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Actes 13

    • 1 Deuxi√®me partie.

      Paul et la mission parmi les pa√Įens. Ch. 13 √† 28

      Premier voyage missionnaire de Barnabas et Paul. Ch. 13 et 14

      1 à 12 L'envoi des missionnaires.

      L'Eglise d'Antioche, dont Luc a racont√© la fondation, (Actes 11.19-30) √©tait toute pr√©par√©e, soit par son √©tat spirituel, soit par sa position g√©ographique, √† porter l'Evangile aux pa√Įens en Asie Mineure et en Gr√®ce.

      Jusqu'ici Luc a racont√© l'√©tablissement et les progr√®s de l'Eglise chr√©tienne au sein du peuple juif. Maintenant commence la seconde partie de son livre, consacr√©e tout enti√®re √† l'apostolat de Paul parmi les nations pa√Įennes.

      Il nous montre d'abord dans l'Eglise d'Antioche d√©j√† nombreuse (Actes 11.26) les dons de l'Esprit qui la rendaient √©minemment propre √† l'Ňďuvre missionnaire qu'elle allait entreprendre.

      Il y avait dans son sein des prophètes (voir 1Corinthiens 14.2, 1re note) et des docteurs. Ces derniers étaient par leurs lumières et par l'assistance de l'Esprit capables d'enseigner leurs frères dans la vérité divine.

      Les proph√®tes avaient plut√īt pour mission d'adresser aux √Ęmes des exhortations propres √† les r√©veiller les consoler et les fortifier. Ils recevaient des r√©v√©lations sp√©ciales, dont ils faisaient part √† l'Eglise. (Actes 11.28¬†; comparez 1Corinthiens 12.28¬†; Eph√©siens 4.11)

      - Luc nomme cinq de ces hommes ainsi doués soit comme prophètes soit comme docteurs. On a cru pouvoir conclure des particules diverses qui, en grec, unissent ces cinq noms qu'il les divise en deux groupes, désignant les trois premiers comme prophètes et les deux derniers comme docteurs.

      Mais cette distinction n'est point certaine. Ces cinq hommes étaient : Barnabas bien connu des lecteurs de notre livre ; (Actes 4.36,37, note) Siméon, dont le surnom latin de Niger (Noir) montre qu'il était originaire d'Italie ; Lucius de Cyrène, en Afrique, probablement un des fondateurs de l'Eglise d'Antioche, (Actes 11.20) peut être celui que Paul fait saluer. (Romains 16.21) Manahen, qu'on est surpris et réjoui de trouver ici parmi les principaux membres de l'Eglise, puisqu'il avait été élevé et en tous cas avait vécu au sein d'une cour corrompue ; le terme qui lui est appliqué signifie proprement : celui qui est nourri avec, frère de lait (Stapfer), mais il avait perdu ce sens premier, et désignait le familier d'un prince.

      Hérode le tétrarque est le meurtrier de Jean-Baptiste. (Matthieu 14.1-12)

      Enfin Saul, nomm√© ici apr√®s tous, tellement il avait pris jusqu'alors une position humble dans l'Eglise, bien qu'il e√Ľt depuis longtemps re√ßu sa vocation √† l'apostolat.

      2 L'expression : célébrer le culte du Seigneur est appliquée par les Septante, aux fonctions des sacrificateurs. Ici elle désigne le culte chrétien.

      Ce jour-l√† le culte √©tait accompagn√© de je√Ľne.

      C'est donc au sein d'une assembl√©e solennelle que l'Eglise re√ßut de l'Esprit, peut-√™tre par l'interm√©diaire d'un des proph√®tes l'ordre de mettre √† part Barnabas et Saul, pour l'Ňďuvre √† laquelle ce m√™me Esprit les avait d√©j√† appel√©s int√©rieurement.

      La vocation vient de Dieu, et c'est l'Eglise qui reçoit l'ordre de conférer la charge.

      - Il y a, avec l'impératif mettre à part, (Romains 1.1 ; Galates 1.15) une particule qui accentue l'ordre et indique qu'il doit être exécuté immédiatement. (Luc 2.15)

      3 Les mots alors et ayant je√Ľn√© et pri√© montrent que l'imposition des mains aux missionnaires et leur envoi ne se firent pas dans l'assembl√©e mentionn√©e √† verset 2, mais dans une autre, solennellement convoqu√©e pour cela.

      Trois actes religieux préparèrent cette première mission.

      Le je√Ľne qui assurait √† l'Esprit toute sa libert√© et sa domination sur le corps¬†; la pri√®re, par laquelle l'Eglise implorait le secours du Saint-Esprit sur les deux missionnaires¬†; enfin l'imposition des mains.

      Par ce dernier acte, (Actes 6.6 note) Barnabas et Saul √©taient consacr√©s pour leur Ňďuvre, au nom de Dieu qui l'avait ordonn√©e et par l'Eglise qui les envoyait. Ce devait √™tre l√† une double force pour ces serviteurs de Dieu, au sein des difficult√©s et des dangers de leur vocation.

      Notre r√©cit montre que c'est l'Eglise elle-m√™me qui doit faire l'Ňďuvre de la mission, laquelle n'a √©t√© entreprise par des soci√©t√©s que parce que l'Eglise, devenue indiff√©rente, a failli √† son devoir le plus sacr√©.

      - Ils les laissèrent partir, les congédièrent (Actes 15.33) avec tout le religieux intérêt qui s'attache encore aujourd'hui aux missionnaires qui partent.

      4 L'Esprit qui les avait envoy√©s les accompagne dans les lieux o√Ļ ils porteront l'Evangile.

      Ils se d√©cid√®rent d'abord pour la grande √ģle de Chypre, situ√©e √† peu de distance de la Syrie, √† l'ouest et au sud de la Cilicie.

      Ils avaient pour cela plus d'une bonne raison.

      D'abord, c'était la patrie de Barnabas, (Actes 4.36) qui devait désirer de porter l'Evangile à ses concitoyens.

      Ensuite, il y avait parmi les premiers fondateurs de l'Eglise d'Antioche des Cypriens qui devaient partager le même désir. (Actes 11.20)

      Enfin, comme nos deux missionnaires avaient surtout en vue l'Asie Mineure, l'√ģle de Chypre se trouvait sur leur chemin.

      Pour s'y rendre ils n'eurent qu'à descendre le cours de l'Oronte jusqu'à Séleucie, ville maritime qui servait de port à Antioche, dont elle était distante de cent vingt stades, environ 22 kilomètres.

      5 Salamine est situ√©e √† l'extr√©mit√© orientale de l'√ģle.

      - Nous voyons ici, comme partout dans la suite, Paul annoncer la parole de Dieu d'abord dans les synagogues. (Ce mot au pluriel montre combien les Juifs étaient nombreux dans cette ville.)

      En effet selon le dessein de Dieu envers son peuple, (Romains 1.16) l'Evangile de la gr√Ęce devait lui √™tre transmis en premier lieu.

      De plus Paul trouvait dans les synagogues beaucoup de prosélytes, mieux disposés que les Juifs de naissance, à recevoir la vérité, étant moins aveuglés par les préjugés.

      Enfin cette conduite était dictée à Paul par son ardent amour pour son peuple. (Romains 9.1-5)

      - Jean, surnomm√© Marc (Actes 12.12 note, verset 25), accompagnait Paul et Barnabas, en qualit√© d'aide (grec serviteur). Etant tr√®s jeune encore, il leur rendait divers services qui les laissaient plus libres pour leur minist√®re. On conna√ģt, aujourd'hui encore, la grande utilit√© des aides missionnaires.

      6 Il fallait traverser toute l'√ģle (mot omis par le texte re√ßu) pour se rendre de Salamine √† Paphos, ville situ√©e √† l'extr√©mit√© occidentale de cette √ģle.

      C'est là que les deux missionnaires voulaient se rendre, peut-être parce que c'était la résidence du proconsul, auprès duquel ils furent providentiellement conduits.

      Ils ne se laiss√®rent pas retenir par la triste c√©l√©brit√© de l'ancienne Paphos, o√Ļ le culte de V√©nus avait amen√© une grande dissolution des mŇďurs. La pr√©dication du Sauveur n'y √©tait que plus n√©cessaire.

      Luc ne nous fait conna√ģtre, du minist√®re de Paul dans cette ville, que son action si diff√©rente sur deux personnages, le proconsul Serge Paul et le magicien Barj√©sus (fils de J√©sus ou Josu√©.) Ce dernier avait r√©ussi √† captiver l'attention du magistrat romain par des moyens qui ont √©t√© d√©crits √† l'occasion des exploits de son √©mule Simon. (Actes 8.9, note.)

      7 Le gouverneur de Chypre portait le titre de proconsul, parce que cette √ģle √©tait une province s√©natoriale. Elle avait √©t√© d'abord province imp√©riale, mais Auguste l'avait c√©d√©e au S√©nat.

      Sergius Paulus est probablement le m√™me personnage que Pline l'Ancien mentionne dans deux livres de son Histoire naturelle (I 2 et 18) o√Ļ se trouvent des notices relatives √† Chypre.

      C'est √† lui que se rapporte aussi vraisemblablement une inscription trouv√©e √† Chypre, qui commence par ces mots¬†: "Paul √©tant proconsul." Il √©tait, comme beaucoup d'hommes √©clair√©s de son temps d√©go√Ľt√© de la religion pa√Įenne, mais ne trouvait de repos ni dans le scepticisme qui s'√©tait empar√© des esprits, ni dans les pratiques de la magie. En cela d√©j√† il se montrait intelligent.

      Ayant appris que les missionnaires d'une doctrine nouvelle (dont peut être il avait déjà entendu parler, Actes 11.19) étaient venus à Paphos, il les fit appeler, et demanda à entendre la parole de Dieu.

      Naturellement ce dernier mot est dit au point de vue de l'historien ; mais en cherchant la vérité, Serge Paul cherchait réellement sans en avoir conscience, la parole de Dieu, qui seule est la vérité.

      8 Le magicien √©tait juif (verset 6) mais, soit qu'il f√Ľt n√© en Arabie, ou qu'il y eut v√©cu, il avait adopt√© le titre arabe d'Elymas qui signifie mage, sage, savant. (De la m√™me racine vient le nom des ul√©mas docteurs de la loi chez les musulmans.)

      Cet homme qui avait reni√© la religion d'Isra√ęl, s'√©tait √©tabli √† demeure aupr√®s du proconsul.

      Il résistait aux messagers de la bonne nouvelle, (2Timothée 3.8 ; Exode 7.11,22) cherchant à détourner de la foi le proconsul, sur lequel il craignait de perdre son influence intéressée.

      Le texte occidental indique expressément ce motif, en ajoutant (D, Peschito, etc.) parce qu'il les écoutait très volontiers.

      Elymas constatait que le proconsul subissait l'influence de la parole divine.

      9 Jusqu'ici, Luc n'a donn√© √† l'ap√ītre que le nom de Saul, pour la premi√®re fois il l'appelle Paul, ce qu'il fera toujours dans la suite.

      Les mots : appelé aussi Paul sont donc bien de l'auteur des Actes et ne sauraient être considérés comme une interpolation.

      Depuis J√©r√īme jusqu'√† nos jours, plusieurs interpr√®tes ont pens√© que ce nom fut donn√© √† Paul par ses compagnons de voyage, ou adopt√© par lui-m√™me, en souvenir de Serge Paul, qu'il avait conquis √† l'Evangile, et cela peut-√™tre √† la demande du proconsul lui-m√™me.

      Mais est-il probable que l'ap√ītre e√Ľt accept√© ce titre de gloire¬†? Bien plut√īt pourrait-on penser, avec Augustin, que Paul lui-m√™me avait voulu, depuis sa conversion et par humilit√©, changer son nom de Saul (en h√©br. Schaoul, le D√©sir√©, demand√© par la pri√®re) en celui de Paulus (en latin le Petit).

      Mais la supposition la plus vraisemblable est que, selon un usage très répandu parmi les Juifs, (comparez verset 1) Paul avait reçu dès son enfance deux noms l'un rappelant sa nationalité juive, et qu'il avait porté tant qu'il avait vécu en Palestine, l'autre, son nom latin, qu'il devait avoir comme citoyen romain, (Actes 16.37,38 ; 22.25-28) et qu'il prit dans sa mission au sein du monde grec.

      Ce changement de nom √©tait conforme √† la grande v√©rit√© que l'ap√ītre enseignait¬†: "En Christ, il n'y a plus ni Juif ni Grec." (Galates 3.28)

      - Il est remarquable aussi que, depuis ce moment, Paul prend le pas sur Barnabas, exerce la plus grande influence, porte la parole, et que Luc le nomme toujours, sauf Actes 14.14 ; 15.12,25, le premier des deux, contrairement à ce qu'il avait fait jusqu'ici. (Actes 11.30 ; 12.25 ; 13.4)

      Etant rempli d'Esprit saint, dans ce moment même, (comparez Actes 4.8 ; 7.55) en sorte que les paroles qu'il va prononcer seront inspirées par cet Esprit, et non par un zèle amer. Cette influence divine devint évidente pour tous ; elle contribua à la conversion du proconsul. (verset 12)

      10 Ces paroles sévères n'étaient que trop justifiées.

      Il y avait de la ruse et de la fraude dans les motifs et les moyens par lesquels cet homme cherchait √† d√©tourner le proconsul de la foi, c'est-√†-dire √† retenir dans la perdition son √Ęme que Dieu voulait sauver.

      Par là il se montrait fils du diable, agissant sous l'influence du prince des ténèbres. (Jean 8.44) Cette épithète forme un amer contraste avec le nom de fils de Jésus. (verset 6)

      Enfin le magicien pervertissait, autant qu'il était en lui, les voies de Dieu, qui toutes sont droites c'est-à-dire conformes à la justice et à la bonté. (Deutéronome 32.4 ; Osée 14.9)

      Cette d√©claration est vraie dans son sens le plus g√©n√©ral, aussi bien que dans son application au proconsul¬†: les voies de la mis√©ricorde divine allaient au salut √©ternel de ce dernier, l'influence du magicien l'aurait conduit √† sa perte. C'est ce qui explique la s√©v√©rit√© de ce discours, et le juste ch√Ętiment qui suivit.

      11 La main du Seigneur, c'est-√†-dire sa puissance, peut √™tre sur quelqu'un pour b√©nir, (Luc 1.66¬†; Actes 11.21) comme ici pour ch√Ętier. (H√©breux 10.31)

      L'Esprit dont Paul √©tait rempli lui r√©v√©la le jugement que Dieu allait exercer, car Paul ne fait que l'annoncer¬†: tu seras aveugle. Mais pourtant ce ne sera que jusqu'√† un certain temps, car Dieu ch√Ętie avec mesure. Ce mot laisse quelque espoir pour le salut d'Elymas.

      De l'obscurit√© (grec brouillard) aux t√©n√®bres, il y a progression, soit que l'action divine se f√ģt par degr√©s, soit plut√īt que les deux mots doivent exprimer la c√©cit√© absolue qui tomba sur ce malheureux.

      C'est encore ce que Luc peint d'une manière dramatique en nous le montrant qui (grec) marche tout autour cherchant (grec) des conducteurs par la main.

      12 13 à 52 Antioche de Pisidie. Discours de Paul.

      Le proconsul fut frapp√© de la doctrine du Seigneur, c'est-√†-dire du rapport profond qu'il voyait entre cette doctrine et l'action divine annonc√©e par l'ap√ītre et ex√©cut√©e sur le magicien par la puissance de Dieu.

      Il ne crut pas seulement à cause du miracle, mais il éprouva en lui la force de la vérité, ainsi confirmée sous ses yeux.

      M. Blass traduit : Etant frappé du miracle, il crut la doctrine du Seigneur ; il cite Luc 24.25, comme une preuve qu'on peut ainsi rattacher le complément : la doctrine du Seigneur au verbe : il crut. Mais l'ordre des mots en grec est plus favorable à la version ordinaire, qui a pour elle les expressions analogues Luc 4.32 ; Marc 1.22.

      - La conversion du proconsul romain fut la premi√®re victoire que la v√©rit√© remporta par le minist√®re de Paul dans ce premier voyage de mission. Il est probable que d'autres √Ęmes encore se convertirent dans l'√ģle de Chypre, bien que Luc n'en fasse pas mention. On sait par l'histoire que l'√ģle enti√®re fut de bonne heure gagn√©e √† l'Evangile.

      13 De Paphos, en naviguant vers le continent, les missionnaires atteignirent la Pamphylie, province de l'Asie Mineure situ√©e √† l'ouest de la Cilicie et peu distante de l'√ģle de Chypre.

      Ils d√©barqu√®rent au port d'Attalie, (Actes 14.25) et poursuivant leur route vers le nord, ils arriv√®rent √† Perge, capitale de la province. Il ne para√ģt pas qu'ils s'y soient arr√™t√©s alors, mais, √† leur retour, ils y annonc√®rent l'Evangile. (Actes 14.24,25)

      Il s'agit de Jean, surnomm√© Marc, (Actes 12.12) qui accompagnait Paul et Barnabas dans ce voyage. (verset 5) On ignore les motifs de sa s√©paration d'avec eux, mais nous savons que Paul les d√©sapprouva et que cette d√©sapprobation eut dans la suite un r√©sultat f√Ęcheux. (Actes 15.37-39)

      15 S'avançant encore vers le nord, Paul et Barnabas traversèrent toute la Pamphylie et entrèrent dans la Pisidie.

      Dans ce voyage √† travers une contr√©e montagneuse et peu s√Ľre, ils endur√®rent quelques-unes des √©preuves que Paul √©num√®re 2Corinthiens 11.26.

      La perspective de ces dangers amena peut-être la défection de Marc.

      Quoiqu'il en soit, ils vinrent a Antioche, capitale de la Pisidie et colonie romaine, qu'il ne faut pas confondre avec Antioche de Syrie d'o√Ļ nos missionnaires √©taient partis. (Actes 13.1.3)

      Le jour du sabbat, ils entrèrent, selon leur habitude, dans la synagogue, (verset 5, note) et y prirent place.

      Dans les assembl√©es de la synagogue, on avait coutume de lire une section de la loi, c'est-√†-dire des livres de Mo√Įse, et une autre des proph√®tes. (Luc 4.15, note.)

      Cette lecture achevée, les anciens les chefs de la synagogue, voyant les deux étrangers, en qui ils reconnurent des Juifs lettrés, leur firent proposer d'adresser au peuple une parole d'exhortation.

      Telle fut l'occasion du discours de Paul, le premier qui nous soit rapporté de lui.

      16 On venait de lire une section du Pentateuque et une des proph√®tes, probablement Deut√©ronome 1 et Esa√Įe 1.

      Paul rattache √† ces p√©ricopes sa pr√©dication de l'Evangile¬†; Deut√©ronome 1 inspire la premi√®re partie de son discours, (verset 18, note) dans laquelle il jette un coup d'Ňďil rapide sur l'histoire de son peuple¬†; ainsi l'avait fait Etienne. (Actes 7)

      Paul arrive ensuite, d'une mani√®re toute naturelle, √† annoncer J√©sus sa mort, sa r√©surrection et la r√©mission des p√©ch√©s, offerte en ce Sauveur, et qui avait √©t√© promise dans Esa√Įe 1.18.

      17 Paul s'adresse d'une manière solennelle et affectueuse aux Israélites de naissance et aux prosélytes désignés par ces mots : vous qui craignez Dieu.

      Et comme son but est de d√©rouler les tr√©sors de la mis√©ricorde de Dieu envers son peuple, il remonte jusqu'√† l'√©lection des p√®res de ce peuple, qui √©tait un acte souverain de la gr√Ęce divine.

      - On a expliqué, de diverses manières, ce mot : Il éleva bien haut ce peuple en Egypte ; mais ces interprétations reviennent à l'idée que Dieu multiplia alors les Israélites. Puis il les tira de la servitude de l'Egypte à bras élevé, c'est-à-dire avec une puissance qui se manifesta par des miracles éclatants. (Comparer Exode 6.1 ; Deutéronome 4.37)

      18 Au lieu de ce mot : il les supporta, une variante qui provient du changement d'une seule lettre donne le sens : il les nourrit, comme une nourrice allaite son enfant. Cette variante est admise par Tischendorf sur la foi de A, C, versions.

      Dans la version des Septante, au passage Deutéronome 1.31, qui avait été probablement lu comme section de la loi, (verset 15, note) et auquel Paul emprunte son expression, les deux leçons se retrouvent.

      La le√ßon¬†: il supporta para√ģt y √™tre la plus ancienne.

      Dans l'original hébreu, on lit : "l'Eternel ton Dieu t'a porté comme un homme porte son fils."

      19 Le souvenir de ces sept nations détruites (hébr. chassées) est tiré de (Deutéronome 7.1.)
      20 En nommant l'époque des Juges immédiatement après la prise de possession du pays, Paul y comprend aussi le gouvernement de Josué.

      Puis, en comptant environ quatre cent cinquante ans depuis l'établissement du peuple en Canaan jusqu'à Samuel inclusivement, il suit une chronologie généralement admise de son temps, car il est d'accord avec l'historien Josèphe. (Ant. VIII, 3, 1.)

      Selon l'auteur du livre des Rois, (1Rois 6.1) quatre cent quatre-vingts ans s'étaient écoulés depuis la sortie d'Egypte jusqu'à la construction du temple par Salomon.

      Il y a dans ces évaluations un écart d'à peu près un siècle. Inutile de rapporter les divers calculs qui ont été faits pour rétablir l'harmonie.

      C'est probablement aussi le désir d'obvier à cette difficulté qui a donné lieu à une variante selon laquelle il faudrait construire ainsi versets 19,20 "Il leur donna le pays en héritage, environ quatre cent cinquante ans. Après cela, il leur donna des Juges."

      De cette mani√®re, les quatre cent cinquante ans ne d√©signeraient pas la p√©riode des Juges, mais au contraire toute la p√©riode ant√©rieure, pendant laquelle Dieu pr√©para l'√©tablissement d'Isra√ęl en Canaan, p√©riode qui comprend les quatre cents ans de servitude en Egypte, (Actes 7.6) les quarante ans de s√©jour dans le d√©sert et une dizaine d'ann√©es qui furent employ√©es √† la conqu√™te de Canaan.

      Bien que cette leçon se trouve dans Sin., B, A, C, versions, son authenticité est douteuse.

      21 Bien qu'en demandant un roi, les Isra√©lites n'eussent pas agi selon la volont√© de Dieu, qui seul devait r√©gner sur eux (1Samuel 8.5 et suivants) Dieu les supporta encore en ceci et r√©pondit √† leur vŇďu.

      Il n'y a dans l'Ancien testament aucune indication pr√©cise sur la dur√©e du r√®gne de Sa√ľl.

      Quelques interprètes comprennent dans ces quarante ans le gouvernement de Samuel.

      22 Paul aime √† rapporter ce magnifique t√©moignage rendu √† David, parce que la gloire en rejaillit sur son descendant, le Lib√©rateur que l'ap√ītre va annoncer. Aussi, il ne poursuit pas plus loin cette revue de l'histoire de son peuple. son but est atteint.

      - Il cite de m√©moire, d'apr√®s les Septante, et combine divers passages de l'Ecriture, (Psaumes 89.21¬†; 1Samuel 13.14) auxquels il ajoute d'apr√®s 1Rois 14.8, (comparez Esa√Įe 14.28) ces mots¬†: il fera toutes mes volont√©s.

      23 Après avoir parlé de David avec tant de vénération, Paul arrive de la manière la plus naturelle, au grand sujet de son discours qui était d'annoncer le Sauveur.

      De la semence de David, Dieu a suscit√© (C, D), ce Sauveur, ou, selon une variante g√©n√©ralement admise, l'a amen√© √† Isra√ęl, dans la personne de J√©sus dont le nom m√™me signifie Sauveur.

      Et l'ap√ītre a soin d'ajouter que cette grande manifestation de la mis√©ricorde divine a eu lieu selon la promesse de Dieu, promesse bien connue de ses auditeurs, et qui devait leur inspirer de la confiance en ce J√©sus en qui Dieu l'a accomplie.

      Cette promesse se trouve dans les prédictions messianiques de tous les prophètes. (Comparer Luc 1.69,70)

      25 Les auditeurs de Paul ne pouvaient pas ignorer le minist√®re du grand proph√®te qui avait paru en Isra√ęl, Jean.

      Le leur rappeler, affirmer le témoignage qu'il avait rendu à Jésus, c'était leur présenter ce dernier comme l'objet de leur foi. (Comparer Matthieu 3.2,11 ; Luc 3.3,15 notes.)

      - Les mots¬†: avant sa venue signifient avant que J√©sus entr√Ęt dans son minist√®re, et non avant son incarnation, comme l'ont pens√© quelques interpr√®tes malgr√© le contexte.

      - Les paroles de Jean-Baptiste que Paul cite, paroles si humbles, par lesquelles il glorifiait le Sauveur, ne furent pas prononc√©es √† la fin de sa course¬†; mais l'ap√ītre consid√®re son t√©moignage comme accomplissant cette course qui n'avait pas d'autre but.

      Ebrard fait observer, avec raison, que cette expression : accomplir sa course appartient au style de Paul ; (Actes 20.24 ; Galates 2.2 ; 1Corinthiens 9.26 ; Philippiens 2.16 ; 2Timothée 4.7)

      Luc lui même ne s'en sert jamais. Elle prouve la vérité historique de ce discours.

      On peut traduire aussi, en adoptant une autre construction : Je ne suis pas, moi, ce que vous me supposez être.

      Avec les deux traductions, il faut sous-entendre : le Messie.

      26 Parvenu √† ce point de son discours o√Ļ il a la joie de parler du Sauveur √† ceux qui l'√©coutent, l'ap√ītre s'adresse directement √† eux avec un redoublement d'affection (fr√®res), faisant sentir aux uns le privil√®ge d'appartenir √† la race d'Abraham, aux autres celui d'√™tre parvenu √† la connaissance du vrai Dieu (grec ceux qui parmi vous sont craignant Dieu, terme qui d√©signe les pros√©lytes).

      Puis il ajoute : c'est à nous (Sin., B, A, D) que Dieu envoie ce grand salut, à nous, ses serviteurs, qui le proclamons, et à vous qui entendez notre parole.

      Quelle puissance de persuasion il y avait dans ce langage !

      27 La transition entre verset 26 et vers 27 est marquée par la particule car :

      Que signifie ce car ?

      Selon Meyer, il indiquerait le motif pour lequel le salut est annoncé à ces Juifs dispersés. C'est que ceux de Jérusalem l'ayant repoussé, ils en ont été privés par un juste jugement de Dieu et qu'il a été envoyé à d'autres Israélites, non coupables de cette criminelle ingratitude.

      Mais, comme l'observe de Wette, ce n'est pas la raison pour laquelle. le salut est annoncé aux Juifs d'Antioche, auxquels il serait parvenu en tout cas.

      Calvin pense que l'ap√ītre excite ainsi en ses auditeurs le d√©sir de recevoir l'Evangile, afin de ne pas se rendre complice du crime commis √† J√©rusalem.

      Mais ces explications supposent à verset 26 la leçon du texte reçu : c'est à vous que la parole de ce salut est envoyée.

      D'après la leçon beaucoup plus autorisée : c'est à nous, Paul n'oppose pas les habitants de Jérusalem à ses auditeurs actuels. Ce qu'il dit de leur conduite à l'égard de Jésus, de la mort qu'ils lui ont fait subir, de sa résurrection accomplie par Dieu et attestée par des témoins dignes de foi, (versets 27-31) est destiné à justifier (car) la grande affirmation qu'il venait d'émettre, (verset 26) à démontrer que c'est bien la parole du salut qui nous est envoyée, à prévenir dans l'esprit de ses auditeurs, comme le dit Calvin, une objection qui pouvait les scandaliser : "Quoi ! tu nous annonces le salut au nom d'un homme que les chefs de notre nation ont mis à mort avec la dernière ignominie !" Oui, répond Paul ils l'ont méconnu, rejeté, crucifié. mais ils n'ont fait en le jugeant qu'accomplir les paroles des prophètes, paroles qu'ils connaissaient bien, car elles se lisent, dans leurs synagogues, chaque jour de sabbat !

      On peut traduire aussi, et cette traduction est peut-être plus exacte : Ayant méconnu celui-ci (Jésus) et les paroles des prophètes qui se lisent chaque jour de sabbat, ils ont, en le jugeant, accompli ces paroles.

      30 Tous ces d√©tails relatifs au jugement de J√©sus, √† son innocence, √† sa mort, furent sans doute expos√©s plus au long par l'ap√ītre, qui fit ressortir, d'une part, la perversit√© des chefs du peuple, et d'autre part, l'immense amour du Sauveur.

      - Luc, dans son résumé du discours de Paul, ne distingue pas entre les ennemis de Jésus qui le firent mourir et ses amis qui le descendirent de la croix et le mirent dans un sépulcre. Ces faits étaient bien connus de celui à qui il adressait son livre.

      31 La résurrection de Jésus Christ est proclamée en maint passage du livre des Actes ; (Actes 2.32 ; 3.15, etc.) elle est toujours attribuée à Dieu. C'est par elle que Dieu a justifié Jésus injustement condamné, l'a déclaré son Fils avec puissance, (Romains 1.4) et l'a élevé pour être le Prince de la vie.

      Dans le pr√©sent discours Paul √©tablit la certitude de cette r√©surrection, en invoquant le t√©moignage le plus s√Ľr, celui des disciples, qui avaient suivi J√©sus dans tout son minist√®re, qui √©taient mont√©s avec lui de la Galil√©e √† J√©rusalem et qui l'ont vu pendant plusieurs jours. (Comparer Actes 10.41 et surtout Actes 1.3)

      Ces hommes, ajoute l'ap√ītre, sont t√©moins de ce fait maintenant (Sin., A, C. omis dans B, majuscules) devant le peuple, √† J√©rusalem, dans le m√™me temps o√Ļ nous en rendons t√©moignage aux Juifs de la dispersion. (verset 32)

      33 Paul et Barnabas aussi pouvaient maintenant, après avoir prouvé que Jésus était, malgré les apparences contraires, le porteur du salut, (versets 27-31) annoncer à leurs auditeurs la bonne nouvelle que la promesse faite aux pères, Dieu l'avait pleinement accomplie pour nous leurs enfants, en ressuscitant Jésus.

      En effet, cette résurrection est l'accomplissement de toutes les promesses relatives à la rédemption du monde.

      Paul en cite trois qu'il voit réalisées dans ce grand fait ; et d'abord Psaumes 2.7.

      L'√©p√ģtre aux H√©breux applique aussi ce passage √† la r√©surrection du Fils de Dieu (H√©breux 1.5 voir la note) et cette application est en pleine harmonie avec la pens√©e de notre ap√ītre dans Romains 1.4.

      Pierre emploie le même terme, quand il parle de la résurrection dans Actes 2.24,32.

      Cependant plusieurs interprètes (Calvin, les versions de Pau-Vevey et de Weizsäcker) traduisent : ayant suscité Jésus.

      L'ap√ītre penserait, non √† la r√©surrection de J√©sus, mais √† son entr√©e dans son Ňďuvre messianique.

      M. Wendt allègue en faveur de cette interprétation les motifs suivants :

      1¬į L'analogie de Actes 3.26 comparez Actes 3.22 et Actes 7.37¬†;

      2¬į Le fait que l'ap√ītre reprend en verset 32 la pens√©e de verset 26¬†;

      3¬į A verset 34, o√Ļ il parle de la r√©surrection, il ajoute express√©ment¬†: des morts¬†;

      4¬į Le passage de Psaumes 2.7 fut cit√© par la voix c√©leste au bapt√™me de J√©sus. (Luc 3.22, d'apr√®s le texte de D Itala)

      - Les principaux majuscules (Sin., B, A, C, D) présentent cette leçon qui n'offre guère de sens acceptable : pour nos enfants.

      On ne comprend pas pourquoi la promesse ne serait accomplie que pour les enfants de la présente génération. C'est à celle-ci du reste que s'applique ce terme d'enfants opposé à celui de pères.

      M. Weiss conserve le texte reçu : à nous leurs enfants.

      M. Blass lit : à leurs enfants ;

      M. Wendt : aux enfants, nous ayant suscité.

      Une variante admise par Lachmann et Tischendorf sur l'autorité de D, et d'Origène, porte Psaume premier au lieu de second. Elle provient de ce qu'on réunissait parfois les deux premiers Psaumes en un seul ou que l'on considérait le Psaume premier comme une introduction de tout le recueil.

      34 Jésus ressuscité vit éternellement, il ne meurt plus. (Romains 6.9)

      Telle est la pens√©e que l'ap√ītre exprime par les mots¬†: ne plus retourner a la corruption.

      En pronon√ßant ces paroles, Paul avait sans doute d√©j√† en vue sa citation du Psaumes 16.10, qui va suivre. (verset 35) mais il lui vient √† l'esprit une parole d Esa√Įe (Esa√Įe 55.3) qui lui para√ģt assurer au descendant de David les choses saintes (les biens messianiques la vie future) promises √† son anc√™tre.

      La citation est emprunt√©e √† la version des Septante, o√Ļ on lit¬†: "Je traiterai avec vous une alliance √©ternelle (vous assurant) les choses saintes de David, qui sont fid√®les," c'est-√†dire les saintes promesses qui lui ont √©t√© faites et qui ne le tromperont point.

      Il y a dans l'h√©breu¬†: "les gr√Ęces de David qui sont v√©ritables ou fid√®les, ou assur√©es."

      On pourrait entendre l'expression des Septante dans le même sens. M. Wendt entend par les choses saintes de David la sainteté même du Messie, qui est certaine, assurée contre la destruction.

      Les deux citations, versets 34,35, exprimeraient la même pensée sous forme positive d'abord, puis sous forme négative : Je vous donnerai un Messie saint et par là même permanent et ce saint, je ne permettrai pas (grec tu ne donneras pas) qu'il voie la corruption.

      37 De Wette et Meyer traduisent : après avoir servi à sa génération au dessein de Dieu.

      Calvin et quelques exégètes, construisant autrement verset 36, traduisent : David, après avoir servi à son temps, s'est endormi selon le dessein de Dieu, et a été mis avec ses pères.

      Notre traduction est celle de la Vulgate de Luther et de la plupart des versions modernes. Ce n'est donc point en David personnellement que s'est accomplie la parole du Psaume, c'est en Celui dont il était l'ancêtre et le type dans l'histoire du royaume de Dieu.

      Paul fonde sur cette citation de Psaumes 16 à peu prés la même argumentation que Pierre dans Actes 2.29 et suivants (Voir les notes.)

      39 Pour la seconde fois, (verset 26) l'ap√ītre se tourne avec amour vers ses auditeurs (hommes fr√®res) et, apr√®s leur avoir prouv√© que J√©sus est vraiment le Sauveur, par sa mort, par sa r√©surrection annonc√©e dans les Ecritures, (versets 26-37) il leur expose les immenses bienfaits qui sont le fruit de son Ňďuvre. (versets 38,39)

      C'est d'abord ce don de la gr√Ęce de Dieu qui rend la paix √† toute √Ęme repentante, (verset 16, note) la r√©mission (ou le pardon) des p√©ch√©s.

      C'est par lui qu'elle vous est annonc√©e¬†: ces mots d√©signent J√©sus non comme l'auteur de la proclamation du pardon, qu'il publierait par la bouche de ses ap√ītres, mais comme celui qui procure le pardon lui-m√™me par sa mort r√©demptrice.

      Puis, comme l'ap√ītre parle √† des Juifs, dont les plus s√©rieux s'effor√ßaient de trouver la justice dans l'observation de la loi de Mo√Įse, il leur d√©clare nettement qu'ils n'ont pu √™tre justifi√©s par ce moyen, mais qu'ils le seront pleinement par le Sauveur qu'il leur pr√™che et cela sans autre condition que de croire en lui.

      Ainsi, la justification par la foi, ce couronnement de l'Evangile, cette glorieuse v√©rit√© qu'il √©tait r√©serv√© √† l'ap√ītre Paul de faire triompher dans l'Eglise est ici formul√©e pour la premi√®re fois. Elle le sera plus nettement encore dans les √©p√ģtres de Paul. (Comparer en particulier Romains 3.21-26, voir les notes.)

      On peut conclure de ce fait que le discours r√©sum√© par Luc a bien √©t√© prononc√© par cet ap√ītre.

      Ce discours. en effet, n'enseigne pas, comme on l'a pr√©tendu, que la foi vaut aux croyants une justification partielle seulement, destin√©e √† compl√©ter celle qu'ils pouvaient acqu√©rir en pratiquant la loi de Mo√Įse, √† leur assurer la r√©mission de toutes les choses dont ils n'avaient pu √™tre justifi√©s par la loi de Mo√Įse.

      On a cru retrouver cette doctrine att√©nu√©e dans notre discours et on l'a refus√© pour cette raison √† l'ap√ītre Paul.

      Mais cette interprétation presse trop les termes employés. Ceux-ci ne marquent pas la limite entre les choses dont on pouvait être justifié par la loi et celles pour lesquelles il fallait un autre moyen de justification.

      Et du reste Paul n'a jamais enseign√© que les Ňďuvres de la loi fussent en elles-m√™mes sans valeur morale. il s'est born√© √† constater qu'elles ne pouvaient procurer au p√©cheur la justification n√©cessaire √† son salut.

      - On ne saurait non plus objecter √† l'authenticit√© de ce discours les analogies qu'il pr√©sente dans sa premi√®re partie, avec celui d'Etienne. Si les m√™mes exemples bibliques sont invoqu√©s, ils le sont dans des intentions diff√©rentes¬†; Etienne veut prouver la r√©bellion constante d'Isra√ęl contre les conducteurs que Dieu lui envoie¬†; Paul fait ressortir le d√©veloppement de la promesse.

      Quant √† la citation du Psaumes 16, qui avait √©t√© faite par Pierre dans son discours de la Pentec√īte, ce passage devait revenir fr√©quemment dans l'argumentation par laquelle les premiers chr√©tiens cherchaient √† √©tablir que J√©sus ressuscit√© √©tait le Messie annonc√© par les proph√®tes.

      41 Paul termine son discours par un sérieux avertissement, dont il emprunte les termes au prophète Habacuc. (Habakuk 1.5)

      Il cite d'après les Septante, qui s'écartent à quelques égards de l'hébreu.

      Ainsi, ces mots : Voyez, contempteurs, supposent un texte différent de l'hébreu qui porte : Regardez parmi les nations.

      Ainsi encore, la version grecque ajoute au texte le verbe que nous rendons par : disparaissez, et qui signifie proprement : devenez invisibles.

      - Le prophète annonçait au peuple le jugement que Dieu allait exercer sur lui par les Chaldéens.

      Telle √©tait l'Ňďuvre qui devait le remplir d'√©tonnement et qu'il ne pourrait croire si on 1a lui racontait.

      En citant ce passage, Paul annon√ßait √† ses auditeurs, s'ils rejetaient la gr√Ęce divine, un jugement pareil. Cette menace s'est accomplie pour le peuple juif dans la ruine de J√©rusalem, qui mit fin √† son existence comme nation. elle pourra s'accomplir, dans la r√©tribution du dernier jour, pour tous ceux √Ę. qui la gr√Ęce aura √©t√© offerte en vain.

      43 Comme Paul et Barnabas sortaient de la synagogue, leurs auditeurs ou plus probablement les chefs de la synagogue, (verset 15) les priaient (grec) que ces choses (ou paroles) leur fussent dites le sabbat suivant.

      Ce fait montre quelle impression profonde le discours de Paul avait produite.

      Mais en outre, beaucoup de Juifs et de prosélytes suivirent les évangélistes dans leur demeure.

      Ceux-ci saisirent avec empressement cette occasion de les exhorter √† pers√©v√©rer dans la gr√Ęce de Dieu.

      C'est dans ce dernier terme, si riche et si beau, que Luc résume tout l'Evangile ; et, en effet, il le renferme tout entier.

      - Le texte reçu, aux mots : après qu'ils furent sortis, ajoute : de la synagogue des Juifs, addition qui manque dans presque tous les majuscules

      Puis ce m√™me texte dit (verset 42) que ce furent les pa√Įens qui demand√®rent √† Paul de leur annoncer encore la Parole. C'est l√† une correction destin√©e √† mettre verset 42 en harmonie avec versets 45,48.

      A la place du verbe ils priaient, B porte un verbe qui marque moins d'empressement dans leur requête, et peut se traduire : ils demandaient.

      Enfin, à verset 43, le texte occidental (Blass, d'après Peschito) porte : suivirent Paul et Barnabas, demandant à être baptisés.

      44 Presque toute la ville ; quel puissant mouvement religieux ce mot suppose !

      C'est que, outre l'impression faite par le discours de Paul, les deux missionnaires ne restèrent pas oisifs durant cette semaine, entre les deux sabbats.

      Calvin et Th. de Bèze, prenant le mot de sabbat dans le sens de semaine ce qui est grammaticalement possible, pensent même que la demande de verset 42 s'appliquait à la semaine suivante.

      C'est là une erreur d'interprétation mais qui devint une vérité dans le fait.

      - Il faut remarquer ce mot de parole de Dieu (Sin., A), ou parole du Seigneur (B, C), qui revient si souvent dans ce livre. (Actes 13.46,48,49 ; Actes 4.29,31 ; 6.2 ; 15.35 ; 19.10)

      La pr√©dication des ap√ītres n'√©tait pas leur parole, mais en tant qu'ils √©taient p√©n√©tr√©s de l'Esprit de Dieu, leur parole devenait une Parole de Dieu. Et l'on peut d√©signer ainsi toute pr√©dication fid√®le de l'Evangile.

      Cette pensée ne ressort pas de la leçon de D (texte occidental), qui porte simplement : pour entendre Paul.

      45 C'est la vue de ces foules, parmi lesquelles il y avait sans doute beaucoup de pa√Įens, qui blessa l'orgueil th√©ocratique de ces Juifs et excita leur jalousie.

      Alors, à leurs contradictions passionnées de la parole de Paul, ils ajoutaient des blasphèmes, sans doute contre Jésus.

      Ce fait ne contredit point verset 42, car les persécuteurs pouvaient être d'autres Juifs ou de ceux qui n'avaient reçu qu'une impression passagère du discours de Paul.

      Le participe contredisant, qui est en grec du même verbe, que nous traduisons par : s'opposaient, manque dans Sin., B, A, C.

      46 A vous, Juifs, premièrement, il fallait ; tel était le conseil de Dieu envers son peuple. (Matthieu 10.6 ; Romains 1.16 ; comparez ci-dessus verset 5, note.)

      Mais en rejetant la parole de Dieu, ces Juifs se jugeaient eux-mêmes indignes de la vie éternelle.

      Il y a quelque chose de tragique dans cette destinée volontairement choisie.

      Maintenant les ap√ītres se tournent vers les pa√Įens. C'√©tait l'accomplissement de la parole de J√©sus. (Matthieu 21.43)

      47 O√Ļ est-ce que le Seigneur nous a ainsi command√©e¬†?

      Dans les paroles m√™mes que Paul cite, en les empruntant √† Esa√Įe 49.6.

      En effet, puisque le Serviteur de l'Eternel, le Messie, auquel la parole est ici adressée, est établi (hébr. donné) de Dieu pour être la lumière des nations et en salut à tous les peuples, il en résulte pour ses disciples le devoir sacré de l'annoncer à toutes les nations.

      On voit, par cette parole, que l'universalité du salut était révélée dès l'époque des prophètes.

      48 Les pa√Įens comprenant, par la derni√®re parole de l'ap√ītre, qu'ils pouvaient √™tre sauv√©s par la foi seule, malgr√© l'opposition des Juifs, √©taient dans la joie.

      Et ils t√©moignaient cette joie en glorifiant la parole du Seigneur. Ils la glorifiaient, soit en la recevant dans leur cŇďur avec toujours plus de d√©cision, soit en exprimant tout haut leur reconnaissance.

      Les pa√Įens ne crurent pas tous, mais (grec) autant (d'entre eux) qui √©taient destin√©s (litt√©ralement ordonn√©s) √† la vie √©ternelle.

      Celui qui les avait ordonn√©s (plac√©s dans cet ordre), c'est Dieu, par sa gr√Ęce souveraine, et en leur donnant l'Esprit d'adoption. (Romains 8.15)

      Telle est la cause pour laquelle ils crurent, se confièrent en Jésus, le Sauveur que Paul annonçait. Ils auraient pu résister comme d'autres, car l'action de Dieu n'anéantit nullement la liberté de l'homme, "Il ne force personne, mais il fait qu'on veut."

      Ce récit de Luc est en parfaite harmonie avec la pensée de Paul, exprimée souvent ailleurs par un autre terme plus précis encore. (Romains 8.29 ; Ephésiens 1.5)

      - Les commentateurs ont souvent torturé ce texte dans un intérêt dogmatique.

      Tandis que Calvin y voit la doctrine d'un décret absolu, d'autres s'efforcent de diminuer l'action de Dieu pour élever celle de l'homme, qui, en dernier résultat, se destinerait lui-même à la vie éternelle.

      Oltramare traduit : "Ceux qui étaient disposés pour la vie éternelle, crurent."

      Pour cela, il faut faire taire la conscience exégétique.

      La plupart des traducteurs et des interprètes récents, même parmi les luthériens, préfèrent laisser le texte dire ce qu'il dit.

      50 Tandis que la parole du Seigneur, l'Evangile de sa gr√Ęce, se r√©pandait (grec √©tait port√©e √ß√† et l√†), non seulement dans la ville d'Antioche, mais dans toute la contr√©e, les Juifs, d√©sign√©s √† verset 45, provoqu√®rent une pers√©cution en excitant le fanatisme de femmes d√©votes¬†; le mot employ√© d√©note des pros√©lytes ardentes √† d√©fendre leur nouvelle foi juda√Įque.

      Puis, de proche en proche, le mouvement entra√ģna les principaux de la ville, les magistrats, qui √©taient pa√Įens.

      Ils bannirent Paul et Barnabas de leur territoire.

      Cette haine des Juifs, que nous retrouverons dès le chapitre suivant et partout dans ce livre, achevait la destinée tragique de ce peuple qui courait à sa ruine en rejetant le Sauveur.

      51 Les disciples ne faisaient en cela que suivre l'ordre de leur Ma√ģtre¬†; (Matthieu 10.14¬†; Luc 9.5) ils d√©claraient par cet acte aux Juifs rebelles que toute a responsabilit√© de leur conduite p√®serait sur eux.

      Au lieu de poursuivre leur course vers le nord, les deux √©vang√©listes se dirig√®rent vers le sud est, entreront dans la province de Lycaonie et s'arr√™t√®rent √† Iconium, capitale de cette province o√Ļ nous les retrouverons au chapitre suivant.

      Cette ville d'Iconium subsiste encore aujourd'hui sous le nom de Konieh.

      52 Les disciples, tous ceux qui avaient été convertis pendant le séjour de Paul et Barnabas à Antioche, loin d'être découragés par leur départ, étaient remplis de joie, la joie de leur salut éternel, suscitée et entretenue en eux par l'Esprit saint qui en est la source.

      Magnifique fruit de cette première mission en Pisidie !

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