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Ephésiens 6

    • 1 Chapitre 6.

      1 √† 9 Devoirs qui incombent aux enfants et aux parents, aux esclaves et aux ma√ģtres.

      Dans le Seigneur Jésus-Christ, dans le même sens et par les mêmes motifs que Ephésiens 5.21,24, notes. (Comparer Colossiens 3.20)

      Juste, et selon la nature, et selon la loi divine, et selon l'Evangile dans le Seigneur.

      2 Le premier commandement de la seconde table de la loi, se rapportant aux devoirs envers les hommes¬†; car l'ap√ītre n'ignorait pas que le second commandement de la premi√®re table a aussi une promesse¬†; √† moins qu'il ne la consid√©r√Ęt pas comme une promesse faite sp√©cialement √† l'observation du second commandement, mais plut√īt comme une d√©claration g√©n√©rale de la mis√©ricorde de Dieu, s'appliquant √† toute ob√©issance. (Exode 20.6)
      3 Deutéronome 5.16. La terre est celle "que l'Eternel ton Dieu te donne," Canaan. (Exode 20.12)

      Dans ce sens, qui est √©videmment celui de la citation, l'ap√ītre ne pouvait pas restreindre la promesse √† sa signification litt√©rale, mais il l'entend d'une mani√®re spirituelle, Canaan √©tant pour tout Isra√©lite √©clair√© l'image d'une meilleure patrie. (H√©breux 11.14-16¬†; 4.8,9¬†; Matthieu 5.5)

      4 Comparer Colossiens 3.21, o√Ļ l'ap√ītre ajoute, comme motif de ne pas irriter les enfants (Grec¬†: "exciter √† la col√®re")¬†: "afin qu'ils ne perdent pas courage."

      Dans notre passage se trouve le c√īt√© positif aussi bien que n√©gatif de l'exhortation¬†: Ne pas les irriter, mais les √©lever dans la discipline, etc.

      "Les p√®res chr√©tiens doivent dans l'√©ducation de leurs enfants, allier sagement la s√©v√©rit√© et la douceur¬†; la premi√®re se trouvera dans la discipline, la seconde dans l'enseignement (ou plut√īt avertissement, admonition). Mais il s'agit de la discipline et de l'enseignement du Seigneur, parce que l'une et l'autre doivent √™tre p√©n√©tr√©s de son Esprit." Olshausen.

      5 Voir sur cette expression de profond respect 2Corinthiens 7.15, note.

      Il s'agit ici d'esclaves en pr√©sence de leurs possesseurs¬†; mais cette ob√©issance ne doit pas √™tre moins respectueuse lorsque les serviteurs voient des fr√®res dans leurs ma√ģtres. (1Timoth√©e 6.1,2)

      Ce dernier passage indique aussi le motif pour lequel l'ap√ītre revient si souvent sur cette ob√©issance des esclaves (Colossiens 3.22¬†; 2.9¬†; comparez 1Pierre 2.18)¬†: c'est "afin qu'on ne blasph√®me point le nom de Dieu et sa doctrine," ce qui aurait eu lieu si les esclaves convertis √† l'Evangile avaient montr√© un esprit de r√©volte.

      Sans doute le christianisme devait n√©cessairement amener l'abolition de l'esclavage, mais par son influence spirituelle, du dedans au dehors, et non par la violence. (Voir l'√©p√ģtre √† Phil√©mon Phil√©mon 1 et comparez 1Corinthiens 7.21, note).

      8 Le chr√©tien, m√™me dans la position la plus humble, a toujours ce sublime motif d'ob√©issance, c'est qu'il peut oublier les hommes et se souvenir qu'il sert le Seigneur, qui a fait sa position et dont il voit la volont√© dans la t√Ęche qui lui est donn√©e √† accomplir.

      L'ap√ītre, parlant ici √† la classe la plus malheureuse des hommes, revient quatre fois sur cette pens√©e¬†: Ob√©issez comme √† Christ¬†; (Eph√©siens 6.5) faisant la volont√© de Dieu¬†; comme serviteurs de Dieu¬†; (Eph√©siens 6.6) servant le Seigneur, avec bonne volont√©. (Eph√©siens 6.7)

      Enfin, eussentils m√™me des ma√ģtres qui ne reconna√ģtraient point leur bonne conduite, ce qui n'arrive que trop souvent, ils n'y perdraient rien aupr√®s du Seigneur √† qui ils regardent. (Eph√©siens 6.8)

      9 L'ap√ītre n'ordonne pas non plus aux ma√ģtres de lib√©rer leurs esclaves¬†; mais, s'ils se p√©n√®trent de ses injonctions selon l'esprit de l'Evangile, cette cons√©quence sera in√©vitable.

      Quel ma√ģtre chr√©tien pourra poss√©der ou vendre son fr√®re, rachet√© comme lui au prix du sang de J√©sus, h√©ritier avec lui de la vie √©ternelle¬†!

      Le christianisme suppose l'√©galit√© devant Dieu et la libert√© de tous ceux qui croient¬†; il devait t√īt ou tard faire r√©gner la libert√© et l'√©galit√© dans la soci√©t√©¬†; mais ces fruits, qui n'√©taient gu√®re pr√©vus dans l'origine, ont m√Ľri plus tard, comme tant d'autres.

      Ils √©taient d√©j√† renferm√©s en principe dans ces deux raisons donn√©es ici aux ma√ģtres de bien traiter leurs esclaves¬†: ils ont eux-m√™mes leur Ma√ģtre (Grec¬†: "Seigneur") dans le ciel, et devant lui ma√ģtres et esclaves sont √©gaux.

      Une variante porte¬†: "leur Ma√ģtre et le v√ītre..."

      - Ces exhortations, du reste, malgr√© les diff√©rences de position, sont parfaitement applicables aux rapports actuels des ma√ģtres et des serviteurs.

      10 10 à 20 Les ennemis et les armes du chrétien.

      Par cette particule conclusive, qui fait attendre un dernier mot, une derni√®re exhortation, l'ap√ītre passe en effet √† une pens√©e finale qui devait lui tenir fortement √† cŇďur.

      A la fin d'une lettre dans laquelle il a expos√© pour le monde pa√Įen toute la grandeur de la dispensation √©vang√©lique, toutes les richesses de la gr√Ęce divine envers ceux qui n'√©taient point le peuple de Dieu, apr√®s avoir √©galement retrac√© les principaux traits de la vie chr√©tienne, il ne fallait pas que nul p√Ľt se persuader d'avoir d√©j√† "atteint le but."

      On n'y arrive qu'au travers de rudes combats¬†; il importe que tous en soient pr√©venus, et sachent o√Ļ est la source de la force. C'est pourquoi l'ap√ītre dirige d'abord leurs pens√©es sur l'ennemi, dont il d√©crit la nature et toute la puissance¬†; puis, il montre o√Ļ est le secours, et quelles sont les armes d√©fensives et offensives du chr√©tien, au moyen desquelles il peut tout surmonter et demeurer ferme. (Eph√©siens 6.10-20)

      11 D'une part, les armes de Dieu (Grec¬†: panoplia, l'armure enti√®re), de l'autre, les artifices du diable, c'est-√†-dire ses tentations pleines de ruse, (comparez Eph√©siens 4.14, o√Ļ se trouve le m√™me mot) voil√† le contraste que l'ap√ītre va d√©velopper¬†: l'ennemi¬†; (Eph√©siens 6.12) la d√©fense. (Eph√©siens 6.13-17)

      La simple indication de cette lutte explique pourquoi Paul, dès le début, (Ephésiens 6.10) engage ses frères à chercher leur force, non pas en eux-mêmes, mais uniquement dans le Seigneur et dans la force de sa puissance. Ces derniers mots forment un énergique pléonasme qui donne plus de relief à la pensée.

      12 Il serait difficile de dire en termes plus positifs que ne le fait ici l'ap√ītre, qu'il y a, outre la corruption naturelle de l'homme, une puissance du mal beaucoup plus grande, un royaume des t√©n√®bres, auquel les m√©chants sont asservis, et qui est en lutte continuelle contre le r√®gne de Dieu et ceux qui lui appartiennent.

      La chair et le sang (ici le sang et la chair, seul passage o√Ļ ces deux mots se trouvent dans cet ordre) signifient, comme toujours dans l'Ecriture (Matthieu 16.17, note¬†; 1Corinthiens 15.50, note¬†; Galates 1.16), la nature d√©chue de l'homme dans laquelle r√®gne le p√©ch√©.

      La chair et le sang, soit en nous-mêmes, soit dans les autres hommes, nous présentent sans cesse des sujets de tentations.

      Comment donc l'ap√ītre peut-il dire que ce n'est pas l√† l'adversaire avec lequel nous avons √† combattre (Grec¬†: la lutte)¬†? C'est qu'il ne consid√®re la chair et le sang que comme les instruments aveugles d'une puissance bien sup√©rieure, qui se sert de la corruption de l'homme pour arriver √† ses fins. Cette puissance est celle du d√©mon et des habitants de son t√©n√©breux royaume, que l'ap√ītre d√©crit ici comme des anges tomb√©s, et auxquels, √† cause de cela, il donne les m√™mes noms qu'aux anges du ciel. (Comparer Eph√©siens 1.21¬†; Colossiens 1.16)

      Principautés et puissances désignent des ordres d'intelligences déchues qu'il est impossible de préciser.

      Les mots traduits par dominateurs de ces ténèbres se rendraient plus libéralement ainsi : "dominateurs mondains ou universels de ces ténèbres ;" c'est-àdire qu'ils dominent sur le monde et que leur règne est un règne de ténèbres.

      Les mots "de ce siècle," que porte le texte reçu, sont une variante, empruntée à Ephésiens 2.2, peu appuyée, et qu'il faut retrancher ici.

      Enfin l'ap√ītre les d√©signe comme des esprits m√©chants (Grec¬†: "les choses spirituelles de la m√©chancet√©") qui sont dans les lieux c√©lestes, ce qui ne veut point dire le ciel lui-m√™me, mais les r√©gions sup√©rieures √† la terre, et revient √† cette autre expression d√©j√† employ√©e¬†: "le prince de la puissance de l'air." (Eph√©siens 2.2, note.)

      Par cette d√©signation, Paul veut donner une id√©e plus grande de la puissance du r√®gne du d√©mon, dont l'action n'est born√©e √† aucun lieu sp√©cial de notre terre. Tels sont, selon l'ap√ītre, les vrais ennemis du chr√©tien¬†: tel est le pouvoir avec lequel chaque p√©ch√© nous met en contact, et auquel sont assujettis les m√©chants.

      "Ces paroles doivent nous revenir à la pensée toutes les fois que, provoqués par les offenses des hommes, nous sommes tentés de nous venger. Car, tandis que la passion naturelle nous soulève contre les hommes, nous serons retenus de cette folle ardeur par la pensée qu'ils ne sont eux-mêmes que des traits qui nous sont lancés par la main de Satan ; pendant que nous nous occupons à les repousser, nous nous exposons à tous ses coups. Alors nous luttons"contre la chair et le sang,"et cela sans succès ; bien plus, la lutte nous devient nuisible. Il faut donc attaquer directement cet ennemi qui, de sa retraite, nous envahit et nous blesse, qui, même avant que nous nous doutions de sa présence, peut nous tuer." Calvin.

      13 Toute notre vie terrestre est ce mauvais jour¬†; (Eph√©siens 5.16) mais il est des temps de tentation et d'√©preuve spirituelle qui m√©ritent tout particuli√®rement ce titre, et o√Ļ l'on doit redoubler de vigilance pour le combat.

      - Les armes de Dieu, celles qu'il nous fournit luim√™me, sont d√©crites plus loin. (Eph√©siens 6.14-17¬†; comparez Esa√Įe 59.17¬†; 2Corinthiens 10.4¬†; 1Thessaloniciens 5.8)

      L'image est emprunt√©e de l'armure compl√®te du soldat romain que l'ap√ītre avait alors chaque jour sous les yeux, surveill√© qu'il √©tait par des soldats de la garde pr√©torienne, auxquels m√™me il annon√ßait l'Evangile, (Philippiens 4.22) peut-√™tre en leur enseignant une signification toute nouvelle et spirituelle de ces armes qu'ils portaient. Il y a tant de v√©rit√© dans cette image, que les premiers fid√®les se consid√©raient tous comme une "milice chr√©tienne." Leurs ennemis √©taient ceux que l'ap√ītre d√©crit ici, leur mot d'ordre, la pri√®re, (Eph√©siens 6.18) ce qu'ils avaient √† conqu√©rir, la couronne de gloire.

      Tout accompli, rempli toute votre t√Ęche. D'autres traduisent ce mot par "ayant tout surmont√©, vaincu, abattu¬†;" et tenir ferme par rester debout. C'est l'image du soldat qui, la bataille finie, n'est pas tomb√©, mais se trouve debout et victorieux.

      14 D'abord, les armes d√©fensives et protectrices. Et avant tout la ceinture, qui relevait et serrait autour des reins les grands v√™tements flottants des anciens, afin que la marche n'en f√Ľt pas g√™n√©e¬†; elle servait, de plus, √† consolider les reins et √† affermir le soldat.

      "L'ap√ītre commence par ceindre ce combattant, qui, par nature, laisse tra√ģner sur la terre et flotter √† tous les vents ses d√©sirs et ses pens√©es¬†; la ceinture remet tout en ordre, afin qu'il puisse courir librement" Chrysostome.

      Cette ceinture, c'est la v√©rit√©. V√©rit√© divine clairement reconnue et devenue v√©rit√© pratique au dedans, c'est-√†-dire sinc√©rit√©, droiture du caract√®re, qui hait toute communion avec le royaume du mensonge et des t√©n√®bres¬†: (Eph√©siens 4.21) voil√† la force qui recueille les pens√©es errantes, la lumi√®re qui fait reconna√ģtre l'ennemi sous tous ses d√©guisements, et rend l'√Ęme capable de lutter victorieusement. L'arme offensive elle-m√™me, l'√©p√©e, (Eph√©siens 6.17) √©tait suspendue √† cette ceinture.

      La cuirasse, qui met le corps à l'abri des coups mortels, c'est cette justice parfaite de Christ, imputée au pécheur par la foi, et qui, lui donnant une joyeuse assurance de son salut, le rend fort de la paix de son Dieu, (Romains 5.1) et de la certitude de la victoire. (Romains 8.30 et suivants)

      - D'autres préfèrent l'idée de la justice pratique, le sentiment d'une bonne conscience. Dans ce sens aussi, la justice est indispensable, mais suffirait-elle pour amortir les plus rudes coups ? Puis, ne serait-elle pas à peu près synonyme de vérité ?

      15 Grec¬†: "La pr√©paration (ou la promptitude) de l'Evangile de la paix." Une bonne chaussure (les sandales) √©tait n√©cessaire au soldat pour la s√Ľret√© et la promptitude de la marche. (Comparer Esa√Įe 5.27)

      C'est cette promptitude que l'Evangile donne au chr√©tien pour le combat¬†; il le rend alerte, agile, pr√™t √† agir, parce qu'il sait o√Ļ il met le pied, o√Ļ il va, ce qu'il a √† faire¬†; et surtout il jouit de la paix qu'il puise dans l'Evangile.

      De là cette désignation : l'Evangile de la paix.

      16 Pour montrer combien sont dangereux et souvent terribles les assauts de l'ennemi, l'ap√ītre les compare √† des traits enflamm√©s, projectiles garnis d'√©toupe et de poix allum√©es, dont on faisait usage pour incendier les villes assi√©g√©es, les machines de guerre et qu'on lan√ßait m√™me contre les hommes.

      Cette image rappelle les mauvaises pensées, les ardentes passions que Satan inspire, et dont il est habile à profiter pour en faire des instruments de ses desseins meurtriers.

      Ces traits ne sont pas seulement amortis, mais √©teints par le bouclier de la foi. La foi, qui regarde aux choses invisibles, √† la sainte volont√© de Dieu¬†; qui inspire le d√©go√Ľt des "d√©lices du p√©ch√©," et met le chr√©tien en possession des biens √©ternels de l'√Ęme¬†; la foi, dans toutes ses applications et dans son invincible puissance, tel est le seul moyen de surmonter le monde. (1Jean 5.4¬†; 1Pierre 5.9)

      17 Le salut, c'est, d√®s ici-bas, la s√Ľre et joyeuse esp√©rance de la parfaite d√©livrance, de la derni√®re victoire, apr√®s laquelle il n'y a plus de combat. (1Thessaloniciens 5.8¬†; comparez Esa√Įe 59.17)

      Le casque préserve la tête du combattant ; le soldat de Christ peut, au fort de la lutte, élever la tête pour voir approcher sa délivrance. (Luc 21.28)

      L'Epée de l'Esprit, c'est l'Esprit, comme la "cuirasse de la justice," c'est la justice, ou le "bouclier de la foi," c'est la foi elle-même. Mais comment pouvons-nous saisir l'Esprit, pour combattre par sa puissance ? Nous le pouvons, parce que l'Esprit est comme incarné dans la Parole de Dieu mise en nos mains.

      Qu'on ne s'√©tonne pas de voir l'Esprit de Dieu ainsi identifi√© avec la Parole de Dieu¬†; cette Parole est "Esprit et vie¬†;" (Jean 6.63) elle est "vivante et efficace, plus p√©n√©trante que nulle √©p√©e √† deux tranchants¬†;" (H√©breux 4.12) l'Evangile est lui-m√™me tout entier "la puissance de Dieu," parce qu'il est Esprit. (Romains 1.16) Voil√† l'arme offensive du combattant chr√©tien, la seule que l'ap√ītre indique ici, mais qui est pleinement suffisante. C'est celle dont le Sauveur luim√™me fit victorieusement usage dans sa tentation. (Matthieu 4.4,7,10)

      - Plusieurs interprètes trouvant difficile à admettre cette identification de la Parole de Dieu et du SaintEsprit pensent que l'épée de l'Esprit signifie "l'épée que fournit le Saint-Esprit et qui est la Parole de Dieu." Le grec ne s'oppose pas à cette traduction.

      18 Toutes les armes les plus puissantes deviendraient inutiles au chrétien sans la prière.

      Aussi le texte grec unit-il cette recommandation de la manière la plus étroite avec ce qui précède, n'en faisant qu'une seule et même phrase.

      La prière, et si celle-ci ne suffit pas, la supplication plus instante, (Philippiens 4.6) faite en toute occasion, et cela dans l'Esprit de Dieu, qui l'inspire, et qui lui-même prie en nous, (Romains 8.25,26) voilà le grand moyen qui donnera à toutes les armes un bon succès, et fera sortir l'enfant de Dieu victorieux de tout combat.

      19 Paul ne demande pas seulement les prières de ses frères pour tous les saints, mais aussi pour lui-même, et tout spécialement pour le succès de son ministère, de sa prédication, qui était la grande, là seule affaire de sa vie.

      Bien assuré que Dieu exauce ses propres prières, il éprouve pourtant le besoin de celles de ses frères, parce qu'il sait que Dieu, dans sa tendre miséricorde a ouvert à ses enfants une nouvelle source de consolation et de force dans la communion de leurs prières, à laquelle sont faites des promesses spéciales de bénédiction. (Matthieu 18.19,20 ; Philippiens 1.19)

      Quelle puissance les ministres de la Parole de Dieu trouveraient dans les prières de leurs auditeurs, si ceux-ci étaient plus fidèles à en offrir à Dieu pour eux !

      Paul exhorte ses frères à prier afin, dit-il, qu'il me soit donné de parler librement ; c'est ainsi que nous interprétons le texte qui porte littér. : "afin que parole me soit donnée dans l'ouverture de ma bouche."

      Quelques-uns expliquent ces mots : "Que Dieu me donne le discours que je dois tenir, quand j'ouvre la bouche." D'autres : "Que la capacité de parler me soit donnée (de Dieu) en ce qu'il m'ouvre la bouche."

      20 Ambassadeur dans les cha√ģnes¬†: quel contraste¬†! C'est ainsi que l'envoy√© ressemble √† Celui qui l'a envoy√©¬†; J√©sus-Christ n'avait pas √©t√© mieux trait√© par les hommes.

      On comprend que, dans cet √©tat, l'ap√ītre parle √† deux reprises de cette sainte hardiesse dont il a besoin et qu'il attend des pri√®res de ses fr√®res.

      En lui, c'est-√†-dire en l'Evangile, soit que l'ap√ītre d√©signe le fondement sur lequel il s'appuie, soit qu'il entende la pr√©dication de la Bonne nouvelle qui lui incombe.

      21 21 à 24 Conclusion

      Vous aussi, c'est-à-dire aussi bien que les Colossiens, auxquels il écrivait en même temps. (Voir l'introd.)

      - Sur Tychique, qui se trouvait pr√®s de l'ap√ītre, voir¬†: Actes 20.4¬†; Colossiens 4.7,8¬†; 2Timoth√©e 4.12¬†; 3.12.

      22 En vous apportant de mes nouvelles, et en général, qu'il vous console par sa présence, par les dons de sa foi.
      23 La paix, qui ne subsiste que dans une communion habituelle avec Dieu, augmente l'amour pour lui dans le cŇďur du fid√®le.

      L'une et l'autre sont produits par la foi, don de Dieu, que l'on peut et doit toujours souhaiter, même à ceux qui croient déjà, car il faut que tous les éléments de la vie intérieure soient constamment en progrès.

      La source in√©puisable de toutes ces gr√Ęces, c'est Dieu le P√®re et J√©sus-Christ le Seigneur.

      La prière s'adresse à Christ aussi bien qu'à Dieu, preuve de son éternelle divinité. (Comparer 2Corinthiens 13.13, note.)

      24 Grec : "en incorruptibilité," dans cette puissance de vie divine et impérissable que Christ a mise au jour par son Evangile (2Timothée 1.10)

      L'amour du vrai chr√©tien pour son Sauveur participe pleinement de cette vertu, fruit de l'Esprit de Dieu, et ne saurait jamais cesser. A ceux qui aiment ainsi J√©sus, Paul souhaite la gr√Ęce¬†: "la gr√Ęce qui est 1'effet de l'amour de J√©sus-Christ pour nous, et qui devient encore la r√©compense de notre amour pour lui. On doit tout attendre de lui quand on l'aime, tout craindre quand on ne l'aime pas." (1Corinthiens 16.22) Quesnel.

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