TAN avec Pascal Portokoulian

Ephésiens 6.12

Il serait difficile de dire en termes plus positifs que ne le fait ici l'ap√ītre, qu'il y a, outre la corruption naturelle de l'homme, une puissance du mal beaucoup plus grande, un royaume des t√©n√®bres, auquel les m√©chants sont asservis, et qui est en lutte continuelle contre le r√®gne de Dieu et ceux qui lui appartiennent.

La chair et le sang (ici le sang et la chair, seul passage o√Ļ ces deux mots se trouvent dans cet ordre) signifient, comme toujours dans l'Ecriture (Matthieu 16.17, note¬†; 1Corinthiens 15.50, note¬†; Galates 1.16), la nature d√©chue de l'homme dans laquelle r√®gne le p√©ch√©.

La chair et le sang, soit en nous-mêmes, soit dans les autres hommes, nous présentent sans cesse des sujets de tentations.

Comment donc l'ap√ītre peut-il dire que ce n'est pas l√† l'adversaire avec lequel nous avons √† combattre (Grec¬†: la lutte)¬†? C'est qu'il ne consid√®re la chair et le sang que comme les instruments aveugles d'une puissance bien sup√©rieure, qui se sert de la corruption de l'homme pour arriver √† ses fins. Cette puissance est celle du d√©mon et des habitants de son t√©n√©breux royaume, que l'ap√ītre d√©crit ici comme des anges tomb√©s, et auxquels, √† cause de cela, il donne les m√™mes noms qu'aux anges du ciel. (Comparer Eph√©siens 1.21¬†; Colossiens 1.16)

Principautés et puissances désignent des ordres d'intelligences déchues qu'il est impossible de préciser.

Les mots traduits par dominateurs de ces ténèbres se rendraient plus libéralement ainsi : "dominateurs mondains ou universels de ces ténèbres ;" c'est-àdire qu'ils dominent sur le monde et que leur règne est un règne de ténèbres.

Les mots "de ce siècle," que porte le texte reçu, sont une variante, empruntée à Ephésiens 2.2, peu appuyée, et qu'il faut retrancher ici.

Enfin l'ap√ītre les d√©signe comme des esprits m√©chants (Grec¬†: "les choses spirituelles de la m√©chancet√©") qui sont dans les lieux c√©lestes, ce qui ne veut point dire le ciel lui-m√™me, mais les r√©gions sup√©rieures √† la terre, et revient √† cette autre expression d√©j√† employ√©e¬†: "le prince de la puissance de l'air." (Eph√©siens 2.2, note.)

Par cette d√©signation, Paul veut donner une id√©e plus grande de la puissance du r√®gne du d√©mon, dont l'action n'est born√©e √† aucun lieu sp√©cial de notre terre. Tels sont, selon l'ap√ītre, les vrais ennemis du chr√©tien¬†: tel est le pouvoir avec lequel chaque p√©ch√© nous met en contact, et auquel sont assujettis les m√©chants.

"Ces paroles doivent nous revenir à la pensée toutes les fois que, provoqués par les offenses des hommes, nous sommes tentés de nous venger. Car, tandis que la passion naturelle nous soulève contre les hommes, nous serons retenus de cette folle ardeur par la pensée qu'ils ne sont eux-mêmes que des traits qui nous sont lancés par la main de Satan ; pendant que nous nous occupons à les repousser, nous nous exposons à tous ses coups. Alors nous luttons"contre la chair et le sang,"et cela sans succès ; bien plus, la lutte nous devient nuisible. Il faut donc attaquer directement cet ennemi qui, de sa retraite, nous envahit et nous blesse, qui, même avant que nous nous doutions de sa présence, peut nous tuer." Calvin.


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