TopCartes x PLM collab

Jean 4

    • 1 J√©sus en Samarie.

      Chapitre 4.

      1 à 26 Jésus et la Samaritaine.

      Ces mots¬†: Lors donc reportent la pens√©e au moment o√Ļ de nombreux disciples affluaient autour de J√©sus pendant son s√©jour en Jud√©e. (Jean 3.26)

      Les pharisiens, ayant entendu parler de l'action croissante du nouveau prophète qui succédait à Jean, en prirent de l'ombrage.

      Comme ils avaient repoussé le ministère du Précurseur, qui pourtant vivait selon la rigueur de la loi, ils devaient à plus forte raison reporter leur inimitié sur Jésus, qui prêchait une vie toute nouvelle faisait des miracles et avait assumé l'autorité messianique en purifiant le temple. (Jean 2.14 et suivants)

      Le Sauveur ayant appris, sans doute par quelques-uns de ses disciples, que telles étaient les dispositions de ses adversaires, et ne voulant pas provoquer, avant le temps, leur haine "quitta la Judée et s'en retourna en Galilée." (verset 3)

      Telle est, dans notre évangile, la première mention de cette opposition des chefs du peuple, qui ira grandissant jusqu'à la croix du Calvaire.

      2 L'√©vang√©liste pr√©cise et rectifie par cette observation un mot d'o√Ļ l'on aurait pu conclure que J√©sus baptisait lui m√™me, (Jean 3.22) tandis qu'il laissait cette fonction √† ses disciples.

      Mais pourquoi ne baptisait-il pas lui-m√™me¬†? On a r√©pondu que c'√©tait afin d'√©viter qu'on attribu√Ęt au bapt√™me re√ßu de ses propres mains une valeur sup√©rieure. On a dit encore que tout entier √† son minist√®re, il ne voulait pas s'en d√©tourner pour accomplir une c√©r√©monie qu'il pouvait laisser √† ses disciples. Les ap√ītres agirent de m√™me plus tard. (1Corinthiens 1.17¬†; Actes 10.48)

      Ces explications peuvent être fondées ; mais la vraie raison, c'est que Jésus était le Seigneur. (verset 1) Celui qui devait baptiser du SaintEsprit, ne pouvait pas baptiser d'eau ; (Matthieu 3.11) d'autant moins que ce baptême administré par les disciples n'était alors encore que préparatoire, comme celui du Précurseur.

      3 La Samarie étant située entre la Judée et la Galilée, il fallait traverser cette province si l'on voulait suivre le chemin le plus direct.

      Les Juifs évitaient ordinairement la Samarie, en faisant un détour par la Pérée et la rive orientale du Jourdain. Jésus, voulant donner un exemple de largeur et montrer qu'il ne partageait pas le préjugé des Juifs à l'égard des Samaritains, (verset 9, note) prit le chemin le plus court, qui était encore de trois journées.

      Mais ne pourrait-on pas, avec R. Stier, voir dans ce mot il fallait une direction de la providence et de la gr√Ęce divines, en vue de la belle Ňďuvre que J√©sus avait √† faire dans cette m√™me Samarie et que Jean va nous raconter avec une √©vidente pr√©dilection¬†?

      5 Autrefois on identifiait Sychar avec Sichem, ville c√©l√®bre dans l'histoire du peuple d'Isra√ęl, (Josu√© 20.7¬†; Juges 9.7) connue d√©j√† au temps des patriarches. (Gen√®se 12.6¬†; 33.18¬†; Josu√© 24.32) Elle fut appel√©e N√©apolis, et subsiste encore sous le nom de Naplouse.

      On expliquait le changement du nom de Sichem en Sychar par la haine des Juifs pour les Samaritains¬†: Sychar, en effet, serait d√©riv√© de sch√®ker, mensonge, ou de sch√©kar, boisson (ville des buveurs, comparez Esa√Įe 28.1).

      Mais il est plus probable qu'il faut distinguer Sychar de Sichem. Eusèbe parle de "Sychar qui est devant Naplouse ;" le Talmud mentionne une localité du nom de Soukar, et l'on trouve aujourd'hui encore prés du puits de Jacob un hameau qui porte le nom de El Askar.

      Voir les belles pages que M. F. Bovet a consacrées à Sichem dans son Voyage en Terre Sainte. (2e édit. p.358 et suivants)

      "...Bient√īt la nature change¬†: la culture devient plus riche et moins rare. Nous sommes dans le beau pays d'Ephra√Įm, bien diff√©rent de celui de Juda...C'est surtout en arrivant dans la grande vall√©e o√Ļ se trouve le puits de Jacob qu'on s'aper√ßoit de ce changement. Cette plaine n'a pas d'arbres, il est vrai, et les montagnes qui la bordent sont encore nues et rocheuses, mais le fond de la vall√©e est couvert de champs cultiv√©s et de prairies de la verdure la plus fra√ģche et la plus √©clatante. Encore quelques jours et les bl√©s seront blancs pour la moisson"

      Sur ce champ que Jacob donna à Joseph, voir Genèse 48.22 ; comparez Genèse 33.19,34.25-27 ; Josué 24.32.

      6 La source et non le puits, selon nos versions ordinaires, ce dernier mot ne se trouve qu'au verset 11.

      En employant ainsi deux termes distincts, l'évangéliste veut faire remarquer, sans doute, que ce puits n'était pas une citerne destinée à recueillir les eaux de pluie, selon l'usage de l'Orient, mais qu'il était alimenté par une source souterraine d'eau courante. Ensuite, ce terme seul pouvait fournir l'image que Jésus en tire au verset 14.

      "Nous arrivons, √©crit M. F. Bovet, √† ce puits de Jacob o√Ļ, pour la premi√®re fois, le grand principe d'un culte nouveau fut √©nonc√© par J√©sus en opposition au semi paganisme des Samaritains et au th√©isme formaliste des Juifs¬†: "Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l'adorent, l'adorent en esprit et en v√©rit√©" (verset 24) C'est sans contredit un des sites les plus int√©ressants qu'il y ait dans toute la Terre Sainte, non seulement √† cause de la grandeur de la sc√®ne qui s'y est pass√©e, non seulement √† cause de l'importance des paroles que le Fils de l'homme y a fait entendre mais aussi parce qu'il n'est pas de localit√© qui soit mieux circonscrite et plus ais√©ment reconnaissable. L'Evangile est sobre de tableaux, il nous en pr√©sente peu qui soient aussi compl√®tement dessin√©s que celui de l'entretien de J√©sus avec la Samaritaine. C'est ici, c'est sur la margelle de ce puits, que J√©sus s'est assis √† l'heure de midi, lass√© du chemin, et a demand√© √† boire √† cette femme de Sychar. Voil√† cette source dont il disait¬†: "Tous ceux qui boivent de cette eau auront de nouveau soif, mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai, n'aura plus jamais soif." Ces pierres, cette plaine, ces montagnes ont √©t√© t√©moins de cette conversation. Ces beaux champs de bl√© qui s'√©tendent devant moi sont ceux que J√©sus montrait √† ses disciples¬†: "Ne dites vous pas vous, qu'il y a encore quatre mois Jusqu'√† la moisson¬†?" Voil√†, au dessus de nous, ce sommet du Garizim auquel se rapportent ces paroles¬†: "L'heure vient o√Ļ ce ne sera ni sur cette montagne ni √† J√©rusalem que vous adorerez le P√®re." Le puits de Jacob est dans une admirable situation, au point de jonction de l'√©troite vall√©e de Sichem et de la grande vall√©e de Mokhna...A ma gauche est l'H√©bal, et au pied, √† peu de distance de moi, le tombeau de Joseph." F. Bovet, Voyage en Terre Sainte, p. 361.

      La sixième heure, c'est-à-dire midi, (voir Jean 1.40, 2e note) l'heure de la plus grande chaleur. Cette observation nous fait sentir combien Jésus devait être fatigué, épuisé par la marche et accablé par l'ardeur du soleil, quand il vint s'asseoir sur le bord du puits de Jacob !

      L'évangéliste accentue encore cette impression par ce petit mot : ainsi, fatigué comme il l'était, d'après Erasme, Bèze.

      D'autres (Chrysostome, Meyer, Weiss, Rilliet, Oltramare), estimant que pour avoir le premier sens, ainsi devrait être placé devant le participe fatigué, traduisent : "S'était tout simplement assis," tel qu'il était sans autre siège, ou, selon l'expression de M. Godet, "sans autres préparatifs, en prenant les choses comme il les trouvait."

      7 L'évangéliste, en indiquant la nationalité de cette femme, fait pressentir la tournure que prendra son entretien avec Jésus. Elle arrive inopinément à la source. Moment important pour elle, que le texte marque et rend plus actuel par le verbe au présent, vient.

      En adressant la parole à cette femme, Jésus pressentait ce qui allait s'ensuivre, mais il faut prendre la requête qu'il lui adresse dans toute sa simplicité et sa réalité, il demande à boire, parce qu'il souffrait de la soif. Cela ressort de ce qui est dit au verset 6 (voir la note).

      8 La remarque de l'évangéliste fait comprendre (car) pourquoi Jésus demande à la femme un service que nul autre ne pouvait lui rendre, en l'absence de ses disciples. Celle-ci permettra à l'entretien de devenir plus direct et intime.
      9 Par cette parenthèse l'évangéliste explique l'étonnement de la femme.

      Les Samaritains √©taient issus d'un m√©lange d'Isra√©lites rest√©s dans le pays lors de la captivit√©, et de pa√Įens transport√©s de l'Orient dans cette contr√©e, pour la repeupler. (2Rois 17.24)

      Ils avaient sur le mont de Garizim un temple, et leur religion √©tait la religion de Mo√Įse, m√©lang√©e √©galement de paganisme. Ils admettaient le Pentateuque, √† l'exclusion de tout le reste de l'Ancien Testament. (2Rois 17.29)

      Il y avait entre les Juifs et les Samaritains une haine nationale qui remontait à l'époque du retour de la captivité. (Esdras 4.1-15 ; comparez Luc 9.52 et suivants) Aussi était-ce faire à un Juif une grossière injure que de l'appeler Samaritain. (Jean 8.48)

      Malgré cette hostilité entre les deux peuples, il y a quelque exagération dans l'étonnement exprimé par la Samaritaine. Reconnaissant en Jésus, soit à son langage, soit à son costume, un Juif, elle profite de la demande qu'il lui adressé pour donner essor à un sentiment national, souvent plus vif chez les femmes que chez les hommes.

      10 J√©sus connut sans doute que le cŇďur de cette femme ne resterait pas ferm√© √† sa parole, malgr√© l'ignorance et les pr√©jug√©s dont il √©tait rempli. Et avec quelle condescendance il poursuit l'entretien¬†! A quelle hauteur il l'√©l√®ve d√®s l'abord¬†!

      Si la femme savait à qui elle avait affaire, au lieu de lui marchander un peu d'eau pour sa soit ; elle se mettrait à le prier humblement elle-même.

      Il y a progression dans ces paroles si riches et tr√®s diversement interpr√©t√©es. D'abord le don de Dieu, qui, sans aucun doute, √©tait d√©j√† renferm√© dans cette pr√©cieuse occasion offerte √† la femme de voir et d'entendre le Sauveur. Ensuite, cette premi√®re gr√Ęce la conduirait bien vite √† savoir qui est celui qui condescend √† lui demander un peu d'eau. La Samaritaine le saura bient√īt, autant du moins qu'elle pouvait le conna√ģtre alors. (versets 29,42)

      Lui, enfin, lui aurait donn√© de l'eau vive. Au sens propre, l'eau vive, c'est-√†-dire celle qui coule de source (par opposition √† l'eau de pluie recueillie dans des citernes) est particuli√®rement pr√©cieuse en Orient. Elle seule rafra√ģchit et restaure le voyageur √©puis√© par la fatigue et la soif.

      Qu'est-ce que Jésus, sous cette belle image, offre à la pauvre femme samaritaine ?

      Chaque interpr√®te r√©pond √† cette question selon ce qui lui para√ģt √™tre l'essence m√™me de l'√©vangile. Meyer et Asti√©¬†: la gr√Ęce et la v√©rit√©¬†; (Jean 1.14) L√ľcke¬†: la foi, (Jean 7.38) Olshausen¬†: J√©sus lui-m√™me et la vie qui vient de lui, Luthardt, Hofmann¬†: le Saint-Esprit¬†; plusieurs P√®res de l'Eglise¬†: l'Esprit donn√© par le bapt√™me.

      Ne pourrait-on pas r√©unir toutes ces pens√©es en disant que l'eau vive est l'image de la vie, la vie spirituelle et √©ternelle de l'√Ęme¬†? (versets 13,14) Mais cette vie ne se trouve qu'en J√©sus (Jean 14.6¬†; Colossiens 3.4) et elle n'est communiqu√©e √† l'√Ęme que par le Saint-Esprit.

      Toutes les interpr√©tations pr√©c√©dentes se trouvent comprises dans cette derni√®re qui est en harmonie avec l'Ecriture enti√®re. (Psaumes 23.2¬†; 42.2,3¬†; Esa√Įe 12.3¬†; 41.17,18¬†; J√©r√©mie 2.13¬†; Jean 7.37-39)

      12 La Samaritaine a re√ßu des paroles de J√©sus une premi√®re impression, qui lui inspire du respect¬†: √† celui qu'elle avait appel√© un Juif, (verset 9) elle donne maintenant le titre honorable de Seigneur. Peut-√™tre m√™me soup√ßonne-t-elle sous ce mot d'eau vive une pens√©e plus √©lev√©e, mais, comme Nicod√®me (Jean 3.4) elle affecte de prendre l'image dont J√©sus se sert dans son sens litt√©ral et mat√©riel et elle d√©fie J√©sus de pouvoir lui donner ce qu'il lui offre, puisque, sans un vase pour puiser, il ne peut atteindre l'eau dans ce puits profond. "Il n'y a point ici d'autre source¬†; d'o√Ļ aurais-tu donc cette eau vive¬†?" Puis, c√©dant √† un mouvement d'orgueil national, elle demande √† J√©sus s'il se croit plus grand, plus puissant que le patriarche qui avait fait don de ce puits √† ses descendants et qui l'avait trouv√© suffisant pour lui-m√™me, pour ses fils et pour ses troupeaux.

      Il y a dans ces dernières paroles une pointe d'ironie par laquelle la femme croit répondre à ce mot de Jésus : Si tu savais qui est Celui qui te parle.

      - Elle appelle Jacob notre p√®re parce que les Samaritains pr√©tendaient descendre de ce patriarche par Joseph et ses fils, Ephra√Įm et Manass√©. (Jos√®phe, Antiq., IX, 14, 3¬†; X1, 3, 6.)

      14 Cette eau l√†, dit J√©sus, en d√©signant du geste le puits, ne peut d√©salt√©rer que pour un moment, la soif rena√ģt bient√īt. Il en est de m√™me de toutes les jouissances de la terre, qui sont incapables de satisfaire l'√Ęme de l'homme.

      Christ seul par l'Esprit qu'il lui communique, √©tanche sa soif pour toujours. Mais cette source de vie et de bonheur n'existe pas seulement en dehors de l'√Ęme r√©g√©n√©r√©e, l'Esprit de Dieu qui la vivifie, demeure en elle et y forme une source permanente toujours jaillissante jusqu'√† la vie √©ternelle.

      "Ce qui est éternel remonte toujours jusqu'à l'éternité." Olshausen.

      15 On pourrait avec L√ľcke et Tholuck, voir de l'ironie dans la demande de la femme, ou, avec Meyer et Stier, penser que, dans son embarras, elle ne sait ce qu'elle dit.

      Mais non, elle parle s√©rieusement, comme le montre ce mot respectueux de Seigneur. Les paroles de J√©sus, surtout ce terme imposant de vie √©ternelle, l'ont impressionn√©e, elle a le pressentiment d'une vie paisible et heureuse, mais elle est incapable de concevoir cette vie en dehors du cadre de son existence terrestre¬†; c'est pourquoi elle associe na√Įvement le don qui lui est offert √† la suppression de ses peines pr√©sentes.

      Comment l'√©clairer au point de lui faire comprendre par la simple intelligence ce qu'est la vie de l'√Ęme, la vie √©ternelle¬†? J√©sus dirige l'entretien vers un domaine plus accessible √† son interlocutrice, celui de la conscience et de la vie morale.

      16 Le but de Jésus, en donnant à la femme l'ordre d'appeler son mari, était d'enfoncer dans sa conscience un aiguillon qui devait l'amener à la repentance.

      - Quelques interprètes, estimant qu'il y aurait eu, dans l'emploi de ce moyen de tourné, quelque chose de peu conforme à la parfaite sincérité de Jésus, pensent qu'il voulait réellement faire venir à lui le mari de cette femme, afin de le rendre aussi participant de ses instructions.

      Pour cela, ils doivent admettre que Jésus ignorait, à ce moment-là, ce qu'était la vie de cette femme, et que sa vue prophétique ne s'éveilla que lorsqu'elle lui dit : "Je n'ai point de mari."

      Mais l'objection qu'ils font au proc√©d√© de J√©sus nous para√ģt dict√©e par des scrupules exag√©r√©s, et il est plus naturel et plus conforme au r√©cit de supposer que J√©sus connut d'embl√©e la mis√®re morale de son interlocutrice.

      18 Par cette réponse : Je n'ai point de mari, réponse qui était un demiaveu, la femme voulait échapper à la confusion qu'elle éprouvait. Mais Jésus, en déroulant devant elle le tableau de sa vie passée et actuelle, l'humilie par la puissance irrésistible de la vérité. (verset 19)

      - Nous voyons ici en Jésus une connaissance immédiate et surnaturelle, qui s'est manifestée plus d'une fois dans sa vie et que Jean lui attribue expressément. (Jean 2.24,25)

      - Les cinq premiers mariages de cette femme avaient √©t√© l√©gitimes et successivement dissous par le divorce ou par la mort cela ressort de la mani√®re dont J√©sus d√©signe l'homme avec qui elle vivait alors dans le d√©sordre. Et cependant √ī mis√©ricorde infinie¬†! le Seigneur continue √† lui parler et √† l'instruire pour la sauver.

      20 A ce regard de J√©sus qui a p√©n√©tr√© son cŇďur et sa vie, la Samaritaine reconna√ģt en lui un envoy√© de Dieu, un proph√®te. Et aussit√īt, elle lui pose une question dont le sens a √©t√© fauss√© de deux mani√®res oppos√©es.

      Quelques interprètes n'y ont vu que le désir d'échapper à elle même et à son humiliation, pour porter l'entretien sur un sujet religieux général.

      D'autres ont cru y trouver la requ√™te anxieuse d'une √Ęme p√©nitente qui s'informe du vrai sanctuaire o√Ļ elle trouvera le plus s√Ľrement le pardon de ses p√©ch√©s. La v√©rit√© est, comme l'observe avec justesse M. Godet entre ces deux extr√™mes.

      Sans doute, elle pouvait instinctivement d√©sirer de d√©tourner l'attention d'elle m√™me, mais c'est avec tout le s√©rieux d'une conscience remu√©e qu'elle demande √† J√©sus la solution de la question religieuse vivement d√©battue entre les Samaritains et les Juifs, sur le lieu o√Ļ il fallait adorer.

      Les Samaritains (nos pères) célébraient leur culte sur le Garizim. (Deutéronome 11.29 ; 27.12) Ils s'y étaient construit un temple à l'époque de Néhémie. Ce temple avait été détruit par Jean Hyrcan 127 ans avant Jésus-Christ. Les Juifs, eux, soutenaient qu'on ne pouvait offrir de sacrifices que dans le temple de Jérusalem.

      En disant¬†: sur cette montagne, la femme pouvait la montrer de la main, car le puits de Jacob, o√Ļ avait lieu cet entretien, est situ√© au pied du Garizim.

      21 Par cette seule parole, Jésus élève l'adoration à toute sa hauteur de vérité et de spiritualité. (verset 24)

      Pour les vrais adorateurs, il ne sera plus question de chercher le P√®re en un lieu plut√īt qu'en un autre, puisque, partout, Il entend leurs pri√®res.

      Ainsi Jésus ne décidait la question ni en faveur des Juifs ni en faveur des Samaritains, il les invitait les uns et les autres à se rencontrer et à s'unir dans l'adoration du Père.

      22 Après avoir mis au-dessus de tout doute sa haute impartialité, Jésus décide pourtant la question posée entre les deux peuples en faveur des Juifs, du moins quant au passé.

      Les Samaritains, en restant s√©par√©s du peuple de l'alliance, en n'admettant de l'Ancien Testament que les cinq livres de Mo√Įse, s'√©taient volontairement priv√©s de toutes les r√©v√©lations subs√©quentes de Dieu par le minist√®re des proph√®tes, aussi bien que de tous les autres privil√®ges religieux dont avaient joui les Juifs. (Romains 9.4,5)

      Leur connaissance de Dieu, et par conséquent leur adoration, était donc très incomplète.

      C'est là ce que Jésus constate d'abord. Mais la grande raison (car) de la supériorité du culte des Juifs, c'est que Dieu devait donner par eux au monde le salut, en faisant sortir du milieu d'eux le Sauveur.

      Esa√Įe avait connu d√©j√†, par l'esprit proph√©tique, et annonc√© le plan de Dieu √† ce sujet. (Esa√Įe 2.3) Dieu n'est connu que de ceux qui re√ßoivent cette pleine r√©v√©lation du salut. En effet, J√©sus d√©clarait aux Juifs m√™mes qui le rejetaient, qu'ils ne connaissaient pas Dieu. (Jean 7.28)

      - On a contesté que par ce pronom nous Jésus se désigne, lui et les Juifs, et l'on a pensé qu'il entendait par là lui et ses disciples, opposés aux Juifs et aux Samaritains.

      Mais l'ensemble du texte exige l'interpr√©tation donn√©e. J√©sus, qui savait que le salut venait d'Isra√ęl, aimait assez son peuple pour s'identifier avec lui.

      23 L'heure, c'est celle dont il a parlé au verset 21, comme d'un temps futur, tandis qu'ici il peut ajouter qu'elle est maintenant, parce que déjà il avait autour de lui un petit nombre de ces vrais adorateurs.

      Une adoration en esprit est tout d'abord d'après les versets 20,21, celle qui n'est déterminée par aucunes circonstances de lieux, de temps, d'actes ou de cérémonies extérieures, toutes choses qui n'ont aucune vertu en elles-mêmes. L'adoration en esprit a lieu dans la partie la plus intime de notre être (Romains 1.9) elle consiste dans une communion vivante avec Dieu, qui est esprit. (verset 24)

      Une telle adoration sera nécessairement aussi une adoration en vérité, c'est-àdire conforme à la nature du Dieu que nous adorons. Ce double caractère de l'adoration suppose l'action de l'Esprit de Dieu en l'homme. (Jean 3.5 ; Romains 8.14-16,26,27)

      En effet, pour adorer le P√®re, il faut le conna√ģtre, l'aimer comme tel, et pour cela, il faut √™tre devenu un enfant du P√®re.

      "Cherches-tu un saint lieu : consacre à Dieu ton intérieur pour lui être un temple ; car le temple de Dieu est saint et c'est vous qui l'êtes." (1Corinthiens 3.16,17) Augustin.

      - J√©sus ajoute que ce sont de tels adorateurs que le P√®re demande, ou plut√īt cherche, selon la traduction litt√©rale¬†; car, en ce moment m√™me, comme l'observe avec justesse M. Godet, "J√©sus fait pressentir √† cette femme qu'il est lui-m√™me l'envoy√© du P√®re pour former ce nouveau peuple, et qu'il l'invite √† en faire partie."

      24 Dieu est esprit. Jésus justifie par cette affirmation de l'essence de Dieu ce qu'il a dit de la vraie adoration. Elle doit être en harmonie avec la nature de Celui qui en est l'objet.

      La spiritualit√© de Dieu √©tait bien connue des croyants de l'ancienne alliance¬†; (1Rois 8.27,39) mais J√©sus la pr√©sente dans son rapport profond avec l'√Ęme humaine et montre la transformation qu'elle doit op√©rer dans le culte pour faire de celui-ci une adoration digne de Dieu.

      En effet, Jésus n'est pas préoccupé de donner une définition métaphysique de Dieu, mais d'apprendre à l'adorer comme l'Etre infini, éternel, tout-puissant, vivant, saint, qui se communique à sa créature asservie au péché et à la chair, afin de l'en délivrer, de la sanctifier, de la ramener à sa communion de lui rendre possible, en un mot, l'adoration en esprit et en vérité.

      25 La Samaritaine est évidemment saisie par ces grands enseignements de Jésus, bien qu'elle ne puisse pas les comprendre entièrement ; elle désire recevoir de plus amples instructions ; elle met la conversation sur le Messie, qu'elle attendait avec son peuple.

      Les Samaritains trouvaient dans le Pentateuque le fondement de cette espérance d'un libérateur. (Genèse 15.1-6 ; 49.10, et surtout Deutéronome 18.15)

      Si le nom même de Messie (dont la traduction qui est appelé Christ appartient à l'évangéliste) ne se trouve pas dans ces passages, les Samaritains pouvaient parfaitement l'avoir reçu des Juifs.

      A propos des mots : il nous annoncera toutes choses il faut observer le contraste qu'il y a entre cette notion d'un Messie prophète et les idées des Juifs, qui faisaient du Messie un roi, un personnage politique. L'absence de telles préoccupations permet à Jésus de se déclarer.

      Les interprètes qui ne voient dans cette réflexion de la femme qu'un moyen d'échapper encore aux appels que Jésus adressait à sa conscience (verset 23, note) sont dans l'erreur. Si leur opinion était fondée, le Sauveur n'aurait pu accorder à la Samaritaine la grande révélation dont il la favorise. (verset 26)

      26 De quel étonnement dut être saisie la Samaritaine en entendant cette déclaration si simple, si claire, si grande !

      Jamais J√©sus ne s'√©tait exprim√© si nettement sur sa dignit√© messianique, ni √† l'√©gard du peuple juif, ni m√™me envers ses disciples. Il d√©fendra plus tard √† ces derniers de le faire conna√ģtre, avant le temps, comme le Messie. (Matthieu 16.20¬†; Marc 8.30¬†; Luc 9.21)

      Aussi la critique n√©gative a-telle trouv√© une contradiction entre ces r√©ticences et la franche d√©claration de notre r√©cit. C'est m√©conna√ģtre la diff√©rence des situations. Parmi les Juifs, imbus de fausses esp√©rances messianiques, J√©sus devait √©viter l'abus qu'ils pouvaient faire de ses paroles, tandis qu'en Samarie, il ne courait point les m√™mes dangers.

      Il saisit avec l'empressement de la charité l'occasion de se révéler à une femme qui cherchait le salut, et, par elle, à ses concitoyens. (versets 29,39)

      27 27 à 42 Jésus et les disciples. Conversion des Samaritains.

      Le texte reçu porte : s'étonnèrent ; l'imparfait : s'étonnaient, qui se lit dans Sin., B, A, C, D, peint l'attitude des disciples et indique que leur surprise dura quelque temps.

      Quelle en était la cause ? C'est que cette femme était une étrangère, une Samaritaine ; c'est surtout que, d'après les principes des rabbins juifs, qui jugeaient la femme indigne de toute instruction, il n'était pas bienséant à un homme d'avoir de longs entretiens même avec sa propre épouse, et combien plus avec une étrangère !

      Dans la suite Jésus releva la femme d'une manière plus décisive encore de cette abjection, puisqu'il reçut parmi ses disciples des femmes qu'il autorisait à le suivre en le servant. (Luc 8.2,3, et ailleurs.)

      Les disciples gardent le silence, par respect pour leur Ma√ģtre

      28 Donc, à cause de l'arrivée des disciples, qui interrompit l'entretien, la femme laissa sa cruche, soit par l'effet de son émotion, soit, comme le pense Bengel, pour accourir plus vite auprès de ses concitoyens, soit enfin parce qu'elle était bien décidée à revenir. Ce détail est caractéristique et révèle le témoin oculaire.
      29 La pens√©e dont la Samaritaine est remplie, c'est que cet homme a p√©n√©tr√© son cŇďur et sa vie (tout ce que j'ai fait)¬†; et comme il lui a d√©clar√© qu'il est le Christ, le Messie, elle est dispos√©e √† le croire.

      Mais pour ses concitoyens, et à cause de la grandeur de sa découverte, elle exprime timidement sa conviction par une question qui était seulement destinée à éveiller leur attention et à les décider à venir se convaincre par eux-mêmes. (verset 42)

      30 Il faut remarquer ces différents temps de verbes : Ils sortirent et ils venaient.

      C'est ainsi que l'évangéliste marque d'abord l'empressement des habitants à quitter la ville, et nous les fait voir ensuite, accourant à travers champ en longue procession.

      31 Pendant ce temps (grec dans l'intervalle), c'est-√†-dire entre le d√©part de la femme et l'arriv√©e des Samaritains. Les disciples expriment leur sollicitude pour leur Ma√ģtre fatigu√© et √©puis√©, en l'invitant √† manger.
      33 Jésus a prononcé une parole énigmatique qu'il va expliquer et que les disciples entendent à la lettre.
      34 J√©sus travaille √† l'Ňďuvre de Dieu avec tant d'amour, qu'il y trouve r√©ellement sa nourriture, sa force, sa joie, et comme le rassasiement de l'√Ęme et du corps. (Psaumes 63.6¬†; Matthieu 4.4) C'est qu'il agissait toujours dans une communion intime avec Dieu qui est la source de la vie.

      - De ces deux verbes faire et achever l'Ňďuvre de Dieu, le premier est au pr√©sent (dans Sin., A, Jean 4) et d√©signe l'action actuelle du Sauveur parmi les Samaritains¬†; le second est au futur et reporte la pens√©e jusqu'√† l'ach√®vement complet de cette Ňďuvre.

      "La relation entre les deux substantifs volont√© et Ňďuvre, dit M. Godet, correspond √† celle des deux verbes. Pour que l'Ňďuvre de Dieu se trouve achev√©e au moment supr√™me, il faut que sa volont√© ait √©t√© ex√©cut√©e √† chaque moment."

      "Jésus n'était pas encore au milieu de sa carrière, et déjà il en voit la fin glorieuse." Bengel. (Comparer verset 36)

      35 J√©sus a parl√© avec bonheur de l'Ňďuvre de Dieu qu'il accomplissait. (verset 34)

      Maintenant, il en contemple d'avance les résultats dans ces Samaritains qu'il va amener au salut. Il peint ce triomphe de l'Evangile par une très belle image empruntée à la nature.

      Dans les campagnes verdoyantes qui s'√©tendaient √† l'entour on pouvait voir une promesse de la moisson, mais celle-ci ne devait √™tre m√Ľre que dans quatre mois.

      Jésus invite ses disciples à regarder ces campagnes comme étant déjà blanches pour la moisson. Il entend par là la moisson spirituelle parmi ces habitants de la Samarie qu'il voyait accourir à lui.

      - Tischendorf et, avec lui, plusieurs exégètes rattachent le mot déjà au commencement du verset suivant, qu'il faudrait alors traduire ainsi : "Et déjà celui qui moissonne, etc."

      Nous préférons lui laisser la place que lui assigne le texte reçu ; Jésus veut marquer par ce mot le contraste entre les quatre mois qu'il y a encore jusqu'à la moisson naturelle et ces campagnes déjà blanches pour la moisson spirituelle.

      - La moisson avait lieu en avril, les quatre mois dont parle J√©sus nous reportent en d√©cembre. Le s√©jour de J√©sus en Jud√©e, commenc√© √† la f√™te de P√Ęque, s'√©tait donc prolong√© plus de huit mois.

      - Quelques interprètes voient à tort dans ces mots : "Encore quatre mois et la moisson vient," un dicton populaire indiquant le temps qui s'écoule entre les semailles et la moisson. Ce prétendu proverbe ne se retrouve nulle part, et en Palestine on ne compte pas quatre mois mais six des semailles à la moisson.

      36 Celui qui moissonne re√ßoit un salaire qui consiste √† (le et a ce sens explicatif) amasser du fruit pour la vie √©ternelle, c'est-√†-dire √† recueillir des √Ęmes sauv√©es.

      Cette sentence générale fait comprendre aux disciples que la moisson dont Jésus vient d'annoncer qu'elle est déjà prête, (verset 35) est une moisson spirituelle.

      La première partie du verset 36 est une parenthèse explicative.

      J√©sus se reporte ensuite au fait qu'il a signal√© √† ses disciples¬†: les campagnes sont d√©j√† blanches pour la moisson¬†; (verset 35) il en est ainsi continue-t-il, dans l'intention de Celui qui a h√Ęt√© la marche des √©v√©nements, afin que celui qui s√®me et celui qui moissonne se r√©jouissent ensemble.

      Dans la règle leur joie n'est point simultanée. Et même les semailles nous sont présentées dans une comparaison connue de l'Ancien Testament, comme un travail pénible. (Psaumes 126.5,6)

      Mais dans cette circonstance unique Dieu permet que le bonheur des semailles co√Įncide avec le bonheur de la moisson. Dans la suite (verset 38) J√©sus donnera √† entendre le sens de cette parabole¬†: celui qui s√®me, c'est lui-m√™me qui vient de r√©pandre le bon grain dans l'√Ęme de la Samaritaine et va enseigner encore ses concitoyens. (versets 40-42)

      Les disciples auront √† remplir le r√īle de celui qui moissonne.

      38 Au verset 37 Jésus confirme (car) ce qu'il donnait à entendre à la fin du verset 36, à savoir que, dans le cas particulier et contrairement à la règle générale, le moissonneur est distinct du semeur.

      Il le fait en citant un proverbe dont il constate qu'il est vrai dans le cas donné ; puis il dit positivement que c'est lui qui a envoyé ses disciples moissonner là ou d'autres ont travaillé.

      Ces paroles trouvaient leur application immédiate dans ce qui se passait alors, près du puits de Jacob, mais elles ont une portée plus étendue qui se vérifiera dans toute la carrière des disciples.

      Si J√©sus n'avait pas sem√©, implant√© dans notre humanit√© les germes d'une vie divine, jamais les ap√ītres n'y auraient recueilli une moisson pour la vie √©ternelle.

      - Par ces mots : d'autres ont travaillé, plusieurs interprètes ont entendu Jésus et Jean-Baptiste, ou encore les prophètes avant eux. Il est plus probable que Jésus n'entend parler que de lui-même, et qu'il se voile en quelque sorte sous ce pluriel.

      En parlant ainsi, il ne m√©conna√ģt point le rude labeur qui attend ses disciples¬†; mais, de m√™me qu'en Samarie ils ont part √† la joie de la moisson que leur Ma√ģtre a pr√©par√©e, de m√™me, √† l'avenir, ils ne feront qu'entrer dans son travail et le poursuivre, comme le font encore aujourd'hui tous ses fid√®les serviteurs.

      39 L'évangéliste reprend son récit, interrompu au verset 30.

      Plusieurs des Samaritains crurent en Jésus, d'une foi qui n'avait encore d'autre fondement que le témoignage de la femme et d'autre objet que la connaissance surnaturelle manifestée par ce prophète qui lui avait dévoilé toute sa vie (tout ce que j'ai fait, verset 28).

      Mais comme cette foi était sincère, elle va devenir tout autre par un moyen plus direct. (verset 42)

      40 La prière de demeurer auprès d'eux, que les Samaritains adressent à Jésus, après être venus vers lui, c'est-à-dire après l'avoir vu et entendu, est l'indice d'un progrès dans leur foi, et du besoin qu'ils ressentent de plus de lumière.

      De son c√īt√©, J√©sus, heureux de voir ces hommes alt√©r√©s de v√©rit√©, va leur consacrer deux jours entiers.

      41 Ces mots¬†: √† cause de sa parole, dont ils avaient √©prouv√© dans leur cŇďur la v√©rit√© et la puissance, forment ici un contraste marqu√© avec ceux-ci¬†: "√† cause de la parole de la femme." (verset 39)
      42 Les Samaritains expriment clairement la différence qu'il y a entre la foi d'autorité, qui repose sur un récit, un témoignage (ce que tu nous as dit, grec ton langage) et la foi qui se fonde sur l'expérience immédiate et personnelle (nous mêmes, nous avons entendu).

      Et telle a √©t√© la puissance de la parole de J√©sus sur leur √Ęme, pendant ces deux journ√©es, qu'ils peuvent dire, non seulement nous croyons, mais nous savons que celui-ci est v√©ritablement le Sauveur du monde. (Le texte re√ßu ajoute¬†: le Christ¬†; ces mots manquent dans Sin., B, C, Versions)

      On s'est étonné de trouver dans la bouche de ces Samaritains une profession si explicite de leur foi, qui s'élève jusqu'à l'universalité du salut.

      Mais, comme l'observe Meyer, cette confession est très compréhensible, puisqu'elle est le fruit de deux jours d'instructions de Jésus, et elle l'est d'autant plus que les espérances messianiques des Samaritains n'étaient pas entachées de l'étroit particularisme juif. La semence de vie répandue par le Sauveur dans cette contrée ne périt point, mais prépara la riche moisson que les disciples y firent plus tard. (Actes 8.5-8,14-17)

      43 Jésus en Galilée.

      43 à 54 Jésus guérit le fils de l'officier royal.

      Ces deux jours sont ceux que Jésus venait de passer avec les Samaritains. (verset 40)

      L'évangéliste reprend sa narration du retour de Jésus en Galilée (verset 3) interrompue par le récit du séjour à Sychar.

      44 Voici un de ces passages qui ont donné aux interprètes une peine infinie.

      L'√©vang√©liste raconte le retour de J√©sus en Galil√©e et il motive ce retour (car) en rappelant un proverbe que J√©sus avait cit√© et qui appara√ģt bien plut√īt comme une raison contre ce retour en Galil√©e. Premi√®re contradiction.

      Puis il rapporte, comme une conséquence de ce dicton, (donc, verset 45) que Jésus fut bien reçu des Galiléens. Seconde contradiction.

      Nous ne citerons que les principales tentatives faites pour aplanir ces difficultés. Qu'est ce que la patrie de Jésus mentionnée dans ce proverbe ? Plusieurs répondent : La Galilée. Jésus s'y rend, parce qu'il sait qu'il n'y obtiendra pas de succès, mais il cherche soit la lutte (Weiss), soit la retraite (Luthardt, Holtzmann, Schlatter).

      Cette explication revient à changer le car en quoique (comme le fait la traduction fautive d'Ostervald), et elle rend incompréhensible le donc du verset 45.

      Meyer pense que Jésus, sachant qu'en sa qualité de prophète il ne serait pas dès l'abord honoré dans la Galilée, sa patrie, avait commencé par chercher cet honneur au dehors, à Jérusalem, en Judée. Son calcul ne le trompa pas il fut ensuite (donc) bien reçu des Galiléens, parce qu'ils avaient vu ses miracles a Jérusalem. (verset 45)

      Cette explication, tr√®s admissible est adopt√©e, avec quelques modifications, par Asti√©, Reuss, M. Godet. D'autres, depuis Orig√®ne jusqu'√† Baur, Ebrard et Keil, croient que, dans la pens√©e de Jean, la patrie de J√©sus √©tait la Jud√©e, o√Ļ il √©tait n√©, et que, n'y ayant pas √©t√© honor√©, il retournait en Galil√©e.

      Cette idée est contraire à toutes les données du Nouveau Testament qui désigne Nazareth en Galilée comme la patrie de Jésus.

      C'est m√™me sur ce fait qu'un grand nombre d'interpr√®tes se fondent pour proposer une quatri√®me explication de notre passage. Ils entendent par la Galil√©e, o√Ļ J√©sus retournait, cette province dans son ensemble √† l'exclusion de Nazareth, ou J√©sus ne voulait pas aller. Ainsi s'expliquerait le motif (car), invoqu√© par l'√©vang√©liste, et la citation de ce proverbe, que J√©sus avait r√©ellement prononc√© √† Nazareth et au sujet de Nazareth. (Luc 4.23,24)

      En outre, bien que J√©sus f√Ľt vulgairement appel√© Galil√©en, (Matthieu 26.69) nulle part le Nouveau Testament ne lui donne cette province pour patrie, mais constamment Nazareth. (Matthieu 13.54,57¬†; Marc 6.1,4¬†; Luc 4.16-30¬†; Jean 1.46¬†; 19.19)

      Pourquoi l'expression : sa propre patrie n'aurait-elle pas le même sens dans la pensée de Jean ?

      On objecte que J√©sus se rendit bient√īt √† Cana, gui n'√©tait pas tr√®s √©loign√© de Nazareth, (verset 46) mais Jean luim√™me indique assez clairement, dans ce verset, que J√©sus avait autant de motifs de retourner √† Cana qu'il en avait peu d'aller √† Nazareth. Cette explication, admise par Erasme, Calvin, B√®ze, Bengel, Olshausen, Hengstenberg et d'autres, est peut-√™tre la plus simple de celles qu'on a propos√©es.

      45 L'évangéliste explique le bon accueil que reçut Jésus des Galiléens en rappelant qu'ils avaient été témoins de toutes les choses qu'il avait faites à Jérusalem pendant la fête, à laquelle ils avaient eux-mêmes assisté.

      Ils avaient été frappés de l'autorité qu'il avait déployée en purifiant le temple, (Jean 2.13 et suivants) aussi bien que des miracles qu'il avait opérés. (Jean 2.23)

      C'√©taient la des manifestations ext√©rieures qui pouvaient pr√©parer les √Ęmes √† la foi, mais qui √©taient insuffisantes pour la cr√©er en elles. (verset 48)

      46 Ce donc semble indiquer que J√©sus, encourag√© par ce bon accueil, voulut poursuivre son voyage en Galil√©e, jusqu'√† Cana, o√Ļ son s√©jour pr√©c√©dent pouvait avoir pr√©par√© les esprits √† recevoir sa parole. C'est ce que l'√©vang√©liste veut faire sentir en rappelant que c'est l√† qu'il avait chang√© l'eau en vin. (Jean 2.1 et suivants)

      Un officier royal (grec un royal) peut d√©signer tout fonctionnaire, civil ou militaire. Il s'agit ici d'un serviteur d'H√©rode Antipas, qui r√©gnait sur la Galil√©e et auquel on donnait le titre de roi bien qu'il ne port√Ęt officiellement que celui de t√©trarque.

      47 La confiance de cet homme, qui pourtant n'était point encore disciple de Jésus, (verset 53) s'explique, soit par ce miracle de Cana, dont il avait été peut-être informé, soit par la connaissance qu'il avait eue, lui aussi, de tout ce que Jésus avait fait à Jérusalem.

      Mais cette confiance s'explique mieux encore par l'angoisse de son cŇďur de p√®re. Son fils, qui allait mourir, para√ģt avoir √©t√© un fils unique, ainsi que l'indique, en grec, l'article. Il prie J√©sus de descendre parce que Cana √©tait situ√© dans les montagnes.

      48 Cette parole, qui a quelque chose de sévère surprend au premier abord.

      Il y a une désapprobation évidente dans ces termes que Jésus choisit et accumule à dessein : miracles (grec signes) et prodiges, l'un indiquant une manifestation du monde invisible, l'autre un acte merveilleux contraire aux lois de la nature

      Il en est de même de la double négation qui se trouve dans l'original et qui signifie : Vous ne croirez certainement point.

      A qui s'adresse ce reproche¬†? D'abord √† celui qui l'implore (il lui dit) et qui aurait d√Ľ croire, sans miracle, par la connaissance qu'il avait de J√©sus¬†; (verset 47, note) mais aussi aux Galil√©ens qui l'entouraient, comme l'indiquent les verbes au pluriel.

      Tous recherchaient des miracles, (Matthieu 12.38¬†; 1Corinthiens 1.22) et J√©sus voulait qu'ils crussent en lui par sa parole, qui mettait la v√©rit√© en contact imm√©diat avec leur √Ęme. Il ne nie pas la valeur de ses miracles pour pr√©parer la foi¬†; il y fait appel lui-m√™me¬†; (Jean 10.37,38¬†; 14.11) mais ce n'est l√†, √† ses yeux, qu'un moyen secondaire et qui reste inutile s'il ne conduit les √Ęmes directement √† lui. D'ailleurs il ne refuse point sa demande √† ce p√®re qui l'implore¬†; il lui donne une instruction qui contribuera √† l'amener √† la vraie foi. (verset 53)

      49 Le père ne se laisse point rebuter par ce qu'il y avait de sévère dans les paroles de Jésus ; mais, dans son angoisse, il insiste, avec une émotion qui se trahit par l'emploi de ce diminutif plein de tendresse : mon petit enfant. (Comparer Marc 5.23, note.)

      Aussi Jésus répond à sa confiance en lui accordant plus qu'il ne demandait. Sans aller avec lui à l'instant même, il lui annonce la guérison de son fils par cette parole souveraine : Va, ton, fils vit.

      Cette manière d'agir du Sauveur constitue aussi une nouvelle épreuve pour la foi naissante de l'officier, puisqu'il doit s'en retourner en n'emportant qu'une parole. Mais cette parole lui suffit. (verset 50)

      51 Comme d√©j√† il descendait vers le lac de Tib√©riade, les serviteurs accourent pleins de joie au-devant de leur ma√ģtre, afin de lui apprendre plus t√īt la bonne nouvelle.

      Ils se servent, pour la lui annoncer, des mêmes termes qu'avait employés Jésus, et qui, dans leur bouche, signifient : Non seulement il n'est pas mort, mais il est guéri.

      52 Le père a maintenant la joyeuse certitude de la guérison de son fils, mais il veut s'assurer si la parole de Jésus à laquelle il avait cru en a été vraiment la cause unique ; cette constatation achèvera d'affermir sa foi.

      La septième heure, selon la manière juive de diviser le jour, indique une heure après midi.

      Dans ce cas, le p√®re a eu le temps de retourner de Cana √† Caperna√ľm le jour m√™me, la distance √©tant de six √† sept heures de marche et l'angoisse de son cŇďur devant acc√©l√©rer sa course.

      Aussi quand les serviteurs parlent de la guérison comme accomplie la veille (hier), ils s'expriment à la manière des Juifs, qui après six heures du soir désignent le jour écoulé comme le jour d'hier.

      En m√©connaissant la port√©e de ce terme, on a suppos√© √† tort que l'officier avait pass√© la nuit soit √† Cana, soit en chemin¬†; ou bien l'on s'est fait un argument de notre passage pour prouver que notre √©vang√©liste divise le jour en comptant les heures √† partir de midi. Dans ce cas, la gu√©rison aurait √©t√© op√©r√©e par la parole de J√©sus √† sept heures du soir, et le p√®re n'aurait pu arriver √† Caperna√ľm que le lendemain matin.

      53 Il crut, non seulement √† la parole de J√©sus, dont il reconna√ģt maintenant la puissance divine, mais il crut en J√©sus lui-m√™me, comme Messie et Sauveur. Et bient√īt toute sa maison, sa famille enti√®re et ses serviteurs, partag√®rent sa foi.

      Résultat du miracle, plus grand et plus précieux encore pour ce père que la guérison de son fils.

      54 Grec : Jésus fit de nouveau ce second miracle arrivant de Judée en Galilée ; allusion au premier miracle de Cana qui avait marqué le précédent retour de Jésus en Galilée.

      "Deux idées, dit M. Godet, sont réunies dans cette proposition : il fit un second miracle à Cana, et il le fit de nouveau en arrivant de Judée en Galilée."

      C'est cette circonstance de deux retours différents de Jésus, l'un et l'autre signalés par un miracle, que Jean veut marquer ici.

  • versets s√©lectionn√©s
  • Vid√©os et messages relatifs
  • Commentaires bibliques
  • H√©breu / Grec
  • Dictionnaire
  • Versets relatifs
  • Carte
  • Favoris
  • Partager

Pour ajouter un favori, merci de vous connecter : Se connecter

Générer un verset illustré
Logo TopChrétien carré

Télécharger l'image

Choisissez une image

Personnalisez le verset

Alignement : | | | Haut | Milieu | Bas

Taille :

Couleur :

Police :

Personnalisez la référence

Couleur :

Police :

Taille :

De légères variations de mise en page peuvent apparaitre sur l'image téléchargée.

Vous avez aim√© ? Partagez autour de vous !

Update Required To play the media you will need to either update your browser to a recent version or update your Flash plugin pour Firefox & Safari - Flash plugin pour Opera & Chrome.