ļ l'homme vivait encore dans l'union avec Dieu et o√Ļ nous ram√®ne l'Ňďuvre de Christ.

      56

      Ta sŇďur Sodome n'√©tait pas nomm√©e. Quel Isra√©lite aurait autrefois pens√© √† nommer Sodome comme une sŇďur de J√©rusalem, soit quant √† la corruption, soit quant √† la gr√Ęce¬†? Pour obtenir un pareil r√©sultat, il fallait une r√©volution compl√®te. J√©rusalem devait √™tre amen√©e √† reconna√ģtre que sa d√©gradation √©galait pour le moins celle de Sodome. C'est de cette communaut√© de mis√®re et de honte que devait sortir le sentiment de la fraternit√© √©vang√©lique.

      57

      Quand tu fus outrag√©e. Le proph√®te ne parle pas ici des Assyriens et Babyloniens, les principaux instruments du jugement qui d√©voila toute la perversit√© de Juda. Il nomme les petits peuples voisins qui furent les t√©moins des ch√Ętiments du peuple de Dieu et les aggrav√®rent par leur outrages¬†; comparez verset 41 (aux yeux de plusieurs femmes). Pour les Syriens, voir Esa√Įe 7.1 et suivants. Les inscriptions assyriennes nous appennent que les villes des philistins agrandissaient leur territoire aux d√©pens de Juda par la faveur des conqu√©rants assyriens.

      59

      Le proph√®te n'avait pas enti√®rement oubli√© l'√©l√©ment de la promesse dans les versets pr√©c√©dents. L'id√©e essentielle √©tait celle d'une compl√®te √©galit√© dans le salut entre les trois sŇďurs, J√©rusalem, Samarie et Sodome. Il revient plus explicitement √† cette partie r√©jouissante de son message. Le verset 59 forme la transition. Ce verset signifie : Je commencerai par te faire comme tu m'as fait. C'est la menace de l'exil o√Ļ l'alliance para√ģtra oubli√©e de la part de Dieu, comme elle l'avait √©t√©, du c√īt√© du peuple.

      60

      Et... : Et apr√®s cela. Apr√®s avoir trait√© Isra√ęl comme Isra√ęl l'a trait√©, (oubli de l'alliance), Dieu agira √† sa mani√®re : Je me souviendrai, moi. Il prendra l'initiative d'une relation toute nouvelle avec J√©rusalem.

      Dans un sens, cette alliance sera le renouvellement de la premi√®re, en ce qu'elle continuera l'Ňďuvre commenc√©e par celle-ci¬†; dans un autre sens, ce sera une alliance nouvelle¬†; car elle n'aura plus ce caract√®re national et par cons√©quent temporaire¬†; elle sera universelle (verset 53) et √©ternelle¬†; ce qui suppose des bases toutes diff√©rentes de celles de l'ancienne.

      61

      Quand tu recevras... Les Juifs croyants ont formé le noyau de l'Eglise auquel ont été et sont encore adjoints successivement les croyants des autres peuples. Comparez Romains 11.17-18.

      Pour filles. L'Eglise apostolique de J√©rusalem fut la m√©tropole des √©glises de la gentilit√©¬†; Paul n'avait rien de plus press√©, apr√®s avoir fait une mission, que de rattacher √† J√©rusalem les troupeaux qu'il avait form√©s dans le monde pa√Įen.

      Mais non en vertu... L'alliance particuli√®re conclue jadis avec Isra√ęl ne sera pas le fondement de cette Ňďuvre nouvelle qui embrassera le monde. Le salut offert dans l'√©conomie nouvelle reposera sur des faits divins tout nouveaux¬†; et les pa√Įens entreront dans le royaume de Dieu en vertu d'une autre alliance que celle que Dieu avait conclue sp√©cialement avec Isra√ęl. Cependant J√©rusalem aura aussi sa place ans cette alliance future, lors m√™me que celle-ci ne sera plus la sienne.

      63

      Et de cette situation toute nouvelle r√©sultera une profonde humiliation pour Isra√ęl, non seulement parce qu'il sera trait√© sur le m√™me pied que tout autre peuple, mais surtout parce que ayant p√©ch√© plus que tout autre, il sentira mieux aussi que les autres son indignit√© et la gratuit√© de sa mis√©ricorde dont il aura √©t√© l'objet avec eux.

      Quand je ferai expiation. Il s'agit ici du grand acte propitiatoire qui sera le fondement de l'alliance nouvelle, comme l'immolation de l'agneau pascal avait été celui de l'alliance théocratique.

      On a parfois, dans les temps modernes, représenté Ezéchiel comme un esprit étroitement légal qui a frayé la voie au littéralisme sacerdotal dont l'empire s'établit après le retour de l'exil. Il suffirait de la fin admirable de ce chapitre pour réfuter cette appréciation. Le souffle prophétique n'a dicté à aucun serviteur de Dieu des paroles d'un spiritualisme plus élevé et plus glorieux.

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