TopCartes x PLM collab

Juges 5

    • 1

      Chanta... avec Barak. Il est naturel de supposer, surtout quand on pense aux mŇďurs de l'Orient, que ce fut dans le jour de f√™te o√Ļ l'on c√©l√©bra cette victoire, que D√©bora et Barak chant√®rent ce cantique devant le peuple assembl√© pour cette solennit√©. Peut-√™tre cette d√©clamation √©tait-elle accompagn√©e de musique et m√™me d'une repr√©sentation sc√©nique, comme dans la c√©l√©bration populaire r√©cente de la bataille de Sempach. Cet hymne triomphal comprend trois tableaux, de dix versets chacun :

      • celui de la s√©curit√© et de la paix, fruit de la victoire : versets 2 √† 11
      • celui de la victoire elle-m√™me : versets 12 √† 21
      • celui de la mort tragique du chef ennemi : versets 22 √† 31.
      On peut remarquer un certain rythme, rigoureusement observé dans les deux premières, d'après lequel chaque partie contient, à la suite du premier verset qui lui sert d'introduction, trois strophes de trois versets chacune.

      2

      2 à 11 Premier tableau. Invitation à louer Dieu pour l'état de bien-être qui suit la victoire.

      C'est Dieu qui est l'auteur de la d√©livrance. Apr√®s un long temps d'apathie et de l√Ęche soumission, il a fait qu'il s'est enfin trouv√© des chefs pour appeler le peuple √† la r√©sistance, et le peuple leur a joyeusement r√©pondu. Lou√© soit l'Eternel qui a fait cela¬†!

      3

      3 à 5 Première strophe. L'Eternel vient de se montrer aussi puissant et secourable en faveur des siens qu'aux jours d'autrefois.

      Ecoutez, rois... : les rois et princes voisins, aux oreilles desquels parviendra l'√©cho de cette f√™te, ils apprendront les grandes choses qu'a accomplies l'Eternel pour son peuple (Deut√©ronome 32.1¬†; Esa√Įe 1.2,10).

      Moi... celle que l'Eternel a choisie pour donner le signal de ce relèvement, et à qui il appartient d'élever avant tout autre la voix pour le célébrer.

      4

      L'intervention puissante de l'Eternel dans cette bataille a √©t√© comme une r√©p√©tition de son apparition merveilleuse sur la montagne de Sina√Į. Dans Deut√©ronome 33.2, cette apparition √©tait d√©crite sous l'image d'un lever de soleil qui a illumin√© toutes les contr√©es d'alentour (S√©ir et Paran)¬†; ici elle est d√©peinte sous celle d'un orage qui, venant de S√©ir, du c√īt√© du d√©sert, s'est abattu sur Sina√Į, l'a √©branl√© jusqu'en ses fondements et s'est d√©vers√© dans une pluie torrentielle¬†; comparez Exode 19.18. Cette m√™me sc√®ne vient de se r√©p√©ter en faveur du peuple¬†; et c'est ainsi que l'ennemi a √©t√© an√©anti. Il est naturel de conclure de ce passage que la victoire d'Isra√ęl sur Sisera avait √©t√© facilit√©e par un violent orage, accompagn√© d'averses abondantes qui avaient d√©tremp√© le sol, rendu difficile la marche des chars et grossi le ruisseau du Kison au point d'en faire un torrent capable de rouler les cadavres des vaincus jusqu'√† la M√©diterran√©e.

      Ce Sina√Į. Elle voit en pens√©e la sainte montagne du Sina√Į √©branl√©e jusqu'en ses bases par l'approche de l'Eternel. L'image de la pluie n'a pas d'appui dans ce r√©cit de l'Exode¬†; elle doit donc √™tre inspir√©e par le fait r√©cent dans lequel D√©bora voit une r√©p√©tition du fait antique.

      6

      6 à 8 Deuxième strophe.

      A la divine d√©livrance dont le peuple vient d'√™tre l'objet, D√©bora oppose les temps d'abandon et de d√©tresse par o√Ļ il avait pass√©. C'√©tait le temps de Samgar, dont la valeur (3.31) n'avait amen√© qu'une humiliation passag√®re de l'ennemi.

      Aux jours de Ja√ęl. Ce nom, qui ne peut d√©signer ici Ja√ęl la K√©nienne (chapitre 4) car le po√®te oppose pr√©cis√©ment le temps actuel √† celui de Ja√ęl, doit s'appliquer √† un juge pareil √† Samgar, qui avait accompli un acte d'√©clat, mais sans r√©sultat durable pour le rel√®vement de la nation. La formule aux jours de est g√©n√©ralement appliqu√©e √† des hommes rev√™tus d'une charge publique (8.28¬†; 1Samuel 17.12¬†; 2Samuel 21.1).

      Abandonnées ; par crainte des bandes ennemies et des brigands qui infestaient le pays.

      7

      Le gouvernement manquait. Le sens de ces mots est douteux. On traduit aussi : les villages étaient délaissés.

      Une m√®re en Isra√ęl : une protectrice qui s'√©l√®ve spontan√©ment pour la d√©fense de son peuple, mue par un amour semblable √† celui d'une m√®re pour ses enfants.

      8

      L'idol√Ętrie pr√©valait, et bient√īt l'ennemi arrivait, poursuivant les habitants jusqu'aux portes des villes o√Ļ ils se r√©fugiaient.

      Voyait-on...¬†? Pas un guerrier qui os√Ęt se porter en armes √† la rencontre de l'ennemi¬†!

      Chez quarante milliers en Isra√ęl : quarante, nombre rond employ√© pour d√©signer une quantit√© ind√©finie.

      9

      9 à 11 Troisème strophe.

      Mon cŇďur aux conducteurs... Mon cŇďur s'√©lance vers eux, plein d'amour.

      10

      D√©bora invite les diverses classes du peuple √† se joindre √† ce chant de louange. La premi√®re, ce sont les gens de haute qualit√© qui ont pour monture l'animal le plus estim√©, les √Ęnesses blanches¬†; la seconde, les gens ais√©s qui, dans leurs maisons, reposent sur de mo√ęlleux tapis¬†; la troisi√®me, les plus pauvres, qui voyagent √† pied. Tous doivent maintenant chanter, car ils n'ont plus rien √† craindre ni du dehors, ni au dedans.

      11

      Par la voix des archers. Que les combattants, r√©unis le soir aupr√®s des abreuvoirs o√Ļ le peuple am√®ne ses troupeaux, lui racontent les exploits auxquels ils ont pris part, les p√©rip√©ties de la victoire √† laquelle ils ont assist√©¬†! Ces exploits sont appel√©s les justices de l'Eternel¬†; ce sont les vengeances que la justice de l'Eternel a tir√©es des idol√Ętres, en faveur de son peuple repentant et suppliant.

      Alors le peuple... A la suite de cette délivrance, le peuple, qui s'était réfugié dans les cavernes des montagnes, en est redescendu pour reprendre possession de ses habitations.

      12 à 21 Tableau dramatique de la bataille ; chaque auditeur ou lecteur assiste en quelque sorte à cet acte.

      12 Introduction.

      R√©veille-toi... Faut-il mettre cet appel il dans la bouche de l'Esprit de Dieu qui stimule D√©bora √† consacrer l'arm√©e pour le combat qui va avoir lieu, par le chant d'un cantique propre √† inaugurer ce grand acte¬†? Ou bien est-ce Barak, qui au jour de la f√™te invite D√©bora √† reproduire avec toute la verve dramatique dont elle est dou√©e, le tableau de la bataille dans son cantique¬†? Le second sens para√ģt plus simple. D√©bora se transporte ensuite au moment o√Ļ l'arm√©e se disposait au combat. Elle appelle Barak et le presse de se lever, de fondre sur l'ennemi et de faire une multitude de captifs.

      13

      13 à 15 Première strophe.

      Puis elle se tourne vers l'armée et l'invite à se précipiter du haut du Thabor sur l'ennemi rangé dans la plaine ; elle s'adresse à l'Eternel et le prie de descendre lui-même à son appel au milieu de cette armée de héros.

      14

      D√©bora passe en quelque sorte en revue l'arm√©e qui va se mettre en marche. Elle √©num√®re d'abord les contingents qui ont concouru √† former cette petite troupe de braves. Un certain nombre d'Ephra√Įm sont venus du district qui avait conserv√© le nom de ses anciens habitants amal√©kites (12.15)¬†; puis de Benjamin¬†; quelques troupes sont aussi arriv√©es¬†; Manass√©, √©galement, c'est-√†-dire la demi-tribu de ce nom √©tablie √† l'est du Jourdain, qui est d√©sign√©e ici par le nom de Makir, fils de Manass√© (Nombres 32.39), a fourni quelques chefs √† la t√™te de leurs troupes. De Zabulon aussi se sont pr√©sent√©s un certain nombre de commandants et de soldats.

      Des chefs : litt√©ralement des √©crivains, des secr√©taires, capables d'√©crire et de tenir √† jour le catalogue des soldats enr√īl√©s (J√©r√©mie 52.25).

      15

      Mais le gros de l'armée, ce sont les princes d'Issacar, qui se sont groupés en masse autour de Débora ; ils sont aussi braves que Barak lui-même.

      Fin 15 à 18 Deuxième strophe.

      Elle contemple ensuite en esprit les tribus qui n'ont pas fait leur devoir. Et d'abord, Ruben. Il est resté à délibérer dans son pays coupé de torrents, au-delà du Jourdain.

      16

      L√†, Ruben √©coute commod√©ment le b√™lement de ses troupeaux et la fl√Ľte de ses p√Ętres¬†; cette vie champ√™tre lui pla√ģt mieux que le bruit du clairon et le cliquetis des armes. C'est √† cela qu'ont abouti toutes ses grandes consultations. Dans son pays, il n'avait pas √† souffrir de l'oppression de Jabin¬†; que lui importaient, ses fr√®res¬†?

      17

      Galaad √©galement, c'est-√†-dire Gad et la demi-tribu de Manass√© situ√©s √† l'est du Jourdain. Il a √©cout√© les conseils de l'√©go√Įsme.

      Dan, au bord de la mer, n'a pas non plus quitt√© ses bateaux. Ce qui a √©t√© dit Juges 1.34 n'emp√™che pas que Dan ne poss√©d√Ęt quelques localit√©s dans la plaine et sur le bord de la mer. Voir Josu√© 19.40-46.

      Dans ses ports, litt√©ralement : dans ses anses. Les ports manquent sur la c√īte de Palestine.

      18

      Il n'est pas étonnant que cette revue se termine par le nom des deux tribus qui avaient organisé, tout ce grand mouvement (4.6,10) ; le contraste entre elles et les tribus désignées immédiatement avant, ressort ainsi d'une manière plus frappante. Ce qui a lieu d'étonner davantage, c'est que, tandis que Zabulon avait déià été nommé (verset 14), Nephthali ne l'a point encore été, et qu'en échange Issacar soit nommé deux fois au verset 15. On a supposé, non sans raison, qu'au verset 15, dans le second membre, le nom d'Issacar avait remplacé par erreur celui de Nephthali. Cette supposition est d'autant plus probable que par là Nephthali est étroitement uni à Barak, qui était originaire de cette tribu.

      Les hauteurs des campagnes. Il s'agit sans doute des collines de la plaine d'Esdra√©lon o√Ļ a eu lieu la bataille.

      19

      19 à 21 Troisième strophe. Description de la bataille.

      Des rois vinrent. Les rois vassaux de Jabin apparaissent à la tête de leurs troupes.

      Des eaux de M√©guiddo. De la colline sur laquelle est b√Ętie M√©guiddo, descendent dans le Kison plusieurs cours d'eau. M√©guiddo est √† 12 km √† l'est de Thaanac (Josu√© 12.21). C'est entre ces deux endroits qu'eut lieu la rencontre des deux arm√©es.

      Ils ne remportèrent... Sarcasme faisant ressortir le contraste entre leurs espérances et la réalité.

      Pas une piece d'argent, littéralement un morceau, car dans ce temps l'argent n'était pas toujours monnayé et consistait souvent en lingots ou fragments de lingots.

      20

      Des cieux on combattit. Il se produisit un ph√©nom√®ne m√©t√©orologique quelconque qui facilita la victoire des Isra√©lites (4.15). Les √©toiles repr√©sentent les puissances des cieux¬†; ce n'est pas par sa force seule qu'Isra√ęl a vaincu.

      21

      Le torrent du Kison, les a charriés. En fuyant, les vaincus rencontrèrent le Kison grossi par l'orage et furent précipités dans le fleuve.
      Ceux, dit Harper, qui ont √©t√© t√©moins des effets d'un orage de gr√™le fondant sur les flancs du Thabor et du Carmel et vu comment le Kison, qui en temps ordinaire n'est qu'un ruisseau, devient en une demi-heure une rivi√®re mugissante et entra√ģnant tout avec une force irr√©sistible, formant des marais et des sables mobiles dans lesquels les chevaux enfoncent jusqu'aux genoux, peuvent r√©aliser l'√©pouvantable confusion qui se produisit lorsque les pesants chariots canan√©ens et leurs attelages effray√©s s'enfonc√®rent dans ces bas-fonds.

      Torrent des temps anciens : qui a déjà été témoin de tant de choses dans l'histoire des habitants du pays, mais qui n'a jamais rien vu de pareil.

      Mon √Ęme, avance hardiment¬†! Le po√®te se transporte en esprit au milieu de cette victoire et s'excite lui-m√™me √† ne pas laisser √©chapper les fuyards.

      22

      22 à 30 La fuite.

      22 √† 24 Premi√®re strophe. Fuite de Sisera¬†; mal√©diction de M√©roz¬†; √©loge de Ja√ęl.

      Le mot de fuite est en hébreu un mot sonore qui est ici répété de manière à donner une idée du galop des chevaux.

      23

      M√©roz : localit√© inconnue par laquelle devait passer dans sa fuite le gros de l'arm√©e vaincue et o√Ļ elle aurait pu √™tre arr√™t√©e et d√©truite.

      L'ange de l'Eternel : ce chef des arm√©es d'en-haut assiste invisible √† cette d√©route, conform√©ment √† la pri√®re du verset 13, et il maudit ceux qui, par leur l√Ęchet√©, ont emp√™ch√© Isra√ęl de remporter tous les fruits de la victoire.

      Au secours de l'Eternel : expression hardie qui fait sentir toute la responsabilit√© que Dieu accorde √† l'homme dans l'accomplissement de son Ňďuvre.

      24

      Ja√ęl femme de H√©ber, le K√©nien : en opposition aux l√Ęches habitants de M√©roz, Isra√©lites sans doute, appara√ģt la figure vaillante de la K√©nienne Ja√ęl.

      25

      25 à 27 Deuxième strophe. Mort de Sisera.

      Il demanda de l'eau... Sisera n'est pas nomm√©¬†; chaque auditeur du cantique comprend qu'il s'agit du principal fugitif. Comme le dit Reuss, le po√®te parle √† un public qui conna√ģt encore tous les d√©tails de l'affaire.

      La coupe d'honneur : dans laquelle on offrait, dans les jours de fête le vin d'honneur.

      27

      S'affaisse... Ou bien il y a contradiction entre ce r√©cit et 4.21, ou bien il faut entendre ces expressions de la position gisante et inanim√©e du corps de Sisera sur la couche o√Ļ l'avait tu√© Ja√ęl¬†; voir le sens du verbe h√©breu naphal dans 3.25¬†; 7.12¬†; 1Samuel 5.3.

      28

      28 à 30 Troisième strophe. La mère de. Sisera.

      Pour finir, un amer sarcasme f√©minin √† l'adresse de la m√®re de Sisera. Pourquoi la m√®re et non la femme¬†? On sait que l√† o√Ļ r√®gne la polygamie, l'√©pouse principale elle-m√™me est moins que la m√®re.

      Qu'y a-t-il...¬†? A mesure que le jour avance, de noirs pressentiments commencent √† envahir le cŇďur de cette m√®re. Elle regarde, elle √©coute, rien ne vient.

      29

      Les dames d'honneur cherchent à la tranquilliser.

      Les plus avisées. Quelle ironie ! La fin du verset est une parenthèse qui exprime d'avance l'insuccès de cette consolation : elle les laisse dire.

      30

      C'est ici l'explication du retard donnée par les dames. Trois genres de personnes à qui le butin doit revenir :

      1. chaque combattant aura une ou deux jeunes filles
      2. Sisera recevra pour sa part les vêtements les plus magnifiques, qui étaient ordinairement réservés aux chefs
      3. il en fera certainement une part pour l'épouse favorite.

      31

      Epilogue du cantique.

      Qu'ainsi p√©rissent... En terminant, le regard de D√©bora s'√©l√®ve de cette victoire particuli√®re √† l'Ňďuvre de Dieu en g√©n√©ral¬†; elle demande que cette Ňďuvre s'accomplisse tant par la destruction de ses ennemis, semblable √† la mort de Sisera, que par la prosp√©rit√© triomphante de ceux qui l'aiment. et dont la victoire que viennent de remporter les combattants isra√©lites doit √™tre le pr√©lude.

      Epilogue historique des chapitres 4 et 5. Voir une formule pareille 3.11,30.

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