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Jean 13

    • 1 Troisi√®me partie. Ch. 13 - 17

      Le Fils de Dieu et les siens.

      Jésus lave les pieds des disciples et éloigne Judas.

      Chapitre 13.

      1 à 20 Le lavement des pieds.

      Les mots¬†: avant la f√™te de P√Ęque ne renferment qu'une indication vague de la date du dernier souper (verset 2) que J√©sus fit avec ses disciples, et par cons√©quent de sa mort, qui eut lieu le lendemain.

      Comme nous abordons, avec le Jean 13, le r√©cit de la Passion du Sauveur, c'est ici le lieu de donner une vue d'ensemble de cette question chronologique, l'une des plus obscures que soul√®ve l'histoire √©vang√©lique. La tradition unanime d√©signe le vendredi comme le jour o√Ļ J√©sus mourut.

      L'incertitude commence quand il s'agit de d√©terminer les relations de cet √©v√©nement avec la P√Ęque juive et de fixer le jour du mois o√Ļ il eut lieu.

      Les uns, se fondant sur les donn√©es, √† leurs yeux inattaquables, des synoptiques, disent que J√©sus prit le dernier repas avec ses disciples le soir du 14 Nisan, √† l'heure o√Ļ tous les Juifs mangeaient l'agneau pascal, et qu'il mourut sur la croix le 15 Nisan le grand jour de la f√™te de P√Ęque.

      Les autres, s'appuyant sur des indications du quatrième évangile qui ne leur paraissent pas susceptibles d'être détournées de leur sens premier et naturel, estiment que le dernier repas eut lieu le soir du 13 Nisan et que Jésus est mort le 14.

      La discussion remonte aux premiers siècles. Elle fut compliquée, dès l'origine, par une polémique d'ordre liturgique entre les Eglises d'Occident et celles d'Asie Mineure, connue sous le nom de dispute pascale. (Voir introduction, p. 39.) Nous ne reviendrons pas sur cette dispute, car, de l'avis même des défenseurs de la chronologie des synoptiques, elle ne fournit pas d'argument péremptoire pour décider à quelle date Jean s'est arrêté dans son évangile.

      Ce débat divise les savants les plus compétents. Olshausen, Tholuck, Wieseler, Ebrard, Hengstenberg, Riggenbach, Lange, MM. Luthardt, Keil, Zahn se prononcent pour le 14-15 Nisan, et estiment généralement pouvoir accorder avec cette date les données du quatrième évangile.

      La date du 13-l4 Nisan est adopt√©e par de Wette, L√ľcke, Bleek, N√©ander, Meyer, MM. Weiss, Beyschlag, Godet, Chastand.

      1¬į En faveur de la date du 14-15 Nisan, on invoque les passages suivants¬†: Matthieu 26.17 "Le premier jour des pains sans levain (14 Nisan), les disciples s'approch√®rent de J√©sus, en disant¬†: Ou veux-tu que nous te pr√©parions le repas de la P√Ęque¬†?"

      - Marc 14.12 "Et le premier jour des pains sans levain, quand on immolait la P√Ęque, ses disciples lui disent¬†: O√Ļ veux-tu que nous allions faire les pr√©paratifs pour que tu manges la P√Ęque¬†?"

      - Luc 22.7 "Or, le jour des pains sans levain arriva, dans lequel devait √™tre immol√©e la P√Ęque."

      Il ne peut y avoir aucune h√©sitation sur la date, clairement indiqu√©e par ces passages. Or les donn√©es des synoptiques ont une valeur tr√®s grande √† cause des rapports du premier √©vangile avec l'ap√ītre dont il porte le nom, et de Marc avec l'ap√ītre Pierre. Du reste, les indications fournies par les trois premiers √©vang√©listes ne sont pas des opinions individuelles¬†: elles repr√©sentent la croyance de l'Eglise enti√®re jusque vers l'an 80. Elles ont de plus pour elles leur vraisemblance.

      Le dernier repas que J√©sus prit avec ses disciples fut le repas pascal des Juifs. Cela ressort du r√©cit des pr√©paratifs dans les synoptiques et d'une parole telle que celle-ci¬†: "J'ai ardemment d√©sir√© de manger cette P√Ęque avec vous avant que je souffre." (Luc 22.15)

      Or J√©sus ne pouvait prendre le repas pascal qu'√† l'heure o√Ļ tout Isra√ęl le prenait, le soir du 14 Nisan (commencement du 15). Les ordonnances de la loi √©taient formelles. (Exode 12.6 et suivants, L√©vitique 23.5,6¬†; Nombres 28.16-18,Deut√©ronome 16.2,3)

      L'agneau pascal devait être immolé dans le temple, et l'on ne procédait pas à ce sacrifice avant le jour fixé.

      Admettant pour ces raisons, que J√©sus a mang√© la P√Ęque le 14 Nisan et est mort le 15, les interpr√®tes et les historiens qui reconnaissent l'authenticit√© du quatri√®me √©vangile ou du moins attribuent quelque valeur √† ses donn√©es historiques, sont oblig√©s d'accuser l'√©vang√©liste d'une erreur, imputable √† "une pr√©occupation dogmatique¬†: il fait mettre J√©sus en croix le 14 Nisan, √† l'heure m√™me o√Ļ l'on immolait l'agneau pascal, parce qu'il voit un rapprochement √† faire entre les deux actes." (Stapfer.)

      Ou bien, pour maintenir l'exactitude de ses données chronologiques, ils doivent chercher à les interpréter de telle sorte qu'elles fixent, aussi bien que celles des synoptiques, le dernier repas de Jésus au 14 Nisan.

      2¬į Ceci nous am√®ne √† faire un rapide examen des passages de notre √©vangile, desquels on peut d√©duire la date que Jean assignait au dernier souper. Jean 12.1 "Six jours avant la P√Ęque J√©sus arriva √† B√©thanie."

      Cette arriv√©e ne put avoir lieu le samedi, car J√©sus n'aurait pas fait un jour de sabbat le voyage de J√©richo √† B√©thanie. Elle doit √™tre fix√©e au vendredi soir. Or, en comptant six jours depuis ce vendredi, Jean place au jeudi le commencement de la P√Ęque¬†; ce jeudi √©tait donc, pour lui comme pour les premiers √©vang√©listes, le 14 Nisan.

      Voici le défaut de ce raisonnement : rien ne démontre que Jean ait compté le vendredi comme le premier des six Jours qu'il indique. Le contraire est aussi probable, car Jésus arrive sans doute vers le soir à Béthanie, et le sabbat commençait pour les Juifs le vendredi au coucher du soleil. Le passage invoqué ne tranche la question ni dans un sens ni dans l'autre.

      - verset 1. Avant la f√™te de P√Ęque...Est-il naturel que Jean d√©signe ainsi la soir√©e du 14-15 Nisan, le moment du repas pascal, principal acte de la f√™te¬†!

      C'est en vain que l'on cite Nombres 28.16 et suivants, L√©vitique 23.5 et suivants¬†; o√Ļ la f√™te des pains sans levain semble ne commencer que le lendemain 16 Nisan. Dans ces passages m√™mes, le 14 est appel√© la P√Ęque, et d'ailleurs on mangeait des pains sans levain au repas pascal. Exode 12.8¬†; Josu√© 5.10,11 et Matthieu 26.17 (voir la note) mettent hors de doute que la f√™te de P√Ęque commen√ßait pour les Juifs avec la soir√©e du l4 Nisan.

      - verset 29. Judas n'aurait pu "acheter ce dont on avait besoin pour la f√™te" dans cette soir√©e du 14, o√Ļ toutes les familles √©taient assembl√©es dans leurs demeures autour de l'agneau pascal. Les partisans du 14 Nisan r√©pondent que, si nous √©tions au 13 Nisan, toute la journ√©e du lendemain resterait pour ces emplettes et l'id√©e ne viendrait pas aux disciples que J√©sus p√Ľt envoyer Judas les faire sur l'heure m√™me.

      - Jean 18.28 "Ils n'entr√®rent point eux-m√™mes dans le pr√©toire, afin de ne pas se souiller et de pouvoir manger la P√Ęque." Ce passage est d√©cisif aux yeux de la plupart des interpr√®tes. Les Juifs n'avaient pas encore mang√© l'agneau pascal¬†; ils s'appr√™taient √† le manger le soir de ce jour. Ce jour √©tait donc, d'apr√®s notre √©vangile, le 14 Nisan. Ceux qui le contestent sont oblig√©s de donner √† l'expression "manger la P√Ęque," le sens ind√©termin√© de c√©l√©brer la f√™te de P√Ęque. Cette interpr√©tation est peu probable, malgr√© les arguments sp√©cieux dont on essaie de l'appuyer.

      - Jean 19.14,31 "C'√©tait la pr√©paration de la P√Ęque, ce jour de sabbat √©tait un grand jour." Le terme de "pr√©paration," n'est pas seulement la d√©signation usuelle du vendredi veille du sabbat, (Marc 15.42) puisque l'√©vang√©liste ajoute express√©ment "de la P√Ęque¬†;" de plus, si le sabbat du lendemain √©tait "un grand jour," c'est qu'il co√Įncidait cette ann√©e-l√† avec le premier jour des pains sans levain, 15 Nisan.

      L'interpr√©tation naturelle de tous ces passages de notre √©vangile nous oblige donc √† admettre que, d'apr√®s lui, J√©sus a pris son dernier repas avec ses disciples le soir du 13 Nisan et est mort le 14 Nisan. Cette donn√©e constitue-t-elle une erreur¬†? Nullement. Elle nous para√ģt beaucoup plus vraisemblable que celle des synoptiques. La nuit du 14 au 15 Nisan avait tous les caract√®res d'un sabbat solennel. (Exode 12.16) Le Talmud confirme cette indication de la loi et mentionne parmi les actes d√©fendus le port des armes, les s√©ances de tribunal, le prononc√© d'une sentence et les ex√©cutions.

      D'apr√®s Exode 12.22¬†; Deut√©ronome 16.5-7, on ne pouvait quitter sa demeure ni, en tous cas, sortir de la ville pendant la nuit du repas pascal. Or Judas ne doute pas que J√©sus ne se rende cette nuitl√†, selon sa coutume, en Geths√©man√©¬†; la troupe qu'il y conduit est compos√©e de serviteurs du sanh√©drin qu'accompagnent m√™me les sacrificateurs et des pharisiens, le sanh√©drin s'assemble, d√©lib√®re et prononce un jugement, peu avant le crucifiement, Simon de Cyr√®ne revient des champs, o√Ļ il avait travaill√©, selon toute probabilit√©, J√©sus est crucifi√©, il est vrai, par des soldats romains, mais les chefs juifs font toutes sortes de d√©marches peu compatibles avec la c√©l√©bration de la f√™te.

      Si nous √©tions le premier et grand jour de la f√™te de P√Ęque, leur conduite formerait un contraste √©trange avec les scrupules du roi H√©rode Agrippa, qui n'ose juger et ex√©cuter Pierre pendant la f√™te. (Actes 12.3,4) Eux, qui firent si souvent √† J√©sus un crime de violer le sabbat, auraient ainsi oubli√© toutes les prescriptions de la loi qui assimilait le grand jour de P√Ęque √† un sabbat. Le fanatisme ne peut expliquer une telle attitude¬†; ils n'en sont du reste pas tellement domin√©s, puisqu'ils √©vitent d'entrer dans le pr√©toire, (Jean 18.28) r√©serve qui n'√©tait pas de nature √† disposer Pilate en leur faveur.

      Ajoutons enfin qu'après la mort de Jésus, Joseph d'Arimathée achète un linceul, (Marc 15.46) et que les femmes renoncent à embaumer Jésus, parce que le sabbat approche. (Luc 23.56)

      Tous ces faits semblent prouver que le jour de la mort de Jésus n'était pas un jour de fête. Or la plupart d'entre eux sont rapportés par le récit des synoptiques ; ceux-ci contredisent ainsi la date qu'ils assignent euxmêmes aux événements.

      L'erreur qu'ils ont commise, sans en avoir conscience, s'explique par le fait que dans ce dernier souper avec ses disciples J√©sus avait tenu √† manger avec eux la P√Ęque (Luc 22.15) et qu'il s'√©tait conform√© au rituel de la c√©r√©monie juive.

      La tradition admit pour cette raison que le repas avait eu lieu au jour fix√© par la loi. Elle perdit de vue que J√©sus avait anticip√© la c√©l√©bration de la P√Ęque, circonstance secondaire dont le souvenir put fort bien s'effacer.

      Que des narrations nées spontanément des besoins de la prédication et dont l'exactitude chronologique était le moindre souci, aient commis une erreur d'un jour en plaçant au 14 et au 15 Nisan des événements qui s'étaient accomplis le 13, et le 14, cela n'est nullement inadmissible.

      Nos deux premiers √©vangiles n'ont-ils pas plac√© le repas de B√©thanie "deux jours" avant la P√Ęque¬†? (Marc 14.1-9¬†; Matthieu 26.6, note.) Si leurs r√©dacteurs et leurs premiers lecteurs ne se sont pas fait les objections que nous avons expos√©es ci-dessus, c'est qu'ils attribuaient au fanatisme ces violations de la loi commises par les autorit√©s sacerdotales et y voyaient une aggravation du crime dont elles s'√©taient rendues coupables en tuant le Messie.

      L'erreur de Jean, au contraire, ne saurait être expliquée. Un défaut de mémoire est inadmissible de la part du disciple qui avait suivi les événements avec un calme courage et qui en demeure le principal témoin. Et l'on ne saurait sans injustice l'accuser d'avoir volontairement antidaté la mort de Jésus pour obéir à des préoccupations dogmatiques. Lui seul, au contraire, avait l'autorité nécessaire pour corriger la tradition qui s'était établie. S'il ne la rectifie pas en termes plus exprès, c'est qu'une telle rectification ne s'accordait pas avec le caractère de sa narration. Il lui suffisait, par les détails de celle-ci, de replacer les faits à leur vraie date.

      Objectera-t-on √† cette date que J√©sus ne pouvait se s√©parer de son peuple et d√©roger √† la coutume √©tablie par la loi en c√©l√©brant le repas pascal la veille du jour fix√©¬†? Mais celui qui se proclamait "le Seigneur du sabbat" ne pouvait-il se permettre cette l√©g√®re infraction au rituel pascal, au moment surtout o√Ļ il allait lui substituer un rite nouveau¬†? Il √©tait du reste excommuni√© ainsi que ses disciples, les sacrificateurs auraient refus√© d'immoler pour lui un agneau dans le temple. Il √©tait oblig√© de c√©l√©brer cette P√Ęque d'une mani√®re ind√©pendante¬†: c'est ce qui le conduisit √† l'anticiper.

      Cette anticipation n'est elle pas indiqu√©e dans le message qu'il envoie au propri√©taire de la chambre haute¬†? "Mon temps est proche¬†; que je fasse la P√Ęque chez toi avec mes disciples." (Matthieu 26.18)

      Comme le remarque M. Godet, "la seule relation satisfaisante √† √©tablir entre ces deux propositions est celle-ci¬†: il faut que je me h√Ęte, car demain ce sera trop tard¬†; je ne serai plus l√†, fais donc en sorte que je puisse manger imm√©diatement la P√Ęque chez toi (verbe au pr√©sent)."

      Le disciple bien-aim√© nous fait lire dans le cŇďur de son Ma√ģtre, il peint en quatre traits les circonstances ext√©rieures et int√©rieures au milieu desquelles J√©sus s'abaissa jusqu'√† laver les pieds de ses disciples. Premier trait¬†: J√©sus allait accomplir cet acte sachant que son heure √©tait venue, cette heure solennelle, supr√™me, dont notre √©vangile parle si Souvent. (Jean 7.30¬†; 8.20¬†; 12.23) J√©sus savait que cette heure √©tait celle de ses souffrances et de sa mort¬†; mais il savait aussi que ce sombre d√©fil√© le faisait passer de ce monde au P√®re. Second trait¬†: cette pens√©e si douce de quitter ce monde agit√© et hostile pour rentrer dans le sein de l'amour √©ternel, √©tait ins√©parable d'une autre pens√©e, celle qu'il allait quitter les siens ses chers disciples, qu'il avait toujours aim√©s, auxquels il avait donn√© tant de preuves de cet amour. Or, sachant qu'il les laissait dans le monde o√Ļ ils √©taient, expos√©s √† tant de dangers et de souffrances, il les aima jusqu'√† la fin, (Marc 13.13) ou mieux¬†: au plus haut degr√© (Weiss). M. Godet traduit¬†: "Il acheva de leur t√©moigner tout son amour." Et il va leur en donner le t√©moignage le plus √©mouvant. Chaque disciple de J√©sus peut aussi recueillir dans son cŇďur cette parole comme une pr√©cieuse promesse que son Sauveur l'aimera jusqu'√† la fin.

      2 Non pas apr√®s le souper comme traduisent √† tort nos versions ordinaires¬†: mais, grec un souper √©tant venu, au moment o√Ļ l'on venait de se mettre √† table. (verset 4 et 12.)

      Même la leçon reçue, qui porte le participe aoriste, ne signifie pas : un repas ayant eu lieu mais : étant arrivé et en cours d'exécution (Weiss).

      Il est probable qu'il faut lire le participe présent, selon le texte de Sin., B, adopté par la plupart des critiques.

      De l'absence d'article devant souper plusieurs interpr√®tes concluent que l'auteur ne consid√®re pas ce souper comme le repas pascal. Cette conclusion ne nous para√ģt pas justifi√©e, car dans le grec du Nouveau Testament l'article manque souvent l√† o√Ļ les √©crivains classiques l'auraient mis, et l'auteur de notre √©vangile a compos√© son r√©cit pour des lecteurs qui savaient par les synoptiques que J√©sus avait mang√© la P√Ęque avec ses disciples la veille de sa mort¬†; ces lecteurs ne pouvaient penser √† un autre repas que ce repas pascal qui leur √©tait bien connu.

      Troisi√®me trait de cette introduction profonde par laquelle Jean pr√©pare ses lecteurs √† l'action qui va suivre¬†: le diable avait d√©j√† fait son Ňďuvre dans le cŇďur de Judas.

      Mais quel est le but de cette remarque ?

      Suivant les uns, elle doit marquer l'imminence de la catastrophe, en montrant que d√©j√† le tra√ģtre, sous l'inspiration du d√©mon, avait con√ßu son noir dessein, (comparez Matthieu 26.14-16) et que J√©sus, qui ne l'ignorait pas, voulut saisir ce moment supr√™me pour t√©moigner aux siens son amour.

      D'autres pensent que l'√©vang√©liste signale ce fait pour mieux faire ressortir le support et la charit√© de J√©sus qui allait laver les pieds de Judas lui-m√™me. M. Godet estime que ce trait doit "motiver les diff√©rentes allusions que J√©sus va faire √† la pr√©sence du tra√ģtre dans tout le cours de la sc√®ne suivante, (comparez versets 10,18,21,26) et surtout expliquer la conduite et le mot s√©v√®re de J√©sus, verset 27"

      Ces allusions elles-mêmes n'avaient d'autre but que d'avertir le malheureux disciple, de réveiller sa conscience, de le sauver encore si possible.

      - Une variante de Sin., B, Itala, admise par la plupart des critiques et des ex√©g√®tes porte¬†: "Le diable ayant d√©j√† jet√© dans le cŇďur que Judas, fils de Simon, l'Iscariot le livr√Ęt." Le cŇďur de qui¬†? pas du diable lui-m√™me, comme le pr√©tendait Meyer, mais de Judas Iscariot dont le nom abhorr√© a √©t√© rel√©gu√© √† l√† fin de la phrase pour porter l'accent.

      3 Ce quatrième trait de l'introduction nous montre que Jésus va agir dans la pleine conscience de son éternelle divinité.

      Ce sentiment est rendu ici par trois déclarations d'une sublime grandeur.

      La première exprime l'autorité et la puissance divines : il sait que le Père lui a remis (grec donné) toutes choses entre les mains. (Comparer Matthieu 28.18)

      La seconde nous révèle sa préexistence éternelle : il est (grec) sorti de la part de Dieu. (Comparer Jean 8.42)

      La troisième nous montre en Jésus le pressentiment de la gloire divine dont il va reprendre possession : il va à Dieu. (Verbe au présent ; comparez Jean 17.5)

      Et c'est avec cette conscience de sa grandeur divine que J√©sus va condescendre √† faire l'Ňďuvre d'un esclave¬†!

      5 Quel contraste entre les pensées du verset 3 et cette scène du verset 4.

      Avec quelle émotion Jean la décrit jusque dans ses moindres détails ! Il la rend vivante et tout à fait actuelle par ces verbes au présent : il se lève, pose ses vêtements (vêtements de dessus, le manteau, qui l'aurait gêné dans son action, et il ne garde que la tunique, costume des esclaves), puis il verse de l'eau dans le bassin, celui qui se trouvait là et servait à cet usage.

      Même cette expression il se mit, que Jean n'emploie presque jamais, a quelque chose de solennel. Quel étonnement et quelle confusion pour les disciples ! On le comprendra d'autant mieux si l'on admet, avec la plupart des interprètes anciens et modernes, que cette action de Jésus fut provoquée par une discussion qui venait de s'élever entre les disciples sur cette question : "Lequel d'entre eux était estimé le plus grand." (Luc 22.24, note.)

      Elle était donc littéralement vraie, la parole que Jésus leur adresse alors : "Moi je suis au milieu de vous comme celui qui sert." (Luc 22.27)

      Pour comprendre cette sc√®ne, assez √©trang√®re √† nos mŇďurs, il faut se souvenir que chez les orientaux, ou l'on se chaussait de sandales qui laissaient le pied nu, il √©tait d'usage de proc√©der √† l'ablution quand on entrait dans une maison, surtout quand on allait y prendre un repas. Mais c'√©tait un esclave que l'on chargeait de cet office.

      6 Pierre, dont l'√Ęme ardente est pleine de v√©n√©ration et d'amour pour le Sauveur, a compris la le√ßon qu'il veut donner √† ses disciples¬†; il a honte et il exprime son sentiment en relevant le contraste criant par ces deux mots¬†: Toi, √† moi¬†! Et le titre de Seigneur, que J√©sus va approuver et r√©clamer, (verset 13) rend le contraste encore plus complet.

      - Il est dit d'abord : il commença, puis : il vient donc à Simon Pierre ; ce disciple ne fut donc pas le premier auquel Jésus lava les pieds.

      Les mots et celui-ci manquent dans quelques manuscrits.

      7 Grec¬†: tu le conna√ģtras apr√®s ces choses, ou apr√®s ceci.

      Quelques interprètes ont supposé que Jésus désignait par là le moment ou Pierre serait éclairé par l'Esprit de Dieu. Mais il est plus simple de rapporter ces mots à l'explication que Jésus allait donner à ses disciples. (verset 12 et suivants)

      - Cette parole est d'une application universelle à toutes les voies du Seigneur que nous ne comprenons pas au moment même.

      8 Jamais, grec en éternité.

      Il y a dans ce refus absolu de Pierre une v√©h√©mence bien en harmonie avec son caract√®re. Pierre montre sa v√©n√©ration et son amour pour le Ma√ģtre¬†; mais il oublie que le premier devoir d'un disciple c'est l'ob√©issance. Sa pr√©somption lui cache son ignorance (tu ne sais pas), et l'emp√™che de recevoir avec confiance la promesse de J√©sus (tu comprendras dans la suite).

      La réponse de Jésus à la première objection de son disciple était pleine de douceur et de bonté. Sur son refus réitéré il lui parle d'un ton sévère. Sa menace dut produire d'autant plus d'effet que Pierre s'était montré, récemment encore, (Matthieu 19.27) préoccupé des avantages que lui procurerait son dévouement à Jésus.

      Mais que signifient les paroles de Jésus ! Il est évident qu'ici, et au verset 10, Jésus donne à son action une signification nouvelle. Elle n'est plus seulement un "exemple" (verset 15) d'humble dévouement au service d'autrui. Elle devient le symbole de la régénération, qui est la condition du Salut. (Comp,. verset 10, note.)

      En effet, avoir part avec lui, c'est trouver dans sa communion le pardon des péchés, la réconciliation avec Dieu, la vie éternelle ; n'avoir point de part avec lui, c'est être privé de ces immenses bienfaits. (Luc 12.46 ; Apocalypse 20.6 ; 21.8 ; 22.19)

      Or il est clair que Jésus ne pouvait pas faire dépendre cette alternative du simple fait de laver, ou de ne laver pas, les pieds de son disciple. Il faut remarquer d'ailleurs que Jésus lui dit : "si je ne te lave," ce qui est tout différent de laver les pieds.

      Ces paroles signifient donc : Si je ne te purifie de ta volonté propre, de tes péchés, de ta corruption naturelle, tu n'as point de part avec moi. "Jésus aime à s'élever ainsi d'un objet actuel, extérieur, a une pensée plus haute et plus intime. Comme dans son entretien avec la Samaritaine l'eau est pour lui l'image de l'Esprit, de même ici son action, qui devait être avant tout pour les disciples un exemple d'humilité, devient l'image de la purification spirituelle qu'il opère et qui est la condition du salut. C'est là ce qu'il rappelle à Pierre." Luthardt.

      9 Pierre a-t-il compris la pens√©e profonde de son Ma√ģtre¬†? Dans ce cas, sa r√©ponse signifie¬†: "Seigneur, ne me lave pas seulement les pieds, mais purifie-moi dans tout mon √™tre¬†!" C'est ainsi que quelques interpr√®tes (Tholuck, Luthardt) comprennent le disciple.

      D'autres pensent au contraire que Pierre sans se donner le temps de réfléchir, (Marc 9.5,6) mais saisi, effrayé à la pensée d'être exclu de 1a communion de son Sauveur, se livre à lui avec l'impétuosité de son caractère et dépasse le but, parce qu'il conserve encore sa volonté propre, tout en obéissant.

      C'est ainsi que Olshausen, Meyer, Astié interprètent la pensée de ce disciple. Il est, en effet, difficile de croire que Pierre se soit élevé d'emblée à l'idée d'un renouvellement spirituel.

      10 Var. du Sin. : n'a pas besoin de se laver, il est pur tout entier.

      - Jésus ne désapprouve pas le zèle de son disciple ; il rectifie avec douceur l'erreur dans laquelle il était, et il profite de cette erreur même pour ajouter à la leçon qu'il voulait d'abord donner aux siens, (verset 8, 2e note) un enseignement nouveau.

      Laver les pieds était un acte par lequel le Sauveur s'humiliait. Laver aussi les mains et la tête, l'être tout entier, donnait à l'acte un autre caractère.

      L'image dont il se sert est celle-ci : un homme qui s'est baigné entièrement lavé, n'a plus besoin, en rentrant chez lui, que de laver ses pieds pour les purifier de la poussière qui s'y est attachée pendant le trajet. (verset 5, note.)

      De cette image le Sauveur tire une instruction encourageante pour ses disciples¬†: quand un homme a √©t√© purifi√© par le pardon de ses p√©ch√©s et par le renouvellement de sa nature morale, il n'a plus besoin que d'√™tre lav√© des in√©vitables souillures qu'il peut contracter en marchant dans ce monde corrompu¬†; alors il est pur tout entier, et il n'a pas √† remettre sans cesse en question son √©tat de gr√Ęce et de salut.

      Pour donner √† cette v√©rit√© plus de force et de pr√©cision, il l'applique imm√©diatement √† ses disciples¬†: et vous, vous √™tes purs¬†; et il leur dira bient√īt comment ils le sont devenus. (Jean 15.3) Mais, h√©las¬†! ils ne l'√©taient pas tous¬†; et l'√©vang√©liste, dans le verset suivant, nous apprend la raison de cette restriction.

      On peut remarquer encore, avec Meyer, que si, jusqu'ici, Pierre n'avait pas compris le sens le plus profond de l'action de son Ma√ģtre, il dut le saisir par cette application directe que J√©sus en faisait √† ses disciples. Et cependant, il reste encore √† celui-ci √† en tirer pour eux la le√ßon de charit√© qu'il pensait leur donner d√®s le d√©but. (verset 12 et suivants)

      15 Comprenez-vous ce que je vous ai fait ? en avez-vous saisi la signification profonde ?

      C'est par cette question que J√©sus introduit l'instruction qu'il veut donner √† ses disciples. Ceux-ci l'appelaient ordinairement Rabbi, Ma√ģtre, celui qui enseigne, et J√©sus r√©clamait ce titre pour lui seul, dans son acception la plus √©lev√©e. (Matthieu 23.8)

      Ils l'appelaient encore le Seigneur, nom qui devait prendre pour eux un sens de plus en plus religieux, car c'est par ce vocable que la version grecque des Septante traduit constamment le nom de Jéhovah.

      J√©sus approuve et ajoute¬†: Si donc, moi, le Seigneur et le Ma√ģtre, je me suis abaiss√© jusqu'√† vous laver les pieds, √† plus forte raison devez-vous aussi √™tre pr√™ts √† vous rendre mutuellement les services les plus humbles du d√©vouement et de l'amour.

      Comme Jésus fut, dans toute sa vie, le modèle accompli que les siens doivent imiter, il venait de leur donner, dans ce cas particulier, un exemple d'humilité profonde et d'amour sans bornes, qui restait comme l'idéal vers lequel ils devaient tendre. Ici encore, Jésus enseigne en action ce qu'il avait enseigné en paroles. (Luc 22.26 ; Matthieu 20.26)

      - Nous avons donn√© un sens tout moral √† cet ordre¬†: Vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres, et c'est bien l√† sa signification principale¬†; mais nous nous garderons d'exclure le sens litt√©ral, dans les cas o√Ļ un tel devoir s'impose.

      L'ap√ītre Paul vante l'ablution des pieds comme une des pratiques de l'hospitalit√© chez les premiers chr√©tiens. (1Timoth√©e 5.10)

      Toutefois Jésus n'a pas voulu instituer un rite, comme l'Eglise l'a admis dès le quatrième siècle, accomplir littéralement ce devoir sans l'humilité et l'amour qu'il suppose, est une vaine formalité ou même un acte d'hypocrisie et d'orgueil. Cette cérémonie se pratique chaque année à Rome et ailleurs.

      16 Donc, vous, serviteurs et ap√ītres, vous ne devez pas vous refuser √† des actes d'humilit√© et d'amour que votre Seigneur et Ma√ģtre vient d'accomplir.

      Jésus aimait cette comparaison qu'il emploie souvent ailleurs, dans des applications diverses. (Jean 15.20,Matthieu 10.24,25 ; Luc 6.40)

      17 Entre savoir et, faire, il y a un ab√ģme¬†; le premier √† lui seul, rend coupable, le dernier rend heureux, car il donne au disciple un trait pr√©cieux de ressemblance avec le Ma√ģtre¬†: l'humilit√© et l'amour.

      - On voit que Jésus en exhortant les disciples à imiter son exemple passe sous silence le sens particulier que la résistance de Pierre l'avait amené à donner à son action (versets 8-10, notes.)

      La raison en est bien simple, c'est que, lui seul, au moyen de son sang et de son Esprit, peut purifier le p√©cheur de ses souillures. Nous ne pouvons avoir √† cette Ňďuvre qu'une part tr√®s indirecte pour d'autres en les amenant √† J√©sus. Dans ce sens, l'exemple nous concerne aussi.

      18 Je ne dis point cela de vous tous, c'est-à-dire, que vous êtes heureux, (verset 17) car il en est un au milieu de vous qui ne le sera jamais. En effet, je sais très bien quels sont ceux que j'ai choisis, je les connais, je les pénètre jusqu'au fond. Ce n'est donc point par erreur que j'ai choisi Judas, mais afin d'accomplir le dessein de Dieu, prédit dans les Ecritures. (Voir la note suivante et comparez Jean 6.64,70, note.)

      - Plusieurs interprètes ont entendu ce choix dans le sens de l'élection pour le salut. Mais le contexte et les deux passages que nous venons de citer ne sont pas favorables à cette opinion.

      Grec¬†: mais (il en est ainsi) afin que l'Ecriture soit accomplie. (Comparer Jean 17.12, o√Ļ la m√™me pens√©e myst√©rieuse est exprim√©e dans les m√™mes termes) La parole de l'Ecriture que J√©sus applique ici √† Judas est tir√©e du Psaumes 41.10.

      Manger du pain avec quelqu'un, c'est-√†-dire √™tre re√ßu √† sa table, signifie, selon les mŇďurs orientales, √™tre admis dans sa familiarit√© et dans sa confiance, comme un h√īte dans sa maison¬†; toute perfidie de la part de cet h√īte en devient beaucoup plus coupable.

      L'expression : lever son talon contre quelqu'un, comme le cheval qui rue, est l'image de la brutalité, non de la ruse.

      - Si ce Psaume est de David, comme l'indique sa suscription (voir Bible annotée) le personnage historique auquel se rapporte cette parole est Achitophel, conseiller de David, (2Samuel 15.12) qui prit parti pour Absalom dans la révolte de ce fils ingrat contre son père, (2Samuel 17.14) et qui, voyant sa trahison découverte, s'en alla et s'étrangla. (2Samuel 17.23)

      Etrange ressemblance de sa destin√©e avec celle de Judas, auquel J√©sus applique ces paroles¬†! La plainte de David, sur ce tra√ģtre, se lit ainsi dans l'h√©breu¬†: "M√™me l'homme avec qui j'√©tais en paix, en qui Je me confiais, qui mangeait mon pain, a lev√© le talon contre moi." J√©sus √©vite de dire mon pain, parce que, pauvre, il n'en avait point √† donner. Mais il faisait mieux pour Judas¬†: il lui donnait le pain de vie.

      C'est ce qu'ont méconnu les copistes, qui, pour conformer la citation au texte du Psaume, ont écrit : Celui qui mange mon pain (B, C), au lieu de : celui qui mange du pain avec moi (Sin, A, D, majuscules, versions.)

      19 Grec : que, je suis.

      Que je suis tout ce que je vous ai révélé sur ma personne, le Messie, le Fils de Dieu, le Sauveur. (Voir sur cette expression Jean 8.24,28,58 notes.)

      - J√©sus tient √† avertir ses disciples de la trahison de Judas, (versets 11,21) craignant que leur foi en lui ne f√Ľt √©branl√©e s'il ne la leur avait pas pr√©dite et s'il leur paraissait, √† la fois, la dupe et la victime de ce crime horrible.

      20 Voir, sur ces paroles, Matthieu 10.40, note.

      Ici, on ne voit pas au premier abord comment elles s'adaptent à l'ensemble du discours.

      Quelques ex√©g√®tes sont all√©s jusqu'√† penser qu'elles n'√©taient qu'une reproduction d√©plac√©e du passage de Matthieu. Parmi ceux qui rejettent avec raison cette supposition, les uns MM. Weiss et Godet rattachent cette solennelle d√©claration (en v√©rit√©, en v√©rit√©) au verset 16 et alors elle signifierait¬†: Si le serviteur, l'envoy√© ne doit pas vouloir √™tre plus que le Ma√ģtre et le Seigneur, celui-ci, de son c√īt√©, veut l'√©lever jusqu'√† sa hauteur l'√©galer √† lui, comme lui est √©gal√© au P√®re qui l'a envoy√©.

      "J√©sus venait de dire¬†: le serviteur n'est pas plus grand que le Ma√ģtre¬†; il semble dire maintenant¬†: et il n'est pas moins grand que lui." Godet.

      D'autres rapprochent ce verset des paroles : (verset 17) "Vous êtes bienheureux," et Jésus ferait ainsi sentir à ses disciples, en quoi consiste ce bonheur.

      D'autres enfin, trouvant peu naturelle cette liaison avec des paroles déjà éloignées, rattachent notre verset à ce qui précède immédiatement. Jésus vient de dire que le crime de Judas n'ébranlera pas la foi des disciples, et il leur donne ici un nouveau et puissant motif d'assurance, dans la pensée que, en remplissant leur sainte mission, ils seront reçus comme lui-même, qui est au milieu d'eux le représentant et l'envoyé de Dieu. En travaillant pour lui, ils travailleront pour Dieu même qui sera leur lumière et leur force.

      Telle est l'interprétation de Meyer qui était déjà défendue par Calvin "Il est plus probable que Christ a ici voulu remédier au scandale...Cette admonition du Seigneur Jésus montre que ce n'est point une chose raisonnable que l'impiété d'aucuns, qui conversent méchamment ou autrement qu'il ne faut en leur office, diminue quelque chose de l'autorité apostolique."

      21 21 √† 30 J√©sus √©loigne le tra√ģtre.

      Après avoir dit ces choses, c'est-à-dire après la sérieuse instruction que Jésus venait de donner à ses disciples, (versets 12-20) sa pensée se reporte avec douleur sur Judas, il en est troublé en son esprit.

      Deux fois déjà, il a fait allusion au crime de ce malheureux (verset 11 et 18) ; maintenant le moment est venu d'en avertir directement les disciples ; il le fait avec la plus grande solennité.

      C'est un t√©moignage qu'il rend en ces termes si graves¬†: En v√©rit√©, en v√©rit√©, puis il r√©v√®le ce fait inou√Į¬†: l'un de vous me livrera.

      Cette révélation, nécessaire aux disciples, (verset 19) est aussi rapportée par les trois premiers évangiles, dans les mêmes termes. (Matthieu 26.21 ; Marc 14.18 ; Luc 22.21)

      Preuve évidente que Jean raconte le même souper que les synoptiques. (Comparer verset 36 et suivants.)

      22 Grec : étant en perplexité pour savoir duquel il parlait.

      L'impression douloureuse que les disciples re√ßurent de cette r√©v√©lation est exprim√©e avec beaucoup plus de force dans les premiers √©vangiles¬†: "Ils furent fort attrist√©s, et ils se mirent chacun d'eux √† dire¬†: Seigneur, est-ce moi¬†?" (Matthieu 26.22) C'est le trouble o√Ļ ils √©taient qui leur inspire cette question.

      23 Chez les Orientaux, on se mettait √† table √† demi couch√© sur le c√īt√© gauche et appuy√© sur les coussins d'un divan.

      Celui qui se trouvait à la droite de son voisin, était donc penché sur son sein. (Luc 7.38, note.)

      - Jean, évitant de se nommer, se désigne par ces mots : celui que Jésus aimait. (Jean 19.26 ; 20.2 ; 21.7,20)

      "Il lui para√ģt plus pr√©cieux d'√™tre aim√© du Sauveur, et de rester ignor√©, que de devenir c√©l√®bre sous son propre nom." Gerlachap.

      Jésus aimait tous ses disciples, (Jean 15.14) mais Jean était évidemment pour lui un ami particulier, auquel il dévoilait ses intimes pensées et qui les comprenait le mieux.

      24 Pierre, profondément affligé de ce qu'il vient d'entendre, toujours ardent dans ses impressions, ne peut garder le silence.

      Il fait donc signe à Jean de demander à Jésus duquel d'entre eux il parlait.

      - Une variante de B, C, Itala porte : "Pierre lui fait signe lui dit : Dis quel est celui dont il parle." Mais cela supposerait que Jean le savait, et d'ailleurs, puisque Pierre devait lui faire signe, cela prouve qu'il était trop éloigné de lui pour lui parler.

      Le texte reçu, A, D, majusc, est donc préférable.

      26 Deux variantes sont à noter dans les versets 25,26 :

      1¬į Sin., D, majuscules portent¬†: Celui-ci donc s'√©tant pench√©.

      Le texte que nous avons adopté avec Westcott et Hort, Nestle, Weiss, est celui de B, C.

      2¬į Ces deux derniers manuscrits ont la le√ßon admise au verset 26¬†; les autres portent¬†: √† qui je donnerai le morceau l'ayant tremp√©.

      Dans le repas de la P√Ęque, le p√®re de famille donnait aux convives des morceaux de pain tremp√©s dans un brouet de fruits cuits. (Matthieu 26.23, note) En donnant ainsi le morceau √† Judas, J√©sus le d√©signait √† Jean¬†; mais en m√™me temps, il adressait un supr√™me appel √† la conscience du trait√©e.

      "Si, en le recevant, son cŇďur se f√Ľt bris√©, il pouvait encore obtenir gr√Ęce. Ce moment √©tait donc d√©cisif¬†; et c'est ce que Jean fait sentir par ce mot alors, (verset 27) mot d'une gravit√© tragique." Godet.

      - Jésus parlait à voix basse, de manière à n'être entendu que de Jean, (verset 28) et cela par ménagement pour Judas. Dans les autres évangiles, de même, Jésus désigne le malheureux disciple en termes vagues. (Matthieu 26.23 ; Luc 22.21)

      Mais il para√ģt que la sc√®ne se prolongea par les questions des disciples qui demandaient¬†: "Est-ce moi, Seigneur¬†?" Et quand Judas poussa l'hypocrisie jusqu'√† dire aussi¬†: "Est-ce moi¬†?"J√©sus lui r√©pondit ouvertement¬†: Tu l'as dit¬†! Mais m√™me ce dialogue para√ģt n'avoir pas √©t√© entendu ou compris des autres disciples. (Matthieu 26.25, note.)

      27 Alors, ce mot, effacé par la plupart de nos versions, (Sin., D l'omettent) marque, nous l'avons dit, le moment fatal.

      Mais il ne faudrait pas voir dans le fait exprimé par ces mots : Satan entra en lui, une action magique du morceau de pain. Jean ne dit pas : avec le morceau, mais : après le morceau.

      La prise de possession du cŇďur de Judas par Satan s'explique, au contraire, d'une mani√®re toute psychologique. Judas, en c√©dant √† ses passions, √† l'avarice, (Jean 12.6) avait ouvert son cŇďur √† l'influence du d√©mon¬†; puis, se voyant d√©√ßu dans son ambition, irrit√© de ne pas trouver en suivant J√©sus ce qu'il avait esp√©r√©, il n'√©prouva plus pour lui qu'une sorte de r√©pulsion et de haine.

      Et c'est sous l'influence de l'esprit de t√©n√®bres qu'il con√ßut l'id√©e horrible de sa trahison. (verset 2) Notre √©vang√©liste marque donc les degr√©s de sa chute. Au moment o√Ļ le malheureux se vit p√©n√©tr√© par son Ma√ģtre, il veut dans sa conscience une crise qui pouvait le ramener encore.

      "Son √Ęme avait √† choisir entre J√©sus et Satan." Luthardt.

      Mais il s'endurcit et se livra ainsi à la puissance de l'esprit du mal. C'est ce moment tragique que Jean décrit par ce mot : Satan entra en lui. Luc (Luc 22.3) exprime ce dénouement dans les mêmes termes. (Comparer sur la chute de ce disciple, Matthieu 26.15, note.)

      On a donné de cet ordre de Jésus à Judas deux explications qui sont loin de s'exclure l'une l'autre.

      Meyer pense que J√©sus d√©sire r√©ellement d'accomplir le plus t√īt possible son sacrifice, sachant que son heure √©tait venue¬†; "sa d√©cision r√©sign√©e ne veut aucun d√©lai," dit cet ex√©g√®te.

      D'autres interpr√®tes cherchent l'explication de cet ordre dans le besoin pressant qu'avait J√©sus de voir s'√©loigner le tra√ģtre pour rester seul avec ses disciples fid√®les, dans ces derni√®res heures si importantes. "La soir√©e √©tait d√©j√† avanc√©e, (verset 30) et J√©sus avait besoin du peu de temps qui lui restait pour achever son Ňďuvre aupr√®s des siens." Godet.

      Il est certain que cette derni√®re pens√©e se fait jour au verset 31. Au reste, si J√©sus avait eu le moindre espoir de voir Judas revenir √† lui, il ne lui aurait pas donn√© cet ordre dont l'ex√©g√®se rationaliste s'est souvent scandalis√©e¬†; mais aux yeux de Celui oui sonde les cŇďurs, la destin√©e de Judas √©tait accomplie, Satan √©tait entr√© en lui.

      28 Aucun. M. Godet pense que Jean s'excepte tacitement lui-même.

      M. Weiss n'est pas de cet avis. Il estime que Jean, aussi bien que les autres, ne dut pas comprendre la portée de l'ordre de Jésus, parce qu'il ne pouvait se douter que la trahison de Judas fut si proche, et que Jésus lui-même l'invitait à la consommer.

      29 Jean donne cette double supposition de quelques-uns des disciples comme une preuve qu'ils n'avaient pas compris.

      - C'est ici le second passage de notre √©vangile (comparez verset 1, note) d'o√Ļ l'on tire un indice que ce repas ne pouvait avoir lieu le soir du 14 Nisan, selon la chronologie des synoptiques¬†; car comment acheter ce qu'il fallait pour la f√™te, puisque la f√™te √©tait commenc√©e par son acte le plus important, et que, d√®s lors, des achats ne devaient plus √™tre permis¬†?

      Les défenseurs de la date fournie par les synoptiques répondent qu'il s'agissait de provisions pour toute la durée de la fête. Ils citent le passage Exode 12.16 d'après lequel la foi autorisait les familles israélites, même le 15 nisan, à "préparer la nourriture de chaque personne," et en concluent qu'on pouvait même faire des achats ; conclusion quelque peu forcée.

      Ils objectent, d'autre part, que si ce repas avait eu lieu le 13, les disciples ne penseraient pas qu'il fall√Ľt faire en toute h√Ęte des approvisionnements pour la f√™te, puisque le lendemain restait pour cela tout entier. Mais ils peuvent avoir interpr√©t√© ainsi l'ordre de J√©sus sans avoir compris ses motifs.

      30 D'apr√®s Matthieu 26.21 et Marc 14.18, l'entretien touchant Judas, pendant lequel J√©sus lui donna le morceau tremp√©, eut lieu avant l'institution de la c√®ne, et comme ici on voit que ce disciple sortit aussit√īt qu'il eut pris le morceau, il est clair qu'il ne participa pas √† la c√®ne qui, du reste, ne fut c√©l√©br√©e qu'apr√®s le repas de la P√Ęque.

      Luc seul rapporte ces événements de manière à autoriser une conclusion différente, mais il est probable qu'il ne suit pas l'ordre chronologique. (Comparer Luc 22.21, note.)

      Il √©tait nuit¬†! Non seulement dans la nature, mais plus encore dans l'√Ęme de Judas. On sent aussi dans cette remarque du t√©moin oculaire, que Jean avait conserv√© de ce moment une impression ineffa√ßable.

      "Sa narration, comme l'observe M. Godet, est toute parsemée de pareils traits, qui ne s'expliquent que par la vivacité du souvenir personnel." (Jean 1.40 ; 6.59 ; 8.20 ; 10.23)

      31 Entretiens de Jésus avec ses disciples.

      31 à 38 La séparation prochaine. L'amour fraternel, consolation des disciples.

      32 Maintenant¬†! Le d√©part du tra√ģtre, sorti pour accomplir son Ňďuvre de t√©n√®bres, cause √† J√©sus un immense soulagement.

      Maintenant le Fils de l'homme a été glorifié.

      Ce verbe au pass√© embrasse toute la vie √©coul√©e du Sauveur jusqu'√† ce moment, cette vie de renoncement, de souffrances, d'ob√©issance, de d√©vouement efficace, d'activit√© puissante, par laquelle le Fils de l'homme a √©t√© glorifi√© dans le cŇďur de ceux qui l'ont reconnu comme l'envoy√© de Dieu. (Jean 11.4¬†; 12.28, 2e note.)

      Cette gloire qu'il a ainsi acquise par l'humilit√© et la charit√© resplendira encore de l'√©clat le plus pur dans ses humiliations et ses souffrances, en Geths√©man√© et sur la croix, o√Ļ il pourra s'√©crier de sa voix mourante¬†: Tout est accompli¬†! Son Ňďuvre sera achev√©e, il aura sauv√© un monde perdu.

      - Mais par une telle vie Dieu a été glorifié en lui. La gloire de Dieu, ce sont ses perfections, sa Justice et sa sainteté, sa miséricorde et son amour ; jamais elles n'ont été manifestées d'une manière plus lumineuse qu'en Jésus-Christ, qui nous les révèle dans leur pleine harmonie.

      - Or le sentiment profond d'avoir ainsi glorifié Dieu par sa parfaite obéissance (si Dieu a été glorifié en lui, mots omis dans Sin., B, C, D, Itala, mais qui, malgré ces témoignages, sont maintenus par Tischendorf, MM. Weiss et Godet) donne à Jésus la victorieuse assurance que Dieu aussi le glorifiera en lui-même, c'est-à-dire, l'admettra dans la gloire qui est son essence divine.

      C'est ainsi que bient√īt J√©sus dira dans sa derni√®re pri√®re¬†: "Je t'ai glorifi√© sur la terre, j'ai achev√© l'Ňďuvre que tu m'as donn√©e √† faire, et maintenant glorifie-moi, toi, P√®re, aupr√®s de toi, de la gloire que j'avais aupr√®s de toi avant que le monde f√Ľt." (Jean 17.4,5)

      Paul indique de m√™me l'abaissement et l'ob√©issance du Sauveur comme le chemin qui l'a conduit √† la gloire divine. (Philippiens 2.5-11¬†; comparez Eph√©siens 1.20-23) Et il le glorifiera bient√īt (grec aussit√īt), ajoute J√©sus, faisant allusion √† sa r√©surrection, qui sera le premier degr√© de sa glorification.

      - Enfin, J√©sus ne dit pas¬†: le Fils de Dieu, mais le Fils de l'homme est glorifi√© (comparez sur ce terme Matthieu 8.20, note)¬†; car c'est comme Fils de l'homme, membre et chef de notre humanit√© qu'il a embrass√©e dans les √©treintes de son amour pour la sauver, c'est comme Fils de l'homme qu'il a accompli son Ňďuvre et qu'il est mont√© dans sa gloire. Et ainsi, il a rouvert √† notre humanit√© sauv√©e le chemin de cette gloire.

      33 De ces hauteurs de sa gloire, J√©sus revient √† ses pauvres disciples qu'il va quitter bient√īt¬†: je suis peu de temps encore avec vous, et sympathisant √† leur tristesse, c'est avec une effusion de tendresse qu'il leur parle¬†: petits enfants¬†! (C'est le seul passage de nos √©vangiles o√Ļ J√©sus emploie ce terme.)

      Il sent le vide immense et douloureux qu'il va laisser dans leur cŇďur et dans leur vie¬†: Vous me chercherez, avec un ardent d√©sir de retrouver nos relations actuelles. (Jean 20.15. Comparer Luc 17.22)

      Mais le moment de la r√©union √©ternelle n'est pas venu¬†; il vous reste √† accomplir votre t√Ęche, et comme j'ai dit aux Juifs, mais dans un sens bien diff√©rent, (Jean 7.34¬†; 8.21) je vous le dis aussi maintenant¬†: vous ne pouvez venir o√Ļ je vais.

      J√©sus, dans ses derni√®res communications intimes, va s'appliquer √† les consoler de cette s√©paration (Jean 14.1 et suivants) et √† √©lever leur cŇďur √† la pens√©e d'une communion invisible et spirituelle avec lui. (Chap. 14-17.)

      Aussi croyons nous que c'est à ce moment du récit de Jean qu'il faut placer l'institution de la cène, après laquelle les paroles qui vont suivre (verset 34) sont admirablement appropriées.

      34 Dans cette tristesse de la séparation, Jésus fait à ses disciples, comme première compensation de son absence, un don infiniment précieux : l'amour fraternel.

      Il est vrai qu'il s'agit d'un commandement¬†; mais c'est un commandement qu'il se charge lui-m√™me d'accomplir dans leur cŇďur et dans leur vie. C'est m√™me en cela qu'il est nouveau.

      Ce mot a singuli√®rement occup√© les ex√©g√®tes. Comment, ont ils demand√©, ce commandement de l'amour mutuel peut-il √™tre nouveau, puisqu'il se trouve d√©j√† dans l'Ancien Testament (L√©vitique 19.18) et que J√©sus lui-m√™me le cite comme √©tant l'√Ęme de la loi¬†? (Matthieu 22.39) Et ils ont r√©pondu¬†: Il est nouveau parce qu'il renferme tous les autres commandements de la loi (Luther), parce que J√©sus l'a renouvel√© (Calvin), parce qu'il renouvelle l'homme (Augustin), parce qu'il est toujours nouveau (Olshausen), parce qu'il est le principe d'une vie nouvelle (de Wette), parce qu'il √©tablit la diff√©rence qu'il y a entre l'amour fraternel (les uns les autres) et la charit√© pour le prochain. (Grotius et d'autres.)

      Il y a du vrai dans toutes ces interpr√©tations¬†; mais il est plus vrai encore de dire que ce commandement est nouveau dans son essence, parce que J√©sus luim√™me l'accomplit dans le cŇďur de ses disciples par l'amour dont il les a aim√©s.

      Cet amour "part d'un centre de vie et d'affection nouveau...Jésus a apporté dans le monde et témoigné aux siens un amour spécifiquement différent de tout amour qui avait paru jusqu'alors, celui qui s'attache à la personnalité humaine pour la sauver. De ce foyer tout nouveau jaillit la flamme d'une affection essentiellement différente de tout ce que le monde avait connu auparavant sous ce nom. En Christ, voilà l'explication du mot nouveau" Godet. (Comparer 1Jean 2.7,8, note.)

      C'est évidemment là ce que Jésus a voulu dire en ajoutant dans la seconde partie de ce verset : que comme je vous ai aimés, vous vous aimiez aussi les uns les autres.

      L'amour de Jésus ne donne pas seulement la mesure mais la nature et le caractère du véritable amour mutuel de ses disciples. Le verset suivant montre l'importance suprême que Jésus attache à cet amour. Aussi y insiste-t-il à diverses reprises. (Jean 15 ; 12,17) Et nul ne l'a mieux senti que notre évangéliste. (1Jean 2.7,8 ; 3.11 ; 4.20,21)

      35 L'amour, un amour semblable √† celui de J√©sus, est la seule preuve que l'homme est sous une influence divine, qui triomphe de tous les penchants √©go√Įstes de son cŇďur.

      La connaissance peut √™tre acquise par des p√©cheurs endurcis, la foi s'allie souvent √† une vie asservie aux passions, les Ňďuvres sont accomplies par divers motifs¬†; l'amour seul, unissant les enfants de Dieu les uns aux autres, comme il les unit √† leur Sauveur et, par lui, au P√®re c√©leste, est une marque certaine de leur participation √† la nature divine.

      A ceci, dit J√©sus, tous conna√ģtront¬†; et plus loin il voit dans cette unit√© des siens un moyen d'amener le monde √† la foi. (Jean 17.21)

      36 Pierre a compris que le Ma√ģtre va les quitter pour √™tre glorifi√©¬†; (versets 32,33) il a m√™me compris vaguement que le chemin qui le conduira a la gloire, c'est la mort. (verset 37)

      Mais, comme cette pens√©e, qui le remplit de tristesse, est encore envelopp√©e d'obscurit√©, dans la vivacit√© de ses impressions il l'interrompt par cette question¬†: O√Ļ vastu¬†? bient√īt suivie d'une autre¬†: Pourquoi ne puis-je pas te suivre¬†?

      Il y a encore beaucoup d'ignorance, mais il y a aussi le plus vif amour pour son Ma√ģtre dans ces questions. Elles sont inspir√©es par les m√™mes sentiments qui le portaient √† r√©sister √† J√©sus quand celui-ci voulait lui laver les pieds. (versets 6-9)

      La raison pour laquelle Pierre ne pouvait pas suivre J√©sus maintenant, c'est qu'il avait son Ňďuvre √† faire dans ce monde.

      "Le disciple aussi a son heure" Meyer.

      Sans doute encore il y avait, dans son caract√®re naturel, plus d'un penchant mauvais dont il devait √™tre purifi√© par l'Esprit de la Pentec√īte, avant de pouvoir suivre son Ma√ģtre dans la gloire. (verset 38)

      Mais, ajoute Jésus, comme consolation et encouragement, tu me suivras plus tard ; il le suivra réellement par la voie du martyre.

      37 Pierre est parfaitement sincère en parlant ainsi. Et pourtant, quel douloureux contraste entre cette déclaration si pleine d'assurance et la réponse de Jésus ! (verset 38)
      38 Cet avertissement précis n'empêcha point la chute du présomptueux disciple.

      Il para√ģt pourtant avoir fait impression sur lui, car, d√®s ce moment et jusqu'√† la fin de ces entretiens, il ne reprend plus la parole.

      Voir, sur ce dialogue avec Pierre, Matthieu 26.33-35 ; Marc 14.29-31 ; Luc 22.31-34, notes.

      Après cette interruption, Jésus reprend son discours destiné à consoler ses disciples et à les préparer à la communion spirituelle avec lui. (Jean 14.1 et suivants)

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