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Luc 10

    • 1 La mission des soixante et dix disciples.

      Chapitre 10.

      1 à 16 L'envoi des soixante et dix.

      Après cela ou (grec) après ces choses, se rapporte à ce qui précède immédiatement depuis Luc 9.51, à la fin du ministère de Jésus en Galilée et à son départ pour Jérusalem, qui fut l'occasion des incidents rapportés à la fin du chapitre précédent.

      C'est ce moment important qu'il choisit pour envoyer devant lui ces nombreux disciples. Leur mission avait pour but de r√©veiller l'attention et de pr√©parer les voies √† sa pr√©dication dans les lieux o√Ļ lui-m√™me devait aller.

      - Le mot : autres disciples ne les désigne point, comme on l'a cru, par opposition aux messagers que Jésus envoya en Samarie, (Luc 9.52) mais distingue cette mission de celle des douze en Galilée. (Luc 9.1 et suivants)

      Jésus les envoie deux à deux : ils pouvaient se compléter l'un l'autre et se fortifier contre les dangers moraux et les découragements ; le témoignage aussi qu'ils étaient appelés à rendre en acquérait plus d'autorité. (Deutéronome 17.6 ; Matthieu 18.16)

      - On a donné diverses raisons de ce nombre soixante et dix.

      Les uns y ont vu, selon le symbolisme biblique des chiffres, le nombre des douze ap√ītres, multipli√© par six. On aurait ainsi soixante-douze, ce qui expliquerait pourquoi ce dernier terme se trouve r√©ellement dans plusieurs manuscrits (B, D etc.)

      D'autres ont voulu retrouver ici l'idée énoncée dans le Talmud que l'humanité entière renfermait, d'après Genèse 10, soixante-dix peuples, et mettre cette mission dans une relation quelconque avec l'évangélisation du monde.

      Mais comme il est fort peu probable que J√©sus ait pens√© alors √† cette opinion juive, et comme il n'envoie nullement ses disciples vers les nations pa√Įennes, cette interpr√©tation est √©trang√®re au texte. Il est plus naturel de supposer que, en s'arr√™tant √† ce nombre, J√©sus pensait aux soixante-dix anciens d'Isra√ęl, (Nombres 11.16 et suivants) comme il avait pens√© aux douze tribus en choisissant douze ap√ītres.

      - Ce fait nous montre combien les disciples de Jésus étaient nombreux dès cette époque, puisqu'il peut en choisir soixante-dix des plus capables pour leur confier cette importante mission. (Comparer 1Corinthiens 15.6) II ne les appelait pas, du reste, comme il l'avait fait pour les douze, à quitter d'une manière permanente leur vocation terrestre. Après avoir rempli cette mission et peut-être accompagné Jésus jusqu'à Jérusalem pour y célébrer la fête, ils devaient retourner à leurs travaux ordinaires.

      - Comme cet envoi des soixante-dix disciples a été passé sous silence par les deux premiers évangélistes, la critique négative n'a pas manqué d'y voir une invention de Luc, ou du moins une tradition sans fondement historique. A ce compte, il faudrait retrancher le tiers au moins des récits de notre évangile, qui ne trouvent de parallèles ni dans Matthieu, ni dans Marc.

      Voir le Commentaire de Meyer sur verset 1, et celui de M. Godet sur versets 23,24.

      2 Voir, sur ces paroles, Matthieu 9.37,38, notes.

      D'après cet évangéliste, ce fut au moment d'envoyer les douze dans leur première mission que Jésus fit entendre cette exhortation. Ne pourrait-on pas admettre que Jésus a prononcé plus d'une fois cette courte et grave sentence ?

      Les instructions qu'il va donner aux soixante-dix disciples ont été pour la plupart répétées également : quelques-unes, en effet se retrouvent, d'après Luc lui-même, (Luc 9.35) adressées aux douze.

      Par ce préambule Jésus veut faire sentir à ceux qu'il envoie l'importance du moment actuel et l'opportunité de la mission qu'il leur confie.

      3 Matthieu 10.16, note. Cet évangéliste dit : "comme des brebis."

      Luc : comme des agneaux ; image encore plus saisissante de la totale impuissance des disciples de Jésus au milieu des dangers du monde. Ils sont donc dans la nécessité absolue de se confier uniquement en lui pour leur sauvegarde.

      4 Même confiance pour ce qui est de leur subsistance matérielle. Matthieu 10.9,10, note ; Luc 9.3.

      Les chaussures sont des chaussures de rechange ; c'est ce qu'indique le verbe qui signifie : porter comme un fardeau.

      Les derniers mots de ce verset sont particuliers à notre évangéliste.

      Comment Jésus peut-il défendre à ses disciples de remplir un simple devoir de politesse ou même de bienveillance ?

      On a pensé qu'il voulait leur interdire de rechercher la faveur des hommes en prenant à leur égard une attitude obséquieuse.

      On a dit aussi que saluer quelqu'un en route peut signifier : se détourner de son chemin pour aller voir des personnes de connaissance ; mais il n'est même pas nécessaire de recourir à cette supposition, il suffit de se rappeler combien les salutations sont cérémonieuses et compliquées en Orient ; or Jésus veut que ses disciples soient pénétrés de l'importance suprême de leur mission et s'y consacrent exclusivement, sans perdre leur temps pour de vaines formes. (Comparer dans ce sens 2Rois 4.29)

      6 Matthieu 10.12,13, note.

      Ce terme¬†: enfant de paix (grec fils de paix), est un h√©bra√Įsme tr√®s expressif, qui signifie √™tre anim√© d'un esprit de paix, comme l'enfant est anim√© du souffle de sa m√®re.

      Matthieu rend la même pensée en disant : "Si la maison est digne," digne de la paix que vous lui souhaitez, capable de la recevoir.

      Le m√™me h√©bra√Įsme se trouve dans ces expressions¬†: fils de col√®re, (Eph√©siens 2.3) de perdition, de d√©sob√©issance, (Eph√©siens 5.6) de la g√©henne. (Matthieu 23.15)

      7 Matthieu (Matthieu 10.10, note) dit : digne de sa nourriture. (Comparer 1Corinthiens 9.14) Les disciples doivent se considérer simplement comme des membres de la famille.

      Luc 9.4, note. Si les disciples, apr√®s avoir re√ßu l'hospitalit√© dans une maison, passaient dans une autre, leurs h√ītes pourraient interpr√©ter cette conduite comme un signe de m√©contentement, un manque de reconnaissance et d'affection¬†; ils exciteraient ainsi des jalousies. Or, ils doivent apporter la paix. (verset 5)

      8 Dans leur attitude à l'égard d'une ville entière, les disciples seront guidés par les mêmes principes que dans leur conduite envers chaque maison particulière. (versets 5,7)
      9 Ce mot : dites-leur, ne se rapporte point seulement aux malades, mais à tous les habitants de cette ville.

      Ainsi, pour les malades, la guérison ; pour tous, la grande proclamation du royaume de Dieu, (comparez Matthieu 3.2, 2e note) qui s'est approché de vous (parfait, indiquant un fait accompli) : telle est la double et bienfaisante mission des disciples.

      11 Matthieu 10.14. Note ; Luc 9.5.

      - L'action symbolique, si sévère de secouer la poussière de leurs pieds ne suffit pas ; ils doivent proclamer qu'ils le font, en disant aux habitants : c'est à vous, contre vous-mêmes.

      Mais la responsabilit√© de toutes les gr√Ęces de Dieu reste sur la t√™te de ces rebelles¬†; car il faut qu'ils le sachent, le royaume de Dieu s'est approch√©.

      Le texte reçu avec A, C, la plupart des majusc, la Syriaque, ajoute de vous ; ces mots, omis par Sin., B, D, paraissent empruntés au verset 9. Ce qui était là l'annonce de la bonne nouvelle devient ici une menace.

      12 Grec : ce sera plus tolérable pour Sodome que...(Matthieu 10.15 ; 11.24, notes.)

      En ce jour-là, Matthieu dit plus explicitement : "au jour du jugement."

      15 Voir, sur ces paroles, Matthieu 11.21-24, notes.

      Dans le premier évangile, ces reproches aux villes galiléennes suivent immédiatement le discours de Jésus sur le ministère de JeanBaptiste, resté inutile pour le grand nombre. Jésus voyait dans ce fait le prélude de l'endurcissement qui se produirait en présence de son propre ministère.

      Dans Luc, ces paroles, placées à la fin de ce même ministère en Galilée paraissent encore plus frappantes. Si l'on hésite a se prononcer entre les deux situations, ne peut-on pas penser avec Meyer que le malheur de ces villes inspirait à Jésus une tristesse assez grande pour qu'il ait fait entendre plus d'une fois à leur sujet ces douloureuses plaintes ?

      - Luc peint d'une manière saisissante un état de repentance et d'humiliation profonde par ces mots : assis (le vrai texte a le masculin, se rapportant aux habitants de la ville) dans le sac et la cendre ; (verset 13) allusion à l'usage oriental de se revêtir d'une tunique grossière, espèce de cilice, et de s'asseoir dans la cendre, en signe de pénitence ou de profonde affliction.

      - D'apr√®s une variante de Sin., B, D, admise par Tischendorf, Westcott et Hort, il faudrait traduire les premiers mots du verset 15 par une question¬†: "Et toi, Caperna√ľm, seras-tu √©lev√©e jusqu'au ciel¬†?" Outre ce qu'il y a de peu naturel dans cette pr√©tention attribu√©e √† Caperna√ľm, les t√©moignages sont insuffisants pour faire adopter cette le√ßon.

      16 Comparer Matthieu 10.40 ; Jean 13.20, note ; 1Thessaloniciens 4.8. Jésus revient à ses disciples et à leur mission actuelle. (verset 1)

      Ceux qui, agissant tout autrement que ces villes rebelles, les écoutent, écoutent Jésus lui-même qui les a revêtus de son autorité ; et cette autorité est celle de Dieu même.

      Quelle n'est donc pas la grandeur de l'Ňďuvre qu'il leur confie¬†! Ainsi la pens√©e de J√©sus s'√©l√®ve jusqu'√† Dieu √† qui il s'assimile, et dont la majest√© divine se refl√®te dans l'humble apparition des envoy√©s du Christ.

      17 17 à 24 Le retour des soixante et dix.

      Entre l'envoi des disciples et leur retour, il dut s'√©couler un assez long temps, la nature de leur mission l'exigeait. J√©sus du reste les suivait lui-m√™me de lieu en lieu pour compl√©ter l'Ňďuvre commenc√©e par eux. (verset 1)

      Luc passe par-dessus cet intervalle, afin de rapporter imm√©diatement ce qu'il avait √† dire de cette mission. Il ne nous apprend pas m√™me o√Ļ les disciples se retrouv√®rent r√©unis autour du Ma√ģtre.

      Ce qui lui importe, c'est de faire conna√ģtre les r√©sultats de leur Ňďuvre. Ils en sont p√©n√©tr√©s d'une joie qu'ils expriment na√Įvement. Non seulement leur pr√©dication avait √©t√© bien re√ßue, et ils avaient pu gu√©rir des malades, (verset 9) mais les d√©mons m√™mes avaient ob√©i √† leur voix, bien que J√©sus ne leur e√Ľt pas donn√©, comme aux douze, d'ordre ni de promesses quant √† ces cas particuli√®rement difficiles. (Luc 9.1)

      De l√† leur joyeuse surprise. Ils se gardent, toutefois, de s'attribuer cette puissance, et ils se h√Ętent d'ajouter¬†: en ton nom.

      Il ne faudrait pas conclure de leurs paroles qu'ils consid√©raient l'expulsion des d√©mons comme la partie essentielle de leur Ňďuvre.

      18 La joie des disciples s'est communiqu√©e au cŇďur du Ma√ģtre¬†; tout le discours qui suit la respire. (verset 21)

      Tandis qu'ils lui font part du pouvoir qu'ils exer√ßaient sur les d√©mons, J√©sus leur donne √† conna√ģtre la d√©ch√©ance du prince des d√©mons¬†; il la voyait en esprit (grec contemplait), comme une r√©alit√©, r√©sultat glorieux de son Ňďuvre sur la terre.

      Ces mots¬†: tomber du ciel, ne signifient point que J√©sus attribu√Ęt √† Satan le ciel pour demeure, mais on peut retrouver ici l'id√©e de Paul que les d√©mons habitent des r√©gions sup√©rieures √† la terre¬†; (Eph√©siens 2.2¬†; 6.12) ou, mieux encore, on peut prendre cette expression dans un sens figur√©¬†: J√©sus voyait Satan pr√©cipit√© des hauteurs de sa domination et de son orgueil. Et telle est la rapidit√© de cette chute, que J√©sus la compare √† un √©clair qui resplendit un instant pour s'√©teindre dans les t√©n√®bres.

      Mais quand est-ce que Jésus voyait cette victoire sur le démon ? Ce verbe à l'imparfait, aussi bien que le contexte, reporte naturellement la pensée sur la période dont les disciples rendent compte à Jésus ; la chute de Satan que Jésus contemplait, avait lieu simultanément avec l'action des disciples qui attaquaient son règne ténébreux. Les premières victoires qu'ils remportaient étaient des gages de la victoire complète.

      - En effet, cette myst√©rieuse d√©claration du Sauveur est proph√©tique autant qu'actuelle. Elle s'est virtuellement accomplie par la mort et la r√©surrection de J√©sus-Christ¬†; (Jean 12.33) elle s'accomplit r√©ellement en toute √Ęme qui √©chappe √† la puissance des t√©n√®bres, pour se r√©fugier dans le r√®gne du Sauveur¬†; (Actes 26.18) elle s'accomplira d√©finitivement un jour par la destruction de Satan et de son r√®gne. (Apocalypse 12.9¬†; 20.2,3)

      D'autres interpr√®tes (Meyer) rapportent ce verbe¬†: Je voyais, au moment o√Ļ J√©sus chargeait les soixante-dix disciples de leur mission et leur donnait ses ordres. (verset 1 et suivants)

      D'autres pensent que, dans ces paroles, Jésus fait allusion à sa victoire sur Satan, lors de la tentation au désert.

      D'après d'autres encore, il rappellerait que Satan a été précipité du ciel après sa première révolte contre Dieu.

      Ces vues, surtout les deux dernières, sont absolument étrangères au contexte.

      19 Voici¬†; J√©sus met par ce mot de la solennit√© dans sa d√©claration et fait na√ģtre l'attente de quelque chose de nouveau. Le texte re√ßu avec A, D, majuscules porte¬†: Je vous donne le pouvoir¬†; la variante de Sin., B, C, ici adopt√©e, je vous ai donn√© (en grec, le parfait, exprimant un fait accompli et permanent), est pr√©f√©rable, car √©videmment J√©sus leur avait d√©j√† donn√© ce pouvoir dont ils venaient de faire l'exp√©rience, mais il leur r√©v√®le que c'est un pouvoir beaucoup plus √©tendu qu'ils ne le soup√ßonnaient.

      En effet, marcher sur des êtres malfaisants, comme des serpents ou des scorpions, (comparez Psaumes 91.13) c'est être victorieux des dangers de toute sorte que présentent la nature, (Actes 27.22 ; 28.3) l'inimitié des hommes (Actes 12.6 et suivants) et les tentations morales, (1Corinthiens 10.13 ; 2Corinthiens 12.7) ces dernières surtout, puisque Jésus y comprend toute la puissance de l'ennemi.

      Cet ennemi n'est autre que Satan, dont il vient de parler. Jésus résume cette magnifique dispensation de ses dons dans ces derniers mots : rien ne vous nuira.

      20 La joie des disciples est certainement légitime, mais Jésus ne veut pas qu'ils s'y arrêtent, parce qu'elle peut être pleine de danger pour leur humilité et que les succès qui la nourrissent laissent subsister une redoutable question relative à leur destinée éternelle. (Matthieu 7.22,23 ; 1Corinthiens 9.27)

      Il n'y a pour le serviteur de Dieu qu'une joie √† laquelle il puisse se livrer sans arri√®re-pens√©e, c'est la joie d'√™tre sauv√© par gr√Ęce. Il ne faut donc pas ajouter avec le texte re√ßu¬†: r√©jouissez-vous plut√īt.

      L'assurance du salut est ici exprim√©e par une image famili√®re aux Ecritures et emprunt√©e √† l'usage d'inscrire dans un livre les noms des citoyens d'une ville. (Exode 32.32,33¬†; Psaumes 69.29¬†; Esa√Įe 4.3¬†; Philippiens 4.3¬†; Apocalypse 21.27)

      21 Voir, sur les belles et profondes paroles du Sauveur qui suivent, Matthieu 11.25-27, notes.

      En cette m√™me heure,...ces mots lient intimement les paroles de J√©sus qui vont suivre √† celles qui pr√©c√©dent, et indiquent la cause de ce tressaillement de joie qu'il √©prouve. Il n'y a donc pas de doute que la place assign√©e par Luc √† cette effusion de l'√Ęme du Sauveur ne soit la vraie.

      Matthieu (Matthieu 11.28) la fait suivre par la touchante invitation adress√©e aux √Ęmes "fatigu√©es et charg√©es."

      Bien que Jésus n'ait approuvé la joie de ses disciples qu'avec une sage réserve, (verset 20, note) il s'y associe pleinement ; mais sa joie à lui a des motifs infiniment plus élevés, parce que son regard pénètre jusqu'au fond ces premiers succès de son règne et les triomphes dont ils seront suivis.

      Tandis que l'Evangile nous fait fr√©quemment conna√ģtre les tristesses et les larmes du Sauveur, c'est ici √† peu pr√®s le seul endroit o√Ļ il nous parle de sa joie et m√™me de son all√©gresse (sens du terme original).

      - Une variante dit : Il tressaillit de joie en l'Esprit-Saint c'est-à-dire que ce serait l'Esprit de Dieu qui aurait inspiré à Jésus ce vif mouvement de joie.

      Malgré l'autorité de Tischendorf et d'autres critiques, qui se fondent sur Sin., B, C, D, l'Itala et la syr., il est probable que la leçon du texte reçu doit être préférée. Elle signifie que c'est dans l'intimité profonde de son être spirituel que Jésus éprouva cette sainte joie.

      Grec : bon plaisir devant toi, en ta présence, c'est-à-dire à ton jugement, selon ta sagesse et ta miséricorde. (Matthieu 11.26, note.)

      22 Ces mots : et se tournant vers ses disciples, manquent dans Sin., B, D, Itala ; mais ils sont confirmés par A, C, majuscules, versions, et Tischendorf les maintient.

      Plusieurs critiques modernes, dont M. Godet, les suppriment. On pourrait √™tre tent√©, en effet, de croire que cette phrase a √©t√© transcrite ici du verset 23 par une inadvertance de copiste, d'autant plus qu'elle para√ģt faire double emploi avec celle-l√†. Mais, dans ce cas, on y aurait aussi ajout√©¬†: en particulier¬†; et ce qui parait d√©cisif pour le maintien de ces mots, qui manquent dans Matthieu, c'est que J√©sus n'adresse pas les paroles du verset 22 √† Dieu son P√®re¬†; elles ne peuvent √™tre qu'une r√©v√©lation faite aux disciples sur les rapports ineffables entre le Fils et le P√®re.

      Voir Matthieu 11.27, notes.

      Luc emploie le verbe simple¬†: nul ne conna√ģt, tandis que Matthieu a un verbe compos√© qui signifie conna√ģtre √† fond¬†; mais en revanche il pr√©cise l'objet de cette connaissance par la tournure¬†: qui est le Fils,...qui est le P√®re.

      24 Voir, sur ces paroles, Matthieu 13.16,17, notes.

      Dans le premier évangile, Jésus les adresse à ses disciples qui avaient le bonheur d'entendre et de comprendre les instructions qu'il leur donnait par ses paraboles, tandis que pour d'autres elles restaient une lettre fermée.

      Ici, il veut leur faire sentir combien ils sont heureux d'√™tre les t√©moins de ce moment le plus √©clatant de son minist√®re et d'y prendre eux-m√™mes une part active. Aussi leur adresse-t-il ces paroles en particulier et comme √† voix basse, parce qu'eux seuls devaient les recueillir dans leur cŇďur.

      Aux prophètes qui, d'après Matthieu, avaient soupiré après ces révélations évangéliques, Luc ajoute : beaucoup de rois. Ainsi un David, qui les entrevoyait par l'esprit de prophétie, un Salomon, un Ezéchias et d'autres princes pieux, qui avaient gouverné le peuple de Dieu selon sa parole.

      25 La parabole du Samaritain. Marthe et Marie.

      25 à 37 Entretien de Jésus avec un docteur de la loi.

      Luc n'indique point le lieu de l'entretien qui va suivre. Il désigne fréquemment par le terme de légistes les hommes qui sont appelés ailleurs scribes ou docteurs de la loi. (Voir Matthieu 23.2, note.)

      Peut-√™tre celui-ci avait-il √† la fois l'intention de s'instruire et celle de voir si J√©sus r√©pondrait d'une mani√®re orthodoxe √† sa question. S'il avait √©t√© un adversaire d√©clar√© de la v√©rit√©, il est peu probable que J√©sus e√Ľt prolong√© l'entretien.

      - Plusieurs interpr√®tes identifient ce trait avec celui qui se lit dans Matthieu 22.35 et suivants et Marc, Marc 12.28 et suivants, parce que dans l'un et dans l'autre est cit√© le sommaire de la loi, le grand commandement de l'amour. Mais n'est-il pas naturel qu'une telle citation repar√Ľt dans plusieurs de ces discussions sur la vie religieuse, dont l'amour de Dieu est le centre¬†?

      Tout le reste de l'entretien rapporté ici par Luc diffère de celui que nous trouvons dans Matthieu : l'époque, le lieu, la question du légiste et la belle parabole qui nous explique ce qu'est l'amour du prochain. Il n'est donc pas possible d'identifier les récits de Matthieu et de Marc avec celui de Luc.

      Grec : Quoi ayant fait hériterai-je ?...Cette question est inspirée par l'idée de la propre justice. (Matthieu 19.16, note.)

      "C'est comme s'il disait : Que ferai-je pour voir le soleil de justice ? Pour le voir, il ne s'agit pas de faire, mais d'ouvrir les yeux. (verset 23) Mais Jésus répond à cette question par fais (versets 28,37) comme à l'expression de vie éternelle par tu vivras." (verset 28) Bengel.

      26 Ces deux questions sont à peu près équivalentes. La première porte sur le contenu de la loi, la seconde a trait à la forme, aux termes dans lesquels ce contenu est exprimé.
      27 Voir, sur cette citation, Matthieu 22.37,38, notes et Marc 12.30.

      Il √©tait assez naturel que le scribe, interrog√© sur ce qui faisait l'essence de la loi, aussi bien que de la vie religieuse et morale, cit√Ęt ce grand commandement de l'amour de Dieu, qu'il emprunte √† Deut√©ronome 6.5¬†; car les Isra√©lites devaient r√©citer matin et soir ces paroles, et les scribes les portaient inscrites sur les phylact√®res. (Matthieu 23.5 note.)

      Quant au second commandement concernant l'amour du prochain, il est emprunt√© √† L√©vitique 19.18, et l'on peut se demander si ce l√©giste a eu de lui-m√™me assez de sagesse pour le joindre aussit√īt au premier, ou si J√©sus l'a amen√© √† faire ce rapprochement. (Comparer Matthieu 22.37-39)

      - Le texte re√ßu, apr√®s avoir dit¬†: de tout ton cŇďur, conserve la m√™me pr√©position devant les trois mots qui suivent¬†; mais une variante de Sin., B, adopt√©e par Tischendorf, la remplace par la pr√©position dans ou par.

      Sur quoi M. Godet fait cette remarque tr√®s juste¬†: "La vie morale sort du cŇďur et se produit au dehors dans ou par les trois formes d'activit√© indiqu√©es. Ainsi l'√©lan vers Dieu part du cŇďur, puis il se r√©alise par le sentiment qui se nourrit de cet √™tre supr√™me par la communion personnelle avec lui et par tout ce qui peut servir √† l'entretenir, par la volont√© qui se consacre √©nergiquement √† l'accomplissement de sa volont√© et par l'intelligence qui recherche les traces de ses perfections dans toutes ses Ňďuvres."

      28 Tu vivras, c'est-à-dire tu auras actuellement en toi cette vie éternelle dont tu t'enquiers.

      Mais en lui disant¬†: fais cela, J√©sus, qui connaissait la parfaite impossibilit√© o√Ļ est l'homme naturel d'aimer ainsi Dieu et le prochain de toutes les puissances de son √™tre, ne voulait que renvoyer le questionneur √† sa propre conscience, apr√®s l'avoir renvoy√© √† la loi. (Comparer Matthieu 19.17, 2e note.)

      S'il s'appliquait s√©rieusement √† la pratiquer, il reconna√ģtrait bient√īt, avec une douloureuse humiliation, son incapacit√©, et il recourrait √† la gr√Ęce qui cr√©e l'amour dans le cŇďur.

      Aussi Bengel remarque-t-il avec finesse, sur ce mot fais cela : "Jésus tente à bon droit et de la bonne manière celui qui l'avait tenté à tort" (verset 25)

      29 Voulant se justifier lui-même. Mais qui donc l'accusait ? Sa propre conscience, rendant témoignage au dedans de lui que jamais il n'avait aimé de cette manière ni Dieu ni son prochain.

      Il faut donc bien se garder de traduire avec Ostervald¬†: voulant para√ģtre juste, ou de penser qu'il voulait se justifier d'avoir fait une question oiseuse.

      Non, il se sent repris dans son intérieur, et s'il avait été sincère, il aurait demandé à Jésus : Comment puis-je aimer ainsi ? Au lieu de cela, il se jette dans une question théologique, débattue alors parmi ses pareils : Qui est mon prochain ? Par là il persistait dans son intention d'éprouver Jésus ; car si le Sauveur avait répondu : Tout homme, le légiste aurait montré qu'il était en contradiction avec la doctrine des scribes et des pharisiens, qui ne considéraient comme leur prochain que les Juifs, à l'exclusion des étrangers.

      A cette question toute nouvelle, très différente de la première, (verset 25) Jésus répond par l'admirable parabole qui va suivre.

      30 Le chemin de J√©rusalem √† J√©richo, long d'environ sept lieues, traverse une r√©gion montagneuse et solitaire, o√Ļ J√©r√īme nous apprend que de son temps des brigands arabes attaquaient fr√©quemment les voyageurs. Il n'en est pas autrement aujourd'hui. (Voir le Voyage en Terre-Sainte de M. F. Bovet, 7e √©dit., p. 242 et suivants)

      Le sort du malheureux qui tomba entre les mains de ces malfaiteurs est dépeint en trois mots, de la manière la plus tragique, dépouillé de ses vêtements, couvert de blessures, à demi mort.

      Quelle duret√© de cŇďur ne faudrait-il pas pour le voir avec indiff√©rence¬†!

      32 J√©sus fait passer √† dessein un sacrificateur et un L√©vite, deux hommes qui, par leurs lumi√®res comme par leurs fonctions sacr√©es, auraient d√Ľ √™tre les premiers √† accomplir la loi de la charit√©.

      - Ce mot, choisi intentionnellement¬†: il passa outre, pourrait se traduire plus litt√©ralement par¬†: il passa du c√īt√© oppos√©, ne voulut pas m√™me s'approcher du malheureux.

      33 Un Samaritain¬†! un homme m√©pris√© et ha√Į de tout Juif¬†!

      Il pouvait voir dans le malheureux bless√©, non seulement un √©tranger, un indiff√©rent, mais un ennemi¬†: il ne l'a pas plus t√īt aper√ßu dans sa mis√®re, qu'il en est touch√© de compassion (grec √©mu dans ses entrailles).

      Jésus ne perd aucune occasion de réagir contre les préjugés qui divisaient les Juifs et les Samaritains. (Luc 9.55 ; 17.16 ; Jean 4.5 et suivants)

      34 Un mélange d'huile d'olives et de vin est un remède fréquemment employé en Orient pour purifier et adoucir les plaies.
      35 Le texte reçu, avec A, C et les majuscules, après le lendemain, porte : en sortant ; ce dernier mot ne se trouve pas dans Sin., B, D : il a été ajouté pour rendre la situation plus claire.

      - Deux deniers, un peu moins de deux francs pouvaient, en ce temps-l√†, couvrir la d√©pense d'un homme pendant deux jours, au terme desquels le Samaritain pensait √™tre de retour, revenant de J√©rusalem o√Ļ il se rendait probablement.

      - Il faut consid√©rer dans leur ensemble les traits de ce tableau touchant, peint avec une extr√™me d√©licatesse. A peine le voyageur a vu le malheureux bless√©, qu'il en est √©mu de compassion¬†; il s'approche, il bande de ses propres mains ses plaies sanglantes, il y verse le rem√®de, il place cet homme √† demi mort sur sa propre monture, et lui, il marche √† ses c√īt√©s, s'attarde, en m√©prisant le danger, dans ce chemin mal fam√©, jusqu'√† ce qu'il ait atteint une h√ītellerie¬†; l√† encore, il soigne son malade, passe la nuit aupr√®s de lui, se charge de sa d√©pense et ne le quitte le lendemain qu'en le recommandant √† la sollicitude de l'h√īte et en s'engageant √† d√©frayer ce dernier de toutes ses avances.

      L'Ňďuvre de la charit√© est v√©ritablement compl√®te. Si cet √©tranger √©tait son fr√®re ou son ami, le Samaritain n'aurait rien pu faire de plus.

      36 Le scribe avait posé cette question froidement spéculative : Qui est mon prochain ? Jésus retourne la question : Qui a été le prochain ? de sorte que le scribe devait se demander : Le suis-je moi ? l'auraisje été, à la place du Samaritain ?
      37 Le docteur de la loi √©vite de prononcer avec √©loge le nom abhorr√© du Samaritain¬†; mais sa conscience l'oblige √† reconna√ģtre que celui qui a exerc√© cette touchante mis√©ricorde envers ce pauvre Juif bless√© s'est comport√© comme son prochain.

      Et s'il n'étouffe pas cette voix de sa conscience, il arrivera à la conclusion qu'un Samaritain même est son prochain à lui, docteur de la loi. Il saura alors qui est son prochain.

      Toutefois, le savoir n'est rien, c'est pourquoi Jésus le congédie avec ce mot : Va, et toi fais de même.

      Il faut remarquer que le Sauveur n'ajoute pas, comme au verset 28 : et tu vivras.

      38 38 à 42 Jésus chez Marthe et Marie.

      En chemin vers Jérusalem. (Luc 9.51, note.) Grec : il entra lui.

      On a pensé que ce pronom opposait Jésus à ses disciples et indiquait qu'il entra seul, sans ses disciples, dans ce bourg. Mais cela ne ressort pas du texte et le dérangement causé par l'arrivée de Jésus, (verset 40) comme aussi le fait qu'il continue à enseigner, (verset 39) fait supposer la présence des disciples. Ce bourg, que Luc ne nomme pas, était Béthanie. (Jean 11.1 et suivants, 12 : 1 et suivants)

      La place o√Ļ Luc intercale ce trait dans son r√©cit est difficile √† expliquer.

      Peut-on admettre que l'évangéliste ignore le nom de Béthanie, rendu si célèbre dans la tradition par la résurrection de Lazare ?

      Pouvait-il ne pas savoir que Marthe et Marie √©taient les sŇďurs de ce dernier¬†? Faudrait-il, avec une certaine critique, lui imputer l'erreur de placer en Galil√©e l'histoire qu'il va raconter¬†?

      Toutes ces explications sont inadmissibles. Ce qui est évident, c'est que ce passage, comme d'autres dans les trois premiers évangiles, (Matthieu 23.37 ; Luc 13.34 ; 19.42) suppose les voyages de Jésus à Jérusalem, racontés par Jean.

      On peut même penser ici, avec M. Godet, à la visite que Jésus fit dans cette ville pour la fête de la Dédicace en décembre, (Jean 10.22) et admettre que cette visite eut lieu pendant que les soixante-dix disciples accomplissaient leur mission : (verset 1 et suivants) Luc, puisant dans les documents dont il disposait le trait exquis qui va suivre, l'aurait consigné dans son récit, sans autre indication plus précise.

      De ce que Marthe est d√©sign√©e comme ma√ģtresse de maison, on a conclu, avec assez de vraisemblance, qu'elle √©tait veuve, ou du moins la sŇďur a√ģn√©e de la famille. Il est digne de remarque en tous cas, qu'elle remplit exactement le m√™me r√īle et montre les m√™mes sentiments dans les deux beaux r√©cits conserv√©s par Jean. (Jean 11 et Jean 12)

      Le caract√®re de Marie, sa sŇďur, s'y retrouve √©galement d√©peint par des traits tout semblables √† ceux que lui pr√™te Luc. Il se peut m√™me que Jean, (Jean 11.1) en d√©signant B√©thanie comme "le bourg de Marie et de Marthe sa sŇďur," fasse allusion √† l'histoire racont√©e ici par Luc.

      39 Au verset 39, il faut traduire : s'étant assise, et non : se tenant assise ;

      au verset 40, il faut lire¬†: ma sŇďur m'a laiss√©e (Sin. D), au lieu de¬†: me laissait (B, A, C) seule.

      La plupart de nos versions traduisent √† tort par le pr√©sent¬†: me laisse seule, ce qui signifierait que Marie n'avait rien fait pour recevoir le Seigneur, tandis qu'elle avait d'abord second√© sa sŇďur dans les soins du m√©nage, avant de venir s'asseoir aux pieds du Seigneur et √©couter sa parole.

      Par là se trouve considérablement modifié tout ce qu'on a écrit sur l'inactivité contemplative de Marie.

      - Tout ceci se passait avant le repas qui se préparait. Il ne faut donc pas se représenter Jésus à table, à demi couché sur un divan, les pieds étendus, et Marie derrière lui, comme la pécheresse. (Luc 7.38) Le moment est plus solennel et plus intime : Jésus est uniquement occupé à annoncer la Parole de vie, et Marie, assise à ses pieds, est tout entière à l'écouter.

      Ce terme √† ses pieds exprime du reste la position humble et attentive du disciple √† l'√©gard du Ma√ģtre. (Actes 22.3)

      40 Grec¬†: Elle √©tait tir√©e de c√īt√© et d'autre...et survenant, elle dit.

      Il ne faut pas conclure de la r√©ponse de J√©sus, qui va suivre, que tout f√Ľt √† bl√Ęmer dans l'activit√© de Marthe. Son empressement √† le bien recevoir d√©note son amour et sa v√©n√©ration pour lui¬†; mais elle oublie que, dans ce rare et pr√©cieux moment de sa pr√©sence, il y avait quelque chose de plus important √† faire, qu'il √©tait un autre moyen de l'accueillir, auquel lui-m√™me tenait infiniment plus.

      En outre, sa r√©flexion sur sa sŇďur et la pri√®re qu'elle adresse √† J√©sus trahissent un bl√Ęme d√© plac√© et une pointe de cette jalousie que les esprits actifs et √©nergiques √©prouvent souvent √† l'√©gard des Ames plus recueillies et plus intimes.

      42 Dans ce nom r√©p√©t√© d'une mani√®re significative, Marthe, Marthe, et dans les paroles qui suivent, il ne faut pas voir une r√©pr√©hension s√©v√®re, mais plut√īt un affectueux avertissement.

      Toutefois, Jésus dut prononcer avec un profond sérieux cette parole : Une seule chose est nécessaire.

      Les soins actifs de Marthe ont aussi dans la vie leur n√©cessit√© relative¬†; mais une seule chose est d'une importance absolue. Laquelle¬†? J√©sus a r√©pondu clairement¬†: C'est la bonne part que Marie a choisie¬†; c'est de recevoir dans son cŇďur avec avidit√© les paroles de vie qui tombent des l√®vres du Sauveur¬†; c'est, en un mot, le salut √©ternel de l'√Ęme. Or, cette bonne part ne sera √īt√©e (grec enlev√©e) √† Marie ni par les r√©clamations de Marthe, auxquelles J√©sus ne consent pas, ni par aucune puissance de l'univers.

      Sin., B ont, au verset 42 "il n'est besoin que de peu de choses ou même d'une seule, car Marie ;" leçon adoptée par Westcott et Hort, qui signifie : une seule chose suffit, comme le prouve (car) en ce moment même l'exemple de Marie.

      - On voit souvent dans ces deux sŇďurs les types de deux tendances √©galement l√©gitimes de la vie chr√©tienne. Marthe repr√©sente les chr√©tiens z√©l√©s et actifs dans les travaux du r√®gne de Dieu au dehors¬†; Marie, les √Ęmes intimes et aimantes qui vivent d'une vie contemplative, qui ont un besoin pressant de la communion habituelle du Sauveur.

      On insiste sur les dangers de chacune de ces tendances et l'on dit que l'idéal serait de les fondre en un même caractère dans lequel la contemplation et l'action seraient dans un équilibre parfait.

      Mais quand on consid√®re attentivement notre r√©cit, on reconna√ģt que les deux sŇďurs ne nous sont pas pr√©sent√©es sur ce pied d'√©galit√©. J√©sus n'adresse pas d'√©loge √† Marthe, et il d√©clare, sans restriction aucune, que Marie a choisi la bonne part. C'est que l'activit√© f√©brile de Marthe √©tait inspir√©e, comme le remarque M. Godet, par "son amour propre d'h√ītesse," autant que par le d√©sir de servir J√©sus¬†; cette pr√©occupation personnelle se montre en tout cas dans les reproches dont elle accable sa sŇďur.

      Et, d'autre part, Marie n'est pas demeur√©e oisive, nous l'avons vu¬†; (verset 39, note) mais elle a su interrompre son travail √† temps pour recueillir de la bouche du Ma√ģtre les paroles de la vie √©ternelle. Ces paroles, qu'elle re√ßoit et conserve dans son cŇďur, deviendront la semence d'une activit√© sup√©rieure. Elles la rendront capable, en lui donnant l'intelligence profonde de la pens√©e de son Ma√ģtre, d'accomplir un jour cette action que J√©sus louera comme "une bonne action faite √† son √©gard." (Marc 14.6)

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