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La Bible Chronologique - Jour 170

Sommaire

La Bible Chronologique - Jour 331 - 1 Thessaloniciens 1.1,1 Thessaloniciens 1.1-2,1 Thessaloniciens 1.2-3,1 Thessaloniciens 1.3-4,1 Thessaloniciens 1.4-5,1 Thessaloniciens 1.5-6,1 Thessaloniciens 1.6-7,1 Thessaloniciens 1.7-8,1 Thessaloniciens 1.8-9,1 Thessaloniciens 1.9-10,1 Thessaloniciens 1.10,1 Thessaloniciens 2.1,1 Thessaloniciens 2.1-2,1 Thessaloniciens 2.2-3,1 Thessaloniciens 2.3-4,1 Thessaloniciens 2.4-5,1 Thessaloniciens 2.5-6,1 Thessaloniciens 2.6-7,1 Thessaloniciens 2.7-8,1 Thessaloniciens 2.8-9,1 Thessaloniciens 2.9-10,1 Thessaloniciens 2.10-11,1 Thessaloniciens 2.11-12,1 Thessaloniciens 2.12-13,1 Thessaloniciens 2.13-14,1 Thessaloniciens 2.14-15,1 Thessaloniciens 2.15-16,1 Thessaloniciens 2.16-17,1 Thessaloniciens 2.17-18,1 Thessaloniciens 2.18-19,1 Thessaloniciens 2.19-20,1 Thessaloniciens 2.20,1 Thessaloniciens 3.1,1 Thessaloniciens 3.1-2,1 Thessaloniciens 3.2-3,1 Thessaloniciens 3.3-4,1 Thessaloniciens 3.4-5,1 Thessaloniciens 3.5-6,1 Thessaloniciens 3.6-7,1 Thessaloniciens 3.7-8,1 Thessaloniciens 3.8-9,1 Thessaloniciens 3.9-10,1 Thessaloniciens 3.10-11,1 Thessaloniciens 3.11-12,1 Thessaloniciens 3.12-13,1 Thessaloniciens 3.13,1 Thessaloniciens 4.1-18,1 Thessaloniciens 5.1-28,2 Thessaloniciens 1.1-12,2 Thessaloniciens 2.1-17,2 Thessaloniciens 3.1-18

La Bible Chronologique - Jour 170

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    • Ecclésiaste 1

      1 Paroles de l'Ecclésiaste, fils de David, roi à Jérusalem.
      2 Comble de l’inconsistance, dit l'Ecclésiaste, comble de l’inconsistance, tout n’est que fumée !
      3 Quel avantage l'homme retire-t-il de toute la peine qu'il se donne sous le soleil ?
      4 Une génération s'en va, une autre arrive et la terre est toujours là.
      5 Le soleil se lève, le soleil se couche, il soupire après l'endroit d'où il se lève de nouveau.
      6 Le vent se dirige vers le sud, tourne vers le nord, puis il tourne encore et reprend les mêmes circuits.
      7 Tous les fleuves vont à la mer, mais la mer n'est pas remplie et ils continuent d’aller vers leur destination.
      8 Tout est en mouvement, plus qu'on ne peut le dire. L’œil ne sera jamais rassasié de voir et l'oreille ne sera jamais remplie au point de ne plus pouvoir écouter.
      9 Ce qui a existé, c'est ce qui existera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil.
      10 Si l’on dit à propos de quelque chose : « Regarde ceci, c'est nouveau », en réalité cela existait déjà dans les siècles précédents.
      11 On ne se souvient pas de ce qui est ancien, et ce qui arrivera par la suite ne laissera pas de souvenir chez ceux qui vivront plus tard.
      12 Moi, l'Ecclésiaste, j'ai été roi d'Israël à Jérusalem.
      13 J'ai appliqué mon cœur à rechercher et à explorer par la sagesse tout ce qui se fait sous le ciel : c'est une occupation pénible que Dieu réserve aux humains.
      14 J'ai vu tout ce qui se fait sous le soleil et j’ai constaté que tout n’est que fumée et revient à poursuivre le vent.
      15 Ce qui est courbé ne peut pas se redresser et ce qui manque ne peut pas être compté.
      16 Je me suis dit : « J'ai augmenté et développé la sagesse plus que tous ceux qui ont dominé avant moi sur Jérusalem, et mon cœur a vu beaucoup de sagesse et de connaissance. »
      17 J'ai appliqué mon cœur à connaître la sagesse, mais aussi la folie et la stupidité. J'ai découvert que cela aussi, cela revient à poursuivre le vent.
      18 En effet, avec beaucoup de sagesse on a beaucoup de chagrin, et celui qui augmente sa connaissance augmente sa souffrance.

      Ecclésiaste 2

      1 Je me suis dit dans mon cœur : « Allons ! Essaie la joie et tu goûteras au bonheur ! » J’ai constaté que cela aussi, c’était de la fumée.
      2 J'ai traité le rire de folie et j’ai dit, à propos de la joie : « A quoi sert-elle ? »
      3 J’ai imaginé, dans mon cœur, de livrer mon corps au vin tout en me conduisant avec sagesse et de m'attacher à la folie jusqu'à ce que je voie ce qu'il est bon pour les humains de faire sous le ciel tout au long de leur vie.
      4 Je me suis lancé dans de grandes entreprises : je me suis construit des maisons, je me suis planté des vignes,
      5 je me suis fait des jardins et des vergers et j'y ai planté toutes sortes d’arbres fruitiers.
      6 Je me suis fait des réservoirs pour arroser des pépinières.
      7 J'ai acheté des serviteurs et des servantes ; j’en ai eu d’autres, nés chez moi. J’ai aussi possédé des troupeaux de bœufs et de brebis, plus que n’importe qui avant moi à Jérusalem.
      8 J’ai même amassé de l'argent et de l'or, les richesses des rois et des provinces. Je me suis procuré des chanteurs et des chanteuses et ce qui fait le plaisir des hommes : des concubines en quantité.
      9 Je suis devenu grand, plus grand que n’importe qui avant moi à Jérusalem, sans rien perdre de ma sagesse.
      10 Je n’ai rien refusé à mes yeux de tout ce qu’ils réclamaient, je n'ai privé mon cœur d’aucune joie. En effet, mon cœur était réjoui par tout mon travail, et c'est toute la part que j’en ai retirée.
      11 Puis j'ai réfléchi à tout ce que mes mains avaient entrepris, à la peine que j'avais eue pour le faire, et j’ai constaté que tout n’est que fumée et revient à poursuivre le vent. Il n'y a aucun avantage à retirer de ce qu'on fait sous le soleil.
      12 J’ai réfléchi à ce qui caractérise la sagesse, la folie et la stupidité. – En effet, que fera l'homme qui succédera au roi ? N’est-ce pas ce qu'on a déjà fait ? –
      13 J’ai vu que la sagesse a sur la folie le même avantage que la lumière sur l’obscurité :
      14 le sage a ses yeux bien en place, tandis que l’homme stupide marche dans l’obscurité. Toutefois, j'ai aussi reconnu que le même sort est réservé à l'un et à l'autre,
      15 et je me suis dit dans mon cœur : « J'aurai le même sort que l’homme stupide. A quoi m’a-t-il donc servi d’être plus sage que lui ? » Et je me suis dit dans mon cœur : « C'est encore de la fumée. »
      16 En effet, le souvenir que l’on garde du sage n'est pas plus durable que celui que l’on garde de l’homme stupide, puisque, dès les jours suivants, tout est oublié. Comment se fait-il que le sage meure tout comme l’homme stupide ?
      17 Alors j'ai détesté la vie. Oui, ce qui se fait sous le soleil m'a déplu, car tout n’est que fumée et revient à poursuivre le vent.
      18 J'ai détesté tout le travail que j'ai accompli sous le soleil et dont je dois laisser la jouissance à l'homme qui me succédera.
      19 Et qui sait s'il sera sage ou fou ? Pourtant, il sera maître de tout mon travail, de tout le fruit de ma sagesse sous le soleil. Cela aussi, c’est de la fumée.
      20 J'en suis venu à désespérer à cause de toute la peine que je me suis donnée sous le soleil.
      21 En effet, un homme peut travailler avec sagesse, savoir-faire et succès, et il doit laisser le produit de son travail à un homme qui ne s’est donné aucune peine pour cela. Cela aussi, c’est de la fumée et c’est un grand malheur.
      22 Oui, que retire l'homme de tout son travail et des préoccupations de son cœur, alors qu’il se donne tant de peine pour cela sous le soleil ?
      23 Ses journées ne sont toutes que souffrance et son activité n'est que chagrin. Même la nuit, son cœur ne connaît pas le repos. Cela aussi, c’est de la fumée.
      24 Le seul bonheur, pour l'homme, consiste à manger, à boire et à se donner du plaisir dans son travail, mais cela aussi, je l'ai bien vu moi-même, dépend de Dieu.
      25 En effet, qui peut manger et jouir de quelque chose, en dehors de moi ?
      26 Oui, à l'homme qui lui est agréable il donne la sagesse, la connaissance et la joie, mais au pécheur il réserve la tâche de récolter et d’amasser des biens afin de les donner à celui qui est agréable à Dieu. Cela aussi, c’est de la fumée et cela revient à poursuivre le vent.

      Ecclésiaste 3

      1 Il y a un moment pour tout et un temps pour toute activité sous le ciel :
      2 un temps pour naître et un temps pour mourir, un temps pour planter et un temps pour arracher ce qui a été planté,
      3 un temps pour tuer et un temps pour guérir, un temps pour démolir et un temps pour construire,
      4 un temps pour pleurer et un temps pour rire, un temps pour se lamenter et un temps pour danser,
      5 un temps pour lancer des pierres et un temps pour en ramasser, un temps pour embrasser et un temps pour s’éloigner des embrassades,
      6 un temps pour chercher et un temps pour perdre, un temps pour garder et un temps pour jeter,
      7 un temps pour déchirer et un temps pour coudre, un temps pour se taire et un temps pour parler,
      8 un temps pour aimer et un temps pour détester, un temps pour la guerre et un temps pour la paix.
      9 Mais quel avantage celui qui agit retire-t-il de la peine qu’il se donne ?
      10 J'ai vu quelle occupation Dieu réserve aux humains.
      11 Il fait toute chose belle au moment voulu. Il a même mis dans leur cœur la pensée de l'éternité, même si l'homme ne peut pas comprendre l'œuvre que Dieu accomplit du début à la fin.
      12 J'ai reconnu que leur seul bonheur consiste à se réjouir et à bien agir pendant leur vie,
      13 et que, si un homme mange, boit et prend du plaisir dans tout son travail, c'est un cadeau de Dieu.
      14 J'ai reconnu que tout ce que Dieu fait durera toujours, sans qu’on puisse ajouter ou enlever quoi que ce soit, et que Dieu agit de cette manière afin qu'on éprouve de la crainte devant lui.
      15 Ce qui existe a déjà existé, tout comme ce qui existera, et Dieu ramène ce qui est passé.
      16 J’ai encore vu, sous le soleil, qu'à l'endroit désigné pour le jugement se trouvait la méchanceté et qu'à l'endroit désigné pour la justice régnait la méchanceté.
      17 Je me suis dit dans mon cœur : « Le juste et le méchant, c’est Dieu qui les jugera, car il y a un temps pour toute activité et pour tout ce qui se fait. »
      18 Je me suis dit dans mon cœur, à propos des humains, que Dieu les met à l'épreuve pour qu’ils voient par eux-mêmes qu'ils ne sont que des bêtes.
      19 En effet, le sort de l’homme et celui de la bête sont identiques : ils meurent tous les deux, ils ont tous un même souffle et la supériorité de l'homme sur la bête est nulle, puisque tout n’est que fumée.
      20 Tout va au même endroit. Tout a été fait à partir de la poussière et tout retourne à la poussière.
      21 Qui sait si le souffle des humains monte vers les hauteurs et si le souffle de la bête descend dans la terre ?
      22 J'ai vu qu'il n'y a rien de mieux pour l'homme que de se réjouir de ce qu’il fait : voilà quelle est sa part. En effet, qui le ramènera pour qu’il voie ce qui sera après lui ?

      Ecclésiaste 4

      1 J'ai examiné ensuite toutes les oppressions qui se commettent sous le soleil : les opprimés sont dans les larmes et personne ne les console ! La force est du côté de leurs oppresseurs et personne ne les console !
      2 J'ai alors déclaré que les morts sont plus heureux d’être déjà morts que les vivants d’être encore en vie,
      3 et j’ai déclaré plus heureux encore que les uns et les autres celui qui n'a pas encore vécu, puisqu’il n'a pas vu le mal qui se commet sous le soleil.
      4 J'ai vu que toute la peine que l’on se donne et tout le succès que l’on recherche dans une entreprise ne sont motivés que par la jalousie de l'homme vis-à-vis de son prochain. Cela aussi, c’est de la fumée et cela revient à poursuivre le vent.
      5 L’homme stupide croise les bras et se détruit lui-même.
      6 Mieux vaut une poignée pleine de repos que deux poignées pleines de travail et d’une activité qui revient à poursuivre le vent.
      7 J'ai examiné une autre réalité qui n’est que fumée sous le soleil :
      8 un homme peut être seul, sans aucun proche, sans fils ni frère, et pourtant son travail n'a pas de fin et ses yeux ne sont jamais rassasiés de richesses. « Pour qui donc est-ce que je travaille et me prive de bonheur ? » se demande-t-il. Cela aussi, c’est de la fumée et une mauvaise occupation.
      9 Il vaut mieux être deux que tout seul, parce qu’à deux on retire un bon profit du travail.
      10 En effet, en cas de chute, l'un relève son compagnon, mais malheur à celui qui est seul et qui tombe sans avoir de proche pour le relever !
      11 De même, si deux personnes dorment ensemble, elles auront chaud, mais celui qui est seul, comment aura-t-il chaud ?
      12 Si quelqu'un peut l’emporter contre un seul homme, à deux on peut lui résister ; la corde à trois fils ne se coupe pas facilement.
      13 Mieux vaut être un enfant pauvre et sage qu'un roi vieux et stupide qui ne sait plus se laisser avertir.
      14 Oui, il peut même sortir de prison pour régner ou être né pauvre dans son royaume :
      15 j'ai vu tous les êtres vivants qui marchent sous le soleil se rallier à l'enfant destiné à succéder au roi et à régner à sa place ;
      16 il n'y avait pas de fin à tout ce peuple, à tous ceux dont il avait pris la tête. Pourtant, les générations suivantes ne se réjouiront plus à son sujet. Oui, cela aussi, c’est de la fumée et cela revient à poursuivre le vent.
      17 Veille sur ton pied, lorsque tu entres dans la maison de Dieu : approche-toi pour écouter, au lieu d’offrir le sacrifice que présentent les hommes stupides parce qu’ils ne savent pas qu'ils agissent mal.

      Ecclésiaste 5

      1 Ne t’empresse pas d'ouvrir la bouche ! Que ton cœur ne se précipite pas pour exprimer une parole devant Dieu ! En effet, Dieu est au ciel, et toi sur la terre. Que tes paroles soient donc peu nombreuses !
      2 Oui, les rêves surgissent dans un flot d’occupations, et la voix de l’homme stupide dans un flot de paroles.
      3 Lorsque tu as fait un vœu à Dieu, ne tarde pas à l'accomplir, car il n'aime pas les hommes stupides. Accomplis le vœu que tu as fait !
      4 Mieux vaut pour toi ne pas faire de vœu plutôt que d'en faire un et de ne pas l'accomplir.
      5 Ne permets pas à ta bouche de te faire pécher et ne dis pas devant le messager de Dieu que c'est un péché involontaire. Pourquoi Dieu devrait-il s'irriter à cause de tes paroles et détruire le travail de tes mains ?
      6 Oui, s'il y a des absurdités dans un flot de rêves, il y en a aussi dans un flot de paroles. C'est pourquoi, crains Dieu !
      7 Si tu vois dans une province le pauvre opprimé, le droit et la justice violés, ne t'en étonne pas, car un homme de rang élevé est placé sous la surveillance d'un autre de rang plus élevé, et au-dessus d'eux il y en a de rang plus élevé encore.
      8 Ce qui représente un avantage pour le pays à tout point de vue, c'est un roi qui favorise la culture de la terre.
      9 Celui qui aime l'argent n’en sera jamais rassasié et celui qui aime les richesses n'en profitera pas. Cela aussi, c’est de la fumée.
      10 Quand les biens sont nombreux, ceux qui les mangent le sont aussi, et quel avantage en tire leur possesseur ? Il ne peut que les voir de ses propres yeux !
      11 Le sommeil du travailleur est doux, qu'il ait peu ou beaucoup à manger, tandis que la satiété dont jouit le riche ne le laisse pas dormir.
      12 Il y a un mal douloureux que j'ai vu sous le soleil : des richesses conservées, pour son malheur, par celui qui les possède.
      13 Si ces richesses disparaissent à cause d’une mauvaise affaire, il ne reste rien entre les mains de son fils.
      14 Il est sorti nu du ventre de sa mère et il repart aussi nu qu'il était venu, sans rien pouvoir emporter de son travail avec lui.
      15 Cela aussi, c’est un mal douloureux : il s'en va comme il était venu, et quel avantage a-t-il d'avoir travaillé pour du vent ?
      16 De plus, toute sa vie il mange dans l’obscurité et il n’est pas épargné par le chagrin, la maladie et l’irritation.
      17 Voici ce que j'ai vu : il est bon et beau pour l'homme de manger et de boire et de prendre du plaisir dans le travail qu'il accomplit sous le soleil, pendant la durée de vie que Dieu lui accorde, car c’est sa part.
      18 Et même, si un homme a reçu de Dieu des richesses et des biens, s'il lui a donné le pouvoir d'en manger, d'en prendre sa part et de se réjouir au milieu de son travail, c'est un cadeau de Dieu.
      19 En effet, il ne se souviendra pas beaucoup de la durée de sa vie, parce que Dieu l’occupe en déversant la joie dans son cœur.

      Ecclésiaste 6

      1 Il y a un mal que j'ai vu sous le soleil et qui est fréquent parmi les hommes :
      2 Dieu a pu donner des richesses, des biens et de la gloire à un homme, et rien de ce qu'il désire ne lui manque, mais Dieu ne lui laisse pas le pouvoir d'en jouir. Oui, c'est un étranger qui en jouira. C'est de la fumée et c’est un mal douloureux.
      3 Même si un homme avait 100 fils et vivait un grand nombre d'années, même s’il prolongeait son existence, si son âme ne s'est pas rassasiée de bonheur et si, de plus, il n'a pas de sépulture, j’affirme qu'un enfant mort-né est plus heureux que lui.
      4 En effet, il est venu comme une vapeur et repart dans l’obscurité, et son nom restera sous un voile d’obscurité ;
      5 il n'a pas vu, pas connu le soleil, et il a plus de repos que cet homme.
      6 A quoi bon vivre deux fois 1000 ans sans jouir du bonheur ? Tous ne vont-ils pas au même endroit ?
      7 Tout le travail de l'homme est pour sa bouche, et pourtant ses désirs ne sont jamais satisfaits.
      8 En effet, quel avantage le sage a-t-il sur l’homme stupide ? A quoi sert-il à un pauvre de savoir se conduire dans la vie ?
      9 Ce que les yeux voient est préférable à ce que recherche l’âme. Cela aussi, c’est de la fumée et cela revient à poursuivre le vent.
      10 Ce qui existe a déjà été appelé par son nom, et l'on sait ce qu’est l’homme : il est incapable de contester avec celui qui est plus fort que lui.
      11 S'il y a beaucoup de paroles, il y a beaucoup d’absurdités. Quel avantage l'homme en retire-t-il ?
      12 Qui sait en effet ce qui est bon pour l'homme dans la vie, tout au long de sa vie sans consistance qu'il traverse comme une ombre ? Et qui peut annoncer à l'homme ce qui existera après lui sous le soleil ?
    • Ecclésiaste 1

      1 Paroles de l’Ecclésiaste, fils de David, roi à Jérusalem.
      2 Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité.
      3 Que reste-t-il à l’homme de toute la peine qu’il se donne sous le soleil ?
      4 Une génération s’en va, une génération vient, et la terre subsiste toujours.
      5 Le soleil se lève, le soleil se couche ; il aspire (à retourner) vers le lieu d’où il se lèvera.
      6 Allant vers le sud, tournant vers le nord, tournant, tournant, ainsi va le vent, le vent qui reprend ses circuits.
      7 Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n’est point remplie ; vers le lieu où ils coulent, les fleuves continuent à couler.
      8 Toutes choses se fatiguent au-delà de ce qu’on peut dire, l’œil ne se rassasie pas de voir, et l’oreille ne se lasse pas d’entendre.
      9 Ce qui a été, c’est ce qui sera, et ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera, il n’y a rien de nouveau sous le soleil.
      10 Y a-t-il une chose dont on dise : Vois ceci, c’est nouveau ! elle a déjà eu lieu dans les siècles qui nous ont précédés.
      11 On n’a point souvenir du passé, et ce qui arrivera dans l’avenir ne laissera pas de souvenir chez ceux qui viendront dans la suite.
      12 Moi, l’Ecclésiaste, je suis devenu roi sur Israël à Jérusalem.
      13 J’ai pris à cœur de rechercher et d’explorer par la sagesse tout ce qui se fait sous le ciel ; c’est un souci fâcheux que Dieu donne aux humains comme moyen d’humiliation.
      14 J’ai vu tous les ouvrages qui se font sous le soleil ; voici que tout est vanité et poursuite du vent.
      15 Ce qui est courbé ne peut être redressé, et ce qui manque ne peut être porté au compte.
      16 J’ai dit en mon cœur : Ainsi moi j’ai développé et amassé plus de sagesse que tous ceux qui étaient avant moi sur Jérusalem, et mon cœur a vu beaucoup de sagesse et de science.
      17 J’ai pris à cœur de connaître la sagesse, et de connaître la démence et la folie ; j’ai reconnu que cela aussi est poursuite du vent.
      18 Car avec beaucoup de sagesse on a beaucoup de tracas, et plus on a de science, plus on a de tourment.

      Ecclésiaste 2

      1 J’ai dit en mon cœur : Allons ! je vais t’éprouver par la joie et n’arrêter ma vue que sur le bonheur. Même cela n’est que vanité.
      2 Du rire j’ai dit : C’est de la démence ! et de la joie : Que vient-elle faire ?
      3 Je me suis découvert le désir d’habituer ma chair au vin, tandis que mon cœur me conduirait avec sagesse, et de m’attacher à la folie jusqu’à ce que je voie s’il est bon pour les humains d’agir ainsi sous le soleil pendant le nombre des jours de leur vie.
      4 J’ai exécuté de grands ouvrages : je me suis bâti des maisons ; je me suis planté des vignobles ;
      5 je me suis fait des jardins et des parcs, et j’y ai planté toutes sortes d’arbres fruitiers ;
      6 je me suis fait des bassins pour arroser de leur eau une forêt de jeunes arbres.
      7 J’ai acquis des esclaves hommes et femmes, et j’ai eu leurs fils nés dans la maison ; j’ai, de plus, été grand propriétaire de gros et de petit bétail, plus que tous ceux qui étaient avant moi dans Jérusalem.
      8 Je me suis aussi amassé de l’argent et de l’or, précieux trésor des rois et des provinces. Je me suis procuré des chanteurs et des chanteuses, et raffinement pour les humains, des dames en grand nombre.
      9 Je suis devenu grand, et j’ai surpassé tous ceux qui étaient avant moi à Jérusalem. Et même ma sagesse demeurait avec moi.
      10 Tout ce que mes yeux ont réclamé, je ne les en ai pas privés ; je n’ai refusé aucune joie à mon cœur ; car mon cœur se réjouissait de tout mon travail ; et c’est la part qui m’est revenue de tout ce travail.
      11 Puis, j’ai envisagé tous les ouvrages que mes mains avaient faits, et la peine que j’avais prise à les faire ; et voici que tout est vanité et poursuite du vent, il n’en reste rien sous le soleil.
      12 Alors j’ai envisagé de voir la sagesse, ainsi que la démence et la folie. – En effet que fera l’homme qui succédera au roi ? Ce qu’on a déjà fait. –
      13 Et j’ai vu ceci : il reste quelque chose de plus à la sagesse qu’à la folie, comme il reste quelque chose de plus à la lumière qu’aux ténèbres ;
      14 le sage a ses yeux là où il faut, mais l’insensé marche dans les ténèbres. Pourtant j’ai reconnu aussi qu’un même sort les attend tous (deux).
      15 J’ai dit en mon cœur : Le sort de l’insensé m’atteindra, moi aussi ; pourquoi donc aurai-je été plus sage ? Et j’ai déclaré en mon cœur que c’est encore là une vanité.
      16 Car le sage ne laisse point de souvenir perpétuel, pas plus que l’insensé ; au fur et à mesure que passent les jours, tout est oublié. Le sage meurt bel et bien comme l’insensé !
      17 J’ai donc haï la vie, car pour moi l’ouvrage que l’on fait sous le soleil est mauvais, puisque tout est vanité et poursuite du vent.
      18 J’ai haï toute la peine que je me donne sous le soleil, et dont je dois laisser (la jouissance) à l’homme qui me succédera.
      19 Et qui sait s’il sera sage ou insensé ? Pourtant, il sera maître de toute la peine que je me suis donnée en usant de sagesse sous le soleil ! C’est encore là une vanité.
      20 Et j’en suis venu à me décourager de m’être donné toute cette peine sous le soleil.
      21 Y a-t-il un homme qui ait peiné avec sagesse, science et succès, voilà que sa part est donnée à un homme qui n’y a pris aucune peine. C’est encore là une vanité et un grand mal.
      22 Que revient-il, en effet, à l’homme de toute la peine et de la préoccupation qu’il s’est données sous le soleil ?
      23 Tous ses jours ne sont que tourments, ses soucis le tracassent ; son cœur n’a pas de repos, même pendant la nuit. C’est là encore une vanité.
      24 Il n’y a de bon pour l’homme que de manger et de boire, et de voir pour lui-même le bon côté de sa peine ; mais j’ai vu que cela aussi vient de la main de Dieu.
      25 Qui, en effet, peut manger et jouir, sauf moi ?
      26 Car à l’homme qui lui est agréable, (Dieu) donne la sagesse, la science et la joie ; mais au pécheur il donne le souci de recueillir et d’amasser, afin de donner à celui qui est agréable à Dieu. C’est encore là une vanité et la poursuite du vent.

      Ecclésiaste 3

      1 Il y a un moment pour tout, un temps pour toute chose sous le ciel :
      2 Un temps pour enfanter et un temps pour mourir ; Un temps pour planter et un temps pour arracher le plant ;
      3 Un temps pour tuer et un temps pour guérir ; Un temps pour démolir et un temps pour bâtir ;
      4 Un temps pour pleurer et un temps pour rire ; Un temps pour se lamenter et un temps pour danser ;
      5 Un temps pour jeter des pierres et un temps pour ramasser des pierres ; Un temps pour étreindre et un temps pour s’éloigner de l’étreinte ;
      6 Un temps pour chercher et un temps pour perdre ; Un temps pour garder et un temps pour jeter ;
      7 Un temps pour déchirer et un temps pour recoudre ; Un temps pour se taire et un temps pour parler ;
      8 Un temps pour aimer et un temps pour haïr ; Un temps de guerre et un temps de paix.
      9 Que reste-t-il à celui qui travaille de la peine qu’il prend ?
      10 J’ai vu le souci que Dieu donne aux humains comme moyen d’humiliation.
      11 Tout ce qu’il a fait est beau en son temps, et même il a mis dans leur cœur (la pensée de) l’éternité, bien que l’homme ne puisse pas saisir l’œuvre que Dieu a faite, du commencement jusqu’à la fin.
      12 J’ai reconnu qu’il n’y a rien de bon pour lui sinon de se réjouir et de faire ce qui est bon pendant sa vie ;
      13 et aussi que pour tout homme, manger, boire et voir ce qui est bon au milieu de tout son travail, est un don de Dieu.
      14 J’ai reconnu que tout ce que Dieu fait dure à toujours, il n’y a rien à y ajouter et rien à en retrancher. Dieu agit (ainsi) afin qu’on ait de la crainte en sa présence.
      15 Ce qui est a déjà existé et ce qui existera est déjà là, Dieu ramène ce qui a disparu.
      16 Voici encore ce que j’ai vu sous le soleil : à la place du droit, là est la méchanceté, à la place de la justice, là est la méchanceté.
      17 J’ai dit en mon cœur : Dieu jugera le juste et le méchant ; car il y a un temps pour toute chose et (un jugement) sur toute œuvre.
      18 J’ai dit en mon cœur, au sujet des humains, que Dieu allait les éprouver, alors ils verront eux-mêmes qu’ils ne sont que des bêtes.
      19 Car le sort des humains et le sort de la bête ne sont pas différents ; l’un meurt comme l’autre, ils ont tous un même souffle, et la supériorité de l’homme sur la bête est nulle ; car tout est vanité.
      20 Tout va dans un même lieu ; tout provient de la poussière, et tout retourne à la poussière.
      21 Qui connaît le souffle des humains lequel monte en haut, et le souffle des bêtes lequel descend en bas vers la terre ?
      22 Et j’ai vu qu’il n’y a rien de mieux pour l’homme que de se réjouir de ses œuvres : c’est là sa part. En effet, qui le ramènera pour voir ce qui arrivera après lui ?

      Ecclésiaste 4

      1 J’ai vu, d’autre part, toutes les oppressions qui se commettent sous le soleil : Voici les larmes des opprimés, et personne pour les consoler ! la force est du côté de leurs oppresseurs, et personne pour les consoler !
      2 Moi, je déclare les morts plus heureux d’être déjà morts que les vivants d’être encore vivants,
      3 mais mieux encore que les uns et les autres celui qui n’a pas encore existé et qui n’a pas vu l’œuvre mauvaise qui se fait sous le soleil.
      4 J’ai vu que toute peine et que tout succès d’une œuvre ne sont que jalousie de l’homme à l’égard de son prochain. Cela encore est vanité et poursuite du vent.
      5 L’insensé se croise les bras, et mange sa propre chair.
      6 Mieux vaut le creux de la main plein de repos que deux poignées de peine et de poursuite du vent.
      7 J’ai vu encore une autre vanité sous le soleil.
      8 Voilà un homme seul sans personne d’autre, il n’a ni fils ni frère, et pourtant son travail n’a point de fin : même ses yeux ne sont jamais rassasiés de richesses. Pour qui donc est-ce que je travaille et prive mon âme de bonheur ? C’est encore là une vanité et un souci malsain.
      9 Deux valent mieux qu’un, parce qu’ils ont un bon salaire de leur peine.
      10 Car, s’ils tombent, l’un relève son compagnon ; mais malheur à celui qui est seul et qui tombe, sans avoir un second pour le relever !
      11 De même, si l’on se couche à deux, on a chaud ; mais celui qui est seul, comment se réchauffera-t-il ?
      12 Si quelqu’un maîtrise un (homme) seul, deux peuvent lui résister, la corde à trois brins ne se rompt pas vite.
      13 Un enfant indigent mais sage vaut mieux qu’un roi vieux et insensé qui ne sait plus se contrôler ;
      14 car (ce garçon) peut sortir de prison pour régner, de même celui qui règne peut être né pauvre.
      15 J’ai vu tous les vivants qui marchent sous le soleil être du côté de l’enfant qui se dressait comme successeur à la place de l’autre.
      16 Il n’y avait point de fin à tout ce peuple, à tous ceux à la tête desquels il se tenait. Et toutefois, ceux qui viendront après ne se réjouiront pas à son sujet. Car cela aussi n’est que vanité et poursuite du vent.
      17 Prends garde à ton pied quand tu vas à la maison de Dieu, et approche-toi pour écouter, plutôt que pour offrir le sacrifice des insensés ; car ils ne reconnaissent pas qu’ils font le mal.

      Ecclésiaste 5

      1 Ne te presse pas d’ouvrir la bouche, et que ton cœur ne se hâte pas d’exprimer une parole devant Dieu ; car Dieu est au ciel et toi sur la terre : que tes paroles soient donc peu nombreuses.
      2 En effet, le rêve vient de la foule des soucis et la voix de l’insensé (se fait entendre) par une foule de paroles.
      3 Lorsque tu as fait un vœu à Dieu, ne tarde pas à l’accomplir, car il n’y a point de faveur pour les insensés : accomplis le vœu que tu as fait.
      4 Mieux vaut pour toi ne pas faire de vœu, que d’en faire un sans l’accomplir.
      5 Ne permets pas à ta bouche de faire pécher (tout) ton corps, et ne dis pas en présence de l’envoyé que c’est une inadvertance. Pourquoi Dieu devrait-il s’irriter de tes paroles, et ruiner l’œuvre de tes mains ?
      6 Car dans la foule des rêves il y a des vanités ; de même quand il y a beaucoup de paroles ; c’est pourquoi, crains Dieu.
      7 Si tu vois dans une province qu’on opprime le pauvre et qu’on viole le droit et la justice, ne t’étonne pas de la chose ; car un grand protège un autre grand, et il en est encore de plus grands au-dessus d’eux.
      8 Les produits de la terre sont pour tous ; même un roi est tributaire de la campagne.
      9 Celui qui aime l’argent n’est pas rassasié par l’argent ; celui qui aime le faste n’a pas de revenus. C’est encore là une vanité.
      10 Quand les biens se multiplient, ceux qui en mangent se multiplient aussi ; quel bénéfice en ont les propriétaires, sinon qu’ils le voient de leurs yeux ?
      11 Le sommeil du travailleur est doux, qu’il ait peu ou beaucoup à manger ; mais la satiété du riche ne le laisse pas dormir.
      12 Il est un malheur funeste que j’ai vu sous le soleil ; la richesse que son propriétaire garde pour son malheur.
      13 Cette richesse se perd par une mauvaise affaire. Le fils qu’il avait engendré n’a plus rien en main.
      14 Comme il est sorti du sein maternel, il s’en retourne nu comme il était venu, il n’emportera de sa peine rien qu’il puisse emmener dans sa main.
      15 C’est encore là un malheur funeste. Il s’en ira exactement comme il était venu ; et que lui restera-t-il après avoir peiné pour du vent ?
      16 Il consume ainsi toutes ses journées dans les ténèbres, beaucoup de tracas, de souffrances et d’irritation.
      17 Voici ce que j’ai vu : c’est déjà bien beau pour l’homme de manger, de boire et de voir le bonheur au milieu de toute la peine qu’il se donne sous le soleil, pendant le nombre des jours de vie que Dieu lui a donnés ; car c’est là sa part.
      18 D’ailleurs pour tout homme à qui Dieu a donné richesse et ressources et qu’il laisse maître de s’en nourrir, d’en prendre sa part et de se réjouir au milieu de sa peine, c’est là un don de Dieu.
      19 En effet, quand il n’aura plus grand’chose il se souviendra des jours de sa vie, où Dieu lui répondait par la joie du cœur.

      Ecclésiaste 6

      1 Il est un malheur que j’ai vu sous le soleil, et qui accable l’homme.
      2 Il y a tel homme à qui Dieu a donné richesse, ressources et gloire, à qui rien ne manque de tout ce qu’il désire, mais Dieu ne l’a pas laissé maître de s’en nourrir, car c’est un étranger qui s’en nourrira. C’est là une vanité et un grand malheur.
      3 Si un homme engendrait cent fils, vivait un grand nombre d’années, quelque nombreux que soient les jours de sa vie, si son âme ne se rassasie pas de bonheur, et qu’il n’ait même pas de sépulture, je dis que l’avorton est plus heureux que lui.
      4 Car celui-ci est venu en vain, il s’en va dans les ténèbres, et son nom reste couvert de ténèbres ;
      5 il n’a ni vu, ni connu le soleil ; il y a plus de repos pour lui que pour l’autre.
      6 Qu’est-ce que vivre deux fois mille ans, sans jouir du bonheur ? tout ne va-t-il pas dans un même lieu ?
      7 Toute la peine de l’homme est pour sa bouche, et cependant son gosier n’est pas rempli.
      8 Que reste-t-il au sage de plus qu’à l’insensé, et quel avantage a l’homme humble qui sait se conduire devant les vivants ?
      9 Mieux vaut voir de ses yeux, que de laisser aller son imagination : c’est encore là une vanité et la poursuite du vent.
      10 Ce qui existe a déjà été appelé par son nom ; et l’on sait ce qu’est l’homme : il ne peut contester avec plus puissant que lui.
      11 Quand il y a beaucoup de paroles, il y a beaucoup de vanités : qu’en reste-t-il à l’homme ?
      12 Qui donc sait ce qui est bon pour l’homme pendant la vie, pendant le nombre des jours de sa vaine existence, qu’il mène comme une ombre ? Et qui peut annoncer à l’homme ce qui sera après lui sous le soleil ?
    • Ecclésiaste 1

      1 Paroles de l'Ecclésiaste, fils de David, roi de Jérusalem.
      2 Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité.
      3 Quel avantage revient-il à l'homme de toute la peine qu'il se donne sous le soleil ?
      4 Une génération s'en va, une autre vient, et la terre subsiste toujours.
      5 Le soleil se lève, le soleil se couche ; il soupire après le lieu d'où il se lève de nouveau.
      6 Le vent se dirige vers le midi, tourne vers le nord ; puis il tourne encore, et reprend les mêmes circuits.
      7 Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n'est point remplie ; ils continuent à aller vers le lieu où ils se dirigent.
      8 Toutes choses sont en travail au delà de ce qu'on peut dire ; l'oeil ne se rassasie pas de voir, et l'oreille ne se lasse pas d'entendre.
      9 Ce qui a été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil.
      10 S'il est une chose dont on dise : Vois ceci, c'est nouveau ! cette chose existait déjà dans les siècles qui nous ont précédés.
      11 On ne se souvient pas de ce qui est ancien ; et ce qui arrivera dans la suite ne laissera pas de souvenir chez ceux qui vivront plus tard.
      12 Moi, l'Ecclésiaste, j'ai été roi d'Israël à Jérusalem.
      13 J'ai appliqué mon coeur à rechercher et à sonder par la sagesse tout ce qui se fait sous les cieux : c'est là une occupation pénible, à laquelle Dieu soumet les fils de l'homme.
      14 J'ai vu tout ce qui se fait sous le soleil ; et voici, tout est vanité et poursuite du vent.
      15 Ce qui est courbé ne peut se redresser, et ce qui manque ne peut être compté.
      16 J'ai dit en mon coeur : Voici, j'ai grandi et surpassé en sagesse tous ceux qui ont dominé avant moi sur Jérusalem, et mon coeur a vu beaucoup de sagesse et de science.
      17 J'ai appliqué mon coeur à connaître la sagesse, et à connaître la sottise et la folie ; j'ai compris que cela aussi c'est la poursuite du vent.
      18 Car avec beaucoup de sagesse on a beaucoup de chagrin, et celui qui augmente sa science augmente sa douleur.

      Ecclésiaste 2

      1 J'ai dit en mon coeur : Allons ! je t'éprouverai par la joie, et tu goûteras le bonheur. Et voici, c'est encore là une vanité.
      2 J'ai dit du rire : Insensé ! et de la joie : A quoi sert-elle ?
      3 Je résolus en mon coeur de livrer ma chair au vin, tandis que mon coeur me conduirait avec sagesse, et de m'attacher à la folie jusqu'à ce que je visse ce qu'il est bon pour les fils de l'homme de faire sous les cieux pendant le nombre des jours de leur vie.
      4 J'exécutai de grands ouvrages : je me bâtis des maisons ; je me plantai des vignes ;
      5 je me fis des jardins et des vergers, et j'y plantai des arbres à fruit de toute espèce ;
      6 je me créai des étangs, pour arroser la forêt où croissaient les arbres.
      7 J'achetai des serviteurs et des servantes, et j'eus leurs enfants nés dans la maison ; je possédai des troupeaux de boeufs et de brebis, plus que tous ceux qui étaient avant moi dans Jérusalem.
      8 Je m'amassai de l'argent et de l'or, et les richesses des rois et des provinces. Je me procurai des chanteurs et des chanteuses, et les délices des fils de l'homme, des femmes en grand nombre.
      9 Je devins grand, plus grand que tous ceux qui étaient avant moi dans Jérusalem. Et même ma sagesse demeura avec moi.
      10 Tout ce que mes yeux avaient désiré, je ne les en ai point privés ; je n'ai refusé à mon coeur aucune joie ; car mon coeur prenait plaisir à tout mon travail, et c'est la part qui m'en est revenue.
      11 Puis, j'ai considéré tous les ouvrages que mes mains avaient faits, et la peine que j'avais prise à les exécuter ; et voici, tout est vanité et poursuite du vent, et il n'y a aucun avantage à tirer de ce qu'on fait sous le soleil.
      12 Alors j'ai tourné mes regards vers la sagesse, et vers la sottise et la folie. -Car que fera l'homme qui succédera au roi ? Ce qu'on a déjà fait.
      13 Et j'ai vu que la sagesse a de l'avantage sur la folie, comme la lumière a de l'avantage sur les ténèbres ;
      14 le sage a ses yeux à la tête, et l'insensé marche dans les ténèbres. Mais j'ai reconnu aussi qu'ils ont l'un et l'autre un même sort.
      15 Et j'ai dit en mon coeur : J'aurai le même sort que l'insensé ; pourquoi donc ai-je été plus sage ? Et j'ai dit en mon coeur que c'est encore là une vanité.
      16 Car la mémoire du sage n'est pas plus éternelle que celle de l'insensé, puisque déjà les jours qui suivent, tout est oublié. Eh quoi ! le sage meurt aussi bien que l'insensé !
      17 Et j'ai haï la vie, car ce qui se fait sous le soleil m'a déplu, car tout est vanité et poursuite du vent.
      18 J'ai haï tout le travail que j'ai fait sous le soleil, et dont je dois laisser la jouissance à l'homme qui me succédera.
      19 Et qui sait s'il sera sage ou insensé ? Cependant il sera maître de tout mon travail, de tout le fruit de ma sagesse sous le soleil. C'est encore là une vanité.
      20 Et j'en suis venu à livrer mon coeur au désespoir, à cause de tout le travail que j'ai fait sous le soleil.
      21 Car tel homme a travaillé avec sagesse et science et avec succès, et il laisse le produit de son travail à un homme qui ne s'en est point occupé. C'est encore là une vanité et un grand mal.
      22 Que revient-il, en effet, à l'homme de tout son travail et de la préoccupation de son coeur, objet de ses fatigues sous le soleil ?
      23 Tous ses jours ne sont que douleur, et son partage n'est que chagrin ; même la nuit son coeur ne repose pas. C'est encore là une vanité.
      24 Il n'y a de bonheur pour l'homme qu'à manger et à boire, et à faire jouir son âme du bien-être, au milieu de son travail ; mais j'ai vu que cela aussi vient de la main de Dieu.
      25 Qui, en effet, peut manger et jouir, si ce n'est moi ?
      26 Car il donne à l'homme qui lui est agréable la sagesse, la science et la joie ; mais il donne au pécheur le soin de recueillir et d'amasser, afin de donner à celui qui est agréable à Dieu. C'est encore là une vanité et la poursuite du vent.

      Ecclésiaste 3

      1 Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux :
      2 un temps pour naître, et un temps pour mourir ; un temps pour planter, et un temps pour arracher ce qui a été planté ;
      3 un temps pour tuer, et un temps pour guérir ; un temps pour abattre, et un temps pour bâtir ;
      4 un temps pour pleurer, et un temps pour rire ; un temps pour se lamenter, et un temps pour danser ;
      5 un temps pour lancer des pierres, et un temps pour ramasser des pierres ; un temps pour embrasser, et un temps pour s'éloigner des embrassements ;
      6 un temps pour chercher, et un temps pour perdre ; un temps pour garder, et un temps pour jeter ;
      7 un temps pour déchirer, et un temps pour coudre ; un temps pour se taire, et un temps pour parler ;
      8 un temps pour aimer, et un temps pour haïr ; un temps pour la guerre, et un temps pour la paix.
      9 Quel avantage celui qui travaille retire-t-il de sa peine ?
      10 J'ai vu à quelle occupation Dieu soumet les fils de l'homme.
      11 Il fait toute chose bonne en son temps ; même il a mis dans leur coeur la pensée de l'éternité, bien que l'homme ne puisse pas saisir l'oeuvre que Dieu fait, du commencement jusqu'à la fin.
      12 J'ai reconnu qu'il n'y a de bonheur pour eux qu'à se réjouir et à se donner du bien-être pendant leur vie ;
      13 mais que, si un homme mange et boit et jouit du bien-être au milieu de tout son travail, c'est là un don de Dieu.
      14 J'ai reconnu que tout ce que Dieu fait durera toujours, qu'il n'y a rien à y ajouter et rien à en retrancher, et que Dieu agit ainsi afin qu'on le craigne.
      15 Ce qui est a déjà été, et ce qui sera a déjà été, et Dieu ramène ce qui est passé.
      16 J'ai encore vu sous le soleil qu'au lieu établi pour juger il y a de la méchanceté, et qu'au lieu établi pour la justice il y a de la méchanceté.
      17 J'ai dit en mon coeur : Dieu jugera le juste et le méchant ; car il y a là un temps pour toute chose et pour toute oeuvre.
      18 J'ai dit en mon coeur, au sujet des fils de l'homme, que Dieu les éprouverait, et qu'eux-mêmes verraient qu'ils ne sont que des bêtes.
      19 Car le sort des fils de l'homme et celui de la bête sont pour eux un même sort ; comme meurt l'un, ainsi meurt l'autre, ils ont tous un même souffle, et la supériorité de l'homme sur la bête est nulle ; car tout est vanité.
      20 Tout va dans un même lieu ; tout a été fait de la poussière, et tout retourne à la poussière.
      21 Qui sait si le souffle des fils de l'homme monte en haut, et si le souffle de la bête descend en bas dans la terre ?
      22 Et j'ai vu qu'il n'y a rien de mieux pour l'homme que de se réjouir de ses oeuvres : c'est là sa part. Car qui le fera jouir de ce qui sera après lui ?

      Ecclésiaste 4

      1 J'ai considéré ensuite toutes les oppressions qui se commettent sous le soleil ; et voici, les opprimés sont dans les larmes, et personne qui les console ! ils sont en butte à la violence de leurs oppresseurs, et personne qui les console !
      2 Et j'ai trouvé les morts qui sont déjà morts plus heureux que les vivants qui sont encore vivants,
      3 et plus heureux que les uns et les autres celui qui n'a point encore existé et qui n'a pas vu les mauvaises actions qui se commettent sous le soleil.
      4 J'ai vu que tout travail et toute habileté dans le travail n'est que jalousie de l'homme à l'égard de son prochain. C'est encore là une vanité et la poursuite du vent.
      5 L'insensé se croise les mains, et mange sa propre chair.
      6 Mieux vaut une main pleine avec repos, que les deux mains pleines avec travail et poursuite du vent.
      7 J'ai considéré une autre vanité sous le soleil.
      8 Tel homme est seul et sans personne qui lui tienne de près, il n'a ni fils ni frère, et pourtant son travail n'a point de fin et ses yeux ne sont jamais rassasiés de richesses. Pour qui donc est-ce que je travaille, et que je prive mon âme de jouissances ? C'est encore là une vanité et une chose mauvaise.
      9 Deux valent mieux qu'un, parce qu'ils retirent un bon salaire de leur travail.
      10 Car, s'ils tombent, l'un relève son compagnon ; mais malheur à celui qui est seul et qui tombe, sans avoir un second pour le relever !
      11 De même, si deux couchent ensemble, ils auront chaud ; mais celui qui est seul, comment aura-t-il chaud ?
      12 Et si quelqu'un est plus fort qu'un seul, les deux peuvent lui résister ; et la corde à trois fils ne se rompt pas facilement.
      13 Mieux vaut un enfant pauvre et sage qu'un roi vieux et insensé qui ne sait plus écouter les avis ;
      14 car il peut sortir de prison pour régner, et même être né pauvre dans son royaume.
      15 J'ai vu tous les vivants qui marchent sous le soleil entourer l'enfant qui devait succéder au roi et régner à sa place.
      16 Il n'y avait point de fin à tout ce peuple, à tous ceux à la tête desquels il était. Et toutefois, ceux qui viendront après ne se réjouiront pas à son sujet. Car c'est encore là une vanité et la poursuite du vent.

      Ecclésiaste 5

      1 (4 : 17) Prends garde à ton pied, lorsque tu entres dans la maison de Dieu ; approche-toi pour écouter, plutôt que pour offrir le sacrifice des insensés, car ils ne savent pas qu'ils font mal.
      2 (5 : 1) Ne te presse pas d'ouvrir la bouche, et que ton coeur ne se hâte pas d'exprimer une parole devant Dieu ; car Dieu est au ciel, et toi sur la terre : que tes paroles soient donc peu nombreuses.
      3 (5 : 2) Car, si les songes naissent de la multitude des occupations, la voix de l'insensé se fait entendre dans la multitude des paroles.
      4 (5 : 3) Lorsque tu as fait un voeu à Dieu, ne tarde pas à l'accomplir, car il n'aime pas les insensés : accomplis le voeu que tu as fait.
      5 (5 : 4) Mieux vaut pour toi ne point faire de voeu, que d'en faire un et de ne pas l'accomplir.
      6 (5 : 5) Ne permets pas à ta bouche de faire pécher ta chair, et ne dis pas en présence de l'envoyé que c'est une inadvertance. Pourquoi Dieu s'irriterait-il de tes paroles, et détruirait-il l'ouvrage de tes mains ?
      7 (5 : 6) Car, s'il y a des vanités dans la multitude des songes, il y en a aussi dans beaucoup de paroles ; c'est pourquoi, crains Dieu.
      8 (5 : 7) Si tu vois dans une province le pauvre opprimé et la violation du droit et de la justice, ne t'en étonne point ; car un homme élevé est placé sous la surveillance d'un autre plus élevé, et au-dessus d'eux il en est de plus élevés encore.
      9 (5 : 8) Un avantage pour le pays à tous égards, c'est un roi honoré du pays.
      10 (5 : 9) Celui qui aime l'argent n'est pas rassasié par l'argent, et celui qui aime les richesses n'en profite pas. C'est encore là une vanité.
      11 (5 : 10) Quand le bien abonde, ceux qui le mangent abondent ; et quel avantage en revient-il à son possesseur, sinon qu'il le voit de ses yeux ?
      12 (5 : 11) Le sommeil du travailleur est doux, qu'il ait peu ou beaucoup à manger ; mais le rassasiement du riche ne le laisse pas dormir.
      13 (5 : 12) Il est un mal grave que j'ai vu sous le soleil : des richesses conservées, pour son malheur, par celui qui les possède.
      14 (5 : 13) Ces richesses se perdent par quelque événement fâcheux ; il a engendré un fils, et il ne reste rien entre ses mains.
      15 (5 : 14) Comme il est sorti du ventre de sa mère, il s'en retourne nu ainsi qu'il était venu, et pour son travail n'emporte rien qu'il puisse prendre dans sa main.
      16 (5 : 15) C'est encore là un mal grave. Il s'en va comme il était venu ; et quel avantage lui revient-il d'avoir travaillé pour du vent ?
      17 (5 : 16) De plus, toute sa vie il mange dans les ténèbres, et il a beaucoup de chagrin, de maux et d'irritation.
      18 (5 : 17) Voici ce que j'ai vu : c'est pour l'homme une chose bonne et belle de manger et de boire, et de jouir du bien-être au milieu de tout le travail qu'il fait sous le soleil, pendant le nombre des jours de vie que Dieu lui a donnés ; car c'est là sa part.
      19 (5 : 18) Mais, si Dieu a donné à un homme des richesses et des biens, s'il l'a rendu maître d'en manger, d'en prendre sa part, et de se réjouir au milieu de son travail, c'est là un don de Dieu.
      20 (5 : 19) Car il ne se souviendra pas beaucoup des jours de sa vie, parce que Dieu répand la joie dans son coeur.

      Ecclésiaste 6

      1 Il est un mal que j'ai vu sous le soleil, et qui est fréquent parmi les hommes.
      2 Il y a tel homme à qui Dieu a donné des richesses, des biens, et de la gloire, et qui ne manque pour son âme de rien de ce qu'il désire, mais que Dieu ne laisse pas maître d'en jouir, car c'est un étranger qui en jouira. C'est là une vanité et un mal grave.
      3 Quand un homme aurait cent fils, vivrait un grand nombre d'années, et que les jours de ses années se multiplieraient, si son âme ne s'est point rassasiée de bonheur, et si de plus il n'a point de sépulture, je dis qu'un avorton est plus heureux que lui.
      4 Car il est venu en vain, il s'en va dans les ténèbres, et son nom reste couvert de ténèbres ;
      5 il n'a point vu, il n'a point connu le soleil ; il a plus de repos que cet homme.
      6 Et quand celui-ci vivrait deux fois mille ans, sans jouir du bonheur, tout ne va-t-il pas dans un même lieu ?
      7 Tout le travail de l'homme est pour sa bouche, et cependant ses désirs ne sont jamais satisfaits.
      8 Car quel avantage le sage a-t-il sur l'insensé ? quel avantage a le malheureux qui sait se conduire en présence des vivants ?
      9 Ce que les yeux voient est préférable à l'agitation des désirs : c'est encore là une vanité et la poursuite du vent.
      10 Ce qui existe a déjà été appelé par son nom ; et l'on sait que celui qui est homme ne peut contester avec un plus fort que lui.
      11 S'il y a beaucoup de choses, il y a beaucoup de vanités : quel avantage en revient-il à l'homme ?
      12 Car qui sait ce qui est bon pour l'homme dans la vie, pendant le nombre des jours de sa vie de vanité, qu'il passe comme une ombre ? Et qui peut dire à l'homme ce qui sera après lui sous le soleil ?
    • Ecclésiaste 1

      1 Les paroles du Prédicateur, fils de David, roi à Jérusalem.
      2 Vanité des vanités, dit le prédicateur ; vanité des vanités ! Tout est vanité.
      3 Quel profit a l'homme de tout son labeur dont il se tourmente sous le soleil ?
      4 Une génération s'en va, et une génération vient ; et la terre subsiste toujours.
      5 Et le soleil se lève, et le soleil se couche, et il se hâte vers son lieu où il se lève.
      6 Le vent va vers le midi, et il tourne vers le nord ; il tourne et retourne ; et le vent revient sur ses circuits.
      7 Toutes les rivières vont vers la mer, et la mer n'est pas remplie ; au lieu où les rivières allaient, là elles vont de nouveau.
      8 Toutes choses travaillent, l'homme ne peut le dire ; l'oeil ne se rassasie pas de voir, et l'oreille ne se satisfait pas d'entendre.
      9 Ce qui a été, c'est ce qui sera ; et ce qui a été fait, c'est ce qui se fera ; et il n'y a rien de nouveau sous le soleil.
      10 Y a-t-il une chose dont on puisse dire : Regarde ceci, c'est nouveau ? -Elle a été déjà, dans les siècles qui furent avant nous.
      11 Il n'y a pas de souvenir des choses qui ont précédé ; et de même, de celles qui seront après, il n'y a en aura pas de souvenir chez ceux qui vivront plus tard.
      12 Moi, le prédicateur, j'ai été roi sur Israël à Jérusalem,
      13 et j'ai appliqué mon coeur à rechercher et à explorer par la sagesse tout ce qui se fait sous les cieux : c'est une occupation ingrate que Dieu a donnée aux fils des hommes afin qu'ils s'y fatiguent.
      14 J'ai vu tous les travaux qui se font sous le soleil ; et voici, tout est vanité et poursuite du vent.
      15 Ce qui est tordu ne peut être redressé, et ce qui manque ne peut être compté.
      16 J'ai parlé en mon coeur, disant : Voici, je suis devenu grand et j'ai acquis de la sagesse plus que tous ceux qui ont été avant moi sur Jérusalem, et mon coeur a vu beaucoup de sagesse et de connaissance ;
      17 et j'ai appliqué mon coeur à la connaissance de la sagesse et à la connaissance des choses déraisonnables et de la folie. J'ai connu que cela aussi, c'est la poursuite du vent.
      18 Car à beaucoup de sagesse, beaucoup de chagrin ; et qui augmente la connaissance, augmente la douleur.

      Ecclésiaste 2

      1 J'ai dit en mon coeur : Allons ! je t'éprouverai par la joie : jouis donc du bien-être.
      2 Et voici, cela aussi est vanité. J'ai dit au rire : Tu es déraison ; et à la joie : Que fait-elle ?
      3 J'ai recherché en mon coeur de traiter ma chair avec du vin, tout en conduisant mon coeur par la sagesse, et de saisir la folie, jusqu'à ce que je visse quel serait, pour les fils des hommes, ce bien qu'ils feraient sous les cieux tous les jours de leur vie.
      4 J'ai fait de grandes choses : je me suis bâti des maisons, je me suis planté des vignes ;
      5 je me suis fait des jardins et des parcs, et j'y ai planté des arbres à fruit de toute espèce ;
      6 je me suis fait des réservoirs d'eau pour en arroser la forêt où poussent les arbres.
      7 J'ai acquis des serviteurs et des servantes, et j'en ai eu qui sont nés dans ma maison ; j'ai eu aussi des troupeaux de gros et de menu bétail, en grand nombre, plus que tous ceux qui ont été avant moi à Jérusalem.
      8 Je me suis aussi amassé de l'argent et de l'or, et les trésors des rois et des provinces ; je me suis procuré des chanteurs et des chanteuses, et les délices des fils des hommes, une femme et des concubines.
      9 Et je suis devenu grand et je me suis accru plus que tous ceux qui ont été avant moi à Jérusalem ; et pourtant ma sagesse est demeurée avec moi.
      10 Et quoi que mes yeux aient désiré, je ne les en ai point privés ; je n'ai refusé à mon coeur aucune joie, car mon coeur s'est réjoui de tout mon travail, et c'est là la part que j'ai eue de tout mon travail.
      11 Et je me suis tourné vers toutes les oeuvres que mes mains avaient faites, et vers tout le travail dont je m'étais travaillé pour les faire ; et voici, tout était vanité et poursuite du vent, et il n'y en avait aucun profit sous le soleil.
      12 Et je me suis tourné pour voir la sagesse, et les choses déraisonnables et la folie ; car que fera l'homme qui viendra après le roi ? -ce qui a été déjà fait.
      13 Et j'ai vu que la sagesse a un avantage sur la folie, comme la lumière a un avantage sur les ténèbres.
      14 Le sage a ses yeux à sa tête, et le fou marche dans les ténèbres ; mais j'ai connu, moi aussi, qu'un même sort les atteint tous.
      15 Et j'ai dit en mon coeur : Le sort du fou m'atteint, moi aussi ; et pourquoi alors ai-je été si sage ? Et j'ai dit en mon coeur que cela aussi est vanité.
      16 Car jamais on ne se souviendra du sage, non plus que du fou, puisque déjà dans les jours qui viennent tout est oublié. Et comment le sage meurt-il comme le fou ?
      17 Et j'ai haï la vie, parce que l'oeuvre qui se fait sous le soleil m'a été à charge, car tout est vanité et poursuite du vent.
      18 Et j'ai haï tout le travail auquel j'ai travaillé sous le soleil, parce que je dois le laisser à l'homme qui sera après moi.
      19 Et qui sait s'il sera un sage ou un sot ? Et il sera maître de tout mon travail auquel j'ai travaillé et dans lequel j'ai été sage sous le soleil. Cela aussi est vanité.
      20 Alors je me suis mis à faire désespérer mon coeur à l'égard de tout le travail dont je me suis travaillé sous le soleil.
      21 Car il y a tel homme qui a travaillé avec sagesse, et avec connaissance, et avec droiture, et qui laisse ce qu'il a acquis à un homme qui n'y a pas travaillé, pour être son partage. Cela aussi est vanité et un grand mal.
      22 Car qu'est-ce que l'homme a de tout son travail, et de la poursuite de son coeur, dont il s'est tourmenté sous le soleil ?
      23 Car tous ses jours sont douleur, et son occupation est chagrin ; même la nuit son coeur ne repose pas. Cela aussi est vanité.
      24 Il n'y a rien de bon pour l'homme que de manger et de boire, et de faire jouir son âme du bien-être dans son travail. Et j'ai vu que cela aussi vient de la main de Dieu.
      25 Car qui peut manger, et qui peut jouir plus que moi ?
      26 Car à l'homme qui est bon devant lui, Dieu donne sagesse et connaissance et joie ; mais à celui qui pèche, il donne l'occupation de rassembler et d'amasser, pour donner à celui qui est bon devant Dieu. Cela aussi est vanité et poursuite du vent.

      Ecclésiaste 3

      1 Il y a une saison pour tout, et il y a un temps pour toute affaire sous les cieux.
      2 Il y a un temps de naître, et un temps de mourir ; un temps de planter, et un temps d'arracher ce qui est planté ;
      3 un temps de tuer, et un temps de guérir ; un temps de démolir, et un temps de bâtir ;
      4 un temps de pleurer, et un temps de rire ; un temps de se lamenter, et un temps de sauter de joie ;
      5 un temps de jeter des pierres, et un temps d'amasser des pierres ; un temps d'embrasser, et un temps de s'éloigner des embrassements ;
      6 un temps de chercher, et un temps de perdre ; un temps de garder, et un temps de jeter ;
      7 un temps de déchirer, et un temps de coudre ; un temps de se taire, et un temps de parler ;
      8 un temps d'aimer, et un temps de haïr ; un temps de guerre, et un temps de paix.
      9 Celui qui agit, quel profit a-t-il de ce à quoi il travaille ?
      10 J'ai vu l'occupation que Dieu a donnée aux fils des hommes pour s'y fatiguer :
      11 il a fait toute chose belle en son temps ; et il a mis le monde dans leur coeur, de sorte que l'homme ne peut comprendre, depuis le commencement jusqu'à la fin, l'oeuvre que Dieu a faite.
      12 J'ai connu qu'il n'y a rien de bon pour eux, sauf de se réjouir et de se faire du bien pendant leur vie ;
      13 et aussi que tout homme mange et boive, et qu'il jouisse du bien-être dans tout son travail : cela, c'est un don de Dieu.
      14 J'ai connu que tout ce que Dieu fait subsiste à toujours ; il n'y a rien à y ajouter, ni rien à en retrancher ; et Dieu le fait, afin que, devant lui, on craigne.
      15 Ce qui est a déjà été, et ce qui est à venir est déjà arrivé, et Dieu ramène ce qui est passé.
      16 Et j'ai encore vu sous le soleil que, dans le lieu du jugement, là il y avait la méchanceté, et que, dans le lieu de la justice, là il y avait la méchanceté.
      17 J'ai dit en mon coeur : Dieu jugera le juste et le méchant ; car il y a là un temps pour toute affaire et pour toute oeuvre.
      18 J'ai dit en mon coeur : Quant aux fils des hommes il en est ainsi, pour que Dieu les éprouve, et qu'ils voient eux-mêmes qu'ils ne sont que des bêtes.
      19 Car ce qui arrive aux fils des hommes et aussi ce qui arrive aux bêtes ; il y a pour tous un même sort : comme celle-ci meurt, ainsi meurt celui-là ; et ils ont tous un même souffle, et l'homme n'a point d'avantage sur la bête, car tout est vanité.
      20 Tout va dans un même lieu, tout est de poussière, et tout retourne à la poussière.
      21 Qui est-ce qui connaît l'esprit des fils des hommes ? Celui-ci monte-t-il en haut, et l'esprit de la bête descend-il en bas dans la terre ?
      22 Et j'ai vu qu'il n'y a rien de mieux que ceci : que l'homme se réjouisse dans ce qu'il fait, car c'est là sa part ; car qui l'amènera pour voir ce qui sera après lui ?

      Ecclésiaste 4

      1 Et je me suis tourné, et j'ai regardé toutes les oppressions qui se font sous le soleil ; et voici les larmes des opprimés, et il n'y a point pour eux de consolateur ! Et la force est dans la main de leurs oppresseurs, et il n'y a point pour eux de consolateur !
      2 C'est pourquoi j'estime heureux les morts qui sont déjà morts, plutôt que les vivants qui sont encore vivants,
      3 et plus heureux encore que tous les deux celui qui n'a pas encore été, qui n'a pas vu le mauvais travail qui se fait sous le soleil.
      4 Et j'ai vu tout le labeur et toute l'habileté dans le travail : que c'est une jalousie de l'un contre l'autre. Cela aussi est vanité et poursuite du vent.
      5 Le sot se croise les mains, et mange sa propre chair.
      6 Mieux vaut le creux de la main rempli, et le repos, que les deux mains pleines, avec le travail et la poursuite du vent.
      7 Et je me tournai, et je vis la vanité sous le soleil :
      8 tel est seul sans qu'il y ait de second : il n'a pas non plus de fils ni de frère, et il n'y a pas de fin à tout son labeur ; son oeil n'est pas non plus rassasié par la richesse, et il ne se dit pas : Pour qui donc est-ce que je me tourmente et que je prive mon âme de bonheur ? Cela aussi est une vanité et une ingrate occupation.
      9 deux valent mieux qu'un ; car ils ont un bon salaire de leur travail.
      10 Car, s'ils tombent, l'un relèvera son compagnon ; mais malheur à celui qui est seul, et qui tombe, et qui n'a pas de second pour le relever !
      11 De même, si l'on couche à deux, on a de la chaleur ; mais celui qui est seul, comment aura-t-il chaud ?
      12 Et si quelqu'un a le dessus sur un seul, les deux lui tiendront tête ; et la corde triple ne se rompt pas vite.
      13 Mieux vaut un jeune garçon pauvre et sage, qu'un roi vieux et sot qui ne sait plus être averti.
      14 Car il est sorti de la maison des prisonniers pour régner, lors même qu'il est né pauvre dans son royaume.
      15 J'ai vu tous les vivants qui marchent sous le soleil, avec le jeune garçon, le second, qui occupera sa place.
      16 Il n'y a pas de fin à tout le peuple, à tous ceux qui ont été devant eux ; cependant ceux qui viendront après ne se réjouiront point en lui. Car cela aussi est vanité et poursuite du vent.

      Ecclésiaste 5

      1 Prends garde à ton pied, quand tu vas dans la maison de Dieu, et approche-toi pour entendre, plutôt que pour donner le sacrifice des sots ; car ils ne savent pas qu'ils font mal.
      2 Ne te presse point de ta bouche, et que ton coeur ne se hâte point de proférer une parole devant Dieu ; car Dieu est dans les cieux, et toi sur la terre : c'est pourquoi, que tes paroles soient peu nombreuses.
      3 Car le songe vient de beaucoup d'occupations, et la voix du sot de beaucoup de paroles.
      4 Quand tu auras voué un voeu à Dieu, ne tarde point à l'acquitter ; car il ne prend pas plaisir aux sots : ce que tu auras voué, accomplis-le.
      5 Mieux vaut que tu ne fasses point de voeu, que d'en faire un et de ne pas l'accomplir.
      6 Ne permets pas à ta bouche de faire pécher ta chair, et ne dis point devant l'ange que c'est une erreur. Pourquoi Dieu se courroucerait-il à ta voix, et détruirait-il l'oeuvre de tes mains ?
      7 Car dans la multitude des songes il y a des vanités, et aussi dans beaucoup de paroles ; mais crains Dieu.
      8 Si tu vois le pauvre opprimé et le droit et la justice violentés dans un province, ne t'étonne pas de cela ; car il y en a un qui est haut au-dessus des hauts, et qui prend garde, et il y en a de plus hauts qu'eux.
      9 La terre est profitable à tous égards, le roi même est asservi à la glèbe.
      10 Celui qui aime l'argent n'est point rassasié par l'argent, et celui qui aime les richesses ne l'est pas par le revenu. Cela aussi est vanité.
      11 Avec l'augmentation des biens, ceux qui les mangent augmentent aussi ; et quel profit en a le maître, sauf qu'il les voit de ses yeux ?
      12 Le sommeil est doux pour celui qui travaille, qu'il mange peu ou beaucoup ; mais le rassasiement du riche ne le laisse pas dormir.
      13 Il y a un mal douloureux que j'ai vu sous le soleil : les richesses sont conservées à leurs maîtres pour leur détriment,
      14 -ou ces richesses périssent par quelque circonstance malheureuse, et il a engendré un fils, et il n'a rien en sa main.
      15 Comme il est sorti du ventre de sa mère, il s'en retournera nu, s'en allant comme il est venu, et de son travail il n'emportera rien qu'il puisse prendre dans sa main.
      16 Et cela aussi est un mal douloureux, que, tout comme il est venu, ainsi il s'en va ; et quel profit a-t-il d'avoir travaillé pour le vent ?
      17 Il mange aussi tous les jours de sa vie dans les ténèbres et se chagrine beaucoup, et est malade et irrité.
      18 Voici ce que j'ai vu de bon et de beau : c'est de manger et de boire et de jouir du bien-être dans tout le travail dont l'homme se tourmente sous le soleil tous les jours de sa vie, que Dieu lui a donnés ; car c'est là sa part.
      19 Et encore tout homme auquel Dieu donne de la richesse et des biens, et le pouvoir d'en manger et d'en prendre sa part, et de se réjouir en son travail,... c'est là un don de Dieu ;
      20 car il ne se souviendra pas beaucoup des jours de sa vie ; car Dieu lui a donné une réponse dans la joie de son coeur.

      Ecclésiaste 6

      1 Il y a un mal que j'ai vu sous le soleil, et qui est fréquent parmi les hommes :
      2 il y a tel homme à qui Dieu donne de la richesse, et des biens, et de l'honneur, et il ne manque rien à son âme de tout ce qu'il désire ; et Dieu ne lui a pas donné le pouvoir d'en manger, car un étranger s'en repaît. Cela est une vanité et un mal douloureux.
      3 Si un homme engendre cent fils, et qu'il vive beaucoup d'années, et que les jours de ses années soient en grand nombre, et que son âme ne soit pas rassasiée de bien, et aussi qu'il n'ait pas de sépulture, je dis que mieux vaut un avorton que lui ;
      4 car celui-ci vient dans la vanité, et il s'en va dans les ténèbres, et son nom est couvert de ténèbres ;
      5 et aussi il n'a pas vu et n'a pas connu le soleil : celui-ci a plus de repos que celui-là.
      6 Et s'il vivait deux fois mille ans, il n'aura pas vu le bonheur : tous ne vont-ils pas en un même lieu ?
      7 Tout le travail de l'homme est pour sa bouche, et cependant son désir n'est pas satisfait.
      8 Car quel avantage le sage a-t-il sur le sot ? Quel avantage a l'affligé qui sait marcher devant les vivants ?
      9 Mieux vaut la vue des yeux que le mouvement du désir. Cela aussi est vanité et poursuite du vent.
      10 Ce qui existe a déjà été appelé de son nom ; et on sait ce qu'est l'homme, et qu'il ne peut contester avec celui qui est plus fort que lui.
      11 Car il y a beaucoup de choses qui multiplient la vanité : quel avantage en a l'homme ?
      12 Car qui sait ce qui est bon pour l'homme dans la vie, tous les jours de la vie de sa vanité, qu'il passe comme une ombre ? Et qui déclarera à l'homme ce qui sera après lui sous le soleil ?
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