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La Bible Chronologique - Jour 5

Sommaire

La Bible Chronologique - Jour 331 - 1 Thessaloniciens 1.1,1 Thessaloniciens 1.1-2,1 Thessaloniciens 1.2-3,1 Thessaloniciens 1.3-4,1 Thessaloniciens 1.4-5,1 Thessaloniciens 1.5-6,1 Thessaloniciens 1.6-7,1 Thessaloniciens 1.7-8,1 Thessaloniciens 1.8-9,1 Thessaloniciens 1.9-10,1 Thessaloniciens 1.10,1 Thessaloniciens 2.1,1 Thessaloniciens 2.1-2,1 Thessaloniciens 2.2-3,1 Thessaloniciens 2.3-4,1 Thessaloniciens 2.4-5,1 Thessaloniciens 2.5-6,1 Thessaloniciens 2.6-7,1 Thessaloniciens 2.7-8,1 Thessaloniciens 2.8-9,1 Thessaloniciens 2.9-10,1 Thessaloniciens 2.10-11,1 Thessaloniciens 2.11-12,1 Thessaloniciens 2.12-13,1 Thessaloniciens 2.13-14,1 Thessaloniciens 2.14-15,1 Thessaloniciens 2.15-16,1 Thessaloniciens 2.16-17,1 Thessaloniciens 2.17-18,1 Thessaloniciens 2.18-19,1 Thessaloniciens 2.19-20,1 Thessaloniciens 2.20,1 Thessaloniciens 3.1,1 Thessaloniciens 3.1-2,1 Thessaloniciens 3.2-3,1 Thessaloniciens 3.3-4,1 Thessaloniciens 3.4-5,1 Thessaloniciens 3.5-6,1 Thessaloniciens 3.6-7,1 Thessaloniciens 3.7-8,1 Thessaloniciens 3.8-9,1 Thessaloniciens 3.9-10,1 Thessaloniciens 3.10-11,1 Thessaloniciens 3.11-12,1 Thessaloniciens 3.12-13,1 Thessaloniciens 3.13,1 Thessaloniciens 4.1-18,1 Thessaloniciens 5.1-28,2 Thessaloniciens 1.1-12,2 Thessaloniciens 2.1-17,2 Thessaloniciens 3.1-18

La Bible Chronologique - Jour 5

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Versets relatifs

    • Job 6

      1 Job prit la parole et dit :
      2 Oh ! s'il était possible de peser ma douleur, Et si toutes mes calamités étaient sur la balance,
      3 Elles seraient plus pesantes que le sable de la mer ; Voilà pourquoi mes paroles vont jusqu'à la folie !
      4 Car les flèches du Tout Puissant m'ont percé, Et mon âme en suce le venin ; Les terreurs de Dieu se rangent en bataille contre moi.
      5 L'âne sauvage crie-t-il auprès de l'herbe tendre ? Le boeuf mugit-il auprès de son fourrage ?
      6 Peut-on manger ce qui est fade et sans sel ? Y a-t-il de la saveur dans le blanc d'un oeuf ?
      7 Ce que je voudrais ne pas toucher, C'est là ma nourriture, si dégoûtante soit-elle !
      8 Puisse mon voeu s'accomplir, Et Dieu veuille réaliser mon espérance !
      9 Qu'il plaise à Dieu de m'écraser, Qu'il étende sa main et qu'il m'achève !
      10 Il me restera du moins une consolation, Une joie dans les maux dont il m'accable : Jamais je n'ai transgressé les ordres du Saint.
      11 Pourquoi espérer quand je n'ai plus de force ? Pourquoi attendre quand ma fin est certaine ?
      12 Ma force est-elle une force de pierre ? Mon corps est-il d'airain ?
      13 Ne suis-je pas sans ressource, Et le salut n'est-il pas loin de moi ?
      14 Celui qui souffre a droit à la compassion de son ami, Même quand il abandonnerait la crainte du Tout Puissant.
      15 Mes frères sont perfides comme un torrent, Comme le lit des torrents qui disparaissent.
      16 Les glaçons en troublent le cours, La neige s'y précipite ;
      17 Viennent les chaleurs, et ils tarissent, Les feux du soleil, et leur lit demeure à sec.
      18 Les caravanes se détournent de leur chemin, S'enfoncent dans le désert, et périssent.
      19 Les caravanes de Théma fixent le regard, Les voyageurs de Séba sont pleins d'espoir ;
      20 Ils sont honteux d'avoir eu confiance, Ils restent confondus quand ils arrivent.
      21 Ainsi, vous êtes comme si vous n'existiez pas ; Vous voyez mon angoisse, et vous en avez horreur !
      22 Vous ai-je dit : Donnez-moi quelque chose, Faites en ma faveur des présents avec vos biens,
      23 Délivrez-moi de la main de l'ennemi, Rachetez-moi de la main des méchants ?
      24 Instruisez-moi, et je me tairai ; Faites-moi comprendre en quoi j'ai péché.
      25 Que les paroles vraies sont persuasives ! Mais que prouvent vos remontrances ?
      26 Voulez-vous donc blâmer ce que j'ai dit, Et ne voir que du vent dans les discours d'un désespéré ?
      27 Vous accablez un orphelin, Vous persécutez votre ami.
      28 Regardez-moi, je vous prie ! Vous mentirais-je en face ?
      29 Revenez, ne soyez pas injustes ; Revenez, et reconnaissez mon innocence.
      30 Y a-t-il de l'iniquité sur ma langue, Et ma bouche ne discerne-t-elle pas le mal ?

      Job 7

      1 Le sort de l'homme sur la terre est celui d'un soldat, Et ses jours sont ceux d'un mercenaire.
      2 Comme l'esclave soupire après l'ombre, Comme l'ouvrier attend son salaire,
      3 Ainsi j'ai pour partage des mois de douleur, J'ai pour mon lot des nuits de souffrance.
      4 Je me couche, et je dis : Quand me lèverai-je ? quand finira la nuit ? Et je suis rassasié d'agitations jusqu'au point du jour.
      5 Mon corps se couvre de vers et d'une croûte terreuse, Ma peau se crevasse et se dissout.
      6 Mes jours sont plus rapides que la navette du tisserand, Ils s'évanouissent : plus d'espérance !
      7 Souviens-toi que ma vie est un souffle ! Mes yeux ne reverront pas le bonheur.
      8 L'oeil qui me regarde ne me regardera plus ; Ton oeil me cherchera, et je ne serai plus.
      9 Comme la nuée se dissipe et s'en va, Celui qui descend au séjour des morts ne remontera pas ;
      10 Il ne reviendra plus dans sa maison, Et le lieu qu'il habitait ne le connaîtra plus.
      11 C'est pourquoi je ne retiendrai point ma bouche, Je parlerai dans l'angoisse de mon coeur, Je me plaindrai dans l'amertume de mon âme.
      12 Suis-je une mer, ou un monstre marin, Pour que tu établisses des gardes autour de moi ?
      13 Quand je dis : Mon lit me soulagera, Ma couche calmera mes douleurs,
      14 C'est alors que tu m'effraies par des songes, Que tu m'épouvantes par des visions.
      15 Ah ! je voudrais être étranglé ! Je voudrais la mort plutôt que ces os !
      16 Je les méprise !... je ne vivrai pas toujours... Laisse-moi, car ma vie n'est qu'un souffle.
      17 Qu'est-ce que l'homme, pour que tu en fasses tant de cas, Pour que tu daignes prendre garde à lui,
      18 Pour que tu le visites tous les matins, Pour que tu l'éprouves à tous les instants ?
      19 Quand cesseras-tu d'avoir le regard sur moi ? Quand me laisseras-tu le temps d'avaler ma salive ?
      20 Si j'ai péché, qu'ai-je pu te faire, gardien des hommes ? Pourquoi me mettre en butte à tes traits ? Pourquoi me rendre à charge à moi-même ?
      21 Que ne pardonnes-tu mon péché, Et que n'oublies-tu mon iniquité ? Car je vais me coucher dans la poussière ; Tu me chercheras, et je ne serai plus.

      Job 8

      1 Bildad de Schuach prit la parole et dit :
      2 Jusqu'à quand veux-tu discourir de la sorte, Et les paroles de ta bouche seront-elles un vent impétueux ?
      3 Dieu renverserait-il le droit ? Le Tout Puissant renverserait-il la justice ?
      4 Si tes fils ont péché contre lui, Il les a livrés à leur péché.
      5 Mais toi, si tu as recours à Dieu, Si tu implores le Tout Puissant ;
      6 Si tu es juste et droit, Certainement alors il veillera sur toi, Et rendra le bonheur à ton innocente demeure ;
      7 Ton ancienne prospérité semblera peu de chose, Celle qui t'est réservée sera bien plus grande.
      8 Interroge ceux des générations passées, Sois attentif à l'expérience de leurs pères.
      9 Car nous sommes d'hier, et nous ne savons rien, Nos jours sur la terre ne sont qu'une ombre.
      10 Ils t'instruiront, ils te parleront, Ils tireront de leur coeur ces sentences :
      11 Le jonc croît-il sans marais ? Le roseau croît-il sans humidité ?
      12 Encore vert et sans qu'on le coupe, Il sèche plus vite que toutes les herbes.
      13 Ainsi arrive-t-il à tous ceux qui oublient Dieu, Et l'espérance de l'impie périra.
      14 Son assurance est brisée, Son soutien est une toile d'araignée.
      15 Il s'appuie sur sa maison, et elle n'est pas ferme ; Il s'y cramponne, et elle ne résiste pas.
      16 Dans toute sa vigueur, en plein soleil, Il étend ses rameaux sur son jardin,
      17 Il entrelace ses racines parmi les pierres, Il pénètre jusque dans les murailles ;
      18 L'arrache-t-on du lieu qu'il occupe, Ce lieu le renie : Je ne t'ai point connu !
      19 Telles sont les délices que ses voies lui procurent. Puis sur le même sol d'autres s'élèvent après lui.
      20 Non, Dieu ne rejette point l'homme intègre, Et il ne protège point les méchants.
      21 Il remplira ta bouche de cris de joie, Et tes lèvres de chants d'allégresse.
      22 Tes ennemis seront couverts de honte ; La tente des méchants disparaîtra.

      Job 9

      1 Job prit la parole et dit :
      2 Je sais bien qu'il en est ainsi ; Comment l'homme serait-il juste devant Dieu ?
      3 S'il voulait contester avec lui, Sur mille choses il ne pourrait répondre à une seule.
      4 A lui la sagesse et la toute-puissance : Qui lui résisterait impunément ?
      5 Il transporte soudain les montagnes, Il les renverse dans sa colère.
      6 Il secoue la terre sur sa base, Et ses colonnes sont ébranlées.
      7 Il commande au soleil, et le soleil ne paraît pas ; Il met un sceau sur les étoiles.
      8 Seul, il étend les cieux, Il marche sur les hauteurs de la mer.
      9 Il a créé la Grande Ourse, l'Orion et les Pléiades, Et les étoiles des régions australes.
      10 Il fait des choses grandes et insondables, Des merveilles sans nombre.
      11 Voici, il passe près de moi, et je ne le vois pas, Il s'en va, et je ne l'aperçois pas.
      12 S'il enlève, qui s'y opposera ? Qui lui dira : Que fais-tu ?
      13 Dieu ne retire point sa colère ; Sous lui s'inclinent les appuis de l'orgueil.
      14 Et moi, comment lui répondre ? Quelles paroles choisir ?
      15 Quand je serais juste, je ne répondrais pas ; Je ne puis qu'implorer mon juge.
      16 Et quand il m'exaucerait, si je l'invoque, Je ne croirais pas qu'il eût écouté ma voix,
      17 Lui qui m'assaille comme par une tempête, Qui multiplie sans raison mes blessures,
      18 Qui ne me laisse pas respirer, Qui me rassasie d'amertume.
      19 Recourir à la force ? Il est Tout Puissant. A la justice ? Qui me fera comparaître ?
      20 Suis-je juste, ma bouche me condamnera ; Suis-je innocent, il me déclarera coupable.
      21 Innocent ! Je le suis ; mais je ne tiens pas à la vie, Je méprise mon existence.
      22 Qu'importe après tout ? Car, j'ose le dire, Il détruit l'innocent comme le coupable.
      23 Si du moins le fléau donnait soudain la mort !... Mais il se rit des épreuves de l'innocent.
      24 La terre est livrée aux mains de l'impie ; Il voile la face des juges. Si ce n'est pas lui, qui est-ce donc ?
      25 Mes jours sont plus rapides qu'un courrier ; Ils fuient sans avoir vu le bonheur ;
      26 Ils passent comme les navires de jonc, Comme l'aigle qui fond sur sa proie.
      27 Si je dis : Je veux oublier mes souffrances, Laisser ma tristesse, reprendre courage,
      28 Je suis effrayé de toutes mes douleurs. Je sais que tu ne me tiendras pas pour innocent.
      29 Je serai jugé coupable ; Pourquoi me fatiguer en vain ?
      30 Quand je me laverais dans la neige, Quand je purifierais mes mains avec du savon,
      31 Tu me plongerais dans la fange, Et mes vêtements m'auraient en horreur.
      32 Il n'est pas un homme comme moi, pour que je lui réponde, Pour que nous allions ensemble en justice.
      33 Il n'y a pas entre nous d'arbitre, Qui pose sa main sur nous deux.
      34 Qu'il retire sa verge de dessus moi, Que ses terreurs ne me troublent plus ;
      35 Alors je parlerai et je ne le craindrai pas. Autrement, je ne suis point à moi-même.
    • Job 6

      1 Job répondit alors :
      2 Ah, combien je voudrais que l’on pèse ma peine, et que tout mon malheur soit mis sur la balance !
      3 Il est certes plus lourd que le sable des mers. Voilà pourquoi je parle à tort et à travers.
      4 C’est vrai, le Dieu très-grand m’a percé de ses flèches, et j’en ai absorbé le poison qu’elles portent. Les plus vives terreurs s’alignent devant moi.
      5 Est-ce que l’âne sauvage se met à braire quand il a devant lui un repas d’herbe fraîche ? Et le bœuf mugit-il quand il a son fourrage ?
      6 Faut-il manger sans sel ce qui est insipide, et trouver quelque goût dans le blanc de l’œuf cru ?
      7 Je ne veux pas toucher à ces aliments-là. Ma souffrance est un pain qui donne la nausée.
      8 Je voudrais tant qu’on donne suite à ma demande, et que Dieu veuille m’accorder ce que j’espère :
      9 qu’il consente enfin à m’écraser pour de bon, qu’il laisse aller sa main et qu’il tranche le fil !
      10 Je sauterais de joie, dans ma peine sans fin, et j’obtiendrais alors ce dernier réconfort : ne pas avoir trahi les ordres du Dieu saint.
      11 Mais je n’ai plus la force d’espérer encore : à quoi bon patienter, je n’ai plus d’avenir.
      12 Suis-je une pierre, moi, pour résister à tout ? Mon corps est-il de bronze ?
      13 Je n’ai plus en moi-même une seule ressource, je me trouve privé du plus petit secours.
      14 L’homme abattu a droit à un peu de bonté de la part d’un ami, même s’il ne reconnaît plus l’autorité du Dieu très-grand.
      15 Mes amis m’ont déçu, comme un ruisseau sans eau, comme un des ces torrents dont le lit devient sec.
      16 A la fin de l’hiver, ils charrient des eaux troubles, quand la glace et la neige se mettent à fondre.
      17 Mais dès la saison chaude, les voilà taris ; au retour de l’été, ils s’assèchent sur place.
      18 Les caravanes se détournent de leur route, elles s’avancent au désert, et puis s’égarent.
      19 Caravaniers de Téma, convois de Saba cherchent l’eau du regard, ils sont remplis d’espoir.
      20 Mais ils regrettent bien d’avoir cru au ruisseau : quand ils y arrivent, leur espoir est déçu.
      21 Or voilà ce que vous êtes pour votre ami ! En voyant le désastre, vous avez pris peur.
      22 Vous ai-je demandé de me faire un cadeau, de prélever pour moi une part de vos biens,
      23 afin de m’arracher aux mains d’un ennemi et de me délivrer du pouvoir d’un tyran ?
      24 Instruisez-moi plutôt, je suis prêt à me taire ; expliquez-moi en quoi j’ai commis une erreur.
      25 Des arguments honnêtes ne blessent personne, mais sur quoi portent les critiques que vous faites ?
      26 Songez-vous donc à critiquer de simples mots ? Ce sont des mots en l’air, d’un homme sans espoir.
      27 Vous oseriez tirer au sort un orphelin, vous iriez jusqu’à vendre votre propre ami !
      28 Eh bien, regardez-moi dans les yeux, voulez-vous ? Et dites-moi si je vous joue la comédie.
      29 Est-ce que mon langage est celui d’un tricheur ? Croyez-vous que j’ignore le goût du malheur ? Regardez-moi : pas de tricherie entre nous ! Regardez-moi encore : mon innocence est évidente en cette affaire.

      Job 7

      1 La vie est rude pour les hommes sur la terre : ils ont la condition d’un travailleur de force,
      2 d’un esclave au soleil, qui voudrait un peu d’ombre, ou d’un pauvre ouvrier, qui attend qu’on le paie.
      3 Tel est aussi mon sort : des mois de déception, et des nuits de tourments ; c’est ce que j’ai gagné.
      4 Dès que je suis couché, je commence à me dire : « Quand me lèverai-je ? » Le soir n’en finit pas. Je n’en peux plus de m’agiter jusqu’à l’aurore.
      5 J’ai le corps recouvert de vermine et de croûtes, et ma peau écorchée n’est que plaies purulentes.
      6 Ma vie aura passé plus vite que la navette d’un tisserand, elle touche à sa fin quand le fil de l’espoir est arrivé au bout.
      7 O Dieu, ne l’oublie pas, ma vie tient à un souffle, mes yeux ne reverront plus jamais le bonheur.
      8 Toi qui veillais sur moi, tu ne me verras plus ; tu me regarderas, je ne serai plus là.
      9 Comme un nuage se dissipe et disparaît, on descend chez les morts pour n’en plus remonter.
      10 Celui qui part ainsi ne revient plus chez lui, et là où il vivait, on l’oubliera bientôt.
      11 Alors je ne veux plus me taire davantage ; j’ai l’esprit en détresse, il faut donc que je parle. Mon cœur est trop amer, j’exprimerai ma plainte.
      12 Toi, pourquoi me fais-tu surveiller de si près : serais-je l’Océan ou le Monstre marin ?
      13 Quand je me mets au lit en espérant trouver quelque soulagement ou quelque apaisement,
      14 tu viens me terroriser par des cauchemars ; ce que tu me fais voir me jette dans l’angoisse.
      15 Ah, si tu m’étranglais, j’aimerais mieux cela ! Je préfère mourir, plutôt qu’être réduit à l’état de squelette.
      16 Je n’en peux plus, je ne durerai pas toujours. Ma vie tient à un rien, laisse-moi donc tranquille.
      17 Pourquoi donner tant d’importance à un humain ? Oui, pourquoi le prends-tu tellement au sérieux,
      18 et viens-tu l’inspecter matin après matin ? Pourquoi à chaque instant le mets-tu à l’épreuve ?
      19 Quand donc cesseras-tu de t’occuper de moi ? Quand me laisseras-tu avaler ma salive ?
      20 Si je me suis rendu coupable à ton égard, que t’ai-je fait, dis-moi, inspecteur des humains ? Pourquoi fais-tu de moi une cible pour toi ? Serais-je devenu une charge pour toi ?
      21 Pourquoi refuses-tu de supporter ma faute, de pardonner mes torts ? Me voilà maintenant couché dans la poussière ; quand tu me chercheras, je ne serai plus là.

      Job 8

      1 Bildad de Chouha prit alors la parole et dit à Job :
      2 Combien de temps nous tiendras-tu de tels discours ? Et quand s’arrêtera cet ouragan de mots ?
      3 Crois-tu vraiment que Dieu modifie la justice, ou que le Dieu très-grand fasse une entorse au droit ?
      4 Tes fils ont dû commettre une faute envers lui, et il leur en a fait payer les conséquences.
      5 Mais toi, si tu cherches la présence de Dieu, si tu adresses ta prière au Dieu très-grand,
      6 si tu es innocent, si tu te montres droit, il ne tardera pas à s’occuper de toi et à te rendre la place que tu mérites.
      7 Ton ancienne situation te paraîtra bien modeste en comparaison de la nouvelle.
      8 Informe-toi chez ceux qui nous ont précédés, et retiens bien l’expérience de leurs ancêtres.
      9 Nous sommes nés d’hier, et nous ne savons rien ; notre vie sur la terre est une ombre qui passe.
      10 Mais eux peuvent t’instruire et ils pourront te dire ce qu’ils savent tirer de leur propre expérience :
      11 « Le jonc ne pousse pas en dehors des marais, ni le roseau à l’écart des lieux privés d’eau.
      12 Il est encore en fleurs, on ne l’a pas coupé ; le voilà desséché avant les autres herbes ! »
      13 Telle est la destinée de ceux qui oublient Dieu ; ainsi finit l’espoir de tous les infidèles.
      14 Leur si belle assurance a les ailes coupées, et leur sécurité n’est qu’un fil d’araignée.
      15 Quand ils s’appuient sur leur maison, elle vacille, et ils ont beau s’y cramponner, elle s’écroule.
      16 Ils sont comme un arbre plein de sève au soleil, qui étend ses rameaux au-dessus du jardin.
      17 Il plonge ses racines jusque dans la pierre et s’en va explorer l’intérieur du rocher.
      18 Mais s’il est arraché du lieu où il était, celui-ci prétendra qu’il ne l’a jamais vu.
      19 Tel est, vois-tu, l’heureux destin de ces gens-là ! Et à leur place, une autre plante germera.
      20 Dieu ne rejette pas un homme irréprochable, et il ne prête pas main-forte aux malfaiteurs.
      21 Il finira par remplir ta bouche de rires et par mettre sur tes lèvres des cris de joie.
      22 Mais ceux qui t’en veulent seront couverts de honte ; les gens sans foi ni loi auront quitté la place.

      Job 9

      1 Job répondit alors :
      2 Évidemment, je connais bien ce point de vue. Avoir raison contre Dieu ? Ce n’est pas possible !
      3 Supposons qu’on veuille discuter avec lui, il ne répondra pas, même une fois sur mille.
      4 Il est certes trop fort et trop intelligent pour qu’on lui tienne tête et qu’on en sorte intact.
      5 Il déplace les montagnes, sans qu’elles sachent qui, dans sa colère, les bouleverse ainsi.
      6 Sur place il fait trembler la terre ; les piliers qui la supportent sont ébranlés.
      7 Il ordonne au soleil de ne pas se lever, et il enferme à clé les étoiles du ciel.
      8 A lui seul, il déploie les espaces célestes, et il pose ses pas sur les vagues des mers.
      9 Il a tracé les constellations : la Grande Ourse, Orion, les Pléiades et les Chambres du Sud.
      10 Ce qu’il fait est grandiose, il n’est pas limité. On ne peut pas énumérer tous ses prodiges.
      11 S’il passe près de moi, je ne peux pas le voir, et s’il s’en va plus loin, je ne m’en rends pas compte.
      12 Qui lui ferait lâcher ce qu’il a pris de force ? Qui oserait lui demander : « Que fais-tu donc ? »
      13 Quand Dieu est en colère, il ne renonce pas. A ses pieds sont courbés les monstres de la mer, Rahab et ses complices.
      14 Dans ces conditions, moi, puis-je lui répliquer ? Quel argument choisir pour le lui opposer ?
      15 Même si j’ai raison, je ne peux rien répondre, et je dois demander la grâce de mon juge !
      16 Même si je l’appelle et même s’il répond, je ne peux être sûr qu’il voudra m’écouter.
      17 Il m’écrase pour un motif insignifiant, il m’inflige pour rien blessure après blessure,
      18 il ne me permet pas de reprendre mon souffle, mais jusqu’à la nausée me gave d’amertume.
      19 Faut-il nous affronter ? Il est trop fort pour moi ! Faut-il aller en jugement ? Mais voudra-t-il me convoquer au tribunal ?
      20 Même si j’ai raison, ce que je pourrais dire me donnerait tort, et me condamnerait malgré mon innocence.
      21 Suis-je innocent ? Je ne me connais pas moi-même. Je suis dégoûté de la vie.
      22 Tout est pareil, c’est pourquoi je le dis : Dieu supprime aussi bien innocent ou coupable.
      23 Quand une catastrophe arrive tout à coup et tue des innocents, Dieu n’a que moqueries pour toutes leurs détresses !
      24 Quand un pays tombe au pouvoir d’un criminel, Dieu oblige les juges à fermer les yeux ! Car si ce n’est pas lui, qui donc ?
      25 Et mes jours ont passé plus vite qu’un coureur, ils se sont tous enfuis sans voir aucun bonheur,
      26 glissant rapidement comme un bateau de joncs, comme un aigle qui fonce du ciel sur sa proie.
      27 Si je me dis : il faut oublier mes soucis, cesser d’être morose et me mettre à sourire,
      28 je reste tourmenté par toutes mes souffrances, et je sais que toi, Dieu, ne m’acquitteras pas.
      29 Si de toute façon je ne suis qu’un coupable, A quoi bon me donner de la peine pour rien ?
      30 J’aurais beau me laver en usant du savon, me nettoyer les mains avec de la potasse,
      31 tu me replongerais aussitôt dans la boue, au point de faire horreur à mes propres habits.
      32 Car Dieu n’est pas du tout au même rang que moi, comme un autre homme auquel je pourrais répliquer ou donner rendez-vous devant un tribunal.
      33 Au moins, s’il y avait un arbitre entre nous, qui poserait la main sur chacun de nous deux !
      34 il laisserait alors le bâton qui me frappe, et il ferait cesser la terreur qui m’accable.
      35 Je pourrais lui parler sans avoir peur de lui. Mais ce n’est pas le cas, je suis seul avec moi.
    • Job 6

      1

      Job justifie ses plaintes. (Job 6:1-7)
      Il désire mourir. (Job 6:8-13)
      Job reproche à ses amis leur dureté. (Job 6:14-30)

      Job continue à essayer de se justifier, tout en se plaignant. En plus de la souffrance provoquée par ses épreuves, la colère divine a anéanti tout ce qui lui restait comme courage et résolution. Il est plus difficile de supporter la colère de Dieu que toutes les afflictions extérieures. Songez à ce qu'a supporté le Sauveur, dans le jardin de Gethsémané et sur la croix, quand Il a porté nos péchés, et quand son âme a été sacrifiée pour nous justifier ! Quel que soit le fardeau qui nous afflige, (dans le corps ou dans notre entourage), Dieu se plait à nous couvrir de Son aile, de sorte que nous puissions nous soumettre à Lui aussi longtemps qu'Il se révèle à notre raison et à notre conscience, par Sa paix ; mais si la communion est rompue, notre cas est alors vraiment pitoyable. Job se retourne contre ses amis. Il estime n'avoir reçu aucun soulagement de leurs jugements, malgré son état de désarroi, de répugnance et d'accablement.
      8 Job avait désiré la mort, qui lui semblait la seule fin heureuse à ses malheurs. Éliphaz l'avait réprimandé à cause de cette pensée, mais il le critique encore, avec plus de véhémence. L'ulcère de Job devait être vraiment pénible à supporter pour qu'il puisse dire que Dieu se plaisait à le détruire. Qui, pour une heure, pourrait supporter la colère du Tout-Puissant, si ce Dernier étendait Sa main contre lui ?

      Faisons plutôt, comme David, qui disait à Dieu : « Épargne-moi » !

      Job, au plus profond de son épreuve, en livrant son état de conscience, a été, dans un certain sens, utile à la Gloire de Dieu. Ceux qui bénéficient de la Grâce, qui la possèdent de toute évidence et qui la manifeste dans leur vie, possèdent la sagesse, ce qui s'avère être une aide dans les plus mauvais moments.

      14 Au temps de sa prospérité, Job estimait beaucoup ses amis, mais maintenant, ces derniers le décevaient vraiment. Il compare le déroulement de ces faits aux torrents qui tarissent en été. Ceux qui placent leur attente dans les hommes, ne récolteront que déconvenue lorsqu'ils réclameront leur aide ; par contre, ceux qui placent leur confiance en Dieu, seront secourus s'ils se trouvent un jour dans le besoin, Heb 4:16. Ceux qui fondent tout leur espoir sur l'or, en y plaçant leur confiance, en éprouveront tôt ou tard de la honte.

      Il est sage d'éviter toute dépendance par rapport à l'homme. Plaçons toute notre confiance dans le Rocher éternel, au lieu de nous appuyer sur des roseaux avachis ! Abreuvons-nous à la Fontaine de la vie au lieu d'aller vers les citernes crevassées ! L'affirmation est très lourde de sens ; « vous êtes comme si vous n'existiez pas ». Il serait bon pour nous d'avoir toujours de telles convictions, par rapport à la vanité de l'homme, lors de la maladie, des ennuis de conscience ou à l'approche de la mort. Job réprimande ses amis pour leur sévérité. Il ne désirait en somme rien de plus de leur part, que de bonnes appréciations ou des paroles d'encouragement. Ce genre de situation se produit souvent : nous recevons de l'homme moins que nous ne pouvions en escompter. Par contre, nous recevons de Dieu, beaucoup plus que nous ne pouvions imaginer dans le meilleur des cas ! Bien que Job soit différent de ses amis, il était prêt à reconnaître ses erreurs, si elles étaient mises en évidence. Bien que Job puisse avoir été en faute, ses amis n'auraient pas dû le réprimander aussi durement. La droiture était le leitmotiv dont il ne voulait pas dévier. Il estimait ne pas être aussi inique qu'ils l'avaient supposé. Mais il n'y a rien de mieux que de nous placer devant Celui qui garde nos âmes ; au grand jour du jugement, le croyant intègre recevra finalement l'éloge de Dieu.

      Job 7

      1

      L'épreuve de Job. (Job 7:1-6)
      Job expose ses arguments à Dieu. (Job 7:7-16)
      Il implore Sa délivrance. (Job 7:17-21)

      Dans ce texte, Job tente d'expliquer ce qu'il ne peut justifier : son désir de mourir. Notez bien l'endroit où se trouve cet homme : sur terre ! Il est bien ici-bas et non pas en enfer. N'a-t-il pas une heure fixée d'avance pour se rendre vers cette dernière demeure ? Oui, bien sûr, et ce temps est défini par Celui qui nous a faits et qui nous a envoyé sur cette terre. Pendant cette course, la vie de l'homme est une véritable lutte, du même type que celle du laboureur qui accomplit le jour, sa lourde tâche et doit la nuit, reprendre de nouvelles forces. Job pensait avoir de bonnes raisons d'espérer la mort, tel un pauvre serviteur, épuisé par son travail et attendant les premières ombres du soir pour se reposer. Le sommeil du travailleur est une période bien agréable ; l'homme riche est incapable d'en tirer une telle satisfaction, déléguant à d'autres, contre salaire, son propre travail journalier. La comparaison est claire ; notez bien la plainte de Job : ses jours vécus ont tous été inutiles ; si nous nous sentons incapables de travailler pour Dieu, et si, malgré tout, nous nous attendons calmement à Lui, Il nous acceptera.

      Les nuits en Sa compagnie sont vraiment reposantes. Quelles que soient les difficultés, il est bon d'essayer de discerner ce qu'Il nous a préparé et ce qu'Il nous a réservé, dans Sa sainteté parfaite. Quand nous passons des nuits paisibles, nous devons les considérer comme de réelles bénédictions et nous devons en être reconnaissants. Le corps de Job était pitoyable.

      Qu'en est-il réellement du nôtre ? Sa vie semblait être passée trop rapidement. Chaque jour de notre vie laisse des traces derrière nous : beaucoup tissent des « toiles d'araignées », sans solidité, Job 8:14. Si nous passons notre vie à faire l'œuvre du Seigneur, animés par la foi et l'amour, nous en tirerons de nombreux bénéfices ; chaque homme récoltera ce qu'il aura semé et portera les vêtements qu'il aura tissés.

      7 Le constat des évidences, comme par exemple la brièveté et la vanité de la vie de l'homme, la certitude de la mort, nous affermit, quand nous méditons et parlons sur ces sujets, en vue d'en tirer un enseignement. La mort n'a lieu qu'une fois dans notre existence, donc il faut chercher à franchir ce cap correctement ! Une erreur commise à ce sujet est irréparable. Les nuages cheminent inlassablement dans le ciel, mais aucun d'eux ne retourne en arrière : il en est ainsi pour les hommes : une nouvelle génération apparaît alors que la précédente disparaît, inlassablement. Les saints glorifiés ne regagneront plus leurs maisons, avec le travail et les douleurs qui les encombrent ; les pécheurs condamnés ne retrouveront plus les divertissements et les plaisirs qu'ils ont connus chez eux.

      Quand nous sommes sur le point de mourir, nous devons être sûrs d'aller vers un meilleur endroit que la terre. Fort de ces réflexions, Job aurait pu tirer une autre conclusion que celle de se plaindre. Nous devrions passer les derniers instants de notre vie dans la sainteté et la grâce que procurent la foi et la prière, au lieu de les vivre dans l'anxiété nocive que provoquent le péché et la corruption. Nous avons beaucoup de raisons d'adresser nos prières à Celui qui garde Israël, Celui qui ne sommeille jamais et qui peut nous garder quand nous sommes endormis ! Job a cherché le repos de la tombe. C'est sans aucun doute son infirmité qui l'a poussé vers cette ultime issue ; malgré le fait qu'un homme pieux puisse désirer la mort, au lieu de cohabiter avec le péché, il devrait se satisfaire de vivre le temps que Dieu lui a imparti, car la vie est la seule occasion qui lui soit offerte pour glorifier le Seigneur et pour se préparer pour le ciel.

      17 Job a songé aux différentes relations spirituelles que Dieu pouvait avoir avec les hommes. Pendant cette méditation, le patriarche semble s'adresser à Dieu avec foi, le le cœur rempli d'espérance. Observez à quel point il se soucie de ses péchés. Même les hommes les meilleurs doivent déplorer leur péché ; plus ils excellent dans la sainteté, plus ils doivent réagir vis-à-vis de l'iniquité. Dieu est le Gardien de nos vies, et le Sauveur des âmes de tous ceux qui croient en Son Nom ; Job voulait probablement signifier que cet Observateur céleste avait les yeux fixés sur les voies et le cœur de tous les hommes. Nous ne pouvons rien Lui cacher ; de plus, nous devons avouer notre culpabilité devant le trône de la Grâce, afin de ne pas être condamnés. Job a soutenu devant ses amis qu'il n'était ni hypocrite ni mauvais, malgré l'aveu devant son Dieu qu'il était pécheur. Le meilleur des hommes doit reconnaître son état inique devant le Seigneur. Job s'enquiert sérieusement comment être en paix avec Dieu, et prie sincèrement pour la rémission de ses péchés. Il ne veut pas, simplement que ses épreuves s'arrêtent, il désire ardemment le rétablissement de la faveur divine envers lui. Quand le Seigneur ôte la culpabilité due au péché, il détruit toute la puissance de ce dernier. Pour acquérir Son pardon, Job avoue qu'il a désiré quitter ce monde un peu rapidement. Si mes péchés ne peuvent être pardonnés durant ma vie ici-bas, je suis perdu et détruit à jamais. Dans quelle misère se trouve l'homme pécheur, loin de la connaissance du Sauveur !

      Job 8

      1

      Bildad réprimande Job. (Job 8:1-7)
      Les hypocrites seront détruits. (Job 8:8-19)
      Bildad expose à Job les jugements divins. (Job 8:20-22)

      Jusqu'à présent, Job a tenté de justifier ses propos ; mais Bildad, belliqueux et pressé d'en finir, résume rapidement la situation : « combien de temps encore, vas-tu tenir le même langage » ? L'opinion personnelle des hommes n'est pas forcément la meilleure, et ils sont parfois réprimandés, accusés de n'avoir que de mauvaises pensées. Dans les désaccords au sujet de la religion, il est très facile de traiter les autres avec acidité, et de mépriser leurs arguments. La réponse de Bildad montre qu'il n'avait pas une opinion favorable sur Job. Ce dernier était toutefois persuadé que Dieu a des jugements immuables ; il savait donc que Ses enfants n'étaient pas réprouvés, et qu'ils ne sont pas morts à cause d'une grande transgression. Les afflictions extraordinaires ne sont pas forcément la punition de graves péchés, elles peuvent être parfois des épreuves très particulières envoyées par la Grâce divine : quand nous jugeons le cas d'une personne, cherchons à l'analyser favorablement. Bildad a redonné de l'espoir à Job, en ce sens que si ce dernier ne se sentait pas particulièrement coupable, il devrait voir une heureuse issue à ses tourments.

      Dieu, dans sa souveraine grâce, utilise ce moyen pour affermir les âmes de ses enfants. Au début, les épreuves peuvent être modestes, mais elles peuvent nous faire progresser vers la perfection. La « lumière » spirituelle naissante de l'enfant de Dieu, devient peu à peu celle éclatante du milieu de journée !

      8 Le discours de Bildad condamne les hypocrites et les impies, et décrit la triste fin de tous leurs espoirs et joies.

      Il confirme cette vérité en mentionnant l'issue fatale de la vie de telles personnes. Pour ce faire, Bildad rapporte le témoignage des anciens. Les meilleurs enseignements sont ceux qui sont exprimés par des propos vivants, qui émanent du cœur, qui parlent d'une expérience réelle des choses spirituelles et divines. Une plante peut sembler très verte, malgré sa croissance rapide dans un sol marécageux ; mais au temps de la sécheresse, elle se défraîchit ; il en est de même pour les hypocrites, qui ne brillent qu'en période de prospérité. La toile de l'araignée, tissée avec une grande technique, mais malgré tout très vulnérable, est semblable à l'homme qui se prétend religieux mais qui ne possède pas la grâce divine dans son cœur. Celui qui conseille les autres, en vue de réconforter leur âme, a tendance en général, à se flatter ; par contre, il ne doute pas de son salut, il est en paix, et est à l'abri des idées fausses et vaines du monde. L'épanouissement d'un arbre planté dans un jardin, sa racine s'agrippant à la roche, se termine pourtant par une coupe, et il est alors jeté à terre; c'est une image des méchants : quand ils sont fermement établis, soudainement ils sont exterminés de leur place et oubliés. Cette doctrine de la vanité d'une confiance hypocrite, ou de la prospérité de l'homme inique, n'est qu'illusion ; mais ce n'était pas le cas de Job, même si ce dernier avait vécu dans notre monde actuel.

      20 Bildad ici, réconforte Job, en lui assurant qu'il retrouvera sa prospérité d'autrefois ; il a ainsi été conclu que le patriarche sortirait vainqueur de cette dure épreuve.

      Dieu ne rejette pas l'homme droit ; Il peut l'éprouver pour un temps, mais jamais Il ne l'abandonnera définitivement. Le péché ne peut que ruiner les personnes et les familles. Dans leur discussion avec Job, ses amis lui montraient son incrédulité, sa méchanceté, son injustice et son manque d'amour. L'erreur de raisonnement commise par ces derniers consistait à ne pas distinguer la différence entre l'état actuel du patriarche, dans son épreuve, pleine de soumission, et sa position à venir, lors du jugement divin final. Puissions-nous choisir la bonne part, garder notre confiance en Dieu, porter notre croix, et mourir dans la justice ; entre temps, soyons vigilants à ne pas blesser les autres, par nos jugements impétueux et à ne pas nous laisser affliger inutilement par les vains avis que nos amis pourraient nous adresser.

      Job 9

      1

      Job reconnaît la justice de Dieu. (Job 9:1-13)
      Il ne peut faire face à Dieu. (Job 9:14-21)
      On ne doit pas juger les hommes sur leur condition extérieure. (Job 9:22-24)
      Job se plaint de ses épreuves. (Job 9:25-35)

      Dans cette réponse que Job a formulée, il déclare ne pas avoir douté de la justice de Dieu et nie être un hypocrite ; en fait, comment l'homme pourrait-il être juste devant Dieu ? Avant ses épreuves, il se trouvait déjà largement coupable de ses péchés, plus qu'il n'aurait pu le soupçonner ; et si Dieu tentait de le juger, le patriarche ne pourrait même pas justifier un seul de ses péchés sur mille, une seule de ses pensées, de ses paroles et de ses actes durant sa vie ; il ne pouvait donc que mériter un châtiment pire que toutes ses souffrances actuelles. Quand Job mentionne la sagesse et la puissance de Dieu, il fait passer ses plaintes au second plan.

      Nous sommes incapables de juger les voies divines, parce que nous ne savons pas ce que Dieu fait, ou ce qu'Il conçoit. Dieu agit avec une puissance à laquelle aucune créature ne peut résister. Ceux qui estiment avoir assez de force pour rivaliser avec les autres, ne devront même pas imaginer pouvoir lutter contre le Créateur.

      14 Job se trouvait juste, chapitre Job 32:1, et cette pensée, bien que le patriarche ait considéré la Puissance et la Majesté divines, implique que la question entre l'affligé et le Seigneur de la Providence, est véritablement un rapport de force, et non pas une relation de droits mutuels ; nous commençons ici à découvrir les mauvais fruits de l'orgueil et de l'esprit qui s'auto justifient. Job, pour se défendre après avoir subi des réprimandes, commence à condamner Dieu. Job se connaissant vraiment, savait qu'il ne pouvait formuler un jugement contre Dieu : si nous disons que nous n'avons aucun péché, non seulement nous nous trompons nous-mêmes, mais en plus, nous insultons Dieu ; en exprimant de tels propos, nous péchons et nous faisons mentir l'Écriture. Mais Job songe à la bonté et à la justice divines en prétendant que son affliction était sans cause.
      22 Job arrive rapidement au point capital qui anime le désaccord. Ses amis ont soutenu jusqu'à présent que ceux qui sont justes et bons, prospèrent toujours en ce monde, et qu'à part le méchant, personne ne peut connaître la misère et la détresse. Job, quant à lui, soutient le contraire : il assure qu'il est commun de voir le méchant prospérer, et de trouver le juste dans l'affliction. Cependant, il y a trop d'ardeur dans ce que Job annonce ici : Dieu, en effet, n'envoie pas la souffrance par plaisir. Quand notre esprit est excité par un conflit ou par le mécontentement, nous avons alors besoin de surveiller nos propos.
      25 Nous devrions consacrer beaucoup moins de temps à nos loisirs, ce temps qu'il est nécessaire de racheter, et qui défile si rapidement vers l'éternité ! Combien sont vains les plaisirs d'aujourd'hui : nous pouvons tous les perdre sans que cela puisse dérouter le fil du temps ! La pensée du devoir accompli ne pourra, par la suite, que nous apporter la satisfaction ; il n'en sera pas ainsi du souvenir que pourront nous laisser les plaisirs de ce monde, une fois toutes nos années vécues. La plainte de Job envers Dieu ne pouvait provenir que de son cœur corrompu : le patriarche savait que l'Esprit divin ne pouvait ni s'apaiser ni s'attendrir. En fait, il y a un Médiateur, un Arbitre, un Avocat qui plaide en notre faveur, en la Personne du Bien Aimé Fils de Dieu, Celui qui nous a rachetés par le sang de la croix, Celui qui peut sauver de la perdition tous ceux qui viennent à Dieu, par Son intermédiaire. Si nous nous confions en Son Nom, nos péchés seront jetés dans les profondeurs de la mer, nous seront lavés de toute notre ignominie et rendu plus blancs que neige, de sorte qu'aucun ne puisse prétendre à quelque accusation contre nous. Nous serons parés des longues robes de la droiture et du salut, ornés des grâces de l'Esprit Saint, et présentés sans péché devant le trône de Sa gloire, dans une joie parfaite. Puissions-nous discerner la différence entre notre auto justification, et celle offerte par Dieu lui- même. L'âme de Job est véritablement tourmentée ; notez que d'autres sont aussi passés par cet abîme redoutable ; et bien qu'ils aient eu du mal à penser que Dieu puisse les entendre ou les délivrer, Il a néanmoins repoussé l'orage et a ramené ces âmes au port tant désiré. Résistez au diable ; ne donnez pas place aux mauvaises pensées ou aux conclusions désespérées, qui ne peuvent que s'opposer à Dieu. Venez à Lui, Lui qui invite ceux qui sont chargés et fatigués et qui promet, dans Sa sagesse, de ne pas les rejeter !
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