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NOÉ

(Hébreu Nôakh.) D'après P, fils de Lémec et petit-fils de Métusélah (Ge 5) ; fut le héros du déluge (Ge 5-8). Les détails de ce cataclysme (voir Déluge) sont dans toutes les mémoires : Dieu, affligé de la corruption des hommes, décide de détruire l'humanité. Il avertit Noé, seul juste de sa génération, lui donne l'ordre de construire une arche pour sauver sa famille et conserver à la terre des exemplaires de tous les êtres vivants. Le déluge couvre la terre, tout ce qui respire disparaît sous les eaux ; après l'inondation Noé offre un sacrifice à Dieu, qui le bénit et lui promet de ne plus bouleverser la nature. L'humanité reprend, dans la personne de Noé, qui se remet à cultiver le sol. Mais le cataclysme n'a pas changé le coeur humain et déjà, dans ce petit groupe de rescapés, sur une terre humide encore des sanctions divines, la malédiction reparaît qui met la division et l'opprobre entre les frères.

D'où vient ce récit ? De la mythologie primitive, de l'imagination d'un rapsode hébreu, d'une révélation directe de Dieu à l'écrivain biblique ? Est-ce de l'histoire ou de la légende ?

Ce qui frappe tout d'abord c'est que le déluge, dans le texte de P, est encadré par deux chronologies aux âges fantastiques, contredisant l'enseignement que l'expérience et la Bible nous donnent sur la durée de la vie humaine (Ps 90:10). Or, ce que nous savons aujourd'hui du peuple sumérien qui habitait au quatrième millénaire la Basse-Mésopotamie et auquel remontent les origines de la civilisation dans le Proche-Orient asiatique, nous apprend qu'un déluge détruisit, dans ses inondations, la presque totalité de la population du delta méridional de la Mésopotamie, si bien que les annalistes virent dans ce cataclysme le point de départ d'une ère nouvelle. Ce déluge se trouve encadré, lui aussi, de chronologies qui donnent aux rois antédiluviens et aux premiers rois postdiluviens un nombre d'années fabuleux.

Avant le déluge, dans la chronologie sumérienne : 10 rois, dont plusieurs ont un caractère divino-humain. Dans la chronologie hébraïque, 10 chefs de l'humanité, dont le premier fut fait à l'image de Dieu (cf. « Adam fils de Dieu », Lu 3:38). Les dix chefs antédiluviens vécurent au total 1.656 ans d'après le texte hébreu, 2.242 d'après ! e texte grec. Les dix rois antédiluviens de Sumer ont comme durée d'ensemble de leurs règnes 241.000 ans. La différence de chiffres ici importe peu, tous nous transportent en dehors des conditions d'existence terrestre et ont dû être établis suivant des systèmes de notation et des théories théologiques ou astronomiques qui nous échappent. Dans les deux cas, il s'agit de dix unités : on remarque que, dans ces deux listes de dix noms, le nom du troisième roi de la liste sumérienne et le nom du troisième chef de la liste hébraïque ont le même sens et signifient « homme » ; celui du quatrième roi sumérien et celui du quatrième chef hébraïque ont le sens d' « artisan » ; le septième roi sumérien et le septième chef hébreu sont en rapport spécial avec la divinité ; enfin le dixième sumérien et le dixième de la liste hébraïque sont les héros du déluge : Uta-napichtim chez les Sumériens (Atrakhasis des Babyloniens, Xisouthros des Grecs), Nôakh chez les Hébreux. Dans la chronologie sumérienne des rois postdiluviens, les chiffres, fantastiques d'abord, reviennent aux proportions historiques dès le sixième nom de la première dynastie d'Uruk, le vingt-neuvième donné par la liste royale ; dans la chronologie hébraïque, les chefs de famille postdiluviens ont pareillement des âges fantastiques qui ne reviennent aux proportions historiques qu'après Moïse, c-à-d, au dix-septième nom de la généalogie.

Enfin, chez les Sumériens, ces traditions avec leurs chronologies fabuleuses et leur divinisation des rois sont nées à l'ombre des temples, dans le monde des prêtres. De même, chez les Hébreux, la liste des patriarches, avec leur longévité extra-historique, sort des archives du temple et appartient au code sacerdotal. Cet ensemble de rapprochements ne peut être fortuit ; il s'éclaire de façon décisive quand on constate que les récits bibliques du déluge (J et P) concordent non seulement dans l'ensemble, mais dans toute une série de détails et jusque dans certaines de leurs expressions avec le récit suméro-babylonien (ordre divin de bâtir l'arche, de conserver des êtres vivants, description du déluge, arrêt de l'arche sur une montagne, envoi de la colombe, du corbeau, sacrifice à la sortie de l'arche, bénédiction divine et promesse à l'homme sauvé des eaux, etc.).

Il est évident que le plus ancien des auteurs bibliques de l'histoire de Noé, le Jéhoviste, qui écrivait au IX e siècle av. J. -C, a pris ses données dans les traditions qui remontaient au récit sumérien dont la plus ancienne recension, celle de Nippour, date du troisième millénaire av. J. -C, antérieure de près de mille ans au temps d'Hammourapi et d'Abraham. A son origine, le récit du déluge situé par les Sumériens dans le pays qu'ils habitent, pays qui par sa configuration était destiné à subir de fréquentes inondations, n'avait pas trait à un déluge universel ; qu'aurait signifié le mot universel dans ces temps reculés ? A l'époque de Rome encore, « toute la terre » désignait peu ou prou l'empire romain ! Le but de l'auteur pourrait être bien plutôt de représenter comment une de ces inondations ayant atteint les proportions d'une immense catastrophe, avait facilité aux Sumériens, qui sans doute occupaient déjà quelques points de la province, la conquête de cette terre fertile d'où elle avait chassé les premiers occupants, les Akkadiens-sémites. Woolley (Les Sumériens, 1930) va jusqu'à penser que l'allusion à la perversité des habitants donnée comme cause au déluge reflète l'animosité de races entre Sumériens et Sémites et que l'ordre « d'être féconds et de multiplier » donné aux survivants fut exécuté à souhait par les protégés des dieux, les Sumériens, qui s'installèrent sur la terre dépeuplée et en firent un merveilleux foyer de civilisation.

Nous voici donc amenés, par une série de considérations, à tenir les circonstances auxquelles Noé appartient comme ayant des attaches fort naturelles et fort réelles avec l'histoire. Ceci d'autant plus que les récentes découvertes de monuments appartenant à la première dynastie d'Ur, la troisième après le déluge, autorisent à penser que les représentations fantastiques des premières traditions sumériennes, avec leurs chiffres astronomiques et leurs noms divins, recouvrent, elles aussi, des faits submergés par la légende. Ainsi Noé, par sa vie antédiluvienne, baigne dans la légende avec les ancêtres qui le précèdent, mais cette légende n'est pas sans fondement historique puisqu'on a retrouvé les sédiments du déluge et des restes de civilisation que le déluge avait enfouis. On parle même de villes antédiluviennes qui, grâce à leur situation élevée, avaient échappé à la catastrophe du déluge. D'autre part, Noé appartient à l'histoire par ses fils et les races que la Bible fait remonter jusqu'à eux, aussi bien que la Tour de Babel appartient à l'histoire par son nom, son mode de construction et le milieu où elle fut élevée. Quand on arrive enfin à Abraham, en dépit du caractère ethnique de plusieurs épisodes de son histoire, on est en plein dans la réalité historique, au sein d'une civilisation qui existait déjà depuis plus d'un millénaire, puisque les tombes les plus anciennes qu'on ait retrouvées dans sa patrie d'Ur datent d'environ 3100 av. J. -C.

Comme la plante sort peu à peu de l'obscurité de la terre et se déploie lentement au jour pour s'offrir à la détermination du botaniste, l'histoire se dégage lentement de la légende et s'affirme peu à peu dans les faits offrant leurs matériaux au sens critique des historiens. On n'écrit pas l'histoire avec de la légende, mais refuser à la légende tout fondement historique serait montrer qu'on ignore comment l'humanité primitive observait, s'imaginait et racontait, dans le stade enfantin de son développement.

L'histoire de Noé nous met encore en présence d'un phénomène qu'il ne suffit pas de constater en passant, et dont il faut retrouver la cause. Tandis que la tradition suméro-babylonienne du déluge présente tout un monde de dieux faits à l'image des hommes, avec leurs révoltes, leurs caprices, leurs violences et leur immoralité, bref, portant tous les caractères du polythéisme grossier de l'époque, le récit biblique, dans ses deux sources, introduit sur la scène un dieu unique qui n'a rien de commun avec les faiblesses humaines, qui s'afflige de la corruption des hommes, punit dans sa justice et sauve dans sa miséricorde. Ce fait, que ne peut expliquer aucune raison d'histoire ou d'archéologie, nous met en présence d'un auteur qui, tout en puisant aux sources de la tradition primitive, n'est point dominé par elle, mais la domine au contraire et la transforme pour la faire concourir à des fins conformes à son génie. Romain Rolland écrit à propos de Mozart : « J'appelle génie ce grand souffle indépendant de nous qui emporte une âme parfois médiocre ou qui lutte avec elle ; c'est une puissance étrangère à l'esprit où elle établit sa domination ; c'est le dieu qui est en nous et qui pourtant n'est pas nous. » Voilà une définition en vérité fort suggestive ; il suffit de l'élever du plan artistique au plan moral et religieux, pour y voir une réplique à la déclaration de 2Pi 1:21 : « C'est poussés par l'Esprit saint que des hommes ont parlé de la part de Dieu. » L'écrivain d'Israël qui, enchaînant dans les premières pages de la Bible l'histoire de la création (oeuvre bonne), de la chute (désobéissance et condamnation de l'homme), du déluge (le malheur et le châtiment ne suffisent pas pour transformer l'humanité déchue), de la tour de Babel (sans paternité divine pas de fraternité humaine), introduisit par ces récits-figures ou ces récits-postulats l'histoire d'Abraham le patriarche, en qui Dieu mit l'humanité à l'école de la confiance avant de la mettre à l'école de la Loi--n'a pas fait seulement oeuvre d'historien, il s'avère choisi d'en-haut pour dresser au seuil de l'histoire du salut le portique de la révélation.

Et si quelque savant se scandalise de me voir introduire dans un article scientifique à propos de Noé des considérations d'ordre religieux et y trouve motif à me disqualifier au point de vue de la méthode, je lui répondrai que nous n'avons pas, lui et moi, la même notion de ce qu'est la science. Pour savoir scientifiquement ce qu'est un homme, il ne suffit pas de lui ouvrir le ventre ou de déterminer le caractère physiologique de sa nature animale : on ne le connaîtra de science certaine que lorsqu'on aura fait le tour de son être, pénétré sa psychologie, retrouvé la source des inspirations motrices de sa personnalité. Ainsi pour posséder la science de la Bible ce n'est point assez d'y promener le scalpel, d'en déterminer les sources littéraires, de l'examiner à la lumière de la critique ou de l'archéologie : il faut, après avoir fait tout cela avec une entière indépendance, l'étudier aussi dans son originalité vivante, rechercher les causes de la supériorité qui l'élève au-dessus de tous les livres, expliquer son action par son inspiration.

Le personnage de Noé, qui se rattache aux traditions les plus antiques, n'a cessé, à travers les siècles, d'occuper l'imagination. Par ses prédictions (Ge 9:23-27) il est le type du prophète ; par son sacrifice (Ge 8:20) il est le type du grand-prêtre. Ézéchiel (Eze 14:14,20) voit en lui le modèle d'intercesseur à l'égal de Daniel et de Job. L'Ecclésiastique (Sir 54:17et suivant) le donne comme un agent de réconciliation, une sorte de médiateur. Le livre des Jubilés lui attribue une puissance anti-démoniaque. Pour Pierre, l'eau à travers laquelle Noé et les siens sont sauvés correspond à l'eau du baptême (1Pi 3:20). Heb 11:7 présente Noé comme un croyant justifié par sa foi ; 2Pi 2:5 l'appelle « prédicateur de justice ». L'enseignement du judaïsme postérieur fait remonter à Noé (Ge 9:1,6) les commandements noachiques (voir ce mot) imposés aux « prosélytes de la porte » et qui. jouèrent un rôle capital au synode de Jérusalem (Ac 15:28 et suivant ; voir Actes). Les Pères de l'Église se livrent à toutes sortes de rapprochements entre Noé et Jésus-Christ que Noé, à leur sens, préfigure : comme Jésus, Noé prêche la repentance ; Noé bâtit l'arche, Jésus bâtit l'Église ; ceux qui entrent dans l'arche de Noé sont sauvés, ceux qui entrent dans l'Église de Jésus le sont pareillement. Dans les deux cas ne pas entrer c'est périr, etc. Enfin, la malédiction de Cham par Noé a servi de prétexte, jusqu'à nos jours, pour justifier l'esclavage des noirs (voir Cham), ce qui est à la fois une hérésie d'histoire et une hérésie morale. Alex. W.

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    • Genèse 5

      1 Voici le livre de la postérité d'Adam. Lorsque Dieu créa l'homme, il le fit à la ressemblance de Dieu.
      2 Il créa l'homme et la femme, il les bénit, et il les appela du nom d'homme, lorsqu'ils furent créés.
      3 Adam, âgé de cent trente ans, engendra un fils à sa ressemblance, selon son image, et il lui donna le nom de Seth.
      4 Les jours d'Adam, après la naissance de Seth, furent de huit cents ans ; et il engendra des fils et des filles.
      5 Tous les jours qu'Adam vécut furent de neuf cent trente ans ; puis il mourut.
      6 Seth, âgé de cent cinq ans, engendra Énosch.
      7 Seth vécut, après la naissance d'Énosch, huit cent sept ans ; et il engendra des fils et des filles.
      8 Tous les jours de Seth furent de neuf cent douze ans ; puis il mourut.
      9 Énosch, âgé de quatre-vingt-dix ans, engendra Kénan.
      10 Énosch vécut, après la naissance de Kénan, huit cent quinze ans ; et il engendra des fils et des filles.
      11 Tous les jours d'Énosch furent de neuf cent cinq ans ; puis il mourut.
      12 Kénan, âgé de soixante-dix ans, engendra Mahalaleel.
      13 Kénan vécut, après la naissance de Mahalaleel, huit cent quarante ans ; et il engendra des fils et des filles.
      14 Tous les jours de Kénan furent de neuf cent dix ans ; puis il mourut.
      15 Mahalaleel, âgé de soixante-cinq ans, engendra Jéred.
      16 Mahalaleel vécut, après la naissance de Jéred, huit cent trente ans ; et il engendra des fils et des filles.
      17 Tous les jours de Mahalaleel furent de huit cent quatre-vingt-quinze ans ; puis il mourut.
      18 Jéred, âgé de cent soixante-deux ans, engendra Hénoc.
      19 Jéred vécut, après la naissance d'Hénoc, huit cents ans ; et il engendra des fils et des filles.
      20 Tous les jours de Jéred furent de neuf cent soixante-deux ans ; puis il mourut.
      21 Hénoc, âgé de soixante-cinq ans, engendra Metuschélah.
      22 Hénoc, après la naissance de Metuschélah, marcha avec Dieu trois cents ans ; et il engendra des fils et des filles.
      23 Tous les jours d'Hénoc furent de trois cent soixante-cinq ans.
      24 Hénoc marcha avec Dieu ; puis il ne fut plus, parce que Dieu le prit.
      25 Metuschélah, âgé de cent quatre-vingt-sept ans, engendra Lémec.
      26 Metuschélah vécut, après la naissance de Lémec, sept cent quatre-vingt deux ans ; et il engendra des fils et des filles.
      27 Tous les jours de Metuschélah furent de neuf cent soixante-neuf ans ; puis il mourut.
      28 Lémec, âgé de cent quatre-vingt-deux ans, engendra un fils.
      29 Il lui donna le nom de Noé, en disant : Celui-ci nous consolera de nos fatigues et du travail pénible de nos mains, provenant de cette terre que l'Éternel a maudite.
      30 Lémec vécut, après la naissance de Noé, cinq cent quatre-vingt-quinze ans ; et il engendra des fils et des filles.
      31 Tous les jours de Lémec furent de sept cent soixante-dix sept ans ; puis il mourut.
      32 Noé, âgé de cinq cents ans, engendra Sem, Cham et Japhet.

      Genèse 6

      1 Lorsque les hommes eurent commencé à se multiplier sur la face de la terre, et que des filles leur furent nées,
      2 les fils de Dieu virent que les filles des hommes étaient belles, et ils en prirent pour femmes parmi toutes celles qu'ils choisirent.
      3 Alors l'Éternel dit : Mon esprit ne restera pas à toujours dans l'homme, car l'homme n'est que chair, et ses jours seront de cent vingt ans.
      4 Les géants étaient sur la terre en ces temps-là, après que les fils de Dieu furent venus vers les filles des hommes, et qu'elles leur eurent donné des enfants : ce sont ces héros qui furent fameux dans l'antiquité.
      5 L'Éternel vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur coeur se portaient chaque jour uniquement vers le mal.
      6 L'Éternel se repentit d'avoir fait l'homme sur la terre, et il fut affligé en son coeur.
      7 Et l'Éternel dit : J'exterminerai de la face de la terre l'homme que j'ai créé, depuis l'homme jusqu'au bétail, aux reptiles, et aux oiseaux du ciel ; car je me repens de les avoir faits.
      8 Mais Noé trouva grâce aux yeux de l'Éternel.
      9 Voici la postérité de Noé. Noé était un homme juste et intègre dans son temps ; Noé marchait avec Dieu.
      10 Noé engendra trois fils : Sem, Cham et Japhet.
      11 La terre était corrompue devant Dieu, la terre était pleine de violence.
      12 Dieu regarda la terre, et voici, elle était corrompue ; car toute chair avait corrompu sa voie sur la terre.
      13 Alors Dieu dit à Noé : La fin de toute chair est arrêtée par devers moi ; car ils ont rempli la terre de violence ; voici, je vais les détruire avec la terre.
      14 Fais-toi une arche de bois de gopher ; tu disposeras cette arche en cellules, et tu l'enduiras de poix en dedans et en dehors.
      15 Voici comment tu la feras : l'arche aura trois cents coudées de longueur, cinquante coudées de largeur et trente coudées de hauteur.
      16 Tu feras à l'arche une fenêtre, que tu réduiras à une coudée en haut ; tu établiras une porte sur le côté de l'arche ; et tu construiras un étage inférieur, un second et un troisième.
      17 Et moi, je vais faire venir le déluge d'eaux sur la terre, pour détruire toute chair ayant souffle de vie sous le ciel ; tout ce qui est sur la terre périra.
      18 Mais j'établis mon alliance avec toi ; tu entreras dans l'arche, toi et tes fils, ta femme et les femmes de tes fils avec toi.
      19 De tout ce qui vit, de toute chair, tu feras entrer dans l'arche deux de chaque espèce, pour les conserver en vie avec toi : il y aura un mâle et une femelle.
      20 Des oiseaux selon leur espèce, du bétail selon son espèce, et de tous les reptiles de la terre selon leur espèce, deux de chaque espèce viendront vers toi, pour que tu leur conserves la vie.
      21 Et toi, prends de tous les aliments que l'on mange, et fais-en une provision auprès de toi, afin qu'ils te servent de nourriture ainsi qu'à eux.
      22 C'est ce que fit Noé : il exécuta tout ce que Dieu lui avait ordonné.

      Genèse 7

      1 L'Éternel dit à Noé : Entre dans l'arche, toi et toute ta maison ; car je t'ai vu juste devant moi parmi cette génération.
      2 Tu prendras auprès de toi sept couples de tous les animaux purs, le mâle et sa femelle ; une paire des animaux qui ne sont pas purs, le mâle et sa femelle ;
      3 sept couples aussi des oiseaux du ciel, mâle et femelle, afin de conserver leur race en vie sur la face de toute la terre.
      4 Car, encore sept jours, et je ferai pleuvoir sur la terre quarante jours et quarante nuits, et j'exterminerai de la face de la terre tous les êtres que j'ai faits.
      5 Noé exécuta tout ce que l'Éternel lui avait ordonné.
      6 Noé avait six cents ans, lorsque le déluge d'eaux fut sur la terre.
      7 Et Noé entra dans l'arche avec ses fils, sa femme et les femmes de ses fils, pour échapper aux eaux du déluge.
      8 D'entre les animaux purs et les animaux qui ne sont pas purs, les oiseaux et tout ce qui se meut sur la terre,
      9 il entra dans l'arche auprès de Noé, deux à deux, un mâle et une femelle, comme Dieu l'avait ordonné à Noé.
      10 Sept jours après, les eaux du déluge furent sur la terre.
      11 L'an six cent de la vie de Noé, le second mois, le dix-septième jour du mois, en ce jour-là toutes les sources du grand abîme jaillirent, et les écluses des cieux s'ouvrirent.
      12 La pluie tomba sur la terre quarante jours et quarante nuits.
      13 Ce même jour entrèrent dans l'arche Noé, Sem, Cham et Japhet, fils de Noé, la femme de Noé et les trois femmes de ses fils avec eux :
      14 eux, et tous les animaux selon leur espèce, tout le bétail selon son espèce, tous les reptiles qui rampent sur la terre selon leur espèce, tous les oiseaux selon leur espèce, tous les petits oiseaux, tout ce qui a des ailes.
      15 Ils entrèrent dans l'arche auprès de Noé, deux à deux, de toute chair ayant souffle de vie.
      16 Il en entra, mâle et femelle, de toute chair, comme Dieu l'avait ordonné à Noé. Puis l'Éternel ferma la porte sur lui.
      17 Le déluge fut quarante jours sur la terre. Les eaux crûrent et soulevèrent l'arche, et elle s'éleva au-dessus de la terre.
      18 Les eaux grossirent et s'accrurent beaucoup sur la terre, et l'arche flotta sur la surface des eaux.
      19 Les eaux grossirent de plus en plus, et toutes les hautes montagnes qui sont sous le ciel entier furent couvertes.
      20 Les eaux s'élevèrent de quinze coudées au-dessus des montagnes, qui furent couvertes.
      21 Tout ce qui se mouvait sur la terre périt, tant les oiseaux que le bétail et les animaux, tout ce qui rampait sur la terre, et tous les hommes.
      22 Tout ce qui avait respiration, souffle de vie dans ses narines, et qui était sur la terre sèche, mourut.
      23 Tous les êtres qui étaient sur la face de la terre furent exterminés, depuis l'homme jusqu'au bétail, aux reptiles et aux oiseaux du ciel : ils furent exterminés de la terre. Il ne resta que Noé, et ce qui était avec lui dans l'arche.
      24 Les eaux furent grosses sur la terre pendant cent cinquante jours.

      Genèse 8

      1 Dieu se souvint de Noé, de tous les animaux et de tout le bétail qui étaient avec lui dans l'arche ; et Dieu fit passer un vent sur la terre, et les eaux s'apaisèrent.
      2 Les sources de l'abîme et les écluses des cieux furent fermées, et la pluie ne tomba plus du ciel.
      3 Les eaux se retirèrent de dessus la terre, s'en allant et s'éloignant, et les eaux diminuèrent au bout de cent cinquante jours.
      4 Le septième mois, le dix-septième jour du mois, l'arche s'arrêta sur les montagnes d'Ararat.
      5 Les eaux allèrent en diminuant jusqu'au dixième mois. Le dixième mois, le premier jour du mois, apparurent les sommets des montagnes.
      6 Au bout de quarante jours, Noé ouvrit la fenêtre qu'il avait faite à l'arche.
      7 Il lâcha le corbeau, qui sortit, partant et revenant, jusqu'à ce que les eaux eussent séché sur la terre.
      8 Il lâcha aussi la colombe, pour voir si les eaux avaient diminué à la surface de la terre.
      9 Mais la colombe ne trouva aucun lieu pour poser la plante de son pied, et elle revint à lui dans l'arche, car il y avait des eaux à la surface de toute la terre. Il avança la main, la prit, et la fit rentrer auprès de lui dans l'arche.
      10 Il attendit encore sept autres jours, et il lâcha de nouveau la colombe hors de l'arche.
      11 La colombe revint à lui sur le soir ; et voici, une feuille d'olivier arrachée était dans son bec. Noé connut ainsi que les eaux avaient diminué sur la terre.
      12 Il attendit encore sept autres jours ; et il lâcha la colombe. Mais elle ne revint plus à lui.
      13 L'an six cent un, le premier mois, le premier jour du mois, les eaux avaient séché sur la terre. Noé ôta la couverture de l'arche : il regarda, et voici, la surface de la terre avait séché.
      14 Le second mois, le vingt-septième jour du mois, la terre fut sèche.
      15 Alors Dieu parla à Noé, en disant :
      16 Sors de l'arche, toi et ta femme, tes fils et les femmes de tes fils avec toi.
      17 Fais sortir avec toi tous les animaux de toute chair qui sont avec toi, tant les oiseaux que le bétail et tous les reptiles qui rampent sur la terre : qu'ils se répandent sur la terre, qu'ils soient féconds et multiplient sur la terre.
      18 Et Noé sortit, avec ses fils, sa femme, et les femmes de ses fils.
      19 Tous les animaux, tous les reptiles, tous les oiseaux, tout ce qui se meut sur la terre, selon leurs espèces, sortirent de l'arche.
      20 Noé bâtit un autel à l'Éternel ; il prit de toutes les bêtes pures et de tous les oiseaux purs, et il offrit des holocaustes sur l'autel.
      21 L'Éternel sentit une odeur agréable, et l'Éternel dit en son coeur : Je ne maudirai plus la terre, à cause de l'homme, parce que les pensées du coeur de l'homme sont mauvaises dès sa jeunesse ; et je ne frapperai plus tout ce qui est vivant, comme je l'ai fait.
      22 Tant que la terre subsistera, les semailles et la moisson, le froid et la chaleur, l'été et l'hiver, le jour et la nuit ne cesseront point.
    • Cette partie de la Bible n'est pas disponible dans cette version.

      Genèse 5

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