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Luc 15

    • 1 Les paraboles de la gr√Ęce.

      Chapitre 15.

      1 à 10 La brebis égarée et la drachme perdue.

      Les p√©agers, ha√Įs √† cause de leur profession, et m√©pris√©s √† cause des injustices qu'ils commettaient souvent en l'exer√ßant, (Matthieu 5.46, note) les p√©cheurs, hommes connus comme vicieux et plus ou moins perdus de r√©putation, s'approchaient de J√©sus, afin de mieux entendre les paroles de mis√©ricorde et de pardon qui sortaient de sa bouche.

      Peut-être tel de ses enseignements avait-il réveillé leur conscience. Ils sentaient douloureusement le poids et l'amertume du péché, et repoussés de tous, ils étaient attirés vers cet Envoyé de Dieu, qui toujours avait témoigné à leurs pareils sa tendre compassion.

      Les versets versets 1,2 décrivent une situation qui se reproduisait chaque fois que Jésus s'arrêtait quelque part pour annoncer l'Evangile. Ainsi s'explique le mot tous les péagers, qui désigne tous ceux qui se trouvaient là en ce moment.

      2 Voir, sur les pharisiens, Matthieu 3.7, note, et, sur les scribes, Matthieu 23.2, note.

      Le verbe grec que nous traduisons par murmuraient est composé d'une particule qui indique qu'ils proféraient ces murmures entre eux.

      La cause de leur mécontentement, qui se donnait les airs de l'indignation, est ici exprimée : Jésus non seulement recevait, accueillait avec bonté les péagers et les pécheurs, mais il condescendait à manger avec eux, ce qui était, en Orient, une marque de familiarité et de confiance.

      Les orgueilleux pharisiens ne pouvaient ni comprendre ni pardonner cette conduite du Sauveur. Ils affectaient d'y voir un mépris de la moralité et de la justice, dont ils se croyaient seuls en possession.

      Leurs murmures √©taient donc √† la fois un bl√Ęme inflig√© √† J√©sus et l'expression de leur d√©dain pour les p√©agers et les p√©cheurs.

      3 Jésus répond par trois admirables paraboles : une brebis perdue, une drachme perdue, un fils perdu, indiquant dès l'abord que c'est précisément ce qui est perdu qu'il cherche avec compassion et amour. Puis, la joie qu'il éprouve de le retrouver et de le sauver devait couvrir de confusion les pharisiens, qui étaient animés de sentiments si différents.
      4 Jésus en appelle aux propres sentiments de ses auditeurs : Quel est l'homme d'entre vous ? Puis il recourt à cette image du bon berger, (Jean 10) sous laquelle de tout temps l'Eglise s'est représenté son Sauveur et son Chef.

      La brebis est incapable, dés qu'elle est égarée, de revenir au bercail ou de se défendre en présence du moindre danger, ou de supporter aucune fatigue. Pour qu'elle ne soit pas irrévocablement perdue, il faut que le berger la cherche, la porte, lui prodigue tous ses soins. Parfaite image de l'homme pécheur, éloigné de Dieu.

      J√©sus d√©crit sa compassion et son amour sous les traits de ce berger qui cherche sa brebis sans rel√Ęche jusqu'√† ce qu'il l'ait trouv√©e.

      Ce fut l√† l'Ňďuvre de toute sa vie¬†; et cette Ňďuvre, il la poursuit encore par ses serviteurs, par son Esprit, par tous les moyens de sa gr√Ęce.

      - Une seule brebis sur quatre-vingt-dix-neuf est peu de chose : "il résulte de là, dit M. Godet, que c'est moins l'intérêt que la pitié qui pousse le berger à agir comme il le fait."

      Les quatre-vingt-dix-neuf qu'il laisse au d√©sert, c'est-√†-dire dans les lieux non cultiv√©s, les steppes, o√Ļ l'on faisait pa√ģtre les brebis, repr√©sentent les Isra√©lites rest√©s ext√©rieurement fid√®les √† l'alliance divine et qui √©prouvaient beaucoup moins que les p√©agers et les p√©cheurs le besoin d'un Sauveur. (verset 7)

      6 Impossible d'exprimer d'une manière plus touchante les soins du berger pour sa brebis et sa joie de l'avoir retrouvée. (Comparer Ezéchiel 34.12-16)

      - Dans le verset suivant, Jésus nous dit ce qu'il faut entendre par les amis et les voisins.

      7 Qui est-ce qui éprouve cette joie dans le ciel ?

      Dieu, le Sauveur, les anges de Dieu, (verset 10) qui prennent part au salut d'une √Ęme perdue. Quel amour se r√©v√®le dans ce trait de la parabole¬†!

      - Mais existe-t-il sur la terre des justes qui n'ont pas besoin de repentance ? (Voir sur ce dernier mot, Matthieu 3.2, note.)

      J√©sus l'enseignerait-il ici¬†? Nullement. Il parle au point de vue de cette l√©galit√© dont se pr√©valaient ses auditeurs pharisiens. Il emploie les termes de p√©cheurs, justes, repentance dans le sens ext√©rieur o√Ļ ils les entendaient, eux qui s'imaginaient qu'il suffisait de faire partie du peuple de l'alliance et d'observer les ordonnances l√©vitiques pour √™tre assur√© du salut.

      J√©sus veut leur faire comprendre que Dieu pr√©f√®re les sentiments d'humiliation et d'amour, qu'√©prouve le p√©cheur repentant, √† la propre justice de ceux qui ne se sont jamais √©cart√©s du droit chemin. Cette pens√©e ressort plus clairement de la parabole de l'enfant prodigue et de l'attitude prise par le fils a√ģn√©. (verset 25)

      J√©sus ne dit pas cependant que la justice des Isra√©lites fid√®les √† la loi n'est rien aux yeux de Dieu et n'√©veille dans le ciel ni joie ni amour. Mais comment n'y aurait-il pas eu plus de joie pour ces pauvres p√©agers qui venaient se jeter dans les bras du Sauveur et recevoir dans leur cŇďur, d√©j√† renouvel√© par la repentance, les paroles de mis√©ricorde et de pardon qu'il leur adressait¬†? D√®s ce moment, ils lui appartenaient tout entiers et lui faisaient le sacrifice de leur vie, par une reconnaissance et un amour qui sont l'√Ęme de toute vraie pi√©t√©.

      - Matthieu (Matthieu 18.12-14, voir les notes) nous a aussi conserv√© cette parabole, mais en lui donnant une place et une signification diff√©rentes de celles qu'elle a chez Luc. Elle sert √† peindre l'amour et les soins du Sauveur pour "un de ces petits" qu'il d√©fend de m√©priser et qu'il repr√©sente ensuite sous l'image de cette brebis perdue, qu'il va chercher et sauver. Cette application de la parabole ne manque pas de v√©rit√©¬†; mais il faut reconna√ģtre que c'est dans Luc qu'elle a sa vraie place et son sens le plus profond.

      Au reste il est probable que cette image revint plus d'une fois dans les enseignements du Sauveur.

      9 La drachme était une monnaie grec que, valant, comme le denier romain, un peu moins d'un franc, prix de la journée d'un ouvrier. (Matthieu 20.2)

      La répétition du mot (dix drachmes, une seule drachme), omise par nos versions, et plus encore la description des soins minutieux que prend cette pauvre femme pour retrouver sa drachme perdue, sont destinées à montrer combien elle lui était précieuse. Péniblement gagnée, cette pièce d'argent était nécessaire à sa subsistance.

      Ainsi, cette parabole tr√®s semblable √† la pr√©c√©dente, nous r√©v√®le l'amour de Dieu sous un aspect diff√©rent. L√†, c'est sa compassion pour un √™tre malheureux et en danger de p√©rir¬†; ici, c'est le prix que conserve √† ses yeux, tout perdu qu'il est, un homme cr√©√© √† son image, destin√© √† lui appartenir pour toujours. Dieu fera tout plut√īt que de consentir √† le perdre. C'est bien l'un des caract√®res de l'amour, qui est peint sous l'image de la joie de cette femme.

      10

      Ces termes¬†: devant les anges de Dieu, correspondent √† dans le ciel (verset 7) et expriment plus clairement qui √©prouve cette joie. Ils peuvent indiquer, soit la joie que les anges eux-m√™mes √©prouvent du salut d'une √Ęme, soit la joie de Dieu, qui se manifeste devant eux, en leur pr√©sence. Le premier sens est probablement dans la pens√©e de J√©sus

      11 11 à 32 Parabole de l'enfant prodigue.

      Les deux paraboles qui précèdent suffisaient, semble-t-il, pour confondre les murmures des pharisiens, (verset 2) d'autant plus que Jésus en avait lui-même clairement indiqué la signification. (versets 7,10)

      Mais il avait √† cŇďur de peindre dans leur profondeur, leur complexit√© et leurs tragiques alternatives, ces rapports de l'homme avec Dieu qui constituent toute la religion. Il le fait dans un tableau saisissant emprunt√© √† la vie de tous les jours. Il montre comment l'homme se perd par le p√©ch√©, comment il se retrouve par la repentance, et quelle est la mis√©ricorde infinie de Dieu qui le re√ßoit et le sauve. Il met enfin l'homme de la l√©galit√© dans une opposition frappante avec le p√©cheur repentant.

      "De l√† cette troisi√®me parabole, √©galement parfaite par la finesse de l'observation psychologique, par la v√©rit√© pittoresque de l'expos√© des divers √©tats de l'√Ęme et de ses impressions, et par une vue profonde et touchante de l'amour divin¬†; c'est la perle parmi les enseignements de J√©sus et, entre les paraboles, la plus belle et la plus saisissante." Meyer.

      Jésus peint ainsi au vif les deux portions de son auditoire : les péagers et les pécheurs repentants qui viennent à lui, et les pharisiens qui en murmurent. (versets 1,2)

      Ces deux fils, la description de leur vie et de leur caractère, sont le sujet des deux parties de la parabole.

      - Plusieurs P√®res de l'Eglise ont voulu voir dans l'a√ģn√© le peuple juif et dans le plus jeune les pa√Įens. Les th√©ologiens de l'√©cole de Tubingue se sont empress√©s de saisir cette interpr√©tation, pour en appuyer leurs id√©es sur l'√©poque tardive de la r√©daction des √©vangiles et sur les tendances qu'ils attribuent sp√©cialement √† celui de Luc.

      C'est l√† m√©conna√ģtre absolument la situation. J√©sus n'avait d'autre but que de r√©pondre aux besoins divers de son auditoire.

      12 Le plus jeune est dans l'√Ęge des passions, particuli√®rement expos√© aux s√©ductions du monde.

      La part du bien qui devait un jour lui √©choir en h√©ritage √©tait, d'apr√®s le droit mosa√Įque, (Deut√©ronome 21.17) la moiti√© de ce qui revenait au fils a√ģn√©, soit le tiers de la fortune paternelle. Il demande √† son p√®re de lui remettre, par avance, en argent, l'√©quivalent de ce tiers. Le verset suivant va dire quelle √©tait son intention.

      Il leur partagea son bien, c'est-√†-dire que le p√®re fit la part de l'un et de l'autre, qu'il remit au fils cadet la sienne et conserva par devers lui celle du fils a√ģn√©. (verset 31)

      Le père n'avait aucune obligation à faire ce partage ; il aurait pu s'y refuser et contraindre ainsi son fils de rester auprès de lui. Il ne le fait pas, car cette contrainte n'aurait en rien changé les sentiments de ce fils. Dieu de même respecte la liberté de l'homme et lui laisse toute sa responsabilité ; car il sait que la confiance et l'amour doivent être libres.

      C'est par les expériences de la vie, si bien décrites dans cette histoire, que l'homme est ramené à Dieu. Aucun autre moyen n'y suffirait.

      13 Tel √©tait le but du jeune homme en demandant sa part de biens. Le manque d'amour pour son p√®re, la passion de l'ind√©pendance, lui rendent intol√©rable la discipline de la maison paternelle et lui √ītent tout sentiment du bonheur dont il aurait pu y jouir.

      Impatient de poss√©der sa libert√© (peu de jours apr√®s), il part, sans songer au chagrin qu'il va causer √† son p√®re. Le pays √©loign√© o√Ļ il se rend est l'image de l'√©tat de l'homme sans Dieu. L'√©loignement de Dieu est l'essence m√™me du p√©ch√©. Tout ce qui va suivre n'est que l'in√©vitable cons√©quence du d√©part de l'enfant prodigue.

      Son histoire, au sens propre, est celle d'une foule de jeunes fils de famille qui, vivant dans la dissolution, arrivent promptement √† dissiper leur fortune. Au sens figur√©, elle est celle de l'homme sans Dieu, qui se voit promptement priv√© par d'am√®res d√©ceptions, par le d√©go√Ľt, par le remords, de ce bonheur imaginaire qu'il demandait aux jouissances plus ou moins grossi√®res du monde.

      - Le mot grec que nous traduisons par : vivre dans la dissolution, est un adverbe qui signifie l'opposé de salutairement ; or, l'opposé du salut, c'est la ruine. Le substantif, qui est formé de la même racine, se trouve dans Ephésiens 5.18 ; 1.6 ; 1Pierre 4.4.

      14 Grec : et lui-même (indépendamment de la famine) commença à manquer (de tout).

      Ce mot¬†: il commen√ßa, marque un moment terrible dans l'exp√©rience du jeune insens√©. Il voit qu'il n'a plus aucune ressource, et autour de lui r√®gne une grande famine qui lui √īte tout espoir.

      Il n'est pas d'√©tat plus affreux que celui d'une √Ęme sans Dieu, vide de toute paix et de toute esp√©rance, remplie d'agitation et d'amertume, et √† laquelle le monde, dont elle a √©puis√© les jouissances, n'a plus rien √† offrir. N'avoir rien en soi, rien au ciel, rien sur la terre, c'est le d√©sespoir.

      Le jeune homme de la parabole reconna√ģtrait-il maintenant sa folie¬†? Songera-t-il √† revenir √† son p√®re¬†? Non, pas encore. Il faut qu'il descende encore plus bas dans l'ab√ģme o√Ļ l'a conduit son p√©ch√© et qu'il en savoure toutes les amertumes.

      15 Ce jeune homme riche et libre dans la maison paternelle, le voil√† dans l'indigence et la servitude¬†; ce fils d'une famille honorable, le voil√† faisant pa√ģtre des pourceaux, ce qui, outre l'abjection du m√©tier, √©tait un objet d'horreur pour un Juif.

      Le verbe de l'original¬†: il s'attacha (litt√©r. il se colla), que nos versions affaiblissent en le traduisant par¬†: il se mit au service de, rel√®ve encore ce qu'il y avait d'abject dans cette d√©pendance √† l'√©gard d'un ma√ģtre pa√Įen.

      Il y a, dans le monde moral, des suites du péché plus dégradantes encore.

      16 Se remplir le ventre est la leçon du texte reçu avec A et la plupart des majuscules Sin., B, D lisent se rassasier, ce qui parait une correction.

      Quand, apr√®s avoir fait pa√ģtre les pourceaux toute la journ√©e, il les ramenait le soir au logis on les nourrissait ensuite de gousses (esp√®ce de f√®ves grossi√®res, servant √† l'alimentation des animaux)¬†; mais √† lui, personne ne lui en donnait.

      Le mépris qu'on lui témoigne ainsi en l'oubliant, la faim qui le dévore et que rien n'apaise, tel est le dernier degré d'un abaissement, d'une souffrance à laquelle on ne saurait rien ajouter.

      17 Etant donc rentr√© en lui-m√™me, tel est le premier pas vers le rel√®vement. Jusqu'alors, il avait v√©cu hors de lui-m√™me, entra√ģn√© par le tourbillon des passions, du monde ext√©rieur.

      Maintenant, il revient √† lui¬†; il voit toute l'horreur de sa situation et il d√©couvre dans son cŇďur un ab√ģme de maux, sur lesquels il avait volontairement ferm√© les yeux.

      D√®s ce moment, une pens√©e qu'il avait tenue √©loign√©e vient √©mouvoir son cŇďur profond√©ment malheureux¬†: son p√®re, la maison de son p√®re. L√†, il s'en souvient, m√™me les mercenaires, des ouvriers qui sont engag√©s pour un temps seulement et que le ma√ģtre n'a pas int√©r√™t √† soigner d'une mani√®re sp√©ciale, ont du pain (grec des pains) en abondance¬†; et lui, il meurt de faim. (Grec¬†: vrai texte¬†: mais moi je p√©ris ici de famine.)

      Il serait superflu de montrer la profonde v√©rit√© de tous ces traits dans l'exp√©rience morale de l'√Ęme.

      18 Du sentiment de sa mis√®re na√ģt dans le cŇďur du fils repentant une ferme r√©solution¬†; c'est le second pas dans son rel√®vement.

      - Malgr√© le trouble de sa conscience et le sentiment qu'il a de son indignit√©, il appelle encore son p√®re, ce p√®re qu'il a tant offens√©. J√©sus nous donne dans ce trait d√©licat toute une r√©v√©lation de la mis√©ricorde de Dieu, dont le sentiment persiste dans le cŇďur du p√©cheur repentant, et sans lequel il ne lui resterait que le d√©sespoir.

      Ceci encore appartient √† sa r√©solution. Il n'ira pas, devant son p√®re, invoquer comme excuses sa jeunesse, ses passions, ou les entra√ģnements du monde¬†; non¬†: j'ai p√©ch√©, voil√† le mot qui brise dans l'homme toutes les r√©sistances de l'orgueil, et qu'il n'arrive √† prononcer qu'apr√®s une lutte terrible contre cet orgueil.

      Les deux termes : contre le ciel et contre toi, n'ont de sens distinct que dans la parabole. Ils se confondent dans l'application.

      19 Grec : fais-moi comme l'un de tes mercenaires.

      Amener le pécheur à sentir qu'il a perdu tous ses titres à être un enfant de Dieu, tel est l'effet de la vraie repentance.

      Mais l'amour, qui rena√ģt dans son cŇďur avec la repentance, lui inspire en m√™me temps le d√©sir de rentrer en gr√Ęce aupr√®s de Dieu, d'√™tre admis dans sa famille, f√Ľtce √† la derni√®re place.

      20 Et s'√©tant lev√©¬†; la r√©solution prise est aussit√īt ex√©cut√©e. Quand on dit que "l'enfer est pav√© de bonnes r√©solutions," cela n'est vrai que de celles qui ont √©t√© prises sans un sentiment profond du p√©ch√©.

      Quel tableau √©mouvant¬†! Quelle r√©v√©lation de l'amour de Dieu¬†! Chaque mot en porte l'enseignement touchant et profond. Comme il √©tait encore loin, bien avant qu'il e√Ľt pu atteindre cette maison paternelle dont il ne s'approchait qu'en tremblant, son p√®re le vit.

      Evidemment le père l'attendait, sa tendresse était aux aguets pour surprendre le retour de son enfant. En se rappelant les deux paraboles précédentes, on peut même dire que c'est Dieu qui toujours prévient le pécheur ; il le cherche, il lui inspire le premier mouvement de repentance, de foi, d'amour, sans lequel ce pécheur ne reviendrait jamais à lui.

      Puis le p√®re court au-devant de son enfant, il lui facilite cette rencontre encore redout√©e¬†; enfin, il le presse sur son cŇďur, √©mu de compassion (grec √©mu dans ses entrailles), et lui donne, sans paroles, ce baiser de r√©conciliation qui efface pour jamais tout le pass√© et fait p√©n√©trer dans le cŇďur du fils l'assurance de l'amour inalt√©r√© de son p√®re. (Le verbe grec est compos√© d'une pr√©position qui renforce l'id√©e. M. Stapfer traduit¬†: il le baisa longuement.)

      Tout ce tableau est infiniment plus beau, plus complet, plus émouvant, que si le père avait exprimé par des paroles le pardon qu'il accordait à son fils.

      21 Voir versets 18,19, note.

      Les derniers mots de la réponse projetée : traite-moi comme l'un de tes mercenaires, manquent.

      On a expliqué leur absence en supposant que le père interrompt son fils.

      Il est peut-être plus naturel de penser que c'est le fils lui-même qui, en présence de l'accueil du père, se sent incapable d'aller jusqu'au bout. La tendre compassion que le père lui témoigne lui montre qu'il est pardonné et ne lui permet pas d'ajouter : traite-moi comme l'un de tes mercenaires.

      Crainte, regrets amers, angoisse de la conscience, tout dispara√ģt de son cŇďur maintenant combl√© de paix et d'amour.

      Plusieurs manuscrits (Sin, B, D, etc.) renferment cette demande copiée de verset 19.

      22 Honorez-le comme fils et fils bien-aimé d'un père riche et puissant.

      Un anneau au doigt et des souliers ou des sandales aux pieds étaient le signe de l'homme libre ; les esclaves allaient nupieds.

      La réhabilitation du fils est complète ; il reçoit le pardon de ses fautes gratuitement et tout de suite, sans conditions ni délais ; il est réintégré dans la maison et dans l'amour de son père comme si rien ne s'était passé.

      - Tel est le sens g√©n√©ral de ces traits de la parabole. Une saine ex√©g√®se ne doit pas se perdre dans des all√©gories imit√©es des P√®res de l'Eglise et d'apr√®s lesquelles la robe signifierait la justice de Christ, (Esa√Įe 61.10) l'anneau, le sceau du Saint-Esprit, les souliers, la facilit√© de marcher dans une vie nouvelle. (Eph√©siens 6.15)

      Les mêmes interprètes n'ont-ils pas vu aussi le diable dans le possesseur des pourceaux, dans les pourceaux eux-mêmes des démons, (versets 15,16) et dans l'immolation du veau gras le sacrifice de Christ ? !

      23 Notre parabole peint sous l'image d'un banquet de famille cette joie que les deux similitudes pr√©c√©dentes n'avaient fait qu'indiquer. (versets 7,10) Cette joie succ√®de aussi, dans l'√Ęme du p√©cheur sauv√©, aux profondes douleurs de la repentance.
      24 Mort et perdu, tel est l'état moral de tout homme qui ne vit pas en Dieu. (Comparer Matthieu 8.22 ; Ephésiens 2.1 ; 5.14)

      Dieu seul, en effet, est la source de la vie et la destination suprême de tout être intelligent. Revenir à Dieu, c'est donc revenir à la vie et retrouver sa destination éternelle.

      - Jésus décrit dans cette parabole le péché et ses suites amères, la repentance et le bonheur ineffable de la réconciliation avec Dieu ; mais il ne se présente pas comme le médiateur de cette réconciliation.

      Dans d'autres d√©clarations, il indique nettement l'Ňďuvre de la r√©demption qui seule permettra √† l'homme de rentrer en gr√Ęce aupr√®s de Dieu et de recevoir l'esprit d'adoption. (Matthieu 20.28¬†; 26.28, et souvent dans l'√©vangile de saint Jean)

      Quand cette Ňďuvre aura √©t√© accomplie, elle pourra √™tre expos√©e avec des d√©veloppements proportionn√©s √† son importance. On aurait donc bien tort d'opposer les enseignements de J√©sus-Christ √† ceux des ap√ītres et, en particulier, de s'appuyer sur notre parabole pour nier la n√©cessit√© de la r√©demption. Tout le christianisme ne saurait √™tre renferm√© dans une parabole.

      25 Mais, cette particule marque le contraste entre ce qui précède et ce qui va suivre.

      Ce fils a√ģn√© (grec plus √Ęg√©) √©tait donc occup√© au service de son p√®re (aux champs), employ√© √† une Ňďuvre bonne en soi. Et pourtant, les sentiments de son cŇďur, qu'il va nous r√©v√©ler, n'ont rien de filial. J√©sus, apr√®s avoir retrac√© le tableau du p√©cheur repentant et r√©concili√© avec Dieu, nous pr√©sente maintenant l'image des pharisiens m√©contents. (verset 2¬†; comparez avec versets 28-30)

      Dans tous les grands banquets, des morceaux de musique et des danses étaient exécutés le plus souvent par des gens engagés à cet effet.

      27 Ce serviteur, un simple esclave sans doute, ne mentionne que le veau gras tué, parce que c'était là, à ses yeux, la principale marque d'un joyeux banquet.

      De même, il ne sait rien dire de celui qui est l'objet de cette fête, sinon qu'il est venu et cela en bonne santé, terme qu'il faut entendre à la lettre, et non dans un sens moral.

      Cet esclave parle selon sa portée ; ce qu'il y a de plus profond dans la situation lui échappe. Admirable justesse de chaque trait de la parabole !

      28 L'exhortait à entrer et à montrer de meilleurs sentiments envers son père et son frère.

      C'est ce que Jésus faisait constamment à l'égard des pharisiens.

      29 Ce langage de la propre justice est pris sur le fait.

      Pour le fils a√ģn√©, √™tre dans la maison de son p√®re n'est pas un bonheur, mais un service (le mot grec signifie l'Ňďuvre d'un esclave), service dont il compte les ann√©es.

      Il se vante de n'avoir jamais violé les commandements de son père. Cela est possible, mais, pour un père, quelle est la valeur d'une obéissance sans amour ?

      Enfin, comme s'il n'avait pas eu la jouissance de toute la maison paternelle, il reproche à son père de ne lui avoir jamais donné de récompense, pas même un chevreau, peu de chose comparé au veau gras (B porte même un petit chevreau.)

      La récompense de l'enfant de Dieu, c'est le bonheur de la communion de son père. (Genèse 15.1) La propre Justice ignore cette vérité.

      30 Sans amour pour son p√®re, le fils a√ģn√© n'√©prouve pour son fr√®re que haine et m√©pris¬†: celui-ci, ton fils (il se garde bien de l'appeler mon fr√®re), qui a d√©vor√© ton bien (terme choisi √† dessein) avec des femmes de mauvaise vie.

      Ce dernier trait "est un coup de pinceau ajouté au tableau du verset 13 par la main charitable de ce frère." Godet.

      - Si la premi√®re partie de cette parabole devait √™tre un touchant encouragement pour les p√©agers et les p√©cheurs repentants qui √©coutaient le Sauveur, de quelle confusion ces paroles du fils a√ģn√© n'auraient-elles pas d√Ľ remplir les pharisiens dont elles traduisaient fid√®lement les murmures¬†? (versets 1,2)

      31 Ces paroles pleines d'amour (mon enfant) ont inspir√© √† quelques interpr√®tes la pens√©e qu'il faut envisager le fils a√ģn√©, malgr√© ses d√©fauts, comme un v√©ritable enfant de Dieu. Mais elles sont destin√©es seulement √† peindre la situation du fils a√ģn√© envers son p√®re telle qu'elle est donn√©e dans la parabole. Il √©tait toujours avec son p√®re et en aurait senti le bonheur, s'il avait su l'aimer. L'h√©ritage des biens de son p√®re lui √©tait assur√©.

      Telle était la position de tout le peuple de l'alliance. Il était auprès de Dieu, qui le cherchait même alors d'une manière spéciale par la présence du Sauveur, et toutes les richesses de sa miséricorde lui étaient offertes. (Romains 3.1 ; 9.1-5)

      Mais ce peuple, semblable au fils a√ģn√©, imbu d'une propre justice pharisa√Įque, ne savait pas jouir de ces immenses privil√®ges, parce qu'il fermait son cŇďur √† l'amour de Dieu et m√©prisait les pauvres p√©cheurs repentants qui venaient √† J√©sus.

      32 Grec : il fallait être dans l'allégresse (qui se manifeste par ce festin) et se réjouir ; il le fallait, car cette joie n'est que l'effusion de mon amour. (versets 7,10) Et l'objet de cette joie, c'est ton frère, qui était perdu et qui est sauvé. (verset 24, note.)

      Quel contraste entre ces paroles et les sentiments du fils a√ģn√©¬†! or ces sentiments √©taient ceux des pharisiens qui √©coutaient le Sauveur.

      - "Ici s'arr√™te la parabole. J√©sus ne raconte pas le parti qu'a pris le fils a√ģn√©. Pourquoi¬†? Parce que c'√©tait aux pharisiens √† voir eux-m√™mes ce qu'ils voulaient faire, s'ils entreraient, √† l'appel de Dieu, ou s'ils resteraient dehors. A eux d'achever la parabole." Godet.

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