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PSAUMES

Le livre des Psaumes est le monument le plus important de la poésie hébraïque. Non seulement il renferme quelques-uns des plus beaux poèmes lyriques de toute la Bible, mais on y trouve réunis tous les genres de poésie dispersés dans les divers livres de l'A.T. Il constitue en outre le recueil des chants sacrés d'Israël, dont un grand nombre présentent un caractère liturgique indéniable.

Le Psautier est rangé par le Canon hébreu dans la troisième partie de la Bible (Ketoubim, Ecrits, ou Hagiographies) et vient généralement dans les manuscrits en tête de cette catégorie de livres sacrés. Il se divise en cinq livres. (Ps 1-41,42-72,73-89,90-106,107-150) La fin de chaque livre est marquée par une doxologie ajoutée au dernier psaume ; seule la doxologie du cinquième livre est formée par un psaume entier, le 150 e. Ces cinq livres sont mis en parallèle par le Talmud avec les cinq livres du Pentateuque (voir Canon de l'A.T.).

Nombre des Psaumes. Le texte hébreu offre 150 psaumes. Un 151 e est fourni par la version des LXX, mais expressément classé par elle « hors du nombre » ; attribué à Daniel, il est probablement la traduction d'un original hébreu, mais qui n'a jamais fait partie du Psautier.

Le texte hébreu et le texte grec, d'accord sur le total, diffèrent dans les détails de la numération. Le texte grec unit les Psaumes 9-10, et 114-115 ; en revanche, il sépare en deux les Ps 116 et Ps 147. De là vient que le texte grec soit en retard d'une unité sur le texte hébreu dans la majeure partie du Psautier. Les versions protestantes suivent le texte hébreu ; la Vulgate et les versions catholiques le texte grec.

Il est certain que plusieurs compositions poétiques sont arbitrairement coupées en deux psaumes dans le texte hébreu (ex. : Ps 9 et Ps 10, restes mutilés d'un seul psaume alphabétique restitué par le texte grec ; Ps 42 et Ps 43 qu'unit un même refrain). D'autre part, d'assez nombreux psaumes se décomposent facilement en plusieurs morceaux qui diffèrent par leur genre poétique et par leur sujet (ex. : Ps 19:1,7 la gloire de Dieu manifestée dans la nature, et Ps 19:8,14 la loi de Yahvé et ses bienfaits ; -- Ps 27:1-6 chant de victoire, et Ps 27:7,14 prière intime introduite par la formule : Yahvé, écoute ma voix ! -- Ps 107:1, 32 psaume de louanges avec refrain, et Ps 107:33-43 paroles d'un sage : -- Ps 115:1, 8 discours prophétique, et Ps 115:9,10 bénédictions liturgiques ; Ps 144:1,11 prière pour obtenir la délivrance, et Ps 144 12-15 actions de grâces pour une période de prospérité).

Au reste, le nombre de 150 n'est pas absolument exact, plusieurs psaumes étant identiques ou ne présentant entre eux que de légères divergences (Ps 14 =Ps 53 Ps 70 =Ps 40:14 Ps 108 = Ps 57:8-11 et Ps 60:5,12). Le Ps 18 reproduit le cantique de David (2Sa 22).

Genres des Psaumes.

Le Psautier porte dans les éditions de la Bible hébraïque le nom de séphèr tehillim (livre de louanges), d'après la majorité des manuscrits. La Massore emploie le pluriel féminin tehilloth, plus conforme à l'hébreu tehillah, qui est le titre du Ps 145. Ce nom paraît être inspiré d'une des dernières collections de psaumes, qui débutent par l'expression halelou-Yah (=louez l'Éternel). Les LXX et le N.T. nomment ce livre Psalmoï ou Biblos Psalmôn (Vulgate, Liber Psaltno-rum), d'après la traduction grecque habituelle de l'hébreu mizmor. Ce dernier titre étant généralement appliqué à des psaumes de David, le Psautier est assez souvent appelé ta toû Daveid (2Ma 2:13) ou simplement Daveid (Ac 2:25 4:25 etc.). Quant au terme psalterion (nom grec d'un instrument de musique), il est fourni par le codex Alex, des LXX, où il désigne assez improprement le Psautier. Nos versions se conforment à l'usage grec et non à l'usage juif.

Ces deux noms : louanges, psaumes, rapportent le Psautier dans son ensemble à la poésie lyrique. Et en effet, les psaumes appartiennent pour la plupart à ce genre poétique, surtout ceux des premiers livres. Cependant on distingue dans le Psautier des genres très différents. Un assez grand nombre de psaumes se rapprochent du genre prophétique, ce qui n'a rien de surprenant, la prophétie ayant été à ses débuts accompagnée de chants et de musique (1Sa 10:5). Les chefs musiciens de David : Asaph, Héman, Jedoutoun sont appelés « voyants du roi », et ils prophétisent avec la harpe (1Ch 25:1,5). Au temps d'Ezéchias, Asaph est appelé un prophète (2Ch 29:30). Les psalmistes revêtent souvent leurs paroles d'une autorité prophétique. Certains psaumes, quoique du genre lyrique, contiennent de courts oracles. (ex. : Ps 2:5,9 46:11 50:7 110:1) D'autres constituent tout entiers des discours prophétiques, consistant, comme les prophéties habituelles, en reproches, avertissements et menaces. Ces discours sont dirigés contre l'impiété (14 =53, 50), contre l'idolâtrie (Ps 115:1-8), contre un méchant (52 contre Doëg ; cf. Esa 22:15 contre Shebna, Jer 20:3 contre Pashkour). A ce genre appartiennent les psaumes messianiques (promesses faites à la dynastie davidique : 2, 72, 89, 110, 132, ou à Jérusalem : 87).

Le genre didactique est représenté par les Ps 37 (sentences morales conformes au type des Proverbes), 49 (appelé par l'auteur : paroles de sagesse, v. 4 ; mâchai-- sentence, et khidâh = énigme, v. 5), 73, 119. Le genre historique fournit les Ps 78 (histoire d'Israël jusqu'à David, psaume également rattaché par son titre au genre didactique, mâchai et khidoth, v. 2), 105 et 106, 136 (curieux mélange du genre historique et de la litanie), 89 (les v. 20, 38 complètent remarquablement le Ps 78). Le genre liturgique offre des litanies (Ps 136, Ps 118:1,4,25-29 Ps 148), des bénédictions (Ps 115:9-18) et des malédictions (Ps 109:6,19).

Titres des Psaumes.

La plupart des psaumes ont un ou plusieurs titres se rapportant soit au caractère du poème, soit à son usage musical et liturgique, soit à son auteur.

Les principaux titres relatifs au caractère du poème sont :

Mizmor-- psaume (poésie accompagnée de musique), terme dérivé d'une racine zâmar, appliqué à la musique instrumentale par opposition à la musique vocale (57 psaumes). Ce titre est presque toujours accompagné d'un nom d'auteur, ordinairement du nom de David.

Chîr =cantique (gr., ôdê), poésie chantée (30 psaumes), titre assez souvent précédé ou suivi de mizmor pour indiquer que le chant est soutenu par la musique instrumentale (cf. 30, 65-68, etc.).

Maskil (gr., eïs sunésin : lat., ad intellectum ; Jérôme, eruditio), titre de 13 psaumes appartenant principalement au recueil des Fils de Coré (Ps 42) et au genre didactique (Ps 32, Ps 78), ce qui justifie le sens d'instruction (cf. Ps 2:10 : et nunc erudimini ) ou plutôt de méditation, (cf. Ps 41:1) sens dérivé de la racine sâkal. Le sens de poème habilement ou artistiquement composé (angl., skilfulpsalm), adopté par quelques-uns, ne convient guère, l'intelligence étant dans l'A. T, rarement synonyme d'habileté et désignant plutôt la piété ; d'où : psaume destiné à l'édification religieuse.

Mictam =poème précieux (terme dérivé de kétem =joyau, or), est le titre des Ps 16 et Ps 56-60 (6 psaumes) qui portent le nom de David et justifient cette appellation par la distinction de leur style et de leur pensée (gr., stèlographia ; lat., inscriptio, confondant mictam et mictab). C'est aussi le titre du cantique d'Ézéchias (Esa 38:9).

Chiggaïon (Ps 7), dont le sens est incertain, peut désigner non une complainte (Sg.), mais un poème sur un mode irrégulier ou dithyrambique. La prière d'Habacuc (Ps 3:1 et suivants) est composée selon ce mode (al-chigionoth)

Tephillah =prière, est le titre de 5 psaumes, et tehillah =louange, du Ps 145.

Les instruments d'accompagnement sont parfois désignés dans le titre : neguinoth, instruments à cordes (6 fois) ; nekhiloth, instruments à vent, flûtes (Ps 5) ; guittith, la Guittienne (Ps 8, Ps 81, Ps 84), peut-être la harpe de Gath importée de Crète par les Philistins et empruntée à l'antique civilisation égéenne. Il est à remarquer que les principaux instruments de musique servant pour le culte n'apparaissent jamais dans un titre, savoir : (d'après Ps 81:3) kinnor-- harpe, nébèl = luth, toph =tambourin, chophar-- trompette. La voix de soprano était probablement désignée par alamoth (Ost., Halamoth) =jeunes femmes (Ps 46), et la voix de basse par cheminith =octave inférieure (Ps 6 et Ps 12).

Le titre offre aussi fréquemment les premiers mots de chants populaires sur la mélodie desquels le psaume devait être chanté ; on écarterait difficilement cette explication, qu'appuie la préposition al (=sur, ou selon), quelquefois el. Sur : « Ne détruis pas ! » (Ps 57-59, mictam de David ; 75, Ps d'Asaph). Sur : « Lis du témoignage » (Ps 45, Ps 60, Ps 69, Ps 80). Sur : « Colombe muette parmi les exilés » (Ps 56, mictam de David) ; grec : « Pour le peuple exilé loin du sanctuaire » (Vers. Syn. : « Colombe des Térébinthes lointains », substitue Élim à Élem). Sur : « Biche de l'aurore » (Ps 22). Sur : « Meurs pour le fils » (Ps 9). Sur : « Blessure » (Ps 53 ; v. 5. : « Sur un mode triste » ; lire mahéleth ; Ps 88, « Blessure pour l'humiliation »). La plupart de ces formules sont obscures et le texte peut avoir été altéré. La préposition al, qui accompagne le nom du musicien Jeditoun ou Jedoutoun dans Ps 62 et Ps 77, est rectifiée par la préposition le dans Ps 39 (=de ou selon Jeditoun).

D'autres formules se rapportent à l'usage liturgique. Pour le sabbat (Ps 92), pour la dédicace du temple (Ps 30), pour la commémoration (Ps 38, Ps 70), pour la louange (Ps 100, Ps chanté lors des sacrifices d'actions de grâces), pour l'enseignement (Ps 60). Dans les LXX, d'autres psaumes sont rapportés aux divers jours de la semaine. C'est sans doute aussi à un usage liturgique que s'applique le titre : Cantique pour les mahaloth (=montées), qui est celui d'une collection de 15 psaumes (Ps 120-134). L'ancienne version : « Cantique des degrés » paraît devoir être abandonnée. Ces psaumes étaient sans doute chantés lors des pèlerinages montant au temple de Jérusalem à l'occasion des grandes fêtes religieuses. (cf. Ps 122:4 125:2 Ps 133 Ps 134) Ces diverses formules sont caractérisées par la préposition le (=pour).

On peut attribuer à l'usage musical et liturgique le mot Sélah, qui revient fréquemment dans le texte des psaumes (71 fois en 39 psaumes, et trois fois dans la prière d'Habacuc : Ps 3:3, Ps 9, Ps 13). Il ne se trouve que dans les psaumes appartenant aux plus anciennes collections et accompagnés d'indications musicales.

Le sens est assez obscur (gr., diapsalma ; Talmud, ad ôlam =à toujours ; Jérôme, semper). La version diapsalma peut désigner soit un interlude, soit une élévation du son (rinforzando). Ce dernier sens est le plus conforme à l'étymologie (sélah, impératif : élève... la mélodie). La version talmudique a suggéré au Hébr. and Engl. Lexicon d'Oxford (p. 699) une hypothèse destinée à concilier les deux traditions ; Sélah signifierait : « Élevez vos voix », et, par cette indication liturgique, le clergé serait invité à interrompre le psaume pour prononcer la formule de bénédiction, qui se termine par l'expression ad ôlam (Ne 9:5: Bénissez Yahvé d'éternité en éternité). Quant à Higgaïon, joint à Sélah dans Ps 9:17, il doit avoir comme celui-ci quelque analogie avec l'usage musical, mais son sens est aussi difficile à déterminer (LXX, ôdè diapsalmatos). Mis en parallèle dans Ps 92:4 avec le luth et associé à la harpe, il paraît devoir désigner soit un jeu d'instruments de musique (Sg., Bbl. Cent. : en sourdine), soit plutôt, d'après son étymologie, une mélodie destinée à favoriser la méditation (c'est le sens du mot hébreu dans Ps 19:14, La 3:62).

On n'attribue guère aujourd'hui à la même catégorie l'expression : lamenatséakh, relative au Maître-chantre, prise jadis en ce sens que les indications musicales, dont elle est généralement accompagnée, étaient destinées au Maître-chantre (ex. : Ps 4, au Maître-chantre, sur des instruments à cordes ; 5, sur des flûtes ; 9, sur : « Meurs pour le fils », etc.). Cette explication ne peut servir pour les cas assez nombreux où lamenatséakh n'est ni précédé ni suivi d'aucune indication d'ordre musical ou liturgique (ex. : 11 ou 14). Au reste, la préposition le établit une analogie indiscutable avec les épithètes : le-David, le-Asaph, etc., qui se rangent naturellement dans la catégorie des noms d'auteurs. Rien n'empêche que le chef de la musique instrumentale du temple ait eu comme eux, ou comme la corporation des Fils de Coré, sa propre collection de psaumes.

Un grand nombre de psaumes nous fournissent en effet des noms d'auteurs, surtout dans les premiers livres : Moïse (1 Ps.) ; David (73 Ps.) ; Asaph (12 Ps.) ; les Fils de Coré (11 Ps.) ; Salomon (2 Ps.) ; Héman et Éthan, Ezrahites (sages mentionnés dans 1Ro 4:31), auteurs des Ps 88 et 89 ; Jeditoun (39, 77) ou Jedoutoun (62), nommé à côté d'Asaph et de Héman comme un des trois chefs musiciens de David (1Ch 16:40-42). Il faut ajouter sans doute à cette liste le Maître-chantre.

La préposition le, qui accompagne tous ces noms propres, semble attribuer à ces personnages, soit la composition poétique, soit la composition musicale des psaumes en question. Cependant, le pluriel : « Des fils de Coré » et l'attribution d'un même psaume à deux personnages différents laissent entrevoir une autre interprétation. Or ces doubles attributions de psaumes ne sont pas rares ; elles sont même assez fréquentes, si on y fait rentrer tous les psaumes qui se réclament à la fois du Maître-chantre et de David ou des Fils de Coré. Le Ps 88 se réclame des Fils de Coré, du Maître-chantre et de Héman l'Ezrahite. Dans le cas des doubles attributions, l'un des noms pourrait désigner l'auteur du poème, l'autre l'auteur de la musique, mais cette interprétation n'est pas valable pour les triples attributions.

On est ainsi conduit à penser que ces noms désignent des collections de psaumes et qu'un certain nombre de psaumes étaient communs à plusieurs collections avant d'entrer dans le Psautier. Cette opinion est fortement appuyée par le fait que des psaumes mis sous deux noms différents sont aussi désignés comme appartenant à deux genres différents (Ps 65 : Du Maître-chantre psaume, de David cantique ; Ps 68, id. ; Ps 88, mizmor des Fils de Coré, maskil de Héman l'Ezrahite). L'exemple du Ps 88 montre qu'un même psaume pouvait être emprunté à plusieurs recueils différents, à un recueil de Mizmorim (psaumes) et à un recueil de Maskilim (méditations), lorsque son genre n'était pas particulièrement accentué. La plupart des noms figurant dans les titres s'appliquent à des musiciens connus ou à des corporations de choristes, de sorte que les formules : Des Fils de Coré, d'Asaph..., désignent des psaumes recueillis et conservés dans la famille ou dans la corporation musicale d'Asaph ou des Fils de Coré.

Formation du Psautier.

Le Psautier s'est formé graduellement par la juxtaposition ou même le mélange de plusieurs collections de psaumes. Cette conception est confirmée par la notice qui clôt le deuxième livre : « Fin des prières de David, fils d'Isaï » (72:20). Un même rédacteur, sachant qu'il avait encore d'autres psaumes davidiques à utiliser, n'aurait pas clos ici les oeuvres de David. En outre, la présence dans le Psautier de poèmes semblables ou identiques ne s'explique pas autrement que par une formation graduelle. Enfin, ce qui vient à la fois étayer cette conception et entraîner des complications, c'est l'influence élohistique qui s'est exercée à une certaine époque sur toute une partie du Psautier (voir Dieu [les noms de]).

Le nom de Yahvé est employé presque exclusivement dans le livre I (Yahvé 278 fois, Élohim 15), à la fin du livre III (Ps 84 à 89 : Y. 31, E. 7), exclusivement dans le livre IV et dans le livre V (sauf Ps 108, qui est formé de deux psaumes du groupe élohistique) La portion élohistique du Psautier comprend le livre II (E. 164, Y. 30) et la majeure partie du livre III (Ps 73 à 83 ; E. 36, Y. 13), soit tout le bloc des Ps 42 à 83. Or ces psaumes élohistes ne sont pas tels du fait de leurs auteurs ; le nom d'Élohim y a été substitué au nom de Yahvé qui était primitif. Et, en effet, nous possédons au moins deux psaumes élohistes qui se retrouvent ailleurs dans le Psautier sous la forme yahviste (Ps 53 =Ps 14 Ps 70 =Ps 40:14 et suivants). La preuve que leurs auteurs employaient le nom de Yahvé, c'est que l'expression « Yahvé mon Dieu » ou « Yahvé ton Dieu », si fréquente dans tout l'A. T, et si naturelle, est devenue dans ces psaumes : « Dieu, mon Dieu » (Ps 43:4), ou « Dieu, ton Dieu » (Ps 45:8 50:7). Les psaumes élohistes, provenant eux-mêmes de plusieurs collections, ont appartenu à un recueil qui est entré en bloc dans le Psautier, après avoir subi cette transformation du nom de Dieu, transformation qui ne s'est pas étendue à l'ensemble du livre.

La division actuelle du livre n'est pas purement artificielle et manifeste assez bien, même au point de vue chronologique, le processus de sa formation. D'une part le livre I renferme à lui seul une collection spéciale de psaumes de David qui paraît bien la plus ancienne, le noyau primitif ; d'autre part, les deux derniers livres nous fournissent assurément les psaumes les plus récents. Mais la division en cinq livres ne saurait servir de base à l'étude de la formation du Psautier. Il s'agit d'établir une division réelle qui tienne compte des divers recueils dont il se compose. On peut distinguer trois parties :

le noyau primitif des psaumes de David, livre I ;

les psaumes élohistes (42-83), suivis d'un complément à ce recueil (84-89), livres II et III ;

les collections récentes, d'un caractère liturgique plus prononcé, livres IV et V

Le noyau primitif a été transmis par le Maître-chantre, dont le nom figure en tête de presque tous les psaumes de David. Plusieurs des collections suivantes doivent provenir de la même source. On en compte quatre dans la 2 e partie : 1re de Coré (42-49), 2° de David (51-72), Asaph (50 et 73-83), 2 e de Coré (84-89). La 3e partie comprend un assez grand nombre de collections dispersées : psaumes dits théocratiques (90-100) ; 3 e collection de David, divisée en plusieurs groupes (101-103, 108-110, 138-145) ;

1re collection de psaumes de louanges, avec la formule Halelou-Yah, en deux groupes (104-107, 111-118), à laquelle peut se rattacher le Ps 119 ; psaumes des Mahaloth =degrés ou montées (120-134)

2° collection de psaumes de louanges en deux groupes (135-136, 146-150). Le Ps 137 peut être rattaché à la collection des Mahaloth, avec lesquels il offre quelque analogie.

La date des psaumes, ou des diverses collections de psaumes, ne saurait être déterminée d'une façon précise, en l'absence d'informations sûres fournies par le texte. Les noms de personnages connus désignent des recueils que la tradition taisait remonter jusqu'à eux, mais dont la formation s'est étendue sur plusieurs siècles. Treize psaumes offrent des notices relatives à l'événement historique ayant donné lieu à leur composition. Ces notices se rapportent toutes à la vie de David, soit à l'époque de sa persécution par Saül (ordre chronologique : Ps 7, Ps 59, Ps 56, Ps 34, Ps 52, Ps 57, Ps 142, Ps 54), soit à ses victoires (Ps 18, Ps 60), à sa pénitence (Ps 51), à sa fuite devant Absalom (Ps 3, Ps 63). Seulement, ces notices sont rarement confirmées par le contenu des psaumes auxquels elles sont affectées. Titres et notices doivent être sérieusement contrôlés par l'étude exégétique du texte.

Le style des psaumes peut donner d'utiles indications. Il est certain que les derniers livres se distinguent, sauf exception, par un style moins classique, exempt d'archaïsmes, semé de réminiscences et rempli de phrases conventionnelles, dénotant une époque postérieure. Mais ces indications sont trop générales, les psaumes de la plus belle facture poétique pouvant provenir de la période entière qui s'étend de David à Jérémie ou à la captivité. Les notions religieuses exprimées ne sont pas davantage un critère infaillible, la limite étant souvent délicate à fixer pour l'éclosion ou le déclin de telle ou telle conception et les psaumes se répartissant entre les diverses tendances qui ont eu cours en Israël. Le critère le meilleur pourrait être trouvé dans les allusions historiques ; mais peu nombreux sont les psaumes qui en renferment, et les allusions s'appliquent en bien des cas indifféremment à des événements historiques très distants les uns des autres. La fixation de la date d'un psaume ne peut s'énoncer qu'avec une extrême prudence et en utilisant les divers critères selon l'ordre de leur valeur.

Au reste, toute une école estime que ces méthodes d'investigation ne peuvent donner pour les psaumes aucun résultat, les titres et notices qui se réfèrent à des noms d'auteurs anciens n'ayant aucune valeur et le Psautier ayant été composé tout entier durant la période post-exilique pour servir de livre de cantiques dans les cérémonies du Temple restauré. Il est vrai que l'opinion récente des commentateurs se détourne de cette exagération, et l'on reconnaît que le premier temple a dû posséder un ou plusieurs recueils de psaumes, dont un certain nombre peuvent avoir été conservés. Le Ps 137 montre avec évidence que les Israélites avaient emporté en Babylonie leurs hymnes religieux et que les « Cantiques de Sion » étaient célèbres. Ésaïe II fait nettement allusion aux chants de louanges antérieurs à l'exil (Esa 64:10). Bien plus, Jérémie, prédisant la restauration du temple démoli, cite comme étant déjà en usage de son temps une doxologie chantée, que fournissent également, bien que légèrement modifiée, les psaumes des derniers livres (Jer 33:11, cf. Ps 106:1, etc.). Déjà auparavant Ésaïe (Esa 30:29) et Amos (5:23 8:10) font allusion tant aux cantiques du royaume de Juda qu'à ceux du royaume de Samarie. Et de fait, les particularités de certains psaumes s'expliquent mieux si l'on admet qu'ils proviennent des sanctuaires du royaume du Nord. Les questions de date et d'auteur restent libres de tout a priori et soumises aux règles habituelles de la critique.

A cette première difficulté s'en est ajoutée une autre, aussi grave. Selon une opinion courante, la plupart des psaumes des premiers livres expriment non les sentiments ou les pensées d'un auteur individuel, qui pourtant emploie la première personne du singulier, mais de la communauté israélite. Celui qui parle, se plaint, se repent et prie, c'est Israël, soit dans son ensemble, soit dans sa partie fidèle, c'est le serviteur collectif de Dieu. Assurément Israël est souvent personnifié dans l'A.T., spécialement chez les prophètes, et il en est de même dans un grand nombre de psaumes, par exemple au Ps 129, où le peuple s'exprime comme un individu : « Ils m'ont assez opprimé dès ma jeunesse... » Les LXX et le Targum ont appliqué à la nation entière des psaumes qui apparaissent comme fortement individuels (Ps 23 Ps 56 etc.). Cependant il ne paraît pas possible d'appliquer cette théorie à tout le Psautier, et il suffit d'admettre que des poésies anciennes, émanant de personnalités religieuses et composées dans des circonstances déterminées, ont été plus tard utilisées pour l'édification de la communauté et adaptées, avec ou sans modifications importantes, au culte israélite.

L'attention a été attirée d'une manière toute spéciale sur les plaintes des psalmistes et sur le grand nombre de psaumes où s'exhalent des lamentations soit collectives soit personnelles. Le sujet de ces plaintes paraît souvent difficile à définir. Les lamentations collectives ont le plus souvent pour sujet les péchés du peuple qui ont attiré sur lui la colère divine et sur Jérusalem l'opprobre et la ruine. Mais les lamentations individuelles soulèvent plus de difficultés. Quels sont les maux dont se plaint le psalmiste ? Qui sont les oppresseurs qui l'accablent, les ennemis qui le persécutent, les adversaires qui le calomnient, le raillent et lui tendent des pièges ? On a cru trouver la clef du mystère dans la situation des Anavim (=humbles), dont il est fait fréquemment mention. Ces humbles sont les « pauvres d'Israël », opprimés de tout temps par les grands, méprisés par les hautes classes et dont le sort misérable avait déjà rempli d'indignation les prophètes préoccupés de justice sociale.

Toutefois ces plaintes refléteraient spécialement la situation des Anavim à une époque récente, soit pendant la période perse, lorsque se formèrent des partis séparés par de graves dissensions, soit pendant la période grecque, quand s'éleva la lutte entre les partisans du vieil hébraïsme et les hellénisants qui pactisaient sur le terrain philosophique et social avec l'étranger. Nul doute qu'alors les humbles, fidèlement attachés aux traditions yahvistes et adversaires de la civilisation nouvelle, n'aient eu à souffrir socialement et religieusement du mépris et de l'oppression des grands, spécialement du parti Sadducéen, enrôlé sous la bannière de l'hellénisme. Mais ici encore une discrimination s'impose ; les psaumes où cette théorie trouve sa complète application sont trop peu nombreux pour qu'on puisse en faire la clef de toutes les lamentations rangées dans la même catégorie. Au reste le terme Anavim désigne rarement une classe de pauvres, auxquels les épithètes Ebionim, Dallim sont mieux appropriées ; il s'applique plus habituellement aux humbles de coeur, qui s'humilient non devant les hommes mais devant Dieu. Or les souffrances des piétistes, exposés aux railleries et aux persécutions, n'ont pas attendu les périodes grecque ou perse pour s'exhaler en plaintes amères, et il peut s'en trouver dans le Psautier comme chez Jérémie ou dans d'autres ouvrages antérieurs à l'exil.

Une explication plus récente a été fournie qui fait l'objet de vifs débats. Elle transpose le problème du point de vue moral au domaine des superstitions populaires. Le mot avèn, traduit ordinairement par méchanceté ou malice et mis en parallèle avec rechaïm =les méchants ou impies, est interprété dans le sens de sortilège, pouvoir magique ; l'expression poalé-avèn (=ouvriers de méchanceté) désignerait ceux qui se livrent aux pratiques magiques. Comme dans plusieurs psaumes babyloniens, avec lesquels on les compare, les lamentations individuelles exprimeraient les plaintes de malheureux exposés aux entreprises et aux représailles des sorciers ou d'ennemis particuliers, usant contre eux d'un pouvoir magique par les incantations ou par les gestes rituels. Ces plaintes auraient pour complément nécessaire les rites de purification ; elles auraient été prononcées en vue d'obtenir par la purification la délivrance de l'ensorcellement. Voir Prière, I

Notons que dans cette hypothèse les psaumes envisagés devraient être reportés à une assez haute antiquité, à une époque où le monde religieux était encore dominé par les superstitions de la religion populaire et où le sacerdoce ne craignait pas de prêter son concours à des pratiques d'exorcisme. De fait, l'opinion se répand de plus en plus qu'en Israël comme ailleurs le rite est primitif, qu'il a précédé les conceptions morales introduites ou appuyées spécialement par le prophétisme, et que certaines cérémonies rituelles fournies par le Pentateuque offrent un cachet d'archaïsme inobservé jusqu'ici.

Cela dit, on ne peut nier que certains psaumes, en particulier les psaumes de malédictions, présentent quelque analogie avec les formules magiques. (cf. Ps 140:10-12 109:6-16 83:14-18) Toutefois des malédictions du même genre se lisent assez souvent au cours de psaumes où elles n'ont aucun caractère rituel (cf. Ps 79:12 125:5 137:8 et suivant) et voisinent avec des appels directs à la délivrance de Dieu. Ce sont plutôt les cris d'une âme tourmentée et qui se plaint d'être aux prises avec la calomnie ou l'injustice. Le mot avèn est trop souvent en parallélisme avec chèqèr =mensonge, mirmah =fraude, khamas =violence, toutes expressions de l'ordre moral, pour qu'on soit autorisé à lui donner partout un sens magique. Dans bien des cas avèn désigne des actes coupables formellement mentionnés dans le psaume ou qui en ressortent clairement et qui n'ont rien à voir avec les sortilèges. Quant aux rites purificateurs destinés à détourner l'action magique, il n'y est fait aucune allusion. Ici encore, il serait vain de chercher une clef, une explication globale, d'où s'évaderaient trop de cas particuliers.

Date des diverses collections.

Les investigations quant à la date des psaumes sont donc libres de tout a priori. Seulement, nos observations précédentes nous engagent à procéder par collections, à rechercher pour chacune d'entre elles ses origines et la date de sa clôture, plutôt qu'à suivre chaque nom d'auteur à travers tout le Psautier. De fait, chaque collection est assez facile à délimiter et porte son cachet spécial. Des rapprochements peuvent cependant s'opérer entre plusieurs d'entre elles, en particulier entre la 1re collection de David (liv. I) et la 2 e (Ps 51 à 72). Ces deux collections offrent de telles ressemblances de style et de pensée qu'il est difficile de les étudier séparément. Elles présentent ensemble tous les psaumes pourvus d'une notice historique relative à la vie de David, à l'exception d'une seule qui se trouve en tête du Ps 142 de la 3 e collection, mais doit y avoir été ajoutée postérieurement (cf. l'expression récente biheïôtô =quand il était... dans la caverne) et paraît provenir de l'analogie entre ce psaume et le Ps 57 (quand il s'enfuit loin de Saül dans la caverne). La seule différence à noter, c'est le caractère élohistique de la 2 e collection. On peut en conclure qu'elle faisait primitivement suite à la 1re et ne formait qu'un seul recueil terminé par la notice : « Fin des prières de David » (Ps 72:20). Le rédacteur élohiste l'aura séparée de la 1re pour la faire entrer dans son recueil, où elle est malencontreusement placée entre le I er psaume d'Asaph (50) et la suite de la collection d'Asaph (Ps 73 SS). S'il en est ainsi, il n'y a qu'avantage à reconstituer ce recueil de David pour en faire une étude spéciale.

Le recueil de David qui forme le noyau primitif du Psautier débute avec le Ps 3, les Ps 1 et Ps 2 servant de préface à l'ouvrage tout entier, ou tout au moins aux trois premiers livres, qui semblent se distinguer assez nettement des deux derniers. Peut-on faire remonter les débuts de ce recueil à l'époque du roi David ? Aucune objection de principe ne l'interdit. Bien des critiques, qui l'admettent, ne diffèrent que par le nombre plus ou moins étendu de psaumes considérés par eux comme davidiques. Si l'on étudie les 12 psaumes avec notices biographiques, on se convainc que la plupart sont anciens et assez bien adaptés à la vie de David, à sa situation et à l'état d'âme que lui assignent les sources de l'histoire sainte. Cependant plusieurs se rapporteraient mieux à une autre période de l'histoire de David qu'à celle fournie par la notice (Ps 3 ne paraît pas inspiré par la révolte d'Absalom, mais par une invasion étrangère ; Ps 34 ne fait aucune allusion au stratagème de David contrefaisant l'insensé à la cour d'Abimélec). Dans l'ensemble du recueil, bien des psaumes se présentent avec le même cachet d'antiquité et s'adaptent sans effort au règne de David.

De cette disparité entre les notices et le contenu des psaumes on pourrait donner l'explication suivante. Il aurait existé à l'origine une biographie de David faite à la fois de récits et de poèmes. Lors de la formation du recueil de psaumes davidiques, ces poèmes auraient été empruntés à la biographie et dispersés sans ordre chronologique dans le recueil, les récits étant réduits à de sommaires indications. Dans la biographie primitive, le rédacteur avait utilisé ces poèmes attribués à David par la tradition, et quelques erreurs se seraient glissées dans son choix ; mais d'une manière générale, comme dans le reste du recueil, ces poèmes nous donnent par leur style et leurs notions religieuses une image assez juste de la poésie davidique.

Il faut remarquer seulement que plusieurs psaumes contre l'authenticité desquels aucune objection grave ne peut être élevée, ne sont pas nécessairement pour cette raison l'oeuvre personnelle du roi David. C'est le cas par exemple pour le Ps 18, identique au cantique de David (2Sa 22). En outre, quelques-uns des psaumes les plus anciens ont subi des modifications et des adjonctions, qui rendent difficile la reconstitution du texte primitif. Enfin des psaumes davidiques ont passé dans d'autres recueils : le Ps 110, dont le noyau est formé d'un oracle adressé à David, a passé dans une collection postérieure à la faveur d'une interprétation messianique et a subi des adjonctions ; le Ps 132, relatant le transfert de l'arche à Jérusalem, a passé dans la collection des Mahaloth.

L'ensemble du recueil présente une masse intéressante de psaumes à caractère archaïque prononcé, où Dieu est présenté comme donnant à un roi la victoire sur ses ennemis, où abondent les allusions à des guerres contre les peuplades voisines d'Israël, dont le rôle a été bien réduit dans la suite, et où se remarquent des théophanies que leur genre assigne sans conteste au yahvisme primitif.

Mais à côté du noyau central, qui reflète le langage et les idées de l'antique hébraïsme, le recueil renferme des psaumes dirigés contre l'idolâtrie ou contre la corruption des moeurs, qui se placent dans la période prophétique (14-17), des psaumes du temps d'Ézéchias (65-68), toute la série des psaumes dits de Jérémie, qui sont inspirés par les souffrances de ce prophète ou de quelque autre prophète persécuté, et qui se distinguent par le style deutéronomique (Ps 29, Ps 31, Ps 35, Ps 40, Ps 69 Ps 70 Ps 71). Ce recueil n'a donc pas été clos avant la ruine de Jérusalem, mais ne paraît rien renfermer d'important qui lui soit postérieur.

Les psaumes des Fils de Coré sont également divisés dans le texte actuel en deux collections (Ps 42-49 et Ps 84-89). Dans la 1 re, le plus ancien paraît être le Ps 45, qui célèbre le mariage de Salomon avec une princesse phénicienne. Si les deux psaumes portant le nom de Salomon ne remontent pas jusqu'à lui, en revanche le Ps 45 ne peut se rapporter qu'à ce roi. Les Ps 42 et Ps 43 (un seul poème) sont l'oeuvre d'un lévite emmené en captivité dans la région de l'Hermon, à une époque où le temple était dans toute sa splendeur et le clergé puissant, mais où Israël avait subi une défaite de la part des Araméens (probablement vers 810, 2Ro 12). Les autres psaumes (dont le 46, qui a inspiré le cantique de Luther) reflètent le temps d'Ézéchias. Dans la 2 e collection, le 84 offre les plus grandes ressemblances avec les 42 et 43 et pourrait avoir le même auteur, ce lévite du temps de Joas qui, après avoir gémi sur la terre étrangère, se réjouit de fouler à nouveau les parvis (verset 3 : « Mon âme avait langui... »). Le 87 s'associe aux conceptions prophétiques du VIII e siècle, selon lesquelles Jérusalem deviendra la métropole religieuse du monde, les 88 et 89 s'appliquent à la ruine de Jérusalem, les 85 et 86 remercient Dieu pour le retour de l'exil. Dans l'ensemble, les psaumes des Fils de Coré offrent un caractère moins populaire que ceux de David, et plus sacerdotal ; c'est bien un recueil fait par des lévites, les sentiments y sont plus profonds et les pensées plus élevées. Il n'a été clos qu'au temps de la restauration.

Les psaumes d'Asaph (Ps 50, Ps 73 à 83) forment une transition au genre des psaumes post-exiliques. Plusieurs, dont le style est de la bonne époque, se rapportent à la période assyrienne (Ps 83), reproduisent les reproches d'Ésaïe dans son chap. I er (Ps 50, Ps 82), célèbrent la délivrance de Jérusalem au temps d'Ézéchias (Ps 75 Ps 76) à peu près comme les Ps 46 Ps 47 Ps 48 de Coré et Ps 65-67 de David. Mais une époque postérieure est indiquée par le Ps 73 et par les lamentations sur la ruine de Jérusalem (Ps 74, Ps 77, Ps 79).

Les psaumes appelés théocratiques (Ps 90-100) peuvent se diviser en deux groupes : Ps 90-92 qui réclament la délivrance de Dieu (Ps 90:13 : « Jusques à quand, Seigneur ? »), et Ps 93-100 qui célèbrent le règne de Dieu et sa victoire. Seul le Ps 94, appel au Dieu des vengeances, offre un caractère assez différent.

La 3 e collection de David (Ps 101-103, Ps 108-110, Ps 138-145) semble avoir été intentionnellement dispersée dans cette partie du recueil pour justifier l'appellation de Psaumes de David donnée par la tradition à l'ensemble du Psautier. Mais, si l'on y sent une utilisation des psaumes davidiques, aucun d'eux ne peut être antérieur à l'exil sous sa forme actuelle, et ils offrent des rapports indéniables avec leur contexte. Le Ps 101 débute comme les psaumes théocratiques qui le précèdent, et le Ps 103 comme le groupe de psaumes de louanges qui le suit ; le Ps 102 (anonyme) exprime les mêmes pensées que le Ps 90 (prière de Moïse). Tous trois sont d'ailleurs dans la note théocratique et affirment que Yahvé règne (Ps 102:13 103:19). Les Ps 138-145 sont essentiellement des psaumes d'imitation. Il faut excepter le très beau Ps 139, où l'auteur s'élève jusqu'à la notion de la toute-présence de Dieu.

Les Mahaloth constituent une collection d'une assez grande valeur littéraire et religieuse. Les allusions au retour de la captivité, à la reconstruction des remparts et des palais (Ps 122:3-7) nous transportent à l'époque de Néhémie (Ne 6:15).

Les psaumes de louanges, divisés en plusieurs groupes, ne devaient aussi former qu'un seul recueil, le plus récent. La coupure entre les livres IV et V est si artificielle qu'elle sépare deux psaumes de louanges appartenant au 1 er groupe (Ps 106 et Ps 107). Malgré l'uniformité de l'exclamation Halelou-Yah, ils appartiennent à des genres assez différents et sont d'une valeur religieuse très inégale. (le Ps 107 est d'une grande beauté ; les derniers psaumes sont parmi les plus faibles : tout y est sacrifié à l'usage liturgique et à l'idéal sacerdotal)

Clôture du Psautier.

La date à fixer pour la clôture des dernières collections et de l'ensemble du Psautier est sujette à controverse. La préface du Psautier (Ps 1 et Ps 2), composée de deux psaumes à caractère davidique interprétés dans le sens messianique, et les doxologies ajoutées lors de la division en cinq livres, semblent indiquer une époque antérieure aux grandes épreuves des périodes grecque et romaine. Cependant bien des critiques en trouvent des échos dans certaines portions du Psautier. La controverse porte sur un assez grand nombre de psaumes qui reflètent les préoccupations exclusivement ecclésiastiques d'une époque très récente (dernier livre) et sur plusieurs psaumes appartenant à la 2 e partie du Psautier qui exposeraient les souffrances d'Israël durant la période macchabéenne. La persécution d'Antiochus Épiphane (voir art.) aurait inspiré particulièrement les Ps 44, Ps 60, Ps 74, Ps 79, Ps 83.

Remarquons-le d'emblée, le Psautier s'étant formé graduellement, il serait surprenant que la collection d'Asaph eût été déjà rangée dans la 2 e division, si elle n'avait été close qu'à cette époque tardive. Sans doute, il se pourrait que des psaumes plus anciens eussent été remaniés à l'époque macchabéenne pour les adapter aux circonstances spéciales et à l'état d'âme des Israélites persécutés. Toutefois, il ne paraît pas qu'il en soit ainsi, ces psaumes s'expliquant fort bien par les désastres militaires et la ruine du royaume de Juda, tandis qu'il n'y est fait aucune allusion certaine aux événements caractéristiques de l'époque macchabéenne, aux funestes dissensions des Juifs, au culte idolâtrique et à la civilisation que les Grecs prétendaient leur imposer. On constate en outre que ces psaumes appartiennent pour la plupart à la catégorie des psaumes élohistes ; or, le Ps 108 étant une compilation de deux psaumes élohistes, il en résulte que ces derniers sont nécessairement plus anciens. Au reste, l'hébreu de la seconde division du Psautier n'indique nullement une période de décadence littéraire.

En réalité, la question ne peut être tranchée que par des arguments empruntés à l'histoire du texte et du canon de l'A.T. L'auteur du livre des Chroniques, qui vivait vers l'époque d'Alexandre le Grand, a dû connaître le Psautier sous sa forme actuelle. Il a inséré, en effet, à la suite du récit du transport de l'arche à Jérusalem un cantique qui aurait été chanté par « Asaph et ses frères » dans cette circonstance (1Ch 16:8,36). Ce cantique est en réalité une compilation de morceaux empruntés à des psaumes de la 3 e division (Ps 105:1,15 Ps 96 106:1,47), preuve que ces psaumes étaient relativement anciens à son époque. En outre ce cantique se termine par la doxologie du livre IV, d'où il résulte que le Psautier était déjà muni de ses doxologies et divisé en cinq livres. Le chroniqueur cite plus loin deux psaumes du dernier livre ; dans 2Ch 6:40,42, il mêle à la prière de Salomon des phrases empruntées aux Ps 130 et Ps 132 (Ps 130:2 et Ps 132:8,10).

Plusieurs autres livres antérieurs aux Macchabées offrent des allusions aux psaumes les plus récents comme aux plus anciens. Le livre de Jonas fourmille de citations et offre, en particulier dans la prière de Jonas (Jon 2:3,10), un tissu de réminiscences de trois psaumes récents, appartenant à trois groupes ou recueils différents : Ps 116 (louanges), Ps 120 (Mahaloth), Ps 142 (David). Les livres apocryphes Baruch, Tobit, Ecclésiastique sont dans le même cas. Le I er livre des Macchabées, à propos du massacre des Juifs par Alcimus et Bacchidès (en l'an 162), cite Ps 79:2 et suivant : preuve que ce psaume n'était pas contemporain des événements. La version des LXX assigne un certain nombre de psaumes, qui dans le texte hébreu sont anonymes, à Jérémie, Aggée, Zacharie ; aucun n'est assigné à l'époque macchabéenne. La préface du 2 e livre des Macchabées, qui date de l'an 144, désigne déjà l'ensemble du Psautier sous l'appellation « oeuvres de David ». Enfin, les Psaumes de Salomon, qui ne datent guère (d'après les évaluations les plus avancées) que d'une cinquantaine d'années après la période macchabéenne, offrent un contraste si frappant avec le Psautier et marquent un tel progrès sur ses conceptions religieuses qu'il n'est pas permis de passer sous silence un semblable argument.

Dans le prologue de l'Ecclésiastique, le traducteur grec de l'ouvrage, qui écrivait en Egypte vers l'an 130, assure que son aïeul l'avait composé après avoir soigneusement étudié « la loi, les prophètes et les autres livres nationaux ». On doit en conclure que Jésus ben-Sirach (écrivant soit en l'an 180, soit plus probablement déjà en 250) possédait un texte de l'A.T. renfermant les trois parties du canon hébreu. Ce texte était traduit en grec avant 130, preuve qu'il possédait déjà depuis de longues années une grande autorité dans le monde judéo-alexandrin.

Caractère poétique des Psaumes.

Les Psaumes présentent en abondance les diverses variétés de la poésie hébraïque (voir art.). Les règles poétiques anciennes et récentes qui ont été découvertes ou préconisées trouvent dans les Psaumes leur application la plus riche et leur justification la plus sûre. Nulle part, sauf dans les Proverbes, on ne trouve mieux développés les divers genres de parallélisme reconnus jadis comme le fondement de la poésie des Hébreux, en l'absence presque totale de la prosodie classique et de la rime. Mais aussi nulle part on ne trouve une meilleure adaptation du système récemment proposé et qui consiste à scander les vers hébreux selon le nombre de syllabes accentuées contenues dans chaque hémistiche. Le calcul des brèves et des longues n'a rien donné, mais le calcul des syllabes toniques paraît aboutir à des résultats satisfaisants et fournir, au moins pour un grand nombre de psaumes, la solution tant cherchée. Les uns, en effet, présentent des vers à deux membres symétriques : savoir 2 et surtout 3 syllabes toniques dans chaque hémistiche. (ex. : Ps 3) D'autres présentent des vers à deux membres asymétriques : principalement à 3 syllabes toniques pour le I er hémistiche et 2 pour le 2 e ; c'est le mode de la complainte. D'autres enfin des vers à trois membres symétriques (ex. : Ps 23, tristiques à 3 syllabes accentuées). Bien des psaumes varient leurs versets ou leurs strophes suivant ces divers modes (ex. : Ps 121,5:1 [3 + 3], v. 2 [3 + 3], v. 3 [3 + 2], v. 4 [3 + 2], etc.). On le voit, les vers asymétriques ne sont pas exclusivement réservés au mode élégiaque ; toutefois leur place dans le Psautier se justifie par les plaintes que tant de psalmistes font monter vers Dieu. Au reste, l'inspiration poétique des Hébreux usait de trop de liberté pour s'astreindre à l'application rigoureuse d'un système.

A noter encore les strophes à refrains, qui donnent si noble allure à plusieurs des plus beaux psaumes (Ps 42 Ps 43, Ps 107, voir aussi Ps 46, Ps 49, Ps 57, Ps 80), et la structure alphabétique (acrostiche), qui est celle, plus ou moins déformée, de 8 ou 9 psaumes (Ps 9 et Ps 10, Ps 25, Ps 34, Ps 37, Ps 111, Ps 112, Ps 119, Ps 145) ; ce dernier mode de composition, qui se retrouve dans d'autres littératures anciennes, ne saurait être un indice d'une date tardive (voir Alphabétique [poème]).

Quant à la valeur poétique des psaumes, elle est diversement appréciée. Les uns dénient aux Hébreux un tempérament poétique, qui semble pourtant l'apanage des peuples orientaux. Ces poèmes leur paraissent trop dépourvus d'envolées imaginatives ou encore trop pauvres en descriptions de la nature pour supporter la comparaison avec la poésie grecque et latine. D'autres situent la valeur des psaumes dans la profondeur des sentiments exprimés et dans l'élévation de la pensée, qui souvent touche au sublime. On fait seulement remarquer le petit nombre des sujets abordés et la monotonie des plaintes toujours les mêmes qui se succèdent d'un psaume à l'autre. En réalité les psaumes sont le reflet très authentique de l'état d'âme de l'Israélite, toujours épris de liberté et de justice, gémissant sous l'oppression, implorant de l'Éternel une délivrance que sa faiblesse et ses principes lui interdisent de rechercher par lui-même, ployé sous l'adoration d'un Dieu souverain qui tient en ses mains la destinée des hommes et des nations, les yeux tournés vers le ciel, ouvrage du Créateur, vers cette « porte des cieux » d'où descendra avec le Messie la révélation de tous les mystères. N'y a-t-il pas dans ces aspirations du coeur et dans cette attitude spirituelle un fonds poétique auquel sont sensibles toutes les âmes qui unissent la poésie et l'idéal ?

La piété des psalmistes.

Les Psaumes reflètent aussi la pensée hébraïque dans sa complexité et dans son évolution. La religion populaire y domine dans les premiers livres et la religion sacerdotale dans les derniers. Les conceptions morales du vieil hébraïsme n'y sont nulle part dépassées et les visions apocalyptiques n'y ont pas encore leur place. L'évolution s'arrête au seuil du judaïsme pharisaïque et Sadducéen. Voir aussi Psalmistes [message des].

Le Yahvé des psalmistes, comme de la religion populaire, est avant tout le Dieu libérateur, dont les délivrances se marquent par des prodiges et dont « l'ange campe autour de ceux qui le craignent » ; le Dieu miséricordieux, qui « prête l'oreille » aux gémissements de ses fidèles ; le Dieu juste, qui fait « droit et justice » aux opprimés de son peuple et auquel l'innocent n'a jamais recours en vain. Les psaumes dits « pénitentiaux » expriment en termes inégalables le profond repentir de l'homme et le pardon de Dieu, à l'occasion d'une faute grave (Ps 32, Ps 51 etc.) ; mais le psalmiste distingue nettement entre les méchants (ou impies) à qui Dieu réserve sa colère, qu'il disperse « par le souffle de sa bouche », et les justes à qui il accorde sa grâce (sa faveur), vers lesquels il « tourne sa face ». De là la confiance absolue du juste (du hasid, homme pieux) en la faveur constante de l'Éternel (voir Hasidim).

Avec le yahvisme primitif, les psaumes nous offrent aussi l'écho de la prédication prophétique à son apogée : l'absolue souveraineté de Dieu, sa royauté (Yahvé, le roi de gloire : Ps 24), son triomphe sur les ennemis d'Israël, l'inviolabilité de Sion, la montagne sainte. C'est ensuite le Dieu créateur (Ps 8, Ps 19, Ps 104), omniscient ou omniprésent (Ps 139), le Dieu unique dont le règne va faire disparaître le culte des idoles. Les épreuves de l'exil inspirent aux psalmistes des pensées nouvelles d'humiliation, posent devant eux le grand problème de la destinée du peuple élu et du plan divin, comme aussi le problème de la justice de Dieu. Le principe hébraïque de la rémunération s'ébranle, et le Ps 73 expose le trouble où le malheur des justes, contrastant avec la prospérité des méchants, jette les âmes jusque-là confiantes. La liaison s'établit entre les psaumes et le livre de Job. La conclusion est la même : Dieu seul possède la sagesse, l'homme ne saurait percer les mystères divins, la seule voie qui subsiste est celle de la foi.

Mais des perspectives nouvelles sont ouvertes en Israël : Job réfléchit à la destinée future de l'âme humaine, il entrevoit la possibilité pour elle de sortir du Cheol (voir ce mot), à l'expiration d'un terme fixé par Dieu (Job 14:13 et suivants), et c'est l'aube qui se lève sur la conception de l'immortalité. Aucun psaume ne paraît présenter cette espérance d'une résurrection de l'âme ; mais au moins deux d'entre eux nous révèlent le secret espoir qui soutenait quelques hommes de Dieu, l'espérance d'obtenir à leur tour le privilège qui fut celui d'un Hénoc, d'un Moïse et d'un Élie. De même que Hénoc « ne fut plus parce que Dieu le prit » (hébreu lâqakh), l'auteur du Ps 49 (verset 16 : Seulement Dieu rachètera mon âme de l'emprise du Cheol, car il me prendra) et celui du Ps 73 (verset 23 : Je serai toujours avec toi, tu m'as saisi par la droite, tu me conduis par ton conseil, après quoi tu me prendras en gloire) emploient le même terme pour exprimer l'espoir d'obtenir le même sort. Ceux que Dieu a « saisis » échappent au Cheol ; il les « prend » auprès de lui. Cette récompense accordée aux hommes de Dieu dont l'histoire fait mention peut se renouveler pour quelques privilégiés. Mais à cette conception du psalmiste, le judaïsme a substitué celle de la résurrection des corps.

L'espérance messianique trouve enfin dans le Psautier son expression la plus fervente. Les psaumes messianiques sont répartis dans les diverses collections ; ils appartiennent à tous les temps et à tous les milieux. La foi populaire a saisi, comme une ancre de salut, la promesse d'une alliance éternelle faite à David et à sa dynastie ; elle a vu, dans cette immutabilité du trône de David, la sauvegarde de Jérusalem et la perspective d'un avenir glorieux pour le peuple élu. Ni l'infidélité de ses rois, ni les désastres nationaux, ni les épreuves de l'exil n'ont pu ébranler cette foi, qui se retrouve identique dans les psaumes les plus récents. Le parallélisme est frappant avec les développements donnés par les prophètes à l'espérance messianique. Les psalmistes appliquent au Messie futur, qui rétablira le trône de David, les prédictions prophétiques du VIII e siècle. Le Ps 2 est un écho de la prédication d'Ésaïe : « J'ai établi mon roi sur Sion, ma montagne sainte. L'Éternel a dit : Tu es mon fils ! » (Ps 2:6). Le Messie exercera, au nom de l'Éternel, comme fils du roi des cieux, la domination sur Israël, et prononcera le jugement des nations ; il étendra son règne jusqu'aux extrémités de la terre. Plus tard, le Ps 110, en accord avec la prophétie de Zacharie, ajoute à la royauté glorieuse du Messie la prérogative d'un sacerdoce perpétuel.

Mais plus encore que dans cette espérance d'une gloire future Jésus s'est retrouvé dans bien des traits où les psalmistes ont décrit les souffrances des justes et leur inébranlable fidélité. Afin que fût accompli ce qui est annoncé dans les prophètes et dans les psaumes (Lu 24:44), Jésus a fait passer dans sa vie et dans sa mort les expériences des psalmistes opprimés, comme les douleurs du Serviteur de l'Éternel dépeintes dans l'hymne immortel d'Ésaïe 53. La scène de la crucifixion relate plusieurs faits, dont l'équivalent figure dans le Psautier, spécialement au Ps 22:9,18,19. Sur la croix, Ps 22:2 et Ps 31:6 ont inspiré au Sauveur deux de ses sept paroles ; son cri d'angoisse devant l'abandon de Dieu et l'ultime appel par lequel il a remis son esprit entre les mains de son Père. Par là se justifie la prédilection des chrétiens de tous les temps pour ces chants d'Israël, devenus le principal livre de cantiques de l'Église. Ed. B.

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Versets relatifs

    • Exode 11

      1 Le Seigneur dit à Moïse : « Je vais infliger un dernier fléau au Pharaon et aux Égyptiens. Après cela, il vous laissera partir, il vous chassera même définitivement d’ici.
      2 Parle donc aux Israélites, que chaque homme demande à son voisin, chaque femme à sa voisine, des objets d’or ou d’argent. »
      3 Le Seigneur amena les Égyptiens à considérer les Israélites avec faveur. D’ailleurs, Moïse lui-même était un personnage très respecté en Égypte, tant par l’entourage du Pharaon que par la population.
      4 Moïse dit au Pharaon : « Voici ce que déclare le Seigneur : “Vers minuit, je passerai à travers l’Égypte.
      5 Tous les premiers-nés de ce pays vont mourir, aussi bien ton fils aîné, à toi qui règnes, que le fils aîné de la servante qui moud le blé, et que les premiers-nés du bétail.
      6 Alors dans toute l’Égypte retentiront de grands cris, tels qu’on n’en a jamais entendu et qu’on n’en entendra plus jamais.
      7 Mais chez les Israélites on n’entendra même pas un chien gronder contre un homme ou une bête. Ainsi vous saurez que moi, le Seigneur, je fais la différence entre les Égyptiens et les Israélites.”
      8 A ce moment-là, continua Moïse, tous les gens de ton entourage, que voici, viendront se jeter à genoux devant moi et me diront : “Allez-vous-en, toi et ton peuple !” Je m’en irai aussitôt. » Et Moïse, très en colère, sortit de chez le Pharaon.
      9 Le Seigneur lui dit encore : « Si le Pharaon ne veut pas vous écouter, c’est pour que je puisse multiplier mes prodiges dans son pays. »
      10 Or Moïse et Aaron avaient déjà accompli un grand nombre de prodiges sous les yeux du Pharaon, mais le Seigneur l’avait rendu si obstiné qu’il n’avait pas laissé partir les Israélites de son pays.

      Lévitique 2

      1 « Si quelqu’un veut apporter au Seigneur une offrande végétale, il doit prendre de la farine sur laquelle il verse de l’huile et dépose de l’encens ;
      2 il l’apporte aux prêtres, fils d’Aaron. On y prélève une poignée de farine mêlée d’huile, et tout l’encens. L’un des prêtres brûle sur l’autel cette partie de l’offrande appelée “mémorial”. Le Seigneur apprécie la fumée odorante de ce qui est ainsi consumé.
      3 Le reste de l’offrande revient à Aaron et à ses fils : c’est une part strictement réservée au Seigneur, parce qu’elle provient d’un présent qui lui a été offert.
      4 « S’il s’agit d’une offrande cuite au four, on ne peut apporter que des gâteaux à l’huile sans levain ou des galettes sans levain arrosées d’huile.
      5 S’il s’agit d’une offrande cuite sur la plaque, elle doit consister en farine pétrie avec de l’huile, mais sans levain ;
      6 on la rompt en morceaux sur lesquels on verse encore de l’huile. C’est une offrande végétale.
      7 S’il s’agit d’une offrande cuite dans la poêle, elle doit être composée de farine et d’huile.
      8 On amène l’offrande ainsi préparée pour le Seigneur, et on la remet au prêtre, qui l’apporte à l’autel.
      9 Il en prélève la part appelée “mémorial” et la brûle sur l’autel. Le Seigneur apprécie la fumée odorante de ce qui est ainsi consumé.
      10 Le reste de l’offrande revient à Aaron et à ses fils : c’est une part strictement réservée au Seigneur, parce qu’elle provient d’un présent qui lui a été offert.
      11 « Aucune offrande destinée au Seigneur ne doit contenir de levain. On n’utilisera jamais de levain ou de miel dans la préparation d’une offrande qui sera consumée pour le Seigneur.
      12 On peut lui en offrir lorsqu’on lui apporte les premiers produits de la nature, mais on ne doit pas en brûler sur l’autel dans une offrande à la fumée odorante.
      13 « On doit déposer du sel sur chaque offrande végétale. Jamais on ne négligera d’en mettre, car le sel symbolise l’alliance conclue par Dieu avec vous. C’est pourquoi une offrande de sel sera jointe à tout sacrifice.
      14 « Lorsque vous apporterez au Seigneur une offrande des premiers produits de vos terres, vous commencerez par griller des épis au feu, puis vous en écraserez les grains. Au moment de l’apporter,
      15 vous verserez de l’huile et déposerez de l’encens dessus. Ce sera une offrande végétale.
      16 Le prêtre en brûlera la part appelée “mémorial”, à savoir une partie du grain et de l’huile, avec tout l’encens. Ce qui est ainsi consumé, c’est ce qui appartient au Seigneur. »

      1 Samuel 10

      5 Ensuite, tu te rendras à Guibéa-Élohim, où se trouvent les gouverneurs philistins. Lorsque tu arriveras près de la ville, tu rencontreras un groupe de prophètes qui descendent du lieu sacré, précédés de joueurs de harpes, de tambourins, de flûtes et de lyres ; eux-mêmes seront en pleine excitation prophétique.

      2 Samuel 22

      1 David adressa ce cantique au Seigneur quand celui-ci l’eut délivré de tous ses ennemis, en particulier de Saül :
      2 Le Seigneur est pour moi un roc, un refuge où je suis en sûreté.
      3 Mon Dieu est pour moi un rocher où je suis à l’abri du danger, un bouclier qui me protège, une forteresse où je suis sauvé. Je cherche asile auprès de lui pour être délivré des violents.
      4 Qu’on acclame le Seigneur ! Dès que je l’appelle au secours, je suis délivré de mes ennemis.
      5 La Mort faisait déferler ses vagues sur moi, elle m’effrayait comme un torrent destructeur ;
      6 j’étais presque prisonnier du monde des ombres, son piège se refermait sur moi.
      7 Dans ma détresse j’ai appelé le Seigneur, j’ai lancé mes appels vers mon Dieu. De son temple il a entendu ma voix, il a bien voulu écouter mon cri.
      8 Alors la terre fut prise de tremblements, le ciel vacilla sur ses bases ; terre et ciel chancelèrent devant la colère du Seigneur.
      9 Une fumée montait de ses narines, un feu dévorant sortait de sa bouche, accompagné d’étincelles brûlantes.
      10 Le Seigneur inclina le ciel et descendit, un sombre nuage sous les pieds.
      11 Monté sur un chérubin il prit son vol, il apparut sur les ailes du vent.
      12 Il s’enveloppa d’obscurité, se dissimula dans d’épaisses nuées, dans des nuages gonflés d’eau.
      13 Devant lui une vive lumière, d’où jaillissaient des étincelles de feu.
      14 Du ciel le Seigneur fit gronder le tonnerre, le Dieu très-haut fit retentir sa voix.
      15 Il lança des éclairs en tous sens, tira des flèches dans toutes les directions.
      16 Devant ces menaces du Seigneur, devant la tempête de sa colère, le fond des océans fut dévoilé, les fondations du monde apparurent.
      17 Alors du haut du ciel il étendit la main et me saisit, il m’arracha au danger qui me submergeait,
      18 il me délivra de mes puissants ennemis, de mes adversaires trop forts pour moi.
      19 Au jour du désastre ils m’avaient assailli, mais le Seigneur est venu me soutenir,
      20 il m’a dégagé, m’a rendu la liberté. Il m’aime, voilà pourquoi il m’a délivré.
      21 Le Seigneur me traite ainsi parce que je lui reste fidèle ; il me récompense d’avoir toujours agi honnêtement.
      22 J’observe les recommandations du Seigneur, je ne me rends pas coupable envers mon Dieu.
      23 Oui, j’observe les règles qu’il a prescrites, je ne m’écarte pas de ce qu’il a ordonné.
      24 Je veux qu’il n’ait rien à me reprocher, je me garde d’être en faute.
      25 Alors le Seigneur m’a récompensé de lui être resté fidèle et d’avoir fait ce qu’il jugeait honnête.
      26 Seigneur, tu te montres fidèle envers qui t’est fidèle, irréprochable avec l’homme irréprochable.
      27 Tu te montres pur avec qui est pur, mais tu ridiculises l’homme de mauvaise foi.
      28 Tu viens au secours du peuple humilié, mais tu regardes avec mépris les orgueilleux.
      29 Seigneur, tu es pour moi une lampe, oui, Seigneur, tu éclaires la nuit où je suis.
      30 Avec toi, je prends d’assaut une muraille, grâce à toi, mon Dieu, je peux franchir un rempart.
      31 Dieu est un guide parfait, les avis qu’il donne sont sûrs ; il est comme un bouclier pour tous ceux qui se réfugient auprès de lui.
      32 Un seul est Dieu, c’est le Seigneur ; un seul est un rocher pour nous, c’est notre Dieu !
      33 C’est lui, mon puissant protecteur, qui dégage la route devant moi,
      34 qui me donne l’agilité de la gazelle et me maintient debout sur les hauteurs.
      35 C’est lui qui m’entraîne au combat et m’aide à tendre l’arc le plus puissant.
      36 Seigneur, comme un bouclier tu me protèges et me sauves, tu réponds à mes appels et tu me rends fort.
      37 Grâce à toi je cours plus vite sans faire de faux pas.
      38 Je poursuis mes ennemis et les extermine, je ne fais pas demi-tour avant d’en avoir fini avec eux.
      39 Je les taille en pièces, je les achève, ils ne se relèveront plus ; ils sont à terre, je mets le pied sur eux.
      40 Tu me donnes la force de combattre, tu fais plier mes agresseurs, les voici à mes pieds.
      41 Devant moi tu mets en fuite mes ennemis, je peux réduire à rien mes adversaires.
      42 Ils ont beau implorer du regard, personne ne leur vient en aide ; ils s’adressent au Seigneur, mais il ne leur répond pas.
      43 Je les broie, je les réduis en poussière, je les piétine comme la boue des rues.
      44 Tu me mets à l’abri de mon peuple révolté, tu me gardes à la tête des nations. Des gens inconnus se soumettent à moi,
      45 des étrangers viennent me flatter, au moindre mot ils m’obéissent,
      46 ils perdent leur assurance, ils trébuchent, à cause de leurs chaînes.
      47 Le Seigneur est vivant ! Merci à celui qui est mon rocher ! Dieu est grand, il est mon rocher et mon sauveur !
      48 C’est le Dieu qui me donne ma revanche et qui me soumet des peuples.
      49 Seigneur, tu me soustrais à mes ennemis, tu me rends victorieux de mes agresseurs, tu me délivres des hommes violents.
      50 Je veux donc te louer parmi les nations, te célébrer par mes chants.
      51 Le Seigneur fait de grandes choses pour secourir le roi qu’il a choisi, il traite avec bonté celui qu’il a consacré, David, et ses descendants, pour toujours.

      1 Chroniques 16

      8 Louez le Seigneur, dites bien haut qui est Dieu, annoncez aux autres peuples ses exploits.
      40 Ils devaient y présenter sur l’autel les sacrifices complets offerts au Seigneur chaque matin et chaque soir, et accomplir toutes les tâches inscrites dans la loi que le Seigneur a donnée à Israël.
      41 Ils étaient en compagnie de Héman, de Yedoutoun et des autres hommes spécialement désignés pour louer le Seigneur, à cause de son amour sans fin.
      42 Héman et Yedoutoun s’occupaient des trompettes et des cymbales des musiciens, ainsi que des autres instruments utilisés pour accompagner les chants sacrés. Les fils de Yedoutoun étaient portiers.

      1 Chroniques 25

      1 David, secondé par les chefs des équipes responsables du culte, mit à part les descendants d’Assaf, de Héman et de Yedoutoun ; ils chantaient les messages de Dieu en s’accompagnant de lyres, de harpes et de cymbales. Voici la liste des hommes effectuant ce service :

      2 Chroniques 6

      40 « Mon Dieu, ouvre tes yeux ! Sois attentif à la prière que je t’adresse en cet instant et en ce lieu.

      2 Chroniques 29

      30 Le roi et les dignitaires dirent aux lévites d’acclamer encore le Seigneur par les chants que David et le prophète Assaf avaient composés. Les lévites chantèrent donc avec joie, puis s’inclinèrent jusqu’à terre pour adorer le Seigneur.

      Néhémie 6

      15 La muraille fut achevée le vingt-cinquième jour du mois d’Éloul, après cinquante-deux jours de travail.

      Néhémie 9

      5 Puis les lévites Yéchoua, Cadmiel, Bani, Hachabnéya, Chérébia, Hodia, Chebania et Petahia s’écrièrent : « Debout ! Remerciez le Seigneur votre Dieu, remerciez-le en tout temps ! » « Seigneur, que chacun loue ton nom glorieux, dont la grandeur dépasse tout ce que l’on peut exprimer !

      Job 14

      13 Ah ! si tu me cachais dans le monde des morts, m’y abritant jusqu’à la fin de ta colère ! Si tu me fixais un délai, après lequel tu voudrais de nouveau te souvenir de moi !

      Psaumes 1

      1 Heureux qui ne suit pas les conseils des gens sans foi ni loi, qui ne s’arrête pas sur le chemin de ceux qui se détournent de Dieu, et qui ne s’assied pas avec ceux qui se moquent de tout !
      2 Ce qu’il aime, au contraire, c’est l’enseignement du Seigneur ; il le médite jour et nuit.
      3 Il est comme un arbre planté près d’un cours d’eau : il produit ses fruits quand la saison est venue, et son feuillage ne perd jamais sa fraîcheur. Tout ce que fait cet homme est réussi.
      4 Mais ce n’est pas le cas des gens sans foi ni loi : ils sont comme brins de paille dispersés par le vent.
      5 C’est pourquoi, quand on juge (à l’entrée du temple) ces gens-là ne sont pas admis ; dans l’assemblée des fidèles de Dieu, il n’y a pas de place pour eux.
      6 Le Seigneur connaît la conduite des fidèles, mais la conduite des gens sans foi ni loi mène au désastre.

      Psaumes 2

      1 Les nations s’agitent, mais pourquoi ? Les peuples complotent, mais c’est pour rien !
      2 Les rois de la terre se préparent au combat, les princes se concertent contre le Seigneur et contre le roi qu’il a consacré.
      3 « Rompons les liens qu’ils nous imposent, disent-ils, rejetons leur domination ! »
      4 Mais le Seigneur se met à rire, celui qui siège au ciel se moque d’eux.
      5 Puis il s’adresse à eux avec colère et les terrifie par son indignation :
      6 « A Sion, la montagne qui m’est consacrée, dit-il, j’ai consacré le roi que j’ai choisi. »
    • Exode 11

      1 Yahweh said to Moses, "Yet one plague more will I bring on Pharaoh, and on Egypt; afterwards he will let you go. When he lets you go, he will surely thrust you out altogether.
      2 Speak now in the ears of the people, and let them ask every man of his neighbor, and every woman of her neighbor, jewels of silver, and jewels of gold."
      3 Yahweh gave the people favor in the sight of the Egyptians. Moreover the man Moses was very great in the land of Egypt, in the sight of Pharaoh's servants, and in the sight of the people.
      4 Moses said, "This is what Yahweh says: 'About midnight I will go out into the midst of Egypt,
      5 and all the firstborn in the land of Egypt shall die, from the firstborn of Pharaoh who sits on his throne, even to the firstborn of the female servant who is behind the mill; and all the firstborn of livestock.
      6 There shall be a great cry throughout all the land of Egypt, such as there has not been, nor shall be any more.
      7 But against any of the children of Israel a dog won't even bark or move its tongue, against man or animal; that you may know that Yahweh makes a distinction between the Egyptians and Israel.
      8 All these your servants shall come down to me, and bow down themselves to me, saying, "Get out, with all the people who follow you"; and after that I will go out.'" He went out from Pharaoh in hot anger.
      9 Yahweh said to Moses, "Pharaoh won't listen to you, that my wonders may be multiplied in the land of Egypt."
      10 Moses and Aaron did all these wonders before Pharaoh, and Yahweh hardened Pharaoh's heart, and he didn't let the children of Israel go out of his land.

      Lévitique 2

      1 "'When anyone offers an offering of a meal offering to Yahweh, his offering shall be of fine flour; and he shall pour oil on it, and put frankincense on it.
      2 He shall bring it to Aaron's sons, the priests; and he shall take his handful of its fine flour, and of its oil, with all its frankincense; and the priest shall burn its memorial on the altar, an offering made by fire, of a pleasant aroma to Yahweh.
      3 That which is left of the meal offering shall be Aaron's and his sons'. It is a most holy thing of the offerings of Yahweh made by fire.
      4 "'When you offer an offering of a meal offering baked in the oven, it shall be unleavened cakes of fine flour mixed with oil, or unleavened wafers anointed with oil.
      5 If your offering is a meal offering of the griddle, it shall be of unleavened fine flour, mixed with oil.
      6 You shall cut it in pieces, and pour oil on it. It is a meal offering.
      7 If your offering is a meal offering of the pan, it shall be made of fine flour with oil.
      8 You shall bring the meal offering that is made of these things to Yahweh: and it shall be presented to the priest, and he shall bring it to the altar.
      9 The priest shall take from the meal offering its memorial, and shall burn it on the altar, an offering made by fire, of a pleasant aroma to Yahweh.
      10 That which is left of the meal offering shall be Aaron's and his sons'. It is a thing most holy of the offerings of Yahweh made by fire.
      11 "'No meal offering, which you shall offer to Yahweh, shall be made with yeast; for you shall burn no yeast, nor any honey, as an offering made by fire to Yahweh.
      12 As an offering of firstfruits you shall offer them to Yahweh: but they shall not ascend for a pleasant aroma on the altar.
      13 Every offering of your meal offering you shall season with salt; neither shall you allow the salt of the covenant of your God to be lacking from your meal offering. With all your offerings you shall offer salt.
      14 "'If you offer a meal offering of first fruits to Yahweh, you shall offer for the meal offering of your first fruits grain in the ear parched with fire, bruised grain of the fresh ear.
      15 You shall put oil on it, and lay frankincense on it: it is a meal offering.
      16 The priest shall burn as its memorial, part of its bruised grain, and part of its oil, along with all its frankincense: it is an offering made by fire to Yahweh.

      1 Samuel 10

      5 "After that you shall come to the hill of God, where is the garrison of the Philistines: and it shall happen, when you have come there to the city, that you shall meet a band of prophets coming down from the high place with a psaltery, and a tambourine, and a pipe, and a harp, before them; and they will be prophesying:

      2 Samuel 22

      1 David spoke to Yahweh the words of this song in the day that Yahweh delivered him out of the hand of all his enemies, and out of the hand of Saul:
      2 and he said, "Yahweh is my rock, my fortress, and my deliverer, even mine;
      3 God, my rock, in him I will take refuge; my shield, and the horn of my salvation, my high tower, and my refuge. My savior, you save me from violence.
      4 I will call on Yahweh, who is worthy to be praised: So shall I be saved from my enemies.
      5 For the waves of death surrounded me. The floods of ungodliness made me afraid.
      6 The cords of Sheol were around me. The snares of death caught me.
      7 In my distress I called on Yahweh. Yes, I called to my God. He heard my voice out of his temple. My cry came into his ears.
      8 Then the earth shook and trembled. The foundations of heaven quaked and were shaken, because he was angry.
      9 Smoke went up out of his nostrils. Fire out of his mouth devoured. Coals were kindled by it.
      10 He bowed the heavens also, and came down. Thick darkness was under his feet.
      11 He rode on a cherub, and flew. Yes, he was seen on the wings of the wind.
      12 He made darkness pavilions around himself: gathering of waters, and thick clouds of the skies.
      13 At the brightness before him, coals of fire were kindled.
      14 Yahweh thundered from heaven. The Most High uttered his voice.
      15 He sent out arrows, and scattered them; lightning, and confused them.
      16 Then the channels of the sea appeared. The foundations of the world were laid bare by the rebuke of Yahweh, At the blast of the breath of his nostrils.
      17 He sent from on high and he took me. He drew me out of many waters.
      18 He delivered me from my strong enemy, from those who hated me, for they were too mighty for me.
      19 They came on me in the day of my calamity, but Yahweh was my support.
      20 He also brought me out into a large place. He delivered me, because he delighted in me.
      21 Yahweh rewarded me according to my righteousness. He rewarded me according to the cleanness of my hands.
      22 For I have kept the ways of Yahweh, and have not wickedly departed from my God.
      23 For all his ordinances were before me. As for his statutes, I did not depart from them.
      24 I was also perfect toward him. I kept myself from my iniquity.
      25 Therefore Yahweh has rewarded me according to my righteousness, According to my cleanness in his eyesight.
      26 With the merciful you will show yourself merciful. With the perfect man you will show yourself perfect.
      27 With the pure you will show yourself pure. With the crooked you will show yourself shrewd.
      28 You will save the afflicted people, But your eyes are on the haughty, that you may bring them down.
      29 For you are my lamp, Yahweh. Yahweh will light up my darkness.
      30 For by you, I run against a troop. By my God, I leap over a wall.
      31 As for God, his way is perfect. The word of Yahweh is tested. He is a shield to all those who take refuge in him.
      32 For who is God, besides Yahweh? Who is a rock, besides our God?
      33 God is my strong fortress. He makes my way perfect.
      34 He makes his feet like hinds' feet, and sets me on my high places.
      35 He teaches my hands to war, so that my arms bend a bow of brass.
      36 You have also given me the shield of your salvation. Your gentleness has made me great.
      37 You have enlarged my steps under me. My feet have not slipped.
      38 I have pursued my enemies and destroyed them. I didn't turn again until they were consumed.
      39 I have consumed them, and struck them through, so that they can't arise. Yes, they have fallen under my feet.
      40 For you have armed me with strength for the battle. You have subdued under me those who rose up against me.
      41 You have also made my enemies turn their backs to me, that I might cut off those who hate me.
      42 They looked, but there was none to save; even to Yahweh, but he didn't answer them.
      43 Then I beat them as small as the dust of the earth. I crushed them as the mire of the streets, and spread them abroad.
      44 You also have delivered me from the strivings of my people. You have kept me to be the head of the nations. A people whom I have not known will serve me.
      45 The foreigners will submit themselves to me. As soon as they hear of me, they will obey me.
      46 The foreigners will fade away, and will come trembling out of their close places.
      47 Yahweh lives! Blessed be my rock! Exalted be God, the rock of my salvation,
      48 even the God who executes vengeance for me, who brings down peoples under me,
      49 who brings me away from my enemies. Yes, you lift me up above those who rise up against me. You deliver me from the violent man.
      50 Therefore I will give thanks to you, Yahweh, among the nations. Will sing praises to your name.
      51 He gives great deliverance to his king, and shows loving kindness to his anointed, to David and to his seed, forevermore."

      1 Chroniques 16

      8 Oh give thanks to Yahweh. Call on his name. Make his doings known among the peoples.
      40 to offer burnt offerings to Yahweh on the altar of burnt offering continually morning and evening, even according to all that is written in the law of Yahweh, which he commanded to Israel;
      41 and with them Heman and Jeduthun, and the rest who were chosen, who were mentioned by name, to give thanks to Yahweh, because his loving kindness endures forever;
      42 and with them Heman and Jeduthun with trumpets and cymbals for those that should sound aloud, and with instruments for the songs of God; and the sons of Jeduthun to be at the gate.

      1 Chroniques 25

      1 Moreover, David and the captains of the army set apart for the service certain of the sons of Asaph, and of Heman, and of Jeduthun, who should prophesy with harps, with stringed instruments, and with cymbals: and the number of those who did the work according to their service was:

      2 Chroniques 6

      40 "Now, my God, let, I beg you, your eyes be open, and let your ears be attentive, to the prayer that is made in this place.

      2 Chroniques 29

      30 Moreover Hezekiah the king and the princes commanded the Levites to sing praises to Yahweh with the words of David, and of Asaph the seer. They sang praises with gladness, and they bowed their heads and worshiped.

      Néhémie 6

      15 So the wall was finished in the twenty-fifth day of Elul, in fifty-two days.

      Néhémie 9

      5 Then the Levites, Jeshua, and Kadmiel, Bani, Hashabneiah, Sherebiah, Hodiah, Shebaniah, and Pethahiah, said, "Stand up and bless Yahweh your God from everlasting to everlasting! Bessed be your glorious name, which is exalted above all blessing and praise!

      Job 14

      13 "Oh that you would hide me in Sheol , that you would keep me secret, until your wrath is past, that you would appoint me a set time, and remember me!

      Psaumes 1

      1 Blessed is the man who doesn't walk in the counsel of the wicked, nor stand in the way of sinners, nor sit in the seat of scoffers;
      2 but his delight is in Yahweh's law. On his law he meditates day and night.
      3 He will be like a tree planted by the streams of water, that brings forth its fruit in its season, whose leaf also does not wither. Whatever he does shall prosper.
      4 The wicked are not so, but are like the chaff which the wind drives away.
      5 Therefore the wicked shall not stand in the judgment, nor sinners in the congregation of the righteous.
      6 For Yahweh knows the way of the righteous, but the way of the wicked shall perish.

      Psaumes 2

      1 Why do the nations rage, and the peoples plot a vain thing?
      2 The kings of the earth take a stand, and the rulers take counsel together, against Yahweh, and against his Anointed, saying,
      3 "Let's break their bonds apart, and cast their cords from us."
      4 He who sits in the heavens will laugh. The Lord will have them in derision.
      5 Then he will speak to them in his anger, and terrify them in his wrath:
      6 "Yet I have set my King on my holy hill of Zion."
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