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Esa√Įe 7

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      1 √† 25 Esa√Įe et Achaz¬†; proph√©tie de la naissance d'Emmanuel.

      Comparez 2Rois 16.5. Ce verset nous transporte aux premi√®res ann√©es du r√®gne d'Achaz (742-740 avant J-C). Un aventurier, P√©kach, fils de R√©malia, s'√©tait empar√© du tr√īne de Samarie. Alli√© avec Retsin, roi de Syrie, qui para√ģt avoir jou√© dans cette exp√©dition le r√īle principal, il d√©clara la guerre √† Jotham (2Rois 15.37), puis √† Achaz. La sc√®ne rapport√©e Esa√Įe chapitre 7 ne peut avoir eu lieu qu'apr√®s la double d√©faite de l'arm√©e d'Achaz par les Syriens et les Ephra√Įmites (2Chroniques 27.5-6). C'est ce qui ressort, d'un c√īt√©, du profond d√©couragement qui s'empare de lui et de son peuple (Esa√Įe 7.2), de l'autre, du fait qu'Esa√Įe ne dit pas un mot de ces d√©sastres et annonce au contraire la prochaine et heureuse issue de la guerre (versets 4 √† 7, et 16). La situation indiqu√©e au verset 1 est donc selon nous celle-ci : Pendant que les Philistins et les Edomites envahissaient au sud le territoire de Juda (2Chroniques 23.17-18), Retsin, qui venait, par un heureux coup de main, de prendre Elath, r√©unissait son arm√©e avec celle de P√©kach pour attaquer J√©rusalem par le nord (2Rois 16.6¬†; Esa√Įe 7.2). Notre verset indique par anticipation l'insucc√®s de leur entreprise. J√©rusalem fut bien assi√©g√©e, mais le si√®ge dut √™tre lev√©, √† cause de l'approche de Tiglath-Pil√©ser, appel√© par Achaz (2Rois 16.5,7-9).

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      La maison de David : la famille royale, la cour.

      S'est appuy√©e sur Ephra√Įm. L'arm√©e syrienne a op√©r√© sa jonction avec celle de P√©kach. Ephra√Įm d√©signe ici, comme souvent, le royaume des dix tribus tout entier.

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      L'√©tang sup√©rieur (appel√© aussi l'ancien √©tang, 22.11), pr√®s duquel Esa√Įe rencontre le roi, existe encore, sous le nom de Birket-Mamilla¬†; il est situ√© au nord-ouest de la ville, non loin de la porte de Jaffa. L'√©tang inf√©rieur (22.9) se trouve plus au sud et s'appelle aujourd'hui Birket-es-Sultan. Le quartier des blanchisseurs, dont l'industrie (nettoyage des √©toffes de laine) exigeait beaucoup d'eau, √©tait dans le voisinage du haut √©tang. C'est dans cette m√™me localit√© que l'envoy√© de Sanch√©rib, Rabsak√©, s'entretint plus tard avec les d√©l√©gu√©s d'Ez√©chias (36.2). Achaz s'y √©tait rendu pour surveiller des travaux de d√©fense. La ville est en effet tr√®s faible de ce c√īt√©, tandis qu'au sud et √† l'est elle est prot√©g√©e par de profonds ravins. Il importait d'ailleurs de ne pas laisser au pouvoir de l'ennemi les sources voisines de la capitale et de les conserver pour l'usage des habitants (2Chroniques 32.3,30¬†; 2Rois 20,20).

      Le nom du fils d'Esa√Įe, Sch√©arjaschub (un reste se convertira), exprime les deux parties, mena√ßante et consolante de toute proph√©tie : Un reste, un reste seulement (annonce implicite du jugement), mais un reste certainement, se convertira (r√©sum√© de la promesse). Comparez 6.13, note¬†; 10.21-22. L'id√©e qui domine ici est celle de la promesse¬†; car le message qu'Esa√Įe apporte est tout de consolation (versets 4 √† 9).

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      Prends garde... Esa√Įe exhorte le roi √† ne point se laisser troubler, de peur d'offenser Dieu par son incr√©dulit√© : Sois tranquille, et Dieu te sauvera. Achaz songeait alors √† appeler et sans doute avait d√©j√† appel√© √† son secours Tiglath-Pil√©ser (2Rois 16.7-9¬†; 2Chroniques 28.16-21). On sait les cons√©quences funestes qu'ont cette intervention. Tiglath-Pil√©ser, loin de fortifier Achaz, l'opprima, disent les Chroniques. Esa√Įe, qui pr√©voyait ce r√©sultat, engage le roi √† ne chercher son appui qu'en l'Eternel.

      Deux bouts, littéralement deux queues de tisons fumants. Les deux rois sont comparés à des torches incendiaires près de s'éteindre.

      Rémalia, personnage inconnu. Il y a une intention méprisante dans l'expression fils de Rémalia, qui rappelle que Pékach n'était qu'un usurpateur.

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      Le but de l'exp√©dition √©tait d'installer √† J√©rusalem, comme vassal de la Syrie et d'Ephra√Įm, le fils de Tab√©al. Tab√©al, que Tiglath-Pil√©ser para√ģt mentionner dans ses inscriptions, sous le nom de Tibiilu du pays d'Aram, √©tait sans doute un Syrien (comparez Esdras 4.7¬†; Tab√©al correspond √† l'h√©breu Tobia)

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      8 et 9 Deux sens sont possibles : La Syrie d√©pend de Damas, sa capitale, et Damas de Retsin, son roi. De m√™me, Ephra√Įm d√©pend de Samarie, et Samarie de P√©kach. Si donc Retsin et P√©kach ne sont plus que des tisons pr√®s de s'√©teindre, Juda n'a plus rien √† redouter de ces deux Etats.
      Ou bien : Retsin et Pékach ont chacun leur domaine et leur capitale ; c'est la limite qui leur est tracée d'en-haut ; s'ils veulent s'étendre au-delà, ils échoueront dans leur dessein.
      Ce second sens para√ģt plus simple.

      Encore 65 ans, Ephra√Įm... Sens : un royaume vou√©, comme celui des dix tribus, √† une ruine irr√©m√©diable, n'est pas vraiment √† craindre. Comment s'est accomplie cette proph√©tie¬†? Samarie fut d√©truite d√©j√† 20 ans apr√®s. On a fait remarquer ing√©nieusement que les derniers restes d'Ephra√Įrn ne cess√®rent d√©finitivement d'√™tre un peuple que lorsqu'ils se fondirent dans la population √©trang√®re, transport√©e dans le pays par Asarhaddon (2Rois 17.24¬†; Esdras 4.2)¬†; cette transportation eut lieu probablement la deuxi√®me ann√©e de Manass√© (676 avant J-C), ainsi 65 ans apr√®s le moment o√Ļ nous place Esa√Įe chapitre 7 (712-740). Plusieurs interpr√®tes trouvent cette explication peu naturelle et pensent que les mots : Et encore 65 ans...des peuples (qui rompent le parall√©lisme r√©gnant dans les versets 8 et 9), sont une glose qui fut d'abord ajout√©e en marge, puis plus tard ins√©r√©e dans le texte. Cette supposition est assez vraisemblable.

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      L'Eternel parla... Esa√Įe n'est ici que l'organe de Dieu, qui seul peut offrir et donner un signe.

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      Dieu offre de produire devant Achaz un fait sensible et surnaturel qui soit pour lui et pour son peuple le gage certain de l'accomplissement de la promesse. Il y a des cas o√Ļ Dieu punit ceux qui lui demandent un signe (Luc 1.20)¬†; les fid√®les doivent savoir s'en passer. Dieu √©puise donc ici en faveur d'Achaz toutes les ressources de sa bont√© et de son support (il consent m√™me √† s'appeler encore son Dieu). Le choix du signe lui est laiss√©, afin qu'il n'ait aucun pr√©texte pour ne pas le trouver suffisant. 1Samuel 28 nous pr√©sente l'exemple d'un signe venant du sch√©ol (sur ce terme, voir 5.14, note), 1Samuel 7.9-10¬†; 1Rois 18.36-38, des exemples de signes venant du ciel (Luc 11.16).

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      Achaz couvre sa mauvaise volont√© et son incr√©dulit√© du manteau de l'hypocrisie. Il feint de croire en J√©hova, mais de craindre de l'offenser en lui demandant t√©m√©rairement de montrer ce qu'il peut faire. Cette r√©ponse para√ģt indiquer chez lui la connaissance de la loi (Deut√©ronome 6.16). En r√©alit√©, superstitieux comme tant d'incr√©dules, il a peur d'entrer en contact trop intime avec le divin¬†; d'ailleurs, en acceptant le secours de Dieu il s'engagerait √† renoncer √† celui de l'homme. Or, son parti est d√©j√† pris de recourir √† l'assistance du roi d'Assyrie.

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      Maison de David. Achaz est le représentant de toute la maison de David, qu'il rend solidaire de son iniquité.

      Que vous fatiguiez mon Dieu. Le refus d'Achaz est une offense √† Dieu, car c'est lui, non le proph√®te, qui a offert le signe. La patience de Dieu est plus difficile √† lasser que celle de l'homme¬†; mais elle cesse au moment o√Ļ l'endurcissement de l'homme commence, et elle c√®de alors le pas √† la justice.

      Mon Dieu : Esa√Įe est le seul repr√©sentant de Dieu, en pr√©sence de la royaut√© d√©chue et de la sacrificature mercenaire.

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      Vous ne voulez pas du signe que Dieu vous offre ; Dieu vous donnera lui-même le signe du salut (verset 14) ; mais d'un salut qui n'empêchera pas votre ruine : les ennemis actuels seront détruits sans doute, d'ici à peu de temps (versets 15 et 16) ; mais les Assyriens, qui vous délivreront d'eux, deviendront les exécuteurs de mon jugement sur votre incrédulité (versets 17 à 25).

      Emmanuel (8.8,10) signifie Dieu avec nous. C'est la mère qui donne à l'enfant son nom ; cela se passait souvent ainsi chez les Hébreux Genèse 29.32 ; 1Samuel 1.20, etc.).

      Les versets 14 √† 17 sont h√©riss√©s de difficult√©s de toute nature¬†; les interpr√®tes exercent depuis des si√®cles leur perspicacit√© sur ce passage, sans √™tre parvenus jusqu'ici √† en dissiper enti√®rement les obscurit√©s. Nous ne nous flattons pas d'y r√©ussir. Mais nous chercherons √† mettre le lecteur au fait des solutions propos√©es et des raisons principales pour ou contre chacune d'elles. Qui est la jeune m√®re¬†? Qui est Emmanuel¬†? Il y a deux classes principales de solutions pr√©sent√©es. Les unes nient toute signification messianique de l'oracle¬†; les autres reconnaissent en Emmanuel le Messie. La force des premi√®res r√©side dans les versets 15 et 16, qui paraissent dire qu'avant que l'enfant d√©sign√© ait atteint l'√Ęge de deux ou trois ans, les deux rois actuellement en guerre avec Juda, P√©kach et Retsin, seront abattus. La force des secondes est dans les expressions du verset 14.

      A) Les interprétations non messianiques :

      1. Plusieurs interpr√®tent : Si une femme, maintenant enceinte, enfantait un fils dans quelques mois, elle pourrait lui donner le nom favorable de : Dieu avec nous¬†; car, avant que cet enfant e√Ľt atteint l'√Ęge de 2 ou 3 ans, la Jud√©e serait delivr√©e.
        Mais o√Ļ serait, dans ce cas, le signe si solennellement annonc√© comme venant, de la part de Dieu : Le Seigneur, lui, vous donnera un signe¬†?
        Il s'agit d'ailleurs évidemment ici d'une mère et d'un enfant déterminés ( la jeune fille).
      2. D'autres pensent que le proph√®te parle de sa propre femme et de l'enfant qu'elle devra bient√īt mettre au monde (et que quelques-uns identifient avec Maherschalal-Chaschbaz¬†; mais voyez 8.4, note). C'est elle qui, √©clair√©e par la promesse de Dieu, donnera √† son fils ce nom de bon augure. Esa√Įe et ses fils sont, en effet, appel√©s des signes en Isra√ęl (8.18¬†; comparez 7.3, note¬†; 8.3-4). Dans cette explication il serait impossible d'admettre que la personne nomm√©e ici alema (jeune fille) f√Ľt la m√®re du fils a√ģn√© d'Esa√Įe, Sch√©arjaschub (verset 3). Il faudrait donc supposer que la premi√®re femme du proph√®te √©tait morte et qu'il venait de se remarier. Mais, m√™me ainsi, cette explication ne para√ģt pas soutenable. Jamais le mot alema ne d√©signe une femme mari√©e¬†; on peut s'en assurer en comparant les six autres passages de l'Ancien Testament o√Ļ ce mot se rencontre : Le mot alema n'est point, sans doute, synonyme de bethoula, qui exprime la notion de virginit√© : il d√©signe la jeune fille, vierge ou non, en tous cas non mari√©e, comme cela ressort des exemples cit√©s. Ajoutons qu'en 8.8, Emmanuel appara√ģt comme le l√©gitime propri√©taire de la Terre Sainte, envahie par les Assyriens ( ton pays, √ī Emmanuel¬†!). Pourrait-on parler ainsi d'un simple fils de proph√®te¬†?
      3. On a pens√©, par cette raison, √† un fils du roi Achaz lui-m√™me, √† Ez√©chias, par exemple, qui a vraiment jou√© en Isra√ęl un r√īle de lib√©rateur. Mais Ez√©chias, au moment o√Ļ parlait Esa√Įe, devait √™tre √Ęg√© d√©j√† de neuf ans. Il faudrait donc penser √† quelqu'autre fils du roi, √† nous inconnu, qui devait na√ģtre dans peu de mois. Mais quel signe sp√©cialement donn√© de Dieu y avait il donc l√†¬†? La jeune femme dont parle Esa√Įe semble d'ailleurs √™tre pr√©sente¬†; ce qui ne serait gu√®re admissible, s'il s'agissait de l'une des femmes du roi.
      Enfin √† toutes ces explications s'oppose une raison plus d√©cisive. La comparaison du chapitre 7 avec les chapitres 8 et 9 prouve que, dans la pens√©e d'Esa√Įe, Emmanuel n'est autre que le Messie. D'apr√®s 8.8, la Terre Sainte lui appartient¬†; 8.10, c'est lui qui doit faire √©chouer les desseins des ennemis du peuple de Dieu. Ce m√™me enfant repara√ģt 9.1-6 (morceau qui forme un seul tout avec le chapitre 8, et qui est reli√© √©troitement √† 7.14 par le passage 8.8-10). L'identit√© des expressions employ√©es constate celle de la personne : Elle enfante un fils...¬†; elle appelle son nom Dieu avec nous (7.14), comparez avec : Le fils nous est n√©...¬†; on appelle son nom Dieu fort (9.5). Au chapitre 11, verset 1, nous le retrouvons encore, comme le rejeton sortant du tronc d'Isa√Į (le p√®re de David), par cons√©quent comme le Messie. Au chapitre 7, il va na√ģtre¬†; au chapitre 9, il est n√©¬†; au chapitre 11, il r√®gne. Ces rapprochements ne laissent subsister aucun doute sur la pens√©e du proph√®te. Le contexte du chapitre 7 conduit naturellement √† l'interpr√©tation messianique. La d√©livrance dont Dieu donne le signe en la personne d'Emmanuel, ne peut s'appliquer √† la prochaine d√©faite des deux rois ennemis, annonc√©e versets 15 et 16. Cette derni√®re est le r√©sultat d'une alliance oppos√©e √† la volont√© de Dieu, et dont Esa√Įe cherchait en ce moment m√™me √† d√©tourner Achaz. Cette alliance avec l'Assyrie allait devenir, sous peu, la cause de la ruine de Juda, comme cela est d√©velopp√© verset 17 et suivants. Or, le signe divin d'Emmanuel ne peut s'appliquer qu'√† un salut s√©rieux, r√©el, conforme √† la pens√©e de Dieu, salut qui n'est plus possible dans le moment pr√©sent¬†; car en refusant le signe que Dieu lui offrait, Achaz avait repouss√© le secours divin. Le pr√©sent est donc perdu, l'avenir seul reste. C'est ce qu'Esa√Įe lui-m√™me exprime dans cette parole (8.17) : Je m'attends donc √† l'Eternel, qui cache sa face √† la maison de Jacob, et j'esp√®re en lui.

      B) Les interprétations messianiques.

      1. Quelques interpr√®tes, tout en reconnaissant dans Emmanuel le Messie, pensent qu'au moment o√Ļ il parlait, le proph√®te attendait sa naissance dans l'ann√©e¬†; sa m√®re serait naturellement l'une des femmes d'Achaz. Le fait aurait d√©menti cette pr√©vision¬†; mais l'erreur ne porterait que sur le temps et ne d√©truirait pas la v√©rit√© fonci√®re de la proph√©tie. Sans revenir √† ce qui a √©t√© dit plus haut du terme alema, nous observerons que, dans le sens de ces interpr√®tes, il ressortirait de 9.5 (l'enfant nous est n√©) qu'Esa√Įe aurait plus tard r√©ellement appliqu√© sa proph√©tie √† un fils d'Achaz, n√© au bout de quelques mois. Comment admettre qu'une erreur aussi colossale n'e√Ľt pas √īt√© tout cr√©dit √† sa parole, et que de tels oracles eussent √©t√© conserv√©s dans le recueil de ses discours¬†? Puis, d'apr√®s 11.1, la famille royale doit √™tre, au moment de la naissance du Messie, semblable √† un tronc dont, il ne reste plus que les racines cach√©es en terre. La situation de la famille de David n'√©tait point telle au temps d'Esa√Įe et ne pouvait le devenir dans l'espace de quelques mois.
      2. D'apr√®s plusieurs ex√©g√®tes, Emmanuel d√©signerait le Messie comme personnage futur, mais il serait pr√©figur√© dans le pr√©sent par un enfant qui devait na√ģtre √† cette √©poque, et qui aurait servi, pour ainsi dire, d'illustration √† l'id√©e messianique. Mais qui serait cet enfant-type¬†? Et comment appliquer √† deux individus diff√©rents la proph√©tie si concr√®te et si pr√©cise du verset 14¬†?
      3. D'apr√®s une derni√®re interpr√©tation, il s'agit au verset 14 d'une r√©alit√© future, mais pr√©sente d√©j√† dans l'intuition du proph√®te. (Comparez les descriptions 5.26-30¬†; 10.28-34 si vivantes et si pr√©cises que le proph√®te semble avoir sous les yeux ce qu'il d√©crit.) L'indignation profonde o√Ļ l'a jet√© le refus d'Achaz a √©lev√© chez lui √† sa plus haute puissance le sens proph√©tique, et c'est comme une esp√®ce de vision que se pr√©sente √† lui le tableau du verset 14. Achaz ne veut pas de la d√©livrance d'en haut, mais le salut de Dieu n'en demeure pas moins, et se r√©alisera en son jour par la naissance d'Emmanuel. Cet √©v√©nement futur est si certain, si n√©cessaire, qu'il est la garantie de la conservation de la th√©ocratie, malgr√© la folie de ses chefs. Si l'on ne consid√®re que le verset 14, nous ne savons ce que ce sens pourrait laisser √† d√©sirer. En employant le terme d'alema (qui, sans impliquer n√©cessairement la virginit√©, la suppose naturellement), Esa√Įe a-t-il pens√© √† la naissance miraculeuse du Messie¬†? Si l'on se rappelle certains faits de l'histoire isra√©lite, par exemple la naissance extraordinaire d'Isaac, le fils de la promesse, on ne saurait trouver √©trange que le proph√®te e√Ľt attribu√© une origine plus sublime encore √† celui qu'il appelle Dieu fort, Dieu avec nous. Toutefois notre proph√©tie, de m√™me que l'oracle analogue Mich√©e 5.2-3, a un caract√®re trop √©nigmatique et myst√©rieux, pour que l'on puisse dire jusqu'√† quel point le proph√®te s'est rendu compte du mode surnaturel de son accomplissement (Matthieu 1.23).

      15

      Il mangera de la crème et du miel. Cette expression n'est point, comme on pourrait le croire, l'emblème d'un temps d'abondance ; c'est au contraire celui d'une époque de dévastation (comparez versets 21 et 22). Toute culture a cessé ; il ne reste plus que les produits naturels du pays dépeuplé. C'est dans de telles circonstances que grandira l'enfant qui est le sujet des versets 15 et 16.

      16

      Cet √©tat d√©solation durera jusqu'√† ce qu'il soit en √©tat de rejeter le mal et choisir le bien. L'√Ęge d√©sign√© par ces expressions est-il, comme on le croit d'ordinaire, celui de deux √† trois ans¬†? Ou serait-ce plut√īt celui de douze ans, √©poque √† laquelle les enfants juifs √©taient assujettis aux pratiques l√©gales et recevaient le nom de fils de la loi¬†? Quoi qu'il en soit, le proph√®te annonce qu'avant m√™me que l'enfant soit arriv√© √† cet √Ęge de raison, le pays des deux ennemis (Retsin et P√©kach) sera d√©vast√© (√©videmment par les Assyriens avec lesquels Achaz s'est ligu√© contre eux), ce qui les forcera √† abandonner leur entreprise contre Juda¬†; le moment indiqu√© est par cons√©quent aussi celui o√Ļ la d√©vastation du pays de Juda (verset 15) prendra fin. Il semble, d'apr√®s cela, qu'Esa√Įe place r√©ellement l'apparition d'Emmanuel dans l'avenir le plus prochain. C'est ici le seul argument s√©rieux contre l'application du verset 14 √† la personne du Messie. Si l'on maintient l'identit√© d'Emmanuel et de l'enfant mentionn√© dans les versets 15 et 16, il n'y a qu'une r√©ponse √† cette objection : Esa√Įe contemple en esprit Emmanuel comme d√©j√† pr√©sent¬†; il le voit na√ģtre et grandir au milieu de son peuple et partager son sort¬†; les traits de la situation pr√©sente du pays viennent ainsi se m√™ler au tableau de sa naissance et se refl√®tent dans la description de sa personne. Emmanuel, l'enfant qui na√ģt √† Bethl√©em, mais dont l'origine remonte aux temps anciens, aux jours √©ternels (Mich√©e 5.2), l'Ange de l'alliance dont le temple de J√©rusalem est le temple (Malachie 3.1), Emmanuel, en qui Dieu lui-m√™me habite avec son peuple, partage versets 15 et 16, les mis√®res passag√®res de l'invasion syrienne, comme il assiste, en t√©moin muet, au d√©bordement plus terrible de la d√©vastation assyrienne (8.8), comme au d√©sert il est pr√©sent au milieu de son peuple (1Corinthiens 10.4), comme apr√®s son apparition terrestre, il continue √† partager dans le ciel les souffrances des siens (Actes 9.4-5).

      Si cette explication para√ģt trop peu naturelle, il resterait une solution que nous indiquons comme une hypoth√®se √† examiner. Elle consiste √† distinguer entre Emmanuel et l'enfant dont il est parl√©, versets 15 et 16. Pourquoi la pr√©sence du jeune Sch√©arjaschub serait-elle express√©ment mentionn√©e au verset 3, s'il n'avait aucun r√īle √† jouer dans cette sc√®ne¬†? Etait-ce peut-√™tre lui qu'Esa√Įe montrait du reste en pronon√ßant la portion de l'oracle conserv√©e dans les versets 15 et 16¬†? Manger de la cr√®me et du miel (ce trait est destin√© √† caract√©riser la situation exceptionnelle de la Palestine, d√©sol√©e par l'invasion √©trang√®re) n'est en effet rien d'extraordinaire pour un enfant au-dessous de deux ans¬†; mais s'il s'agit d'un jeune gar√ßon de l'√Ęge que nous pouvons attribuer √† Sch√©arjaschub, ce trait peut tr√®s bien servir √† d√©signer un √©tat de choses exceptionnel. A supposer que cet enfant qui accompagnait Esa√Įe devant le roi, e√Ľt alors dix ans environ, et que expression savoir choisir le bien et rejeter le mal d√©sign√Ęt sa douzi√®me ann√©e, les expressions des versets 15 et 16 lui conviendraient parfaitement. Il faut reconna√ģtre toutefois que le texte ne permet gu√®re un changement de personne entre le verset 14 et le verset 15, et que le jeune gar√ßon du verset 16 para√ģt ne pouvoir √™tre autre qu'Emmanuel. Mais il est impossible de n'√™tre pas frapp√© des incoh√©rences de style qui caract√©risent tout ce passage, et en particulier de la brusque transition du verset 16 au verset 17, au commencement duquel plus d'une version a cru devoir ajouter un mais qui manque dans l'h√©breu. On serait tent√© de croire que nous avons ici de simples fragments juxtapos√©s d'un discours plus complet¬†; et il ne faudrait en r√©alit√© que suppl√©er un mot au verset 15 (ce jeune homme), et supposer un geste d'Esa√Įe d√©signant son fils pour que tout f√Ľt expliqu√© (comparez l'alt√©ration manifeste du texte 9.14¬†; voir aussi plus haut, verset 8, note).

      Quant √† l'accomplissement de la proph√©tie, le pays de Juda fut r√©ellement ravag√© par les Syriens et les Ephra√Įmites de 742 √† 740. A ce moment arriva Tiglath-Pil√©ser √† la t√™te de ses Assyriens, qui fut sans doute le sauveur de Juda, mais pour laisser √† ses successeurs le soin de le d√©vaster bient√īt. C'est cette nouvelle phase qui est l'objet des versets 17 et suivants.

      17

      Une fois en Palestine, l'Assyrien, appelé par Achaz, tournera ses armes contre Juda et sera pour lui un ennemi bien plus redoutable que tous ceux qui l'ont opprimé jusqu'ici (versets 18 à 25 ; comparez 8.7-8).

      18

      Tous les secours demandés aux hommes vont se transformer en autant de calamités (31.1 ; Jérémie 17.5).

      Les Egypiens s sont comparés à un essaim de mouches, et les Assyriens, plus puissants, à un essaim d'abeilles. Le prophète emprunte à chaque pays l'image qui lui est propre. Il y eut toujours abondance de mouches en Egypte et d'abeilles en Assyrie et dans les contrées avoisinantes.

      Sifflera : comparez 5.26.

      Les fleuves d'Egypte : nombreux bras par lesquels le Nil se jette dans la Méditerranée.

      20

      Il n'est plus question de l'Egypte qui, en effet, devait faire √† Isra√ęl bien moins de mal que l'Assyrie. L'image change : le pays est compar√© √† un homme (comparez 1.5-6¬†; 3.1) et le roi d'Assyrie √† un rasoir qui lui d√©nuderait la t√™te.

      Qu'il aura joué au-delà du fleuve : au-delà de l'Euphrate. Le mot loué renferme peut-être une allusion ironique à la somme qu'Achaz envoya au roi d'Assyrie pour lui payer son assistance, somme qui provenait en partie du trésor du temple (2Rois 16.8).

      Voir l'application de l'image, versets 21 à 25.

      21

      Le petit nombre d'hommes qui demeurent dans le pays se nourrissent de miel sauvage et du produit de leur bétail.

      22

      Lait... cr√®me... miel : le pays n'est plus cultiv√©, il est chang√© en p√Ęturages (versets 23 √† 25¬†; comparez 5.17).

      23

      Avant l'invasion, chaque cep de vigne valait un sicle, prix élevé. Mais les ceps en Orient, sont des arbres qui peuvent produire jusqu'à des centaines de grappes.

      24

      Peu d'habitants, plus de culture. On se servira de l'arc. Le pays ne sera plus bon qu'à la chasse. Comparez 2Rois 17.25-26, les lions reparaissant dans le pays des dix tribus après la déportation des habitants.

      Dans le morceau 7.14-25 (comme 5.25-30 et 6.11-13), il est question de deux jugements successifs, dont le second est l'invasion assyrienne. C'est l'Assyrie qui est ici pour Esa√Įe la puissance terrestre dont Dieu se sert pour exercer ses jugements, mais qu'il saura briser aussi au moment fix√© par sa volont√©. Ce point de vue est celui auquel il faut se placer pour comprendre comment Esa√Įe met l'apparition du Messie en rapport si √©troit avec le d√©veloppement de la puissance assyrienne. Plus tard, l'horizon du proph√®te s'√©largira, et Babylone, alors comprise dans la monarchie assyrienne, s'en distinguera aux yeux d'Esa√Įe et deviendra pour lui le v√©ritable ex√©cuteur du jugement divin (chapitre 39).

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