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Exode 20

    • 1

      1 à 17 La promulgation de la loi

      Dieu avait dit √† Isra√ęl : Vous me serez une nation sainte (19.6). Une nation : c'est ce qu'il √©tait devenu par la sortie d'Egypte. Il fallait imprimer maintenant √† cette nation le sceau de la saintet√© qui devait distinguer le peuple de Dieu de tous les autres. La conscience naturelle du bien et du mal ne suffisait pas pour cela. La voix de ce t√©moin int√©rieur √©tait affaiblie en Isra√ęl, comme chez les autres peuples, par les instincts charnels et les tendances polyth√©istes¬†; elle n'avait plus l'autorit√© n√©cessaire pour r√©primer les manifestations de la corruption h√©r√©ditaire. Une voix plus puissante devait se faire entendre pour provoquer une r√©action √©nergique contre le mal inn√© et ses effets individuels et sociaux. C'√©tait l√† la condition √† laquelle pouvait se fonder et se maintenir l'alliance entre le peuple et son Dieu. Dieu fait donc entendre sa propre voix, et apr√®s avoir rappel√© √† Isra√ęl ce qu'il a fait pour lui, il lui r√©v√®le en traits distincts et pr√©cis ce que son bienfaiteur c√©leste attend de lui.

      Sans doute cette loi peut para√ģtre moralement d√©fectueuse. Plusieurs des commandements du D√©calogue, pris √† la lettre, ne s'appliqueraient qu'√† la conduite ext√©rieure de l'homme et sembleraient ne tenir aucun compte de la lutte n√©cessaire contre le mal cach√© dans les profondeurs du cŇďur. Mais la pens√©e de Dieu, si puissamment √©voqu√©e dans les deux premiers commandements, et la condamnation expresse de la convoitise dans le dixi√®me devaient rappeler √† tout isra√©lite que la vraie saintet√© ne consiste pas √† s'abstenir des actes ext√©rieurs interdits dans quelques-uns des commandements, mais surtout √† purifier le cŇďur des sentiments qui conduisent in√©vitablement √† leur violation.

      Le récit parle proprement, non de dix commandements, mais de dix paroles (Exode 34.28 ; Deutéronome 4.13 ; 10.4). Cette expression est plus exacte, puisque dans le Décalogue se trouvent des paroles qui ne sont pas des commandements, le verset 2, par exemple.

      Il n'y a donc pas de doute à l'égard du nombre dix ; mais il s'est élevé des avis différents sur la manière de diviser ces dix paroles.

      • Les Eglises grecque et r√©form√©e r√©unissent le pr√©ambule, renferm√© dans le verset 2, avec la d√©fense d'adorer d'autres dieux, au verset 3¬†; ce serait l√† le premier commandement, dont elles distinguent la d√©fense d'adorer Dieu sous des images, dans les versets 4 √† 6, comme second commandement. Elles envisagent comme un seul les deux paroles commen√ßant par : Tu ne convoiteras point, qui forment ainsi le dixi√®me commandement.
      • L'ancienne paraphrase chalda√Įque, les rabbins juifs du moyen-√Ęge et probablement d√©j√† le Pentateuque samaritain agissaient de m√™me √† l'√©gard du dixi√®me commandement¬†; mais ils donnaient √† l'allocution du verset 2 la valeur d'un commandement √† part, puis r√©unissaient en un seul les deux d√©fenses d'adorer d'autres dieux que J√©hova et de l'adorer lui-m√™me en le repr√©sentant sous des images (versets 3 √† 6).
      • Enfin les Eglises romaine et luth√©rienne, √† l'exemple de saint Augustin, r√©unissent l'allocution du verset 2 et les deux d√©fenses qui suivent, versets 3 √† 6, en un seul commandement, et pour retrouver le nombre 10 divisent le verset 17, d'apr√®s les deux : Tu ne convoiteras point, en deux commandements distincts, le neuvi√®me et le dixi√®me.
      Le but de cette derni√®re r√©partition des dix paroles a √©t√© d'obtenir, d'un c√īt√©, le nombre 3, qui est cens√© rappeler la Trinit√©, pour les commandements qui se rapportent √† Dieu, et, de l'autre, le nombre 7, rappelant la totalit√©, pour les commandements qui se rapportent aux hommes. Mais cette division en deux du commandement qui se rapporte √† la convoitise, est tr√®s peu naturelle, et la r√©union de la d√©fense du verset 3 et de celle des versets 4 √† 6 en un seul commandement est contraire √† de nombreux passages, qui prouvent que la d√©fense d'adorer un autre Dieu que l'Eternel ne se rapporte point au m√™me p√©ch√© que celle de l'adorer sous des images. C'est ce que fait voir l'histoire du veau d'or, qui n'√©tait point destin√© √† repr√©senter un autre Dieu que J√©hova (32.5)¬†; par ce culte Isra√ęl transgressait la d√©fense des versets 4 √† 6, non celle du verset 3¬†; comparez √©galement Juges 8.27,17 et surtout 1Rois 12.28¬†; 15.30 et ailleurs, o√Ļ le p√©ch√© de J√©roboam (les veaux d'or) est express√©ment distingu√© du p√©ch√© d'Achab et de J√©zabel (Baal et Astart√©). Cette consid√©ration exclut √©galement le second mode de r√©partition que nous avons expos√©, celui des √©coles juives. Nous nous rattachons par cons√©quent sans h√©siter au premier.

      D'apr√®s celui-ci, la premi√®re partie du D√©calogue contient, apr√®s une courte introduction (verset 2), cinq commandements qui rappellent le respect d√Ľ √† Dieu et √† tout ce qui lui appartient : sa personne, son culte, son nom, son jour, enfin ses repr√©sentants (les parents). Sans doute le cinqui√®me commandement pourrait √™tre rattach√© aussi √† la seconde partie du D√©calogue, qui renferme les devoirs r√©sultant du respect d√Ľ aux hommes. Cependant il est √©vident que les parents sont √† l'√©gard de leurs enfants autre chose que des √©gaux, de simples prochains. Mais si les autres hommes ne sont pas aupr√®s de nous les repr√©sentants de Dieu dans le sens o√Ļ le sont nos parents, ils portent n√©anmoins l'image de Dieu, et, comme tels, ils ont droit aussi avec tout ce qui leur appartient √† notre respect. C'est ce que d√©veloppe la seconde. partie du D√©calogue : respect pour la vie du prochain, pour son foyer domestique, pour ses propri√©t√©s et pour sa r√©putation. Enfin le dixi√®me commandement montre que ce respect doit r√©gler non seulement la conduite ext√©rieure, mais encore les sentiments du cŇďur. Cette dixi√®me parole renferme pour ainsi dire la transition de la loi √† l'Evangile¬†; car l'exp√©rience prouvera √† Isra√ęl que la convoitise ne peut √™tre extirp√©e que par l'Esprit, r√©g√©n√©rateur dont la communication est r√©serv√©e √† une alliance sup√©rieure.

      La vie d'un peuple comprend trois domaines principaux : la vie religieuse avec le culte qui en est la manifestation ; la vie de famille, et la vie sociale. Le Décalogue règle, sommairement la vie israélite sous ces trois rapports :

      • la vie religieuse et le culte dans les quatre premiers commandements
      • la vie de famille dans le cinqui√®me
      • la vie sociale dans les cinq derniers
      Ainsi, partant du principe le plus √©lev√©, Dieu, le D√©calogue descend √† travers ces trois sph√®res jusqu'au point le plus profond et le plus personnel, le p√©ch√© √† d√©truire dans le cŇďur de chaque individu.

      Par le fait qu'il r√®gle de la sorte la vie isra√©lite dans ses diverses sph√®res, le D√©calogue se trouve renfermer la quintessence de la loi tout enti√®re. Tous les d√©veloppements subs√©quents qui formeront l'ensemble du code, renfermeront √©galement ces trois sortes d'√©l√©ments : religieux (et moraux), civils et rituels. La loi du sabbat dans le D√©calogue est le centre de toute la loi c√©r√©moniale¬†; le premier et le dixi√®me commandement renferment en principe toute la loi religieuse et morale¬†; enfin les commandements relatifs au respect du prochain sont la base du droit social. Ces trois sortes d'√©l√©ments √©taient r√©clam√©s par la destination d'Isra√ęl. L'√©l√©ment religieux, en unissant chaque individu √† Dieu, formait le lien entre tous les membres de la communaut√© isra√©lite. Les lois rituelles s√©paraient profond√©ment ce peuple de tous les autres. L'√©l√©ment civil en faisait un peuple civilis√©, marchant de pair avec tous les autres. C'√©taient donc bien l√† les conditions de l'√©ducation d'un peuple qui, tout en √©tant le peuple particulier de Dieu, grandissait en vue d'une mission universelle.

      Il est difficile de savoir comment ces dix paroles étaient réparties entre les deux tables de pierre sur lesquelles elles furent gravées ; car il y a une si grande disproportion entre la longueur des cinq premiers commandements et celle des cinq derniers que l'on ne peut se représenter ceux-là gravés sur une table, ceux-ci sur l'autre. On a supposé que les cinq premiers sous leur forme primitive n'étaient pas plus longs que les cinq derniers ; les considérants et les développements qu'ils renferment aujourd'hui ne seraient ainsi que des adjonctions postérieures. Mais on ne saurait comprendre quel homme aurait eu plus tard assez d'autorité pour imposer au peuple et faire recevoir de lui comme divines de semblables amplifications. Il est plus simple de penser que la première table renfermait seulement nos trois premiers commandements, et la seconde les sept derniers (depuis celui du sabbat), ce qui donne deux parties d'étendue à peu près égales.

      Nous trouvons dans le Deut√©ronome chapitre 5, une r√©p√©tition du D√©calogue. Elle pr√©sente plusieurs changements dont deux surtout sont importants : Le repos √† accorder aux serviteurs et aux animaux domestiques, le jour du sabbat, est motiv√© par le souvenir que doit garder le peuple de son affranchissement du dur travail auquel il √©tait assujetti en Egypte. Dans le dixi√®me commandement, Mo√Įse, au lieu de dire comme il est √©crit dans l'Exode :
      Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain, puis :
      Tu ne convoiteras point la femme... intervertit l'ordre de ces deux défenses. Nous examinerons avec soin ces modifications.

      Le don de ces deux tables grav√©es par le doigt de Dieu lui-m√™me est l'un des miracles les plus surprenants que pr√©sente l'histoire sainte. Nulle part peut-√™tre la supposition d'un √©l√©ment l√©gendaire ne pourrait se pr√©senter √† l'esprit plus facilement. Mais il y a une circonstance qui suffit √† √©carter toute id√©e de ce genre¬†; c'est que le r√©cit du plus grand p√©ch√© qui soit reproch√© √† Isra√ęl est √©troitement li√© √† celui de ce don divin. Il faudrait faire aussi de toute l'histoire du veau d'or une pure l√©gende, si l'on traitait de la sorte le r√©cit des tables de pierre bris√©es par Moise √† cause de ce p√©ch√© et remplac√©es apr√®s le pardon de Dieu. Mais sans une base historique comment se serait form√©e une l√©gende qui fait jouer √† tout le peuple et √† Aaron lui-m√™me, le futur grand-sacrificateur, un r√īle si criminel et si s√©v√®rement puni¬†?

      2

      Les premiers mots sont une introduction non seulement au commandement suivant, mais à tout le Décalogue ; ils seront répétés plus tard à l'occasion de divers commandements particuliers. On peut traduire de deux manières : ou en faisant du mot l'Eternel (Jahvé) une partie du sujet :
      Moi, l'Eternel, je suis ton Dieu ; c'est-à-dire : Moi, l'Etre absolu, de qui tout dépend, je suis ton Dieu particulier ; je t'appartiens, comme toi à moi ; ou bien l'on peut joindre le mot l'Eternel à l'attribut :
      Je suis l'Eternel ton Dieu...
      Ce dernier sens parait exig√© par le verset 5, o√Ļ se retrouve la m√™me formule et o√Ļ elle doit certainement √™tre traduite de cette mani√®re. Le sens est donc : Moi qui te parle, je suis l'Etre des √™tres, qui condescends √† √™tre ton Dieu, et qui en cette qualit√© r√©clame de toi ob√©issance.

      En m√™me temps que Dieu rappelle au peuple sa souverainet√© universelle et particuli√®re, il lui facilite la soumission en √©veillant dans son cŇďur le sentiment de la reconnaissance par le souvenir de la d√©livrance signal√©e qu'il vient d'op√©rer en sa faveur. Dieu parle √† Isra√ęl √† la seconde personne du singulier¬†; tout le peuple est √† ses yeux une personne morale.

      3

      Le premier commandement
      Dieu d√©fend d'adorer une autre divinit√© que lui, l'Eternel. C'est la base de son alliance avec Isra√ęl : tout polyth√©isme est par l√† exclu. Cette d√©fense r√©sulte d'elle-m√™me du sens du nom de J√©hova.

      Devant ma face. Les mots ainsi traduits sont expliqu√©s par plusieurs dans le sens de au-del√† de moi, en dehors de moi. Mais l'emploi du terme ma face ne s'explique pas suffisamment dans ce sens et parle plut√īt en faveur du sens que nous admettons : en ma pr√©sence¬†; sous mes yeux¬†; expression qui correspond √† celle-ci : un Dieu jaloux, dans le second commandement, et √† celle-ci : Je n'absoudrai point, dans le troisi√®me. L'√™tre infini discerne tout acte de l'homme, m√™me int√©rieur, et entend toute parole sortant de sa bouche. C'est l√† ce qu'implique le nom de Jahv√©.

      On a suppos√© que Dieu voulait seulement d√©fendre √† Isra√ęl d'adorer un autre dieu que lui sous ses yeux, c'est-√†-dire dans sa propre demeure, le Tabernacle. Mais cette interpr√©tation si √©troite est exclue par les deux parall√®les cit√©s, qui supposent l'omnipr√©sence et l'omniscience de celui qui parle, et par la nature m√™me de celui qui s'appelle Jahv√©.

      4

      Le second commandement
      Ce que Dieu interdit ici, ce n'est plus seulement de faire une place √† une autre divinit√© √† c√īt√© de lui¬†; c'est de l'adorer lui-m√™me sous une forme indigne de lui. La d√©fense pr√©c√©dente maintenait l'unit√© de Dieu¬†; celle-ci sauvegarde sa parfaite spiritualit√©. Comme nous l'avons vu, Achab et Manass√© p√©chaient contre le premier commandement en introduisant le culte de Baal et d'Astart√©¬†; Isra√ęl, et plus tard J√©roboam, contre le second, en figurant Dieu sous la forme du veau d'or. Il y avait chez les peuples anciens une tendance presque irr√©sistible √† repr√©senter la divinit√© qu'ils adoraient sous une forme mat√©rielle, et en cons√©quence aussi √† restreindre son culte √† certaines localit√©s. Dieu √©l√®ve la pens√©e de son peuple √† la hauteur de sa propre nature qui ne peut √™tre enferm√©e dans aucune forme et limit√©e √† aucun espace.
      Comparez Esa√Įe 40.18 : A qui comparerez-vous Dieu et quelle image ferez-vous de lui¬†?

      Le passage Deutéronome 4.15 motive cette défense par la manière même en laquelle la loi a été donnée :
      Car vous ne vites aucune ressemblance, au jour que l'Eternel, votre Dieu, vous parla en Horeb.

      On a cru parfois que Dieu d√©fendait ici non seulement toute repr√©sentation de sa personne comme objet d'adoration, mais en g√©n√©ral la confection d'une image quelconque, taill√©e ou dessin√©e. Mais Dieu lui-m√™me a voulu qu'on pla√ß√Ęt des ch√©rubins taill√©s et brod√©s dans le Tabernacle, et il a ordonn√© de fabriquer le serpent d'airain. Ce qui suit au verset 5 :
      Et tu ne te prosterneras point devant elles, montre suffisamment quel est le sens de ces mots : Tu ne te feras point d'image taillée...

      Dans les cieux : les oiseaux et les astres ;
      sur la terre : hommes, animaux ou plantes ;
      sous la terre : les animaux qui vivent dans les eaux.

      Un Dieu jaloux. La jalousie divine est un attribut de son amour. Si Dieu ne veut pas que l'on porte sur un autre l'adoration qui lui appartient à lui seul, c'est que cet acte serait le commencement de la dégradation et de la corruption de celui-là même qui s'y livrerait ; comparez Romains 1.21-32

      Les crimes des p√®res sur les fils. Il n'est point dit que Dieu punisse les p√®res en la personne des fils¬†; mais qu'il punit leurs crimes jusque sur leurs fils¬†; comparez 34.7¬†; J√©r√©mie 32.18. Ces mots √©noncent l'une des grandes lois du gouvernement divin dont toute l'histoire est l'illustration. Dans la vie des peuples et des familles l'on ne voit que rarement l'impi√©t√© et l'immoralit√© des p√®res punies d√®s la premi√®re g√©n√©ration¬†; ce n'est que lorsque le mal a m√Ľri pendant plusieurs g√©n√©rations qu'il porte ses fruits amers et aboutit √† la catastrophe.

      Pour ceux qui me ha√Įssent. Si l'on applique ces mots uniquement aux p√®res, l'on doit restreindre l'id√©e du ch√Ętiment qui frappe les fils aux cons√©quences terrestres des √©garements paternels, cons√©quences qui, si les fils viennent √† se retourner vers Dieu, se changeront pour eux en salutaires √©preuves. Mais si, comme cela est possible, ces mots s'appliquent non seulement aux p√®res, mais aussi aux fils, ils impliquent la participation de ceux-ci aux dispositions perverses des premiers. Les fils n'en portent pas moins pour cela le ch√Ętiment des p√©ch√©s des p√®res, puisque l'h√©r√©dit√© des penchants mauvais et les influences de l'√©ducation et de l'exemple ont contribu√© √† les √©garer, de sorte que, lorsque le jugement √©clate, il s'exerce dans une proportion d√©termin√©e non seulement par les derniers p√©ch√©s, mais par les p√©ch√©s pr√©c√©dents de la race enti√®re. C'est cette loi dont J√©sus fait une application saisissante au peuple juif dans la parole Luc 11.50¬†; comparez aussi Romains 2.3-5 et 1Thessaloniciens 2.15-16.

      Il est clair que chaque individu est toujours libre d'√©chapper, comme l'ont fait, par exemple, les ap√ītres et les croyants juifs au temps de J√©sus, √† cette loi de solidarit√©, en rompant avec la disposition impie des p√®res. Dans ce sens reste toujours vraie la parole Ez√©chiel 18.4 : L'√Ęme qui p√©chera sera celle qui mourra.
      Quant à Deutéronome 24.16 : On ne fera point mourir les pères pour les enfants, ni les enfants pour les pères, c'est une règle donnée en vue de la justice humaine.

      Jusqu'à mille générations. D'autres entendent : jusqu'à des milliers à l'égard ou bien aussi pour l'amour de ceux qui m'aiment.
      Mais ce sens n'est pas naturel en face du contraste évident avec la menace précédente. Le nombre mille représente une succession indéfinie de générations et fait contraste avec les trois ou quatre générations, qui ne représentent qu'une durée limitée.

      Si les conséquences des crimes des pères atteignent même leurs arrière-petits-enfants, celles de la piété des pères s'étendent à l'avenir le plus lointain que nous puissions concevoir. Le peuple juif nous offre dans son histoire la preuve éclatante de cette double application de la loi d'hérédité. L'exil de Babylone l'a frappé, non pour les crimes de la dernière génération seulement, mais pour ceux qu'avait accumulés toute son histoire antérieure (Lévitique 26.39 ; 2Chroniques 36.15-21). Et la bénédiction qui doit, finir par le ramener un jour à Dieu, à la fin de l'économie actuelle, repose encore sur l'alliance que Dieu avait traitée avec les pères, avec Abraham en particulier ; comparez Michée 7.20 ; Luc 1.54-55,73, et surtout Romains 11.28-29. Combien de fois n'est-il pas dit dans l'histoire des Rois que Dieu a épargné, délivré, pour l'amour de David, son serviteur. Comparez encore Deutéronome 7.9 ; Psaumes 115.14

      Il faut bien se rappeler que cette menace et cette promesse sont des encouragements et des avertissements adressés aux pères, non aux enfants.

      7

      Le troisième commandement

      Le sens littéral est : Tu n'énonceras pas le nom de Dieu pour chose vaine.
      L'expression le nom de Dieu renferme pour le peuple tout ce que Dieu lui a r√©v√©l√© de lui-m√™me et pour chaque individu tout ce qu'il s'est appropri√© de cette r√©v√©lation. Ce nom est donc pour Isra√ęl aussi sacr√© que Dieu lui-m√™me¬†; il ne doit √™tre prononc√© en aucune mani√®re au service du mal (la vanit√©), ni sous la forme du parjure, ni sous celle des formules magiques¬†; il ne doit pas m√™me √™tre fait de ce nom un usage l√©ger et frivole.

      Cette forme de la menace : n'absoudra point celui qui... est motiv√©e par la facilit√© avec laquelle on peut se laisser aller √† ce genre de p√©ch√©, qui, n'√©tant qu'affaire de parole, peut para√ģtre sans cons√©quence. On sait comment les Juifs, pour √©viter de profaner le nom sacr√©, en sont venus √† en bannir compl√®tement l'usage sous sa vraie forme.

      8

      8 à 11 Le quatrième commandement

      On ne peut pas conclure certainement du mot : Souviens-toi, que l'observation du septi√®me jour exist√Ęt d√©j√† pr√©c√©demment chez les Juifs. Ils avaient bien l'usage de la semaine (Gen√®se 17.12¬†; 21.4¬†; 29.27-28)¬†; mais de l√† ne r√©sulte pas qu'ils c√©l√©brassent d√©j√† le sabbat. Ce qui se passa √† l'occasion du don de la manne put bien pr√©parer l'observance sabbatique, mais n'en implique pas l'existence.

      Cependant deux faits peuvent conduire √† l'id√©e qu'un repos hebdomadaire existait d√©j√† en Isra√ęl : d'abord l'emploi dans ce commandement m√™me du terme le sabbat, au lieu de celui de septi√®me jour¬†; puis la circonstance que chez les Assyriens, qui c√©l√©braient le 7i√®me, le 14i√®me, le 21i√®me et le 28i√®me jour de chaque mois, on redoutait, dans chacun de ces septi√®mes jours appel√©s sabbatu, de commencer un travail quelconque. Il n'est donc pas s√Ľr que le mot : Souviens-toi, ne rappelle pas une observance d√©j√† ancienne. Quoiqu'il en soit, cette expression signifie certainement : N'oublie pas de distinguer ce jour-l√† des autres jours pour en faire un sabbat, c'est-√†-dire un jour de compl√®te cessation du travail.

      Pour le sanctifier : non seulement pour te reposer, mais pour le consacrer à Dieu.

      Tu ne feras aucun ouvrage. A l'égard d'autres jours de fête, Dieu interdit les travaux pénibles (Lévitique 23.7) ; à l'égard du sabbat, il défend tout travail quelconque : non seulement des travaux comme ceux de labourer (Exode 34.21), de fouler au pressoir (Néhémie 13.15), de porter des fardeaux (Jérémie 17.21), de faire du commerce (Néhémie 13.16 ; Amos 8.5), mais même l'acte de ramasser du bois mort (Nombres 15.32 et suivants) et de faire du feu dans les maisons (Exode 35.3). Du reste la loi ne précise pas davantage, laissant au peuple le soin d'appliquer cette prescription.

      On conna√ģt par le Nouveau Testament et par le Talmud les subtilit√©s dans lesquelles les rabbins sont tomb√©s √† cet √©gard.

      Ni toi, ni ton fils... Ce repos doit être général, non seulement quant aux travaux, mais aussi quant aux personnes. Il doit s'étendre même aux animaux, qui participent au travail journalier, et aux esclaves. Nous savons que les Romains avaient aussi des jours de repos (feriæ) pour les esclaves et pour les bêtes de somme.

      Dans tes portes. Il ne s'agit pas des portes des tentes ou des maisons ; le mot employé ne peut désigner que celles des villes. Le sens est donc : dans l'enceinte des endroits que tu habites.

      Car l'Eternel a fait... Comparez Gen√®se 2.2 et suivants. Ces mots prouvent que la tradition du r√©cit de la cr√©ation √©tait vivante dans l'esprit du peuple. Comme Dieu, apr√®s avoir achev√© son Ňďuvre, en a fait l'objet de sa contemplation et l'a b√©nie en b√©nissant le jour du repos qui en fut le couronnement, ainsi, dans la vie laborieuse de l'homme, chaque semaine doit √™tre une √©tape qui reproduise en petit la grande semaine de la cr√©ation et qui aboutisse, comme celle-ci, √† un jour de recueillement, de cons√©cration et de b√©n√©diction renouvel√©e.

      Dans la parole Deut√©ronome 5.14-15, Mo√Įse donne √† ce commandement un autre consid√©rant :
      Afin que ton serviteur et ta servante se reposent comme toi et que tu te souviennes que tu as aussi été esclave au pays d'Egypte et que l'Eternel ton Dieu t'en a fait sortir.
      Par le repos sabbatique chaque Israélite doit donc associer les étrangers, les esclaves, à la joie de la délivrance que Dieu lui a accordée à lui-même par le fait de la sortie d'Egypte, de la maison de servitude. Il est évident que ce considérant humanitaire n'exprime pas le motif premier du commandement ; mais il n'est point en contradiction avec le motif d'ordre religieux donné dans l'Exode. Le Deutéronome lui-même fait allusion à celui-ci dans ces mots du verset 14 : le repos de l'Eternel ton Dieu.
      Le motif nouveau que d√©veloppe sp√©cialement le Deut√©ronome est conforme √† la tendance g√©n√©rale de ce livre qui est de cultiver dans le cŇďur d'Isra√ęl les sentiments d'√©quit√©, d'humanit√© et de bienveillance envers tous les hommes, et de compl√©ter ainsi ce qui n'√©tait pas express√©ment indiqu√© par la lettre de la loi. On ne peut douter d'ailleurs que la forme du Deut√©ronome ne soit post√©rieure √† celle de l'Exode, quand dans ce livre m√™me on lit ces mots (verset 12) : Garde le jour du repos selon que l'Eternel ton Dieu te l'a command√©.

      La loi du sabbat est le seul commandement rituel du D√©calogue. Ce fait suffit √† montrer sa grande importance¬†; c'est autour de cette institution comme centre que se grouperont toutes les autres prescriptions c√©r√©moniales qui constitueront le culte de l'Eternel. Aussi ce commandement est-il r√©p√©t√© √† plusieurs reprises (23.12¬†; 35.2¬†; L√©vitique 19.3,30¬†; 23.3¬†; 26.2. Dans Exode 31.12-17, le sabbat est appel√© un signe de l'alliance entre Dieu et les fils d'Isra√ęl √† perp√©tuit√©.
      Ce que fut l'arc-en-ciel dans l'alliance contractée avec Noé, la circoncision dans l'alliance patriarcale, ce que sera le baptême dans l'alliance nouvelle, l'institution du sabbat l'a été dans l'alliance légale.

      C'est sur ce terme de septième jour que s'appuient ceux qui portent le nom de Sabbatistes et qui prétendent ramener l'Eglise à l'observation du samedi. Mais il faut considérer :

      1. que J√©sus a dit : Le Fils de l'homme est ma√ģtre m√™me du sabbat. (Marc 2.28)¬†; par cons√©quent ma√ģtre de l'abroger, √† plus forte raison d'en changer le jour.
      2. que la substitution du premier jour au septi√®me a eu lieu √† l'√©poque et sous les yeux des ap√ītres¬†; car elle √©tait consomm√©e avant la mort de Jean, comme le montre le terme de jour du Seigneur ou jour dominical, employ√© Apocalypse 1.10 et dans tous les temps subs√©quents (voir les P√®res du deuxi√®me si√®cle) pour d√©signer le premier jour de la semaine.
      C'est certainement l'ap√ītre Paul qui, en enseignant l'abolition de la loi, a mis les Eglises fond√©es par lui chez les pa√Įens sur la voie de cette substitution. Dans les √©p√ģtres aux Galates (Galates 4.10) et aux Colossiens (Colossiens 2.16), il insiste sur la pleine libert√© des croyants √† l'√©gard des f√™tes juives, dans lesquelles il range express√©ment les sabbats. Et comme, par le fait de la r√©surrection du Seigneur et de ses premi√®res apparitions, le premier jour de la semaine avait pris dans la conscience de l'Eglise une importance toute particuli√®re, tellement que ce jour √©tait devenu celui des r√©unions de culte (Actes 20.7¬†; comparez 1Corinthiens 16.2), le caract√®re du repos sabbatique se rattacha tout naturellement ce jour.

      L'obligation du repos hebdomadaire ne, repose donc plus pour nous sur le quatri√®me commandement qui, ainsi que tout ce qui est sp√©cialement juif dans la loi, a √©t√© aboli par la venue du Messie (Romains 10.4), mais sur l'institution divine rapport√©e Gen√®se 2.3 et confirm√©e par Marc 2.27 : Le sabbat a √©t√© fait pour l'homme, pour tout homme donc, et non pour le juif seulement. Mais de m√™me que le septi√®me jour √©tait le monument de la cr√©ation achev√©e, le premier y a √©t√© substitu√© comme m√©morial de la nouvelle cr√©ation inaugur√©e par la r√©surrection de J√©sus-Christ. L'un √©tait le repos apr√®s le travail achev√©, l'autre est le repos en Dieu pr√©parant l'accomplissement de la t√Ęche nouvelle. Si l'Eglise avait besoin d'un texte expr√®s pour autoriser ce changement, elle le trouverait dans la parole de J√©r√©mie 31.34 et suivants, o√Ļ il annonce une alliance nouvelle qui, √† la loi de Sina√Į grav√©e sur les tables de pierre, substituera la loi √©crite par le Saint-Esprit dans les cŇďurs des p√©cheurs pardonn√©s.

      12

      Le cinquième commandement
      Honore. Ce terme attribue aux parents une position de supériorité analogue à celle de Dieu ; il comprend de plus que l'amour qui n'a pas besoin d'être spécialement mentionné, le respect, ainsi que les égards et les soins qui en découlent (comparez 21.17 ; Lévitique 20.9 ; le cas décrit Deutéronome 21.18 et suivants nous montre la peine de mort attachée à la violation de ce commandement).

      Afin que tes jours... Les expressions ton p√®re, ta m√®re, n'emp√™chent pas que, de m√™me que les autres commandements, celui-ci ne soit adress√© √† Isra√ęl comme personne morale unique, et que, par cons√©quent, cette promesse ne s'applique au peuple dans son ensemble : Dieu lui promet que, si ce commandement est observ√© chez lui, il sera maintenu et prosp√©rera dans la terre de Canaan, que son Dieu va lui donner. Le respect filial est l'une des conditions essentielles de la stabilit√© des nations. L'Ecriture montre parfois cette loi appliqu√©e aussi aux familles et m√™me aux individus (comparez J√©r√©mie 35.18-19 et Proverbes 3.1-2)

      13

      Le sixième commandement
      Le bien le plus pr√©cieux pour l'homme, celui de la possession duquel d√©pend la jouissance de tous les autres, c'est la vie. Les psalmistes l'appellent quelquefois : mon unique. Le meurtre √©tait d√©j√† condamn√© dans le r√©cit d'Abel et de Ca√Įn, et dans la r√©v√©lation de Dieu √† No√© Gen√®se 9.6. Eteindre une lumi√®re que Dieu a allum√©e, c'est un crime contre Dieu lui-m√™me. Il n'est parl√© ici que du meurtre accompli avec intention. Voir ce qui concerne le meurtre par accident Nombres 35.22 et suivants.

      14

      Le septième commandement
      Après la vie, le bien le plus précieux de l'homme est son foyer domestique et sa femme qui en est le centre (Proverbes 12.4 ; 31.10). L'adultère est à la vie de famille ce que le meurtre est à la vie individuelle. Aussi la loi y attache-t-elle la peine de mort, comme au meurtre (Lévitique 20.10 ; Deutéronome 22.22-24.

      15

      Le huitième commandement
      La vie de famille repose sur la propriété : attaquer celle-ci, c'est porter atteinte à celle-là. Les adversaires de l'une deviennent ordinairement ceux de l'autre. Il est clair que ce commandement exclut non pas seulement le vol à main armée, mais toute espèce d'acte par lequel nous portons injustement atteinte à la propriété du prochain.

      16

      Le neuvième commandement
      La bonne réputation vaut mieux que la richesse, est-il dit (Proverbes 22.4). Enlever à un homme son honneur, est chose pire encore que de le dépouiller de son avoir. Les termes du commandement se rapportent proprement aux faux témoignages rendus devant les juges, mais ils n'excluent pas l'application plus générale à toute déclaration qui peut nuire à la bonne réputation du prochain (comparez Exode 23.1).

      Ces quatre derniers commandements caract√©risent le p√©ch√© par ses manifestations ext√©rieures les plus grossi√®res¬†; on comprendra pourquoi si l'on se rappelle que le D√©calogue devait √™tre la base non seulement de la vie religieuse et morale, mais de la vie sociale et de la l√©gislation d'Isra√ęl. Cependant pour que le caract√®re tr√®s ext√©rieur de ces commandements ne porte pas atteinte √† l'appr√©ciation vraiment morale du p√©ch√©, le D√©calogue se termine par une parole qui poursuit le mal jusqu'√† sa racine, dans les derni√®res profondeurs de l'√Ęme. La convoitise, le d√©sir d'avoir et de jouir, est le principe de la violation de tous les commandements pr√©c√©dents¬†; elle a √©t√© celui du p√©ch√© lui-m√™me compris comme violation de la loi (Gen√®se 3.6), parce qu'elle est elle-m√™me p√©ch√©, r√©volte contre la volont√© divine.

      17

      Le dixième commandement
      Les législateurs humains ont dit : Tu ne tueras point ; tu ne déroberas point. Mais aucun n'a dit, ni n'a pu dire : Tu ne convoiteras point. La loi de Dieu seule peut parler ainsi.

      Dans l'√©num√©ration des objets de la convoitise, la maison est plac√©e en t√™te et nomm√©e √† part. C'est que, dans l'intuition tout √† fait antique, ce mot comprend tout ce qui appartient √† l'homme, m√™me sa femme et ses enfants. Les termes suivants ne sont donc que l'√©num√©ration de toutes les choses contenues dans le premier. Dans le Deut√©ronome, chapitre 5 o√Ļ les commandements sont reproduits avec une grande libert√© et √† un point de vue plut√īt humain que strictement l√©gal, c'est la femme qui, au verset 21, est mise en t√™te, soit en tant que bien principal, soit parce que c'est celui qui devient l'objet de la convoitise la plus grave et la plus coupable. Le terme de maison employ√© l√† est pris dans un sens un peu plus restreint que dans l'Exode.

      18

      20.18 à chapitre 23 Lois complémentaires de la loi fondamentale

      18 à 26 Conclusion de la promulgation du Décalogue

      Dans ce passage est d√©crite d'abord l'impression produite sur le peuple par la voix de l'Eternel (versets 18 √† 21)¬†; puis Dieu insiste encore une fois par la bouche de Mo√Įse sur le point fondamental de la loi qu'il vient de proclamer, la relation d'Isra√ęl avec lui, et, pr√©alablement √† la construction du Tabernacle et √† l'organisation d√©finitive du culte, il lui donne quelques directions pour que le culte qui doit lui √™tre rendu d√®s ce moment ne se transforme pas en une offense √† sa saintet√© (versets 22 √† 26).

      Tout le peuple voyait : la crainte qu'ils √©prouvaient provenait de ce sentiment, profond√©ment grav√© dans le cŇďur des anciens H√©breux, que nul ne peut voir Dieu et vivre¬†; c'est ce qui r√©sulte des mots : de peur que nous ne mourions (verset 19). Sans doute, Dieu ne s'√©tait pas montr√© √† eux d'une mani√®re visible, mais ils entendaient sa voix, ils sentaient qu'il √©tait l√†, et cela suffisait pour les faire trembler de ne pouvoir subsister en sa pr√©sence (comparez Luc 5.8).

      20

      Et Mo√Įse dit au peuple... Dieu ne voit point avec d√©plaisir cette crainte profonde et respectueuse qui s'est empar√©e du peuple. C'est pr√©cis√©ment pour produire ce sentiment qu'il s'est entour√© en cette circonstance solennelle de toutes ces manifestations redoutables. La salisfaction divine s'exprime clairement dans les mots suivants¬†; elle ressort √©galement du r√©cit de cette m√™me sc√®ne Deut√©ronome 5.25-33, particuli√®rement de ces mots : Oh¬†! s'ils avaient toujours le m√™me cŇďur pour me craindre et pour garder mes commandements (verset 29). L'Eternel agr√©e donc la demande du peuple, de ne plus communiquer directement avec lui, puisqu'en effet Isra√ęl n'est point encore apte √† occuper une telle position¬†; et d√®s ce moment, il ne lui parle plus que par l'interm√©diaire de Mo√Įse.

      Ne craignez point : car ce n'est point pour vous faire mourir que je suis venu.

      Pour vous mettre à l'épreuve : comparez Deutéronome 8.2. Dieu a voulu voir si la vraie crainte religieuse, qui est la base de l'obéissance, résulterait chez le peuple de cette grande manifestation, destinée à la lui inculquer ; il est réjoui de voir que ce résultat soit obtenu.

      22

      Vous avez vu vous-mêmes... Dieu tire ici le résultat pratique de toute la scène qui vient de se passer. Dieu a parlé du haut du ciel ; il est donc bien l'être tout-puissant, incomparablement grand, qui seul mérite l'adoration, et toute image par laquelle on chercherait à le représenter serait un outrage à sa majesté.

      24

      Le rejet de la main de l'homme pour représenter un tel Dieu s'étend jusqu'à la confection de l'autel sur lequel on lui présente les sacrifices et les offrandes.

      Un autel de terre, ou bien aussi, d'apr√®s verset 25, de pierres brutes sur lesquelles le fer n'a point pass√©¬†; c'est-√†-dire que les mat√©riaux de l'autel doivent √™tre employ√©s √† l'√©tat de nature, afin d'√™tre une repr√©sentation et comme un abr√©g√© de cette portion de l'univers qu'habite l'adorateur. Dieu a parl√© du haut du ciel o√Ļ il habite¬†; l'autel, au moyen duquel Isra√ęl l'honore, doit √™tre le symbole de la terre m√™me d'o√Ļ monte le culte.

      Il n'y a pas dans cette prescription contradiction avec l'ordre de se servir d'airain et de bois dans la construction de l'autel des holocaustes (27.1) ; car l'autel lui-même devait être formé de terre ou de pierres non taillées ; les matériaux travaillés à la main n'en étaient que le cadre.

      En quelque lieu que je fasse souvenir de mon nom. Ces mots ne doivent pas √™tre rattach√©s grammaticalement √† ce qui pr√©c√®de¬†; car cet appendice rendrait la phrase lourde et tra√ģnante, et la proposition suivante aurait quelque chose de brusque. Ces mots am√®nent et expliquent la promesse qui suit : Partout o√Ļ..., si tu m'adores en ce lieu-l√†, je viendrai et b√©nirai.
      Dieu fait souvenir de son nom chaque fois qu'il ajoute une nouvelle r√©v√©lation √† celles qu'il a d√©j√† donn√©es de sa personne. Le sens de la promesse est donc celui-ci : Ce n'est pas seulement ici √† Sina√Į, la montagne de Dieu, que je m'approcherai de toi pour te b√©nir. C'est en tout lieu o√Ļ, √† la suite d'une manifestation de ma part, tu m'√©l√®veras un autel et m'offriras ton sacrifice et ton culte.

      Il est enti√®rement faux d'interpr√©ter ces mots, comme on l'a fait, en disant : Partout o√Ļ l'on me consacrera un lieu de culte, comme si Dieu autorisait le peuple √† lui √©riger des autels partout o√Ļ il le trouvera bon pourvu que ce soit √† lui qu'ils soient consacr√©s. On oublie que le mot h√©breu hizkir : faire souvenir, aussi bien que la premi√®re personne : Je, impliquent une manifestation de Dieu lui-m√™me qui rendra saint l'endroit o√Ļ elle aura eu lieu (3.5) et l√©gitimera par l√† l'√©tablissement d'un autel. C'est ainsi qu'√† c√īt√© de l'autel des holocaustes, √©rig√© dans le Tabernacle, nous voyons, au temps des Juges, G√©d√©on √©lever un autel et Manoah offrir un sacrifice (Juges chapitres 6 et 13), ainsi qu'autrefois Jacob √† B√©thel (Gen√®se 35.1), √† la suite d'une manifestation divine. On a aussi entendu ces mots dans ce sens : Partout o√Ļ se fixera mon Tabernacle, vous m'√©l√®verez un pareil autel.... et je vous b√©nirai l√†.
      Mais les termes du texte n'ont pas ce sens, et il n'√©tait point n√©cessaire de b√Ętir √† chaque campement un nouvel autel. Pendant des si√®cles, on a us√© en Isra√ęl, et √† bon droit, de cette autorisation express√©ment accord√©e ici d'√©tablir un autel et d'offrir un sacrifice dans les endroits consacr√©s par une manifestation de l'Eternel. Il n'y a rien de commun entre cet usage et le culte des hauts-lieux, toujours bl√Ęm√© dans l'Ecriture.

      26

      Tu ne monteras point à mon autel... Ce qui peut signifier que l'autel devra être construit à niveau du sol, pour que l'officiant ne soit point obligé d'y monter ; ou bien que, l'autel étant supposé érigé au-dessus du sol, l'officiant devra y monter par une rampe, non par des degrés. Le second sens est évidemment plus naturel, puisque la défense ne porte pas sur l'acte de monter, mais sur celui de monter par des degrés. Comparez d'ailleurs Lévitique 9.22

      Sans doute, plus tard, lorsque l'autel des holocaustes eut pris dans le temple de Salomon des proportions beaucoup plus considérables que celles de l'autel primitif, on fut obligé de construire des degrés pour y monter (2Chroniques 4.1 ; Ezéchiel 43.17) ; mais la profanation que Dieu veut ici prévenir était empêchée alors par une précaution ordonnée plus tard : le vêtement de dessous dont le sacrificateur devait se vêtir chaque fois qu'il s'approchait de l'autel (28.42-13). Du reste, Dieu s'adresse ici non seulement au sacrificateur, mais aussi à tout Israélite que les circonstances peuvent appeler à ériger un autel et à y sacrifier.

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