Genèse 14

    • 1

      1-12 Occasion de l'intervention d'Abraham

      La vérité historique complète des faits enfermés dans ce récit ne peut plus être mise en doute depuis la confirmation éclatante qu'ils ont reçue par les découvertes faites récemment en Assyrie. Nous pouvons ainsi constater nous-mêmes la parfaite exactitude des renseignements que possédait l'écrivain sacré.

      Plusieurs des noms mentionnés se lisent dans les inscriptions. Ainsi Arjoc s'y trouve sous la forme d'Iri-Akou, (qui signifie serviteur du dieu de la lune, sa ville capitale, Ellasar, est nommée dans les inscriptions Larsav, aujourd'hui Sinkéreh, dans la Basse-Chaldée, sur l'un des bras de l'Euphrate, au nord d'Ur. Les inscriptions nous apprennent, qu'il régnait là comme vassal de son père, Koudour-Maboug, roi d'Ur, de Sumir et d'Accad, c'est-à-dire de toute la Babylonie septentrionale et méridionale.

      Nous sommes aussi éclairés sur le nom de Kédorlaomer. Le mot Koudour (Kédor) entre dans la composition des noms de deux rois élamites de Babylone dont parlent les inscriptions, Koudour-Maboug et Koudour-Nachoundi ; et le nom de Laomer est celui de la déesse Lagamar. Les LXX rendent le nom de ce roi sous la forme de Chodollogomor, qui se rapproche encore plus des inscriptions.

      Certains détails de notre récit s'éclaircissent également par la comparaison des inscriptions. Comment se fait-il, par exemple, que Kédorlaomer, un roi d'Elam, marche à la tête de l'expédition et que le roi de Babylone n'y paraisse qu'en seconde ligne (verset 5) ? Comment un roi d'Elam, des pays iraniens, peut-il étendre ses conquêtes jusqu'à la vallée du Jourdain ?

      Ces problèmes trouvent leur solution dans une inscription du roi d'Assyrie Assurbanipal, qui nous révèle l'existence d'un vaste et puissant empire élamite antérieur à l'empire babylonien. Ce roi raconte en effet que, s'étant emparé de la ville de Suze, capitale de l'empire élamite, il y trouva et rapporta en Babylonie l'idole de la déesse Nana, que, 1635 ans auparavant, un roi d'Elam, du nom de Koudour-Nachoundi, avait enlevée. Car, ajoute-t-il, ce roi élamite avait fait main basse sur les temples d'Accad (Babylonie septentrionale).

      Assurbanipal régnait de 668 à 626 avant J.-C. La conquête de la Babylonie par les rois d'Elam ayant eu lieu 1635 ans auparavant, cela nous conduit aux années 2200-2300 avant J-C, c'est-à-dire à l'époque d'Abraham, dont la date nous a paru être un peu plus de 2000 ans avant J-C. Nous savons de plus que les rois d'Elam, après s'être emparés de Babylone, s'y établirent et en firent leur capitale, car Koudour-Maboug, l'un des successeurs de Koudour-Nachoundi, est désigné dans les inscriptions comme roi de Babylone.

      Une fois √©tablie √† Babylone, la dynastie √©lamite √©tendit ses conqu√™tes bien au-del√† des plaines de l'Euphrate et du, Tigre. En effet, Koudour-Maboug est nomm√© dans les inscriptions ma√ģtre du pays d'Occident, c'est-√†-dire des contr√©es de l'Asie occidentale jusqu'√† la M√©diterran√©e, et avant tout du pays de Canaan. C'est justement au moment qui suivit cet asservissement de l'Occident par Koudour-Maboug, bien avant les exp√©ditions assyriennes et babyloniennes, que nous place notre chapitre.

      Ces contr√©es avaient √©t√© soumises douze ans √† K√©dorlaomer, peut-√™tre le successeur du conqu√©rant¬†; et ce fut pour r√©primer une r√©volte qui avait eu lieu la treizi√®me ann√©e qu'il arriva jusqu'√† la vall√©e du Jourdain et au d√©sert de Paran. La s√©rie des faits peut donc se reconstruire de la mani√®re suivante : Des deux souverains √©lamites que nous font conna√ģtre les inscriptions, le premier, Koudour-Nachoundi, a conquis la Babylonie¬†; le second, Koudour-Maboug, s'est avanc√© jusqu'au pays de Canaan¬†; K√©dorlaomer, le troisi√®me, celui que nous ne connaissons que par la Bible, est venu pour r√©primer une r√©volte dans les pays conquis.

      1
      Amraphel. Ce nom ne s'explique pas d'après l'hébreu ; il est sans doute d'origine babylonienne, mais n'a pas été retrouvé dans les inscriptions.

      Sinéar, la Babylonie ; voir 10.10, note.

      Thidéal ne se retrouve pas dans les inscriptions et n'a pas de sens en hébreu. Les LXX lisent Targal (il suffit en hébreu de changer une lettre), mot qui, dans les langues touraniennes, signifie grand chef.

      Go√Įm, mot h√©breu signifiant nations. La traduction grecque de Symmaque le rend par les Scythes. D'apr√®s cela, le grand chef des hordes scythes venues du Nord aurait aussi fait partie, comme vassal, de l'arm√©e du roi d'Elam.

      Selon d'autres, Go√Įm serait le nom d'un peuple sp√©cial, soit les Go√Įm √©tablis dans les, montagnes d'Ephra√Įm (Josu√© 12.23), soit les Gouti, ou Kouti, population d'une contr√©e situ√©e sur les fronti√®res de la M√©die.

      De ce que nous avons rapporté plus haut et du verset 9, il résulte que ces quatre rois n'étaient pas égaux : Kédorlaomer était le chef de l'expédition, et les trois autres étaient des rois de pays conquis. L'ordre que suit, ici l'auteur peut s'expliquer par la raison qu'il a voulu placer en tête de toute cette histoire un nom déjà connu par les récits précédents, celui du pays de Sinéar ; il aura continué par l'ancien vassal du roi de ce pays, puis passé au roi d'Elam et à son vassal le plus puissant.

      2

      Sodome, Gomorrhe, Adma, Ts√©bo√Įm, les quatre villes de la plaine qui furent englouties plus tard (chapitre 19). Elles sont √©galement mentionn√©es ensemble Gen√®se 10.19 et Deut√©ronome 29.23. Partout ailleurs, Sodome et Gomorrhe, les deux principales, sont seules indiqu√©es.

      Sur la situation probable de ces quatre villes, ainsi que de Tsoar, voir à 19.28. Il est probable que leurs habitants n'appartenaient pas aux tribus cananéennes ; car, d'après 10.19, ces villes étaient situées en dehors de leurs frontières.

      On n'a pas trouvé d'étymologies satisfaisantes de ces noms ; plusieurs auteurs ont prétendu que d'après l'arabe, Sodome signifie l'engloutie, Gomorrhe la submergée, Adma la détruite, Béla l'avalée ; mais on n'arrive à ces significations qu'en faisant violence à l'orthographe. Il en est de même des explications que les rabbins et certains commentateurs ont données des noms des quatre rois : fils du mauvais, fils du méchant, dent de serpent et venin de scorpion.

      L'état politique de cette contrée est le même que celui du pays de Canaan au temps de Josué : chaque ville a son roi, et en temps de guerre elles se prêtent mutuellement secours. La guerre contre ces cinq villes n'était pas le but unique de l'expédition ; mais elle est mentionnée en tête du récit, parce que c'est cette circonstance qui fournit à Abraham l'occasion d'intervenir.

      B√©la, qui est Tsoar : qui est aujourd'hui Tsoar. L'auteur conna√ģt encore l'ancien nom de Tsoar, qui n'est mentionn√© nulle part ailleurs dans la Bible.

      3
      Vallée de Siddim. C'était la partie méridionale de la plaine du Jourdain. Comparez 13.10
      5

      Le récit qui commence avec ce verset montre que tous les pays conquis de l'Occident s'étaient révoltés avec les rois de la Plaine.

      Les R√©pha√Įm. Ce peuple, encore mentionn√© au temps d'Abraham (15.20), appartenait √† la population primitive de Canaan. Ils habitaient √† l'orient du Jourdain les contr√©es occup√©es plus tard par les Ammonites et les Moabites (Deut√©ronome 2.11¬†; 2.20¬†; 3.13). Mais ils ont aussi laiss√© des traces de leur passage dans la partie occidentale du pays : une vall√©e au sud-ouest de J√©rusalem (Esa√Įe 17.5) et une partie du territoire √©chu √† la tribu de Manass√© (Josu√© 17.15) portaient leur nom. Les derniers restes de ce peuple apparaissent chez les Philistins au temps de David (2Samuel 21.15 et suivants). Partout les auteurs sacr√©s les mentionnent comme des hommes d'une taille extraordinaire¬†; leur nom m√™me signifie g√©ants.

      Astharoth-Karna√Įm. Le sens de ce nom est : les Astart√©s √† deux cornes. Astart√©, la personnification de la lune, √©tait ainsi d√©sign√©e √† cause des deux cornes du croissant lunaire. La ville appel√©e de ce nom devait √™tre le si√®ge d'un culte de cette d√©esse, la V√©nus des Canan√©ens.

      C'est sans doute la même ville qu'Astharoth, la résidence d'Og, roi de Basan (Deutéronome 1.4 ; Josué 9.10). Les anciens commentateurs, suivis par plusieurs modernes, identifient cette localité avec l'endroit appelé aujourd'hui Tel-Aschtéra, situé dans l'ancienne province du Hauran, à la hauteur du lac de Génésareth. D'autres l'identifient avec la ville de Bostra, ancienne capitale du pays, située plus au Sud-Est.

      Les Zuzim, peut-√™tre identiques avec les Zamzummim, tribu de R√©pha√Įm mentionn√©e Deut√©ronome 2.20¬†; c'√©taient les habitants primitifs du pays des Ammonites, qui habitaient √† l'orient du Jourdain inf√©rieur. Ptol√©m√©e mentionne dans cette contr√©e une localit√© du nom de Ziza.

      Ham, nom inconnu.

      Les Emim, les terribles, autre tribu de R√©pha√Įm, qui ont pr√©c√©d√© les Moabites dans les contr√©es situ√©es √† l'est de la mer Morte (Deut√©ronome 2.20).

      Sav√©-Kiriatha√Įm. Sav√© signifie plaine. Sur la position de Kiriatha√Įm, voir J√©r√©mie 48.1, note.

      6

      Les Horiens. Ce nom, qui signifie habitants des cavernes, désigne la population primitive du pays d'Edom, situé entre la mer Morte et l'extrémité orientale de la mer Rouge (Deutéronome 2.12,22).

      Leur montagne. Ces montagnes sont spécialement leurs, parce que les cavernes qu'elles renferment leur servaient d'habitations.

      Séir. Ce nom, qui signifie velu, vient probablement de ce que les montagnes du pays sont couvertes de forêts.

      El-Paran. El signifie grand arbre, et, se dit surtout des ch√™nes et des palmiers, et Paran d√©signe le d√©sert qui s'√©tend √† l'ouest du pays d'Edom, entre la presqu'√ģle du Sina√Į et le pays de Juda. Ce El-Paran est probablement identique avec Elath, port qui a donn√© son nom au golfe √©lanitique, celui des deux golfes septentrionaux de la mer Rouge qui est le plus √† l'Est (Deut√©ronome 2.8¬†; 2Rois 14.22). On comprend que K√©dorlaomer ait tenu √† la possession de ce port, qui lui donnait acc√®s sur la mer Rouge.

      Près du désert. Elath était à l'entrée du désert de Paran.

      7

      S'en retournant. Allant dans la direction d'o√Ļ ils √©taient venus, mais en longeant cette fois la fronti√®re occidentale du pays d'Edom.

      Fontaine du Jugement : ancien nom de Kadès, venant de ce qu'il y avait là une source près de laquelle on consultait l'oracle. Le nom de Kadès (de kadasch, être saint) montre qu'il y avait réellement là un sanctuaire.

      Cette localité est célèbre dans l'histoire sainte par le séjour qu'y firent les Israélites avant d'entrer dans le pays de Canaan ; comme Elath, elle était sans doute pour les rois d'Orient un point important : elle était la clef de la route d'Orient en Egypte. D'après Nombres 13.26, Kadès ne devait pas être éloignée de la frontière méridionale de Juda.

      Tout le pays des Amal√©kites : sans doute ce peuple, descendant d'Esa√ľ, n'existait pas encore, mais c'√©tait le pays qui fut plus tard habit√© par eux (Gen√®se 36.42).

      Les Amorrhéens : voir à 10.16.

      Hatsatson-Thamar : rang√©e ou abattis de palmiers. D'apr√®s 2Chroniques 20.2, cette localit√© est la m√™me que Engu√©di, qu'on a retrouv√©e sur la c√īte occidentale de la mer Morte, √† la hauteur d'H√©bron, dans une contr√©e maintenant d√©sol√©e, mais qui, au t√©moignage de Pline, √©tait autrefois riche en palmiers. C'est par le m√™me endroit que passa plus tard l'arm√©e des Moabites et des Ammonites pour attaquer Josaphat. (2Chroniques 20.1-2)

      Nous pouvons maintenant nous rendre compte de l'itin√©raire suivi par les quatre rois d'Orient. Astharoth dans le Hauran, √† l'est du lac de G√©n√©sareth, Ham, √† l'est de l'embouchure du Jourdain (?)¬†; Kiriatha√Įm, √† l'est de la mer Morte¬†; S√©ir, entre la mer Morte et la mer Rouge¬†; Elath, sur la mer Rouge. De l√†, retour par le d√©sert (Kad√®s, le pays d'Amalek) jusqu'√† Engu√©di, dans la vall√©e de Siddim, au pied des montagnes de Juda.

      8

      Les rois de la Plaine, voyant tous leurs voisins vaincus, réunissent leurs forces sous le commandement en chef du roi de Sodome pour arrêter l'armée conquérante.

      10

      Beaucoup de puits de bitume. Le bitume arrivait probablement √† fleur de terre au fond de nombreuses d√©pressions du sol. Aujourd'hui encore, on trouve beaucoup d'asphalte sur les c√ītes de la mer Morte, et le fond m√™me de cette mer semble √™tre form√© de cette mati√®re. Les voyageurs racontent en effet que, dans la partie m√©ridionale de ce bassin, et surtout apr√®s des tremblements de terre, l'asphalte monte du fond de la mer et flotte √† la surface de l'eau. La c√īte m√©ridionale est form√©e d'un terrain noir, peu consistant, o√Ļ l'on enfonce facilement et o√Ļ les b√™tes de somme disparaissent parfois.

      Ils y tombèrent : non pas les deux rois (verset 17), mais leurs gens.

      11

      Ils s'en allèrent : ils remontent la vallée du Jourdain, afin d'éviter le désert de Syrie. Comparez verset 14.

      12

      Lot est enveloppé dans la ruine de ce beau et riche pays, dans lequel il s'était établi. Les explications données ici sur lui feraient supposer qu'il n'avait, pas encore été parlé de lui et de son établissement dans cette contrée, ce qui confirme l'hypothèse émise en commençant sur l'origine de ce récit.

      13

      13-16 Victoire d'Abraham

      Abram l'H√©breu : descendant d'H√©ber¬†; voir 10.25, note¬†; ce nom oppose Abraham aux habitants de la Plaine et aux rois d'Orient. C'est aussi ce nom que les pa√Įens emploieront plus tard pour d√©signer les Isra√©lites (Gen√®se 39.14¬†; 41.12¬†; Exode 1.16¬†; 1Samuel 4.6).

      Il campait dans la chênaie. Cette explication serait superflue si l'auteur de ce morceau était le même que celui du chapitre 13.

      Escol. Ce nom signifie : grappe de raisin. Ailleurs il désigne une vallée voisine d'Hébron (Nombres 13.23).

      Ils étaient des alliés : tous les trois, d'après le verset 4.

      14

      Son frère : son parent ; comparez 13.8 ; 24. 27

      Ses gens, litt√©ralement : ses √©prouv√©s, ses fid√®les, ceux dont il √©tait s√Ľr.

      Nés dans sa maison : ils devaient lui être plus attachés que les esclaves acquis à prix d'argent.

      Trois cent dix-huit. Ce chiffre, qui ne comprend naturellement qu'une partie des gens d'Abraham, donne une idée de la puissance de ce patriarche.

      Jusqu'√† Dan. C'est par cette ville, au pied du Hermon, au nord de la Palestine, que pass√®rent aussi plus tard les arm√©es babyloniennes quand elles envahirent le pays (J√©r√©mie 4.15¬†; 8.16). Le nom de Dan, comme ceux de B√©thel (12.8) et de H√©bron (13.18), doit √™tre employ√© ici par anticipation¬†; car cette ville porta le nom de La√Įs jusqu'au moment o√Ļ les Danites s'en empar√®rent (Juges 18.27 et suivants). Faut-il conclure de l√† que ce r√©cit a √©t√© compos√© seulement apr√®s cette √©poque¬†? Non¬†; car nous avons trouv√© de nombreux indices de sa tr√®s grande anciennet√©, m√™me relativement aux autres r√©cits de la Gen√®se. Il faut donc admettre que le nom de Dan a √©t√© substitu√© plus tard au nom primitif, en vue de la lecture publique¬†; √† moins pourtant qu'on ne pr√©f√®re appliquer ici ce nom de Dan √† la ville de Dan-Jaan dans le pays de Galaad, au-del√† du Jourdain (2Samuel 24.6). Les rois auraient dans ce cas pass√© le Jourdain entre le lac de G√©n√©sareth et. l'embouchure du fleuve.

      15

      Ayant partagé sa troupe. Cette tactique était très usitée chez les Israélites et dans tout l'Orient. Comparez Juges 7.16 ; 1Samuel 11.11 ; 2Samuel 18.2 ; Job 1.17, etc.

      Hoba, probablement à vingt heures de marche au nord de Damas, sur les confins du désert ; là se trouve encore aujourd'hui une source de ce nom.

      16

      Les femmes et les gens : non seulement il délivre Lot et reprend le butin enlevé, mais encore il délivre tous les prisonniers. On peut se demander comment une armée considérable et habituée à la victoire peut être vaincue par une si petite troupe. Mais d'abord Abraham avait trois alliés (verset 13). Puis les rois d'Orient, ayant vaincu tous leurs ennemis, étaient dans une complète sécurité et, leur défaite fut l'effet d'une surprise. Peut-être aussi Abraham n'eut-il affaire qu'à l'arrière-garde qui emmenait les prisonniers et le butin.

      17

      17-20 Rencontre avec Melchisédek

      Alla au-devant de lui : pour le remercier et le prier de lui rendre les prisonniers (verset 21).

      Vallée de Savé : vallée de la Plaine.

      C'est la vall√©e du Roi. Ce nom ne repara√ģt que dans 2Samuel 18.18, o√Ļ nous lisons qu'Absalom se fit √©riger un monument dans la vall√©e du Roi. On ne sait o√Ļ est cette vall√©e. Jos√®phe rapporte sans doute que ce monument √©tait √† deux stades de J√©rusalem¬†; d'apr√®s cela, la vall√©e du Roi pourrait √™tre la vall√©e du C√©dron. Mais le nom de vall√©e de la Plaine ne convient pas √† cet √©troit vallon, et le monument dont parle Jos√®phe √©tait probablement faussement d√©sign√© comme celui d'Absalom. Les propri√©t√©s de ce prince √©taient en Ephra√Įm (2Samuel 13.23). Aucun indice ne pouvant nous √©clairer sur la situation de la vall√©e de Sav√©, ce sera peut-√™tre la position de la ville de Salem qui la d√©terminera (verset 18).

      18

      Melchisédek : roi de justice. Ce personnage, à la fois roi et prêtre, selon l'ancienne coutume phénicienne, communiquait à son peuple les ordres de Dieu et offrait à Dieu les sacrifices et les prières du peuple. Les commentateurs juifs et les rabbins ont fait bien des suppositions sur ce personnage mystérieux que nous ne rencontrons qu'ici et dont nous ne connaissons ni l'origine ni l'histoire subséquente.

      Les uns ont vu en lui un ange du ciel¬†; d'autres, le patriarche Sem, qui, d'apr√®s la chronologie de la Gen√®se, doit avoir surv√©cu de trente-cinq ans √† Abraham lui-m√™me. D'apr√®s notre r√©cit, nous voyons simplement en Melchis√©dek l'un des derniers repr√©sentants de la croyance monoth√©iste primitive qu'il partage encore avec Abraham. En effet le Dieu Tr√®s-Haut qu'il adore est reconnu par Abraham comme un seul et m√™me Dieu avec celui qu'Abraham adore sous le nom de J√©hova (verset 22). C'est comme un repr√©sentant v√©n√©rable de cet ancien ordre de choses qu'Abraham, l'initiateur de la nouvelle √©conomie, lui paie la d√ģme. Le sacerdoce qu'il exer√ßait, il le tenait de sa pi√©t√© personnelle¬†; et c'est sous ce l'apport que l'√©p√ģtre aux H√©breux le compare √† J√©sus, qui, lui aussi, n'√©tait pas sacrificateur par droit d'h√©r√©dit√©, mais par la puissance de la vie indissoluble qui √©tait en lui (H√©breux 7.16). De plus, dans Psaumes 110.1-4, il est pr√©sent√© comme le type du Messie, en ce qu'il r√©unissait les deux charges de la royaut√© et de la sacrificature, qui rest√®rent strictement s√©par√©es par la loi durant tout le cours de l'ancienne alliance.

      Salem. Ce nom, qui d√©rive de schal√īm, paix, signifie ville de paix. On a pens√© qu'il d√©signait ici une ville de Salim, situ√©e sur la fronti√®re nord de la Samarie, non loin de la vall√©e du Jourdain. Au temps de J√©r√īme (5 i√®me si√®cle apr√®s J-C), on pr√©tendait encore montrer dans cette ville le palais de Melchis√©dek. Mais il est peu probable que le roi de Sodome soit all√©, au-devant d'Abraham si loin au Nord, et si le Dan du verset 14 est celui des sources du Jourdain, Abraham ne peut √™tre revenu par la vall√©e de ce fleuve, qui est presque impraticable en plusieurs endroits. Salem doit donc √™tre cherch√©e sur le plateau, et vers le sud du pays, dans une contr√©e qui ne soit pas aussi √©loign√©e de l'ancienne Sodome. Or nul endroit ne r√©pond mieux √† ces exigences que J√©rusalem qui est appel√©e Salem dans Psaumes 76.3 et o√Ļ, au temps de la conqu√™te (Josu√© 10.1), r√©gnait encore un roi dont le nom a de grands rapports de sens et de forme avec celui de Melchis√©dek, Adonits√©dek (seigneur de justice).

      Cette ville était sur le chemin que devait suivre Abraham en revenant de Dan à Hébron ; c'était là que Lot devait le quitter pour rentrer dans la plaine du Jourdain ; et c'était là aussi que le roi de Sodome devait aller l'attendre s'il désirait le voir au passage. Salem est probablement le plus ancien nom de cette ville. Il signifie paix, sécurité, parce que sa position la rendait presque imprenable (2Samuel 5.6). Les Jébusiens lui donnèrent le nom de leur tribu, celui de Jébus, que David changea en celui de Jérusalem, possession de paix. La vallée du Roi était sans doute une plaine voisine de cette ville.

      Dieu Tr√®s-Haut, en h√©breu : El-Eli√īn. Ce nom, qui se retrouve Psaumes 57.3¬†; 78.35, etc., est le m√™me que Elioun, qui, d'apr√®s Eus√®be, d√©signait chez les Ph√©niciens le dieu supr√™me, celui qui a donn√© l'√™tre √† Uranus et √† Ga√Įa (le ciel et la terre). C'est bien le dieu unique, et non pas seulement un dieu sup√©rieur aux autres, que Melchis√©dek adore sous ce nom, puisque Abraham peut l'identifier avec J√©hova (verset 22).

      19

      19-20 Comme toujours dans les formules de bénédiction, le langage prend la forme du parallélisme poétique. D'abord (verset 19), Melchisédek souhaite à Abraham les bénédictions divines ; puis (verset 20) il remonte à la source de ces bénédictions et bénit Dieu de ce qu'il a accordé la victoire à Abraham.

      Qui a fondé les cieux et la terre. Le mot traduit par fonder est le même (kana) qui a été expliqué 4.1. On traduit quelquefois par possesseur ; mais ce sens n'est que, dérivé.

      A l'ou√Įe de cette b√©n√©diction, Abraham reconna√ģt en celui qui la prononce un pr√™tre du vrai Dieu¬†; et aussit√īt il lui offre, √† ce titre, et par l√† √† Dieu lui-m√™me, la d√ģme de tout le butin.

      21

      21-24 Rencontre avec le roi de Sodome

      Le roi de Sodome abandonne le butin √† Abraham¬†; il reconna√ģt par l√† le service que celui-ci lui a rendu.

      22

      J'ai lev√© ma main. C'est un serment qu'Abraham avait fait probablement au moment m√™me o√Ļ il se mettait en campagne. Ce qui l'a pouss√© √† faire un tel vŇďu, ce n'est pas seulement son d√©sint√©ressement, c'est aussi sa volont√© arr√™t√©e de n'avoir rien de commun avec les gens de Sodome.

      23

      Si je... Tournure elliptique ; il faut sous-entendre : que dans ce cas Dieu me maudisse !

      D'un fil à une courroie... Ce qu'il y a de, moins précieux ; à plus forte raison ce qui a plus de valeur.

      24

      Abraham réserve seulement les vivres consommés par ses 318 serviteurs et par ses alliés et la part du butin qui revient à ces derniers. Il n'a pas le droit d'imposer à d'autres son désintéressement.

      Ce r√©cit remarquable r√©habilite en quelque sorte le caract√®re d'Abraham, si compromis par sa conduite en Egypte. On le voit, ces r√©cits nous pr√©sentent l'homme tel qu'il est, avec ses bons et ses mauvais c√īt√©s. Mais il y a ici quelque chose de plus grand et de plus solennel : en la personne de Melchis√©dek et d'Abraham nous voyons l'ancienne croyance au vrai Dieu b√©nir et comme installer ici-bas, au moment de dispara√ģtre, le particularisme th√©ocratique qui doit la relever et la maintenir durant le r√®gne de l'idol√Ętrie, jusqu'au moment o√Ļ elle se r√©pandra sous la forme de l'Evangile dans le monde entier.

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